Littérature

[Revue littéraire] America 4/16

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas parlé de la revue littéraire America et j’ai décidé d’y remédier. On oubliera de souligner que j’ai un retard d’environ 6 à 8 mois sur ma liste de lecture… Sans commentaires, vraiment.

Ce numéro d’America se concentre sur le premier anniversaire du 45ème POTUS* à la maison blanche. C’est peut-être un triste anniversaire pour beaucoup de gens mais c’est aussi un motif de célébration pour les partisans de 45. America s’attache à montrer cette ambivalence au fil de ses parutions avec un recul suffisant et très appréciable depuis le début. Sans oublier les pointes d’humour de certains articles : je pense notamment à la chronique du poisson rouge de la Maison Blanche. Cette chronique est un vrai plaisir à chaque fois et celle de ce numéro ne fait pas exception. J’adore le ton adopté dans cette chronique et je pense que le point de vue adopté joue aussi beaucoup ; un poisson rouge qui rend compte des faits et gestes du locataire de la Maison Blanche dans le bureau ovale, il fallait y penser ! Voilà pour cette petite chronique. J’avais vraiment envie d’en parler parce qu’il ne me semble pas l’avoir déjà fait, du moins pas dans le détail et c’est un des fils rouges de cette revue littéraire.

Revue America 4

Autre fil rouge, celui de la thématique : ce quatrième numéro traite de la violence par armes à feu (après avoir traité le fonctionnement policier et la violence présente dans certains quartiers de villes déshéritées des Etats-Unis et l’histoire sombre et parfois violente du FBI) avec un dossier extrêmement complet sur le sujet. Il comprend un article écrit par Stephen King (dont j’ai prévu de lire trois ouvrages, peut-être 2 d’ici la fin de l’année) sur les mécanismes de violence liés aux trop nombreuses fusillades qui ont lieu régulièrement dans le Pays, suivi d’un dossier signé Benjamin Whitmer sur l’institutionnalisation de la violence aux Etats-Unis, ses différentes formes et surtout son origine et ses conséquences. Whitmer n’est pas journaliste mais écrivain et pourtant j’ai eu l’impression de lire article journalistique comme l’on peut en trouver parfois dans la presse, notamment américaine d’ailleurs. C’est un article riche et passionnant que je vous recommande vivement si vous voulez en apprendre plus sur l’Histoire des Etats-Unis, tout en appréciant la qualité de l’écrit. Enfin le troisième et dernier article traite de la violence comme d’un moyen pour aller vers les autres et s’ouvrir afin de partager une histoire marquée par la violence qu’elle qu’en soit sa forme. Ryan Gattis évoque son expérience et sa rencontre avec la violence et comment cela lui a ouvert des portes insoupçonnées. En fait, il est plutôt question des « bénéfices » de la violence (sans pour autant la cautionner) en terme de résilience pour surmonter les épreuves liées à une forme de violence.

Et puis sinon, vous retrouverez un entretien de Gay Talese et Tom Wolfe (décédé récemment), réalisé par François Busnel sur le Nouveau Journalisme et ce que ça a changé dans la profession et puis leur point de vue sur tout un tas de sujets. C’est très plaisant à lire également. Enfin l’auteur américain à (re)découvrir dans ce numéro n’est autre que Jack Kerouac et son emblématique Sur la route ; je n’ai pas lu les pages consacrées puisque je l’ai relu il n’y a pas si longtemps et que vous pouvez retrouver ma critique sur cet article !

Allez ! Plus qu’un trimestre à rattraper. Une bagatelle !…

*POTUS : President of the United States – acronyme utilisé sur Twitter.

Littérature

[Revue littéraire] America 3/16

Si vous aimez l’atmosphère particulière des romans noirs, celle du Deep South ou que vous êtes tout simplement fascinés par le Federal Bureau of Investigation sans trop savoir pourquoi, le troisième numéro de la revue est fait pour vous !

