Cinéma

Amérique déroutante, Amérique fascinante…

« The American dream is dead »* – C’est par cette déclaration que débute ce documentaire sur l’Amérique de Donald Trump. Force est de reconnaître que tout a été dit sur l’Amérique depuis cette élection hors normes. Il a été dit que les électeurs de Trump étaient des personnes racistes, xénophobes avec un niveau d’études assez faibles… des gens de la classe moyenne pour faire encore plus dans le cliché. C’est là que la démarche de Claus Drexel (le réalisateur de ce documentaire) est intéressante : il est parti les filmer ces oubliés et ces laisser-pour-comptes, à Seligman, une ville paumée en Arizona en 2016 à ce moment charnière de l’histoire américaine et mondiale.

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Et finalement, ce qui en ressort c’est que rien n’est jamais tout blanc ou tout noir. La plupart des gens qui habitent cette petite ville des Etats-Unis veulent juste vivre leurs vies loin du tumulte des grandes villes avec leurs familles, leurs hobbies et leurs armes à feu (les deux étant intimement liés dans cette ville). Sur ce point d’ailleurs, personne dans le documentaire ne remet en cause le tristement célèbre Second Amendment (le deuxième amendement) de la Constitution – enfin tristement célèbre du point de vue du reste du monde face j’entends – mais tout le monde n’en a pas la même conception et ça fait du bien de se dire qu’en fin de compte ceux qui possède 36 modèles d’armes à feu sont juste des excentriques poussés à l’extrême.

Les paysages du Grand Canyon et de Monument Valley sont toujours aussi majestueux et c’est un ravissement pour les yeux. Seligman c’est autre chose… La ville fait penser à un gigantesque tableau de Hopper en mouvement. C’est assez triste et désolé, on se demande comment certaines maisons tiennent encore debout. Bref, c’est peut-être celui-là, le vrai visage de l’Amérique. Une Amérique qui fascine autant qu’elle dérange…

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Note : 8/10.

* Le rêve américain est mort – Phrase prononcée par Donald Trump en 2015 alors qu’il officialise sa candidature pour la Maison Blanche.

Cinéma

A voix haute, pour l’amour des mots.

Je n’ai pas pour habitude d’aller voir des documentaires au cinéma et pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce que ce n’est pas un genre que j’affectionne particulièrement et puis je préfère aller voir les blockbuster la plupart du temps parce que j’ai l’impression qu’au moins, je ne vais pas être déçue et enfin, et c’est sûrement très idiot mais pour moi, le documentaire se regarde à la télé ou en tout cas, sont disponibles plus largement à la télé. Je suis donc sortie de ma petite zone de confort, ne sachant très honnêtement pas à quoi m’attendre après avoir lu plusieurs fois le synopsis. Je n’ai pas regardé la bande-annonce pour ne pas influencer mon avis positif ou négatif sur ce documentaire.

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Synopsis que voici : 

Chaque année à l’Université de Saint-Denis se déroule le concours « Eloquentia », qui vise à élire « le meilleur orateur du 93 ». Des étudiants de cette université issus de tout cursus, décident d’y participer et s’y prépare grâce à  des professionnels (avocats, slameurs, metteurs en scène…) qui leur enseignent le difficile exercice de la prise de parole en public. Au fil des semaines, ils vont apprendre les ressorts subtils de la rhétorique, et vont s’affirmer, se révéler aux autres, et surtout à eux-mêmes. Munis de ces armes, Leïla, Elhadj, Eddy et les autres, s’affrontent et tentent de remporter ce concours pour devenir « le meilleur orateur du 93 ».
Ce documentaire (réalisé par Stéphane de Freitas et Ladj Ly) est passé sur France 2 au mois de novembre je crois donc peut-être l’avez-vous vu à ce moment-là. En fait, on se laisse porter au fil des mots et de la préparation de ces étudiants venus d’horizons bien différents. Et puis, le documentaire s’évertue à donner une bonne image de Saint-Denis. Même si on sait qu’il y a des gens bien de partout, dans les villes, dans les banlieues, dans les campagnes, ça fait du bien d’en avoir la preuve pour tordre le cou aux idées reçues.