Cinéma

Plus on est de fous, plus on rit

Ce n’est pas nouveau et au risque de me répéter (encore une fois) : le personnage de Bruce Wayne alias Batman m’ennuie profondément quel que soit le média utilisé, comics ou adaptation cinématographique – il ne rit jamais, est psychorigide et ne fait jamais preuve d’états d’âme sauf peut-être envers Alfred, son fidèle majordome… Le seul intérêt que je trouve à Bruce Wayne c’est le Joker. Mainte fois incarné au cinéma par des acteurs de talent parmi lesquels nous pouvons cité Jack Nicholson, Mark Hamill qui lui a prêté sa voix ou encore Heath Ledger dont la prestation est devenue presque mythique… On peut déploré que le clown fou ait été caricaturé une fois, sous les traits de Jared Leto, mais quoiqu’il en soit le personnage du Joker ne cesse de fasciner depuis sa création.

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Il prend vie une nouvelle fois sur grand écran grâce à l’acteur Joaquin Phoenix dans le nouveau film de Todd Phillips, simplement intitulé Joker. Joaquin Phoenix y incarne une nouvelle version du clown psychotique étonnamment contemporaine en laissant le spectateur dériver avec lui entre folie et réalité. Et si, finalement, le personnage du Joker était une pure création médiatique ?…

 

Joaquin Phoenix, des larmes aux rires.

En plus d’être un des films les plus attendus de ce dernier trimestre 2019, ce film est un petit bijou qui prend le temps de nous introduire une origin story différente des comics parus sur le sujet. Joaquin Phoenix qui porte véritablement tout le film sur ses épaules y est renversant et parvient à donner un corps (et une âme) à une identité ô combien fragile. Le film explore donc la misérable et pathétique existence d’Arthur Fleck qui enchaine les petits boulots miteux dans un costume de clown mal dégrossi. Cependant Arthur, qui vit seul avec sa mère dans un très vieil appartement, a de l’ambition : il veut devenir humoriste et ainsi devenir la nouvelle coqueluche de Gotham City, à l’instar de son idole Murray Franklin.

Un scénario brillant et des acteurs splendides

Si vous ne l’aviez pas encore deviné, j’ai beaucoup, BEAUCOUP, beaucoup aimé ce long-métrage. D’une part parce qu’il parle à la fan de comics que je suis en reprenant certains codes de ces derniers – la bande de criminels autour du Joker, la relation complexe entre Batman et le clown fou ou même de petits détails qui peuvent paraitre insignifiants mais que je ne dévoilerai pas ici pour des raisons évidentes de spoilers…, tout en y incorporant de nouveaux éléments plausibles pour étayer cette origine et cette histoire du clown fou de Gotham. Et d’autre part, le film parvient à montrer parfaitement la folie d’Arthur Fleck telle que je me l’imaginais c’est-à-dire en constante évolution. Cela permet aussi au film d’aborder des sujets complexes, comme la place des minorités dans une société qui ne parvient pas à les accepter totalement ; ou plus actuel : la place des médias dans nos sociétés contemporaines. Brillant, je vous dis. Juste brillant… et grandiose.

A l’instar d’un Joaquin Phoenix méconnaissable et stupéfiant en habits de Joker. Il incarne un Arthur Fleck méprisé et sans cesse rabaissé qui finit par envoyer valser les convenances pour devenir ce qu’il veut véritablement être : le Joker. C’est un portrait brut, sans concessions et cela amène précisément au passage le plus puissant du film selon moi : moment d’anthologie dans lequel Arthur Fleck finit par tomber le masque et mourir en quelque sorte pour mieux renaitre en Joker aux vues de tous. J’en suis restée muette dans l’obscurité de la salle de ciné. Néanmoins, rendons à César ce qui lui appartient – si Joaquin Phoenix explose tout à l’écran, les seconds rôles le mettent véritablement en avant. On peut par exemple mentionner  Frances Conroy qui est une mère effacée mais terriblement inquiétante et glauque ou Robert De Niro que je n’ai pas besoin de présenter mais qui est tout de même génial dans son « petit » rôle de Murray Franklin… Le seul rôle que je n’ai pas vraiment compris c’est celui tenu par Zazie Beetz mais j’ai ma petite idée sur la question et si c’est effectivement cela, j’en rajoute une couche mais : le scénario est brillant et la réalisation splendide.

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Conclusion

La prestation de Joaquin Phoenix révèle un Joker quasi-christique dans le second moment d’anthologie que compte le film, et hisse cette dernière au rang de performance et restera dans les anales, au même titre que celle du regretté Heath Ledger. A mes yeux les deux interprétations sont égales, il n’y en a pas une que je préfère à l’autre parce qu’elles sont toutes les deux différentes et surtout, elles prennent place dans un univers différent : le Gotham de Nolan n’est absolument pas le même que celui dépeint par Todd Phillips.

Le rire de ce Joker-là est invasif, glauque et suscite le malaise et la gêne chez quiconque l’entend. Effet garanti dans la salle de cinéma ! Ce qu’il faut retenir de cette version du Joker c’est qu’au-delà de la transformation physique impressionnante de l’acteur, Joaquin Phoenix y apporte un petit quelque chose en plus, une sensibilité sublimée par le travail de l’image et de la photographie sans oublier la musique de Hildur Guðnadóttir. Todd Phillips signe un grand film sur l’une des icônes de la Pop culture et tout le travail de réalisation apporte une nouvelle dimension à cette démence morbide, fascinante et glauque que le spectateur croit connaitre. Un voyage entre réel et folie démentielle dont on ne ressort pas tout à fait indemne. Le chef-d’œuvre n’est pas loin. L’Oscar du Meilleur acteur non plus.

