Cinéma

Les couteaux sont de sortie

Hier fut une journée chargée mais qui m’a permise de me faire un petit plaisir cinématographique avec A couteaux tirés (Knives Out) de Rian Johnson, film que je voulais ABSOLUMENT voir pour deux raisons : c’est un Whodunit avec un casting 5 étoiles. C’est chose faite et je vous livre mes impressions. Attention, sortez vos couteaux !

La forme et le fond

L’histoire est classique : Harlan Thrombey (Christopher Plummer) trouve la mort dans des conditions suspectes le soir de ses 85 ans. Les proches (famille et domestiques) du célèbre auteur de romans policiers sont évidemment suspectés et le Détective privé Benoit Blanc (Daniel Craig) est mandaté par une source anonyme pour démêler le vrai du faux. Le tout dans le cadre singulier de cette demeure familiale bostonienne atypique.

La forme : un casting 5 étoiles au service d’une histoire bien ficelée

Comme je l’ai évoqué très brièvement en introduction de cet article, le film bénéficie d’un casting flamboyant et on pourrait penser que ce défilé de stars affaiblit considérablement le film mais il n’en est rien. Chaque acteur à sa place et son moment pour briller, même s’il s’agit d’un petit rôle, ce qui est logique lorsqu’un casting devient conséquent. Bien entendu, je ne vais pas détailler chaque acteur et le rôle qu’il campe parce que cela n’aurait pas beaucoup d’intérêt. Cependant, j’ai malgré tout décidé de me focaliser sur cinq acteurs et leurs rôles : Christopher Plummer, Chris Evans, Ana De Armas, Jamie Lee Curtis et bien sûr Daniel Craig.

  • Christopher Plummer (La Mélodie du Bonheur) interprète donc Harlan Thrombey, victime âgée de 85 ans. J’ai beaucoup aimé ce personnage rassurant – le gentil grand-père/père qui veille au bien-être des gens qui l’entourent tout en étant parfaitement lucide sur les différents membres de sa famille, c’est d’ailleurs tout le nœud de l’histoire évidemment.
  • Chris Evans (Captain America dans le MCU, Operation Brothers) incarne quant à lui Ransom Drysdale-Thrombey, un des petits-fils de la victime. Quel plaisir de voir Chris Evans dans un rôle à contre emploi vis-à-vis de son physique. D’autant que son rôle est plus complexe qu’il n’y parait – il n’apparait pas énormément à l’écran mais toutes ses répliques font mouche et beaucoup de choses passent par la gestuelle et les jeux de regards. A n’en pas douter un des meilleurs rôles de Chris Evans (et je ne dis pas cela parce que c’est un de mes acteurs favoris).
  • Ana De Armas est, pour moi, la véritable révélation de ce long-métrage. Elle y campe Marta Cabrera, l’infirmière dévouée de la victime, et qui trouve le corps de la victime dans son bureau au petit matin. Pour être franche, je ne connaissais pas cette actrice avant de la voir jouer dans ce film et bien qu’elle ne soit pas hyper connue, son travail gagne à être reconnu puisque selon moi, elle porte une grande partie du film sur ses épaules tant son rôle est important et ce, malgré la présence de grands noms autour d’elle. A mon avis, Ana De Armas est une actrice à suivre de près dans les prochaines années et elle aura l’occasion de démontrer l’étendue de son talent lorsqu’elle retrouvera Daniel Craig à l’affiche du prochain James Bond, Mourir peut attendre en tant que James Bond Girl. Affaire et actrice à suivre donc…
  • Jamie Lee Curtis (Halloween et ses suites, Freaky Friday) est impeccable en Linda Drysdale née Thrombey, fille à papa et femme d’affaire impitoyable.
  • Daniel Craig enfin (James Bond depuis Casino Royale, Millenium: Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes), interprète le Détective Benoit Blanc dont le nom est un clin d’oeil à peine voilé au Cluedo et qui doit résoudre le mystère autour de la mort du romancier. Si l’on en croit les interviews du réalisateur, le reste du casting s’est monté autour de Daniel Craig, ce qui est terriblement flatteur en même temps que d’être parfois un cadeau empoisonné… Je n’ai rien à redire quant au personnage où l’interprétation mais il y a quand même une petite chose qui m’a fait tiquer : c’est le drôle d’accent sudiste que l’acteur a pris pour son rôle. J’ai trouvé ça franchement étrange au début et puis finalement, on finit par s’y habituer mais cela reste quelque chose d’étrange pour moi. Remarquez, on reste dans le ton décalé du film.

Vous l’aurez compris une des forces de A couteaux tirés, c’est son casting dont les acteurs campent des personnages archétypaux sans pour autant être caricaturaux. De plus, j’ai trouvé le scénario bien construit pour un film de ce genre, c’est-à-dire qu’il reprend les codes du genre autant dans les personnages, les situations et le déroulé de l’enquête tout en évitant autant que faire ce peut d’être un film téléphoné – bien sûr, il y a certains poncifs mais du moment que l’on accepte le fait que ce long-métrage s’inscrit totalement dans la lignée d’un roman d’Agatha Christie, je crois qu’on n’est pas trop en mesure de se plaindre. D’autant qu’en réalité, A couteaux tirés est loin d’être dénué de fond.

