Cinéma

Plus on est de fous, plus on rit

Ce n’est pas nouveau et au risque de me répéter (encore une fois) : le personnage de Bruce Wayne alias Batman m’ennuie profondément quel que soit le média utilisé, comics ou adaptation cinématographique – il ne rit jamais, est psychorigide et ne fait jamais preuve d’états d’âme sauf peut-être envers Alfred, son fidèle majordome… Le seul intérêt que je trouve à Bruce Wayne c’est le Joker. Mainte fois incarné au cinéma par des acteurs de talent parmi lesquels nous pouvons cité Jack Nicholson, Mark Hamill qui lui a prêté sa voix ou encore Heath Ledger dont la prestation est devenue presque mythique… On peut déploré que le clown fou ait été caricaturé une fois, sous les traits de Jared Leto, mais quoiqu’il en soit le personnage du Joker ne cesse de fasciner depuis sa création.

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Il prend vie une nouvelle fois sur grand écran grâce à l’acteur Joaquin Phoenix dans le nouveau film de Todd Phillips, simplement intitulé Joker. Joaquin Phoenix y incarne une nouvelle version du clown psychotique étonnamment contemporaine en laissant le spectateur dériver avec lui entre folie et réalité. Et si, finalement, le personnage du Joker était une pure création médiatique ?…

 

Joaquin Phoenix, des larmes aux rires.

En plus d’être un des films les plus attendus de ce dernier trimestre 2019, ce film est un petit bijou qui prend le temps de nous introduire une origin story différente des comics parus sur le sujet. Joaquin Phoenix qui porte véritablement tout le film sur ses épaules y est renversant et parvient à donner un corps (et une âme) à une identité ô combien fragile. Le film explore donc la misérable et pathétique existence d’Arthur Fleck qui enchaine les petits boulots miteux dans un costume de clown mal dégrossi. Cependant Arthur, qui vit seul avec sa mère dans un très vieil appartement, a de l’ambition : il veut devenir humoriste et ainsi devenir la nouvelle coqueluche de Gotham City, à l’instar de son idole Murray Franklin.

Un scénario brillant et des acteurs splendides

Si vous ne l’aviez pas encore deviné, j’ai beaucoup, BEAUCOUP, beaucoup aimé ce long-métrage. D’une part parce qu’il parle à la fan de comics que je suis en reprenant certains codes de ces derniers – la bande de criminels autour du Joker, la relation complexe entre Batman et le clown fou ou même de petits détails qui peuvent paraitre insignifiants mais que je ne dévoilerai pas ici pour des raisons évidentes de spoilers…, tout en y incorporant de nouveaux éléments plausibles pour étayer cette origine et cette histoire du clown fou de Gotham. Et d’autre part, le film parvient à montrer parfaitement la folie d’Arthur Fleck telle que je me l’imaginais c’est-à-dire en constante évolution. Cela permet aussi au film d’aborder des sujets complexes, comme la place des minorités dans une société qui ne parvient pas à les accepter totalement ; ou plus actuel : la place des médias dans nos sociétés contemporaines. Brillant, je vous dis. Juste brillant… et grandiose.

A l’instar d’un Joaquin Phoenix méconnaissable et stupéfiant en habits de Joker. Il incarne un Arthur Fleck méprisé et sans cesse rabaissé qui finit par envoyer valser les convenances pour devenir ce qu’il veut véritablement être : le Joker. C’est un portrait brut, sans concessions et cela amène précisément au passage le plus puissant du film selon moi : moment d’anthologie dans lequel Arthur Fleck finit par tomber le masque et mourir en quelque sorte pour mieux renaitre en Joker aux vues de tous. J’en suis restée muette dans l’obscurité de la salle de ciné. Néanmoins, rendons à César ce qui lui appartient – si Joaquin Phoenix explose tout à l’écran, les seconds rôles le mettent véritablement en avant. On peut par exemple mentionner  Frances Conroy qui est une mère effacée mais terriblement inquiétante et glauque ou Robert De Niro que je n’ai pas besoin de présenter mais qui est tout de même génial dans son « petit » rôle de Murray Franklin… Le seul rôle que je n’ai pas vraiment compris c’est celui tenu par Zazie Beetz mais j’ai ma petite idée sur la question et si c’est effectivement cela, j’en rajoute une couche mais : le scénario est brillant et la réalisation splendide.

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Conclusion

La prestation de Joaquin Phoenix révèle un Joker quasi-christique dans le second moment d’anthologie que compte le film, et hisse cette dernière au rang de performance et restera dans les anales, au même titre que celle du regretté Heath Ledger. A mes yeux les deux interprétations sont égales, il n’y en a pas une que je préfère à l’autre parce qu’elles sont toutes les deux différentes et surtout, elles prennent place dans un univers différent : le Gotham de Nolan n’est absolument pas le même que celui dépeint par Todd Phillips.

Le rire de ce Joker-là est invasif, glauque et suscite le malaise et la gêne chez quiconque l’entend. Effet garanti dans la salle de cinéma ! Ce qu’il faut retenir de cette version du Joker c’est qu’au-delà de la transformation physique impressionnante de l’acteur, Joaquin Phoenix y apporte un petit quelque chose en plus, une sensibilité sublimée par le travail de l’image et de la photographie sans oublier la musique de Hildur Guðnadóttir. Todd Phillips signe un grand film sur l’une des icônes de la Pop culture et tout le travail de réalisation apporte une nouvelle dimension à cette démence morbide, fascinante et glauque que le spectateur croit connaitre. Un voyage entre réel et folie démentielle dont on ne ressort pas tout à fait indemne. Le chef-d’œuvre n’est pas loin. L’Oscar du Meilleur acteur non plus.

