Cinéma

[Netflix] Rentrée mouvementée pour les parapluies…

Fin juillet, Netflix a sorti la saison 2 de The Umbrella Academy, série que nous avons découvert l’an dernier et que j’avais trouvé assez bien mais sans plus, sans toutefois descendre la série qui apportait quelque chose de novateur dans le traitement des super-héros. La bande-annonce de cette saison 2 place la barre encore plus haute que pour la première saison et le moins que l’on puisse dire, c’est que pour une fois les showrunners ont semble-t-il appris des erreurs et des défauts du premier volet. Accrochez-vous à vos parapluies, n’oubliez pas vos super-pouvoirs et direction les années 60 !

Une suite cohérente et bien ficelée

Si j’avais trouvé la première saison un peu inégale avec l’intrigue générale un peu longue a démarrer, ça n’a pas du tout été le cas ici. On démarre sur les chapeaux de roues avec la fratrie Hargreeves directement propulsée à Dallas dans les années 60, enfin 1963 pour être tout à fait exacte. 1963, Dallas, Texas en plein mois de novembre… est-ce que vous voyez où je veux en venir ? Oui, l’assassinat du Trente-cinquième Président des Etats-Unis sert de toile de fond à cette nouvelle saison. C’est un choix assez ambitieux et qui permet d’aborder également pas mal de sujets encore brûlant aujourd’hui, notamment la condition des afro-américains avec la lutte pour les droits civiques ou encore la perception de l’homosexualité. Selon moi, tout ceci fait la force de cette saison qui est bien mieux construite que la précédente.

Une évolution cohérente avec un nouveau thème central

Tout est extrêmement bien amené, que ce soit l’évolution respective de chaque personnage qui ont tous des motivations différentes ou bien les choix des thématiques abordées et j’ai adoré voir ça à l’écran. Pour rappel, la saison 1 était plutôt axée sur la solitude et ses conséquences alors que pour la saison 2, on se penche plutôt sur l’amour, peu importe sa forme : physique, platonique, interdit, impossible, fraternel et j’en passe. Je ne vais pas vous détailler toutes les formes que l’amour prend dans la série sinon je prends le risque de vous spoiler la série et ce serait dommage mais je tiens quand même à vous parler des deux arcs narratifs qui m’ont le plus plu dans toute cette saison.

Allison Hargreeves

la jeune femme est afro-américaine et a perdu sa voix à la fin de la saison 1 et je trouve simplement brillant que les showrunners en aient fait une figure du mouvement pour les droits civiques dans les années 60. C’était le choix logique mais cela lui donne tellement plus de poids en temps que personnage alors qu’elle était un peu effacée derrière ses frères dans la saison précédente.

Klaus Hargreeves

Pour moi, c’est l’autre évolution majeure en terme de narration, tout en restant fidèle au Klaus que l’on a découvert dans la saison 1. C’est toujours la bouffée d’air frais qui arrive quand on l’attend le moins et l’incarnation du mouvement Peace & Love comme on peut se le représenter sans trop entrer dans la carricature.

J’aurais aussi pu vous parler du personnage de Diego ou encore celui de Vanya que j’ai trouvé également très réussi et très bien construits. J’ai toujours un peu plus de mal avec le personnage de Five même si je le trouve cool, et le personnage de Luther m’a laissé complètement indifférente bien que son arc narratif soit intéressant, j’ai eu l’impression que Luther était encore plus sous exploité que précédemment.

Une bande son toujours aussi présente

Parlons un peu de la bande son maintenant. Pour moi la musique est aussi importante que tout le reste ; c’est d’ailleurs ce qui m’avait scotchée lors de la saison 1 : l’excellente utilisation des morceaux musicaux stratégiquement (bien) placés. Cela avait sauvé la série d’une critique un peu plus négative à l’époque. Pour cette année, les choses sont différentes et pas nécessairement dans le bon sens. Bien que la musique donne toujours un côté pop et acidulé à la série et malgré sa présence toujours aussi bien dosée, je l’ai trouvé moins réussie. Ou plutôt : elle ne m’a pas autant marquée cette année et c’est la seule ombre au tableau si l’on considère ça comme un point négatif bien entendu. J’ai été bien plus sensible aux situations et aux dialogues qu’à la musique.

