Littérature

[Découverte] Joe – Larry Brown

J’ai souvent le chic pour découvrir des auteurs une fois que ces derniers sont malheureusement décédés. Ce fut le cas pour Ned Crabb qui est rejoint dans cette liste par Larry Brown, mort 2004. Autant pour l’auteur de Meurtres à Willow Pond, j’ai été extrêmement déçue d’apprendre qu’il était décédé parce que cela voulait dire que je ne pourrais rien d’autre de lui, autant là pour Larry Brown… je suis passée rapidement à autre chose. Parce que la lecture de son roman phare, Joe, m’a presque laissée de  marbre…

Joe a toute sa place dans le catalogue des éditions Gallmeister

C’est le moins que l’on puisse dire, puisque encore une fois la nature et les grands espaces font partie intégrante de ce roman et les éditions Gallmeister sont désormais connues pour mettre en avant des auteurs dont les histoires ont un lien étroit avec la nature environnante. Ce fut le cas pour Dans la forêt, Meurtres à Willow Pond ou plus récemment avec My Absolute Darling. J’aime beaucoup le parti pris de placer la nature (souvent sauvage d’ailleurs) en arrière plan mais malgré tout au centre de l’histoire. De plus, on retrouve aussi un canon dans le type de personnagehttps___images.epagine.fr_499_9782351786499_1_75[1]s présents au fil des pages.

En effet, Joe Ransom qui donne son nom au roman est lui aussi un marginal et il vit plus ou moins de débrouilles et traine derrière lui un passé encombrant, que l’on comprend violent ; c’est pour cette raison que Joe cherche un moyen de rédemption et Joe trouve ce moyen en la personne de Gary, un jeune adolescent de 15 ans, qu’il prend rapidement sous son aile pour que Gary est une chance de s’en sortir et d’avoir un avenir. En fait, j’ai trouvé que Joe était un savant mélange entre Dans la forêt de Jean Hegland et My Absolute Darling de Gabriel Tallent, tout en étant un peu moins sombre que ce dernier. Mais c’est quand même sombre et poisseux.

Je ne cache pas que j’ai été déçue par cette lecture, notamment par la fin que je n’ai pas trouvé satisfaisante. De plus, même si j’ai ressenti des émotions assez violentes envers certains personnages, on ne peut pas vraiment dire que je me sois attachée à l’un d’eux particulièrement. J’ai beaucoup aimé la relation presque filiale entre Joe et Gary mais ça n’a pas été suffisant pour que j’accroche véritablement à cette histoire ; ce sont d’ailleurs mes personnages préférés de par leurs complexité et leur profondeur.

Néanmoins, chaque livre est un voyage potentiel et j’ai effectivement voyagé avec celui-ci. Donc on peut dire que l’objectif est à moitié atteint. La nature y est très belle, très sauvage et assez calme en comparaison à la violence dont font preuve certains hommes. Larry Brown retransmet cela à la perfection avec de magnifiques description du Mississipi. Malheureusement, je ne pense pas que ce sera un roman dont je me souviendrais avec le temps et de plus, je pense pas relire Larry Brown de si tôt. Quant à l’adaptation cinématographique avec Nicolas Cage, elle ne me tente pas plus que cela mais les critiques sont plutôt bonnes donc peut-être qu’un jour, je me laisserai tenter.

Conclusion

Au risque de vous surprendre, je pense qu’il serait dommage de passer à côté de ce livre, malgré ma chronique plutôt négative. Après tout, ce roman est plutôt court (environ 300 pages) et il possède des qualités stylistiques et narratives ; je n’ai pas réussi à me retrouver dans les personnages ni dans l’intrigue mais cela ne veut pas dire que le livre de Larry Brown est dénué d’intérêt. Je pense plutôt qu’il n’était pas fait pour moi, ou peut-être que je suis passée à côté d’éléments importants. Je ne sais pas trop en fait, mais je crois qu’il est grand temps que je termine cet article, comme à chaque fois où je commence à essayer de trouver des excuses à un livre que j’ai moyennement apprécié.