Bande-Dessinée/Comics

[BD] The Amazing Spider-Man : La chute de Parker

Comic acheté en même temps que celui sur Catwoman, il est cosigné Dan Slott, Christos Gage et Stuart Immonen et présente un Peter Parker qui n’est pas sous son meilleur jour. En effet, ce dernier est au plus mal après la faillite de son entreprise, la bien nommée Parker Industries. Le trentenaire tente de faire face tant bien que mal à l’opinion catastrophique que les gens ont de lui puisque beaucoup ont perdu soit leur emploi soit de l’argent dans cette affaire… Heureusement pour Peter, il peut compter sur ses amis et sur Spider-Man pour lui remonter le moral. Le tisseur continue de veiller sur New-York et de fait, il bénéficie toujours d’une grande popularité auprès des habitants, contrairement à l’homme derrière le masque…

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J’ai énormément apprécié le traitement du personnage de super-héros ici, comme s’il s’agissait de deux personnages dissociés – Peter Parker et ses déboires d’un côté et Spider-Man toujours fidèle à son poste de super-héros. Le scénario est peu commun bien que Marvel soit désormais coutumier de ce genre de situation ; les scénaristes contemporains ne prennent plus vraiment de gants avec ses êtres qui sortent de l’ordinaire et n’hésitent pas à les malmener un peu en les montrant au fond du trou comme c’est le cas ici, ou bien bel et bien morts – tant pis s’il s’agissait de votre chouchou, vous vous en remettrez ! En général, ce procédé rend les personnages plus humains et le phénomène d’identification n’en est que plus fort, surtout si le personnage en question arrive à rebondir…

Ce comics tourne autour de cette thématique c’est un bon point pour cet ouvrage. De plus, les dessins sont agréables à regarder je trouve, même s’ils ne sont pas saisissants il faut dire ce qui est. Les dessins sont corrects mais le scénario est vraiment bon ; mon ressenti concernant les dessins est sûrement au fait que ces derniers sont dessinés par au moins deux personnes différentes, chose qui me gêne habituellement beaucoup plus car cela entame l’unité de la BD ou du comics.

Cette fois-ci ça a été différent. En effet, plusieurs histoires ont été rassemblées dans cet album autour de la thématique « Peter Parker au fond du trou » ou du moins, c’est ainsi que je l’ai perçu et du coup, je n’ai pas trouvé cela dérangeant que plusieurs personnes interviennent au niveau du dessin (ou moins que d’habitude disons). J’ai eu l’impression d’avoir plus à lire mais je pense que cela relève plus d’une illusion que d’autre chose !

Cela étant dit, j’espère qu’il y aura un tome 2 (et le petit 1 en bas de la tranche le laisse entendre) parce que la fin de la dernière histoire est vraiment savoureuse. En même temps, il est question du Bouffon vert et de Carnage… Que du bonheur pour les fans des aventures de Spidey !…

Bande-Dessinée/Comics

[BD] Selina Kyle : Catwoman, Tome 1

Il y a bien longtemps que je n’ai pas présenté de BD ou de Comics ici, malgré celles qui attendent sagement leur tour, et je compte bien rattraper cette méprise avec ce petit bijou, signé Joëlle Jones au scénario et aux dessins.

Un bijou à croquer à pleines dents

J’annonce la couleur tout de suite : j’ai adoré. D’une part, parce que j’adore le personnage de Catwoman (la version Selina Kyle) tantôt criminelle, tantôt justicière ; j’estime que c’est un des personnages les plus réussis de DC Comics grâce aux nuances dont est doté le personnage et c’est peut-être également un des plus complexes dans l’univers de Batman, avec le Chevalier Noir évidemment et le Joker.

D’autre part, il y a la plume et les dessins de Joëlle Jones qui ont fini de me convaincre. Je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas d’une Origin story à proprement parler, même si l’auteur prend le temps de revenir sur l’enfance de Selina et sa sœur Maggie. Le scénario tient la route mais il s’agit d’un premier tome. Il faudra voir comment il évolue dans le temps. Concernant les dessins, si vous aimez les œuvres pop art de Roy Lichtenstein les dessins ont de grandes chances de vous plaire.

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Conclusion

Ce premier tome mettant en scène la voleuse la plus féline et la plus célèbre du monde est une réussite et annonce une série prometteuse. Cependant, je vais me montrer prudente concernant les tomes à venir ; si celui-ci traite de sujets actuels, le scénario est presque convenu et prévisible. Donc j’espère que les tomes à venir arriveront à me surprendre, affaire à suivre… En attendant, les dessins sont très agréables et très féminins et les dessins de couverture une splendeur.

Cinéma

Along came a spider…

La semaine dernière (mercredi dernier plus précisément), j’ai été voir Spiderman: Far From Home réalisé par Jon Watts. Ce dernier n’en est pas à son coup d’essai avec Spiderman puisqu’il avait déjà réalisé Homecoming qui était très réussi disons-le. En ce qui concerne Far From Home, le résultat est plus en demi-teinte pour plusieurs raisons liées plus ou moins au contexte général du film puisqu’il se place directement à la suite d’Avengers Endgame, réalisé par les frères Russo et sorti plus tôt cette année.

La fan du Marvel Cinematic Universe (Univers cinématographique Marvel en français, abrégé en MCU) que je suis avait de grosses attentes concernant les nouvelles aventures de l’araignée sympa du quartier, d’une part parce que j’avais beaucoup, beaucoup aimé le premier volet et d’autre part parce que Avengers Endgame avait placé la barre tellement haute avec de nombreux petits indices çà et là que j’espérais secrètement que Spiderman: Far From Home fasse au moins aussi bien, tout en sachant qu’il serait très dur, voire impossible, de rivaliser avec Endgame de tout façon.

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De ce point de vue, pas de surprise le film est effectivement et évidemment en dessous de Avengers Endgame mais pour moi, la déception s’est faite sentir à un autre niveau : j’ai trouvé que Far From Home était moins bien que son prédécesseur Homecoming. Cependant tout n’est pas mauvais dans ce film, loin de là, mais il y a des éléments qui auraient mérités que l’on s’y attarde un peu plus ou faits différemment selon moi. Bien entendu, vous avez le droit de ne pas être d’accord.