Littérature

[Découverte] [Contemporain] Helena – Jérémy Fel

Gros coup de cœur de l’année 2019 pour cette lecture aussi déroutante que fascinante. Helena fait partie des romans que je ne peux que conseiller malgré son atmosphère dérangeante. Ne vous fiez pas à la connotation péjorative du « page-turner » ; ce livre en est un effectivement mais les arguments pour redonner ses lettres de noblesse à cette catégorie souvent mal-aimée sont bien là. Je vous emmène donc sur les traces d’Helena, faire l’autopsie d’un thriller très réussi !

 

The Sound of Silence

Helena ce sont les histoires mêlées de Tommy, Haley et Norma faites de rêves et d’espoir au milieu d’un Kansas isolé et désolé. Ces trois destins ont malgré tout quelque chose de commun qui les réuni : la solitude (qui entraine le silence). C’est un roman qui traite magnifiquement de la solitude et de la difficulté à sortir du silence. Et puis il y a les conséquences, souvent dévastatrices pour les personnages, de ces silences. Le tout admirablement décrit sous la plume de Jérémy Fel.

En réalité, il y a plusieurs solitudes. La première est géographique avec cet Etat du Kansas avec la petite ville d’Emporia où il ne se passe jamais grand-chose et où la jeunesse ne rêve que d’une chose : partir. Partir pour mieux revivre n’importe où ailleurs, à la poursuite de rêves plus ou moins inaccessibles. C’est dans ce contexte morbide que le lecteur suit les destins de Tommy, Hayley et Norma qui sont autant d’exemples de solitude.

La solitude des personnages est à la multiple et unique et c’est vraHelena_fel[1]iment le point central du roman. Chacun gère à sa façon cette solitude et les silences qui en découlent du mieux qu’il peut, avec les moyens du bord. Alors certes, des personnages qui souhaitent échappés au déterminisme ambiant dans un cadre isolé, on pourrait se rapprocher d’un cliché vu, revu et corrigé mais l’ambiance lourde et pesante qui se dessine au fil des pages parvient à faire oublier les quelques lieu-communs présents dans le roman ; je pense notamment à la panne de voiture qui oblige Hayley à rester sur le bord de la route. Un peu cliché mais la langue étant parfaitement maitrisée, cette panne devient autre chose qu’une simple panne de voiture.

Ce qui m’amène à évoquer la langue dans son ensemble. C’est le gros point fort de cette histoire selon moi. Tantôt crue et inquiétante, tantôt douce et lumineuse, cette maitrise de la langue sert des personnages énigmatiques et puissants que vous aimerez détester selon la situation. De plus, l’écriture est très fluide et cela facilite grandement la lecture de certains passages qui pourraient être difficile à lire parce que très crus, très bruts. C’est une écriture sans concessions mais également toute en nuances. Bref, une écriture qui vous fera passer par tous les états émotionnels, et pour ça : chapeau bas Monsieur Fel !

Conclusion

Helena fait incontestablement partie des livres qu’il faut lire absolument. La langue y est splendide et le style fluide ; les personnages pris dans des tourments qui paraissent insurmontables dans une atmosphère lourde et pesante comme un soir d’orage en plein été. 728 pages au compteur et autant de coups de poings et de nuances qui ne vous laisseront pas indifférents, que vous aimiez ou non l’ouvrage. Seul petit bémol me concernant : le traitement de certains personnages féminins qui n’est pas suffisamment approfondi et qui peut malheureusement donner une mauvaise ou une fausse image du personnage en question malgré de très fortes personnalités.

Une réussite signée Jérémy Fel, aux éditions Rivages poche.

Cinéma

Un hôtel pas comme les autres made in Netflix

Sorti le 31 juillet dernier sur la plateforme Netflix, The Red Sea Diving Resort (ou Operation Brothers en français) est un film réalisé par Gideon Raff et c’est un film que j’attendais de voir pour une seule et unique raison : Chris Evans. En définitif, je suis plutôt mitigée concernant cette nouveauté proposée par la plateforme de streaming et je vous explique pourquoi.

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Un film nécessaire

L’histoire est tirée de faits bien réels qui se sont déroulés au Soudan dans les années 80, à l’époque où la minorité juive d’Ethiopie était très fortement persécutée dans son propre pays et forcée à l’exil pour espérer survivre. Ari Levinson (Chris Evans) recrute une équipe pour une mission d’exfiltration sur place, sous l’égide du Mossad, les services secrets israéliens, afin de rapatrier les Juifs d’Ethiopie vers Israël en passant par le Soudan. Et la couverture idéale pour cette mission se trouve être le Red Sea Diving Resort, un hôtel abandonné depuis des années…

 La première chose que je veux souligner avant de parler du film en détail, c’est que c’est un film important. Le sujet est grave et malheureusement encore d’actualité : 65 millions de personnes sont réfugiées et vivent dans des camps partout dans le monde. Et puis c’est une histoire que je ne connaissais pas, j’ai d’ailleurs grandement apprécié apprendre au travers de ce film. Operation Brothers me marquera pour cette raison.

 Un ensemble déséquilibré qui en diminue l’impact

Gideon Raff aurait pu livré un film coup de poing, une claque cinématographique mais non. Bien qu’étant d’une longueur correcte (2h10), le long métrage présente plusieurs déséquilibres qui faussent tout le film et font retomber la tension comme s’il s’agissait d’un soufflé pas assez cuit… D’où mon sentiment mi-figue mi raisin sur ce film malheureusement. La tension que l’on est en droit d’attendre d’un thriller/film d’espionnage n’est pas là ou si peu ; au mieux, elle est sous-entendue avec plus ou moins de finesse par les bruits de tirs de mitraillettes et au pire, nous assistons à une scène d’exécution sommaire qui n’apporte pas grand-chose au film, si ce n’est donner l’impression que le réalisateur avait oublié quelque chose en cours de route et qu’il l’a rajouté au dernier moment… Personnellement, je suis facilement impressionnable et à part me couper dans mon élan de visionnage, ladite scène n’a rien fait d’autre. Et puis globalement, on n’a pas franchement l’impression que la petite bande menée par Ari soit réellement inquiétée alors qu’il est censé s’agir d’une mission périlleuse, en terrain hostile aux femmes et étrangers notamment. Bref, pas vraiment un thriller sous tension et qui manque un peu d’adrénaline, c’est un peu dommage. Mais l’ami du Blog L’Avis du Néophyte en parle mieux que moi dans l’article dédié.

