Bande-Dessinée/Comics, Littérature

[BD] [Découverte] Une année sans Cthulhu

Une petite découverte bien plaisante pour l’article du jour. Ce one-shot signé SMOLDEREN & CLERISSE prend place dans les années 80 et suit un groupe de jeunes adepte des jeux de rôles sur table et leurs aventures autour de leur jeu de rôles favori : L’Appel de Cthulhu. Chers amis geeks, cette bande-dessinée est toute indiquée pour un voyage dans le temps au pays des couleurs flashy, des premières bornes d’arcade et des premiers ordinateurs sans oublier l’émergence du jeu de rôles sur table sur fond d’un fait divers particulièrement glauque.

Couverture Une année sans Cthulhu

On ne résiste pas à l’appel de Cthulhu

Une année sans Cthulhu est typiquement le genre de BD que je n’aurais pas acheté de moi-même mais que je suis ravie d’avoir lu pour ensuite partager mon enthousiasme. De prime abord, j’étais septique parce que les jeux de rôles ne font pas vraiment de mon univers mais je ne considère pas cette partie de la culture Geek comme has been. Elle existe mais je n’ai jamais pris le temps de m’y intéresser avec attention. Et puis d’un autre côté, il y avait le problème Lovecraft : étant un clin d’œil plus qu’évident à l’œuvre de P. H. Lovecraft, j’avais peur que la BD soit remplie de référence à l’œuvre gigantesque et complexe de Lovecraft mais au final, si les références sont là, elles restent quand même accessibles au plus grand nombre, même si vous n’avez jamais lu Lovecraft.

J’ai beaucoup aimé l’ambiance de cette BD qui m’a rappelée Stephen King dans son déroulement ; au début, tout est normal et la vie suit son cours dans une petite bourgade de province puis survient un élément déclencheur d’apparence anodine et tout s’enchaine jusqu’à un retour à la normale. Nous suivons donc une bande d’ados – Henri, Samuel, Marie, Orianne, Mélusine et Dani dans leurs vies d’ados et leurs parties de jeux. Tout commence dans un cimetière et tout se complique lorsque Mélusine arrive en cours d’année…

Comme je vous le disais, il y a pleins de références et de clins d’œil, à Lovecraft bien sûr mais pas seulement. Par exemple, le nom de famille de Samuel est Le Fanu qui rappelle Sheridan Le Fanu, auteur de la nouvelle gothique Carmilla qui met en scène un des premiers vampires dans la littérature, Mélusine porte ce nom pour une raison bien précise et Arkham fait une petite apparition sous forme de clin d’œil… Bien entendu, j’en oublie, mais tout cela apporte à la BD une saveur particulière très agréable.

J’ai mis un peu de temps a entrer dans cet univers, bien qu’il m’ait plu. Peut-être à cause de la colorisation des dessins ou du lettrage de la BD… Les dessins en tant quel tels ne m’ont pas vraiment dérangée même si j’ai tendance à préférer les dessins un peu plus réalistes généralement. Le scénario tient la route et le lecteur se laisse embarquer dans ce voyage aux allures de quête initiatique par moment, mais après tout, l’adolescence est aussi un rite de passage. Petit bémol malgré tout : je ne suis pas certaine d’avoir tout compris vers la fin mais je ne regrette pas le voyage. Je vous le conseille même fortement, si la culture Geek vous intéresse. Vous ne serez pas déçus de ce voyage dans le temps !

Belles lectures à vous !

Littérature

[Contemporain] [Découverte] Avoue que t’en meurs d’envie – Kristen Roupenian

Histoire de me remettre de la désagréable expérience que fut American Psycho, j’ailiv-20444-avoue-que-t-en-meurs-d-envie[1] voulu enchainer sur un autre livre. Je ne savais pas trop quoi lire mais je savais qu’il me fallait un truc sans prise de tête, facile à lire et emprunt de légèreté. C’est là que le livre de Kristen Roupenian intervient en remplissant 2 critères de prime abord sur les trois recherchés – je me doutais que ce serait une lecture sans prise de tête et un livre facile à livre puisque le livre est en fait un recueil de nouvelles. Pour la légèreté, je ne savais pas trop à quoi m’attendre donc je me suis lancée quasiment tête baissée dans et ouvrage et résultat : en trois jours c’était plié.

 

Le coup de cœur n’est pas loin

Avoue que t’en meures d’envie est un livre que j’ai pas mal vu tourner sur la blogosphère avec de bonnes critiques voire même des critiques élogieuses sans être dithyrambiques non plus. C’est plutôt un bon point quand on veut éviter la déception. En ce qui me concerne, ce recueil de nouvelles est une bonne surprise et le coup de cœur n’est vraiment pas loin mais certaines nouvelles ne m’ont pas vraiment enthousiasmée. Sur les douze récits présents, quatre m’ont vraiment énormément plu, j’en aimé six et deux ne m’ont pas passionnée du tout mais je les ai lu malgré tout.

C’est assez bien écrit mais je dirais que Kristen Roupenian a une marge de progression importante à mon goût, et après tout il s’agit de sa première publication et puis bon, cela reste des nouvelles donc c’est forcément moins détaillé qu’un roman mais tout aussi intéressant à lire. Au niveau des thèmes abordés, ils sont intéressants mais si le bandeau de vente laisse penser qu’il s’agit d’une lecture subversive avec un ton transgressif ben… d’un point de vue franco-européen, je n’irai pas jusque-là mais les américains sont souvent choqués pour pas grand-chose donc le bandeau sur la couverture ne m’étonne pas vraiment mais il s’agit de mon ressenti. Le vôtre sera peut-être différent.