En fait, il y a deux choses que je n’ai pas trop aimé dans ce film. La première c’est le personnage de Mysterio lui-même. Je m’attendais à autre chose le concernant, non pas qu’il soit mal interprété ou pas fidèle à l’image que je me faisais de lui dans les comics, mais j’ai trouvé que sa véritable nature était révélée rapidement alors que l’idée d’en faire un allié à Spiderman était très bien pensée et pour le coup bienvenue. L’idée aurait méritée d’être creusée un peu plus ou du moins, de tenir un peu plus longtemps dans la durée parce que j’aurais aimé voir où cela aurait pu conduire Peter mais tant pis.

La seconde chose qui m’a déplu (même si je l’ai trouvé cool en soi), c’est qu’à certains moment du film, le scénario force vraiment sur la relation quasi filiale entre Tony Stark et Peter Parker ; je n’ai pas dit que ce n’était pas cool, au contraire et cela nous évite un énième Oncle Ben, mais par moment je vous jure que c’est redondant et qu’on a juste envie de dire : c’est bon, on a compris que Tony considérait Peter comme son fils (spirituel). A trop vouloir en faire, cela devient contre-productif… Sans oublier la semi déception qui concerne l’intrigue et qui tourne encore une fois un peu trop autour du personnage de Tony Stark.

Néanmoins, je préfère m’attarder sur les points positifs de ce dernier opus qui clôture la phase 3 du MCU.

J’ai énormément apprécié que le film prenne véritablement le temps d’accompagner Peter dans son deuil et ce, tout au long du film. A ce propos, on retrouve l’esprit de la phrase désormais mythique d’Oncle Ben : « un grand pouvoir implique de grandes responsabilités » sans que jamais celle-ci ne soit prononcée. En plus d’être un joli clin d’œil, c’est un détail mais il fait toute la différence et confère au film une atmosphère bienveillante malgré les épreuves à traverser.

Ensuite et c’est lié, l’émotion et l’humour sont bien dosés (ce qui n’est pas toujours le cas chez Marvel). L’humour notamment permet au spectateur de tourner la page Tony Stark en douceur, en lui enlevant le côté tragique et dramatique pour ne garder que le côté émouvant. C’est touchant et je pense que c’est ce qu’il fallait faire.

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En conclusion, Spiderman: Far From Home avait la lourde tâche de sortir après Avengers Endgame et je crois sincèrement qu’il n’aurait pas pu faire mieux. C’était le film qu’il fallait faire : les nouvelles aventures de l’homme-araignée permettent aux spectateurs les plus fan du MCU et aux différents protagonistes de faire leur deuil de Tony Stark et de tourner la page en douceur afin de pouvoir débuter un nouveau grand chapitre, qui je l’espère sera aussi exaltant et intense que celui qui a tenu le spectateur en haleine pendant plus d’une décennie, en plus de faire également le succès des studios Marvel.

Far From Home peut être vu comme le film qui clôture un cycle brillant, mais il doit être également vu comme le film qui débutera une nouvelle ère pour le Marvel Cinematic Universe. Le meilleur exemple pour illustrer cela, c’est bien sûr les deux scènes post-génériques comme Marvel a l’habitude d’en faire désormais. Si le film possède quelques défauts scénaristiques, il n’en est pas dénué de bonnes choses et cela est annonciateur de bonnes surprises pour la suite selon moi.

Reste à voir si, à l’instar du super-héros qu’il incarne, Tom Holland aura les épaules suffisamment solides pour porter lui-même une grande partie de cette nouvelle phase du MCU, bien qu’il ne soit pas seul dans cette aventure. Vous savez ce qu’on dit : un grand pouvoir

Cinéma

Les hommes & les femmes en noir

Dernier film sur ma liste de films « A voir peut-être », Men in Black : International de F. Gary Gray. Un reboot assez sympathique qui remplit sa mission première de divertissement sans pour autant être à la hauteur du tout premier Men in Black réalisé par Barry Sonnenfeld en 1997. Même si le scénario est efficace (dans le sens où il modernise un temps soit peu la franchise), il n’en reste pas moins prévisible quasiment de bout en bout.

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Néanmoins, rendons à César ce qui lui appartient : les scénaristes ont tout de même évité au spectateur la presque traditionnelle romance insipide et inutile entre l’agent H et l’agent M, autrement dit les protagonistes principaux incarnés par Chris Hemsworth et Tessa Thompson. Et c’est tant mieux ! Un cliché de moins sur lequel râler.

D’ailleurs puisqu’on parle des personnages, j’ai également apprécié la construction des agents M et H ; ils ont chacun leurs motivations, leurs blessures et le tout est plutôt bien amené et exploité, même si bien sûr il aurait été possible de faire encore mieux je pense… Par contre, je crois qu’il faut arrêter avec Liam Neeson – enfin, je veux dire… c’est un bon acteur mais j’ai toujours l’impression de le voir plus ou moins dans le même registre ou du moins, j’ai l’impression qu’il incarne toujours le même type de personnage. Résultat : l’intrigue devient prévisible et c’est couru d’avance ; personnellement, j’avais dénoué le nœud de l’histoire bien avant les deux héros.

Comme je le disais plus haut, le film est prévisible mais pas décevant dans son ensemble. Cela étant dit, il y a cependant deux choses que j’ai trouvé grandement décevantes ; premièrement l’humour. Il y a bien un ou deux moments marrants dans le film mais rien de bien transcendant à mon goût, mais c’est un avis totalement subjectif. En comparaison j’avais le souvenir d’un film à littéralement mourir de rire avec le duo Will Smith/Tommy Lee Jones… Mais je connais la chanson : reboot = franchise/film connu MAIS nouvelle histoire avec de nouveaux personnages et une nouvelle intrigue. Je ne m’en plains pas, cependant un peu plus d’humour n’aurait certainement pas nuit au film à mon sens. Un mot aussi concernant la musique du film qui ne marquera pas les esprits, j’en suis navrée. Danny Elfman que j’adore pourtant, nous a servi une bande son tout à fait oubliable et sans saveur… La musique basique d’un film d’action en somme.