L’autre déséquilibre concerne Chris Evans et dieu sait que j’adore Chris Evans ! Il est vrai que la fangirl que je suis en a eu pour son argent et en a pris plein les mirettes et j’en suis ravie. Seulement voilà : il n’y a quasiment pas une scène où il n’apparait pas à l’écran, comme si le film avait été écrit pour lui, ce qui je pense à été le cas ou au moins, le rôle qu’il campe. D’ailleurs puisqu’on parle du rôle, je ne suis pas certaine que ce fut une bonne opération pour l’acteur dont j’avais lu qu’il voulait se détacher du rôle qui l’a fait explosé aux yeux du grand public – je parle bien sûr de Captain America et tout le problème est là. Malheureusement, force est de constater qu’Ari Levinson a des petits côtés du Super soldat. Au début c’est drôle, on se dit « tiens, c’est marrant Captain America est au Soudan maintenant » et puis cela devient un peu agaçant à la longue… enfin, j’ai trouvé ça agaçant. Du coup, pas sûr que ce soit une bonne chose, et pour Chris Evans et pour le film surtout…

Sinon j’ai beaucoup aimé les autres acteurs, Alessandro Nivola en tête ; voir Ben Kingsley dans un rôle de gentil m’a un peu perturbée. Petit bémol aussi sur les rôles féminins : mis à part Haley Bennett, qui a un temps d’écran très limité, il n’y a pas grand monde. Après, je comprends – il s’agit d’un film d’espionnage et l’histoire ne se prête pas à pléthore de rôles féminins et puis les femmes n’avaient pas forcément la même mise en lumière qu’aujourd’hui. A ce propos, ce n’est pas une critique, juste le constat d’un élément minime qui participe sans le vouloir au déséquilibre global du film.

Un film qui passe bien malgré tout

En depit des éléments évoqués plus haut, Operation Brothers est plutôt bon dans l’optique du divertissement : on ne voit pas les deux heures passer et l’histoire racontée est très intéressante. J’ai du mal à me plaindre de ce film (même si j’aimerais bien parce qu’il y aurait pleins de choses à dire au niveau de la réalisation) à cause de ça justement. Il y a parfois un petit côté décalé qui m’a fait exploser de rire malgré le sujet on ne peut plus sérieux du long métrage et je ne sais pas si c’est une bonne chose… J’ai tellement appris grâce à ce film, et j’aime tellement Chris Evans, que c’est un peu difficile de rester objective et de mettre en exergue les points négatifs mais j’espère y être parvenue quand même.

Conclusion

Ce n’est pas le film indé, ni le film tout court, de l’année c’est certain et la plupart des gens le regarderont soit par curiosité soit pour Chris Evans qui porte véritablement le film à lui tout seul. Le reste passera à côté et c’est triste. Certes, le film a ses défauts et est bancal par moments mais il permet d’élargir ses horizons et d’en apprendre plus sur un épisode sombre de l’histoire contemporaine. Rien que pour cela, le film mérite d’être vu par le plus grand nombre. Merci Mr. Raff pour cet hôtel pas tout à fait comme les autres !

Littérature

[Contemporain] [Découverte] Money Shot – Christa Faust

Tout au long de ma lecture, je me suis très souvent demandé si ce livre avait sa place sur mon blog, au point de retarder considérablement l’avancée de cette lecture. Cependant pas question de l’abandonner parce que je savais dans quoi je m’engageais rien qu’avec la couverture… La quatrième de couverture s’est juste chargée de confirmer et d’enfoncer le clou.

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Je m’appelle Gina Moretti, mais vous me connaissez probablement mieux sous le nom d’Angel Dare. Vous en faites pas, je n’en parlerai à personne. J’ai tourné mon premier film X à l’âge de vingt ans, même si à l’époque, j’avais menti devant la caméra et prétendu en avoir dix-huit. Mais contrairement à bon nombre de filles avec lesquelles j’ai bossé, j’ai été assez maligne pour raccrocher. Le problème, c’est qu’à l’instar d’un catcheur ou d’un voleur de bijoux, je me suis laissée tenter par un retour. Je n’avais aucune idée que j’allais finir coincée dans un coffre de bagnole.

Money Shot, Christa Faust, Quatrième de couverture. Editions Gallmeister. 2018

Et j’aurais dû avoir peur d’instinct, et reposer bien gentiment le livre en rayon et passer mon chemin. Au lieu de quoi une sorte de fascination s’est emparée de moi et les éditions Gallmeister m’ont eue encore une fois. Je ne regrette absolument pas mon choix mais cela va sans dire : ce n’est pas un roman à mettre entre toutes les mains.

Passé le sentiment de malaise lié au sujet du roman et au vocabulaire employé, superbement traduit par Christophe CUQ, il y a une sorte de fascination qui s’installe chez le lecteur ; croyez-moi vous mourrez d’envie de savoir comment et pourquoi Angel Dare s’est retrouvée ligotée dans un coffre de voiture… Alors bien sûr le livre évoque l’industrie des films X et ses dérives donc c’est forcément une lecture dérangeante, une lecture coup de poing. Le style y est cru et percutant et l’intrigue relativement simple au départ se complexifie lentement au fil des pages. Le tout est extrêmement bien construit et développé, preuve que Christa Faust maitrise son sujet sur le bout des doigts. En plus d’une intrigue complexe et palpitante, certains thèmes abordés valent le coup qu’on s’y attarde un moment.

