Cinéma

Les hommes & les femmes en noir

Dernier film sur ma liste de films « A voir peut-être », Men in Black : International de F. Gary Gray. Un reboot assez sympathique qui remplit sa mission première de divertissement sans pour autant être à la hauteur du tout premier Men in Black réalisé par Barry Sonnenfeld en 1997. Même si le scénario est efficace (dans le sens où il modernise un temps soit peu la franchise), il n’en reste pas moins prévisible quasiment de bout en bout.

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Néanmoins, rendons à César ce qui lui appartient : les scénaristes ont tout de même évité au spectateur la presque traditionnelle romance insipide et inutile entre l’agent H et l’agent M, autrement dit les protagonistes principaux incarnés par Chris Hemsworth et Tessa Thompson. Et c’est tant mieux ! Un cliché de moins sur lequel râler.

D’ailleurs puisqu’on parle des personnages, j’ai également apprécié la construction des agents M et H ; ils ont chacun leurs motivations, leurs blessures et le tout est plutôt bien amené et exploité, même si bien sûr il aurait été possible de faire encore mieux je pense… Par contre, je crois qu’il faut arrêter avec Liam Neeson – enfin, je veux dire… c’est un bon acteur mais j’ai toujours l’impression de le voir plus ou moins dans le même registre ou du moins, j’ai l’impression qu’il incarne toujours le même type de personnage. Résultat : l’intrigue devient prévisible et c’est couru d’avance ; personnellement, j’avais dénoué le nœud de l’histoire bien avant les deux héros.

Comme je le disais plus haut, le film est prévisible mais pas décevant dans son ensemble. Cela étant dit, il y a cependant deux choses que j’ai trouvé grandement décevantes ; premièrement l’humour. Il y a bien un ou deux moments marrants dans le film mais rien de bien transcendant à mon goût, mais c’est un avis totalement subjectif. En comparaison j’avais le souvenir d’un film à littéralement mourir de rire avec le duo Will Smith/Tommy Lee Jones… Mais je connais la chanson : reboot = franchise/film connu MAIS nouvelle histoire avec de nouveaux personnages et une nouvelle intrigue. Je ne m’en plains pas, cependant un peu plus d’humour n’aurait certainement pas nuit au film à mon sens. Un mot aussi concernant la musique du film qui ne marquera pas les esprits, j’en suis navrée. Danny Elfman que j’adore pourtant, nous a servi une bande son tout à fait oubliable et sans saveur… La musique basique d’un film d’action en somme.

Conclusion

Film à voir au cinéma si vous avez un abonnement illimité ou encore mieux : chez vous, à la télé devant un plateau repas. C’est sûrement un jugement un peu dur dit comme ça mais c’est ce que vaut ce film à mes yeux. Heureusement pour lui, le film ne cherche pas à jouer sur l’effet nostalgie du premier MIB mais il reste construit sur un scénario prévisible qui cherche un peu maladroitement à moderniser la franchise, notamment avec un nouveau duo d’agents qui fonctionne très bien grâce sans doute à la complicité entre Tessa Thompson et Chris Hemsworth.

Cinéma

Quand le phénix ne s’envole pas

J’aime énormément les X-Men, peut-être pas autant que les Avengers mais quand même, et puis généralement ce sont plutôt de bons films – à grand spectacle certes mais c’est la raison majeure pour laquelle les gens se déplacent en nombre d’habitude, à condition que le scénario et les émotions soient au rendez-vous… ce qui n’est pas le cas ici. Attention, accrochez vos ceinture pour une critique négative avec quelques spoilers à la clé.

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Vous l’aurez compris, je n’ai particulièrement aimé ce film et donc, une fois n’est pas coutume, commençons par les points négatifs puisqu’il n’y a que ça quasiment. Tous ces points négatifs découlent d’un point central et très mauvais selon moi : le scénario.

Je ne sais pas vraiment si c’est moi qui suis en train de faire une overdose de super-héros depuis Avengers Endgame ou si le scénario est véritablement mauvais mais je n’ai pris aucun plaisir à regarder l’histoire qui m’était racontée ou si peu ; l’équipe du film n’a pas réussi à faire que je me sente émotionnellement investie dans ce film. L’effet nostalgie n’a absolument pas fonctionné et du coup le film tombe à l’eau.

Le problème majeur des X-Men c’est qu’aucun des personnages, hors mis Wolverine, Charles Xavier et Magnéto, n’a d’intérêt à lui tout seul ; c’est pour cette raison le plus souvent que l’origin story du personnage en question est mélangé à la trame plus globale de l’histoire, avec le développement dudit héros au sein du groupe des X-Men. De ce fait, on se retrouve souvent dans un entre deux et cela se vérifie pour Jean Grey et Dark Phoenix.

Concrètement le film est censé tourner autour d’elle mais se retrouve bien vite à expliquer les problèmes de la vision du Professeur Charles Xavier pour les mutants et des conséquences (catastrophiques pour Jean) que cela entraine pour les résidents du pensionnat quel que soit l’âge de ces derniers. L’autre problème du scénario c’est qu’il est incroyablement vide et simpliste par moments. Honnêtement, je ne sais pas à quoi pensait le scénariste (qui se trouve être le réalisateur du film) à l’écriture mais le camp adverse des X-Men est en carton-pâte et la menace du Phénix lui-même… je préfère ne pas en parler.

J’ai eu mal au cœur pour les acteurs très franchement. Ils ont fait ce qu’ils ont pu avec pas grand-chose. Il n’y a aucune recherche, c’est le niveau 0 du film de super-héros : la menace est extraterrestre et attise la peur des uns et la convoitise des autres. Le schéma est classique, soit et pourquoi pas ! Mais dans ce cas cher M. le scénariste, expliquez-moi l’origine de la menace de façon un minimum élaborée et pas seulement avec un vulgaire : c’est le Big Bang qui l’a créée. C’est vraiment la réponse basique qui démontre que le scénariste n’a pas réellement réfléchi à la question et le pire dans tout ça c’est que cela donne l’impression que l’équipe du film prend les spectateurs pour des imbéciles. Vous pensiez vraiment qu’on ne s’en rendrait pas compte ?

