Bande-Dessinée/Comics

[BD] La mort vivante

Scénario : Olivier VATINE

Dessin : Alberto VARANDA

Couleurs : Oliver VATINE & Isabelle RABADOT

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L’avantage avec les bandes dessinées, c’est que l’on découvre des mondes insoupçonnés que l’on ignoreraient totalement s’ils nous étaient présentés sous une autre forme. C’est le cas de cette œuvre en un seul tome, signée Olivier Vatine pour le scénario et la colorisation sur un dessin sublime d’Alberto Varanda. Cette bande dessinée est en fait une adaptation du roman de science-fiction éponyme de l’écrivain français Stefan Wul.

Habituellement je n’aime pas trop le genre SF, tout du moins sous forme littéraire ; j’ai beaucoup de mal à m’imprégner de l’histoire et rentrer dedans sauf quelques très rares exceptions. J’ai plus de facilité lorsque je suis confrontée au genre sous sa forme cinématographique ou BD. Je pense que la SF est un genre d’avantage fait pour être vu que lu et pour en revenir à La Mort vivante, c’est un peu comme si j’avais été au ciné. De plus, cette BD m’aura permis de rencontrer Stefan Wul, aujourd’hui décédé et jusque-là illustre inconnu. La couverture m’a interpellée parce que je l’ai trouvée magnifique, très soignée et également très glauque. Le titre aussi a eu son petit effet et a parfaitement rempli son rôle : évocateur tout en étant un brin mystérieux…

Couverture La Mort Vivante

La Mort vivante se déroule dans un monde post-apocalyptique et franchement dystopique dans lequel les Humains ont abandonnés la Terre, rendue inhabitable du fait d’un accident ou d’une guerre qui a entrainé une radioactivité trop importante et trop intense ; les survivants sont allés s’établir sur Mars (coucou Elon Musk). Autre point primordial de l’intrigue : la science du 21ème siècle est perçue de la même façon que la sorcellerie au Moyen-Age. Cela donne une idée assez précise de l’atmosphère de la BD en même temps que cela rentre en résonnance avec notre époque et j’ai trouvé cet élément fascinant parce que Stefan Wul a fait publié son roman en 1956, si je ne me trompe pas. Bref, là-dessus est greffé un personnage du nom de Joachim Bostrom, jugé devant une sorte de Grande Inquisition pour avoir consulté des ouvrages de science interdits par cette même instance parce que les dits ouvrages proviennent de l’ancienne planète, la Terre. De plus, Joachim semble avoir mené des expérimentations un peu clandestines peu recommandables mais le juge se montre clément et une fois jugé, notre ami scientifique adepte des bonnes vieilles méthodes se retrouve contraint et forcé de mettre son savoir au service d’une mystérieuse femme, accablée par le chagrin et la perte de sa fille, Lise, dans des circonstances tragiques des années plus tôt. Le professeur Bostrom est chargé de ressusciter la petite Lise mais jouer avec la Mort n’est pas sans conséquence, même dans un futur post-apocalyptique…

Vous l’aurez compris, La Mort vivante est une réécriture du célèbre Frankenstein de Mary Shelley. C’est d’ailleurs le principal atout de cette bande dessinée, avec les dessins : le lecteur est plongé dans une atmosphère gothique mêlée de romantisme, le tout sublimé par le traitement des couleurs. Les dessins comme dit plus haut, sont très agréables à regarder. Le récit se lit malheureusement trop vite et c’est le reproche que l’on peut faire à l’ouvrage. A mon sens, certains passages auraient mérités d’être traités plus en détails. On a parfois le sentiment d’un travail bâclé, fini « à la va-vite », en tant que lecteur nous restons un peu sur notre faim de lecture et c’est vraiment dommage. Cela dit, la bande dessinée étant une adaptation, il est fort possible que le scénariste ait dû faire des choix ou alors le roman était construit de cette façon et la trame a été scrupuleusement respectée, je ne saurais pas le dire. Je n’ai pas lu le roman. Je suppose que c’est toute la beauté des fins ouvertes !

En conclusion, sans être un coup de cœur c’est une œuvre qui mérite un coup d’œil et qui vous plaira à coup sûr si vous aimez les ambiances bien définies avec un penchant prononcé pour le courant gothique. De quoi vous donner envie de relire certains classiques de la littérature anglaise. Une bonne idée à l’approche du mois d’Octobre…

Littérature

[Contemporain] Paul Watson – Sea Shepherd, le combat d’une vie.