Premièrement, l’auteur questionne le rapport au corps en fonction de l’âge, tout en gardant à l’esprit que cette perception est bien souvent déformée dans le porno un peu plus qu’ailleurs. C’est un aspect très intéressant du roman qui en profite pour tordre le cou à bon nombre d’idées reçues sur la question, en le faisant avec beaucoup d’humour et de dérision, parfois avec une pointe de cynisme. Cependant la moralité reste toujours la même : fais ce que tu veux de ton corps et ce, quel que soit ton âge.

Deuxièmement, Money Shot est un thriller féministe avec une héroïne forte, indépendante et qui décidément n’a pas froid aux yeux. Honnêtement avant de lire ce livre, je ne pensais pas qu’on pouvait associer Films X et Féminisme dans une même phrase mais visiblement, c’est tout à fait possible et j’en suis ravie. Cet aspect découle en réalité du point évoqué précédemment et là encore, le roman prend le temps de déconstruire quelques préjugés sur la gent féminine, du genre : une femme est fragile et a besoin d’un homme pour se défendre. Angel Dare prendra un malin plaisir à vous montrer que non ; et c’est ce qui fait que je me suis attachée à ce personnage. Pas nécessairement parce qu’elle était badass et qu’elle savait se servir d’un flingue correctement mais parce qu’elle avait des failles et des errances. Ce sont ces failles qui l’ont rendue plus forte, pas son habilité à manier une arme à feu. Conclusion : oui, une femme a le droit d’avoir peur et d’être terrorisée mais elle peut se débrouiller seule, sans le secours d’un homme. C’est très plaisant à lire même si le sujet est traité de façon absolument non-conventionnelle.

Conclusion

Nous sommes d’accord : se faire justice soi-même n’est absolument pas recommandé dans la vie réelle mais dans le cas de Money Shot, cela donne une vendetta explosive dans le cadre d’un thriller très sombre et haletant, mené tambour battant par une héroïne attachante et drôle. Bien entendu, je le répète : ce livre s’adresse à un public averti du fait de l’environnement dans lequel il se déroule, mais si vous n’avez pas froid aux yeux, que vous êtes curieux et que vous cherchez une lecture non-conventionnelle, Money Shot n’attend que vous ! Avec son style cru et percutant ainsi que son rythme effréné, ce livre ne vous laissera tout simplement pas indifférent.

En ce qui me concerne, c’est un sans faute de plus pour les éditions Gallmeister et je le recommande vivement !

 

Littérature

[Découverte] Joe – Larry Brown

J’ai souvent le chic pour découvrir des auteurs une fois que ces derniers sont malheureusement décédés. Ce fut le cas pour Ned Crabb qui est rejoint dans cette liste par Larry Brown, mort 2004. Autant pour l’auteur de Meurtres à Willow Pond, j’ai été extrêmement déçue d’apprendre qu’il était décédé parce que cela voulait dire que je ne pourrais rien d’autre de lui, autant là pour Larry Brown… je suis passée rapidement à autre chose. Parce que la lecture de son roman phare, Joe, m’a presque laissée de  marbre…

Joe a toute sa place dans le catalogue des éditions Gallmeister

C’est le moins que l’on puisse dire, puisque encore une fois la nature et les grands espaces font partie intégrante de ce roman et les éditions Gallmeister sont désormais connues pour mettre en avant des auteurs dont les histoires ont un lien étroit avec la nature environnante. Ce fut le cas pour Dans la forêt, Meurtres à Willow Pond ou plus récemment avec My Absolute Darling. J’aime beaucoup le parti pris de placer la nature (souvent sauvage d’ailleurs) en arrière plan mais malgré tout au centre de l’histoire. De plus, on retrouve aussi un canon dans le type de personnagehttps___images.epagine.fr_499_9782351786499_1_75[1]s présents au fil des pages.

En effet, Joe Ransom qui donne son nom au roman est lui aussi un marginal et il vit plus ou moins de débrouilles et traine derrière lui un passé encombrant, que l’on comprend violent ; c’est pour cette raison que Joe cherche un moyen de rédemption et Joe trouve ce moyen en la personne de Gary, un jeune adolescent de 15 ans, qu’il prend rapidement sous son aile pour que Gary est une chance de s’en sortir et d’avoir un avenir. En fait, j’ai trouvé que Joe était un savant mélange entre Dans la forêt de Jean Hegland et My Absolute Darling de Gabriel Tallent, tout en étant un peu moins sombre que ce dernier. Mais c’est quand même sombre et poisseux.

Je ne cache pas que j’ai été déçue par cette lecture, notamment par la fin que je n’ai pas trouvé satisfaisante. De plus, même si j’ai ressenti des émotions assez violentes envers certains personnages, on ne peut pas vraiment dire que je me sois attachée à l’un d’eux particulièrement. J’ai beaucoup aimé la relation presque filiale entre Joe et Gary mais ça n’a pas été suffisant pour que j’accroche véritablement à cette histoire ; ce sont d’ailleurs mes personnages préférés de par leurs complexité et leur profondeur.

Néanmoins, chaque livre est un voyage potentiel et j’ai effectivement voyagé avec celui-ci. Donc on peut dire que l’objectif est à moitié atteint. La nature y est très belle, très sauvage et assez calme en comparaison à la violence dont font preuve certains hommes. Larry Brown retransmet cela à la perfection avec de magnifiques description du Mississipi. Malheureusement, je ne pense pas que ce sera un roman dont je me souviendrais avec le temps et de plus, je pense pas relire Larry Brown de si tôt. Quant à l’adaptation cinématographique avec Nicolas Cage, elle ne me tente pas plus que cela mais les critiques sont plutôt bonnes donc peut-être qu’un jour, je me laisserai tenter.

Conclusion

Au risque de vous surprendre, je pense qu’il serait dommage de passer à côté de ce livre, malgré ma chronique plutôt négative. Après tout, ce roman est plutôt court (environ 300 pages) et il possède des qualités stylistiques et narratives ; je n’ai pas réussi à me retrouver dans les personnages ni dans l’intrigue mais cela ne veut pas dire que le livre de Larry Brown est dénué d’intérêt. Je pense plutôt qu’il n’était pas fait pour moi, ou peut-être que je suis passée à côté d’éléments importants. Je ne sais pas trop en fait, mais je crois qu’il est grand temps que je termine cet article, comme à chaque fois où je commence à essayer de trouver des excuses à un livre que j’ai moyennement apprécié.

