Bande-Dessinée/Comics

[BD] [Découverte] Clinton Road

En ce Vendredi caniculaire, j’avais envie de vous proposer quelque chose de rafraichissant ; de quoi vous faire passer un bon moment de lecture plein d’aventure et de frissons… Attention, il se pourrait bien que le coup de cœur vous attende au bout de la route.

Petite pépite cherche lecteur curieux

Au départ et comme bien souvent, je n’étais pas partie pour acheter de nouvelles BD, juste un cadeau pour l’anniversaire de ma mère mais comme d’habitude lorsqu’on me lâche dans la jungle livresque d’une librairie, je ne résiste pas bien longtemps pour peu que la curiosité prenne le dessus. Ce fut bien évidemment le cas avec cette petite BD au format Comics signée Vincenzo Balzano sinon je ne vous en parlerai pas ici. Sobrement intitulée Clinton Road, cette pépite plonge le lecteur dans un univers oppressant et angoissant dès les premières pages. L’histoire suit un ranger nommé John qui patrouille le long de la Clinton Road, à la recherche d’indices sur une étrange histoire de disparitions d’animaux aux environs.

Concrètement, ce n’est pas un coup de cœur même s’il ne manque pas grand-chose et je ne peux que vous conseiller d’y jeter un œil ou de l’acheter si vous pouvez. Premièrement, vous risquez de passer un bon moment si vous appréciez ce genre littéraire que ce soit en BD/Comics ou livres classiques ; deuxièmement, vous soutiendrez l’auteur et la maison d’édition française derrière et ça c’est cool… Enfin troisièmement, et parce que je suis un peu à court d’arguments, si vous aimez les dessins à l’aquarelle, foncez. Les dessins sont superbement réalisés à l’aquarelle et donne une autre dimension à cette BD déjà bien à part. Et en plus, c’est en un seul tome.

Il y a un petit quelque chose de Stephen King dans l’atmosphère de cette histoire, sans oublier bien sûr le côté légende urbaine omniprésente – le genre d’histoire qu’on se raconte pour se faire peur le soir au coin du feu. Cependant, malgré tous ces points positifs, on relèvera le scénario trop simpliste par moment : le dénouement arrive un peu vite et il est facile de se rendre compte de quoi il est question réellement… quoique, le retournement de situation à la fin est bienvenu et amène une dernière touche de piquant à cette histoire très réussie.

Conclusion

Clinton Road est une BD très satisfaisante et très bien réalisée qui vaut le coup d’œil. C’est une belle découverte et à vrai dire, j’aurais aimé qu’elle m’occupe un peu plus que quelques heures dans ma matinée d’hier. Toutes les bonnes choses ont une fin et je suis ravie d’avoir fait un bout de chemin, ou de route, avec John et son vieux ciré rapiécé. Clinton Road est éditée aux Editions Ankama, maison d’édition française à Roubaix qui édite également des jeux vidéo dont DOFUS je crois. Bref, lire, passer un bon moment et soutenir une petite maison d’édition indépendante, c’est presque gratifiant.

Note : 4.5 sur 5.

Bande-Dessinée/Comics, Littérature

[BD] [Découverte] Une année sans Cthulhu

Une petite découverte bien plaisante pour l’article du jour. Ce one-shot signé SMOLDEREN & CLERISSE prend place dans les années 80 et suit un groupe de jeunes adepte des jeux de rôles sur table et leurs aventures autour de leur jeu de rôles favori : L’Appel de Cthulhu. Chers amis geeks, cette bande-dessinée est toute indiquée pour un voyage dans le temps au pays des couleurs flashy, des premières bornes d’arcade et des premiers ordinateurs sans oublier l’émergence du jeu de rôles sur table sur fond d’un fait divers particulièrement glauque.

Couverture Une année sans Cthulhu

On ne résiste pas à l’appel de Cthulhu

Une année sans Cthulhu est typiquement le genre de BD que je n’aurais pas acheté de moi-même mais que je suis ravie d’avoir lu pour ensuite partager mon enthousiasme. De prime abord, j’étais septique parce que les jeux de rôles ne font pas vraiment de mon univers mais je ne considère pas cette partie de la culture Geek comme has been. Elle existe mais je n’ai jamais pris le temps de m’y intéresser avec attention. Et puis d’un autre côté, il y avait le problème Lovecraft : étant un clin d’œil plus qu’évident à l’œuvre de P. H. Lovecraft, j’avais peur que la BD soit remplie de référence à l’œuvre gigantesque et complexe de Lovecraft mais au final, si les références sont là, elles restent quand même accessibles au plus grand nombre, même si vous n’avez jamais lu Lovecraft.

J’ai beaucoup aimé l’ambiance de cette BD qui m’a rappelée Stephen King dans son déroulement ; au début, tout est normal et la vie suit son cours dans une petite bourgade de province puis survient un élément déclencheur d’apparence anodine et tout s’enchaine jusqu’à un retour à la normale. Nous suivons donc une bande d’ados – Henri, Samuel, Marie, Orianne, Mélusine et Dani dans leurs vies d’ados et leurs parties de jeux. Tout commence dans un cimetière et tout se complique lorsque Mélusine arrive en cours d’année…

Comme je vous le disais, il y a pleins de références et de clins d’œil, à Lovecraft bien sûr mais pas seulement. Par exemple, le nom de famille de Samuel est Le Fanu qui rappelle Sheridan Le Fanu, auteur de la nouvelle gothique Carmilla qui met en scène un des premiers vampires dans la littérature, Mélusine porte ce nom pour une raison bien précise et Arkham fait une petite apparition sous forme de clin d’œil… Bien entendu, j’en oublie, mais tout cela apporte à la BD une saveur particulière très agréable.