La majorité des nouvelles fait d’ailleurs écho à l’actualité plus ou moins récente, souvent de façon humoristique et c’est très plaisant de voir que la toxicité de certains débats est désamorcé par ce biais, notamment dans la nouvelle A pleine dents. Mais il faut reconnaitre que certains sujets sont mal amenés ou pas assez aboutis. C’est pour cette raison que j’ai bien aimé la plupart des textes mais sans plus.

Dans le détail, ça donne ça :

  •  Vilain : Bien aimé mais il n’y a pas vraiment de but à cette nouvelle, on ne voit pas vraiment où l’auteur veut en venir c’est un peu dommage.
  •  Fais gaffe à ce petit jeu, ma belle : Petit coup de cœur pour celle-ci, j’ai adoré l’atmosphère de malaise qui s’en dégage mais si la fin n’était pas vraiment celle que j’attendais.
  •  Les sardines : Belle réussite qui n’est pas sans rappeler Stephen King si vous aimez le genre fantastico-horreur. Un de mes coups de cœur dans cet ouvrage.
  • Course nocturne : Je m’attendais à mieux, trop courte et l’histoire ne m’a pas enthousiasmée.
  • Le Miroir, le seau et le vieux fémur : Enorme coup de cœur pour cette nouvelle dans le style d’un conte de fée. La toute fin est un peu en décalage avec le reste du conte mais sinon rien à redire, tout est bien amené et suit la logique du conte. A lire si vous adorez les contes.
  •  Un mec à chats : J’ai bien aimé mais je cherche encore en quoi cette nouvelle « a secoué l’Amérique », il n’y a rien de choquant ni de transgressif pas plus qu’il n’y a de chats d’ailleurs mais elle est sympa à lire quand même.
  •  Le garçon dans la piscine : Très sympa. On n’est pas très loin du coup de cœur. Je regrette seulement qu’une des thématiques ne soit pas abordée plus en détail.
  • Le Signe de la boîte d’allumettes : J’ai bien aimé. Les évènements sont bien amenés globalement mais la fin est un peu trop glauque à mon goût.
  •  Pulsion de mort : Sympa mais sans réel plus malheureusement.
  • Sacrifice : Coup de cœur pour celle-ci aussi. Elle ressemble un peu à un conte sans en être un et la thématique principale est sympa.
  •  Un mec sympa : Trop longue et sans intérêt.
  •  A pleine dents : Coup de cœur bien qu’elle soit un peu bancale dans son ouverture.

Conclusion

Pour une première publication, Kristen Roupenian ne s’en tire pas trop mal et signe un ouvrage plaisant facile à lire et qui se lit vite mais qui n’est malheureusement pas sans défauts. Certaines histoires sont bancales, parfois parce qu’il manque des éléments ou simplement la longueur est en cause, soit parce que c’est trop court ou bien au contraire trop long. Quant à savoir si c’est une auteur que je vais suivre dans le futur, je ne sais pas trop encore… Je suppose que cela dépendra d’un éventuel premier roman. En attendant, cette lecture a remplie toute mes attentes et m’a permis de découvrir une nouvelle tête dans le paysage des lettres américaines.

 

Littérature

Les abandonnés #2

Il m’en faut généralement beaucoup pour abandonner un livre en cours de route. Je vais globalement souvent au bout, même si l’histoire n’est pas passionnante ou pire si c’est mal écrit – bien que ce critère soit purement subjectif la plupart du temps. Le dernier livre que j’ai abandonné remonte à … Watership Down ? Je crois… je n’en suis même pas certaine. Les raisons qui me pousse à continuer de lire un livre que je n’aime que moyennement s’explique essentiellement par le fait qu’écrire un livre, c’est long et ça demande du temps et d’un certain côté, je me dis toujours que l’histoire va basculer à un moment et me passionner soudainement. Pour être honnête, cela arrive rarement et je crois que ça ne m’est encore jamais arrivé, à titre personnel.

Il y a également les livres que je ne lis vraisemblablement pas à la bonne période mais qui sont susceptibles de m’intéresser à nouveau, plus tard. Ceux- là retrouvent ma bibliothèque et attendent patiemment le moment venu (qui peut être très lointain). Enfin, il y a les livres qui provoquent chez moi une réaction physique négative : dans le meilleur des cas, l’ouvrage me tombe des mains littéralement ou, comme c’est le cas pour le roman qui nous occupe aujourd’hui, dans le pire des cas, j’ai un mouvent de rejet et une aversion pour le contenu de l’ouvrage. Laissez-moi donc vous présenter mon expérience de American Psycho de Bret Easton-Ellis…

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Ames sensibles, s’abstenir.

A vrai dire, je ne sais pas trop ce qui m’a poussé vers ce livre en particulier, en pleine période de confinement… Je cherche encore, vous voyez. Surtout que la quatrième de couverture prévient : dès les premières lignes de cette dernière, le lecteur est mis au parfum – il y est question de meurtres, de viols, de torture… bref, que des choses bien sympathiques avec lesquelles passer un confinement des plus joyeux !

Et bien que je ne doute pas des qualités d’écrivain de Bret Easton-Ellis, en plus du fait que son protagoniste soit complètement siphonné et démoniaque, je me suis fait chier pendant 178 pages avant de rejeter le livre loin de moi, juste avant d’assister au probable meurtre particulièrement sadique d’un sans abri.