Littérature

Les abandonnés

Il m’arrive rarement d’arrêter ma lecture en cours de route mais ça m’arrive parfois. Ce fut le cas des deux livres qui concernent cet article : Watership Down de Richard Adams et L’invitation d’Elizabeth Day. En ce qui me concerne, je trouve que c’est toujours un peu délicat de parler de livres que je n’ai pas aimés ou que j’ai abandonnés en cours de route.

Watership Down – Richard Adams

L’abandon de celui-ci m’a pesé sur la conscience un moment. J’ai essayé de pousser la lecture par deux fois parce que c’était un cadeau de Noël mais rien à faire… Deux essais, deux échecs. Je crois que cela tient de l’histoire ; j’imagine que c’est très palpitant pour des enfants qui s’imaginent facilement des mondes à partir de rien et que faire de lapins les héros d’une aventure est concevable pour eux mais moi j’ai eu du mal ne serait-ce que pour m’attacher à Hazel. J’ai également éprouvé des difficultés à me représenter les décors et certaines actions (pourtant décrits avec minutie par l’auteur). Cela a eu pour conséquence directe de me détacher du récit et c’est à cause de ce détachement face à cette lecture que j’ai pris la décision d’abandonner ma lecture.

Cependant, et histoire de ne pas complètement noircir le tableau, je comprends tout à fait que ce livre puisse plaire à un lectorat plus adultes parce que Watership Down peut avoir plusieurs niveau de lecture et il est assez simple de trouver des correspondances avec d’autres ouvrages, d’autres histoires destinées à des adultes. Je pense notamment à l’Odyssée ou la Bible pour ne citer que cela.

Concernant l’adaptation en série par Netflix, même constat. Malheureusement, elle ne m’a intéressée pas outre mesure malgré sa durée plus qu’acceptable – 4 épisodes d’une heure environ – et de nombreuses qualités tant au niveau graphique qu’au niveau doublage des personnages par un casting de rêve, James McAvoy, John Boyega et Ben Kingsley en tête. Elle aura au moins eu l’avantage de fixer par l’image ce que je ne suis pas arrivée à imaginer à la lecture.

Conclusion : les lapins, ce n’est pas pour moi.

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L’invitation – Elizabeth Day

Voilà un livre dont j’avais beaucoup entendu parlé sur la blogosphère, notamment cet article qui m’a fortement poussé à garder le titre et l’auteur dans un coin de ma tête, donc lorsque je suis tombée dessus par hasard à la médiathèque, je me suis laissée tentée et j’ai répondu à l’invitation en l’empruntant. Et j’ai bien fait puisque dans un premier temps, c’est ma mère qui l’a lu en un temps record. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle a beaucoup aimé et moi, j’y ai vu un bon signe comme quoi j’allais très probablement aimé aussi.

Eh bien non. Je ne me suis pas ennuyée mais loin. Pourtant le tout est très bien écrit, l’intrigue qui tourne autour de la relation des deux personnages principaux – Ben Fitzmaurice et Martin Gilmour – est très complexe et pleine de non dits, ce qui crée une atmosphère particulière, pesante et pleine de suspense. C’est assez violent en fin de compte, et c’est peut-être cela qui m’a dérangé… Ou alors, la narration non linéaire ? En tout cas, ce n’est certainement les personnages qui m’ont fait abandonnés ce livre. En fait, je ne me l’explique pas vraiment cet abandon. Peut-être que ce n’était simplement la bonne période pour le lire ; peut-être une simple question d’état d’esprit après tout ! Quoiqu’il en soit, je pense que je retenterais la lecture de L’invitation dans quelques temps parce que rester sur un constat d’échec avec un livre si bien construit est quelque peu frustrant…

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Cinéma, Littérature

[Découverte] [Contemporain] Parfaite (You) Caroline Kepnes

Au risque de vous gaver avec un article supplémentaire sur le sujet, je m’en vais vous parler du phénomène Parfaite (You en anglais) de Caroline Kepnes. Je parle bien de phénomène puisque le livre a été publié en 2012 et était passé un peu inaperçu à l’époque… mais cela, c’était avant. Avant 2018 et Netflix ! Jackpot pour Caroline… Et on n’oublie pas de remercier la plateforme pour le petit coup de pouce sur les ventes du livre surtout !…

Ma rencontre avec Parfaite, le livre

Si je suis légèrement amère c’est parce que Parfaite est typiquement le livre qui rentre dans deux catégories (exclusive l’une de l’autre) : l’achat hasard – qui peut potentiellement débouché sur un truc, que l’expérience de lecture soit bonne, excellente ou au contraire simplement horrible… mais c’est le jeu lorsqu’on achète ses livres au hasard (comme il m’arrive de le faire parfois) – ou l’autre catégorie qui s’offre à vous c’est celle du non-achat – ces livres qui sont là mais que vous n’achèterez pas pour tout un tas de raisons.