En un an et demi d’existence sur la blogosphère, c’est sans aucun doute le livre le plus polémique que j’ai lu jusqu’à présent. Ce livre est polémique parce que le sujet, Paul Watson et par extension l’association de défense des océans qu’il a crée -Sea Shepherd-, fait polémique. Pour faire court et sans doute un peu caricaturer la chose : on aime ou on n’aime pas Paul Watson et les actions qu’il mène pour la défense des océans. Au départ d’ailleurs, je n’étais même pas certaine de vouloir rédiger sur le sujet, ne voulant pas que mon blog devienne un espace politisé à outrance… Seulement voilà : ce livre est un des plus intéressant qu’il m’est été donné de lire dernièrement et je trouvais sincèrement dommage de ne pas en parler ici. Après tout, ce blog est avant tout un espace de découvertes et de partages.

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Pourquoi j’ai lu ce livre

La première raison qui me vient à l’esprit, c’est la curiosité. Je connaissais Sea Shepherd (et son fondateur) seulement de nom, comme beaucoup de monde je pense. Je savais que cette association était renommée pour ses actions spectaculaires en faveur de la faune marine. D’ailleurs je n’avais pas vraiment d’avis sur c’est bien/pas bien de faire ce qu’ils font et de la manière dont il le font mais au moins je n’avais a priori négatif sur la question. J’avais vu cet ouvrage à la bibliothèque, mis en avant sur un présentoir pour cause de nouveauté mais pas de quoi susciter mon envie de sauter le pas…

… jusqu’à cette deuxième raison (qui a renforcer d’avantage ma curiosité vis-à-vis de Sea Shepherd) : la tristement médiatisée « affaire des phoques du Touquet ». Petit rappel pour ceux qui n’auraient pas suivi : début mai, 3 cadavres de phoques ont été retrouvés sur la plage et Sea Shepherd a fait savoir qu’elle offrirait 10 000 euros à quiconque aurait des informations sur l’auteur de ces atrocités barbares. Cette nouvelle m’a profondément écœurée, d’autant que je jour-même j’ai croisé un chien battu sur le trottoir en rentrant chez moi.  J’aime profondément les animaux et la maltraitance animale, quelle que soit sa forme et quelle que soit l’espèce touchée, cela me révulse au plus haut point et c’est réellement quelque chose que je ne conçois pas.

Pourquoi vous devriez le lire aussi

Je ne cherche pas à faire du prosélytisme mais ce livre est réellement très intéressant et plutôt bien écrit. Sans compter qu’il se lit rapidement. J’ai appris des choses et des pratiques dont j’ignorais l’existence et je connais un peu mieux Paul Watson et Sea Shepherd grâce au travail fourni par Lamya Essemlali, auteur du livre et directrice de Sea Shepherd France. Evidemment, il s’agit d’une version des faits et d’une vision spécifique des choses et je pense qu’il faut quand même rester prudent et ne pas tomber dans un excès d’adoration ou de détestation (si on n’est pas d’accord avec les propos tenus dans le livre) suite à la lecture de ce livre. Cela dit, je trouve que c’est une bonne chose que Sea Shepherd existe et s’investisse autant dans la protection et la conservation des espèces marines parce que je ne suis pas sûre que d’autres en ferait autant pour ces animaux.

Enfin, pour terminer Paul Watson livre quelques conseils afin de résister au stress et à ces conséquences – pages que j’ai lu avec une attention particulière étant moi-même une habituée des épisodes de stress. Reste à voir si j’arriverai à appliquer ses conseils… mais je me suis dit que ce serait une bonne idée de partager sa philosophie sur cette question avec vous, si jamais vous êtes aussi confronter au stress.