C’est drôle parce que, en si peu de pages j’ai développé une véritable aversion pour Patrick Bateman, protagoniste du roman. Je pense que c’était l’effet recherché par Bret Easton-Ellis et le moins que l’on puisse dire, c’est que de ce point de vue c’est particulièrement réussi. Pourtant j’ai déjà lu des romans avec des anti-héros à la place du protagoniste principal : je pense notamment à Parfaite ou bien encore Helena qui sont tous les deux dérangeants voire oppressants mais, il n’atteignent pas le niveau d’horreur d’American Psycho.

Patrick Bateman est profondément antipathique et vous ne pouvez pas l’aimez (ou alors… vous avez un petit problème) ou tout du moins vous sentir proche de lui. Je pense que c’est un des facteurs qui m’a bloqué dans ma lecture (outre la description de la violence la plus gratuite possible dans le langage le plus cru possible). Personnellement, j’ai besoin de sentir une part d’humanité ou quelque chose qui me fasse dire : peut-être que moi aussi, si je me trouvais dans une situation aussi extrême j’en arriverais à ces extrémités… Mais pour American Psycho, pour le peu que j’en ai lu, je n’ai pas eu l’impression de réelles motivations ; tout m’a semblé être une succession d’actes gratuits d’une violence terrifiante. Sans oublier que Patrick B. se définit lui et ses collègues par les costumes (de marque) qu’il porte entre autres et que cela devient vite gonflant voire horripilant.

Conclusion

American Psycho ne m’aura rien apporté du tout ou seulement la certitude que je vais me débarrasser de ce livre qui profitera sans doute à une âme plus courageuse que moi. J’avais entendu beaucoup de bien de l’auteur mais après cette expérience un petit peu traumatisante en ce qui me concerne, je ne suis plus tout à fait sûre de vouloir lire autre chose de Bret Easton-Ellis, aussi grand son nom soit-il dans les lettres américaines.

American Psycho n’était clairement pas un livre pour moi. Heureusement qu’il y a tout un tas d’autres livres à lire !

Littérature

[Fantasy] Le Sorceleur, Tome 1 – Andrzej Sapkowski

Un livre commencé presque dans la foulée du visionnage de la série The Witcher de Netflix pour pouvoir comparer les deux supports. C’est un livre que j’ai fait un peu trainer je l’admet – non pas qu’il soit horrible à lire mais je pense que j’ai fait l’erreur de le lire trop rapproché par rapport à la série d’une part, et peut-être aussi qu’il ne correspondait pas à ce que j’avais envie de lire à ce moment-là ; et d’autre part, je n’avais pas tellement envie de lire ces derniers temps. Bref, petit retour sur ma visite plus approfondie du Continent.

Une lecture agréable mais surprenante

J’ai été surprise par la structure de ce premier Tome en fait. Il s’agit en fait d’une succession de nouvelles qui n’ont pas de vraiment de lien chronologique entre elles. Cependant, il y a quand même une sorte de chronologie avec les chapitres intitulés « La voix de la raison » intercalés entre chaque aventure de Geralt de Riv mais le produit final est assez étrange dans sa construction. Cela ne m’a pas tellement gênée à la lecture.

C’est plutôt bien écrit avec un contenu philosophique assez riche – aspect que l’on retrouve dans une bien moindre mesure dans la série, ce qui n’est pas très étonnant (malheureusement). Si vous aimez les contes de fées, les univers de fantasy et les réécritures, il y a de grandes chances pour que l’univers du Sorceleur vous plaise ; en ce qui me concerne, les trois nouvelles que j’ai préféré dans ce premier tome sont : Un grain de vérité (ex aequo avec Un moindre mal), Le Dernier vœux et Le Bout du monde.

Les deux premières nouvelles sont en réalité des réécritures de contes bien connus. Un grain de vérité reprend les grands axes de la Belle et la Bête, en étant bien plus sombre que l’original pour mon plus grand plaisir. De son côté Un Moindre mal est beaucoup plus transparent puisqu’il s’agit en fait du conte de Blanche-Neige et les sept nains, à la sauce Sorceleur – plus sombre donc. Pour ce qui est du Dernier Vœux, c’est peut-être la nouvelle la plus importante de l’ouvrage puisqu’elle établit la relation entre Geralt et Yennefer de Vengerberg sur fond de capture d’un Djinn, un génie maléfique convoité pour ses pouvoirs et sa force incommensurable. Enfin, Le Bout du monde est, pour moi, une petite pépite d’humour et de répartie avec des considérations un peu plus philosophique sur la place de chaque espèces qui peuplent le Continent et son déclin inévitable, avec toutes les problématiques de tolérance et d’acceptation qui y sont liées bien entendu.

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Entre la série et les livres, mon cœur balance…

Néanmoins, je vais quand même m’efforcer de choisir entre les deux. Et bien que mon choix ne fut pas évident à faire, je vais malgré tout porter ma préférence sur les livres pour plusieurs raisons. Premièrement et comme toujours, le livre est bien plus détaillé que la série et à la limite, la série fournit une adaptation correcte des thèmes abordés dans les nouvelles dont elles s’est inspirées donc le reproche peut vite être balayé. Par contre, là où la série s’est complètement plantée et j’en suis désolée, c’est sur les personnages à l’exception de Jaskier, qui pour le coup est bien meilleur dans la série que dans le livre pour le moment (je n’ai lu qu’un livre pour le moment).