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Le fond : une liberté de ton permise par le genre Whodunit

On en revient au scénario et à la forme puisqu’en fait, le film n’est pas seulement un divertissement sur le mode Cluedo mais bien une dénonciation de certains aspects de la société américaine actuelle. Cette dénonciation passe notamment par l’humour grinçant du film et les discours des personnages qui comme je le disais plus haut, sont des archétypes. Ce procédé permet de leur faire dire des choses absolument horribles pour certains sans en être inquiété outre mesure. C’est un aspect que je n’attendais pas du tout avant de voir ce film mais qui est plus que bienvenu ; une des pistes de réflexion tourne autour de la question de l’immigration au Etats-Unis et tout est très finement joué et sous-entendu et voilà comment l’air de rien, la politique en matière d’immigration de l’actuel Président des Etats-Unis se retrouve épinglée alors que le sujet semble pourtant bien éloigné d’une partie de Cluedo géante dans un manoir à Boston. Et rien que pour cela, la finesse de son script et l’élégance des différents messages dissimulés tout au long du film, vous devriez donner sa chance à Rian Johnson et son A couteaux tirés.

Cinéma

La tête dans les étoiles

J’espère que les fêtes de fin d’année se passent idéalement pour vous et que vous avez eu les présents que vous espériez, même si ce n’est pas la chose la plus importante dans les traditions liées à Noël. En ce qui me concerne, tout s’est très bien passé je suis ravie d’avoir pu passer un moment en famille.

J’ai toujours associé les fêtes de Noël à Star Wars. Pas nécessairement parce que les différents films de la Saga sortent aux alentours de cette période mais pour moi, Star Wars c’est un peu un conte de Noël et puis il faut dire aussi que c’est toujours un plaisir pour moi de voyager « dans une galaxie très, très lointaine » en famille. Pour faire court, ce huitième épisode n’a pas dérogé à la tradition, si on peut dire ça comme ça.

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Premièrement, j’aimerais que l’on m’explique pourquoi les gens trouvent ce huitième opus horrible et le déteste tant. J’ai vraiment du mal à comprendre parce que même si ce n’est pas un chef-d’œuvre, il n’y a pas de quoi le jeter aux ordures. Je reconnais quelques points faibles mais globalement, je trouve que cette cabale autour du film est infondée. De mon point de vue, ce n’est pas le pire épisode de la saga. Ce n’est pas non plus un remake de L’Empire contre-attaque donc j’ai vraiment du mal à voir ce qui lui vaut toutes ces critiques négatives. Encore une fois, ce n’est sans doute qu’une question de point de vue où certains affirment que la seule et unique trilogie valable, c’est la première, celle allant de 1977 à 1983. Alors oui. Mais ce n’était pas la même époque et il n’y avait pas toute la technologie actuelle, ce qui peut devenir un défaut si cela est utilisé à outrance, je suis d’accord. En fin de compte, je crois que toutes ces histoires et tous ces débats autour des films pour savoir lequel est le meilleur et pourquoi font partie de l’univers de Star Wars, qu’on le veuille ou non et il faut bien faire avec. A condition d’écouter ce que son voisin a à dire sur le sujet et en respectant son point de vue.

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Concernant le film lui-même, SW – Les derniers Jedi, j’ai trouvé l’histoire un peu longue à démarrer, certaines scènes un peu brouillon qui donnaient l’impression de mal s’enchainer avec le reste dans son ensemble mais au final l’histoire se tient et est cohérente par rapport au volet précédent. Si l’on continue sur les points négatifs du film, je dirais que certains personnages manquent de profondeur ou n’en ont pas du tout et c’est dommage parce que le film s’appuie un peu trop sur les effets spéciaux et numériques à mon goûts. Peut-être que ce manque de profondeur ou de charisme est voulu et souhaité afin de laisser la porte ouverte à d’autres films mais c’est assez perturbant sur le coup.

Le film possède néanmoins beaucoup de points positifs, notamment concernant certains autres personnages. C’est le moment où je vais beaucoup parler de Rey, Kylo Ren, Poe Dameron et Finn, Luke et Leia.

D’abord concernant tous ses personnages, on sent une réelle évolution depuis leur dernière apparition à l’écran. Cette évolution se voit plus ou moins rapidement mais il n’empêche qu’elle est présente et c’est une bonne chose. La chose la plus frappante pour moi, ça a été l’évolution parallèle entre Rey et Kylo Ren. Le réalisateur et les scénaristes ont très bien réussi leur coup et j’ai adoré cette ambivalence qui donne une tension toute particulière au film. C’est vraiment un plus et j’ai grandement apprécié. Un peu en opposition à cette évolution parallèle, il y a Luke et Leia. Frère et sœur tellement proche dans la première trilogie, tellement éloignés dans celle-ci, même s’ils finissent par se retrouver. C’est vraiment bien trouvé là encore mais je ne veux pas trop en dévoiler si jamais vous n’êtes pas encore aller voir le film.

Enfin il y a Poe Dameron et Finn. Pour tout vous dire, j’ai un peu de mal avec ces deux-là. Ils ont chacun un rôle très important et nécessaire dans l’histoire mais j’ai franchement l’impression de voir un mélange raté entre Han Solo et Luke Skywalker par moments et c’est gênant parce qu’on a l’impression qu’il leur manque quelque chose à tous les deux. A d’autres moments c’est pire, tant j’ai eu l’impression que Poe et Finn étaient respectivement de pâles copies de Luke et Han. Vous l’aurez compris, j’ai encore du mal avec ces deux personnages.

 

Note : 8/10.