De plus le traitement déplorable de certains personnages (pour ne pas dire tous) empêche le spectateur de s’investir dans l’histoire racontée. Charles Xavier est devenu une pâle copie mégalomane de lui-même, Raven meurt d’une manière pitoyable (c’en est risible), Magnéto est devenu une sorte de guide spirituel pour mutants en détresse sur une île coupée du monde, Quicksilver a perdu son côté décalé que j’adorais, Diablo s’occupe de la logistique… bref, il n’y a pas grand monde qui tient la route là-dedans et c’est franchement regrettable. Il faut ajouter à cela que si le scénariste espérait capitaliser sur l’effet nostalgie du film, c’est indiscutablement raté. Pourtant, je ne demandais pas un Endgame bis avec ses multiples références à 10 ans de films plus ou moins réussis, juste des efforts : une musique décalée et/ou rythmée pour Quicksilver, les paroles exactes du Professeur Xavier lorsqu’il se souvient de sa première rencontre avec Raven.

Mais j’ai bien compris que ce n’était pas la peine de se plaindre du manque d’investissement flagrant du scénariste.

A partir de là, comment voulez-vous que les acteurs s’investissent émotionnellement dans cette chose et dans leurs rôles ? Après, je peux comprendre que James McAvoy, Michael Fassbender et Jennifer Lawrence pour ne citer qu’eux, veuillent raccrocher et passer à autre chose mais il aurait fallu que les choses soient bien faites… et encore une fois, je pense que ce n’est pas de leurs fautes : ils ont tous prouvé qu’ils étaient de très bons acteurs et actrices, sauf que cette fois le scénario ne suit pas.

Conclusion

Pour moi, X-Men : Dark phoenix est l’équivalent de la saison 8 de GoT – beaucoup d’attentes pour pas grand-chose. Sophie Turner sauve ce qu’elle peut des meubles et heureusement puisqu’elle porte plus ou moins le film toute seule. Si X-Men : Apocalypse et Logan étaient spectaculaires, ce dernier opus est à classer parmi les films oubliables. Dommage !

Bande-Dessinée/Comics

Free Comic Book Day, article #2

L’année passée j’avais consacré un petit article à l’évènement que je découvrais avec plaisir puisque je venais de retomber dans la marmite Bande Dessinée/Comics et le moins que l’on puisse dire c’est que j’en ai parcouru du chemin en un an à ce niveau ! Mes étagères se sont considérablement remplies – d’ailleurs cela risque de poser problème dans un futur plus ou moins proche mais bon… Que voulez-vous, j’aime presque autant les BD et les Comics que les romans, si ce n’est plus.

Pour en revenir au Free Comic Book Day, (qui s’est déroulé partout en France le 4 mai) c’est donc la deuxième fois que je « participe » à cet évènement et j’aime beaucoup le principe. En effet, les différentes maisons d’éditions de BD et de Comics mettent à disposition des lecteurs des extraits des titres à venir dans le courant de l’année, et ce gratuitement, dans les librairies participantes. Bien entendu, la gratuité n’est qu’un retour sur investissement puisque si l’extrait plait, le lecteur sera plus à même d’acheter l’ouvrage une fois sorti.  Cependant, je reconnais que c’est quand même plaisant en tant que lecteur de découvrir en avant-première les premiers chapitres d’histoires très attendues, comme le nouveau Batman, prévu pour Novembre 2019.

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Le FCBD placé sous le signe de Mars Attacks

L’année dernière les Héros des Comics étaient à la mode Steampunk et cette année, les organisateurs ont demandés à dessinateurs/illustrateurs confirmés ou non, de mettre ces héros en situation avec les martiens du film Mars Attacks. Le mélange des deux univers fonctionne étonnamment bien.

Les BD et Comics que j’ai choisi

  •  Batman Damned de Brian Azzarello et Lee Bermejo (Novembre 2019) : Le Joker est mort. C’est désormais une certitude. Mais qui, de Batman ou d’une menace autrement plus malfaisante, a pu mettre fin au règne de terreur du clown criminel ? Batman, retrouvé inconscient près du corps de son ennemi, est incapable de mettre ses souvenirs en ordre. Pire, il en vient à douter de la réalité elle-même. Pour l’accompagner, et le perdre un peu plus ?, le Justicier reçoit l’aide providentielle de John Constantine au cours d’une enquête qui l’amènera à frayer avec les forces mystiques tapies au coeur de Gotham.

Je n’ai jamais lu Hellblazer mais la série a été créée par Alan Moore et Stephen R. Bissette. C’est la plus longue série de la collection Vertigo de DC Comics avec 300 numéros publiés mensuellement. Désolée pour l’étalage de culture BD mais je me suis souvenu que John Higgins en avait parlé lors de sa Masterclass ; enfin, il avait de Constantine et Alan Moore en fait. Le reste, on va dire qu’Internet est mon meilleur ami…

Pour en revenir à Batman, j’ai l’impression que cela va être une grosse sortie de fin d’année. L’atmosphère de ce comics promet d’être affreusement sombre, plus sombre même que l’origin story de Batman en 5 tomes de Scott Snyder et Greg Capullo… Donc ça promet. Et puis il y les dessins qui sont tellement beaux ; ce sont des dessins hyper travaillés donc je suppose que cela ne plaira pas à tout le monde mais personnellement, je les trouve splendides et j’ai hâte d’en voir plus. J’ai également hâte de savoir qui a bossé sur la colorisation de cette œuvre parce qu’il y a vraiment un travail de dingue qui a été fourni dessus. Bref, que d’impatience pour les nouvelles aventures du Chevalier Noir !

 

  •   The Power of the Dark Crystal de Simon Spurrier et Kelly et Nichole Mattews (automne 2019) : Les années ont passées depuis que le Cristal Noir a été soigné et que la paix est revenue sur Thra. Jen et Kira, les deux Gelflings qui autrefois réussirent à sauver le monde, ont régné en tant que roi et reine, mais l’exercice du pouvoir les a détournés de la réalité des choses. Thra est malade, et ceux qui vivent à sa surface ne sont pas les seuls affectés. Une mystérieuse espèce de créatures, les Feuflings, vivent dans un royaume situé près du cœur de la planète, dissimulé aux  yeux des Gelflings. Une jeune Feufling nommée Thurma a pour mission de un éclat du Cristal afin de ramener la chaleur dans son monde. En chemin, elle se lie d’amitié avec un jeune Gelfling, conjure les Skeksès et les Mystiques, et s’embarque pour une incroyable aventure !…

… que je ne lirai sans doute pas en fin de compte. Je n’ai pas compris la moitié de ce que je lisais dans l’extrait et pour cause puisque cette série de comics est la suite directe du film Dark Crystal de Jim Henson et Frank Oz, sorti en 1982. Apparemment devenu un classique du cinéma depuis. Cependant, malgré une histoire qui semble un peu complexe et alambiquée, les dessins sont très sympa et offrent une réelle identité à ce comics. Reste à voir si Netflix arrivera à me vendre cet univers : une série basée sur le préquel du film de 1982 est prévue pour cet automne également. Affaire à suivre donc, de loin ou de près pour les intéressés.