J’ai mis un peu de temps a entrer dans cet univers, bien qu’il m’ait plu. Peut-être à cause de la colorisation des dessins ou du lettrage de la BD… Les dessins en tant quel tels ne m’ont pas vraiment dérangée même si j’ai tendance à préférer les dessins un peu plus réalistes généralement. Le scénario tient la route et le lecteur se laisse embarquer dans ce voyage aux allures de quête initiatique par moment, mais après tout, l’adolescence est aussi un rite de passage. Petit bémol malgré tout : je ne suis pas certaine d’avoir tout compris vers la fin mais je ne regrette pas le voyage. Je vous le conseille même fortement, si la culture Geek vous intéresse. Vous ne serez pas déçus de ce voyage dans le temps !

Belles lectures à vous !

Littérature

[Contemporain] [Découverte] Avoue que t’en meurs d’envie – Kristen Roupenian

Histoire de me remettre de la désagréable expérience que fut American Psycho, j’ailiv-20444-avoue-que-t-en-meurs-d-envie[1] voulu enchainer sur un autre livre. Je ne savais pas trop quoi lire mais je savais qu’il me fallait un truc sans prise de tête, facile à lire et emprunt de légèreté. C’est là que le livre de Kristen Roupenian intervient en remplissant 2 critères de prime abord sur les trois recherchés – je me doutais que ce serait une lecture sans prise de tête et un livre facile à livre puisque le livre est en fait un recueil de nouvelles. Pour la légèreté, je ne savais pas trop à quoi m’attendre donc je me suis lancée quasiment tête baissée dans et ouvrage et résultat : en trois jours c’était plié.

 

Le coup de cœur n’est pas loin

Avoue que t’en meures d’envie est un livre que j’ai pas mal vu tourner sur la blogosphère avec de bonnes critiques voire même des critiques élogieuses sans être dithyrambiques non plus. C’est plutôt un bon point quand on veut éviter la déception. En ce qui me concerne, ce recueil de nouvelles est une bonne surprise et le coup de cœur n’est vraiment pas loin mais certaines nouvelles ne m’ont pas vraiment enthousiasmée. Sur les douze récits présents, quatre m’ont vraiment énormément plu, j’en aimé six et deux ne m’ont pas passionnée du tout mais je les ai lu malgré tout.

C’est assez bien écrit mais je dirais que Kristen Roupenian a une marge de progression importante à mon goût, et après tout il s’agit de sa première publication et puis bon, cela reste des nouvelles donc c’est forcément moins détaillé qu’un roman mais tout aussi intéressant à lire. Au niveau des thèmes abordés, ils sont intéressants mais si le bandeau de vente laisse penser qu’il s’agit d’une lecture subversive avec un ton transgressif ben… d’un point de vue franco-européen, je n’irai pas jusque-là mais les américains sont souvent choqués pour pas grand-chose donc le bandeau sur la couverture ne m’étonne pas vraiment mais il s’agit de mon ressenti. Le vôtre sera peut-être différent.

La majorité des nouvelles fait d’ailleurs écho à l’actualité plus ou moins récente, souvent de façon humoristique et c’est très plaisant de voir que la toxicité de certains débats est désamorcé par ce biais, notamment dans la nouvelle A pleine dents. Mais il faut reconnaitre que certains sujets sont mal amenés ou pas assez aboutis. C’est pour cette raison que j’ai bien aimé la plupart des textes mais sans plus.

Dans le détail, ça donne ça :

  •  Vilain : Bien aimé mais il n’y a pas vraiment de but à cette nouvelle, on ne voit pas vraiment où l’auteur veut en venir c’est un peu dommage.
  •  Fais gaffe à ce petit jeu, ma belle : Petit coup de cœur pour celle-ci, j’ai adoré l’atmosphère de malaise qui s’en dégage mais si la fin n’était pas vraiment celle que j’attendais.
  •  Les sardines : Belle réussite qui n’est pas sans rappeler Stephen King si vous aimez le genre fantastico-horreur. Un de mes coups de cœur dans cet ouvrage.
  • Course nocturne : Je m’attendais à mieux, trop courte et l’histoire ne m’a pas enthousiasmée.
  • Le Miroir, le seau et le vieux fémur : Enorme coup de cœur pour cette nouvelle dans le style d’un conte de fée. La toute fin est un peu en décalage avec le reste du conte mais sinon rien à redire, tout est bien amené et suit la logique du conte. A lire si vous adorez les contes.
  •  Un mec à chats : J’ai bien aimé mais je cherche encore en quoi cette nouvelle « a secoué l’Amérique », il n’y a rien de choquant ni de transgressif pas plus qu’il n’y a de chats d’ailleurs mais elle est sympa à lire quand même.
  •  Le garçon dans la piscine : Très sympa. On n’est pas très loin du coup de cœur. Je regrette seulement qu’une des thématiques ne soit pas abordée plus en détail.
  • Le Signe de la boîte d’allumettes : J’ai bien aimé. Les évènements sont bien amenés globalement mais la fin est un peu trop glauque à mon goût.
  •  Pulsion de mort : Sympa mais sans réel plus malheureusement.
  • Sacrifice : Coup de cœur pour celle-ci aussi. Elle ressemble un peu à un conte sans en être un et la thématique principale est sympa.
  •  Un mec sympa : Trop longue et sans intérêt.
  •  A pleine dents : Coup de cœur bien qu’elle soit un peu bancale dans son ouverture.