Evidemment, je ne parle pas de l’aspect physique des personnages parce que personnellement, cela ne me dérange pas tant que ça. Non, ce qui m’a plus fait tiquer pour le coup, c’est le décalage au niveau de la personnalité des personnages. Certes, Geralt est un personnage sombre et torturé mais il est aussi capable de répartie – c’est un personnage avec beaucoup d’humour lorsque la situation s’y prête et je regrette que cet aspect n’est pas été développé davantage dans la Saison 1. Mais, mais… Henry Cavill est un excellent Witcher quand même.

La palme du personnage raté dans la série revient à Yennerfer de Vengerberg. Déjà, il faut savoir que j’avais du mal avec le jeu de l’actrice avant même d’avoir lu l’ouvrage mais maintenant que c’est chose faite, je peux confirmer : Anya Chalotra qui joue donc Yennerfer est une mauvaise actrice. Le côté manipulateur, presque malfaisant du personnage a été gommé dans la série et l’aspect imbu d’elle-même de Yen n’est pas particulièrement bien joué par l’actrice et c’est dommage quand on sait la place qu’elle occupe dans la série. Mais j’aime beaucoup la série !

Conclusion

Pour en revenir à ce premier tome, j’ai beaucoup aimé de voyage en terre fantastique. J’ai passé un bon moment sur le Continent en compagnie de Geralt et Jaskier et j’y retournerai bien volontiers à la faveur des tomes suivants. Cela dit, je ne suis pas certaine de consacrer d’autres articles sur les prochains tomes de la saga. Comme pour la série, il ne s’agit pas d’un coup de cœur même si le dépaysement est garanti et l’action au rendez-vous.

Voilà, vous savez tout ! A très vite et bonne lecture.

Littérature

[Découverte] Les Enchantements d’Ambremer – Pierre Pevel

En ce moment je navigue d’un univers Fantasy à l’autre et ce n’est pas pour me déplaire. Il y a environ deux semaines, j’ai commencé Les Enchantements d’Ambremer de Pierre Pevel, acheté complètement par hasard en même temps que Résolution de Li-Cam. Ce livre fait partie d’une trilogie intitulée « Le Paris des Merveilles » et mêle intelligemment créatures fantastiques et le Paris du début du siècle dernier. Il ne m’en fallait pas bien plus pour me convaincre de plonger dans cet univers unique.

Le Paris merveilleux de Pierre Pevel

Grâce à cette lecture, j’ai découvert un univers insoupçonné et résolument « Steampunk » qui est une sous catégorie de la science-fiction. J’ai d’ailleurs été un peu surprise de trouver cet ouvrage classé en SF car pour moi, il s’apparente plus à de la Fantasy pure, que je considère davantage comme un genre littéraire à part entière et non pas comme une branche de la SF mais c’est un autre débat.

Pour en revenir au livre et à l’histoire donc, Les Enchantements d’Ambremer présente Louis Denizart Hyppolyte Griffon un mage dont l’existence parisienne paisible se voit quelque peu contrariée lorsqu’on lui demande d’enquêter sur une anodine affaire de tricherie dans une salle de jeux. Le mage accepte mais il se rend vite compte que cette banale affaire de tricherie dissimule en fait une réalité bien plus sombre et dangereuse. Au cours de son enquête, il sera amené à croiser la route de la belle et mystérieuse Isabel de Saint-Gil « une fée renégate que le mage ne connait que trop bien… »

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Le roman se lit très vite pour peu que l’on affectionne le genre. De plus, l’enquête policière si l’on peut dire, est un vrai plus selon moi. Cela change un peu et c’est un élément de surprise agréable mais ce n’est tout de même pas un roman policier. Il y a dans l’écriture et dans l’inspiration beaucoup de Maurice Leblanc et son célèbre Arsène Lupin ou encore Gaston Leroux et son non moins célèbre Rouletabille. Le narrateur des Enchantements est donc une sorte de chroniqueur qui apostrophe parfois le lecteur au gré des situations et le résultat est souvent assez comique.

Cependant certaines situations font penser à des Deus ex-machina et non pas que cela soit dommage (nous sommes dans un monde merveilleux après tout), j’ai quand même trouvé que cela cassait un peu le rythme du roman et lui donnait un petit côté simpliste par moment… Mais bon, on ne peut pas tout avoir tout le temps non plus.

L’intrigue suffisamment est bien ficelée pour être agréable et les personnages principaux sont également bien construits, avec suffisamment de profondeur pour les rendre intéressants – surtout dans la relation qui les unie. Enfin, Pierre Pevel a fait son maximum pour que les descriptions des lieux notamment soient le plus fidèles possibles en tenant compte de l’époque où se déroule l’histoire, c’est-à-dire 1910.

Conclusion

Cette découverte fut une bonne surprise et ma lecture fut agréable. J’ai trouvé Louis et Isabel charmants pour ne pas dire exquis dans la relation qu’ils entretiennent. Le Paris des Merveilles dans lequel les protagonistes évoluent est en effet bien enchanteur et évoque bien souvent un rêve éveillé. Mais comme bien des choses trop policées, ce monde entretient sa part d’ombre à l’abri des regards indiscrets… Dans la lignée des aventures d’Arsène Lupin ou de Rouletabille, c’est une lecture agréable remplie d’une atmosphère mystèrieuse parfois un peu tirée par les cheveux qui prête à sourire.

Pour tout vous dire, je suis indécise quant au tome 2 de cette trilogie. D’un côté, j’ai très envie de savoir ce qu’il se passe dans ce nouveau tome parce que suivre les aventures de Louis et Isabel m’est agréable mais d’un autre côté… Je me dis que ce n’est pas une trilogie qui mérite un achat, mais plus un emprunt. Affaire à suivre du côté de la bibliothèque donc.