Parfaite rentre dans cette seconde catégorie : rien ne me prédestinait à cet achat. Ni la couverture (très moyenne et pas du tout vendeuse selon moi) ni le résumé en quatrième de couverture (d’une médiocrité alarmante, genre : « il faut bien mettre quelque chose et cela fera l’affaire »). Bref, je suis passée à deux doigts d’ignorer complètement ce livre et son auteur et ma vie aurait continué comme si de rien n’était, dans une jungle littéraire luxuriante… C’était sans compter Joe Goldberg qui avait une histoire à raconter, la sienne et à qui Netflix a fait le plus beau cadeau qui soit : un corps, une incarnation afin qu’il devienne le nouveau porte-étendard du catalogue 2018-2019. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela a fonctionné ; peut-être même au-delà des espérances de Caroline Kepnes… Mais ce qui compte au fond, c’est bien que j’ai fini par faire la connaissance de Joe, personnage trouble et complexe comme j’en croise rarement et à qui l’on parvient à s’attacher malgré tout. Pour autant, je ne qualifierai pas cette lecture d’agréable ; il est quand même question d’un psychopathe qui épie le moindre fait et geste d’une fille pour qui il a eu le coup de foudre, sous couvert de recherche du Grand Amour… Et comme il est également narrateur de cette histoire, Hashtag NoFilter, eh bien être dans la tête d’un psychopathe n’est pas spécialement agréable. Cela dit, la lecture n’en reste pas moins fascinante, sans être totalement dérangeante non plus, auquel cas vous comme moi lâcherions le livre en cours de route. Ce n’est pas le cas – Parfaite n’est pas un livre qu’on lâche.

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Il s’agit presque d’un tour de force de la part de Caroline Kepnes, pour ne pas dire un tour de magie. Elle arrive à rendre un psychopathe (la dernière personne que vous souhaiteriez croiser dans toute votre vie) abordable voire même sympathique à certains égards : Joe est un libraire charismatique, un peu taciturne et complètement déphasé avec son époque (il n’est sur aucun réseau social, bien qu’il sache s’en servir à la perfection afin de trouver ce qui l’intéresse)… Un peu old school mais pas trop, charmant, un peu de désuétude dans le vocabulaire, une culture littéraire et cinématographique dont je rêve mais surtout une intelligence stupéfiante et d’une logique aussi imparable que diabolique ; voilà comment définir notre protagoniste narrateur. Inutile de vous dire comment tout cela se termine parce que de toute façon, on sent dès le départ que cette histoire « d’amour » va mal finir… Vous connaissez la chanson, n’est-ce pas ? Eh bien Parfaite c’est tout-à-fait cela : une histoire d’amour non-conventionnelle qui ne finit pas bien. Néanmoins il est probable que vous restiez sur votre faim/fin à la dernière page du roman ; il se peut que vous ayez l’impression de sauter du train en marche… mais non, il n’y a rien de plus pour nous pauvres lecteurs déboussolés. Les joies des fins ouvertes !

You, la série : Adaptation fidèle et réussie ?

Comme mentionné plus haut dans l’article, j’ai fait la connaissance de Joe et Beck par l’intermédiaire de Netflix et heureusement que cela est arrivé dans ce sens et pas l’inverse. Rien que la bande-annonce vaut le coup d’œil : elle est très bien réalisée, très soignée et intrigue tout de suite le spectateur. En même temps c’est un peu le but de l’existence des bandes annonces, non ? Le problème c’est que ce n’est pas toujours une réussite mais c’est un autre sujet. Quoiqu’il en soit cette série a passé ce premier test de la bande-annonce haut la main, et c’est un bon début. Ensuite, les choses se corsent un peu pour Joe, Beck et les autres…

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J’aimerais vraiment être ultra positive quant à cette adaptation mais il y a quelque chose qui me gêne pour apprécier pleinement cette série. J’ai souvent entendu dire que pour qu’une adaptation cinématographique soit réussie, il fallait qu’elle reste fidèle à l’œuvre d’origine, tout en s’en éloignant un peu pour permettre quelques libertés d’interprétations, mais pas trop : question de dosage encore une fois. En cela, pas de soucis, les scénaristes de la série ont suivi cette règle à la lettre (au bénéfice de Joe et du spectateur d’ailleurs). J’en veux pour preuve l’ajout de certains personnages comme par exemple le petit Paco, voisin de notre gentleman psychotique. Paco, une dizaine d’années au compteur, c’est la caution humanité de Joe Goldberg qui s’occupe de lui comme le ferait n’importe quel grand-frère ou oncle sain d’esprit et je trouve que c’est une bonne chose. Le retrait de certains autres aussi parce que cela permet de ne pas surcharger la série avec des informations potentiellement inutiles.

Cependant, j’ai quand même beaucoup de mal avec cette tendance qu’a la série à faire des raccourcis à tord et à travers (par rapport au livre) ; limite et contrainte de temps pour chaque épisode ? J’entends et je comprends bien… Seulement ce procédé laisse des trous dans le scénario et la trame principale de l’intrigue et vous êtes bien obligés de les combler ces trous, si vous voulez que l’ensemble tienne la route, quitte à trop s’éloigner de l’œuvre d’origine. Et j’ai précisément des doutes sur comment « reboucher les trous ». Le pire pour cette série qui a pourtant de belles qualités, ce serait que les scénaristes fassent exactement cela dans le but de plaire à une plus large audience. Il faut un retour sur investissement oui, mais à quel prix ?…

Bien sûr je n’ai pas la prétention de répondre à cette question ici, dans cet article, et chacun se fera sa propre opinion mais c’est parfois dommage de gâcher les choses qui avaient pourtant bien commencées et qui sont parfois jolies.

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Parce que oui, esthétiquement parlant, j’ai trouvé qu’il y avait quelque chose dans le traitement de l’image et de la lumière. Je n’irai pas jusqu’à qualifier l’ensemble de beau ou de splendide mais You possède sa propre identité à ce niveau : il se dégage une atmosphère à la fois charmante et rassurante (à l’image de Beck) et son exact opposé l’instant d’après ou l’épisode suivant. Cette dualité nous plonge en immersion totale dans la tête de Joe. L’image et la lumière ne sont évidemment pas le seul accès à l’esprit tourmenté de Joe puisque c’est sa voix en off qui nous guide d’épisode en épisode, exactement comme dans le livre.

