Littérature

[Contemporain] Elizas

Bonsoir tout le monde !

Je viens de terminer un thriller que j’ai beaucoup aimé. Il s’agit du petit dernier de Sara Shepard, Elizas. Si vous ne connaissez pas Sara Shepard mais que son nom vous dit quand même quelque chose si vous regardez des séries, c’est que c’est elle qui avait écrit la série littéraire Les menteuses. La série télé qui en découle est d’ailleurs assez connue puisqu’il s’agit de Pretty Little Liars qui a connu un certain succès. Bien entendu je ne m’étendrais pas sur la série puisque cet article n’en est pas le sujet sauf pour vous dire que je n’ai pas lu la série littéraire ; en revanche j’avais commencé la série avant de décrocher par lassitude. Je vous parle de cela parce qu’en fait, j’avais quelques à priori sur ce livre sans même l’avoir commencé ce qui est un peu stupide, j’en conviens… mais la série m’avait laissée un souvenir plutôt mauvais bien que l’idée de départ soit très bonne disons-le. J’avais peur que ce livre, ce soit plus ou moins la même chose avec un univers et des personnages un peu différents.

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Heureusement, j’avais tord. Cependant, le lecteur est tout de suite plongé dans le bain (sans mauvais jeux de mots) puisqu’on retrouve l’héroïne de ce roman à son réveil comateux dans un hôpital. Ses proches la soupçonne d’avoir fait une nouvelle tentative de suicide en s’offrant un plongeon dans la piscine d’un hôtel luxueux à Hollywood alors qu’elle ne sait pas nager et qu’elle a déjà plusieurs tentatives de suicide à son actif, toutes impliquant des étendues d’eau. Pour une raison qu’elle ne s’explique pas, Eliza Fontaine, a pourtant l’intuition que cette fois, c’est différent : elle se souvient d’une voix et d’un rire avant son plongeon et pour elle c’est sûr quelqu’un a essayé de la tuer alors que la jeune femme s’apprête à sortir son tout premier roman Les Dés. On suit donc Eliza dans ses investigations faites de souvenirs flous, d’intuitions et de fausses pistes pour rétablir la vérité à son sujet et c’est passionnant.

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Alors bien sûr ce qui m’a frappé en premier lieu, c’est que ce livre est écrit comme une série ; ce livre est fait pour être une série et je ne serai pas étonnée si c’est un jour le cas dans un futur proche – les chapitres alternent entre la vie d’Eliza Fontaine et l’intrigue du roman de cette dernière et cela crée un rythme plutôt soutenu et effréné. Cela est également accentué par le fait que les chapitres sont plutôt courts et se terminent très souvent sur des notes de suspense, comme dans bon nombre de séries. L’autre chose qui m’a fait pensé à une série, c’est que Sara Shepard s’amuse avec son lecteur. Nous sommes emmenés de fausses pistes en fausses pistes ; elle fait planer le doute sur l’intrigue jusque dans les dernières pages et c’est vraiment très, très réussi.

Et puis bien évidemment, je ne peux pas terminer mon article sans évoquer les personnages du livres. Le lecteur a 428 pages pour s’attacher à Eliza dans sa recherche et sa lutte pour rétablir la vérité et par la même occasion sa mémoire défaillante ; Eliza est fragile mais volontaire et déterminée, ce qui en fait un personnage puissant, intéressant et diablement complexe. Personnellement j’adore ça. Il ne faut pas oublier non plus les personnages secondaires hauts en couleurs qui participent à cette atmosphère parfois inquiétante, parfois joyeuse et légère de ce passionnant roman.

En conclusion, oubliez la série Pretty Little Liars si vous avez été lassés et plongez-vous dans le nouveau roman de Sara Shepard, et si vous avez aimé la série, vous retrouverez des éléments qui en ont fait son succès avec des thèmes communs aux deux œuvres mais je ne vous en dirais pas plus…

Je vous souhaite de belles lectures et un bel été en attendant ma prochaine lecture qui ne devrait pas tarder !

Littérature

[Contemporain] Possession

Je viens de finir Possession (My Head Is Full of Ghosts en anglais) de Paul Tremblay et que vous dire à part que j’ai passé un super moment de lecture ; j’en suis ravie et la première surprise d’ailleurs. On ne peut pas dire que je suis une adepte du genre en général. En écrivant cette phrase, je me rends compte qu’elle est fausse, du moins pour le genre littéraire : je n’avais jamais rien lu de ce genre-là donc, on ne peut pas vraiment parler d’adepte et rien ne me destinait à lire ce livre. Mais la bibliothèque et ma curiosité naturelle sont passées par là. Petit tour d’horizon à Beverly, Massachussetts chez les Barrett, des gens biens sous tout rapport…

Couverture Possession

Possession, un roman à vous faire Tremblay de peur.