Conclusion

Pour une première publication, Kristen Roupenian ne s’en tire pas trop mal et signe un ouvrage plaisant facile à lire et qui se lit vite mais qui n’est malheureusement pas sans défauts. Certaines histoires sont bancales, parfois parce qu’il manque des éléments ou simplement la longueur est en cause, soit parce que c’est trop court ou bien au contraire trop long. Quant à savoir si c’est une auteur que je vais suivre dans le futur, je ne sais pas trop encore… Je suppose que cela dépendra d’un éventuel premier roman. En attendant, cette lecture a remplie toute mes attentes et m’a permis de découvrir une nouvelle tête dans le paysage des lettres américaines.

 

Littérature

[Découverte] Les Enchantements d’Ambremer – Pierre Pevel

En ce moment je navigue d’un univers Fantasy à l’autre et ce n’est pas pour me déplaire. Il y a environ deux semaines, j’ai commencé Les Enchantements d’Ambremer de Pierre Pevel, acheté complètement par hasard en même temps que Résolution de Li-Cam. Ce livre fait partie d’une trilogie intitulée « Le Paris des Merveilles » et mêle intelligemment créatures fantastiques et le Paris du début du siècle dernier. Il ne m’en fallait pas bien plus pour me convaincre de plonger dans cet univers unique.

Le Paris merveilleux de Pierre Pevel

Grâce à cette lecture, j’ai découvert un univers insoupçonné et résolument « Steampunk » qui est une sous catégorie de la science-fiction. J’ai d’ailleurs été un peu surprise de trouver cet ouvrage classé en SF car pour moi, il s’apparente plus à de la Fantasy pure, que je considère davantage comme un genre littéraire à part entière et non pas comme une branche de la SF mais c’est un autre débat.

Pour en revenir au livre et à l’histoire donc, Les Enchantements d’Ambremer présente Louis Denizart Hyppolyte Griffon un mage dont l’existence parisienne paisible se voit quelque peu contrariée lorsqu’on lui demande d’enquêter sur une anodine affaire de tricherie dans une salle de jeux. Le mage accepte mais il se rend vite compte que cette banale affaire de tricherie dissimule en fait une réalité bien plus sombre et dangereuse. Au cours de son enquête, il sera amené à croiser la route de la belle et mystérieuse Isabel de Saint-Gil « une fée renégate que le mage ne connait que trop bien… »

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Le roman se lit très vite pour peu que l’on affectionne le genre. De plus, l’enquête policière si l’on peut dire, est un vrai plus selon moi. Cela change un peu et c’est un élément de surprise agréable mais ce n’est tout de même pas un roman policier. Il y a dans l’écriture et dans l’inspiration beaucoup de Maurice Leblanc et son célèbre Arsène Lupin ou encore Gaston Leroux et son non moins célèbre Rouletabille. Le narrateur des Enchantements est donc une sorte de chroniqueur qui apostrophe parfois le lecteur au gré des situations et le résultat est souvent assez comique.

Cependant certaines situations font penser à des Deus ex-machina et non pas que cela soit dommage (nous sommes dans un monde merveilleux après tout), j’ai quand même trouvé que cela cassait un peu le rythme du roman et lui donnait un petit côté simpliste par moment… Mais bon, on ne peut pas tout avoir tout le temps non plus.

L’intrigue suffisamment est bien ficelée pour être agréable et les personnages principaux sont également bien construits, avec suffisamment de profondeur pour les rendre intéressants – surtout dans la relation qui les unie. Enfin, Pierre Pevel a fait son maximum pour que les descriptions des lieux notamment soient le plus fidèles possibles en tenant compte de l’époque où se déroule l’histoire, c’est-à-dire 1910.

Conclusion

Cette découverte fut une bonne surprise et ma lecture fut agréable. J’ai trouvé Louis et Isabel charmants pour ne pas dire exquis dans la relation qu’ils entretiennent. Le Paris des Merveilles dans lequel les protagonistes évoluent est en effet bien enchanteur et évoque bien souvent un rêve éveillé. Mais comme bien des choses trop policées, ce monde entretient sa part d’ombre à l’abri des regards indiscrets… Dans la lignée des aventures d’Arsène Lupin ou de Rouletabille, c’est une lecture agréable remplie d’une atmosphère mystèrieuse parfois un peu tirée par les cheveux qui prête à sourire.

Pour tout vous dire, je suis indécise quant au tome 2 de cette trilogie. D’un côté, j’ai très envie de savoir ce qu’il se passe dans ce nouveau tome parce que suivre les aventures de Louis et Isabel m’est agréable mais d’un autre côté… Je me dis que ce n’est pas une trilogie qui mérite un achat, mais plus un emprunt. Affaire à suivre du côté de la bibliothèque donc.

Belles lectures à vous !

Littérature

[SF] [Découverte] Résolution – Li-Cam

Ce tout petit livre d’un récit fictionnel de 140 pages est un OLNI, comprenez Objet Littéraire Non Identifié ; il est indéfinissable et c’est véritablement le livre le plus étrange que j’ai lu depuis la création du blog. Je ne suis pas certaine d’avoir compris tout les tenants et les aboutissants tant ma lecture fut ardue tout en étant très intéressante malgré tout. Résolution ne m’a passionné autant que je l’aurais espéré mais je n’ai pas détesté non plus. Retour sur une lecture déstabilisante et chronique d’un match nul entre un gros point fort et un gros point faible.

