Littérature

[Contemporain] Du côté du bonheur

Retrouvez les autres critiques des livres d’Anna McPartlin ici et .

Que vous dire sue ce troisième roman ? Eh bien… J’aurais beaucoup aimé aimer ce livre, ne serait-ce que pour les personnages et les thèmes abordés. Seulement, voilà : la mayonnaise n’a pas pris bien que je vienne de terminer ma lecture. Ce fut laborieux et je vous explique pourquoi.

Du côté du Bonheur ou du côté de l’ennui ?

Oui, j’ai décidé ne pas y aller par quatre chemin : je me suis ennuyée et pourtant tous les éléments étaient réunis pour faire de ce livre une très bonne lecture avec une très bonne critique mais je me suis ennuyée ferme. A tel point que j’ai fait quelque chose que je ne fais jamais : j’ai sauté un chapitre entier ! Normalement, lorsque vous en arrivez à ce stade au temps abandonner votre lecture et passer à autre chose. Ce que j’aurais dû faire mais j’avais une idée derrière la tête : je voulais voir si sauter un chapitre entier m’empêchait de comprendre le reste de l’histoire. Résultat : le reste est parfaitement compréhensible.

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Et c’est précisément ce qui me pousse à dire que ce roman est trop long pour l’histoire qu’il comporte. Quel gâchis ! Ce sentiment détestable de perdre son temps… C’est d’autant plus dommage et regrettable que ma lecture s’annonçait bien avec un thème nouveau pour l’auteur : celui de la disparition d’un enfant et comment les proches font face à cela, les mécanisme d’autodéfense qui se mettent en place etc, etc… avec des personnages toujours attachants et toujours haut en couleurs. Rédigé sur un mode identique à celui utilisé dans son premier roman, le rythme est rapide et ne parvient pourtant pas à vous enlever de l’esprit que le livre est ennuyeux au possible.

« Entre ses deux boulots, ses enfants et sa mère qui perd la tête, la vie n’est pas toujours facile pour Maisie. Mais depuis qu’elle s’est décidée à quitter son mari violent, cette irlandaise au caractère bien trempé retrouve peu à peu le chemin du bonheur. Jusqu’au jour où son fils Jeremy disparait mystérieusement avec son meilleur ami.

Que s’est-il passé le soir du 1er janvier ?

Avec l’aide de Fred, son chevalier servant, et de Lynn sa fidèle amie, Maisie tente de reconstituer le fil des évènements. Dans ce quartier populaire des environs de Dublin, chacun affronte les coups du sort avec humour et ténacité. Mais le terrible secret qu’elle va découvrir bouleversera à jamais le cours de sa vie« 

Du côté du Bonheur, Anna McPartlin, Quatrième de couverture ; éd. Cherche midi, 2018

J’ignore si c’est parce que je lis d’avantage depuis la création du blog ou si c’est simplement un livre moins bon que les autres mais en tout cas, j’ai trouvé que l’intrigue et le motif de la disparition sont attendus ; j’avais compris dès le début pourquoi Jeremy a disparu et c’est un peu… décevant. En fait, elle en fait des caisses autour de ce « secret » qui n’en est pas franchement un… cependant, cela reste un sujet intéressant à aborder et à questionner. Dommage qu’elle se soit loupée ! Peut-être qu’Anna McPartlin devrait espacer ses parutions aussi : un roman par an c’est bien mais c’est sans doute au détriment de la qualité.

Bande-Dessinée/Comics, Littérature

Spécial Chats

Cela faisait assez longtemps que je voulais faire un article consacré aux chats dans la littérature parce que d’une part nous en possédons pas moins de 6 à la maison et que d’autre part le félin miniature semble inspirer bon nombre d’auteurs. De plus, le chat est l’animal de compagnie privilégié lorsqu’on écrit ou que l’on s’intéresse un minimum au monde culturel. Pour cet article, je vais donc vous parler de trois ouvrages : Demain les chats de Bernard Werber, Chat Noir de Nathalie Semenuik et enfin j’évoquerai brièvement la bande dessinée Simon’s Cat de Simon Tofield et je crois qu’on aura fait une première fois le tour du sujet, parce qu’il y aura toujours à dire sur ce sujet que sont les chats.

 

Demain les chats de Bernard Werber

Commençons donc par Demain les chats que j’ai lu fin août, plus précisément du 28 au 30 août. C’est un roman de 306 pages et si vous vous en référez à la vitesse à laquelle je l’ai lu, vous pouvez facilement en déduire que j’ai beaucoup aimé. Effectivement c’est un livre qui m’a passionné du début à la fin. Demain les chats m’a permis de découvrir son auteur que je connaissais juste de nom pour avoir écrit (notamment) tout un cycle sur les fourmis.