Conclusion

Film à voir au cinéma si vous avez un abonnement illimité ou encore mieux : chez vous, à la télé devant un plateau repas. C’est sûrement un jugement un peu dur dit comme ça mais c’est ce que vaut ce film à mes yeux. Heureusement pour lui, le film ne cherche pas à jouer sur l’effet nostalgie du premier MIB mais il reste construit sur un scénario prévisible qui cherche un peu maladroitement à moderniser la franchise, notamment avec un nouveau duo d’agents qui fonctionne très bien grâce sans doute à la complicité entre Tessa Thompson et Chris Hemsworth.

Cinéma

Quand le phénix ne s’envole pas

J’aime énormément les X-Men, peut-être pas autant que les Avengers mais quand même, et puis généralement ce sont plutôt de bons films – à grand spectacle certes mais c’est la raison majeure pour laquelle les gens se déplacent en nombre d’habitude, à condition que le scénario et les émotions soient au rendez-vous… ce qui n’est pas le cas ici. Attention, accrochez vos ceinture pour une critique négative avec quelques spoilers à la clé.

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Vous l’aurez compris, je n’ai particulièrement aimé ce film et donc, une fois n’est pas coutume, commençons par les points négatifs puisqu’il n’y a que ça quasiment. Tous ces points négatifs découlent d’un point central et très mauvais selon moi : le scénario.

Je ne sais pas vraiment si c’est moi qui suis en train de faire une overdose de super-héros depuis Avengers Endgame ou si le scénario est véritablement mauvais mais je n’ai pris aucun plaisir à regarder l’histoire qui m’était racontée ou si peu ; l’équipe du film n’a pas réussi à faire que je me sente émotionnellement investie dans ce film. L’effet nostalgie n’a absolument pas fonctionné et du coup le film tombe à l’eau.

Le problème majeur des X-Men c’est qu’aucun des personnages, hors mis Wolverine, Charles Xavier et Magnéto, n’a d’intérêt à lui tout seul ; c’est pour cette raison le plus souvent que l’origin story du personnage en question est mélangé à la trame plus globale de l’histoire, avec le développement dudit héros au sein du groupe des X-Men. De ce fait, on se retrouve souvent dans un entre deux et cela se vérifie pour Jean Grey et Dark Phoenix.

Concrètement le film est censé tourner autour d’elle mais se retrouve bien vite à expliquer les problèmes de la vision du Professeur Charles Xavier pour les mutants et des conséquences (catastrophiques pour Jean) que cela entraine pour les résidents du pensionnat quel que soit l’âge de ces derniers. L’autre problème du scénario c’est qu’il est incroyablement vide et simpliste par moments. Honnêtement, je ne sais pas à quoi pensait le scénariste (qui se trouve être le réalisateur du film) à l’écriture mais le camp adverse des X-Men est en carton-pâte et la menace du Phénix lui-même… je préfère ne pas en parler.

J’ai eu mal au cœur pour les acteurs très franchement. Ils ont fait ce qu’ils ont pu avec pas grand-chose. Il n’y a aucune recherche, c’est le niveau 0 du film de super-héros : la menace est extraterrestre et attise la peur des uns et la convoitise des autres. Le schéma est classique, soit et pourquoi pas ! Mais dans ce cas cher M. le scénariste, expliquez-moi l’origine de la menace de façon un minimum élaborée et pas seulement avec un vulgaire : c’est le Big Bang qui l’a créée. C’est vraiment la réponse basique qui démontre que le scénariste n’a pas réellement réfléchi à la question et le pire dans tout ça c’est que cela donne l’impression que l’équipe du film prend les spectateurs pour des imbéciles. Vous pensiez vraiment qu’on ne s’en rendrait pas compte ?

De plus le traitement déplorable de certains personnages (pour ne pas dire tous) empêche le spectateur de s’investir dans l’histoire racontée. Charles Xavier est devenu une pâle copie mégalomane de lui-même, Raven meurt d’une manière pitoyable (c’en est risible), Magnéto est devenu une sorte de guide spirituel pour mutants en détresse sur une île coupée du monde, Quicksilver a perdu son côté décalé que j’adorais, Diablo s’occupe de la logistique… bref, il n’y a pas grand monde qui tient la route là-dedans et c’est franchement regrettable. Il faut ajouter à cela que si le scénariste espérait capitaliser sur l’effet nostalgie du film, c’est indiscutablement raté. Pourtant, je ne demandais pas un Endgame bis avec ses multiples références à 10 ans de films plus ou moins réussis, juste des efforts : une musique décalée et/ou rythmée pour Quicksilver, les paroles exactes du Professeur Xavier lorsqu’il se souvient de sa première rencontre avec Raven.

Mais j’ai bien compris que ce n’était pas la peine de se plaindre du manque d’investissement flagrant du scénariste.

A partir de là, comment voulez-vous que les acteurs s’investissent émotionnellement dans cette chose et dans leurs rôles ? Après, je peux comprendre que James McAvoy, Michael Fassbender et Jennifer Lawrence pour ne citer qu’eux, veuillent raccrocher et passer à autre chose mais il aurait fallu que les choses soient bien faites… et encore une fois, je pense que ce n’est pas de leurs fautes : ils ont tous prouvé qu’ils étaient de très bons acteurs et actrices, sauf que cette fois le scénario ne suit pas.

Conclusion

Pour moi, X-Men : Dark phoenix est l’équivalent de la saison 8 de GoT – beaucoup d’attentes pour pas grand-chose. Sophie Turner sauve ce qu’elle peut des meubles et heureusement puisqu’elle porte plus ou moins le film toute seule. Si X-Men : Apocalypse et Logan étaient spectaculaires, ce dernier opus est à classer parmi les films oubliables. Dommage !

Bande-Dessinée/Comics

Free Comic Book Day, article #2

L’année passée j’avais consacré un petit article à l’évènement que je découvrais avec plaisir puisque je venais de retomber dans la marmite Bande Dessinée/Comics et le moins que l’on puisse dire c’est que j’en ai parcouru du chemin en un an à ce niveau ! Mes étagères se sont considérablement remplies – d’ailleurs cela risque de poser problème dans un futur plus ou moins proche mais bon… Que voulez-vous, j’aime presque autant les BD et les Comics que les romans, si ce n’est plus.

