Littérature

[Découverte] Moi, Peter Pan – Michael Roch

Pour commencer ce « joli mois de Mai », je vous emmène vers la deuxième étoile à droite puis tout droit jusqu’au matin. Michael Roch propose une réécriture du mythe de Peter Pan, personnage crée par James M. Barrie et héros de la pièce éponyme en 1911. Cette lecture m’a un peu déstabiliser bien qu’elle m’ait beaucoup plus ; je pense que cela tient du fait que l’ouvrage est classé dans la section Science-Fiction alors que mon ressenti se rapproche plus de l’ouvrage philosophique.

Moi, Peter Pan

J’ai acheté ce livre il y a peu, parce que le titre avait provoqué ma curiosité et puis aussi parce que je cherchais à lire de la SF. L’ouvrage était mis en avant dans la section dédiée à la SF et il est très court : 136 pages au compteur. En conclusion, je me suis dit que je ne prenais pas trop de risques à l’acheter étant donné qu’il serait vite lu. Cependant, je préfère vous mettre en garde : si vous l’achetez ou que vous voulez le lire pour de la SF, vous serez déçus. Je trouve qu’il n’y a pas grand-chose qui rappelle la SF si ce n’est que le Pays Imaginaire ressemble plus à un endroit apocalyptique qu’à un lieu qui respire la joie de vivre et le bonheur…

En revanche c’est un parfait petit traité de philosophie qui ne dit pas son nom, sur la peur de grandir et la peur d’oublier l’enfant que l’on est de façon intrinsèque. Toutes ces questions et le cheminement philosophique derrière m’ont beaucoup plu. Je dois dire que j’ai été agréablement surprise par le traitement des personnages que l’on connait pourtant par cœur ; c’est très novateur et rafraichissant et c’est une bonne chose puisque cela veut dire que la réécriture est réussie. De plus, il y a pleins de subtilités et de références à l’histoire originale, même si certains personnages ont une importance moindre et inversement.

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En bref, c’est un ouvrage très plaisant à lire et qui se lit en quelques heures seulement. Bien que le Pays Imaginaire soit devenu un endroit dystopique sous la plume de Michael Roch, j’ai du mal à y trouver mon compte de Science-Fiction et en fin de compte je ne l’ai pas lu en tant que tel mais comme un ouvrage de philosophie sur cette période charnière qu’est le passage de l’enfance à l’adolescence. Une bonne surprise à découvrir !

Bande-Dessinée/Comics

[BD] Milady, ou le Mystère des mousquetaires

Cela faisait un petit moment que je n’ai pas présenté de BD sur le blog, donc je vais y remédier tout de suite. Hier j’ai (enfin) ouvert (et lu) le travail de Sylvain Venayre et Frédéric Bihel, d’après le classique d’Alexandre Dumas. Assurément, une lecture en demi teinte qui m’a un peu déçue… J’attendais probablement autre chose de cette bande dessinée ; sûrement la faute au bandeau très accrocheur : « Et si le véritable héros des Trois Mousquetaires était une femme ? »

Entre bonnes idées et maladresses

A l’achat, j’ai été très enthousiasmée par cet ouvrage. Une réécriture qui plaçait une femme au centre de l’action, et quelle femme ! puisqu’il s’agit en fait de Milady de Winter. J’ai trouvé l’idée excellente de replacer une figure féminine au centre d’une histoire de capes et d’épées qui transcrit l’amitié masculine, le courage et la loyauté. D’autant que l’histoire originale est respectée et on retrouve bien tout les éléments marquants du livre de Dumas, mais du point de vue de l’espionne cette fois.

Cependant, le traitement des autres personnages m’a quelque peu déroutée. En effet, les personnages masculins sont presque tous réduits à une caricature de genre : ils sont souvent complètement idiots et pensent avec leurs attributs, coucou d’Artagnan, soit violents, coucou Athos, voire de grands manipulateurs sadiques mais sur ce dernier point c’est effectivement le cas dans le roman donc je ne peux pas contredire les auteurs de la BD à ce sujet. J’attire votre attention sur le fait que ma critique ne porte évidemment sur le fait de vouloir casser l’image un peu lisse que l’imaginaire collectif a construit autour des mousquetaires pour mettre en avant le seul personnage féminin – c’est une bonne chose. Seulement, j’ai eu l’impression que pour atteindre leur but, les auteurs sont tombés dans une caricature involontaire : toutes les femmes sont calculatrices, conspiratrices et veulent se venger des hommes ; et tous les hommes sont des brutes épaisses qui sont guidés par leur instinct primaire d’animaux en rut.

Bien sûr, je ne suis pas naïve et je sais bien les hommes sont parfois des monstres et ce, quelle que soit l’époque mais je sais aussi que tous les hommes ne sont pas comme ça et qu’il y a des hommes qui traitent les femmes correctement. Il en va de même pour la gent féminine d’ailleurs. Pour en revenir à la BD, je trouve qu’elle a manqué sa cible malgré une bonne idée de départ. J’irai même plus loin : les pages que j’ai trouvé le plus intéressant à lire ont été celles de la préface et de la postface, dans lesquelles Sylvain Veynaire explique les raisons de sa démarche et approfondit la question de la place du personnage de Milady dans Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas, soit 8 pages (qui ne comptent même pas dans la bande dessinée). Était-ce vraiment la peine de faire une BD ?… J’ai ma petite idée sur la réponse à cette question.

Néanmoins, les dessins de Frédéric Bihel sont très plaisants, d’autant qu’ils changent des dessins que l’on peut croiser. J’ai beaucoup aimé ces dessins en noir et blanc, avec cette impression de croquis sur les personnages. Je pense d’ailleurs que c’est soit on aime soit on n’aime pas parce que c’est très particulier. Presque atypique. Malheureusement, cela ne suffit pas à sauver cette bande dessinée et c’en est presque dommage.

Couverture Milady