 

  •  Mind Management (MGMT) de Matt Kindt (2020) : A la recherche d’un nouveau sujet de livre, Meru tombe sur un reportage concernant le mystérieux vol 815, dont les passagers ont inexplicablement perdu la mémoire en plein ciel. Bien décidée à mettre ses talents de journaliste d’investigation à profit pour résoudre cette énigme, elle se lance sur les maigres traces laissées par l’unique passager manquant à la descente de l’appareil. Son enquête la conduira bientôt sur la piste d’une puissante organisation secrète régissant le monde depuis l’ombre grâce à des pouvoirs de manipulation psychique, le MIND MGMT. Indice après indice, elle comprend que son rôle est bien plus important qu’elle ne l’aurait imaginé. Mais dans un monde où certains peuvent réécrire la réalité elle-même, peut-elle vraiment se fier à ce qui l’entoure ?

OUI, cent fois oui pour cette BD un peu plus indépendante. J’ai adoré ces deux premiers chapitres et je suis totalement partante pour en découvrir d’avantage sur le mystérieux vol 815… La seule chose qui m’a véritablement dérangé dans cette BD se sont les dessins et c’est tellement dommage pour une BD qui semble d’une très grande qualité ! Donc, il y a des chances pour que l’histoire de Matt Kindt rejoigne ma bibliothèque à sa sortie l’année prochaine mais la grande inconnue dans l’équation reste les dessins que j’ai énormément de mal à apprécier. Encore une affaire à suivre…

  •  Fox-Boy: le retour du garçon-renard de Laurent Lefeuvre :

En France aussi, on sait faire des super-héros. Les aventures de Fox-Boy sont publiées chez Komics Initiative et c’est pas mal : le coup de crayon est sympa, il y a un sens du rythme et du dialogue mais pour un auteur qui veut se détacher de Marvel et DC… j’ai trouvé qu’il y avait bien trop de références à Spider-Man, Batman et compagnie. De plus, ça reste un scénario classique de super-héros et du coup, je suis un peu déçue ; même si je reconnais volontiers qu’il est difficile de sortir des canons établis depuis des décennies par des scénaristes et dessinateurs ultra connus et reconnus à la tête desquels on retrouve bien évidemment Stan Lee et Jack Kirby… un peu dommage mais l’ensemble se lit quand même bien.

 

  •  Fantastic Four de Dan Slott et Sara Pichelli : Un brillant scientifique, son meilleur ami, la femme de sa vie et le petit frère de cette dernière s’envolent à bord d’une fusée expérimentale, à la conquête de l’espace. Exposés à de forte radiations cosmiques, ils reviennent sur Terre dotés de pouvoir surhumains. Ils forment alors les Quatre Fantastiques… avant d’être séparés par une terrible tragédie. Aux yeux du monde entier, Reed et Sue Richards, ainsi que la Fondation du Futur, se sont sacrifiés pour empêcher une catastrophe universelle d’advenir. Ben Grimm, alias la Chose, les croit morts lui aussi. Mais Johnny Storm n’abandonne pas l’espoir que le reste de sa famille soit toujours en vie, quelque part…

C’est simple mais c’est terriblement efficace ! En même temps, on parle de Marvel là… Le scénario à l’air bien construit et les dessins sont très sympa. Reste à voir si l’intrigue sera cousue de fil blanc ou si on aura le droit à quelques rebondissements, ce que j’espère fortement sans trop m’accrocher non plus. Quoiqu’il en soit, je vais quand mettre une option sur celle-ci aussi : j’ai bien envie de savoir ce qui est advenu de la famille de Johnny Storm…

Bande-Dessinée/Comics

[BD] The Old Guard – Tome 1 : A feu et à sang

Je ne lis plus énormément en ce moment, ou plutôt je lis pas mal de mangas et de BD et il se trouve que je n’en fais pas forcément des articles. D’où le ralentissement de l’activité sur mon blog… Cependant pour The Old Guard… voilà un comics qui mérite tellement d’avoir son article à lui tout seul.

L’immortalité dans tous ses états

C’est un vieux rêve de l’Humanité, et encore plus maintenant avec l’avancée des technologies, comme la cryogénisation par exemple. Il se trouve que c’est la thématique centrale de cette nouvelle série signée Greg Rucka et Léandro Fernandez, respectivement au scénario et au dessin. Daniela Miwa s’est chargée de l’encrage de la BD et Jodi Wynne du lettrage original de l’œuvre.

Mieux vaut tard que jamais dit-on ; et heureusement que la libraire de la librairie Les 9 Mondes me l’a conseillée plus d’une fois cette BD. La première fois n’a pas été la bonne : j’avais feuilleté l’ouvrage mais le peu que j’en avais vu ne m’avais pas spécialement emballée, stylistiquement parlant. La deuxième fois non plus : pourquoi pas, mais en fait non. Et puis la troisième fois fut enfin la bonne. Et je n’ai qu’un conseil à vous donner : ne faites pas comme moi, foncez ! Vous ne le regretterez pas. C’est encore une fois la preuve que les éditions Glénat Comics traduisent et sortent des pépites.

The Old Guard donc, c’est l’histoire d’Andromaque de Scythie et de sa bande. Ils sont un peu particuliers puisqu’ils sont immortels jusqu’à ce qu’ils aient fait leurs temps sur Terre, et cela peu prendre un certain temps évidemment… Andy et sa bande offrent leur service en tant que mercenaires/tueurs à gages aux plus offrants à travers les époques et cela leur permet de traverser ces dernières sans trop d’encombre, enfin c’est le cas jusqu’au XXIème siècle, notre époque. A l’heure d’Internet, où tout se sait en une fraction de secondes ou presque, il est difficile pour la belle brune badass et ses amis de dissimuler l’immortalité qui pèse sur leurs épaules. De quoi attirer la convoitise de gens mal intentionnés… Mais je ne vous en dirai pas plus, j’espère avoir suffisamment éveillé votre curiosité malgré tout.