Pour en revenir au Free Comic Book Day, (qui s’est déroulé partout en France le 4 mai) c’est donc la deuxième fois que je « participe » à cet évènement et j’aime beaucoup le principe. En effet, les différentes maisons d’éditions de BD et de Comics mettent à disposition des lecteurs des extraits des titres à venir dans le courant de l’année, et ce gratuitement, dans les librairies participantes. Bien entendu, la gratuité n’est qu’un retour sur investissement puisque si l’extrait plait, le lecteur sera plus à même d’acheter l’ouvrage une fois sorti.  Cependant, je reconnais que c’est quand même plaisant en tant que lecteur de découvrir en avant-première les premiers chapitres d’histoires très attendues, comme le nouveau Batman, prévu pour Novembre 2019.

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Le FCBD placé sous le signe de Mars Attacks

L’année dernière les Héros des Comics étaient à la mode Steampunk et cette année, les organisateurs ont demandés à dessinateurs/illustrateurs confirmés ou non, de mettre ces héros en situation avec les martiens du film Mars Attacks. Le mélange des deux univers fonctionne étonnamment bien.

Les BD et Comics que j’ai choisi

  •  Batman Damned de Brian Azzarello et Lee Bermejo (Novembre 2019) : Le Joker est mort. C’est désormais une certitude. Mais qui, de Batman ou d’une menace autrement plus malfaisante, a pu mettre fin au règne de terreur du clown criminel ? Batman, retrouvé inconscient près du corps de son ennemi, est incapable de mettre ses souvenirs en ordre. Pire, il en vient à douter de la réalité elle-même. Pour l’accompagner, et le perdre un peu plus ?, le Justicier reçoit l’aide providentielle de John Constantine au cours d’une enquête qui l’amènera à frayer avec les forces mystiques tapies au coeur de Gotham.

Je n’ai jamais lu Hellblazer mais la série a été créée par Alan Moore et Stephen R. Bissette. C’est la plus longue série de la collection Vertigo de DC Comics avec 300 numéros publiés mensuellement. Désolée pour l’étalage de culture BD mais je me suis souvenu que John Higgins en avait parlé lors de sa Masterclass ; enfin, il avait de Constantine et Alan Moore en fait. Le reste, on va dire qu’Internet est mon meilleur ami…

Pour en revenir à Batman, j’ai l’impression que cela va être une grosse sortie de fin d’année. L’atmosphère de ce comics promet d’être affreusement sombre, plus sombre même que l’origin story de Batman en 5 tomes de Scott Snyder et Greg Capullo… Donc ça promet. Et puis il y les dessins qui sont tellement beaux ; ce sont des dessins hyper travaillés donc je suppose que cela ne plaira pas à tout le monde mais personnellement, je les trouve splendides et j’ai hâte d’en voir plus. J’ai également hâte de savoir qui a bossé sur la colorisation de cette œuvre parce qu’il y a vraiment un travail de dingue qui a été fourni dessus. Bref, que d’impatience pour les nouvelles aventures du Chevalier Noir !

 

  •   The Power of the Dark Crystal de Simon Spurrier et Kelly et Nichole Mattews (automne 2019) : Les années ont passées depuis que le Cristal Noir a été soigné et que la paix est revenue sur Thra. Jen et Kira, les deux Gelflings qui autrefois réussirent à sauver le monde, ont régné en tant que roi et reine, mais l’exercice du pouvoir les a détournés de la réalité des choses. Thra est malade, et ceux qui vivent à sa surface ne sont pas les seuls affectés. Une mystérieuse espèce de créatures, les Feuflings, vivent dans un royaume situé près du cœur de la planète, dissimulé aux  yeux des Gelflings. Une jeune Feufling nommée Thurma a pour mission de un éclat du Cristal afin de ramener la chaleur dans son monde. En chemin, elle se lie d’amitié avec un jeune Gelfling, conjure les Skeksès et les Mystiques, et s’embarque pour une incroyable aventure !…

… que je ne lirai sans doute pas en fin de compte. Je n’ai pas compris la moitié de ce que je lisais dans l’extrait et pour cause puisque cette série de comics est la suite directe du film Dark Crystal de Jim Henson et Frank Oz, sorti en 1982. Apparemment devenu un classique du cinéma depuis. Cependant, malgré une histoire qui semble un peu complexe et alambiquée, les dessins sont très sympa et offrent une réelle identité à ce comics. Reste à voir si Netflix arrivera à me vendre cet univers : une série basée sur le préquel du film de 1982 est prévue pour cet automne également. Affaire à suivre donc, de loin ou de près pour les intéressés.

 

  •  Mind Management (MGMT) de Matt Kindt (2020) : A la recherche d’un nouveau sujet de livre, Meru tombe sur un reportage concernant le mystérieux vol 815, dont les passagers ont inexplicablement perdu la mémoire en plein ciel. Bien décidée à mettre ses talents de journaliste d’investigation à profit pour résoudre cette énigme, elle se lance sur les maigres traces laissées par l’unique passager manquant à la descente de l’appareil. Son enquête la conduira bientôt sur la piste d’une puissante organisation secrète régissant le monde depuis l’ombre grâce à des pouvoirs de manipulation psychique, le MIND MGMT. Indice après indice, elle comprend que son rôle est bien plus important qu’elle ne l’aurait imaginé. Mais dans un monde où certains peuvent réécrire la réalité elle-même, peut-elle vraiment se fier à ce qui l’entoure ?