C’est un livre plus complexe qu’il n’y parait et d’ailleurs son titre ne semble pas achevé. On a presque envie de rajouter « domineront le monde/sauveront le monde » (rayez la mention inutile) et il y a un peu de ça mais pas que. On suit l’histoire de Bastet et de sa servante Nathalie, au travers justement des yeux de Bastet et c’est quelque chose d’inattendu et de très bien retranscrit tout en restant le plus naturel possible. Puis tout bascule le jour Bastet (qui possède déjà une conscience accrue de son être et du monde qui l’entoure) rencontre le chat de voisine Pythagore, un chat savant au sens propre du terme. En effet, ce chat a été doté par sa servante Sophie, d’un appareil qui ressemble à l’embout d’une clé USB et cela lui permet d’avoir un accès direct au monde humain, au savoir humain. Je vous l’accorde, dit comme ça, c’est carrément bizarre et carrément tiré par les cheveux (que Bernard Werber n’a plus) et on se dit qu’il a peut-être avaler des champignons à l’écriture de son livre sur les chats.

Passé ce stade de « non mais c’est vraiment n’importe quoi », on se recentre sur le récit et on découvre qu’il y a plus derrière, qu’un simple fantasme irréalisable. Sans vous révéler toute l’intrigue, il faut savoir que l’on assiste peu à peu à l’effondrement de la société humaine qui tombe peu à peu dans une spirale de destruction systématique de certains humains et de guerre civile. On comprend assez vite que Bastet et Pythagore sont les derniers représentants d’une sagesse et d’un savoir éduqué et philosophe bien qu’ils soient des chats, ce qui peut paraitre paradoxal. C’est vraiment l’intérêt du livre en fait, qui critique en biais la société actuelle et ses dérives progressives et c’est cela qui rend ce roman si passionnant à mon sens. Bien entendu, on retrouve au travers de Pythagore, l’histoire de l’évolution des chats et des hommes sur Terre et ce n’est pas non plus un hasard si l’héroïne du roman s’appelle Bastet mais je ne veux pas tout dévoiler… De toute façon, je n’y arriverai pas parce qu’il est question de chats, d’évolution et de domination des espèces par rapport à d’autres, de philo et de science, de religions et de terrorisme (entre autres choses). Mais c’était réellement passionnant et je vous le conseille fortement (que vous ayez un chat comme compagnon ou non) parce que c’est un livre qui ne vous laissera pas indifférent !

Couverture Demain les chats

Chat Noir de Nathalie Semenuik

Revenons à présent à quelque chose de plus terre à terre. Encore que… pas tout à fait puisque l’ouvrage s’attache à retracer l’histoire du chat et plus particulièrement le chat noir comme le titre l’indique. Vous y trouverez également de très belles photos de chats avec un focus sur les légendes et les mythes qui entourent le chat noir, qu’il soit symbole de chance ou au contraire, de malheurs à venir. Enfin, vous pourrez (re)découvrir la place qu’occupait les chats noirs dans les Arts (littérature, peinture et cinéma) ainsi que dans l’Histoire, qu’elle lui soit favorable ou non au gré des époques.

Couverture Chat noir

Simon’s  Cat

Et enfin, pour terminer cet article consacré aux chats de tout poil, j’aimerais beaucoup vous parler d’une bande dessinée que vous connaissez peut-être déjà : Simon’s Cat. A l’origine, des petites scénettes animées diffusée sur YouTube qui ont fait le succès de son auteur (et de son compagnon à quatre pattes), il existe depuis au moins une bande dessinée et un ou deux jeux vidéo pour mobile. C’est facile à lire puisqu’il n’y a rien à lire ! Il suffit juste de regarder la succession de petits dessins pour passer un moment agréable et sympathique. Il est vrai que certaines situation ne peuvent être comprises que par les possesseurs de félins miniatures mais cela reste quand même bien drôle.

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Et puis parce que je ne résiste pas, voici la bouille de l’un des miens : Nimbus.

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Littérature

[Contemporain] La belle n’a pas sommeil

A vrai dire, je ne sais pas trop par où commencer avec ce livre. Malgré de bons éléments, j’ai failli l’abandonner sur le bord de la route. Pour autant, je ne me suis pas fait violence pour le reprendre après deux jours de pause dans ma lecture et je crois que c’est assez emblématique de l’ambivalence de mes sentiments vis-à-vis de cet ouvrage. Pas tout à fait déçue mais pas satisfaite pour autant.

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Au moins, cette lecture aura eu pour effet une chose que je soupçonnais déjà : quiconque vous parlera bien d’un livre ou de son auteur vous donnera envie de le lire et c’est précisément ce qui s’est passé ici. De plus, cela a permis de satisfaire ma curiosité parce que pour moi Eric Holder s’apparentait plus au mythe qu’à une personne en chair et en os (la faute à Vincent Delerm) jusqu’à ce que je ne le vois à La Grande Librairie, où il était invité pour parler de son nouveau roman La Belle n’a pas sommeil, donc. Et comme les différents invités en parlaient avec bienveillance sans être grandiloquents ou dithyrambiques, je me suis laissée convaincre assez facilement et ce roman promettait de me sortir des lectures dont j’avais l’habitude.

