Littérature

[V.O] [Classique] Les Aventures d’Alice au Pays des Merveilles et De l’autre côté du miroir

J’ai terminé hier un classique de la littérature anglophone et par la même occasion, un classique de la littérature pour enfants que je n’avais encore jamais lu et que je pensais connaitre comme beaucoup de monde. Après coup, je peux affirmer que je ne connaissais pas si bien que cela l’oeuvre de Lewis Carroll que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir sous un nouveau jour malgré la difficulté de la langue originale.

unnamed
Edition reliée des deux œuvres de Lewis Carroll à l’occasion du 150ème anniversaire de la parution en 2015, préfacée par Dame Vivienne Westwood qui a également signée la couverture très colorée. Illustrations de John Tenniel (illustrateur d’origine). Aux Editions Penguin Classics, coll. Vintage Classics pour la V.O

Les aventures d’Alice au Pays des Merveilles

Si vous êtes comme moi, vous devez probablement connaitre Alice à travers le film d’animation des Studios Disney (1951) qui a sans doute marqué votre enfance. Donc vous connaissez l’histoire de cette petite fille qui s’ennuie terriblement et dont l’ennui est interrompu par un lapin blanc  très étrange. S’en suit une multitude d’aventures haute en couleurs et en émotions fortes pour la petite Alice. Et le moins que l’on puisse dire c’est que les Studios Disney ce sont largement arrangés avec l’oeuvre d’origine. Si les premiers chapitres sont en tout point les mêmes dans le livre et dans le film d’animation, le dessin animé diffère assez rapidement du livre de Lewis Carroll. Le meilleur exemple que je peux vous donner, c’est absence du chapitre sur le Griffon et la Simili-Tortue (Mock-Turtle en anglais) ou bien l’ajout de passages qui trouvent normalement leur place dans la seconde partie De l’autre côté du miroir, notamment Tweedle-Dee et Tweedle-Dum pour ne citer qu’eux.

Tout ces éléments font qu’en réalité la lecture est plus déstabilisante qu’on ne l’imagine et on finit par découvrir une oeuvre bien plus riche et complexe qu’un simple dessin animé pour enfants. L’oeuvre est aussi légèrement plus sombre que le dessin animé dans le sens où l’on retrouve un côté un peu satyrique sous la plume de l’auteur. Je ne sais pas si cet aspect est estompé dans la traduction française, je suppose que non dans un souci de coller le plus au texte d’origine.

En conclusion, Les Aventures d’Alice au Pays des Merveilles est une oeuvre qu’on peut lire à n’importe quel âge avec des niveaux de lecture différents selon que l’on ait 7 ans ou bien 77 ans. Un mot enfin sur l’adaptation cinématographique de Tim Burton ; je suis la première à penser que Tim Burton et Alice c’est un peu la même chose au fond : tous les deux ne sont pas vraiment à l’aise dans la société dans laquelle ils vivent et tous deux s’en échappent grâce à la créativité. Burton aurait dû donc réaliser une bonne adaptation de l’oeuvre, ce qui n’a pas été le cas (de mon point de vue). L’adaptation de Burton est trop sombre, presque angoissante et n’évoque pas suffisamment le monde de l’enfance que Lewis Carroll décrit comme merveilleux, acidulé et pétillant au fil des pages, que l’on retrouve volontiers chez Disney (peut-être trop).

De l’autre côté du miroir

C’est sans aucun doute cette partie qui m’a donné le plus de fil à retordre. Je pense qu’il y a plusieurs raisons à cela. D’abord, je n’avais aucun point de comparaison, mis à part l’adaptation cinématographique de James Bobin de 2016 et produite par Tim Burton, qui, même si elle est un peu plus réussie que le premier volet (toujours de mon point de vue) n’a en fait pas grand-chose à voir avec le livre de Lewis Carroll. Et la deuxième raison réside dans l’oeuvre elle-même puisque l’auteur prend un malin plaisir à tordre la langue dans tous les sens pour la déconstruire et reconstruire quelque chose de nouveau derrière, ce qui rend de fait la lecture assez compliquée, l’homme (et donc le lecteur) étant généralement avide de sens.