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J’ai adoré cette lecture, bien que les dessins ne soient pas franchement ma tasse de thé mais c’est plus une question de gouts personnels pour le coup. Ce qui m’a vraiment plu, c’est le scénario et toutes les questions philosophique qu’il entraine en avançant ; c’est très intéressant de voir comment chaque personnage perçoit son immortalité et comment elle est gérée le cas échéant. Là non plus je ne peux pas trop en dire au risque de trop en dévoiler mais c’est appréciable de voir que la question est traitée de façon complète et que les personnages sont complexes et ne se prennent pas pour des Dieux tout-puissants. Par contre, je ne suis pas certaine que la BD soit à mettre entre les mains des plus jeunes ou des personnes très sensibles : beaucoup d’hémoglobine et quelques scènes un peu gores à la clé.

Conclusion

Je vous dirai bien de lire absolument The Old Guard parce que l’histoire et géniale et que le comics fait réfléchir mais vous faites comme vous voulez ! Pour ma part, je vais attendre la suite des aventures d’Andy et les autres, en étant sûre de trois choses : 1) Greg Rucka est définitivement un scénariste qui compte et qu’il faut suivre quasiment les yeux fermés, 2) C’est pareil pour les éditions Glénat Comics, vous pouvez y allez et vous me remercierez plus tard et 3) La patience n’est pas mon fort mais on va faire avec, jusqu’à la sortie du prochain tome.

Bande-Dessinée/Comics

[BD] Contro Natura

On reprend doucement les chroniques littérature avec la review d’une BD dévorée le Week-end dernier pour laquelle je n’ai pratiquement que des compliments parce que oui, il y a un tout petit mais (qui ne gâche en rien mon enthousiasme pour cette œuvre), cependant oui, je crois qu’on peut encore parler de chef d’œuvre ou de pépite. Décidément, Glénat Comics est coutumière du fait.

Contro Natura : Mirka Andolfo frappe fort avec un premier titre ambitieux

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Contro Natura raconte l’histoire de Leslie à New Roark avant que la situation ne dégénère complètement à cause des lois en vigueur dans cette ville, notamment une qui contrarie particulièrement la jeune « femme ». A son vingt-cinquième anniversaire chaque personne célibataire de New Roark se voit dans l’obligation de rejoindre le programme d’état afin d’assurer la conservation de chaque espèce via la procréation. Une sorte de site de rencontres institutionalisé et autorisé qui ne laisse pas vraiment la place aux rencontres réelles et fortuites. Le Regard voit et contrôle tout et gare à celui qui ne se conforme à la loi… Pas vraiment étonnant que Leslie ne soit pas plus enjouée à l’idée d’avoir vingt-cinq ans, d’autant que depuis un mois environ il y a aussi ce rêve récurrent aussi érotique qu’angoissant qui n’arrange pas les choses et ne présage rien de bon…

Entre Zootopie et La Ferme des animaux

Comme vous pouvez le constater avec la couverture, Leslie est un animal anthropomorphe, un cochon plus précisément. Et c’est le cas de tous les personnages de cette BD, tout le monde est anthropomorphe et doit obéir à la loi précédemment citée. Ceux qui refusent de la suivre parce qu’ils aiment un animal d’une autre espèce que la leur ou bien font preuve d’homosexualité sont appelé des « Contre-Nature » (d’où le nom de la BD). Et les « Contre-Nature » sont visiblement sévèrement sanctionnés par l’Etat, dirigé par un cochon du nom de Napoléon… Ca ne vous rappelle rien ?…

Après ce petit spoil volontaire de ma part, je pense qu’il est nécessaire de parler des deux grandes influences qui ont fait naitre cette BD ; à ce propos, il y en a sûrement d’autres que j’ai peut-être loupé mais ce sont les deux plus flagrantes alors autant en parler. La première donc, c’est Zootopie pour plusieurs raisons : pas seulement pour l’anthropomorphisme.

  • Leslie ressemble beaucoup à Judy dans le sens où elle ne se sens pas à l’aise dans la société dans laquelle elle vit. Elle se sens différente et rêve d’autre chose comme destinée que celle qui lui semble promise.
  • Le méchant de l’histoire n’est pas forcément celui qu’on croit dans les deux cas, mais vous n’en saurez pas plus ; de même que les partenaires de l’une comme de l’autre leur font former deux couples des plus détonants !
  • Et puis bien sûr, il y a l’anthropomorphisme. Je ne vais détailler ce point : les deux œuvres parlent pour elles-mêmes !…

Néanmoins, à la lecture, ce qui vous sautera aux yeux j’espère, c’est que le scénario s’appuie beaucoup sur une des œuvres phare de George Orwell, la bien nommée Ferme des Animaux, désormais un classique de la littérature paru en 1981. Que ce soient des éléments structurel de l’histoire ou simplement des petits détails glissés à l’attention du lecteur attentif, tout laisse à penser que Mirka Andolfo s’est inspirée (en bien) de George Orwell pour créer son univers propre.

 Une première histoire prometteuse malgré de petites faiblesses scénaristiques

Ce qui m’amène à évoquer la BD d’un point de vue esthétique et scénaristique. D’ailleurs, je vais commencer par dire un mot sur le scénario très rapidement. Si, de manière générale, le scénario de cette histoire tient la route et offre un univers nouveau tout en reposant sur des éléments puisés dans d’autres œuvres, il reste néanmoins quelques lacunes qui affaiblissent un peu l’histoire qui aborde pourtant des thèmes importants et forts. Certains points complexes auraient mérités plus amples explications alors qu’ils donnent l’impression d’être juste survolés par l’auteur. Cela peut peut-être destabiliser le lecteur au point de le faire abandonner sa lecture pour les moins téméraires et c’est vraiment dommage de se dire qu’il y a potentiellement des points de blocages à ce niveau dans une BD de cette qualité.