Conclusion

Il n’y a pas vraiment de doute à avoir sur la façon dont je vais finir cet article mais si vous en doutiez encore après la lecture de ces quelques lignes : j’ai largement préféré cette saison à sa grande sœur et j’ai vraiment, vraiment hâte de voir ce que la saison 3 nous réserve. J’espère que mon enthousiasme concernant cet univers décalé et déjanté aura été contagieux et que vous vous plongerez dans le visionnage de cette série qui est un des petits points forts de la plateforme de streaming. Si la saison 1 peut laisser dubitatif, cette deuxième saison quant à elle, transforme l’essai et est porteuse de belles choses concernant l’avenir de cette Académie hors du commun. Attention à ne pas se brûler les ailes cependant…

Note : 4.5 sur 5.
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L’Académie des Parapluies

Il m’arrive rarement de faire des articles sur des séries ou des films proposés par Netflix et lorsque c’est quand même le cas, c’est souvent parce que je peux faire une comparaison entre le média de base et l’adaptation cinématographique que propose la plateforme. Cette fois-ci ce n’est pas le cas, bien qu’il s’agisse d’une adaptation de la BD de Gerard Way et Gabriel Bà. Mais disons que cette fois, j’ai (beaucoup) de choses à dire sur la série elle-même. Passons donc à ma review de la toute nouvelle série de Netflix : Umbrella Academy.

Une saison 1 qui va crescendo

Comme je le disais dans ma (très brève) introduction, cette série est en fait une adaptation de la bande dessinée du même nom, signée par Gerard Way et Gabriel Bà, qui présente des super-héros complètement désaxés qui doivent sauver le monde. Ca, c’est pour la vue d’ensemble ; dans le détail ça donne ceci : en Octobre 1989, 43 femmes ont donné naissance à autant d’enfants dotés de capacités hors du commun. Sir Reginald Hargreeves est un chercheur (un scientifique) qui se montre très intéressé par ces enfants particuliers et il parvient à adopter sept d’entre eux. A la suite de quoi, il fonde l’Umbrella Academy, une sorte de Justice League en culotte courte. Mais en grandissant, le groupe se scinde et finit par être dissout naturellement.

Un peu de fraicheur dans un schéma classique

C’est ce qui est intéressant avec cette série en fait : une fois adultes, tous ces gamins dotés de super-pouvoirs ont tous plus ou moins mal tournés et ils sont tous désaxés et marginaux. En règle générale c’est assez rare de voir quelque chose comme ça dans un monde de super-héros. Cela m’a fait penser aux enfants-star qui ne sont plus rien une fois devenus adultes ou adolescents (lorsque cela est subit bien sûr). Dans un sens, cela rend cette bande de bras cassés hyper attachante en fin de compte et la narration marche plutôt dans le bon sens puisque certains d’entre eux sont de vraies têtes à claques au début de la série.

Cependant, on ne sort pas totalement du schéma classique : nos (anti) héros doivent sauver le monde de l’Apocalypse qui aura lieu dans huit jours (c’est annoncé d’emblée dans la bande-annonce). Oui rien que ça, et quand tu as grandi en ayant une enfance un peu traumatisante sur les bords, que cela fait 13 ans environ que tu n’as pas eu de nouvelles de tes frères et sœurs et que quasiment du jour au lendemain, tu te retrouves à « travailler » de nouveau avec eux alors que tu faisais cavalier seul, éviter la fin du monde c’est des cacahuètes à côté. Un jeu d’enfant, vraiment ! Sans oublier certains classiques propre au genre ou aux séries, mais je vais y revenir plus tard*.