OUI, cent fois oui pour cette BD un peu plus indépendante. J’ai adoré ces deux premiers chapitres et je suis totalement partante pour en découvrir d’avantage sur le mystérieux vol 815… La seule chose qui m’a véritablement dérangé dans cette BD se sont les dessins et c’est tellement dommage pour une BD qui semble d’une très grande qualité ! Donc, il y a des chances pour que l’histoire de Matt Kindt rejoigne ma bibliothèque à sa sortie l’année prochaine mais la grande inconnue dans l’équation reste les dessins que j’ai énormément de mal à apprécier. Encore une affaire à suivre…

  •  Fox-Boy: le retour du garçon-renard de Laurent Lefeuvre :

En France aussi, on sait faire des super-héros. Les aventures de Fox-Boy sont publiées chez Komics Initiative et c’est pas mal : le coup de crayon est sympa, il y a un sens du rythme et du dialogue mais pour un auteur qui veut se détacher de Marvel et DC… j’ai trouvé qu’il y avait bien trop de références à Spider-Man, Batman et compagnie. De plus, ça reste un scénario classique de super-héros et du coup, je suis un peu déçue ; même si je reconnais volontiers qu’il est difficile de sortir des canons établis depuis des décennies par des scénaristes et dessinateurs ultra connus et reconnus à la tête desquels on retrouve bien évidemment Stan Lee et Jack Kirby… un peu dommage mais l’ensemble se lit quand même bien.

 

  •  Fantastic Four de Dan Slott et Sara Pichelli : Un brillant scientifique, son meilleur ami, la femme de sa vie et le petit frère de cette dernière s’envolent à bord d’une fusée expérimentale, à la conquête de l’espace. Exposés à de forte radiations cosmiques, ils reviennent sur Terre dotés de pouvoir surhumains. Ils forment alors les Quatre Fantastiques… avant d’être séparés par une terrible tragédie. Aux yeux du monde entier, Reed et Sue Richards, ainsi que la Fondation du Futur, se sont sacrifiés pour empêcher une catastrophe universelle d’advenir. Ben Grimm, alias la Chose, les croit morts lui aussi. Mais Johnny Storm n’abandonne pas l’espoir que le reste de sa famille soit toujours en vie, quelque part…

C’est simple mais c’est terriblement efficace ! En même temps, on parle de Marvel là… Le scénario à l’air bien construit et les dessins sont très sympa. Reste à voir si l’intrigue sera cousue de fil blanc ou si on aura le droit à quelques rebondissements, ce que j’espère fortement sans trop m’accrocher non plus. Quoiqu’il en soit, je vais quand mettre une option sur celle-ci aussi : j’ai bien envie de savoir ce qui est advenu de la famille de Johnny Storm…

Bande-Dessinée/Comics

[BD] The Old Guard – Tome 1 : A feu et à sang

Je ne lis plus énormément en ce moment, ou plutôt je lis pas mal de mangas et de BD et il se trouve que je n’en fais pas forcément des articles. D’où le ralentissement de l’activité sur mon blog… Cependant pour The Old Guard… voilà un comics qui mérite tellement d’avoir son article à lui tout seul.

L’immortalité dans tous ses états

C’est un vieux rêve de l’Humanité, et encore plus maintenant avec l’avancée des technologies, comme la cryogénisation par exemple. Il se trouve que c’est la thématique centrale de cette nouvelle série signée Greg Rucka et Léandro Fernandez, respectivement au scénario et au dessin. Daniela Miwa s’est chargée de l’encrage de la BD et Jodi Wynne du lettrage original de l’œuvre.

Mieux vaut tard que jamais dit-on ; et heureusement que la libraire de la librairie Les 9 Mondes me l’a conseillée plus d’une fois cette BD. La première fois n’a pas été la bonne : j’avais feuilleté l’ouvrage mais le peu que j’en avais vu ne m’avais pas spécialement emballée, stylistiquement parlant. La deuxième fois non plus : pourquoi pas, mais en fait non. Et puis la troisième fois fut enfin la bonne. Et je n’ai qu’un conseil à vous donner : ne faites pas comme moi, foncez ! Vous ne le regretterez pas. C’est encore une fois la preuve que les éditions Glénat Comics traduisent et sortent des pépites.

The Old Guard donc, c’est l’histoire d’Andromaque de Scythie et de sa bande. Ils sont un peu particuliers puisqu’ils sont immortels jusqu’à ce qu’ils aient fait leurs temps sur Terre, et cela peu prendre un certain temps évidemment… Andy et sa bande offrent leur service en tant que mercenaires/tueurs à gages aux plus offrants à travers les époques et cela leur permet de traverser ces dernières sans trop d’encombre, enfin c’est le cas jusqu’au XXIème siècle, notre époque. A l’heure d’Internet, où tout se sait en une fraction de secondes ou presque, il est difficile pour la belle brune badass et ses amis de dissimuler l’immortalité qui pèse sur leurs épaules. De quoi attirer la convoitise de gens mal intentionnés… Mais je ne vous en dirai pas plus, j’espère avoir suffisamment éveillé votre curiosité malgré tout.

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J’ai adoré cette lecture, bien que les dessins ne soient pas franchement ma tasse de thé mais c’est plus une question de gouts personnels pour le coup. Ce qui m’a vraiment plu, c’est le scénario et toutes les questions philosophique qu’il entraine en avançant ; c’est très intéressant de voir comment chaque personnage perçoit son immortalité et comment elle est gérée le cas échéant. Là non plus je ne peux pas trop en dire au risque de trop en dévoiler mais c’est appréciable de voir que la question est traitée de façon complète et que les personnages sont complexes et ne se prennent pas pour des Dieux tout-puissants. Par contre, je ne suis pas certaine que la BD soit à mettre entre les mains des plus jeunes ou des personnes très sensibles : beaucoup d’hémoglobine et quelques scènes un peu gores à la clé.

Conclusion

Je vous dirai bien de lire absolument The Old Guard parce que l’histoire et géniale et que le comics fait réfléchir mais vous faites comme vous voulez ! Pour ma part, je vais attendre la suite des aventures d’Andy et les autres, en étant sûre de trois choses : 1) Greg Rucka est définitivement un scénariste qui compte et qu’il faut suivre quasiment les yeux fermés, 2) C’est pareil pour les éditions Glénat Comics, vous pouvez y allez et vous me remercierez plus tard et 3) La patience n’est pas mon fort mais on va faire avec, jusqu’à la sortie du prochain tome.

Bande-Dessinée/Comics

[BD] Contro Natura

On reprend doucement les chroniques littérature avec la review d’une BD dévorée le Week-end dernier pour laquelle je n’ai pratiquement que des compliments parce que oui, il y a un tout petit mais (qui ne gâche en rien mon enthousiasme pour cette œuvre), cependant oui, je crois qu’on peut encore parler de chef d’œuvre ou de pépite. Décidément, Glénat Comics est coutumière du fait.