Concernant les acteurs, je n’ai pas grand-chose à en dire puisque je ne les connaissais pas, sauf Shay Mitchell que j’avais vu dans Pretty Little Liars à l’époque. J’ai donc pu découvrir Penn Badgley (oui, oui je sais Gossip Girl mais non je n’ai pas regardé cette série et je ne m’en porte pas plus mal) et Elizabeth Lail (que j’aurais pu découvrir dans Once Upon a Time mais ce n’est pas de ma faute si j’ai décroché au bout de trois saisons – elle arrive dans la quatrième saison). J’imagine que le casting a été le bon étant donné que l’on rentre assez bien dans l’histoire et aisément dans la tête de ce cher Joe.

Alors, livre ou série ?

L’adage veut que le diable soit dans les détails, et malgré des différences de l’ordre du détail parfois, pour une fois je vais pencher du côté de la série, chose plutôt rare me concernant. Ce choix se justifie avec toutes les raisons précédemment évoquée ; ce qui ne m’empêche d’être dans l’expectative quant à la suite qu’ils vont lui donner, en espérant que cela ne dégénère en foire où l’on retrouverait vaguement les personnages (ceux qui sont toujours de ce monde) et l’intrigue voulue par l’auteur elle-même.

Pour le livre, il est intéressant à lire, mais il vaut mieux commencer par la série : Joe y apparait un tout petit peu plus doux par rapport à son jumeau de papier. D’une manière plus générale, Parfaite n’a sans doute pas l’intrigue parfaite mais néanmoins, Caroline Kepnes a réalisé un de mes vieux rêves littéraires : le méchant gagne à la fin… et rétrospectivement, je ne sais pas si c’est une bonne chose qu’elle ait mis un terme à ce vieux fantasme, de cette façon.

A noter qu’il existe bien une suite sur le plan littéraire : le livre en question a pour titre Hidden Bodies et a été publié en 2016. Il n’existe pas de traduction française à ce jour (à ma connaissance)

Littérature

[Contemporain] Elizas

Bonsoir tout le monde !

Je viens de terminer un thriller que j’ai beaucoup aimé. Il s’agit du petit dernier de Sara Shepard, Elizas. Si vous ne connaissez pas Sara Shepard mais que son nom vous dit quand même quelque chose si vous regardez des séries, c’est que c’est elle qui avait écrit la série littéraire Les menteuses. La série télé qui en découle est d’ailleurs assez connue puisqu’il s’agit de Pretty Little Liars qui a connu un certain succès. Bien entendu je ne m’étendrais pas sur la série puisque cet article n’en est pas le sujet sauf pour vous dire que je n’ai pas lu la série littéraire ; en revanche j’avais commencé la série avant de décrocher par lassitude. Je vous parle de cela parce qu’en fait, j’avais quelques à priori sur ce livre sans même l’avoir commencé ce qui est un peu stupide, j’en conviens… mais la série m’avait laissée un souvenir plutôt mauvais bien que l’idée de départ soit très bonne disons-le. J’avais peur que ce livre, ce soit plus ou moins la même chose avec un univers et des personnages un peu différents.

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Heureusement, j’avais tord. Cependant, le lecteur est tout de suite plongé dans le bain (sans mauvais jeux de mots) puisqu’on retrouve l’héroïne de ce roman à son réveil comateux dans un hôpital. Ses proches la soupçonne d’avoir fait une nouvelle tentative de suicide en s’offrant un plongeon dans la piscine d’un hôtel luxueux à Hollywood alors qu’elle ne sait pas nager et qu’elle a déjà plusieurs tentatives de suicide à son actif, toutes impliquant des étendues d’eau. Pour une raison qu’elle ne s’explique pas, Eliza Fontaine, a pourtant l’intuition que cette fois, c’est différent : elle se souvient d’une voix et d’un rire avant son plongeon et pour elle c’est sûr quelqu’un a essayé de la tuer alors que la jeune femme s’apprête à sortir son tout premier roman Les Dés. On suit donc Eliza dans ses investigations faites de souvenirs flous, d’intuitions et de fausses pistes pour rétablir la vérité à son sujet et c’est passionnant.

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Alors bien sûr ce qui m’a frappé en premier lieu, c’est que ce livre est écrit comme une série ; ce livre est fait pour être une série et je ne serai pas étonnée si c’est un jour le cas dans un futur proche – les chapitres alternent entre la vie d’Eliza Fontaine et l’intrigue du roman de cette dernière et cela crée un rythme plutôt soutenu et effréné. Cela est également accentué par le fait que les chapitres sont plutôt courts et se terminent très souvent sur des notes de suspense, comme dans bon nombre de séries. L’autre chose qui m’a fait pensé à une série, c’est que Sara Shepard s’amuse avec son lecteur. Nous sommes emmenés de fausses pistes en fausses pistes ; elle fait planer le doute sur l’intrigue jusque dans les dernières pages et c’est vraiment très, très réussi.

Et puis bien évidemment, je ne peux pas terminer mon article sans évoquer les personnages du livres. Le lecteur a 428 pages pour s’attacher à Eliza dans sa recherche et sa lutte pour rétablir la vérité et par la même occasion sa mémoire défaillante ; Eliza est fragile mais volontaire et déterminée, ce qui en fait un personnage puissant, intéressant et diablement complexe. Personnellement j’adore ça. Il ne faut pas oublier non plus les personnages secondaires hauts en couleurs qui participent à cette atmosphère parfois inquiétante, parfois joyeuse et légère de ce passionnant roman.

En conclusion, oubliez la série Pretty Little Liars si vous avez été lassés et plongez-vous dans le nouveau roman de Sara Shepard, et si vous avez aimé la série, vous retrouverez des éléments qui en ont fait son succès avec des thèmes communs aux deux œuvres mais je ne vous en dirais pas plus…

Je vous souhaite de belles lectures et un bel été en attendant ma prochaine lecture qui ne devrait pas tarder !