De l’autre côté du miroir n’a pas de sens à fournir au lecteur ; c’est un voyage au pays du non-sens où il faut courir pour rester sur place et où l’on étanche sa soif en mangeant des biscuits secs. De quoi être totalement perdus et déstabilisés si l’on considère qu’il s’agit d’une oeuvre pour enfant puisque l’enfant ne peut pas comprendre toutes les subtilités du langage. Pour autant, il s’agit d’une oeuvre pour enfant puisqu’un enfant ne cherche pas a priori le sens des choses qui l’entourent. Ensuite, il y a bien sûr la thématique « de l’autre côté du miroir », qui d’entre vous ne s’est jamais créer un monde imaginaire dans sa chambre ou en extérieur, dans un jardin par exemple ? Et enfin, il y a la présence de la poésie et des comptines (notamment à travers le personnage de Humpty Dumpty) qui inscrivent véritablement l’oeuvre dans la littérature pour enfant.

Littérature

[Jeunesse]Geek Girl – Tome 5

Un conseil mes amis : ne faites pas comme moi ; ne lisez pas les petits magazines publicitaires où l’on vous présente tous les livres à offrir pour Noël. Enfin si, faites-le mais méfiez-vous et soyez prudent. Je n’avais pas fait attention qu’il s’agissait d’une série de livres, je n’ai porté attention qu’au titre à vrai dire… Pour ma décharge, je suis une fille et je suis un peu Geek sur les bords. Je vous autorise à tirer vos conclusions, même les plus hâtives !

Le livre se trouvait bien sous le sapin imaginaire pour ce Noël 2017, comme attendu puisque je l’avais coché sur ma liste. A ma grande surprise, je me suis vite rendue compte que le livre s’adressait à la jeunesse, plus précisément aux adolescentes et non pas aux jeunes adultes (comme indiqué sur le magazine publicitaire) dont je fais encore partie pour quelques temps. Quant au coup du Tome 5… Ce n’est pas comme si j’étais entrée dans l’univers Harry Potter par La Coupe de Feu, si ?

Pour en revenir au livre à proprement parlé, Geek Girl suit les péripéties en tout genre de Harriet Manners, 16 ans, apprentie mannequin, génie et geek dans le sens où elle est très introvertie et a du mal à se faire des amis. Cela ne l’empêche pas d’avoir sa bande malgré tout et Harriet a une légère tendance à tout vouloir contrôler, ce qui entraine quelques situations acadabrantesques.

couverture-geek-girl-t5

Cette série rappelle une autre série, « Vive la 6ème« , de Ségolène Valente avec un style pétillant et coloré. Les chapitres défilent sans trop y faire attention parce que malgré les 482 pages et 97 chapitres, la taille de la police est très grande pour un livre de ce genre et les chapitres ont en moyenne 3 pages par chapitre. Rien d’insurmontable donc puisque j’ai mis 3 jours pour le lire, en faisant d’autres choses. Et puis, pour avoir lu le Tome 5 sans avoir lu les autres avant, l’histoire reste compréhensible et le lecteur est tout à fait capable de reconstituer les informations manquantes ou évoquées précédemment dans les autres tomes.

« Eh oui, c’est officiel : j’ai désormais ma bande. Ma meute, mon gang, ma confrérie. Un groupe de cinq joyeux compères inséparables. Exactement comme le Club des Cinq ou la bande de Scoubidou, sauf qu’aucun d’entre nous n’est un grand chien marron. Et ma vie en est entièrement transformée. Des études montrent que les personnes dotées d’un vaste réseau d’amis ont une espérance de vie supérieure de 22%, mais je m’amuse tellement que, à mon avis, la mienne explosera les scores. »

Geek Girl – Tome 5, Holly Smale, p. 8, ed. Nathan

En conclusion : Parfait si vous (ou vos proches) avez entre 8 et 14/15 ans. Passer cet âge, vous pouvez éventuellement tenter mais je pense qu’il vous marquera moins. Ce qui est absolument plaisant c’est que le livre est construit autour d’anecdotes dans le style « Le saviez-vous ? », j’ai appris deux trois petites choses dont je ne me souviendrais sans doute pas dans un mois mais j’ai apprécié ma lecture.