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 La déroutante résolution

Je crois qu’en fin de compte c’est ce qui résume le mieux cet ouvrage. Déroutant, déstabilisant, intéressant et plutôt poétique également. Cependant le mélange de tout cela donne un résultat plutôt négatif en ce qui me concerne. La lecture fut compliquée – si compliquée parfois que les mots écrits sur les pages perdaient leurs sens. Pourtant ce tout petit livre de science-fiction ne manquait pas d’intérêt à mes yeux. Pas très épais, il semblait aborder et mêler des thématiques intéressantes : Intelligences Artificielles, Humanité, relations aux nouvelles technologies, sans oublier la thématique du handicap le tout dans un cadre utopique. Classé comme un roman d’anticipation, je me suis laissée tenter assez facilement : je cherchais un livre d’anticipation et je suis tombée dessus.

Ce récit c’est donc celui de Wen, une jeune femme dont les capacités intellectuelles lui permettent d’analyser le monde et les individus à la façon d’un ordinateur sans être dans une conception binaire pour autant. Par la suite, le lecteur apprend que c’est en fait une forme d’autisme et cette particularité lui permet d’imaginer toutes sortes de mondes intérieurs et d’avoir une réflexion plus poussée sur les interactions entre les individus ; sujets qu’elle aborde sur son blog : Le monde selon Wen (difficile de ne pas y voir un clin d’œil au Monde selon Garp). Arrive l’effondrement du monde et des sociétés actuelles ; c’est alors qu’un groupe de chercheurs décide de mener une expérimentation sur l’île de Saint-Pierre et Miquelon basée sur les travaux de Wen. Une poignée d’hommes et de femmes se retrouvent à vivre en communauté selon les règles édictées par la jeune femme sur son blog. Et pour veiller sur cette communauté d’un genre nouveau, il y a SUN, l’IA sorte de double immatériel de Wen.

Point fort : les thématiques

C’est un livre actuel, on ne peut plus contemporain. Il revient en détail sur la théorie de l’effondrement dont on entend parfois parler dans les médias et sur Internet. Certes, ce n’est pas très réjouissant, je vous l’accorde, mais cela permet d’aborder des sujets complexes mais très intéressants. On se rend aussi vite compte qu’ils sont liés entre eux. Il y a notamment de très belles pages sur le dérèglement du monde et de la perte de la notion de réalité qui va de paire avec la vérité avec les tristement célèbres fake news et autres vérités alternatives. C’est très éclairant, carrément angoissant et déroutant par moment – ce qui ne rend pas la lecture aisée. D’ailleurs, c’est un récit sombre et peu optimiste bien qu’il se termine sur une note plutôt gaie.

Ce qui m’a le plus marqué en plus de cette analyse plus que pertinente sur la relation qu’on peut avoir avec la vérité, c’est la réflexion qui traverse tout le texte entre la relation de dépendance que l’on a vis-à-vis des nouvelles technologies (plus précisément Internet) et de la haine la plus pure qui peut en découler – via les réseaux sociaux notamment – et l’escalade de violence physique que cela entraine dans la vraie vie. Bien entendu, on sait que des situations comme celles décrites sur ces pages peuvent arriver mais voir et lire le tout condensé en 140 pages, c’est simplement vertigineux et c’est tellement dommage qu’il soit si dur à lire, ce livre…

Sur une note plus positive, on peut noter l’omniprésence de l’imaginaire, principal moteur pour sauver l’Humanité qui fonce dans le mur et court à sa perte. Là encore, de très belles pages sur l’importance de l’Art sous toute ses formes, l’importance quasi vitale du théâtre comme vecteur pour retrouver la communication rompue à cause d’une trop grande utilisation des réseaux sociaux et ainsi entrer en communion avec un groupe et retrouver une appartenance. A ce propos, ce sont la danse, le chant et le théâtre qui sauvent cette communauté atypique qui vit en marge du reste du monde. A n’en pas douter, la partie la plus réjouissante à lire.

Point faible : la structure du récit

Ou plutôt l’absence de structure dans le récit. Je ne dis pas qu’il faut une structure bien définie mais cela participe à faciliter la lecture et cela manque cruellement ici. Le récit s’organise comme un enchevêtrement des pensées de Wen, avec sa vie présente sur l’île au sein de la communauté, sa vie sur le continent avant l’effondrement, des souvenirs de son enfance chaotique, des passages de son blog qui ont aidé pour la création de cette communauté sans oublier quelques compte-rendu des conversations des habitants avec SUN, l’Intelligence Artificielle qui fait office de psy, de confessionnal… et dont on ne sait pas ce qu’ils viennent faire là… Je n’ai pas trouvé que cela apportait véritablement quelque chose au récit, à part encombrer un texte déjà très emmêlé et très brouillon.

Je pense que l’auteur à fait cela pour que le lecteur se mette à la place de Wen et ait un accès direct à sa particularité qu’est son autisme. C’est un parti pris et c’est une bonne idée d’avoir voulu faire ça mais le texte devient tellement enchevêtré qu’il devient presque impossible à lire – les mots perdent leurs sens. Du coup, il m’est arrivé de reposer le livre complètement dépitée parce que j’arrivais à peine à me souvenir de ce que je venais de lire à l’instant. Très honnêtement, je ne sais pas ce qui m’a fait tenir cette lecture jusqu’à la fin ; la perspective de l’article y est sûrement pour quelque chose… Quoiqu’il en soit, Résolution n’est pas un livre dont je garderai un bon souvenir.