Belles lectures à vous !

Littérature

[SF] [Découverte] Résolution – Li-Cam

Ce tout petit livre d’un récit fictionnel de 140 pages est un OLNI, comprenez Objet Littéraire Non Identifié ; il est indéfinissable et c’est véritablement le livre le plus étrange que j’ai lu depuis la création du blog. Je ne suis pas certaine d’avoir compris tout les tenants et les aboutissants tant ma lecture fut ardue tout en étant très intéressante malgré tout. Résolution ne m’a passionné autant que je l’aurais espéré mais je n’ai pas détesté non plus. Retour sur une lecture déstabilisante et chronique d’un match nul entre un gros point fort et un gros point faible.

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 La déroutante résolution

Je crois qu’en fin de compte c’est ce qui résume le mieux cet ouvrage. Déroutant, déstabilisant, intéressant et plutôt poétique également. Cependant le mélange de tout cela donne un résultat plutôt négatif en ce qui me concerne. La lecture fut compliquée – si compliquée parfois que les mots écrits sur les pages perdaient leurs sens. Pourtant ce tout petit livre de science-fiction ne manquait pas d’intérêt à mes yeux. Pas très épais, il semblait aborder et mêler des thématiques intéressantes : Intelligences Artificielles, Humanité, relations aux nouvelles technologies, sans oublier la thématique du handicap le tout dans un cadre utopique. Classé comme un roman d’anticipation, je me suis laissée tenter assez facilement : je cherchais un livre d’anticipation et je suis tombée dessus.

Ce récit c’est donc celui de Wen, une jeune femme dont les capacités intellectuelles lui permettent d’analyser le monde et les individus à la façon d’un ordinateur sans être dans une conception binaire pour autant. Par la suite, le lecteur apprend que c’est en fait une forme d’autisme et cette particularité lui permet d’imaginer toutes sortes de mondes intérieurs et d’avoir une réflexion plus poussée sur les interactions entre les individus ; sujets qu’elle aborde sur son blog : Le monde selon Wen (difficile de ne pas y voir un clin d’œil au Monde selon Garp). Arrive l’effondrement du monde et des sociétés actuelles ; c’est alors qu’un groupe de chercheurs décide de mener une expérimentation sur l’île de Saint-Pierre et Miquelon basée sur les travaux de Wen. Une poignée d’hommes et de femmes se retrouvent à vivre en communauté selon les règles édictées par la jeune femme sur son blog. Et pour veiller sur cette communauté d’un genre nouveau, il y a SUN, l’IA sorte de double immatériel de Wen.

Point fort : les thématiques

C’est un livre actuel, on ne peut plus contemporain. Il revient en détail sur la théorie de l’effondrement dont on entend parfois parler dans les médias et sur Internet. Certes, ce n’est pas très réjouissant, je vous l’accorde, mais cela permet d’aborder des sujets complexes mais très intéressants. On se rend aussi vite compte qu’ils sont liés entre eux. Il y a notamment de très belles pages sur le dérèglement du monde et de la perte de la notion de réalité qui va de paire avec la vérité avec les tristement célèbres fake news et autres vérités alternatives. C’est très éclairant, carrément angoissant et déroutant par moment – ce qui ne rend pas la lecture aisée. D’ailleurs, c’est un récit sombre et peu optimiste bien qu’il se termine sur une note plutôt gaie.

Ce qui m’a le plus marqué en plus de cette analyse plus que pertinente sur la relation qu’on peut avoir avec la vérité, c’est la réflexion qui traverse tout le texte entre la relation de dépendance que l’on a vis-à-vis des nouvelles technologies (plus précisément Internet) et de la haine la plus pure qui peut en découler – via les réseaux sociaux notamment – et l’escalade de violence physique que cela entraine dans la vraie vie. Bien entendu, on sait que des situations comme celles décrites sur ces pages peuvent arriver mais voir et lire le tout condensé en 140 pages, c’est simplement vertigineux et c’est tellement dommage qu’il soit si dur à lire, ce livre…

Sur une note plus positive, on peut noter l’omniprésence de l’imaginaire, principal moteur pour sauver l’Humanité qui fonce dans le mur et court à sa perte. Là encore, de très belles pages sur l’importance de l’Art sous toute ses formes, l’importance quasi vitale du théâtre comme vecteur pour retrouver la communication rompue à cause d’une trop grande utilisation des réseaux sociaux et ainsi entrer en communion avec un groupe et retrouver une appartenance. A ce propos, ce sont la danse, le chant et le théâtre qui sauvent cette communauté atypique qui vit en marge du reste du monde. A n’en pas douter, la partie la plus réjouissante à lire.

Point faible : la structure du récit

Ou plutôt l’absence de structure dans le récit. Je ne dis pas qu’il faut une structure bien définie mais cela participe à faciliter la lecture et cela manque cruellement ici. Le récit s’organise comme un enchevêtrement des pensées de Wen, avec sa vie présente sur l’île au sein de la communauté, sa vie sur le continent avant l’effondrement, des souvenirs de son enfance chaotique, des passages de son blog qui ont aidé pour la création de cette communauté sans oublier quelques compte-rendu des conversations des habitants avec SUN, l’Intelligence Artificielle qui fait office de psy, de confessionnal… et dont on ne sait pas ce qu’ils viennent faire là… Je n’ai pas trouvé que cela apportait véritablement quelque chose au récit, à part encombrer un texte déjà très emmêlé et très brouillon.