Et ce livre tient ses promesses. Effectivement, ce n’est pas du tout ce que j’ai l’habitude de lire mais… pour pleins de raisons, je n’ai pas accroché tant que ça au récit, à l’histoire d’amour entre Antoine, ermite et bouquiniste, et Lorraine, conteuse professionnelle toujours par monts et par vaux, là où le vent veut bien la porter. C’est beaucoup trop minimaliste pour moi ; j’aurais aimé qu’il se passe plus de choses dans cette vie simple et malgré tout attendrissante que mène Antoine. Cependant, la langue est absolument sublime, un peu désuète il est vrai mais ça convient parfaitement au cadre. Je me suis d’ailleurs fait la réflexion en lisant que j’aurais presque préféré avoir un roman construit autour de descriptions de paysage plutôt que cette histoire d’amour bancale dont je cherche encore l’intérêt. Habituellement, les pages descriptives sur des paysages m’ennuient même si elles ont un rôle ; ici c’est l’inverse, j’ai trouvé la langue tellement belle, tellement poétique que j’avais une succession de tableaux impressionnistes ou romantiques sous les yeux, c’est selon.

 » […] Je retourne dans la forêt, en reconnaissant des endroits où nous étions passés. Elle franchit avec moi des clairières, des troncs abattus, des courbes tapissées de fougères. Je peux entendre son souffle, ou bien des écorces craquer sous ses pieds. Ma peau, par mille poils invisibles et dressés, réclame d’être apaisée par la sienne.

Le soleil large, abondant, éclaire à travers les pins son visage posé sur une branche, ou flottant au milieu du sentier. J’ai l’impression que sa bouche ou sa main sont toujours à la portée des miennes. Je constate a posteriori que je n’ai plus peur de la forêt. »

La Belle n’a pas sommeil, Eric Holder, p.126. Editions du Seuil ; 2018

En fait, je crois qu’il faut lire ce livre pour ce qu’il est : une ode à la littérature qu’elle soit écrite ou orale, ainsi qu’une ode aux lecteurs, peu importe l’histoire racontée. Néanmoins, je regrette ne n’être pas plus enthousiaste en dehors de la beauté du texte… et pour le coup c’était mon premier Eric Holder… mais également mon dernier.

 

Littérature

[Contemporain] Mon midi, mon minuit

Quand je vous disais que la prochaine lecture (et donc un nouvel article) n’allait pas tarder, c’est que je ne plaisantais absolument pas ! Cela dit… je crois que j’ai fait fort là quand même !… Mais ce n’est pas entièrement ma faute – Anna McPartlin n’avait qu’à écrire un roman moins captivant et nous n’en serions pas là !

Mon midi, mon minuit : Anna McPartlin transforme l’essai !

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Un titre un peu énigmatique et peut-être un peu plat avec une résonnance quelque peu nostalgique, le tout sur une couverture pétillante faite d’oiseaux et de branches d’arbres en fleur avec une quatrième de couverture qui se résume en trois phrases que voici :

« A la suite d’un drame, le monde d’Emma, jusque-là rempli de promesses, s’effondre. La jeune femme plonge dans le désespoir. Ses amis font alors bloc autour d’elle pour tenter de lui redonner le goût de vivre… »

Anna McPartlin, Mon midi, mon minuit – Quatrième de couverture, aux éditions du Cherche Midi

A première vue, rien de bien transcendant ou d’exceptionnel et pourtant… je me suis laissée tenter parce que j’avais Les Derniers jours de Rabbit Hayes dans un coin de la tête et que je voulais avoir un point de comparaison pour cet auteur (oui, je sais le « e » manque mais je n’aime pas et autrice est encore pire à mon sens…) donc Anna McPartlin m’a embarquée pour un voyage de trois jours auprès d’Emma et ses amis, sa famille. Et quel voyage ! En réalité, j’aurais largement pu finir de le lire hier pour terminer ma lecture en deux jours mais j’ai préféré faire durer encore un peu le plaisir en m’étalant sur trois jours de lecture ! Pas vraiment envie de laisser partir Emma et les autres tant je me suis attachée à eux, à leurs histoires à chacun.

C’est vraiment écrit de façon remarquable et avec une justesse parfois désarmante sans tomber dans le pathos auquel le lecteur est en droit de s’attendre avec un pitch pareil. Les personnages sont très dignes tout au long du roman, avec des pointes d’humour qui tombent au bon moment (même dans la mélancolie) et c’est parfois caustique, on se dit souvent que l’on aurait pas osé dire ça, mais ce n’est jamais malveillant. Il y a beaucoup de bienveillance et de tendresse dans ce livre. En réalité, je vais finir par croire qu’il y a l’âme irlandaise en littérature comme il y a l’âme russe : ce petit quelque chose qu’on arrive pas à bien déterminer, qui est indéfinissable mais qui fait qu’on dit qu’on est en train de lire un roman russe ou irlandais ici en l’occurrence. Peut-être qu’en fait, Anna McPartlin a emprisonné le Craic dans ses pages et le restitue aux lecteurs au fil des pages…

Mais il doit y avoir autre chose. Au détour d’un personnage j’ai croisé Corrigan, personnage de Colum McCann dans Et que le vaste monde poursuive sa course folle, et cela m’a émue de retrouver une évocation d’un personnage que j’avais beaucoup aimé et qui m’avait énormément touchée. Il faut croire que la religion n’est jamais bien loin dans un roman irlandais, de même que les interrogations autour de la foi… Si vous avez l’occasion de (re)lire ces deux romans l’un à la suite de l’autre, je vous le conseille vivement. Je suis certaines que vous découvrirez des passerelles entre les deux ouvrages.

