Cinéma

TENET, un bien joli ruban de möbius cinématographique

Difficile de vous présenter ce film ou de le résumer sans révéler des éléments de l’intrigue, comme souvent avec Christopher Nolan. Pour moi chaque film de ce réalisateur représente un défi à ma compréhension du monde ou d’une idée, d’un concept. C’est peut-être pour cette raison que j’apprécie autant ce réalisateur, même s’il me donne parfois la migraine. Avec TENET une fois n’est pas coutume, je ne suis pas certaine d’avoir tout compris mais au fond, cela fait également partie du voyage crée et organisé par Christopher Nolan. Je suis persuadée qu’il faut accepter de ne pas tout comprendre lorsqu’on va voir un Nolan – l’expérience est d’autant plus appréciable et unique. C’est pourquoi je n’ai lu aucune critique ni de la presse ni des spectateurs et je n’ai pas non plus regardé les vidéos critiques/explications-théories parce que j’estime que chacun et chacune peut avoir une interprétation valide de ce film inclassable qui va marquer l’histoire du cinéma à n’en pas douter.

Cinq lettres mystérieuses pour un voyage aux frontières du réel

On débute donc la partie où je vais marcher sur des œufs pendant un petit moment pour vous parler d’un film à part sans vous dévoiler des parties importantes de l’intrigue. Alors du coup, TENET ça parle de quoi ? La réponse la plus simple que je peux vous donner est celle-ci : c’est un film d’espionnage qui parle d’inversion temporelle et dans lequel le personnage principal (incarné par John David Washington) doit empêcher la Troisième Guerre Mondiale qui signerait la fin de l’Humanité. Il sera épaulé dans cette tâche par Neil, espion comme lui (incarné par Robert Pattinson) avec lequel il découvrira ce qu’implique l’inversion temporelle. Voilà tout ce que je peux vous dire pour résumer très grossièrement le film sans rien en dévoiler. C’est assez frustrant en fait, parce que j’aimerai vous livrer mon analyse en détail et qu’on en débatte mais je ne peux pas faire ça, pas pour le moment en tout cas. Encore un film qui apporte plus de questions que de réponses… Réponses qui sont à chercher autant dans le film, le titre et les personnages à mon avis.

Pour vous donner un tout petit exemple : si TENET ne veut rien dire en français, il désigne un précepte, un principe ou une doctrine souvent d’ordre religieux, métaphysique ou philosophique en anglais. Et comme il est question d’une conception du temps dans le film, à savoir l’inversion temporelle… mais aucune réponse claire et nette à ce sujet – c’est une interprétation parmi beaucoup d’autres possibles.

Génie ou perte de temps ?

De ce que j’ai vu passé dans les critiques, dans les titres du moins, concernant ce film, il a l’air d’être assez clivant : génie pur pour les uns, perte colossale de temps pour les autres – le film fait débat. Pour moi, TENET n’est ni une perte de temps, ni du génie – Inception, c’était du génie me concernant. En fait, je crois que ce film est inclassable et je comprends pourquoi les avis sont si partagés le concernant. Il y a des choses qui dérangent comme le fait que le rôle de John David Washington ne soit pas nommé : il est le protagoniste c’est tout. Bien sûr il y a la chronologie et le Temps qui joue un rôle à part entière mais c’est un des thèmes de prédilection de Christopher Nolan donc l’attaquer là-dessus me parait un peu faible comme angle d’attaque. La seule chose qui m’empêche de mettre 5 étoiles à ce bijou, c’est la musique. Je n’ai pas aimé la bande son bien qu’elle colle parfaitement au film et son ambiance parfois post-apocalyptique.

Conclusion

Je ne vous dirais pas pourquoi je parle d’un ruban de Möbius dans mon titre, je vous dirais juste qu’il faut aller voir ce film pour son histoire, ses acteurs et sa réalisation qui sous-entend plus qu’elle ne montre. Le nouveau Nolan est peut-être un chef d’œuvre, peut-être pas… chacun est libre de décider où le placer dans le panthéon des meilleurs films mais je pense qu’il marquera les spectateurs qui font le pari d’aller le voir.

Note : 4.5 sur 5.
Cinéma

Le talon d’Achille Poirot

Ah les séances de ciné matinale ! La joie d’être seule ou seulement deux dans la salle. Cela va finir par devenir une habitude, croyez-moi. Toujours est-il que cette fois-ci, c’était pour Le Crime de l’Orient-Express (Murder on the Orient-Express), adapté du roman éponyme de cette chère Agatha Christie et réalisé par Kenneth Branagh. Film ni très bon, ni très mauvais et je vous explique pourquoi dans quelques instants. Accrochez-vous embarquement imminent !