« Le message de mon propos est le suivant : ne laissez pas le stress ruiner votre santé, votre amour ou votre vie. N’ayez pas de crainte et vivez l’aventure, cette aventure qu’est la vie. Et c’est probablement la seule vie que vous n’aurez jamais. Même si vous croyez dans la vie après la mort (oh ! ne stressez pas à ce sujet), le fait est que vous n’en serez jamais certain, donc ne gâchez pas l’unique vie que vous êtes sûr d’avoir. » – Paul Watson

Paul Watson Sea Sheherd, le combat d’une vie. Lamya Essemlali, p. 278 ; éd. Glénat, coll. Hommes et océans. 2017

Article commencé le 24/05/18

Littérature

[Découverte] [Contemporain] Dans la forêt

Après une pause de plus de deux mois concernant mes lectures, j’ai repris doucement mon rythme avec la lecture en deux semaines de Dans la forêt (Into The Forest en anglais) de Jean Hegland. Il a fallu attendre vingt ans pour que ce roman écrit publié en 1997 aux Etats-Unis paraisse en France aux Editions Gallmeister, spécialisée dans la littérature américaine qui met l’accent sur la nature et les grands espaces. Le premier roman de Jean Hegland n’y a que toute sa place.

Couverture Dans la forêt

Dans la forêt

Ce livre raconte la vie de deux sœurs, Eva et Pénélope « Nell » (Nellie parfois), après la mort tragique de leurs parents et comment les deux adolescentes tentent de survivre dans leur maison, perdue au milieu de la forêt californienne dans un monde progressivement dépourvu du confort que nous connaissons – plus d’essence, plus d’électricité et tout ce qui en découle.

Ecrit il y a vingt ans, ce livre pourrait avoir été écrit hier, tellement certains aspects de ce dernier font écho au monde de 2018. On finit par se dire que ce qui se passe dans ce roman pourrait bien arrivé dans la vie réelle – bien qu’on ne sache pas exactement quel évènement dramatique est à l’origine de ces pénuries successives. C’est ce qui m’a le plus plu dans ce livre je crois, cet aspect profondément contemporain et moderne pour son temps.

Cela dit, comme beaucoup de roman d’anticipation, malgré ce côté plaisant et attrayant de cette modernité, le roman n’en demeure pas moins glauque, sombre voire effrayant – exactement comme les deux facettes d’une forêt ou d’un bois. C’est une lecture quelque peu dérangeante, déconcertante par moment. A ce propos, je suis plutôt mitigée en ce qui concerne l’avis final que j’ai sur cette histoire et j’ai beaucoup de mal à avoir un avis définitif et tranché sur ce livre. Je peux cependant vous expliquer pourquoi.

Des livres qui racontent des histoires glauques, des histoires sombres et dérangeantes, j’en lirai d’autres. Ce n’est pas cela le problème, ce n’est pas non plus le fait que ce soit un roman d’anticipation. Bizarrement c’est une petite phrase, une toute petite phrase, au milieu d’un roman de 300 pages qui a plombé mon enthousiasme et bien évidemment, je ne vais pas vous dire de quoi il s’agit par peur de vous gâcher votre envie de lecture mais on m’a toujours dit que tout ce qui se passait dans un roman devait servir l’histoire et être utile à l’évolution du ou des personnages à un moment ou à un autre. Or, dans ce cas précis il ne se passe rien. L’évènement découle du précédent mais ce n’est pas logique et de mon point de vue, cela n’enrichi en rien l’histoire d’une manière ou d’une autre. Je n’ai peut-être pas tout compris mais j’ai eu l’impression que l’auteur couchait sur le papier un de ses fantasmes et reprenait ensuite le cours de son récit où elle l’avait stoppé.

Hors mis ce petit détail que certains jugeront sans importance, j’ai beaucoup aimé le style d’écriture, d’une précision quasiment chirurgicale mais néanmoins très fluide, d’autant que le roman n’est pas très épais. J’ai réellement eu l’impression d’être entourée de séquoias par moment ou de me sentir menacée dans cette étendue immense d’arbres. Au final, je dirais que ce livre représente d’avantage une ode à la nature (imposante mais fragile) qu’un message d’espoir et qu’il faut le lire pour cette raison-là puisqu’en fin de compte nous sommes peu de chose à côté d’un arbre millénaire.

« Quelle que soit la façon dont nous mourrons, nous mourrons ici. Seules. Il n’y aura pas d’inscription à Harvard, pas de début avec le San Francisco Ballet. Il n’y aura pas de voyages, pas de diplômes, pas de rappels. Il n’y aura plus d’amants, pas de maris, pas d’enfants. Personne ne lira jamais ce journal sauf si ces fichues poules apprennent à lire.