Voilà, il fallait que je la fasse, je l’ai faite, elle est casée, passons à autre chose s’il vous plait. Surtout qu’en plus, ce n’est pas un roman qui fait si peur que ça – et je ne dis pas ça parce que la lecture est derrière moi. C’est vraiment mon ressenti. Du coup, je me dis qu’il faudrait peut-être retenter l’expérience en lisant le soir, dans le noir à la lumière d’une lampe de bureau ou une lampe de poche… Je ne sais pas, je me demande comment Stephen King a procédé ? Parce que oui, la couverture annonce la couleur :

« Possession m’a vraiment fait trembler de peur. Et sachez que pour me faire peur, il faut se lever de bonne heure. » Stephen King

Ouais. Bon… C’est un argument de vente comme un autre mais ce n’est pas trop convaincant de mon point de vue ; j’ai appris à me méfier des critiques et des avis qui encensent de manière exagérée une œuvre, peu importe le support d’ailleurs. J’étais assez septique et la quatrième de couverture n’était guère mieux, qualifiant le roman de « nouveau classique de l’horreur » après Rosemary’s baby et l’Exorciste, excusez du peu. Et pourtant, cela a fonctionné, très bien fonctionné même, puisque je l’ai lu en DEUX jours ! On s’approche d’un record, je pense. En fait, ce qui a fait basculé mon envie de lire ce livre en particulier, c’est la lecture de plusieurs articles (de WordPress) sur le sujet. Moralité : faites un blog, c’est utile !

Blague à part, j’ai beaucoup aimé cette histoire, vraiment beaucoup. Je ne peux quand même pas dire que j’ai adoré au point d’en faire le livre de l’année mais pas loin, parce que, et c’est la force de ce livre : il y a un vrai fond, ce n’est pas juste une histoire banale de possession démoniaque d’une jeune fille (que l’on suppose pure et innocente) comme veut bien nous le faire croire la quatrième de couverture qui présente ce qui suit :

« La famille Barrett mène une vie ordinaire à Beverly, une banlieue tranquille de Boston, Massachusetts, jusqu’au jour où leur fille de quatorze ans, Marjorie, commence à manifester les symptômes d’une étrange schizophrénie. Alors que des évènements de plus en plus angoissants se produisent, les Barrett décident de faire appel à un prêtre qui ne voit qu’une solution : l’exorcisme. A court d’argent, la famille accepte l’offre généreuse d’une chaine de télévision qui propose de suivre les évènements en direct. L’émission connait un succès sans précédent. Pourtant, du jour au lendemain, elle est interrompue sans explication. Que s’est-il passé dans la maison des Barrett ? »

Possession, Paul Tremblay, Quatrième de couverture ; Ed. Sonatine 2015, 2018 pour la présente traduction.

Je meure d’envie de vous le dire, ce qui est arrivé dans cette maison… mais disons juste que la pirouette de la fin n’a rien à voir avec ce qu’on imagine. Tout ce que je peux faire éventuellement, c’est me permettre d’insister sur certains points qui ont leur importance et qui ne révèlent rien de l’intrigue, évidemment.

Premier point : cette histoire un peu glauque certes, est racontée du point de vue de Merry, une enfant de huit ans qui ne comprend pas ce qui se passe autour d’elle ou du moins, elle comprend ce qui se passe à hauteur d’yeux d’enfant. Ce qui fait qu’en tant que lecteur, nous sommes autant paumés et effrayés que la pauvre Merry, qui se retrouve embarquée dans un truc qui la dépasse complètement. A huit ans, Merry aspire juste à vivre heureuse au milieu d’une famille aimante et d’un cocon protecteur comme toutes les petites filles de son âge.

Deuxième point : toujours dans cette histoire un peu glauque mêlant télé-réalité et exorcisme, vient se greffer une bloggeuse du nom de Karen Brissette et qui se fait connaitre sur la toile grâce à ses articles sur le paranormal et la culture populaire autour des films d’horreur. Ces éléments et ce personnage apportent une réelle profondeur au roman ; profondeur que je n’attendais pas le moins du monde à propos et je crois que cela a vraiment fait pencher la balance du bon côté me concernant.

En résumé, ce livre est diablement bien construit (pardon mais c’est vrai) : c’est fin, c’est intelligent et l’histoire sert un propos et une réflexion sur un sujet d’actualité – la place de la télé-réalité dans notre société contemporaine, sans oublier bien sûr la place prépondérante de son homologue qu’est Internet. Et en plus de tout cela, on ne s’ennuie pas une seconde à cause de l’agitation causée par le comportement étrange de la jeune Marjorie.

Possession, maintenant un livre, ensuite un film ?

Oui et honnêtement entre nous, Hollywood aurait tord de se priver d’une rentrée d’argent potentiellement colossale : Hollywood ADORE les films d’horreur. Je m’en serai bien passé mais au fond, je ne suis pas contre. Le livre est très bien donc sur papier, oui pourquoi ne pas en faire une adaptation cinématographique… Oui mais… A condition que cela soit bien fait. La seule information dont je dispose à l’heure actuelle c’est que c’est la Team Downey qui va produire ce film ; c’est un peu maigre comme information et j’espère vraiment que Robert Downey Jr. et son épouse n’en feront pas n’importe quoi puisque l’horreur n’est clairement pas le seul sujet de ce livre que j’ai trouvé passionnant, vous l’aurez compris. Affaire à suivre donc…