Littérature

[Contemporain] Du côté du bonheur

Retrouvez les autres critiques des livres d’Anna McPartlin ici et .

Que vous dire sue ce troisième roman ? Eh bien… J’aurais beaucoup aimé aimer ce livre, ne serait-ce que pour les personnages et les thèmes abordés. Seulement, voilà : la mayonnaise n’a pas pris bien que je vienne de terminer ma lecture. Ce fut laborieux et je vous explique pourquoi.

Du côté du Bonheur ou du côté de l’ennui ?

Oui, j’ai décidé ne pas y aller par quatre chemin : je me suis ennuyée et pourtant tous les éléments étaient réunis pour faire de ce livre une très bonne lecture avec une très bonne critique mais je me suis ennuyée ferme. A tel point que j’ai fait quelque chose que je ne fais jamais : j’ai sauté un chapitre entier ! Normalement, lorsque vous en arrivez à ce stade au temps abandonner votre lecture et passer à autre chose. Ce que j’aurais dû faire mais j’avais une idée derrière la tête : je voulais voir si sauter un chapitre entier m’empêchait de comprendre le reste de l’histoire. Résultat : le reste est parfaitement compréhensible.

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Et c’est précisément ce qui me pousse à dire que ce roman est trop long pour l’histoire qu’il comporte. Quel gâchis ! Ce sentiment détestable de perdre son temps… C’est d’autant plus dommage et regrettable que ma lecture s’annonçait bien avec un thème nouveau pour l’auteur : celui de la disparition d’un enfant et comment les proches font face à cela, les mécanisme d’autodéfense qui se mettent en place etc, etc… avec des personnages toujours attachants et toujours haut en couleurs. Rédigé sur un mode identique à celui utilisé dans son premier roman, le rythme est rapide et ne parvient pourtant pas à vous enlever de l’esprit que le livre est ennuyeux au possible.

« Entre ses deux boulots, ses enfants et sa mère qui perd la tête, la vie n’est pas toujours facile pour Maisie. Mais depuis qu’elle s’est décidée à quitter son mari violent, cette irlandaise au caractère bien trempé retrouve peu à peu le chemin du bonheur. Jusqu’au jour où son fils Jeremy disparait mystérieusement avec son meilleur ami.

Que s’est-il passé le soir du 1er janvier ?

Avec l’aide de Fred, son chevalier servant, et de Lynn sa fidèle amie, Maisie tente de reconstituer le fil des évènements. Dans ce quartier populaire des environs de Dublin, chacun affronte les coups du sort avec humour et ténacité. Mais le terrible secret qu’elle va découvrir bouleversera à jamais le cours de sa vie« 

Du côté du Bonheur, Anna McPartlin, Quatrième de couverture ; éd. Cherche midi, 2018

J’ignore si c’est parce que je lis d’avantage depuis la création du blog ou si c’est simplement un livre moins bon que les autres mais en tout cas, j’ai trouvé que l’intrigue et le motif de la disparition sont attendus ; j’avais compris dès le début pourquoi Jeremy a disparu et c’est un peu… décevant. En fait, elle en fait des caisses autour de ce « secret » qui n’en est pas franchement un… cependant, cela reste un sujet intéressant à aborder et à questionner. Dommage qu’elle se soit loupée ! Peut-être qu’Anna McPartlin devrait espacer ses parutions aussi : un roman par an c’est bien mais c’est sans doute au détriment de la qualité.

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[Contemporain] Mon midi, mon minuit

Quand je vous disais que la prochaine lecture (et donc un nouvel article) n’allait pas tarder, c’est que je ne plaisantais absolument pas ! Cela dit… je crois que j’ai fait fort là quand même !… Mais ce n’est pas entièrement ma faute – Anna McPartlin n’avait qu’à écrire un roman moins captivant et nous n’en serions pas là !

Mon midi, mon minuit : Anna McPartlin transforme l’essai !

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Un titre un peu énigmatique et peut-être un peu plat avec une résonnance quelque peu nostalgique, le tout sur une couverture pétillante faite d’oiseaux et de branches d’arbres en fleur avec une quatrième de couverture qui se résume en trois phrases que voici :

« A la suite d’un drame, le monde d’Emma, jusque-là rempli de promesses, s’effondre. La jeune femme plonge dans le désespoir. Ses amis font alors bloc autour d’elle pour tenter de lui redonner le goût de vivre… »

Anna McPartlin, Mon midi, mon minuit – Quatrième de couverture, aux éditions du Cherche Midi

A première vue, rien de bien transcendant ou d’exceptionnel et pourtant… je me suis laissée tenter parce que j’avais Les Derniers jours de Rabbit Hayes dans un coin de la tête et que je voulais avoir un point de comparaison pour cet auteur (oui, je sais le « e » manque mais je n’aime pas et autrice est encore pire à mon sens…) donc Anna McPartlin m’a embarquée pour un voyage de trois jours auprès d’Emma et ses amis, sa famille. Et quel voyage ! En réalité, j’aurais largement pu finir de le lire hier pour terminer ma lecture en deux jours mais j’ai préféré faire durer encore un peu le plaisir en m’étalant sur trois jours de lecture ! Pas vraiment envie de laisser partir Emma et les autres tant je me suis attachée à eux, à leurs histoires à chacun.