Contro Natura : Mirka Andolfo frappe fort avec un premier titre ambitieux

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Contro Natura raconte l’histoire de Leslie à New Roark avant que la situation ne dégénère complètement à cause des lois en vigueur dans cette ville, notamment une qui contrarie particulièrement la jeune « femme ». A son vingt-cinquième anniversaire chaque personne célibataire de New Roark se voit dans l’obligation de rejoindre le programme d’état afin d’assurer la conservation de chaque espèce via la procréation. Une sorte de site de rencontres institutionalisé et autorisé qui ne laisse pas vraiment la place aux rencontres réelles et fortuites. Le Regard voit et contrôle tout et gare à celui qui ne se conforme à la loi… Pas vraiment étonnant que Leslie ne soit pas plus enjouée à l’idée d’avoir vingt-cinq ans, d’autant que depuis un mois environ il y a aussi ce rêve récurrent aussi érotique qu’angoissant qui n’arrange pas les choses et ne présage rien de bon…

Entre Zootopie et La Ferme des animaux

Comme vous pouvez le constater avec la couverture, Leslie est un animal anthropomorphe, un cochon plus précisément. Et c’est le cas de tous les personnages de cette BD, tout le monde est anthropomorphe et doit obéir à la loi précédemment citée. Ceux qui refusent de la suivre parce qu’ils aiment un animal d’une autre espèce que la leur ou bien font preuve d’homosexualité sont appelé des « Contre-Nature » (d’où le nom de la BD). Et les « Contre-Nature » sont visiblement sévèrement sanctionnés par l’Etat, dirigé par un cochon du nom de Napoléon… Ca ne vous rappelle rien ?…

Après ce petit spoil volontaire de ma part, je pense qu’il est nécessaire de parler des deux grandes influences qui ont fait naitre cette BD ; à ce propos, il y en a sûrement d’autres que j’ai peut-être loupé mais ce sont les deux plus flagrantes alors autant en parler. La première donc, c’est Zootopie pour plusieurs raisons : pas seulement pour l’anthropomorphisme.

  • Leslie ressemble beaucoup à Judy dans le sens où elle ne se sens pas à l’aise dans la société dans laquelle elle vit. Elle se sens différente et rêve d’autre chose comme destinée que celle qui lui semble promise.
  • Le méchant de l’histoire n’est pas forcément celui qu’on croit dans les deux cas, mais vous n’en saurez pas plus ; de même que les partenaires de l’une comme de l’autre leur font former deux couples des plus détonants !
  • Et puis bien sûr, il y a l’anthropomorphisme. Je ne vais détailler ce point : les deux œuvres parlent pour elles-mêmes !…

Néanmoins, à la lecture, ce qui vous sautera aux yeux j’espère, c’est que le scénario s’appuie beaucoup sur une des œuvres phare de George Orwell, la bien nommée Ferme des Animaux, désormais un classique de la littérature paru en 1981. Que ce soient des éléments structurel de l’histoire ou simplement des petits détails glissés à l’attention du lecteur attentif, tout laisse à penser que Mirka Andolfo s’est inspirée (en bien) de George Orwell pour créer son univers propre.

 Une première histoire prometteuse malgré de petites faiblesses scénaristiques

Ce qui m’amène à évoquer la BD d’un point de vue esthétique et scénaristique. D’ailleurs, je vais commencer par dire un mot sur le scénario très rapidement. Si, de manière générale, le scénario de cette histoire tient la route et offre un univers nouveau tout en reposant sur des éléments puisés dans d’autres œuvres, il reste néanmoins quelques lacunes qui affaiblissent un peu l’histoire qui aborde pourtant des thèmes importants et forts. Certains points complexes auraient mérités plus amples explications alors qu’ils donnent l’impression d’être juste survolés par l’auteur. Cela peut peut-être destabiliser le lecteur au point de le faire abandonner sa lecture pour les moins téméraires et c’est vraiment dommage de se dire qu’il y a potentiellement des points de blocages à ce niveau dans une BD de cette qualité.

Cependant pour moi, il y a trop de points positifs pour m’arrêter sur cela. Evidemment que j’accorde de l’importance à la cohérence du récit que l’on m’offre, que ce soit dans une BD, un livre ou un film. C’est primordial pour entrer dans un univers ; et malgré quelques points qui manquent d’explications, le scénario et l’histoire de Contro Natura tiennent la route. Premièrement parce qu’on sent que l’auteur y a mis toute son énergie et sa passion et je pense que les faiblesses scénaristiques proviennent de ça. Cela ne vous est jamais arrivé de créer quelque chose, une histoire, et d’être tellement absorbé dans votre univers que tout ce que vous racontez vous parait logique et cohérent alors qu’une personne extérieure, un lecteur par exemple, aura besoin de plus de détails et d’explications pour trouver les choses cohérentes ? C’est exactement le cas de Contro Natura.

Deuxièmement, les thématiques abordées sont fortes et font réfléchir et c’est assez inattendu pour une première BD. Personnellement, c’est quelque chose que j’adore ! Mais cela implique également une grosse prise de risque : avoir placé la barre trop haute et complètement rater les autres travaux. Mais c’est quand même vachement cool d’avoir de l’ambition pour aborder des sujets importants tels que la place de l’amour dans une société hyper contrôlée, l’homosexualité, parvenir à être soi-même et la place de l’autre… Et enfin et non des moindres : les dessins. Je suis amoureuse des dessins de cette histoire qui servent magnifiquement le scénario inventé par Andolfo. Par contre, autant être franche, cette BD s’adresse à un public averti : il y a (pas mal) de sang et bon nombre de dessins érotiques voire carrément explicites. Cependant, ce n’est jamais vulgaire ; les dessins sont toujours soignés avec un travail de dingue sur les couleurs, la lumière et les ombres. Atmosphères garanties au rendez-vous.