En conclusion, Mon midi, mon minuit ne paie pas de mine et on pourrait facilement passer à côté mais il mérite qu’on lui consacre du temps, même si cela veut dire le dévorer en un temps record. Vous y trouverez le désespoir, la peur, la colère et la déception les doutes, l’amour, l’humour, les larmes et les rires, l’espoir ; tout ce qui fait l’amitié. Ce livre c’est la bande de Friends qui se retrouve en Irlande avec un petit quelque chose en plus. Laissez-vous embarquer, vous ne serez pas déçus !

Littérature

[Contemporain] Elizas

Bonsoir tout le monde !

Je viens de terminer un thriller que j’ai beaucoup aimé. Il s’agit du petit dernier de Sara Shepard, Elizas. Si vous ne connaissez pas Sara Shepard mais que son nom vous dit quand même quelque chose si vous regardez des séries, c’est que c’est elle qui avait écrit la série littéraire Les menteuses. La série télé qui en découle est d’ailleurs assez connue puisqu’il s’agit de Pretty Little Liars qui a connu un certain succès. Bien entendu je ne m’étendrais pas sur la série puisque cet article n’en est pas le sujet sauf pour vous dire que je n’ai pas lu la série littéraire ; en revanche j’avais commencé la série avant de décrocher par lassitude. Je vous parle de cela parce qu’en fait, j’avais quelques à priori sur ce livre sans même l’avoir commencé ce qui est un peu stupide, j’en conviens… mais la série m’avait laissée un souvenir plutôt mauvais bien que l’idée de départ soit très bonne disons-le. J’avais peur que ce livre, ce soit plus ou moins la même chose avec un univers et des personnages un peu différents.

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Heureusement, j’avais tord. Cependant, le lecteur est tout de suite plongé dans le bain (sans mauvais jeux de mots) puisqu’on retrouve l’héroïne de ce roman à son réveil comateux dans un hôpital. Ses proches la soupçonne d’avoir fait une nouvelle tentative de suicide en s’offrant un plongeon dans la piscine d’un hôtel luxueux à Hollywood alors qu’elle ne sait pas nager et qu’elle a déjà plusieurs tentatives de suicide à son actif, toutes impliquant des étendues d’eau. Pour une raison qu’elle ne s’explique pas, Eliza Fontaine, a pourtant l’intuition que cette fois, c’est différent : elle se souvient d’une voix et d’un rire avant son plongeon et pour elle c’est sûr quelqu’un a essayé de la tuer alors que la jeune femme s’apprête à sortir son tout premier roman Les Dés. On suit donc Eliza dans ses investigations faites de souvenirs flous, d’intuitions et de fausses pistes pour rétablir la vérité à son sujet et c’est passionnant.

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Alors bien sûr ce qui m’a frappé en premier lieu, c’est que ce livre est écrit comme une série ; ce livre est fait pour être une série et je ne serai pas étonnée si c’est un jour le cas dans un futur proche – les chapitres alternent entre la vie d’Eliza Fontaine et l’intrigue du roman de cette dernière et cela crée un rythme plutôt soutenu et effréné. Cela est également accentué par le fait que les chapitres sont plutôt courts et se terminent très souvent sur des notes de suspense, comme dans bon nombre de séries. L’autre chose qui m’a fait pensé à une série, c’est que Sara Shepard s’amuse avec son lecteur. Nous sommes emmenés de fausses pistes en fausses pistes ; elle fait planer le doute sur l’intrigue jusque dans les dernières pages et c’est vraiment très, très réussi.

Et puis bien évidemment, je ne peux pas terminer mon article sans évoquer les personnages du livres. Le lecteur a 428 pages pour s’attacher à Eliza dans sa recherche et sa lutte pour rétablir la vérité et par la même occasion sa mémoire défaillante ; Eliza est fragile mais volontaire et déterminée, ce qui en fait un personnage puissant, intéressant et diablement complexe. Personnellement j’adore ça. Il ne faut pas oublier non plus les personnages secondaires hauts en couleurs qui participent à cette atmosphère parfois inquiétante, parfois joyeuse et légère de ce passionnant roman.

En conclusion, oubliez la série Pretty Little Liars si vous avez été lassés et plongez-vous dans le nouveau roman de Sara Shepard, et si vous avez aimé la série, vous retrouverez des éléments qui en ont fait son succès avec des thèmes communs aux deux œuvres mais je ne vous en dirais pas plus…

Je vous souhaite de belles lectures et un bel été en attendant ma prochaine lecture qui ne devrait pas tarder !