 Bien sûr ce genre de choses arrive tout le temps. J’ai suffisamment étudié l’histoire pour le comprendre. Les civilisations périclitent, les sociétés s’effondrent et de petites poches de gens demeurent, rescapés et refugiés, luttant pour trouver à manger, pour se défendre de la famine et des maladies et des maraudeurs tandis que les herbes folles poussent à travers les planchers des palais et que les temples tombent en ruine. Regardez Rome, Babylone, la Crète, l’Egypte, regardez les Incas ou les Indiens d’Amérique.

Et même si ce n’est pas une autre civilisation vieille de deux mille ans qui arrive à sa fin, regardez toutes les petites dévastations – les guerres et les révolutions, les ouragans et les volcans et les sécheresses et les inondations et les famines et les épidémies qui remplissaient les pages lisses des magazines que nous lisions autrefois. Pensez aux photos des survivants blottis les uns contre les autres au milieu des décombres. Pensez à l’Amérique du Sud, à l’Afrique du Sud, à l’Asie centrale, à l’Europe de l’Est, et demandez-vous comment nous avons pu être aussi suffisants. »

Jean Hegland, Dans la forêt, pp. 188-189. Ed. Gallmeister (2017)

Note : Pour ceux d’entre vous que ça intéresse, sachez qu’une adaptation cinématographique existe : Into the Forest réalisé par Patricia Rozema avec Ellen Page et Evan Rachel Wood dans les rôles titres. Le film est sorti en 2015.

 

Littérature

[Découverte] Les ailes d’émeraude

A force de lire des livres, il arrive qu’on tombe sur des livres qu’on n’aime pas particulièrement. C’est le cas de celui-ci malheureusement mais je vais quand même vous en parler, des fois que mon article susciterait votre curiosité.

Couverture Les ailes d'émeraude

Les ailes d’émeraude est une série littéraire en plusieurs tomes. C’est le premier livre d’Alexiane De Lys publié en 2014 alors qu’elle n’a que 20 ans. Chapeau bas pour avoir réussi à se faire publier si jeune. Ce premier tome est assez conséquent et compte près de 700 pages, si l’on met de côté les remerciements à la fin. L’histoire en elle-même aurait pu m’intéresser puisqu’il s’agit d’une histoire purement fantastique et qu’habituellement ce genre ne me pose pas de problèmes. En plus la quatrième de couverture est plutôt alléchante et porteuse de promesses. Jugez plutôt :

« A bientôt 18 ans, Cassiopée est contrainte de quitter l’orphelinat où elle vit depuis l’accident qui a tué sa mère. Seule au monde et lâchée dans la ville, elle a la désagréable et persistante impression d’être suivie… Un soir, elle est violemment agressée par deux inconnus. Très mal en point, elle est sauvée par un mystérieux et séduisant garçon, Gabriel. Leur rencontre n’est pas un hasard. Grâce à lui, Cassiopée découvre sa véritable nature : elle appartient aux Myrmes, un peuple ailé doté incroyables pouvoirs sensoriels. En pleine métamorphose, la jeune fille se lance dans cet univers totalement nouveau avec l’espoir de percer, enfin, les mystères de son passé. »

Les ailes d’émeraude, Alexiane De Lys, Quatrième de couverture, éditions Nouvelles Plumes, 2014.

En fait, j’ai l’impression que l’histoire tient en un résumé et c’est dommage. Je n’ai pas réussi à entrer dans l’univers créé par l’auteur malgré des passages intéressants et plaisants à lire malgré tout. J’imagine que je n’ai pas accroché plus pour des raisons de style d’écriture, critère subjectif et variable d’une personne à l’autre. L’autre chose qui a sûrement contribuée à mon blocage est que l’histoire est censée avoir pour cadre Philadelphie et que je n’ai pas franchement eu l’impression d’être à Philadelphie même si je n’y suis jamais allée ; je n’ai pas trouvé cette « atmosphère américaine ». J’ai plus eu l’impression que l’auteur donnait pour cadre Philadelphie à son histoire pour justifier le fait d’y trouver des personnages surnaturels. J’espère me tromper mais j’ai eu le sentiment qu’elle ne connaissait pas son cadre, à savoir les Etats-Unis et je pense que c’est ce qui m’a le plus dérangé dans ma (courte) lecture.

Littérature

[Revue littéraire] America 1/16

Revue America

Comme vous l’avez peut-être remarqué, j’ai plutôt tendance à lire des ouvrages de littérature américaine ou des ouvrages directement en anglais (que ce soit de l’anglais britannique ou de l’anglais américain) et donc j’ai un penchant plutôt prononcé à orienter mes lectures en ce sens. C’est le cas avec la revue littéraire America.