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Vous l’aurez compris grâce à mes quelques lignes d’introduction très sommaires, ce nouveau nous plonge encore et toujours dans l’histoire des Etats-Unis, mais en évoquant cette fois une histoire plus sombre où se mêlent soupçons de collusion au sommet de l’Etat et grande époque du FBI, du temps du grand banditisme dans les années d’entre-deux guerres. Des noms évocateurs (entrés dans la postérité et aussi dans la culture populaire) tels que John Dillinger, Machine Gun Kelly ou bien encore les époux Rosenberg parsèment l’excellent dossier consacré au mythique FBI. Ce dossier très complet, retrace son histoire mouvementée et souvent trouble ainsi que son encrage dans la culture populaire et les raisons d’un tel fantasme. De quoi vous donner envie de revoir des films sur le sujet, notamment celui de Clint Eastwood où un certain Leonardo DiCaprio campe le truculent patron du Bureau Fédéral…

Si vous préférez la lecture de fiction, vous pouvez toujours vous tourner vers James Ellroy, auquel la revue consacre son interview fleuve, toujours menée par François Busnel. Vous pourrez ainsi vous (re)plonger dans ses écrits ; je pense notamment au Dalhia Noir et à L.A Confidential (les deux font partie de ma liste de lecture). De plus, la revue livre en avant-première la dernière novella de Jim Harrison tirée d’un recueil paru en octobre de cette année chez Flammarion. Comment ça je suis en retard ?…

 

Enfin America, c’est toujours une invitation aux voyages. Cette fois-ci Philippe Besson nous emmène en voyage de Chicago à la Nouvelle-Orléans avec un très beau texte. Et puis même si ce n’est pas ma tasse de thé, il y a aussi les passages des Aventures de Huckleberry Finn, l’autre grand roman de Mark Twain.

Littérature

[Revue littéraire] America 2/16

Revue America_ 2

Disponible depuis le 28 juin dans toutes les bonnes librairies et chez les marchands de journaux, le numéro 2 de la revue America présente une autre Amérique : une Amérique joyeuse et motivée pour tenter de faire bouger les lignes. Le concept est toujours le même avec toujours ce fil rouge conducteur qui est : quel est le rôle de l’écrivain et celui de la littérature dans un monde en crise ?

 Ce nouveau numéro, joliment intitulé « Trump, la Maison flanche » contient une longue interview de Don DeLillo ainsi qu’un extrait exclusif de son prochain roman Zero K, un moyen idéal pour découvrir ou redécouvrir cet auteur. Même si tout est très bien écrit, ce n’est pas la littérature qui m’attire le plus mais il en faut pour tout les goûts.

Heureusement pour moi, j’ai trouvé mon bonheur dans la section des enquêtes et des reportages de ce mois-ci. J’ai d’ailleurs décidé de vous parler des deux reportages qui m’ont le plus plu en quelques mots pour ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture si jamais vous aviez envie d’y jeter un œil. Les deux reportages font tous deux une quinzaine de pages et sont très bien écrit, facile à lire.

La Californie : bastion avancé de la résistance

C’est un reportage de Sylvain Cypel qui montre comment et par quels moyens concrets les Etats les plus progressistes peuvent espérer contrer les ambitions de Donald Trump pour le pays, au niveau législatif et surtout au niveau local. Comme le nom de l’article l’indique, le journaliste s’est focalisé sur l’Etat de Californie, fer de lance de ce mouvement de contestation actif et pragmatique, qui compte au niveau législatif certaines des lois les plus progressistes du pays tout entier.

J’ai aimé cet article parce qu’il souligne les points positifs de certaines actions ainsi que la bonne humeur et la motivation des habitants croisés sans oublier de parler des quelques points négatifs ou du moins sensibles de cette mobilisation. On perçoit vraiment qu’il y a des raisons d’espérer et que tout n’est pas définitivement perdu pour les Etats-Unis.

Crim’ City

Le deuxième reportage est de Philippe Coste et nous emmène à Newburgh, New York. J’ai vraiment eu un coup de cœur pour cet article extrêmement bien écrit ; les premières lignes donnent l’impression d’être plongé dans un thriller ou un roman policier et c’est très agréable.