Cependant pour moi, il y a trop de points positifs pour m’arrêter sur cela. Evidemment que j’accorde de l’importance à la cohérence du récit que l’on m’offre, que ce soit dans une BD, un livre ou un film. C’est primordial pour entrer dans un univers ; et malgré quelques points qui manquent d’explications, le scénario et l’histoire de Contro Natura tiennent la route. Premièrement parce qu’on sent que l’auteur y a mis toute son énergie et sa passion et je pense que les faiblesses scénaristiques proviennent de ça. Cela ne vous est jamais arrivé de créer quelque chose, une histoire, et d’être tellement absorbé dans votre univers que tout ce que vous racontez vous parait logique et cohérent alors qu’une personne extérieure, un lecteur par exemple, aura besoin de plus de détails et d’explications pour trouver les choses cohérentes ? C’est exactement le cas de Contro Natura.

Deuxièmement, les thématiques abordées sont fortes et font réfléchir et c’est assez inattendu pour une première BD. Personnellement, c’est quelque chose que j’adore ! Mais cela implique également une grosse prise de risque : avoir placé la barre trop haute et complètement rater les autres travaux. Mais c’est quand même vachement cool d’avoir de l’ambition pour aborder des sujets importants tels que la place de l’amour dans une société hyper contrôlée, l’homosexualité, parvenir à être soi-même et la place de l’autre… Et enfin et non des moindres : les dessins. Je suis amoureuse des dessins de cette histoire qui servent magnifiquement le scénario inventé par Andolfo. Par contre, autant être franche, cette BD s’adresse à un public averti : il y a (pas mal) de sang et bon nombre de dessins érotiques voire carrément explicites. Cependant, ce n’est jamais vulgaire ; les dessins sont toujours soignés avec un travail de dingue sur les couleurs, la lumière et les ombres. Atmosphères garanties au rendez-vous.

Conclusion

Des dessins splendides et travaillés dans le moindre détail au service d’un premier scénario ambitieux et prometteur de belles choses pour la suite. Mirka Andolfo, auteur/dessinatrice italienne est définitivement quelqu’un à suivre de très près. Je ne peux que vous conseiller sa première BD, Contro Natura, qui ne vous laissera pas indifférents, j’en suis certaine !

Bande-Dessinée/Comics

[BD] Batman – White Knight

Mercredi dernier j’ai fini Batman White Knight et j’ai un peu oublié l’article qui va avec… Donc il grand temps que je me rattrape, surtout que j’ai trouvé ce comics plutôt très bien, sans être parfait non plus. L’histoire est originale et plutôt bonne malgré quelques incohérences de scénario qui m’ont dérangée ; parfois la résolution de certaines choses ou certaines actions sortent un peu de nulle part, quand elles ne sont pas cousues de fil blanc. Cependant, le scénario s’amuse à explorer un chemin encore inconnu dans l’univers et l’historique du Chevalier Noir et cela entraine des mécanismes aussi fascinants qu’inquiétants à découvrir et à analyser… Petit retour en arrière sur mes impressions de lecture.

Couverture Batman - White Knight

Nous connaissons tous l’origine de Batman, et son histoire aussi sombre que l’est son costume : l’assassinat monstrueux de ses parents, Thomas et Martha Wayne, bienfaiteurs de Gotham City, qui entraine le jeune Bruce Wayne dans une lutte sans relâche contre le crime. Dans cette croisade des temps modernes, le justicier est aidé par son fidèle majordome Alfred Pennyworth. Il est d’ailleurs considéré comme un père par Bruce, à juste titre. Mais on pourrait se poser la question de l’avenir de Batman si Pennyworth venait à disparaitre. Sans vous révéler le pourquoi du comment, c’est exactement ce qui arrive dans White Knight.

La conséquence directe c’est que Batman sombre doucement dans la folie et devient de plus en plus incontrôlable, à tel point que les alliés d’hier (Nightwing, Batgirl, l’Inspecteur Gordon…) prennent leur distances avec le Chevalier Noir. Et si Batman semble s’enfoncer dans la folie, quelqu’un d’autre semble retrouver la raison en la personne de Jack Napier, anciennement connu comme le Joker, l’ennemi juré de la chauve-souris. Ce dernier affirme avoir retrouvé ses esprits et sa raison et souhaite payer sa dette envers Gotham d’une façon plutôt inattendue pour un ancien super-criminel : Jack Napier a la volonté d’aider la ville en faisant œuvre de bienfaisance auprès des Gothamites… il deviendra le Chevalier Blanc de Gotham.

Jack Napier, le miroir opposé de Bruce Wayne.

J’ai toujours été attirée par le Joker et Harley Quinn dans les comics sur Batman. Je trouve que ce sont deux personnages tout à fait fascinants dans leurs folies. Si l’on en croit la génèse du Joker, ce dernier a été « créé » par Batman lui-même, ce qui explique qu’ils soient si souvent associés l’un à l’autre. Certes, ils s’opposent et s’affrontent constamment mais ils sont chacun le parfait miroir déformé de l’autre. Et Sean Murphy renforce encore cette idée avec cette histoire. Si vous lisez ce comics, vous vous rendrez vite compte que Jack Napier est châtain clair, qu’il est maigrichon et qu’il a la peau claire quand Wayne de son côté est un grand brun baraqué, à la peau plutôt bronzée (bien que dernier point dépende uniquement de la libre appréciation du dessinateur ; le physique varie donc d’une BD à l’autre).

Nouvelle opposition claire et nette des deux personnages sur le plan du comportement et de la personnalité ; Jack est ouvert aux autres, il est calme, posé, et réfléchi alors que Batman est tout l’inverse vous l’aurez compris. Donc je ne vais pas détaillé davantage cet aspect qui structure cette nouvelle histoire qui met une nouvelle fois en scène ce « couple mythique » dans un scénario original et brillant qui montre tout de même quelques signes de faiblesse. Bien que ces faiblesses restent acceptables, elles enlèvent de la fraicheur à un scénario pourtant novateur.

Nouveau héros, nouveau vilain ?

Eh bien, oui et non. A ce propos, c’est là que le bas blesse et cela affaibli quelque peu l’originalité de l’ouvrage ; le « nouveau » super-vilain s’appelle Neo-Joker et est une femme, ce qui est plutôt pas mal j’en conviens. Cela étant, cette Neo-Joker reste un personnage avec l’empreinte et certains codes du Joker d’origine donc à la lecture, on peut avoir l’impression que le scénariste ne s’est pas vraiment cassé la tête et a opté pour la facilité. C’est dommage, surtout avec une histoire aussi novatrice !