Avant toute chose, je tiens à préciser que personne ne m’a demandé d’écrire un article sur cette revue et que je le fais uniquement parce que j’ai envie de vous faire partager cette découverte que j’ai jugé suffisamment intéressante pour que la revue ait sa place ici. J’écris donc cet article avec une liberté totale même si j’ai rempli un bulletin d’abonnement afin de recevoir les numéros suivants.

America, l’Amérique comme vous ne l’avez jamais lue

Cette revue littéraire c’est d’abord l’histoire d’un pari : celui de parvenir à publier un magazine avec un contenu fourni chaque trimestre pendant quatre ans quel que soit le nombre d’abonnés ou de lecteurs ponctuels. America s’est aussi fixé un objectif : mettre en lumière l’Amérique de « l’Ere Trump » afin de montrer cette réalité qu’on a parfois du mal à accepter mais aussi et surtout, montrer toutes ces petites poches de résistances que sont la littérature, le cinéma et plus généralement la culture. C’est pour cette raison que cette revue (ou magazine) durera seulement 16 numéros, le temps du mandat présidentiel américain.

Evidemment, la revue est clairement marquée politiquement parlant et c’est une évidence lorsqu’on analyse le concept de cette dernière. Cela dit, les reportages réalisés sur place sont suffisamment objectifs pour ne pas tomber dans des raccourcis ou des caricatures trop faciles. Reste que l’autre aspect passionnant de cette revue, c’est la littérature. Pour ce premier numéro, America propose d’interroger la place de la littérature et de ses auteurs dans la société ; ce que doit et ce que peut la littérature. Je suppose que cette thématique sera présente dans les autres numéros avec d’autres auteurs, d’autres ouvrages et d’autres personnalités quelles soient anglophones ou francophones.

Revue America 2

Je pourrais éventuellement vous faire la liste des auteurs et personnalités qui ont participés à la rédaction de ce premier numéro mais ce ne serait pas très productif. Sachez juste que François Busnel (La Grande Librairie sur France 5) s’entretient avec Toni Morrison, grande dame de la littérature noire américaine et que la revue contient également une nouvelle inédite de Francis Scott Fitzgerald, tirée d’un recueil de nouvelles lui aussi inédit : Je me tuerais pour vous ; vous trouverez aussi le premier chapitre du nouveau roman de Jay McInerney, pas encore paru en France.

Un dernier point pour vous signaler que la revue est très soignée, tant au niveau du contenu que de la forme : c’est coloré, l’iconographie est magnifique. A noter quand même que la revue fait 192 pages et donc qu’elle ne se lit pas d’une traite ! Sur ce, je vous dis à dans trois mois pour le prochain numéro de America (peut-être…).

Littérature

[Découverte] Caraval – Tome 1

Je n’avais pas vraiment prévu de me relancer dans une série littéraire mais ça, c’était avant d’aller à Decitre la semaine dernière et d’en ressortir avec trois livres sous le bras dont celui-là. Je n’avais pas non plus prévu de le lire d’une traite en le commençant hier en fin d’après-midi pour le finir dans la nuit. (S’il y a des fautes, j’en suis désolée mais je n’ai pas beaucoup dormi).

 couverture-caraval

Caraval donc, est le premier roman de Stéphanie Garber et le livre connaît déjà un joli succès outre Atlantique et outre Manche. Si vous avez aimé Harry Potter, Hunger Games, Le Labyrinthe ou tout autre livre dans cette veine-là, je ne peux que vous le conseiller vivement.

Scarlett et sa petite sœur Donatella n’ont jamais quittées l’ile où leur père, un homme cruel et tyrannique, les retient captives. A 17 ans, alors qu’elle est sûr le point d’être mariée à un inconnu, Scarlett reçoit une lettre de Légende, le Maitre du jeu Caraval. Cette année, Caraval aura lieu sur l’ile des Songes, et Scarlett est invitée ! Depuis toute petite, elle rêve d’assister à ce jeu légendaire et fabuleux… Aidée par Julian, un mystérieux marin, les deux sœurs s’enfuient. Mais à leur arrivée sur l’ile des Songes, Donatella est kidnappée par Légende. Scarlett entre alors dans Caraval avec Julian. Si elle ne retrouve pas sa sœur avant que les 5 nuits du jeu soient écoulées, celle-ci disparaitra pour toujours…

Caraval, Stéphanie Garber, quatrième de couverture, ed. Bayard.