Littérature

[Contemporain] La chambre des Merveilles

Je tiens des petites listes de livres à lire ou que j’aimerais acheter ou lire ; le plus souvent ces listes ne sont ni plus ni moins que des post-it ou des petits bout de papier, arrachés de bloc-notes plus importants. Si je vous parle de cela, c’est parce que j’y avais inscrit le livre de Julien Sandrel, parce que je voulais l’acheter pour le lire par la suite puisque tout le monde parlait plutôt bien de ce petit livre. Heureusement que je n’ai pas eu à arriver à des extrémités pareilles et que je vais pouvoir mettre mes sous dans d’autres romans, d’autres récits et d’autres histoires authentiques ou fictive grâce à la bibliothèque, où j’ai emprunté le livre que je viens de finir sans mal.

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 Après avoir lu ces quelques lignes vous devez vous dire que je n’ai pas aimé cette lecture. Pour vous contredire et à la fois vous donnez raison : ce livre n’est pas indispensable à lire sauf en période estivale ; c’est ce que j’appelle un roman d’été et il ne changera pas votre existence de façon radicale. Cela dit, l’ouvrage est assez plaisant à lire et les pages défilent – un feelgood book en somme. Quoi de mieux pour vos vacances d’été si vous aimez ce genre de littérature ? Au moins vous ne vous prendrez pas la tête et l’histoire vous occupera une journée voire deux si vous êtes très occupés pendant vos congés.

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« Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère, Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part, fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet.

Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis. En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. A l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie.

Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles, elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut-être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait. Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante ans… »

La chambre des merveilles – Julien Sandrel, Quatrième de couverture, ed. Calmann Levy, 2018.

Voilà, vous venez de le lire indirectement ! Plus sérieusement, la quatrième de couv’ n’offre aucune surprise et ce qu’elle annonce, c’est ce à quoi vous avez droit si vous avez le lire entre les mains – ni plus ni moins.

Comme je le disais plus haut, ce bouquin se lit extrêmement rapidement sans pour autant que ce soit une épreuve. On passe un bon moment de lecture qui ne dure que le temps de la lecture ; on ne s’attache pas vraiment à Thelma ni à son fils et aux autres personnages parce qu’à vrai dire, on n’a pas vraiment le temps de s’attacher ni de quoi s’attacher, les personnages sont plats et on reste à la surface des choses, ce qui donne une impression de convenu malgré tout plaisante. L’auteur à malgré tout quelques fulgurances qui jalonnent son roman de temps à autre mais sans plus. Encore une fois, lisez-le vous ne serez pas déçus : c’est exactement ce pourquoi vous l’avez dans les mains ; par contre, achetez-le et je suis à peu près certaine que vous serez déçus d’avoir placé votre argent dedans !

Littérature

[Contemporain] Possession

Je viens de finir Possession (My Head Is Full of Ghosts en anglais) de Paul Tremblay et que vous dire à part que j’ai passé un super moment de lecture ; j’en suis ravie et la première surprise d’ailleurs. On ne peut pas dire que je suis une adepte du genre en général. En écrivant cette phrase, je me rends compte qu’elle est fausse, du moins pour le genre littéraire : je n’avais jamais rien lu de ce genre-là donc, on ne peut pas vraiment parler d’adepte et rien ne me destinait à lire ce livre. Mais la bibliothèque et ma curiosité naturelle sont passées par là. Petit tour d’horizon à Beverly, Massachussetts chez les Barrett, des gens biens sous tout rapport…

Couverture Possession

Possession, un roman à vous faire Tremblay de peur.

Voilà, il fallait que je la fasse, je l’ai faite, elle est casée, passons à autre chose s’il vous plait. Surtout qu’en plus, ce n’est pas un roman qui fait si peur que ça – et je ne dis pas ça parce que la lecture est derrière moi. C’est vraiment mon ressenti. Du coup, je me dis qu’il faudrait peut-être retenter l’expérience en lisant le soir, dans le noir à la lumière d’une lampe de bureau ou une lampe de poche… Je ne sais pas, je me demande comment Stephen King a procédé ? Parce que oui, la couverture annonce la couleur :

« Possession m’a vraiment fait trembler de peur. Et sachez que pour me faire peur, il faut se lever de bonne heure. » Stephen King

Ouais. Bon… C’est un argument de vente comme un autre mais ce n’est pas trop convaincant de mon point de vue ; j’ai appris à me méfier des critiques et des avis qui encensent de manière exagérée une œuvre, peu importe le support d’ailleurs. J’étais assez septique et la quatrième de couverture n’était guère mieux, qualifiant le roman de « nouveau classique de l’horreur » après Rosemary’s baby et l’Exorciste, excusez du peu. Et pourtant, cela a fonctionné, très bien fonctionné même, puisque je l’ai lu en DEUX jours ! On s’approche d’un record, je pense. En fait, ce qui a fait basculé mon envie de lire ce livre en particulier, c’est la lecture de plusieurs articles (de WordPress) sur le sujet. Moralité : faites un blog, c’est utile !