Autre point noir de cette BD : certains éléments de résolution qui apparaissent à la fin de la BD, lorsque tout semble rentrer dans l’ordre ; je vais être assez brève là aussi (je ne veux pas trop en révéler, histoire que vous gardiez un effet de surprise et de découverte à la lecture) mais j’ai clairement eu la sensation que certains éléments sortaient de nulle part et ne trouvaient pas d’autres explications sinon qu’il s’agit d’une nouvelle histoire de  Batman dans un presque nouvel univers et que le lecteur devait faire table rase de la mythologie de la chauve-souris concernant ces éléments précis… Ou sinon, ces éléments ne sont pas assez détaillés et une planche en plus n’aurait sans doute pas été du luxe.

Conclusion

C’est très clairement une BD à lire avec du contenu et des jolis dessins, très soignés qui collent à l’atmosphère voulu pour ce nouveau chapitre dans la mythologie de Batman et du Joker. En parlant du Joker, on en apprend beaucoup plus sur lui et sur ses motivations et c’est un vrai plus ; le comics éclaire d’un nouvel angle la relation Batman/Joker tout en tenant compte de ce qui a été fait avant. De ce fait, Batman – White Knight frôle la perfection sans pour autant l’atteindre malheureusement ; de mon point de vue, c’est la faute à un essoufflement du scénario sur des points pourtant clé comme par exemple le vilain dans cet opus. Batman White Knight, très bon comics mais peut mieux faire.

Bande-Dessinée/Comics

[BD] Black Magick

On se retrouve pour un petit article que j’aurais pu publier à Halloween prochain mais je me suis dit que ç’aurait été dommage de passer à côté d’une si bonne série pendant un laps de temps aussi long. Donc sans plus attendre : Black Magick pour prolonger un peu l’esprit d’Halloween… et vous parler un peu du Wicca.

La Wicca, ou Wiccanisme, Kézako ?

NB : Les informations ci-dessous sont des interprétations de ce que je pense avoir compris sur le sujet, à partir de la page Wikipédia consacrée. Il se peut donc qu’il y est des approximations ou des erreurs de ma part et je m’en excuse surtout si vous pratiquez vous-même.

La Wicca est un courant religieux basé sur l’Ancienne Religion Païenne. C’est un courant lié de près à la Nature et aux animaux qui vise à une harmonie parfaite entre toutes les espèces, qu’elles soient végétales, animales ou minérales et la notion de respect y est primordiale. Plus généralement, on parle de sorcellerie mais pas celle présente dans Harry Potter ; une sorcellerie faite de rites et d’incantations, comme présentée dans The Chilling Adventures of Sabrina (j’ai oublié le titre français de la série…). Ces membres, les wiccanes et les wiccans sont donc respectivement sorcières et sorciers plus ou moins puissants selon leurs années de pratique, se réunissent parfois en covent. Chose importante, la Wicca sert uniquement le Bien dans une optique de protection et de défense.

Etymologiquement le terme wiccacraeft (sorcellerie en vieil anglais) a donné witchcraft en anglais. En vieil anglais Wicca désignait le sorcier alors que sorcière était désigné par Wicce, qui a finit par donné le terme actuel Witch mais j’arrête avec mes histoires d’étymologie anglophone et je me recentre sur le sujet principal : la BD.

Black Magick – série en cours (2 Tomes parus)

Greg Rucka (scénario) et Nicola Scott (Dessin) signent un petit bijou avec une atmosphère captivante et pour cause : le personnage principal est une femme, policière badass de surcroit, les dessins sont magnifiques et les couleurs ou plutôt, l’utilisation de la couleur est très bien pensée, ce qui rend la BD encore plus originale qu’elle ne l’est déjà ! Sans oublier une histoire haletante, bien entendu…

Dans le détail ça donne ceci : nous suivons l’histoire de Rowan Black, flic à Portsmouth et descendante d’une puissante lignée de Wiccanes, les Black. Une nuit, son équilibre pourtant bien caché et bien protégé vacille alors qu’elle est obligée d’interrompre une séance avec les membres de son covent parce qu’une urgence professionnelle l’attend à l’autre bout de la ville… Wiccane ou flic il faut choisir ! Cependant, Rowan Black s’aperçoit bien vite que cette nouvelle enquête pourrait bien être la dernière : il semblerait que quelqu’un connaisse la double identité de Rowan… La question est de savoir qui, avant qu’il ne soit trop tard !…

 

 

En plus de tous les points positifs listés plus hauts, chaque tome se finit sur une note de suspense incroyable, un bon cliffhanger en somme. En fait, c’est presque comme une série (avant l’ère Netflix) et le fameux TO BE CONTINUED… ; je comprends les lecteurs de cette série maintenant. Il faut savoir qu’il y a eu 10 mois entre le premier et le deuxième tome – je sens que l’attente pour le troisième tome va être longue…

En attendant, jetez-vous sur les deux tomes déjà parus : Réveil et Passé recomposé. Vous ne le regretterez pas !

Actualités

Masterclass de John Higgins sur Watchmen et les comics books

Un article un peu particulier qui concerne le monde des Comics. Hier s’est tenu une conférence ou plus précisément une Masterclass* à l’université Jean Moulin – Lyon III, en présence de John Higgins, coloriste reconnu ayant travaillé sur la série des Watchmen et d’autres projets tels que Batman : The Killing Joke ou encore les comics mettant en scène Judge Dredd.

Masterclass Société des comics

Il faut savoir que le coloriste n’a pas la même « importance » qu’un scénariste ou un dessinateur sur une bande-dessinée ou un comics et pourtant les couleurs font souvent partie intégrante de l’identité des personnages au même titre que leur personnalité ou leurs caractéristiques physiques et on ignore les personnes derrière la couleur dans les comics ou les bandes dessinées sous prétexte que ce n’est pas un acte fondateur. John Higgins est donc venu donné son point de vue sur cette question et d’autres, lui qui a été récompensé de deux Prix Harvey du Meilleur coloriste, l’un pour Watchmen en 1988 et l’autre pour Batman : The Killing Joke en 1989.

Cet article n’est qu’un résumé général de la Masterclass étant donné que je n’ai pas pris de notes parce que je n’étais pas super bien installée et je ne voulais pas perdre le fil… Mais avec le recul, j’aurais dû et j’aurais pu puisque le journaliste chargé de l’interview et d’animer la discussion était… mauvais disons-le. Ce n’est pas le plus important mais quand même, un peu dommage.