Une saison très (trop ?) inégale

Si l’épisode pilote était plutôt sympa à regarder, j’aimerais pouvoir en dire autant des deux épisodes suivants : c’était lent, c’était chiant (malgré de l’action et un peu de suspense)… Bref, je me suis ennuyée et j’ai pris mon mal en patience, en espérant que les choses s’améliorent un peu, histoire que je rentre véritablement dedans… Et le miracle s’est produit à la fin de l’épisode 4 (au bout de 4 heures de visionnage). Tant mieux pour Netflix, tant mieux pour cette série et les acteurs qui jouent dedans.

Si je devais retenir deux points absolument négatifs, ce serait cette lenteur à intéresser le spectateur : 3 épisodes d’une heure chacun, c’est long (j’exclue volontairement l’épisode pilote, toujours bien foutu puisqu’il faut qu’il donne envie d’en voir plus). Néanmoins cela s’explique peut-être par la présence de 5 réalisateurs et pas moins de 8 scénaristes sur les 10 épisodes que compte cette première saison. Heureusement que l’ensemble est cohérent parce que sinon quel échec cuisant pour Netflix, et plus généralement les auteurs de la BD…

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J’aurais pu décrocher facilement je crois, mais de façon très surprenante, je suis restée scotchée devant mon écran : dix épisodes d’une heure chacun, deux jours. Qui dit mieux ? Habituellement, c’est une chose dont j’ai horreur le binge-watching. Quant à savoir si cette série méritait un tel traitement… potentiellement non. Mais OUI pour la musique ! C’est là qu’on sent l’influence que Gerard Way a pu avoir en tant que producteur exclusif de la série. La musique sauve le reste et je pense que c’est pour cette raison que je suis restée plantée devant mon écran – elle offre à la série ce côté complètement décallé, à la limite de l’absurde que j’adore (quand il est bien amené) et qui est souvent difficile à atteindre.

Concernant les acteurs, j’en connaissais quelques uns mais la majorité était de parfaits inconnus, pour moi en tout cas, mais je peux citer Ellen Page, Kate Walsh, Mary J. Blige (qui est chanteuse à la base) et Robert Sheehan, tous excellents dans leurs rôles respectifs.

Conclusion

Umbrella Academy est une série intéressante qui traite un peu différemment d’un sujet travaillé et retravaillé avec des thématiques de fond passionnantes mais qui sur la forme ne parvient pas à écarter certains clichés et cela peut devenir lourd et redondant. Elle arrive pourtant à casser certains codes de la mythologie du super-héros et c’est plutôt bien fait puisque cela permet d’aborder ces thématiques (rejet, exclusion, acceptation de soi) chères au créateur d’origine. Il y a aussi la dimension musicale à prendre en compte parce que les différentes musiques qui forment la bande-son, stratégiquement placées, apportent un côté décalé et inattendu à certaines situation, ce qui fait que la série est somme toute assez drôle et sympa à regarder.

Toutefois au terme de cette saison 1, Umbrella Academy n’est pas franchement convaincante à cause de ces longueurs précédemment évoquées qui cassent le rythme de certains épisodes les rendant clairement indigestes. *Sans oublier que certains clichés au niveau des personnages sont gros comme une maison ; pourquoi le seul représentant de la communauté LGBT est un tel cliché de tout ce qu’il y a de pire lorsqu’on veut caricaturer un homosexuel ?! Sérieux ! Mais… Mais ! Par chance, tous ces clichés s’estompent progressivement avec l’évolution de chaque personnage. Ainsi toutes choses considérées, je pense qu’il faut laisser l’Academy faire ses preuves dans une deuxième saison afin de transformer l’essai, en gommant ce qui peut l’être.

Note : Gerard Way est le fondateur/chanteur du groupe de rock alternatif My Chemical Romance. Le groupe s’est séparé en 2013 après 12 ans de bons et loyaux services.

Article rédigé le 21/02/19