Blague à part, j’ai beaucoup aimé cette histoire, vraiment beaucoup. Je ne peux quand même pas dire que j’ai adoré au point d’en faire le livre de l’année mais pas loin, parce que, et c’est la force de ce livre : il y a un vrai fond, ce n’est pas juste une histoire banale de possession démoniaque d’une jeune fille (que l’on suppose pure et innocente) comme veut bien nous le faire croire la quatrième de couverture qui présente ce qui suit :

« La famille Barrett mène une vie ordinaire à Beverly, une banlieue tranquille de Boston, Massachusetts, jusqu’au jour où leur fille de quatorze ans, Marjorie, commence à manifester les symptômes d’une étrange schizophrénie. Alors que des évènements de plus en plus angoissants se produisent, les Barrett décident de faire appel à un prêtre qui ne voit qu’une solution : l’exorcisme. A court d’argent, la famille accepte l’offre généreuse d’une chaine de télévision qui propose de suivre les évènements en direct. L’émission connait un succès sans précédent. Pourtant, du jour au lendemain, elle est interrompue sans explication. Que s’est-il passé dans la maison des Barrett ? »

Possession, Paul Tremblay, Quatrième de couverture ; Ed. Sonatine 2015, 2018 pour la présente traduction.

Je meure d’envie de vous le dire, ce qui est arrivé dans cette maison… mais disons juste que la pirouette de la fin n’a rien à voir avec ce qu’on imagine. Tout ce que je peux faire éventuellement, c’est me permettre d’insister sur certains points qui ont leur importance et qui ne révèlent rien de l’intrigue, évidemment.

Premier point : cette histoire un peu glauque certes, est racontée du point de vue de Merry, une enfant de huit ans qui ne comprend pas ce qui se passe autour d’elle ou du moins, elle comprend ce qui se passe à hauteur d’yeux d’enfant. Ce qui fait qu’en tant que lecteur, nous sommes autant paumés et effrayés que la pauvre Merry, qui se retrouve embarquée dans un truc qui la dépasse complètement. A huit ans, Merry aspire juste à vivre heureuse au milieu d’une famille aimante et d’un cocon protecteur comme toutes les petites filles de son âge.

Deuxième point : toujours dans cette histoire un peu glauque mêlant télé-réalité et exorcisme, vient se greffer une bloggeuse du nom de Karen Brissette et qui se fait connaitre sur la toile grâce à ses articles sur le paranormal et la culture populaire autour des films d’horreur. Ces éléments et ce personnage apportent une réelle profondeur au roman ; profondeur que je n’attendais pas le moins du monde à propos et je crois que cela a vraiment fait pencher la balance du bon côté me concernant.

En résumé, ce livre est diablement bien construit (pardon mais c’est vrai) : c’est fin, c’est intelligent et l’histoire sert un propos et une réflexion sur un sujet d’actualité – la place de la télé-réalité dans notre société contemporaine, sans oublier bien sûr la place prépondérante de son homologue qu’est Internet. Et en plus de tout cela, on ne s’ennuie pas une seconde à cause de l’agitation causée par le comportement étrange de la jeune Marjorie.

Possession, maintenant un livre, ensuite un film ?

Oui et honnêtement entre nous, Hollywood aurait tord de se priver d’une rentrée d’argent potentiellement colossale : Hollywood ADORE les films d’horreur. Je m’en serai bien passé mais au fond, je ne suis pas contre. Le livre est très bien donc sur papier, oui pourquoi ne pas en faire une adaptation cinématographique… Oui mais… A condition que cela soit bien fait. La seule information dont je dispose à l’heure actuelle c’est que c’est la Team Downey qui va produire ce film ; c’est un peu maigre comme information et j’espère vraiment que Robert Downey Jr. et son épouse n’en feront pas n’importe quoi puisque l’horreur n’est clairement pas le seul sujet de ce livre que j’ai trouvé passionnant, vous l’aurez compris. Affaire à suivre donc…

Littérature

[Contemporain] Killeuse

La littérature, cette science inexacte. C’est toujours étonnant de voir l’effet d’un même livre sur deux personnes différentes. Les avis peuvent être concordants ou à l’inverse complètement divergents et pourtant, il s’agit bien du même livre écrit par le même auteur. Dans ce cas là, il est bien difficile d’expliquer pourquoi le livre a plu à l’une des personnes et pas à l’autre. Toute la beauté et la complexité de la littérature en somme.

J’ai tenté de lire le dernier roman de Jonathan Kellerman, Killeuse, sans succès. Pourtant sur le papier, cela s’engageait bien et paraissait prometteur : couverture attrayante, la quatrième de couverture proposait un résumé rempli de suspens et paraissait tenir la route niveau intrigue, mais le moins que l’on puisse dire c’est que la sauce n’a pas pris de mon côté. Pourtant j’étais enthousiaste et j’avais envie de lire ce livre, vraiment.

Couverture Killeuse

Killeuse raconte l’histoire du Dr Grace Blades, psychologue qui est très impliquée dans sa carrière et dans la réussite du traitement de ses patients quitte à passer à côté de tout le reste au niveau vie sociale. Grace est une professionnelle brillante et reconnue et il n’est pas rare que certaines personnes fassent des kilomètres et traversent des Etats entiers pour bénéficier de son expertise. Cependant, bien qu’elle soit brillante Grace à la particularité (je ne sais pas comment le dire autrement), de lever des hommes dans des bars ou autres lieux publics. Je vous laisse imaginer la suite… bref, la psychologue suit sa petite routine jusqu’au jour où sa proie d’un soir se trouve être son patient du lendemain et un cadavre le surlendemain. A partir de là, tout se complique un peu pour le Dr Blades et sa réputation irréprochable.