John Higgins est donc revenu longuement sur son début de carrière avec Watchmen dans un premier temps. Il est également revenu longuement sur sa relation privilégiée avec Alan Moore et Dave Gibbons et en quoi Watchmen est parvenu à transformer le paysage des comics de l’époque notamment grâce à la couverture de chaque numéro qui faisait enfin partie de l’histoire alors qu’auparavant, les couvertures étaient considérée comme des résumés de l’intrigue. Cela a participé au succès du comics au même titre que le code couleur utilisé (jaune, rouge et noir) et la police de caractère.

Le coloriste britannique s’est également confié sur la frustration qui était la sienne concernant le traitement des couleurs au début de sa carrière et les possibilités offertes avec l’apparition du numérique.

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Comme on peut le voir sur l’image ci-dessus, le contraste entre les deux dessins est très net à chaque fois. Cela s’explique par les contraintes liées à l’époque : en 1988, la gamme de couleurs disponible pour les coloristes était plus restreintes alors qu’en 2018, les possibilités sont quasiment infinies avec le traitement des couleurs à l’aide des outils d’impressions plus perfectionnés. L’autre explication donnée par John Higgins réside dans la méthode pour coloriser les dessins : les artistes étaient obligés de coloriser « point par point », ce qui devait être long et fastidieux d’autant que les codes couleur réservaient parfois quelques surprise à l’impression, si l’on en croit le britannique.

Ensuite il a réalisé trois dessins au marqueur : John Constantine parce qu’il commence toujours par John Constantine avant de dessiner Rorschach et enfin Judge Dredd.

Puis une sorte de FAQ où le public était censé interagir avec l’invité mais où la parole a été légèrement monopoliser par le journaliste qui a posé plusieurs question ; le public a posé en tout et pour tout trois malheureuses questions :

  • Est-ce que John Higgins a connu des moments de doutes et d’incertitudes au début de sa carrière ?
  • Qu’est-ce qu’il faut faire lorsqu’on est artiste et qu’on veut percer dans ce milieu en 2018 ? (Les avantages et les inconvénients par rapport à 1988)
  • Quelles ont été/sont ses influences lorsqu’il a commencé à dessiner ? Quelles BD ou quels comics lit-il aujourd’hui ?

Je ne vous mets pas les réponses, fautes de notes. Désolée…

J’espère malgré tout que l’article vous aura plu !

* : Dans le cadre du festival Comic’Gones

Bande-Dessinée/Comics

Spécial BD

J’ai fait une petite cure de bandes dessinées ces derniers jours et plutôt que vous les présenter une par une, j’ai opté pour un article pour les trois BD sélectionnées. D’ailleurs ce sont des Comics : une de chez Marvel et deux de son concurrent DC Comics.

Article spécial BD

Marvel : Contest of Champions – Al Ewing, Paco Medina

Celle-là fait partie de mes dernières acquisitions et en vérité, j’ai été déçue. C’est le jeu vidéo qui m’avait donné envie de lire le Comics qui en reprend d’ailleurs les codes puisque dans l’histoire qui nous concerne ici, ce sont le Collectionneur et son frère le Grand Maitre qui livrent bataille par équipes de superhéros interposés pour savoir lequel des deux aura le contrôle de l’univers. Vaste programme donc. J’ai commencé ma lecture pleine d’enthousiasme et j’ai vite déchanté : je ne suis pas entrée dans l’histoire comme je l’aurais voulu et encore, heureusement pour moi j’avais pris le temps de lire l’avant-propos qui mentionne que les superhéros en question font pour la plupart partie d’univers parallèles mais bon pas de quoi m’alarmer outre mesure ; j’ai l’habitude que ce soit un peu le bordel chez Marvel de toute façon. Cependant j’ai trouvé le début très poussif, un peu tiré par les cheveux voire parfois carrément brouillon.

Couverture Contest of Champion

Bref, j’étais à deux doigts de refermer l’ouvrage sans l’avoir terminé quand une sorte de miracle a eu lieu : j’ai trouvé l’histoire un peu plus captivante parce qu’elle m’a semblée plus rythmée, plus intéressante et beaucoup plus structurée aussi. Mais pour ça il aura quand même fallu attendre d’avoir dépassé le premier tiers de la BD. C’est dommage. Et je ne peux même pas dire que j’ai pris mon mal en patience avec les dessins ! Sympa mais sans plus, à l’exception des planches où le dessin prend la page entière ou encore mieux : la double page. Là d’accord, le dessin et l’image sont sublimes et valent largement un (long) coup d’œil pour le reste, disons que c’est dans la moyenne.

En conclusion pour cet ouvrage, je me demande si finalement, il ne vaut mieux pas jouer à Contest of Champions sur mobile ou tablette…

DC Comics : Dark Prince Charming, Enrico Marini

Direction les concurrents et nous ne sommes pas loin d’un chef-d’œuvre pour celle-ci. Si je vous dis qu’absolument tout m’a plu en dépit du fait que je suis loin d’être une fan de l’univers de Batman, c’est vraiment que cette histoire en deux tomes en vaut la peine. De l’avant-propos/remerciements où l’auteur explique de façon très originale comment il a eu l’idée de cette histoire qui met en scène le héros chauve-souris le plus célèbre du monde, son majordome, son antithèse accompagné de sa copine, Catwoman bien sûr sans oublier une petite fille au centre d’un épineux problème pour le super-héros…

Couverture Dark Prince Charming

Nous sommes tout de suite plongés dans l’ambiance d’ailleurs. C’est sombre et inquiétant mais malgré tout on se sent en confiance et on se laisse guider par Enrico Marini au fil de son récit. Le tout est léché, on est presque dans le perfectionnisme tellement rien n’est laissé au hasard ; le ton bleuté de certaines planches signale Batman (après tout, il n’est pas connu pour être expressif) alors que les tons plus chaud, dans les rouges, montrent un magnifique Joker complètement siphonné, malade et tordu faisant preuve d’un humour lui aussi complètement décalé qui m’a fait éclaté de rire lors d’un passage parce que c’était inattendu mais totalement raccord avec Monsieur J. Et promis, je ne vais pas m’étaler d’avantage – vous allez finir par trouver cela bizarre… Mais Enrico Marini a quand même signé une merveille.