 Le livre est assez conséquent mais se lit vraiment tout seul. Les descriptions donnent un aperçu détaillé des décors et l’impression de se balader en plein rêve arrive assez rapidement. De plus, le lecteur se trouve en position de spectateur du jeu, ce qui est très plaisant et à la fois terriblement angoissant au fur et mesure que les nuits s’enchainent. Les personnages ne sont pas manichéens et chacun à sa part d’ombre er de lumière. Le rythme est soutenu et le suspense reste à son comble jusqu’aux toutes dernières pages du roman.

En conclusion : J’ai absolument hâte d’en savoir plus sur certains personnages et aussi de voir comment vont évoluer les choses. Sur le plan cinématographique, la 20th Century Fox a acheté les droits pour adapter l’histoire sur grand écran. Je ne sais pas trop quoi en penser parce qu’il y a toujours un risque de se planter mais cela dit, je suis quand même curieuse. Donc c’est une affaire à suivre en attendant les autres Tomes.

Littérature

[V.O] L’appel du coucou

Pour le dernier article de l’année, j’ai décidé de vous parler du livre que je viens tout juste de terminer : L’appel du coucou (Cuckoo’s Calling en anglais) de Robert Galbraith que vous connaissez forcément puisque Robert Galbraith n’est qu’un nom de plume. Si je vous dis : Sorcier, orphelin vous voyez ? Oui, J. K. Rowling s’est essayée à un style totalement différent avec ce roman policier et c’est une réussite. Une vraie réussite.

L’histoire se déroule à Londres et nous plonge dans le quotidien de Cormoran Strike, détective privé de son état, qui est presque au fond du trou tant sa vie semble misérable au début du roman. Endetté, largué et obligé de vivre dans son bureau, il attend une nouvelle affaire sans trop y croire, une affaire sérieuse, pas une affaire d’adultère. C’est à ce moment-là qu’arrive John Bristow. Ce dernier a des doutes sur le suicide de sa jeune sœur, Lula Landry, une mannequin renommée et véritable star dans le milieu et demande à Strike de revenir sur l’enquête.

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A première vue, l’histoire parait simple et on se dit que l’enquête va être vite pliée. C’était sans compter J. K. Rowling… qui a construit son roman en 5 parties (clairement un écho aux tragédies classiques en 5 actes) avec des chapitres plutôt courts où les faits sont exposés de différents point de vue, selon l’avancement de l’affaire. J’ai adoré les personnages (peu nombreux) tous très différents les uns des autres mais hauts en couleurs à la manière des livres d’Agatha Christie. Sans oublier que la fin n’est pas prévisible.

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En conclusion : A lire ABSOLUMENT. Et très bonne année 2017 à vous.

Littérature

[Découverte] Alphabet City

Petite nouveauté dans la rubrique littérature et c’est une découverte.  Alphabet City (Ten Thousand Saints en anglais) est le premier roman d’Eleanor Henderson. L’histoire plonge le lecteur dans l’Amérique « underground » des années 1980 sur fond de musique Punk-Rock tout en restant une œuvre de fiction compréhensible et abordable, ce n’est pas une thèse sur le sujet. Néanmoins, si vous êtes curieux et que le sujet vous intéresse, le roman constitue une première approche intéressante.

L’histoire : Jude est un ado de 15 ans qui passe ses journées à fumer joints sur joints (entre autre) avec son meilleur ami Teddy, n’ayant rien d’autre à faire dans sa petite ville du Vermont. Tout cela vole en éclats avec la disparition tragique de Teddy et Jude est forcé de trouver un nouveau sens à son existence. Finalement, il arrive à New York auprès de son père où il va rencontrer des personnages haut en couleurs qui vont l’initier à un nouveau style de vie : le mouvement Straight Edge.

Le Straight Edge, Kézako ?

Non, ce n’est pas une insulte. Je vais vous faire un petit topo en essayant d’être le plus clair possible parce que c’est la clé de voûte du roman et de l’histoire en quelque sorte. En faisant des recherches complémentaires pour cet article, je me suis rendue compte que le sujet était en fait assez vague et qu’il en devenait complexe parce que le Straight Edge est sujet à plusieurs interprétations. Cependant, certains points et aspects se retrouvent dans toutes les définitions.