Honnêtement, je ne sais pas comment vous le vendre mieux sans être péjorative et influencer votre envie ou non de lire cet ouvrage. D’ailleurs, je ne crois pas qu’il s’agisse d’un mauvais roman policier parce qu’une personne de mon entourage l’a lu à la même période que moi et est rentrée tout de suite dans le roman.

Je ne suis pas entrée dans le roman, ce sont des choses qui arrivent de temps en temps et si je devais tenter d’expliquer pourquoi, je pense que c’est parce que je m’attendais à autre chose ; peut-être quelque chose d’avantage centrer sur un nombre de personnages plus restreint, ou un autre déroulement d’intrigue. De plus, j’ai trouvé le rythme du roman assez inégal : il y a des passages entiers du livre que j’ai dévoré sans me poser de question et d’autres segments où je n’avais qu’une envie : poser le livre et passer à autre chose. Ce que j’ai fini par faire sans être allée au bout des 56 chapitres et 500 pages et quelque du roman. C’est une décision d’autant plus décevante que j’ai quand même lu 40 chapitres avant de me rendre à l’évidence que je ne pourrais pas aller plus loin.

En tout cas, j’espère que ce petit article vous incitera à jeter un œil curieux à cet ouvrage et j’espère que également qu’il vous donnera envie de le lire, dans un futur plus ou moins proche. A ce propos, si par le plus grand des hasards vous avez lu ce livre de Jonathan Kellerman, j’aimerai beaucoup savoir ce que vous en avez pensé, histoire de voir si le blocage vient de moi.

 

Littérature

[Contemporain] Paul Watson – Sea Shepherd, le combat d’une vie.

En un an et demi d’existence sur la blogosphère, c’est sans aucun doute le livre le plus polémique que j’ai lu jusqu’à présent. Ce livre est polémique parce que le sujet, Paul Watson et par extension l’association de défense des océans qu’il a crée -Sea Shepherd-, fait polémique. Pour faire court et sans doute un peu caricaturer la chose : on aime ou on n’aime pas Paul Watson et les actions qu’il mène pour la défense des océans. Au départ d’ailleurs, je n’étais même pas certaine de vouloir rédiger sur le sujet, ne voulant pas que mon blog devienne un espace politisé à outrance… Seulement voilà : ce livre est un des plus intéressant qu’il m’est été donné de lire dernièrement et je trouvais sincèrement dommage de ne pas en parler ici. Après tout, ce blog est avant tout un espace de découvertes et de partages.

9782344025109-L[1]

Pourquoi j’ai lu ce livre

La première raison qui me vient à l’esprit, c’est la curiosité. Je connaissais Sea Shepherd (et son fondateur) seulement de nom, comme beaucoup de monde je pense. Je savais que cette association était renommée pour ses actions spectaculaires en faveur de la faune marine. D’ailleurs je n’avais pas vraiment d’avis sur c’est bien/pas bien de faire ce qu’ils font et de la manière dont il le font mais au moins je n’avais a priori négatif sur la question. J’avais vu cet ouvrage à la bibliothèque, mis en avant sur un présentoir pour cause de nouveauté mais pas de quoi susciter mon envie de sauter le pas…

… jusqu’à cette deuxième raison (qui a renforcer d’avantage ma curiosité vis-à-vis de Sea Shepherd) : la tristement médiatisée « affaire des phoques du Touquet ». Petit rappel pour ceux qui n’auraient pas suivi : début mai, 3 cadavres de phoques ont été retrouvés sur la plage et Sea Shepherd a fait savoir qu’elle offrirait 10 000 euros à quiconque aurait des informations sur l’auteur de ces atrocités barbares. Cette nouvelle m’a profondément écœurée, d’autant que je jour-même j’ai croisé un chien battu sur le trottoir en rentrant chez moi.  J’aime profondément les animaux et la maltraitance animale, quelle que soit sa forme et quelle que soit l’espèce touchée, cela me révulse au plus haut point et c’est réellement quelque chose que je ne conçois pas.

Pourquoi vous devriez le lire aussi

Je ne cherche pas à faire du prosélytisme mais ce livre est réellement très intéressant et plutôt bien écrit. Sans compter qu’il se lit rapidement. J’ai appris des choses et des pratiques dont j’ignorais l’existence et je connais un peu mieux Paul Watson et Sea Shepherd grâce au travail fourni par Lamya Essemlali, auteur du livre et directrice de Sea Shepherd France. Evidemment, il s’agit d’une version des faits et d’une vision spécifique des choses et je pense qu’il faut quand même rester prudent et ne pas tomber dans un excès d’adoration ou de détestation (si on n’est pas d’accord avec les propos tenus dans le livre) suite à la lecture de ce livre. Cela dit, je trouve que c’est une bonne chose que Sea Shepherd existe et s’investisse autant dans la protection et la conservation des espèces marines parce que je ne suis pas sûre que d’autres en ferait autant pour ces animaux.