Pour faire une courte conclusion : Dark Prince Charming est un must-read et un must-have !

DC Comics : Wonder Woman Rebirth T1 – Greg Rucka, Nicola Scott

Toujours chez DC, un peu de girl power à présent avec le premier tome de Wonder Woman Rebirth qui revisite la mythologie et les origines de la super-héroïne aux origines divine. C’est à partir de ce comics que Patty Jenkins a réalisé son film sauf que là, c’est mieux : il y a un peu moins de mélodrame, même s’il y a des morts ou des moments de déchirements avec une intensité que je ne soupçonnais pas avant d’entamer ma lecture mais j’ai retenu mes larmes (je pleure suffisamment comme ça au cinéma, il ne manquerait plus que je chiale devant une BD maintenant…). Les illustrations sont bien sympathiques bien qu’il y ait un léger décalage entre l’illustration présente sur la couverture et le physique de Diana à l’intérieur, comme si elle était plus masculine. Elle a parfois un drôle d’air Wonder Woman mais peut-être est-ce fait exprès ?…

Couverture Wonder Woman Rebirth T1

Il n’y a pas de surprises au niveau du scénario si vous avez vu le film mais cela dit, il y a beaucoup de moments forts en émotions et on perçoit la sensibilité féminine de Nicola Scott (c’est une femme) sur certains passages et c’est un vrai plus puisque la BD fait la part belle au girl power.

Bande-Dessinée/Comics, Cinéma

Spécial Deadpool

Le 3 juin dernier, j’ai enfin été voir Deadpool 2 – film que j’attendais tout particulièrement étant donné mon amour pour le premier volet des aventures du mercenaire le plus badass et le moins politiquement correct de tous l’univers Marvel et je dois dire que je n’ai pas été déçue, même si j’ai préféré le premier opus sans doute pour des raisons de nouveauté et de découverte de l’univers déjanté de Deadpool.

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Deadpool 2 : belle introduction pour la X-Force

Sans trop vous en révéler au cas où vous ne l’auriez pas encore vu, ce film fait office de belle introduction à la X-Force (le pendant des X-Men, version Deadpool) et de fait, c’est l’occasion de faire connaissance avec de nouveaux mutants, notamment Fire Fist, Cable et Domino qui sont tous trois liés à l’intrigue principale de ce film.

Pour vous situer l’histoire, on retrouve Wade Wilson alias Deadpool quelques mois après les évènements qui ont eu lieu dans Logan et qui se solvent par la mort de Wolverine. A ce propos, le mercenaire en costume rouge n’est pas en grande forme et à la ferme intention de mettre fin à ses jours, pour des raisons que je ne dévoilerai pas ici.

Sauf que voilà, tout ne se passe pas vraiment comme prévu et Deadpool se retrouve lié au X-Men sans vraiment le vouloir. Il croise alors la route d’un mutant adolescent mal dans sa peau du nom de Rusty Collins alors qu’une terrible menace semble peser sur les épaules du jeune mutant…

 Voilà pour le résumé succinct de l’intrigue du film !

Pour le reste, on retrouve beaucoup de ce qui fait le succès de la franchise Deadpool : un humour décapant et des clins d’œil plus ou moins appuyés à l’univers des Comics (Marvel en tête bien sûr, mais on retrouve des petites références à DC Comics) ou encore à l’industrie du cinéma, sans oublier bien sûr les apartés de Deadpool adressées aux spectateurs qui sont clairement un plus pour rajouter de l’ironie dramatique à l’ensemble. Concernant les acteurs et les rôles, je n’ai pas grand-chose à en dire. Tout semble fidèle aux différents comics d’origine, bien que certains passages soient clairement attendus, ce qui a tendance a diminué l’effet de surprise du film et c’est presque dommage. C’est le seul bémol de ce film pour moi – mais en même temps, il s’agit d’une suite donc c’est un peu normal. Malheureusement, on ne peut pas innover en permanence dans les films de super-héros. Pour terminer sur les personnages et mon ressenti, mon personnage préféré de l’univers cinéma de Deadpool, c’est incontestablement Dopinder, le chauffeur de taxi attitré de ce cher Deadpool. Karan Soni était déjà très bon dans le premier opus mais là… il est juste extraordinaire !

Deadpool en mode Comics, ça donne quoi ?

Couverture Deadpool - Suicide Kings

Comme juste parler du film m’ennuyais un peu et que j’avais un ou deux Comics sur Deadpool en attente, j’ai sauté sur l’occasion et j’en ai lu une sur les deux dans l’optique d’enrichir cet article. J’ai donc lu Deadpool: Suicide Kings (et l’autre Comics, de la collection Je suis… attendra d’être présenté plus tard, dans un article pour lui tout seul).

Alors comment c’est, Deadpool tout en cases et en bulle ?

Eh bien c’est comme dans les films ; ou plutôt… les deux films sont fidèles à l’ambiance du Comics que je viens de terminer et c’est absolument plaisant de se dire que tout, absolument tout, est respecté au niveau de l’ambiance et des caractéristiques de Deadpool. Evidemment, ça canarde pas mal, ce qui donne des dessins assez explicites, voire gores pour certains ; on retrouve aussi les références à la pop culture placées à des endroits stratégiques, là où on ne les attend pas vraiment. Donc on ri beaucoup à la lecture : l’effet de surprise marche à plein de ce côté-là ! Seul petit bémol, qui est dû au média utilisé : il est difficile de voir la repousse des membres du mercenaire en costume rouge pour des raisons évidentes – le dessin a ses limites – mais je ne peux que vous encourager à lire des Comics de Deadpool.

Et puisqu’on parle de dessins : ceux de Deadpool Suicide Kings sont signés Carlo Barberi et c’est une petite merveille. Le scénario est quant à lui signé par Mike Benson et Adam Glass (qui ont signés d’autres Marvel mais, je n’ai malheureusement plus les titres en tête…). Niveau histoire, simple mais efficace :

Deadpool est accusé de meurtres qu’il n’a pas commis et se retrouve pourchassé par Punisher qui veut lui faire payer ses actes alors que Deadpool tente de prouver qu’il est innocent. Il croisera la route d’autres super-héros, Daredevil et Spider-Man pour ne citer qu’eux.

Article commencé le 07/06/2018