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L’équilibre fragile d’un film « chorale » qui tient néanmoins la route

On retiendra le travail et la performance d’acteur de Michelle Pfeiffer (Madame Hubbard) et Kenneth Branagh (Hercule Poirot) qui sortent tous les deux un peu du lot et font que le film reste sur les rails. Cependant, je trouve qu’il faut toujours se méfier de ce genre de film, au casting cinq étoiles, qui n’apporte pas grand-chose hors mis un nom prestigieux de plus dans la liste des acteurs crédités au générique de fin. Prenez par exemple le rôle tenu par Judi Dench, la princesse Dragomiroff ; Judi Dench l’interprète parfaitement mais il me semble que dans le livre, son nom revient plus régulièrement. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Je sais aussi qu’étant tiré du roman d’Agatha Christie, l’adaptation doit faire quelques concessions vis-à-vis de l’œuvre de départ, pour des questions de temps, de pertinence… Après tout, une adaptation est toujours un parti pris et malgré des personnages supprimés ou modifiés pour mieux correspondre physiquement aux acteurs qui tiennent les rôles, j’ai noté quelques trouvailles qui valent le détour de la réalisation. Un petit plus non négligeable.

Une bonne réalisation avec de bonnes idées

Je ne suis pas une experte en réalisation et ce qu’a fait Branagh, d’autres l’ont sûrement fait avant lui, peut-être même sur des films policiers. Cela dit, certaines séquences sont vraiment mise en valeur par l’angle de la caméra et/ou le traitement de l’image. Heureusement pour le film, il s’agit des points clé de l’histoire. On peut citer notamment la découverte du corps par M. Poirot, M. Bouc et M. Arbuthnot, le médecin, ou encore quelques interrogatoires particulièrement bien scénarisés et filmés.

Autre point positif, les costumes ! C’est tout bête mais c’est un détail auquel je prête très facilement attention. Ici, rien à déclarer, les costumes sont fidèles à l’époque et réalistes. Un bon point même si cela parait logique et attendu.

Je le redis ici mais les personnages, bien que stéréotypés, sont fidèles aux doubles littéraires, grâce à un gros travail sur les différents accents qui existent lorsqu’on parle anglais et que ce n’est pas notre langue maternelle. Malheureusement, il y un gros point négatif qui m’a empêché d’apprécier pleinement le film et qui concerne les personnages.

mais un Hercule Poirot pathétique

Quand je vous disais les personnages, j’aurais peut-être dû préciser Hercule Poirot dès le départ. J’ignore si c’est un effet de mode des films tournés actuellement, mais cette manie de vouloir introduire des histoires d’amour compliquées ou impossibles dans des adaptations afin que le résultat soit plus vendeur, cela me sort par les yeux ! C’est un procédé qui me donne la nausée et envie de vomir.

Jamais dans aucun des livres que j’ai lu d’Agatha Christie, il n’est question d’une femme que Hercule Poirot aurait aimé profondément et qui serait disparue désormais… Un peu comme James Bond, vous voyez l’idée ?… Sauf que pour James Bond, cette femme existe vraiment, je ne suis pas sûre que ce soit le cas pour Hercule Poirot. Remarquez, je me trompe peut-être, je n’ai pas lu tous les livres qui mettent en scène des enquêtes de M. Poirot. Quoiqu’il en soit, je comprends l’idée et dans l’absolu elle n’est pas mauvaise puisqu’elle est là pour donner plus de profondeur au personnage, plus d’humanité aussi. Seulement j’ai trouvé cette idée très maladroite et mal pensée. Le problème c’est qu’on tombe très vite dans le Pathos et c’est pour ça que je disais qu’Hercule Poirot était pathétique alors qu’il devrait juste être drôle et attachant par ses excentricités. Désolée Kenneth mais les seuls Hercule Poirot qui ont mon admiration sont Peter Ustinov et David Suchet, comprendra qui pourra…

Conclusion

Le Crime de l’Orient-Express est un film qui dure près de 2 heures avec un bon rythme et où l’on ne s’ennuie pas. L’excellente performance de certains acteurs est toutefois déséquilibrée par le nombre de têtes d’affiche et le scénario se retrouve vite englué dans un Pathos plus qu’inutile et indigeste pour le spectateur. Heureusement qu’une bonne réalisation sauve un peu le reste et qu’en fin de compte, le plus gros du scénario repose sur l’œuvre d’Agatha Christie. Maintenant toute la question est de savoir si Kenneth Branagh va remettre le couvert avec Mort sur le Nil (Death on the Nile)… En tout cas en attendant rien ne vous empêche de vous replonger dans les livres d’Agatha Christie !

Note : 10/20.