Enfin, pour terminer Paul Watson livre quelques conseils afin de résister au stress et à ces conséquences – pages que j’ai lu avec une attention particulière étant moi-même une habituée des épisodes de stress. Reste à voir si j’arriverai à appliquer ses conseils… mais je me suis dit que ce serait une bonne idée de partager sa philosophie sur cette question avec vous, si jamais vous êtes aussi confronter au stress.

« Le message de mon propos est le suivant : ne laissez pas le stress ruiner votre santé, votre amour ou votre vie. N’ayez pas de crainte et vivez l’aventure, cette aventure qu’est la vie. Et c’est probablement la seule vie que vous n’aurez jamais. Même si vous croyez dans la vie après la mort (oh ! ne stressez pas à ce sujet), le fait est que vous n’en serez jamais certain, donc ne gâchez pas l’unique vie que vous êtes sûr d’avoir. » – Paul Watson

Paul Watson Sea Sheherd, le combat d’une vie. Lamya Essemlali, p. 278 ; éd. Glénat, coll. Hommes et océans. 2017

Article commencé le 24/05/18

Littérature

[Contemporain] La Bibliothèque noire

Un des avantages de faire son stage en médiathèque, c’est de pouvoir lire des ouvrages en relation avec le mémoire de stage et la problématique de ce dernier. C’est pour cette raison que j’ai suivi les recommandations de ma collègue et que j’ai emprunté (et lu) La Bibliothèque noire de Cyrille Martinez, un livre que je n’aurais jamais lu autrement et dont j’aurais probablement ignoré l’existence. Et pour cause…

La Bibliothèque noire, un roman ?

Pas si sûr… Laissez-moi vous expliquer. Certes, ce petit livre est rangé dans la catégorie « Roman » mais au fil des pages, je me suis aperçue que je ne considérais pas ce livre comme un roman mais plutôt comme un hybride entre une sorte d’essai retraçant l’histoire de la lecture publique, de la science-fiction et un plaidoyer en faveur des livres et de la lecture.

Cette lecture m’a intéressée mais ce n’est pas un livre dont je me souviendrais je pense. D’une part, parce qu’il n’y a pas vraiment histoire, bien qu’à un moment il y ait une vague histoire de disparition suspecte mais cette piste pourtant intéressante n’est pas exploitée plus que ça… en fait, un des problèmes je pense, c’est que toutes les pistes sont exploitées et le récit à tendance à partir dans tous les sens sans but précis. Le livre par dans tous les sens et la lectrice que je suis à fini par se perdre et je me suis demander plus d’une fois où l’auteur voulait en venir. Puis j’ai fini par comprendre et j’en suis venue à la conclusion qu’il avait une drôle de façon d’atteindre son but : défendre la lecture et les livres mais bon, après tout pourquoi pas.

9782283031155-94717[1]

Le livre m’a autant amusée que gênée. Sûrement parce que l’auteur décrit des vérités que je retrouve dans mon quotidien du fait de mon stage mais il y a quelque chose qui me gêne un petit peu – l’auteur semble privilégier et accorder ses faveurs seulement à  certains types de lecteurs et certains types de livres… comment dire ? A titre personnel, je suis très contente de voir les personnes dont il se moque plus ou moins gentiment dans son livre à la médiathèque. Ces personnes participent à la vie d’une bibliothèque, qu’elles lisent ou non ! Et ce fantasme du tout-numérique qui supplanterait le support papier… Mouais. Non. D’ailleurs, toujours dans cet aspect de science-fiction, cet ouvrage m’a rappelé un autre ouvrage de science-fiction : La Maison enragée de Richard Matherson, ouvrage dans lequel tous les objets de la maison finissent par prendre vie. Même phénomène dans La Bibliothèque Noire : les livres mènent leurs petites vies et c’est un peu troublant au départ, ça finit par être amusant.

« Que se passe-t-il dans les bibliothèques la nuit, derrière les portes closes et les banques de prêt désertes ? Les lecteurs choisissent-ils leurs livres, ou est-ce plutôt l’inverse ? Vient-on en bibliothèque pour travailler, voyager, ouvrir ses mails ou avoir chaud ? Et si la bibliophilie était un sport de combat ?

Partant de l’univers policé de la Grande Bibliothèque et retraçant l’histoire de la lecture publique, ce roman nous mène jusqu’aux forêts urbaines où s’échafaude l’utopie d’une bibliothèque noire, sauvage, avec la liberté de lire et d’écrire pour unique mot d’ordre.

On a planté une forêt au milieu de la Bibliothèque. Drôle d’idée. Si j’avais eu mon mot à dire, j’aurais fait l’inverse : une bibliothèque au cœur d’une forêt.  »

La Bibliothèque noire, Cyrille Martinez, Quatrième de couverture, Ed. Buchet-Chastel, coll. Qui Vive; 2018.