Je pense que l’auteur à fait cela pour que le lecteur se mette à la place de Wen et ait un accès direct à sa particularité qu’est son autisme. C’est un parti pris et c’est une bonne idée d’avoir voulu faire ça mais le texte devient tellement enchevêtré qu’il devient presque impossible à lire – les mots perdent leurs sens. Du coup, il m’est arrivé de reposer le livre complètement dépitée parce que j’arrivais à peine à me souvenir de ce que je venais de lire à l’instant. Très honnêtement, je ne sais pas ce qui m’a fait tenir cette lecture jusqu’à la fin ; la perspective de l’article y est sûrement pour quelque chose… Quoiqu’il en soit, Résolution n’est pas un livre dont je garderai un bon souvenir.

Conclusion

Grosso modo, ce fut une lecture chiante non dénuée d’intérêt de par les thèmes que le livre aborde. A ne surtout pas lire si l’état du monde vous angoisse vraiment beaucoup ; c’est une semi déception : j’ai le sentiment d’avoir perdu mon temps dans cette lecture que j’ai laissée volontairement trainer en longueur tout en ayant une autre vision des choses sur certains sujets passionnants.

Littérature

[Contemporain] Graine de sorcière – Margaret Atwood

Graine de sorcière, c’est la rencontre d’une grande dame des lettres canadiennes et un grand homme des lettres anglaises (si ce n’est le plus grand de son genre et de son époque). En effet, avec ce roman Margaret Atwood s’attaque à William Shakespeare lui-même en réécrivant une de ses pièces les plus célèbres, je veux bien sûr parler de La Tempête. Ce n’est pas un livre très long, il se lit très vite et j’ai adoré.

La magie de Margaret Atwood

Réécrire Shakespeare n’est pas donné à tout le monde ; l’art de la réécriture est complexe et compliqué. Il faut suivre la trame de l’œuvre tout en y incorporant son style et des éléments novateurs en veillant à ce qu’ils soient cohérents avec la trame de fond. Coordonner tous ces éléments ce n’est pas évident, et même s’ils y sont de manière rigoureuse, il arrive parfois que la réécriture ne fonctionne pas et qu’elle soit ratée. Ce n’est pas le cas ici. J’ai trouvé cette réécriture brillamment moderne, lumineuse et pleine d’espoir. Alors que pourtant, une des thématiques principale de ce roman c’est justement la vengeance et il n’y a rien de brillant ou de lumineux dans une telle entreprise… Mais c’est sûrement ça, la magie de Margaret Atwood : apporter de la lumière là où on pense de prime abord qu’il n’y en a pas.

« Injustement licencié de son poste de directeur du festival de Makeshiweg, au Canada, alors qu’il mettait en scène La Tempête de Shakespeare, Félix décide de disparaitre. Il change de nom et s’installe dans une maisonnette au cœur de la forêt pour y panser ses blessures, pleurer sa fille disparue. Et préparer sa vengeance.

Douze années passent et une chance de renaitre se présente à Félix lorsqu’on lui propose de donner des cours de théâtre dans une prison. Là, enfin, il pourra monter La Tempête avec sa troupe de détenus, et tendre un piège aux traitres qui l’ont détruit. Mais la chute de ses ennemis suffira-t-elle pour qu’il s’élève à nouveau ?

Le nouveau roman de Margaret Atwood, la grande dame des lettres canadiennes au succès phénoménal, est un hommage à Shakespeare à travers une prose sublime, déchirante et drôle à la fois »

Graine de sorcière, Margaret Atwood. Quatrième de couverture, éd. Robert Laffont/coll. Pavillons. avril 2019

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Les thématiques

C’est un livre extrêmement puissant et fort de part les thèmes et les sujets abordés. Ces thèmes sont d’ailleurs les mêmes dans la Tempête mais remis au goût du jour et modernisés, pour ne pas dire carrément dépoussiérés. Selon moi, c’est la grande force de cette histoire : les thématiques demeurent universelles et chacun peut s’y retrouver.

Comme annoncé dans la quatrième de couverture, on retrouve bien sûr la thématique de la vengeance (thème central de la pièce de théâtre) mais au fil de la lecture, on en découvre d’autres, toutes aussi importantes et universelles et qui changent radicalement le regard sur la pièce et les personnages de cette dernière. Ainsi Graine de sorcière aborde avec délicatesse la perte d’un être cher et le deuil plus ou moins long qui s’en suit, la folie qui peut survenir à la suite d’un choc ou d’un isolement prolongé ; la passion et l’utilité du théâtre (notamment dans les milieux dits « difficiles »), l’amour bien sûr et enfin le pardon et la quête de rédemption.

Tous ces thèmes ont toujours inspirés et William Shakespeare les a lui-même traités dans ses pièces les plus célèbres, qu’il s’agissent des tragédies ou des pièces historiques. Je pense que c’est d’ailleurs pour cette raison que cette réécriture fonctionne si bien : Margaret Atwood a repris exactement les mêmes thèmes sauf qu’au lieu d’en faire une copie, elle en approfondit certains plus que d’autres et de fait, elle livre sa propre version de La Tempête et devient donc metteuse en scène à son tour, comme Shakespeare avant elle.

Néanmoins l’auteur de la Servante Ecarlate n’en oublie pas un de ses thèmes de prédilection qu’est le féminisme en rapport à la domination masculine, consciente ou non. Ce n’est à mon avis pas si anodin si cette histoire se déroule dans un pénitencier et où les seules figures féminines se trouvent être des femmes avec des postes à responsabilités et/ou intouchables aussi bien au sens propre qu’au sens figuré. Je me doute que ce n’est pas très clair et que ça ne vous évoque sans doute pas grand-chose mais si vous lisez ce livre, je pense que vous comprendrez où je veux en venir mais je ne vous en dis pas plus, au risque de vous dévoiler partiellement l’intrigue.