Le mouvement Straight Edge trouve son origine aux Etats-Unis dans les années 1970-1980 et constitue une sous-culture et un sous-genre musical. Les « adhérents » ne consomme ni alcool ni drogues et certains vont même jusqu’à prôner l’abstinence sexuelle. De plus, les membres se considèrent comme pacifistes. Ce mouvement est en l’occurrence une réponse au style de vie Punk-rock, notoirement connu pour des excès en tout genre. Ca, c’est une première base ; ensuite d’autres mouvements ou styles de vie  y ont été incorporés comme le végétalisme, veganisme ou bien encore les croyances de « la conscience de Krishna » ou plus simplement Hare Krishna, qui suivent peu ou prou les mêmes préceptes que le Straight Edge.

Alphabet City, un roman dans la lignée de grands classiques de la littérature US

Sur cette petite parenthèse sûrement très maladroite de ma part, je voudrais maintenant revenir sur l’œuvre elle-même en essayant de vous expliquer pourquoi je pense que ce livre s’inscrit tout à fait dans la littérature américaine. Avant de commencer, je tiens à vous mettre en garde : mon cursus universitaire en Licence a fait que j’ai étudié un microéchantillon de la littérature américaine, donc si déformation professionnelle il y a, je vous prie de m’excuser.

L’histoire en elle-même m’a tout de suite rappelé Sur la route (On The Road) de Jack Kerouac bien qu’il n’y ait pas de grand périple d’un point A à un point B, encore que ce n’est pas tout à fait vrai puisqu’on suit Jude au gré de ses tribulations entre le Vemont et New York City (dans un premier temps) donc on peut dire que c’est une sorte de Road Trip à échelle réduite et cette impression est encore accentuée par les personnes que Jude rencontre au cours de son périple ainsi que leurs aléas de vie en communauté.

Ensuite au niveau des thématiques, on se rapproche plus des thèmes abordés par William Faulkner dans Le bruit et la fureur (The Sound and the Fury) ou de manière plus discrète et plus contemporaine, Moon Palace de Paul Auster. Evidemment, si vous avez lu ces ouvrages, vous voyez très certainement quels peuvent être les thèmes communs aux trois livres. Je ne mentionne pas clairement les thèmes d’Alphabet City parce que je crois sincèrement que le livre perdrait toute sa saveur et vous n’auriez pas le plaisir intact d’une première lecture.

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Jude s’avança sous les gradins et s’arrêta au cinquième ou sixième rang. Au dessus de lui, ballotant au bord d’un des sièges, une paire de jambes, vêtues d’un jean. Une fille. Jude apercevait les talons crottés de ses tennis, mais pas grand-chose d’autre. Il leva la main, les doigts gelés dans ses mitaines à quelques centimètres du pied de la fille, mais au lieu de les refermer sur sa frêle cheville, il s’empara du parapluie jaune posé par terre devant elle. Il le fit glisser sans bruit sur le béton et le récupéra.

« Qu’est-ce que tu fous? chuchota Teddy qui venait de surgir derrière Jude. Pourquoi on pique un parapluie? »

Alphabet City, Eleanor Henderson, p. 15, Sonatine Editions, coll. 10/18.

Dans le détail…

L’histoire a l’air simple mais les thèmes abordés la rende plus dense et complexifie l’intrigue. Il y a également plusieurs niveau de lecture pour cette même raison. Les personnages sont tous très attachants pour des raisons parfois totalement opposées de sorte qu’on ressent les évènements et qu’on aurait parfois envie d’intervenir.

Le livre n’est pas très gros et se lit rapidement (sous 8 jours) ; je l’avais commencé vendredi dernier, le 14 donc. Et puis tout autre chose : au cours de ma lecture, j’ai pensé que c’était le livre idéal pour une adaptation cinématographique à cause de toutes les références musicales qui parcourent le livre (des Misfits à Ozzy Osbourne en passant par Metallica et les Beatles). Il se trouve qu’une adaptation existe ! Je l’ai découvert en faisant des recherches sur Eleanor Henderson, je ne sais pas ce que ça vaut mais j’irais jeter un œil à l’occasion parce qu’un détail m’a beaucoup amusé : le rôle de Jude est tenu par Asa Butterfield (coïncidence quand tu nous tiens…)

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Conclusion : une auteur à suivre de près. Son livre : A lire !