Littérature

[Contemporain] Possession

Je viens de finir Possession (My Head Is Full of Ghosts en anglais) de Paul Tremblay et que vous dire à part que j’ai passé un super moment de lecture ; j’en suis ravie et la première surprise d’ailleurs. On ne peut pas dire que je suis une adepte du genre en général. En écrivant cette phrase, je me rends compte qu’elle est fausse, du moins pour le genre littéraire : je n’avais jamais rien lu de ce genre-là donc, on ne peut pas vraiment parler d’adepte et rien ne me destinait à lire ce livre. Mais la bibliothèque et ma curiosité naturelle sont passées par là. Petit tour d’horizon à Beverly, Massachussetts chez les Barrett, des gens biens sous tout rapport…

Couverture Possession

Possession, un roman à vous faire Tremblay de peur.

Voilà, il fallait que je la fasse, je l’ai faite, elle est casée, passons à autre chose s’il vous plait. Surtout qu’en plus, ce n’est pas un roman qui fait si peur que ça – et je ne dis pas ça parce que la lecture est derrière moi. C’est vraiment mon ressenti. Du coup, je me dis qu’il faudrait peut-être retenter l’expérience en lisant le soir, dans le noir à la lumière d’une lampe de bureau ou une lampe de poche… Je ne sais pas, je me demande comment Stephen King a procédé ? Parce que oui, la couverture annonce la couleur :

« Possession m’a vraiment fait trembler de peur. Et sachez que pour me faire peur, il faut se lever de bonne heure. » Stephen King

Ouais. Bon… C’est un argument de vente comme un autre mais ce n’est pas trop convaincant de mon point de vue ; j’ai appris à me méfier des critiques et des avis qui encensent de manière exagérée une œuvre, peu importe le support d’ailleurs. J’étais assez septique et la quatrième de couverture n’était guère mieux, qualifiant le roman de « nouveau classique de l’horreur » après Rosemary’s baby et l’Exorciste, excusez du peu. Et pourtant, cela a fonctionné, très bien fonctionné même, puisque je l’ai lu en DEUX jours ! On s’approche d’un record, je pense. En fait, ce qui a fait basculé mon envie de lire ce livre en particulier, c’est la lecture de plusieurs articles (de WordPress) sur le sujet. Moralité : faites un blog, c’est utile !

Blague à part, j’ai beaucoup aimé cette histoire, vraiment beaucoup. Je ne peux quand même pas dire que j’ai adoré au point d’en faire le livre de l’année mais pas loin, parce que, et c’est la force de ce livre : il y a un vrai fond, ce n’est pas juste une histoire banale de possession démoniaque d’une jeune fille (que l’on suppose pure et innocente) comme veut bien nous le faire croire la quatrième de couverture qui présente ce qui suit :

« La famille Barrett mène une vie ordinaire à Beverly, une banlieue tranquille de Boston, Massachusetts, jusqu’au jour où leur fille de quatorze ans, Marjorie, commence à manifester les symptômes d’une étrange schizophrénie. Alors que des évènements de plus en plus angoissants se produisent, les Barrett décident de faire appel à un prêtre qui ne voit qu’une solution : l’exorcisme. A court d’argent, la famille accepte l’offre généreuse d’une chaine de télévision qui propose de suivre les évènements en direct. L’émission connait un succès sans précédent. Pourtant, du jour au lendemain, elle est interrompue sans explication. Que s’est-il passé dans la maison des Barrett ? »

Possession, Paul Tremblay, Quatrième de couverture ; Ed. Sonatine 2015, 2018 pour la présente traduction.

Je meure d’envie de vous le dire, ce qui est arrivé dans cette maison… mais disons juste que la pirouette de la fin n’a rien à voir avec ce qu’on imagine. Tout ce que je peux faire éventuellement, c’est me permettre d’insister sur certains points qui ont leur importance et qui ne révèlent rien de l’intrigue, évidemment.

Premier point : cette histoire un peu glauque certes, est racontée du point de vue de Merry, une enfant de huit ans qui ne comprend pas ce qui se passe autour d’elle ou du moins, elle comprend ce qui se passe à hauteur d’yeux d’enfant. Ce qui fait qu’en tant que lecteur, nous sommes autant paumés et effrayés que la pauvre Merry, qui se retrouve embarquée dans un truc qui la dépasse complètement. A huit ans, Merry aspire juste à vivre heureuse au milieu d’une famille aimante et d’un cocon protecteur comme toutes les petites filles de son âge.

Deuxième point : toujours dans cette histoire un peu glauque mêlant télé-réalité et exorcisme, vient se greffer une bloggeuse du nom de Karen Brissette et qui se fait connaitre sur la toile grâce à ses articles sur le paranormal et la culture populaire autour des films d’horreur. Ces éléments et ce personnage apportent une réelle profondeur au roman ; profondeur que je n’attendais pas le moins du monde à propos et je crois que cela a vraiment fait pencher la balance du bon côté me concernant.

En résumé, ce livre est diablement bien construit (pardon mais c’est vrai) : c’est fin, c’est intelligent et l’histoire sert un propos et une réflexion sur un sujet d’actualité – la place de la télé-réalité dans notre société contemporaine, sans oublier bien sûr la place prépondérante de son homologue qu’est Internet. Et en plus de tout cela, on ne s’ennuie pas une seconde à cause de l’agitation causée par le comportement étrange de la jeune Marjorie.

Possession, maintenant un livre, ensuite un film ?

Oui et honnêtement entre nous, Hollywood aurait tord de se priver d’une rentrée d’argent potentiellement colossale : Hollywood ADORE les films d’horreur. Je m’en serai bien passé mais au fond, je ne suis pas contre. Le livre est très bien donc sur papier, oui pourquoi ne pas en faire une adaptation cinématographique… Oui mais… A condition que cela soit bien fait. La seule information dont je dispose à l’heure actuelle c’est que c’est la Team Downey qui va produire ce film ; c’est un peu maigre comme information et j’espère vraiment que Robert Downey Jr. et son épouse n’en feront pas n’importe quoi puisque l’horreur n’est clairement pas le seul sujet de ce livre que j’ai trouvé passionnant, vous l’aurez compris. Affaire à suivre donc…