Conclusion

Coup de cœur inattendu pour cette réécriture dont je n’attendais rien en particulier. C’est un roman qui m’a donné envie de replonger dans l’univers Shakespearien, que ce soit en relisant certaines œuvres directement, en visionnant à nouveau des films que j’avais beaucoup à l’époque, comme Shakespeare in Love ou encore Anonymous ; je ne mets pas le film Romeo + Juliet de Baz Luhrmann (je l’ai revu il n’y a pas si longtemps) ; ou bien lire d’autres réécritures d’autres pièces de Shakespeare afin de pouvoir comparer, pourquoi pas… bref, si vous avez des pistes, n’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires et en attendant, je vous souhaite une agréable (re)découverte de La Tempête de William Shakespeare !

Littérature

[Découverte] [Contemporain] Helena – Jérémy Fel

Gros coup de cœur de l’année 2019 pour cette lecture aussi déroutante que fascinante. Helena fait partie des romans que je ne peux que conseiller malgré son atmosphère dérangeante. Ne vous fiez pas à la connotation péjorative du « page-turner » ; ce livre en est un effectivement mais les arguments pour redonner ses lettres de noblesse à cette catégorie souvent mal-aimée sont bien là. Je vous emmène donc sur les traces d’Helena, faire l’autopsie d’un thriller très réussi !

 

The Sound of Silence

Helena ce sont les histoires mêlées de Tommy, Haley et Norma faites de rêves et d’espoir au milieu d’un Kansas isolé et désolé. Ces trois destins ont malgré tout quelque chose de commun qui les réuni : la solitude (qui entraine le silence). C’est un roman qui traite magnifiquement de la solitude et de la difficulté à sortir du silence. Et puis il y a les conséquences, souvent dévastatrices pour les personnages, de ces silences. Le tout admirablement décrit sous la plume de Jérémy Fel.

En réalité, il y a plusieurs solitudes. La première est géographique avec cet Etat du Kansas avec la petite ville d’Emporia où il ne se passe jamais grand-chose et où la jeunesse ne rêve que d’une chose : partir. Partir pour mieux revivre n’importe où ailleurs, à la poursuite de rêves plus ou moins inaccessibles. C’est dans ce contexte morbide que le lecteur suit les destins de Tommy, Hayley et Norma qui sont autant d’exemples de solitude.

La solitude des personnages est à la multiple et unique et c’est vraHelena_fel[1]iment le point central du roman. Chacun gère à sa façon cette solitude et les silences qui en découlent du mieux qu’il peut, avec les moyens du bord. Alors certes, des personnages qui souhaitent échappés au déterminisme ambiant dans un cadre isolé, on pourrait se rapprocher d’un cliché vu, revu et corrigé mais l’ambiance lourde et pesante qui se dessine au fil des pages parvient à faire oublier les quelques lieu-communs présents dans le roman ; je pense notamment à la panne de voiture qui oblige Hayley à rester sur le bord de la route. Un peu cliché mais la langue étant parfaitement maitrisée, cette panne devient autre chose qu’une simple panne de voiture.

Ce qui m’amène à évoquer la langue dans son ensemble. C’est le gros point fort de cette histoire selon moi. Tantôt crue et inquiétante, tantôt douce et lumineuse, cette maitrise de la langue sert des personnages énigmatiques et puissants que vous aimerez détester selon la situation. De plus, l’écriture est très fluide et cela facilite grandement la lecture de certains passages qui pourraient être difficile à lire parce que très crus, très bruts. C’est une écriture sans concessions mais également toute en nuances. Bref, une écriture qui vous fera passer par tous les états émotionnels, et pour ça : chapeau bas Monsieur Fel !

Conclusion

Helena fait incontestablement partie des livres qu’il faut lire absolument. La langue y est splendide et le style fluide ; les personnages pris dans des tourments qui paraissent insurmontables dans une atmosphère lourde et pesante comme un soir d’orage en plein été. 728 pages au compteur et autant de coups de poings et de nuances qui ne vous laisseront pas indifférents, que vous aimiez ou non l’ouvrage. Seul petit bémol me concernant : le traitement de certains personnages féminins qui n’est pas suffisamment approfondi et qui peut malheureusement donner une mauvaise ou une fausse image du personnage en question malgré de très fortes personnalités.

Une réussite signée Jérémy Fel, aux éditions Rivages poche.

Littérature

[Découverte] [Contemporain] Les cygnes de la Cinquième Avenue – Melanie Benjamin

Roman que j’ai acheté l’année dernière parce que la critique en faisait un livre intéressant, voire passionnant ; sans oublier la quatrième de couverture, savamment construite, qui laisse entrevoir le récit d’une amitié passionnée entre une icône de la mode, Babe Paley, et une icône du monde littéraire, Truman Capote.

Babe Paley est la plus en vue des « Cygnes de la Cinquième Avenue », ces femmes de la haute société new-yorkaise des années 1950. Son atout indéfinissable : son style. Elle incarne l’élégance, fait souvent la une de Vogue, mais ce que personne ne voit, c’est le sentiment de solitude qu’elle laisse dans son sillage, en dépit de sa fortune, de ses enfants, de son mari riche et puissant. Jusqu’au jour où Truman Capote surgit dans sa vie. Leur amitié est instantanée et fulgurante. Babe trouve chez l’écrivain prodige, aussi génial qu’extravagant, la passion qui manquait à son existence. Grâce à elle, Truman accède à cette élite qui le fascine tant. Et à ses secrets, ses rumeurs, ses scandales, y puisant son inspiration, au risque de trahir Babe.