Conclusion

Des dessins splendides et travaillés dans le moindre détail au service d’un premier scénario ambitieux et prometteur de belles choses pour la suite. Mirka Andolfo, auteur/dessinatrice italienne est définitivement quelqu’un à suivre de très près. Je ne peux que vous conseiller sa première BD, Contro Natura, qui ne vous laissera pas indifférents, j’en suis certaine !

Bande-Dessinée/Comics

[BD] Batman – White Knight

Mercredi dernier j’ai fini Batman White Knight et j’ai un peu oublié l’article qui va avec… Donc il grand temps que je me rattrape, surtout que j’ai trouvé ce comics plutôt très bien, sans être parfait non plus. L’histoire est originale et plutôt bonne malgré quelques incohérences de scénario qui m’ont dérangée ; parfois la résolution de certaines choses ou certaines actions sortent un peu de nulle part, quand elles ne sont pas cousues de fil blanc. Cependant, le scénario s’amuse à explorer un chemin encore inconnu dans l’univers et l’historique du Chevalier Noir et cela entraine des mécanismes aussi fascinants qu’inquiétants à découvrir et à analyser… Petit retour en arrière sur mes impressions de lecture.

Couverture Batman - White Knight

Nous connaissons tous l’origine de Batman, et son histoire aussi sombre que l’est son costume : l’assassinat monstrueux de ses parents, Thomas et Martha Wayne, bienfaiteurs de Gotham City, qui entraine le jeune Bruce Wayne dans une lutte sans relâche contre le crime. Dans cette croisade des temps modernes, le justicier est aidé par son fidèle majordome Alfred Pennyworth. Il est d’ailleurs considéré comme un père par Bruce, à juste titre. Mais on pourrait se poser la question de l’avenir de Batman si Pennyworth venait à disparaitre. Sans vous révéler le pourquoi du comment, c’est exactement ce qui arrive dans White Knight.

La conséquence directe c’est que Batman sombre doucement dans la folie et devient de plus en plus incontrôlable, à tel point que les alliés d’hier (Nightwing, Batgirl, l’Inspecteur Gordon…) prennent leur distances avec le Chevalier Noir. Et si Batman semble s’enfoncer dans la folie, quelqu’un d’autre semble retrouver la raison en la personne de Jack Napier, anciennement connu comme le Joker, l’ennemi juré de la chauve-souris. Ce dernier affirme avoir retrouvé ses esprits et sa raison et souhaite payer sa dette envers Gotham d’une façon plutôt inattendue pour un ancien super-criminel : Jack Napier a la volonté d’aider la ville en faisant œuvre de bienfaisance auprès des Gothamites… il deviendra le Chevalier Blanc de Gotham.

Jack Napier, le miroir opposé de Bruce Wayne.

J’ai toujours été attirée par le Joker et Harley Quinn dans les comics sur Batman. Je trouve que ce sont deux personnages tout à fait fascinants dans leurs folies. Si l’on en croit la génèse du Joker, ce dernier a été « créé » par Batman lui-même, ce qui explique qu’ils soient si souvent associés l’un à l’autre. Certes, ils s’opposent et s’affrontent constamment mais ils sont chacun le parfait miroir déformé de l’autre. Et Sean Murphy renforce encore cette idée avec cette histoire. Si vous lisez ce comics, vous vous rendrez vite compte que Jack Napier est châtain clair, qu’il est maigrichon et qu’il a la peau claire quand Wayne de son côté est un grand brun baraqué, à la peau plutôt bronzée (bien que dernier point dépende uniquement de la libre appréciation du dessinateur ; le physique varie donc d’une BD à l’autre).

Nouvelle opposition claire et nette des deux personnages sur le plan du comportement et de la personnalité ; Jack est ouvert aux autres, il est calme, posé, et réfléchi alors que Batman est tout l’inverse vous l’aurez compris. Donc je ne vais pas détaillé davantage cet aspect qui structure cette nouvelle histoire qui met une nouvelle fois en scène ce « couple mythique » dans un scénario original et brillant qui montre tout de même quelques signes de faiblesse. Bien que ces faiblesses restent acceptables, elles enlèvent de la fraicheur à un scénario pourtant novateur.

Nouveau héros, nouveau vilain ?

Eh bien, oui et non. A ce propos, c’est là que le bas blesse et cela affaibli quelque peu l’originalité de l’ouvrage ; le « nouveau » super-vilain s’appelle Neo-Joker et est une femme, ce qui est plutôt pas mal j’en conviens. Cela étant, cette Neo-Joker reste un personnage avec l’empreinte et certains codes du Joker d’origine donc à la lecture, on peut avoir l’impression que le scénariste ne s’est pas vraiment cassé la tête et a opté pour la facilité. C’est dommage, surtout avec une histoire aussi novatrice !

Autre point noir de cette BD : certains éléments de résolution qui apparaissent à la fin de la BD, lorsque tout semble rentrer dans l’ordre ; je vais être assez brève là aussi (je ne veux pas trop en révéler, histoire que vous gardiez un effet de surprise et de découverte à la lecture) mais j’ai clairement eu la sensation que certains éléments sortaient de nulle part et ne trouvaient pas d’autres explications sinon qu’il s’agit d’une nouvelle histoire de  Batman dans un presque nouvel univers et que le lecteur devait faire table rase de la mythologie de la chauve-souris concernant ces éléments précis… Ou sinon, ces éléments ne sont pas assez détaillés et une planche en plus n’aurait sans doute pas été du luxe.

Conclusion

C’est très clairement une BD à lire avec du contenu et des jolis dessins, très soignés qui collent à l’atmosphère voulu pour ce nouveau chapitre dans la mythologie de Batman et du Joker. En parlant du Joker, on en apprend beaucoup plus sur lui et sur ses motivations et c’est un vrai plus ; le comics éclaire d’un nouvel angle la relation Batman/Joker tout en tenant compte de ce qui a été fait avant. De ce fait, Batman – White Knight frôle la perfection sans pour autant l’atteindre malheureusement ; de mon point de vue, c’est la faute à un essoufflement du scénario sur des points pourtant clé comme par exemple le vilain dans cet opus. Batman White Knight, très bon comics mais peut mieux faire.