C’est vraiment écrit de façon remarquable et avec une justesse parfois désarmante sans tomber dans le pathos auquel le lecteur est en droit de s’attendre avec un pitch pareil. Les personnages sont très dignes tout au long du roman, avec des pointes d’humour qui tombent au bon moment (même dans la mélancolie) et c’est parfois caustique, on se dit souvent que l’on aurait pas osé dire ça, mais ce n’est jamais malveillant. Il y a beaucoup de bienveillance et de tendresse dans ce livre. En réalité, je vais finir par croire qu’il y a l’âme irlandaise en littérature comme il y a l’âme russe : ce petit quelque chose qu’on arrive pas à bien déterminer, qui est indéfinissable mais qui fait qu’on dit qu’on est en train de lire un roman russe ou irlandais ici en l’occurrence. Peut-être qu’en fait, Anna McPartlin a emprisonné le Craic dans ses pages et le restitue aux lecteurs au fil des pages…

Mais il doit y avoir autre chose. Au détour d’un personnage j’ai croisé Corrigan, personnage de Colum McCann dans Et que le vaste monde poursuive sa course folle, et cela m’a émue de retrouver une évocation d’un personnage que j’avais beaucoup aimé et qui m’avait énormément touchée. Il faut croire que la religion n’est jamais bien loin dans un roman irlandais, de même que les interrogations autour de la foi… Si vous avez l’occasion de (re)lire ces deux romans l’un à la suite de l’autre, je vous le conseille vivement. Je suis certaines que vous découvrirez des passerelles entre les deux ouvrages.

En conclusion, Mon midi, mon minuit ne paie pas de mine et on pourrait facilement passer à côté mais il mérite qu’on lui consacre du temps, même si cela veut dire le dévorer en un temps record. Vous y trouverez le désespoir, la peur, la colère et la déception les doutes, l’amour, l’humour, les larmes et les rires, l’espoir ; tout ce qui fait l’amitié. Ce livre c’est la bande de Friends qui se retrouve en Irlande avec un petit quelque chose en plus. Laissez-vous embarquer, vous ne serez pas déçus !

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[Contemporain] Les Derniers jours de Rabbit Hayes

J’aurais peut-être dû choisir un autre livre pour le dernier article littéraire de l’année… Cela dit, je n’avais qu’à m’en tenir à ma liste et ne pas prendre le retard que j’ai accumulé ces derniers mois. Au moins, quand j’ai acheté ce livre, je savais à quoi m’attendre : tout était dans le titre et dans le résumé en quatrième de couverture, donc à partir de là, aucun moyen de se plaindre et de geindre que l’on est floués sur la marchandise. Dans ces cas-là il ne reste qu’une chose à faire en tant que lecteur ou dans mon cas lectrice, et c’est de lire le livre. Ce que j’ai fait en 8 jours.

Les Derniers jours de Rabbit Hayes, un premier roman en demi-teinte pour Anna McPartlin

J’avais beau savoir dans les grandes lignes de quoi il en retournait, mon ressenti sur ce livre est en fait très changeant et je ne sais pas si c’est une bonne chose lorsque l’on doit rédiger un article derrière. En fait mon ressenti va de paire avec l’achat du livre et je me souviens comment ça s’est passé et peut-être que l’achat lui-même aurait dû me mettre la puce à l’oreille, j’en sais rien. Toujours est-il que la première fois que j’ai aperçu ce livre dans ma librairie fétiche, il était mis en avant et j’ai immédiatement flashé sur cette adorable couverture fleurie très flashy. Mais vous connaissez le proverbe aussi bien que moi, non ? Celui sur la couverture… donc j’ai lu consciencieusement le résumé en quatrième de couverture et on aurait dit que je m’étais brulée ou quelque chose comme ça, tellement j’ai reposé l’ouvrage à sa place précipitamment. Je ne me souviens plus si je suis ressortie de la librairie avec des livres sous le bras ce jour-là mais en tout cas, il n’en faisait définitivement pas partie. Et puis je ne sais pas trop ce qui s’est passé mais quelques temps plus tard, j’y suis retournée dans ma librairie et ce roman était toujours-là, à me faire de l’œil avec sa couverture pimpante. J’ai donc relu le résumé et cette fois, je suis passée à la caisse le livre, sous le bras (sans doute avec d’autres d’ailleurs, j’achète rarement un seul livre). Qu’est-ce que je risquais ? Au mieux, ce serait une agréable surprise qui vaudrait un article assez dithyrambique ici et au pire, je rejoindrais la liste des gens qui achètent leurs livres sur un critère : la couverture, et sont déçus parce qu’il ne s’attendaient pas à ça avec en prime l’article qui va avec. Mais dans les faits, c’est un peu plus compliqué que ça…