Conclusion

Grosso modo, ce fut une lecture chiante non dénuée d’intérêt de par les thèmes que le livre aborde. A ne surtout pas lire si l’état du monde vous angoisse vraiment beaucoup ; c’est une semi déception : j’ai le sentiment d’avoir perdu mon temps dans cette lecture que j’ai laissée volontairement trainer en longueur tout en ayant une autre vision des choses sur certains sujets passionnants.

Littérature

[Découverte] [Contemporain] Helena – Jérémy Fel

Gros coup de cœur de l’année 2019 pour cette lecture aussi déroutante que fascinante. Helena fait partie des romans que je ne peux que conseiller malgré son atmosphère dérangeante. Ne vous fiez pas à la connotation péjorative du « page-turner » ; ce livre en est un effectivement mais les arguments pour redonner ses lettres de noblesse à cette catégorie souvent mal-aimée sont bien là. Je vous emmène donc sur les traces d’Helena, faire l’autopsie d’un thriller très réussi !

 

The Sound of Silence

Helena ce sont les histoires mêlées de Tommy, Haley et Norma faites de rêves et d’espoir au milieu d’un Kansas isolé et désolé. Ces trois destins ont malgré tout quelque chose de commun qui les réuni : la solitude (qui entraine le silence). C’est un roman qui traite magnifiquement de la solitude et de la difficulté à sortir du silence. Et puis il y a les conséquences, souvent dévastatrices pour les personnages, de ces silences. Le tout admirablement décrit sous la plume de Jérémy Fel.

En réalité, il y a plusieurs solitudes. La première est géographique avec cet Etat du Kansas avec la petite ville d’Emporia où il ne se passe jamais grand-chose et où la jeunesse ne rêve que d’une chose : partir. Partir pour mieux revivre n’importe où ailleurs, à la poursuite de rêves plus ou moins inaccessibles. C’est dans ce contexte morbide que le lecteur suit les destins de Tommy, Hayley et Norma qui sont autant d’exemples de solitude.

La solitude des personnages est à la multiple et unique et c’est vraHelena_fel[1]iment le point central du roman. Chacun gère à sa façon cette solitude et les silences qui en découlent du mieux qu’il peut, avec les moyens du bord. Alors certes, des personnages qui souhaitent échappés au déterminisme ambiant dans un cadre isolé, on pourrait se rapprocher d’un cliché vu, revu et corrigé mais l’ambiance lourde et pesante qui se dessine au fil des pages parvient à faire oublier les quelques lieu-communs présents dans le roman ; je pense notamment à la panne de voiture qui oblige Hayley à rester sur le bord de la route. Un peu cliché mais la langue étant parfaitement maitrisée, cette panne devient autre chose qu’une simple panne de voiture.

Ce qui m’amène à évoquer la langue dans son ensemble. C’est le gros point fort de cette histoire selon moi. Tantôt crue et inquiétante, tantôt douce et lumineuse, cette maitrise de la langue sert des personnages énigmatiques et puissants que vous aimerez détester selon la situation. De plus, l’écriture est très fluide et cela facilite grandement la lecture de certains passages qui pourraient être difficile à lire parce que très crus, très bruts. C’est une écriture sans concessions mais également toute en nuances. Bref, une écriture qui vous fera passer par tous les états émotionnels, et pour ça : chapeau bas Monsieur Fel !

Conclusion

Helena fait incontestablement partie des livres qu’il faut lire absolument. La langue y est splendide et le style fluide ; les personnages pris dans des tourments qui paraissent insurmontables dans une atmosphère lourde et pesante comme un soir d’orage en plein été. 728 pages au compteur et autant de coups de poings et de nuances qui ne vous laisseront pas indifférents, que vous aimiez ou non l’ouvrage. Seul petit bémol me concernant : le traitement de certains personnages féminins qui n’est pas suffisamment approfondi et qui peut malheureusement donner une mauvaise ou une fausse image du personnage en question malgré de très fortes personnalités.

Une réussite signée Jérémy Fel, aux éditions Rivages poche.

Littérature

[Découverte] [Contemporain] Les cygnes de la Cinquième Avenue – Melanie Benjamin

Roman que j’ai acheté l’année dernière parce que la critique en faisait un livre intéressant, voire passionnant ; sans oublier la quatrième de couverture, savamment construite, qui laisse entrevoir le récit d’une amitié passionnée entre une icône de la mode, Babe Paley, et une icône du monde littéraire, Truman Capote.

Babe Paley est la plus en vue des « Cygnes de la Cinquième Avenue », ces femmes de la haute société new-yorkaise des années 1950. Son atout indéfinissable : son style. Elle incarne l’élégance, fait souvent la une de Vogue, mais ce que personne ne voit, c’est le sentiment de solitude qu’elle laisse dans son sillage, en dépit de sa fortune, de ses enfants, de son mari riche et puissant. Jusqu’au jour où Truman Capote surgit dans sa vie. Leur amitié est instantanée et fulgurante. Babe trouve chez l’écrivain prodige, aussi génial qu’extravagant, la passion qui manquait à son existence. Grâce à elle, Truman accède à cette élite qui le fascine tant. Et à ses secrets, ses rumeurs, ses scandales, y puisant son inspiration, au risque de trahir Babe.

