Littérature

Les abandonnés #2

Il m’en faut généralement beaucoup pour abandonner un livre en cours de route. Je vais globalement souvent au bout, même si l’histoire n’est pas passionnante ou pire si c’est mal écrit – bien que ce critère soit purement subjectif la plupart du temps. Le dernier livre que j’ai abandonné remonte à … Watership Down ? Je crois… je n’en suis même pas certaine. Les raisons qui me pousse à continuer de lire un livre que je n’aime que moyennement s’explique essentiellement par le fait qu’écrire un livre, c’est long et ça demande du temps et d’un certain côté, je me dis toujours que l’histoire va basculer à un moment et me passionner soudainement. Pour être honnête, cela arrive rarement et je crois que ça ne m’est encore jamais arrivé, à titre personnel.

Il y a également les livres que je ne lis vraisemblablement pas à la bonne période mais qui sont susceptibles de m’intéresser à nouveau, plus tard. Ceux- là retrouvent ma bibliothèque et attendent patiemment le moment venu (qui peut être très lointain). Enfin, il y a les livres qui provoquent chez moi une réaction physique négative : dans le meilleur des cas, l’ouvrage me tombe des mains littéralement ou, comme c’est le cas pour le roman qui nous occupe aujourd’hui, dans le pire des cas, j’ai un mouvent de rejet et une aversion pour le contenu de l’ouvrage. Laissez-moi donc vous présenter mon expérience de American Psycho de Bret Easton-Ellis…

30342_9383285[1]

Ames sensibles, s’abstenir.

A vrai dire, je ne sais pas trop ce qui m’a poussé vers ce livre en particulier, en pleine période de confinement… Je cherche encore, vous voyez. Surtout que la quatrième de couverture prévient : dès les premières lignes de cette dernière, le lecteur est mis au parfum – il y est question de meurtres, de viols, de torture… bref, que des choses bien sympathiques avec lesquelles passer un confinement des plus joyeux !

Et bien que je ne doute pas des qualités d’écrivain de Bret Easton-Ellis, en plus du fait que son protagoniste soit complètement siphonné et démoniaque, je me suis fait chier pendant 178 pages avant de rejeter le livre loin de moi, juste avant d’assister au probable meurtre particulièrement sadique d’un sans abri.

C’est drôle parce que, en si peu de pages j’ai développé une véritable aversion pour Patrick Bateman, protagoniste du roman. Je pense que c’était l’effet recherché par Bret Easton-Ellis et le moins que l’on puisse dire, c’est que de ce point de vue c’est particulièrement réussi. Pourtant j’ai déjà lu des romans avec des anti-héros à la place du protagoniste principal : je pense notamment à Parfaite ou bien encore Helena qui sont tous les deux dérangeants voire oppressants mais, il n’atteignent pas le niveau d’horreur d’American Psycho.

Patrick Bateman est profondément antipathique et vous ne pouvez pas l’aimez (ou alors… vous avez un petit problème) ou tout du moins vous sentir proche de lui. Je pense que c’est un des facteurs qui m’a bloqué dans ma lecture (outre la description de la violence la plus gratuite possible dans le langage le plus cru possible). Personnellement, j’ai besoin de sentir une part d’humanité ou quelque chose qui me fasse dire : peut-être que moi aussi, si je me trouvais dans une situation aussi extrême j’en arriverais à ces extrémités… Mais pour American Psycho, pour le peu que j’en ai lu, je n’ai pas eu l’impression de réelles motivations ; tout m’a semblé être une succession d’actes gratuits d’une violence terrifiante. Sans oublier que Patrick B. se définit lui et ses collègues par les costumes (de marque) qu’il porte entre autres et que cela devient vite gonflant voire horripilant.

Conclusion

American Psycho ne m’aura rien apporté du tout ou seulement la certitude que je vais me débarrasser de ce livre qui profitera sans doute à une âme plus courageuse que moi. J’avais entendu beaucoup de bien de l’auteur mais après cette expérience un petit peu traumatisante en ce qui me concerne, je ne suis plus tout à fait sûre de vouloir lire autre chose de Bret Easton-Ellis, aussi grand son nom soit-il dans les lettres américaines.

American Psycho n’était clairement pas un livre pour moi. Heureusement qu’il y a tout un tas d’autres livres à lire !