Couverture Les Derniers jours de Rabbit Hayes

J’ai fini ma lecture il y a peut-être une demie heure (il est 21h au moment où j’écris ces quelques lignes), ou peut-être plus… et je suis perplexe : je suis tellement partagée sur ce livre que je ne sais absolument pas par quoi commencer : les points positifs ou les points négatifs ?… Je sais bien que quoi qu’il en soit, mon article influencera votre envie ou non de lire ce livre. Néanmoins, je ne voudrais pas donner une teinte trop négative à cet article au risque de vous faire fuir, ni être trop positive car ce ne serait pas cohérent avec mon ressenti et avec l’histoire qui est une histoire triste, rappelons-le encore une fois. Je crois que je vais improviser, sans trop essayer de lister les arguments positifs ou négatifs ; après tout, ce roman est fait de beaucoup choses qu’elles soient positives ou négatives et puis chaque ressenti est unique. Je vous livre le mien, ensuite ce sera à vous de vous faire votre idée si ce roman vous intrigue suffisamment.

« Neuf jours. C’est ce qu’il reste à vivre à Mia Hayes, surnommée affectueusement ‘Rabbit’. Neuf jours, après plusieurs mois de combat – parce que Rabbit est une battante, une Irlandaise bien trempée. A son chevet, famille et proches se relaient en un joyeux ballet de souvenirs. Entre silences, gaffes et fous rires, toutes la vie de Rabbit ressurgit alors : l’enfance, l’adolescence, Johnny son grand amour, et Juliet sa fille de 12 ans – une certaine idée du bonheur… Au fil des jours tous s’interrogent sur leur vie et accompagnent Rabbit dans un voyage émotionnel d’une grande intensité. Quel meilleur bagage pour partir vers la lumière ? »

Anna McPartlin, Les Derniers jours de Rabbit Hayes, Quatrième de couverture. Ed. Pocket.

Je reconnais que l’histoire se tient, notamment grâce à la temporalité et aux nombres de personnages réduits, ce qui permet de ne pas perdre le fil. Seulement la narration à la troisième personne m’a un peu dérangée dans le sens où je crois qu’en tant que lectrice, j’aurais préféré un point de vue interne pour chaque personnage et pas une narration à la troisième personne centrée sur chacun des personnages tour à tour. La narration à la troisième personne amène toujours une distance entre le récit et le lecteur je trouve, et j’ai le sentiment que l’histoire perd en intensité et en émotion.

Ensuite, j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher à certains personnages. Je pense à Molly, la mère de Rabbit. Pourtant elle est décrite avec des qualificatifs qui me plaisent beaucoup d’habitude : un peu excentrique, aimante, entière et j’en passe mais je n’ai vraiment pas accroché et c’est dommage parce que c’est un des personnages centraux, étant donné son rôle dans l’histoire. Heureusement que des personnages comme le frère ou la meilleure amie de Rabbit sont plus accessibles et rendent la lecture un petit peu plus drôle et plus agréable. Cela dit à ma décharge et heureusement : je n’ai jamais été confrontée au cancer directement. Je ne peux pas savoir comment je réagirais face à cela – je ne veux pas le savoir d’ailleurs mais peut-être que je réagirais de la même façon que l’un ou l’autre des personnages. Donc je pense pouvoir affirmer que les personnages dépeints dans ce roman sont plutôt réalistes malgré tout.

Enfin les situations s’enchainent logiquement et le rythme est bon, on ne s’ennuie pas et il n’y a pas de flottements (si l’on exclu l’envie que l’on a de secouer certains personnages par moments). Et chose non négligeable, le livre se lit rapidement et aucune page n’est superflue, le tout sans être larmoyant et plombant. Si jamais vous voulez lire ce livre, notez bien que les 15 dernières pages sont absolument magnifiques et bouleversantes, ce qui contribue à la fois au déséquilibre du récit, autant qu’à rattraper une histoire assez moyenne et qui ne restera pas dans les mémoires. Mais ces 15 dernières pages font partie des meilleures pages que j’ai jamais lu.

Article rédigé le 28/12/17