Les cygnes de la Cinquième Avenue, Melanie Benjamin, Quatrième de couverture. Ed. Le livre de poche, 2018

Sensationnel selon Elle

Heureusement que je n’ai pas acheté ce livre sur ce seul critère parce que je n’ai rien trouvé dans ce roman qui justifie un tel qualificatif. Ni dans l’histoire, ni dans les personnages, ni dans le style l’auteur. Je suis peut-être passée à côté du propos mais pourtant je n’en ai pas l’impression puisque si je devais faire un autre résumé de l’ouvrage je dirais qu’il est question d’amitié certes profonde mais également profondément toxique entre deux personnes qui n’étaient pas censées se rencontrer. De plus, j’ai appris deux, trois choses sur une époque désormais révolue. Cependant, je ne crois pas que cela suffise pour recommandé un livre…couv67236070[1]

J’ai trouvé l’histoire intéressante, les personnages aussi. C’est vrai qu’il y a quelque chose de fascinant dans cette amitié presque morbide entre Truman et Babe mais à part cet élément central et moteur, force est de reconnaitre qu’il m’aura fallu 200 pages pour véritablement rentrer dans l’histoire et dévorer les 200 dernières… Pour un roman qui compte 470 pages (si l’on exclu la note de l’auteur), c’est quand même un sacré déséquilibre ! Remarquez, c’était peut-être cela le sensationnel dans l’histoire finalement ?… Ou peut-être que les romans qui traitent des apparences d’une manière ou d’une autre ne sont simplement pas fait pour moi.

Le style est plutôt simple et compréhensible tout en retranscrivant cette élégance des Cygnes dont parle Melanie Benjamin. Néanmoins, la structure m’a laissée perplexe plus d’une fois et c’est sûrement la raison pour laquelle je ne suis pas rentrée dans cette histoire pourtant non dénuée d’intérêt.

Conclusion

Ce n’est certainement pas un livre qui me laissera un souvenir impérissable. J’aurais aimé l’apprécier d’avantage, ne serait-ce que pour Barbara Paley, cette femme extrêmement tout mais surtout extrêmement fragile et seule derrière les apparences. Malheureusement, ça n’a pas été le cas. Je ne peux pas être totalement négative, je suis peut-être passée à côté de cette lecture-ci. A ce propos si vous l’avez lu, je serai curieuse de savoir ce que vous en avez pensé, ce que vous avez aimé ou non…

Littérature

[Contemporain] [Découverte] Le Livre perdu des sortilèges – Deborah Harkgness

Ne jamais faire de promesses inutiles que l’on pense tenir. Les deux promesses que je m’étais faite se résumaient à peu de choses près à cela : 1- Ne plus lire de séries littéraires, faute de place et parce que je trouve que c’est une contrainte en soi (les premiers tomes de la série étant généralement les meilleurs de la saga). 2- Ne plus rien lire qui fasse mention de vampires depuis le canon imposé par Stephenie Meyer et de ce fait, tous les buveurs de sang modernes se ressemblent tous plus ou moins, in fine.

Promesses non tenues. Quoique la première promesse plus vite à cause de Stephanie Garber et sa flamboyante série Caraval. La seconde promesse aura tenue un peu plus longtemps, avant que Deborah Harkness ne réduise tout à néant, sans me demander mon avis évidemment.

Je voudrais également rendre hommage au vendeur de chez Decitre qui a parfaitement su que j’allais engloutir ce pavé en moins de temps qu’il en faut pour le dire. Un conseil : ne mettez jamais en doute les conseils d’un vendeur qui vous a repérez et qui connait vos goûts en matière de littérature. Le sourire en coin d’un vendeur qui parle en connaissance de cause est redoutable : Oh… Lisez-le. On en reparle volontiers quand vous repasserez au magasin, si je travaille, le fameux sourire. Et le mal était fait.

Ceci dit, une fois acheté (en format poche) le livre ne m’a pas séduite immédiatement et est resté un petit http___4.bp.blogspot.com_-vNfGwKtFnBA_T3nN-VleJHI_AAAAAAAAAUE_fIJgg967KOs_s1600_le-livre-perdu-des-sortileges[1]moment de côté, le temps que je me décide que c’était le bon moment. Le bon est arrivé plus vite que prévu, lundi 3 juin 2019, en fin d’après-midi par curiosité et également un peu par défi ; pas à cause de ses 832 pages et 43 chapitres (j’ai lu bien d’autres pavés avant celui-ci, avec un enthousiasme différent à chaque fois). Pour le coup, je crois qu’il était plus question d’orgueil et d’amour propre avec un soupçon de curiosité : je voulais montrer au vendeur et à moi-même que ce n’était pas parce que j’avais lu la trilogie du Seigneur des Anneaux et les deux premiers tomes de Caraval en un temps record que j’allais forcément apprécier cette nouvelle saga littéraire. EPIC FAIL, GAME OVER. Moralité : Ne soyez jamais trop sûrs de vous.