Ce reportage fait la lumière sur l’Amérique que le Président méprise : les minorités, en particulier les Noirs et les Latinos. La criminalité et la misère sont le quotidien des habitants de cette petite ville a une heure de Manhattan, qui a pourtant connu une période plus faste, mais qui fut laissée à l’abandon et qui peine à remonter la pente depuis. De plus, cet article retrace l’histoire des Etats-Unis à l’échelle d’une ville « de province » et c’est très intéressant. Le dernier point qui fait que ces quelques pages valent le détour, ce sont les photos absolument magnifiques (en noir et blanc) qui illustrent le reportage.

 

En bref…

America vous donne aussi des conseils de lecture pour l’été, Laurent Gaudé signe un texte absolument époustouflant et magnifique sur le fil barbelé et son inventeur, un petit entretien avec Coulson Whitehead nous donne envie d’avoir d’ores et déjà son roman Underground Railroad entre les mains (un extrait est à lire en exclusivité dans la revue, page 135), Joël Dicker nous embarque « Into the Wild » à Yellowstone… entre autres choses passionnantes !

Littérature

[Revue littéraire] America 1/16

Revue America

Comme vous l’avez peut-être remarqué, j’ai plutôt tendance à lire des ouvrages de littérature américaine ou des ouvrages directement en anglais (que ce soit de l’anglais britannique ou de l’anglais américain) et donc j’ai un penchant plutôt prononcé à orienter mes lectures en ce sens. C’est le cas avec la revue littéraire America.

Avant toute chose, je tiens à préciser que personne ne m’a demandé d’écrire un article sur cette revue et que je le fais uniquement parce que j’ai envie de vous faire partager cette découverte que j’ai jugé suffisamment intéressante pour que la revue ait sa place ici. J’écris donc cet article avec une liberté totale même si j’ai rempli un bulletin d’abonnement afin de recevoir les numéros suivants.

America, l’Amérique comme vous ne l’avez jamais lue

Cette revue littéraire c’est d’abord l’histoire d’un pari : celui de parvenir à publier un magazine avec un contenu fourni chaque trimestre pendant quatre ans quel que soit le nombre d’abonnés ou de lecteurs ponctuels. America s’est aussi fixé un objectif : mettre en lumière l’Amérique de « l’Ere Trump » afin de montrer cette réalité qu’on a parfois du mal à accepter mais aussi et surtout, montrer toutes ces petites poches de résistances que sont la littérature, le cinéma et plus généralement la culture. C’est pour cette raison que cette revue (ou magazine) durera seulement 16 numéros, le temps du mandat présidentiel américain.

Evidemment, la revue est clairement marquée politiquement parlant et c’est une évidence lorsqu’on analyse le concept de cette dernière. Cela dit, les reportages réalisés sur place sont suffisamment objectifs pour ne pas tomber dans des raccourcis ou des caricatures trop faciles. Reste que l’autre aspect passionnant de cette revue, c’est la littérature. Pour ce premier numéro, America propose d’interroger la place de la littérature et de ses auteurs dans la société ; ce que doit et ce que peut la littérature. Je suppose que cette thématique sera présente dans les autres numéros avec d’autres auteurs, d’autres ouvrages et d’autres personnalités quelles soient anglophones ou francophones.

Revue America 2

Je pourrais éventuellement vous faire la liste des auteurs et personnalités qui ont participés à la rédaction de ce premier numéro mais ce ne serait pas très productif. Sachez juste que François Busnel (La Grande Librairie sur France 5) s’entretient avec Toni Morrison, grande dame de la littérature noire américaine et que la revue contient également une nouvelle inédite de Francis Scott Fitzgerald, tirée d’un recueil de nouvelles lui aussi inédit : Je me tuerais pour vous ; vous trouverez aussi le premier chapitre du nouveau roman de Jay McInerney, pas encore paru en France.

Un dernier point pour vous signaler que la revue est très soignée, tant au niveau du contenu que de la forme : c’est coloré, l’iconographie est magnifique. A noter quand même que la revue fait 192 pages et donc qu’elle ne se lit pas d’une traite ! Sur ce, je vous dis à dans trois mois pour le prochain numéro de America (peut-être…).