Les cygnes de la Cinquième Avenue, Melanie Benjamin, Quatrième de couverture. Ed. Le livre de poche, 2018

Sensationnel selon Elle

Heureusement que je n’ai pas acheté ce livre sur ce seul critère parce que je n’ai rien trouvé dans ce roman qui justifie un tel qualificatif. Ni dans l’histoire, ni dans les personnages, ni dans le style l’auteur. Je suis peut-être passée à côté du propos mais pourtant je n’en ai pas l’impression puisque si je devais faire un autre résumé de l’ouvrage je dirais qu’il est question d’amitié certes profonde mais également profondément toxique entre deux personnes qui n’étaient pas censées se rencontrer. De plus, j’ai appris deux, trois choses sur une époque désormais révolue. Cependant, je ne crois pas que cela suffise pour recommandé un livre…couv67236070[1]

J’ai trouvé l’histoire intéressante, les personnages aussi. C’est vrai qu’il y a quelque chose de fascinant dans cette amitié presque morbide entre Truman et Babe mais à part cet élément central et moteur, force est de reconnaitre qu’il m’aura fallu 200 pages pour véritablement rentrer dans l’histoire et dévorer les 200 dernières… Pour un roman qui compte 470 pages (si l’on exclu la note de l’auteur), c’est quand même un sacré déséquilibre ! Remarquez, c’était peut-être cela le sensationnel dans l’histoire finalement ?… Ou peut-être que les romans qui traitent des apparences d’une manière ou d’une autre ne sont simplement pas fait pour moi.

Le style est plutôt simple et compréhensible tout en retranscrivant cette élégance des Cygnes dont parle Melanie Benjamin. Néanmoins, la structure m’a laissée perplexe plus d’une fois et c’est sûrement la raison pour laquelle je ne suis pas rentrée dans cette histoire pourtant non dénuée d’intérêt.

Conclusion

Ce n’est certainement pas un livre qui me laissera un souvenir impérissable. J’aurais aimé l’apprécier d’avantage, ne serait-ce que pour Barbara Paley, cette femme extrêmement tout mais surtout extrêmement fragile et seule derrière les apparences. Malheureusement, ça n’a pas été le cas. Je ne peux pas être totalement négative, je suis peut-être passée à côté de cette lecture-ci. A ce propos si vous l’avez lu, je serai curieuse de savoir ce que vous en avez pensé, ce que vous avez aimé ou non…

Littérature

[V.O] [Contemporain] Brooklyn – Colm Tóibín

Nous sommes au début des années cinquante, et c’est l’histoire d’Eilis Lacey, jeune fille irlandaise qui vit dans une petite maison avec sa mère et sa sœur ainée, Rose. La perspective d’un avenir heureux en Irlande pour Eilis est faible voire inexistant. C’est pourquoi, lorsque l’occasion se présente, Rose arrange pour sa sœur un allé simple pour New-York et c’est ainsi que la pauvre Eilis se retrouve bien malgré elle à faire un voyage qu’elle n’a pas choisi, pour le meilleur et pour le pire…

brooklyn[1]

Ce livre c’est en fait un peu de meilleur pour beaucoup de pire. Pour vous la faire courte une déception totale et complète, pratiquement du début à la fin. Heureusement que le livre ne comptait que 250 pages et qu’il était en version originale, sinon je l’aurais abandonné sans le moindre scrupule… mais comme je voulais absolument relire quelque chose en V.O, ça m’a permis de tenir le cap et de me rendre compte que cet auteur n’était pas du tout pour moi. Un style très descriptif avec trop de tournures de phrase en indirect libre, très peu pour moi en français mais alors en anglais c’est vite devenu un calvaire pour moi alors que j’ai un assez bon rythme de lecture, habituellement, même en anglais. Donc j’ai laissé Brooklyn trainé en longueur, malgré ses 250 pages…

Il faut dire qu’il ne s’y passe pas grand-chose et aussi que je m’attendais probablement à autre chose, ayant déjà lu quelques récits traitant du même sujet auparavant. J’ai trouvé l’atmosphère du livre globalement déprimante mais paradoxalement très irlandaise aussi. Une sorte de joie dans le désespoir, comme c’est souvent le cas dans la littérature irlandaise. C’aurait pu être une bonne chose, d’autant que le sujet de l’immigration s’y prête bien mais malheureusement le style de l’auteur m’a sorti du roman et je n’ai pas pu me remettre complètement dedans, malgré une troisième partie absolument réussie.

Conclusion

Brooklyn de Colm Tóibín n’est pas sans rappeler des auteurs tels que Frank McCourt ou encore Edna O’Brien, dont le Country Girls m’a donné bien des sueurs froides lors de mes deux premières années de Licence, et s’il est certain que l’on retrouve cette atmosphère si particulière des auteurs irlandais en général, on ne peut pas dire que je me sois passionnée pour cette traversée outre-Atlantique. Pour moi, ce livre n’a eu aucun intérêt et je suis même impatiente de commencer autre chose pour oublier ce désastre, alors que j’avais sélectionné ce livre pour sa longueur, son sujet et aussi à cause de l’adaptation cinématographique qui en a été faite, avec Saoirse Ronan dans le rôle titre. Autant vous dire que je ne suis pas du tout certaine de visionner le film tant cette lecture s’est apparentée au calvaire pour moi…