Voilà pour le côté « anecdote » sur comment cet ouvrage est arrivé entre mes mains. Nous sommes le samedi 8 juin 2019, je viens de terminer ma lecture depuis quelques heures et à l’heure où j’écris ces lignes, la question que je me pose le plus concernant ce livre c’est : Qu’est-ce qui m’a tellement plu dans ce livre, pour que je n’ai que cela en tête depuis ces derniers jours ?…

Le Livre perdu des sortilèges, chronique d’un amour interdit

La réponse la plus spontanée et aussi la plus honnête est celle-ci : à peu près tout. C’est pourtant une histoire assez classique d’un amour interdit entre deux êtres que normalement tout oppose. Bref, un schéma vu, revu et corrigé depuis des siècles, depuis Roméo & Juliette… Et comme dans tout livre mettant en scène des créatures issues de la mythologie ou de l’univers fantastique, il y a des poncifs et quelques lieux communs dans celui-ci aussi, et je comprends parfaitement que cela agace et dégoute le lecteur. Après tout, les deux personnages principaux sont clairement stéréotypés puisque lui est grand, brun, taillé dans un corps d’Adonis et elle, est plutôt petite, blonde avec de grands yeux bleus et farouchement indépendante. De plus, le lecteur se doute assez rapidement de comment va évoluer la relation entre les deux ; c’est attendu sans vraiment l’être en même temps et clairement, c’est un des meilleurs livres traitant de fantastique que j’ai lu récemment, malgré tous les stéréotypes et toutes les caractéristiques que l’on retrouve d’un livre à l’autre.

Les lieux et les ambiances qui en découlent sont décrits à la perfection, les personnages sont extraordinaires, au sens premier du terme, et complexes avec une réelle profondeur psychologique qui dépasse le stade de : il/elle m’est interdit et du coup il/elle me fascine et je finis par en tomber amoureux/euse, même si ce schéma est bien présent attention ! J’ai dit qu’il y avait des poncifs dans ce livre.

Néanmoins malgré ces poncifs et autres stéréotypes qui caractérisent les personnages, ils évoluent dans un univers aussi simple que complexe : simple parce qu’on part de notre réalité et complexe parce qu’il y est question de créatures surnaturelles, d’alchimie, de légendes, le tout mêlé avec des recherches scientifiques bien réelles sur les origines de l’humanité et son évolution. Je crois justement que mon enthousiasme débordant concernant ce roman est dû à son intrigue époustouflante remplie de rebondissements, qui, bien qu’ils soient plutôt classiques, ne donnent pas l’impression d’être attendus. Il faut ajouter que cette complexité dans l’intrigue tient au fait que Deborah Harkness est professeur d’université en Californie du sud et que son domaine de recherches comprend l’histoire des sciences et de la magie en Europe du XVI au XVIII siècle, et le moins que l’on puisse dire c’est que cela imprègne véritablement son roman sans en faire une thèse académique universitaire. Mais ses recherches servent grandement son œuvre : tout y est calculé, réfléchi, logique même alors que l’alchimie et la magie sont au cœur de ce roman. Personnellement, j’appelle cela un coup de maitre.

L’autre aspect intéressant de ce roman fantastique est lié aux personnages eux-mêmes et aux différentes thématiques qu’ils permettent d’aborder et qui sont malheureusement encore d’actualité. Je trouve que c’est bien fait et cela permet de faire passer un message bien précis sous couvert d’une œuvre fantastique. Ainsi sont traités pêle-mêle l’homosexualité et le droit d’aimer la personne que l’on désire, la relation entre science et « spiritualité », le rejet de l’autre pour sa différence etc, etc…

Conclusion

Deborah Harkness signe un premier roman envoûtant que j’ai eu bien du mal à lâcher. C’est un savant mélange de réalisme et de fantastique ; assez étrangement, on en deviendrait presque convaincus que l’alchimie et la sorcellerie sont des sciences à part entières, grâce au travail titanesque de l’auteur sur le sujet. Les thématiques abordées participent aussi à la richesse de cette œuvre bien trop complexe pour être résumée sans tomber dans des clichés sans saveurs. Une chose est sûre : si vous aimez ce genre de littérature, allez-y les yeux bandés, vous ne regretterez pas le voyage. Je vous le garantis ! En ce qui me concerne, j’attends de commencer le Tome 2, L’école de la nuit, dans l’espoir que ma lecture soit au moins aussi enthousiasmante que celle du premier tome. Cependant, j’appréhende et j’attends Deborah Harkness au tournant…

Article rédigé le 09/06/2019 et la veille au brouillon.

Littérature

[Contemporain] [Découverte] Money Shot – Christa Faust

Tout au long de ma lecture, je me suis très souvent demandé si ce livre avait sa place sur mon blog, au point de retarder considérablement l’avancée de cette lecture. Cependant pas question de l’abandonner parce que je savais dans quoi je m’engageais rien qu’avec la couverture… La quatrième de couverture s’est juste chargée de confirmer et d’enfoncer le clou.

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Je m’appelle Gina Moretti, mais vous me connaissez probablement mieux sous le nom d’Angel Dare. Vous en faites pas, je n’en parlerai à personne. J’ai tourné mon premier film X à l’âge de vingt ans, même si à l’époque, j’avais menti devant la caméra et prétendu en avoir dix-huit. Mais contrairement à bon nombre de filles avec lesquelles j’ai bossé, j’ai été assez maligne pour raccrocher. Le problème, c’est qu’à l’instar d’un catcheur ou d’un voleur de bijoux, je me suis laissée tenter par un retour. Je n’avais aucune idée que j’allais finir coincée dans un coffre de bagnole.

Money Shot, Christa Faust, Quatrième de couverture. Editions Gallmeister. 2018

Et j’aurais dû avoir peur d’instinct, et reposer bien gentiment le livre en rayon et passer mon chemin. Au lieu de quoi une sorte de fascination s’est emparée de moi et les éditions Gallmeister m’ont eue encore une fois. Je ne regrette absolument pas mon choix mais cela va sans dire : ce n’est pas un roman à mettre entre toutes les mains.

Passé le sentiment de malaise lié au sujet du roman et au vocabulaire employé, superbement traduit par Christophe CUQ, il y a une sorte de fascination qui s’installe chez le lecteur ; croyez-moi vous mourrez d’envie de savoir comment et pourquoi Angel Dare s’est retrouvée ligotée dans un coffre de voiture… Alors bien sûr le livre évoque l’industrie des films X et ses dérives donc c’est forcément une lecture dérangeante, une lecture coup de poing. Le style y est cru et percutant et l’intrigue relativement simple au départ se complexifie lentement au fil des pages. Le tout est extrêmement bien construit et développé, preuve que Christa Faust maitrise son sujet sur le bout des doigts. En plus d’une intrigue complexe et palpitante, certains thèmes abordés valent le coup qu’on s’y attarde un moment.

Premièrement, l’auteur questionne le rapport au corps en fonction de l’âge, tout en gardant à l’esprit que cette perception est bien souvent déformée dans le porno un peu plus qu’ailleurs. C’est un aspect très intéressant du roman qui en profite pour tordre le cou à bon nombre d’idées reçues sur la question, en le faisant avec beaucoup d’humour et de dérision, parfois avec une pointe de cynisme. Cependant la moralité reste toujours la même : fais ce que tu veux de ton corps et ce, quel que soit ton âge.

Deuxièmement, Money Shot est un thriller féministe avec une héroïne forte, indépendante et qui décidément n’a pas froid aux yeux. Honnêtement avant de lire ce livre, je ne pensais pas qu’on pouvait associer Films X et Féminisme dans une même phrase mais visiblement, c’est tout à fait possible et j’en suis ravie. Cet aspect découle en réalité du point évoqué précédemment et là encore, le roman prend le temps de déconstruire quelques préjugés sur la gent féminine, du genre : une femme est fragile et a besoin d’un homme pour se défendre. Angel Dare prendra un malin plaisir à vous montrer que non ; et c’est ce qui fait que je me suis attachée à ce personnage. Pas nécessairement parce qu’elle était badass et qu’elle savait se servir d’un flingue correctement mais parce qu’elle avait des failles et des errances. Ce sont ces failles qui l’ont rendue plus forte, pas son habilité à manier une arme à feu. Conclusion : oui, une femme a le droit d’avoir peur et d’être terrorisée mais elle peut se débrouiller seule, sans le secours d’un homme. C’est très plaisant à lire même si le sujet est traité de façon absolument non-conventionnelle.

Conclusion

Nous sommes d’accord : se faire justice soi-même n’est absolument pas recommandé dans la vie réelle mais dans le cas de Money Shot, cela donne une vendetta explosive dans le cadre d’un thriller très sombre et haletant, mené tambour battant par une héroïne attachante et drôle. Bien entendu, je le répète : ce livre s’adresse à un public averti du fait de l’environnement dans lequel il se déroule, mais si vous n’avez pas froid aux yeux, que vous êtes curieux et que vous cherchez une lecture non-conventionnelle, Money Shot n’attend que vous ! Avec son style cru et percutant ainsi que son rythme effréné, ce livre ne vous laissera tout simplement pas indifférent.

En ce qui me concerne, c’est un sans faute de plus pour les éditions Gallmeister et je le recommande vivement !

 

Littérature

[Découverte] Moi, Peter Pan – Michael Roch

Pour commencer ce « joli mois de Mai », je vous emmène vers la deuxième étoile à droite puis tout droit jusqu’au matin. Michael Roch propose une réécriture du mythe de Peter Pan, personnage crée par James M. Barrie et héros de la pièce éponyme en 1911. Cette lecture m’a un peu déstabiliser bien qu’elle m’ait beaucoup plus ; je pense que cela tient du fait que l’ouvrage est classé dans la section Science-Fiction alors que mon ressenti se rapproche plus de l’ouvrage philosophique.

Moi, Peter Pan

J’ai acheté ce livre il y a peu, parce que le titre avait provoqué ma curiosité et puis aussi parce que je cherchais à lire de la SF. L’ouvrage était mis en avant dans la section dédiée à la SF et il est très court : 136 pages au compteur. En conclusion, je me suis dit que je ne prenais pas trop de risques à l’acheter étant donné qu’il serait vite lu. Cependant, je préfère vous mettre en garde : si vous l’achetez ou que vous voulez le lire pour de la SF, vous serez déçus. Je trouve qu’il n’y a pas grand-chose qui rappelle la SF si ce n’est que le Pays Imaginaire ressemble plus à un endroit apocalyptique qu’à un lieu qui respire la joie de vivre et le bonheur…

En revanche c’est un parfait petit traité de philosophie qui ne dit pas son nom, sur la peur de grandir et la peur d’oublier l’enfant que l’on est de façon intrinsèque. Toutes ces questions et le cheminement philosophique derrière m’ont beaucoup plu. Je dois dire que j’ai été agréablement surprise par le traitement des personnages que l’on connait pourtant par cœur ; c’est très novateur et rafraichissant et c’est une bonne chose puisque cela veut dire que la réécriture est réussie. De plus, il y a pleins de subtilités et de références à l’histoire originale, même si certains personnages ont une importance moindre et inversement.

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En bref, c’est un ouvrage très plaisant à lire et qui se lit en quelques heures seulement. Bien que le Pays Imaginaire soit devenu un endroit dystopique sous la plume de Michael Roch, j’ai du mal à y trouver mon compte de Science-Fiction et en fin de compte je ne l’ai pas lu en tant que tel mais comme un ouvrage de philosophie sur cette période charnière qu’est le passage de l’enfance à l’adolescence. Une bonne surprise à découvrir !