Cinéma

Les Crawley sont heureux de vous convier à Downton (une toute dernière fois)

Avant toute chose, je tiens à préciser que j’ai eu du mal à boucler cette chronique et qu’elle s’adresse en premier lieu aux fans la série Downton Abbey, et en particulier parmi ceux-là, les indécis concernant le long-métrage. J’ai été le voir dimanche dernier avec ma mère puisque la série avait fait l’unanimité dans notre foyer. Ni elle ni moi n’avons été déçue de la tournure des évènements, alors que pourtant à l’annonce d’un projet de film pour Downton Abbey, ce n’était pas l’enthousiasme qui régnait… Après tout, c’est vrai : quel intérêt de rajouter quoi que ce soit à cette série, qui, tutoyait déjà des sommets de perfection ?

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Pour répondre à cette question, il y a selon moi deux éléments à prendre en compte. Le premier élément n’est pas glamour et j’en suis désolée, c’est bien l’aspect financier. Downton Abbey est une des séries qui a le mieux marché au cours de la décennie. L’histoire et les différentes intrigues étaient excellentes, les personnages tous plus attachants les uns que les autres, les costumes d’époque et splendides, sans oublier bien sûr les décors grandioses. Donc faire un film de deux heures en ne trahissant pas la série et surtout pas les fans, c’était un pari risqué voire impossible diront certains. Et pourtant ils l’ont fait – loin d’être un chef d’œuvre du septième art, Michael Engler et Julian Fellowes (respectivement réalisateur et scénariste du film) ont réussi leur coup mais j’y reviendrai.

Le deuxième élément à évoquer c’est le côté nostalgie. L’intérêt de ce long-métrage réside surtout dans l’engouement qu’a suscité et suscite encore la série aujourd’hui. Par conséquent, la motivation première du film est de faire plaisir aux fans de la première heure, cible visée en priorité de toute façon. Alors bien sûr le côté financier obscur n’est jamais loin mais on peut pardonner à une franchise son penchant « vache à lait » du moment que l’ensemble est cohérent et bien fait. C’est le cas de ce film et en toute franchise, je ne pense pas qu’il y aura d’autres films Downton Abbey.

Pour en revenir au film donc, il reprend les codes de la série tout en étant indépendant de celle-ci. Je pense que c’est pour cette raison que les gens ne sont globalement pas déçus par ce film. Il s’agit d’une nouvelle histoire avec de nouvelles intrigues, même si le cadre reste celui de Downton. Pour vous la faire courte, l’histoire se déroule après la fin de la saison 6, en 1927 et l’intrigue principale tourne autour de la venue annoncée du Roi et de la Reine d’Angleterre à Downton Abbey. Bien évidemment, l’immense demeure s’en retrouve sans dessus-dessous. A moins que ce ne soit le cas de ses occupants ?…

Est-ce que cela vaut vraiment le coup ?

Oui. Parce que si vous étiez fan de la série, vous retrouverez de vieux amis et si vous ne l’êtes pas spécialement, vous passerez un bon moment – le film étant bien dosé avec un bon rythme. Le seul petit souci risque de se trouver au niveau des personnages puisqu’il s’agit des mêmes que la série plus quelques petits nouveaux. Mais à part cela vous pouvez y aller les yeux fermés. Le film regorge d’humour et d’ailleurs, j’en profite pour attribuer une mention spéciale à Violet Crawley, Comtesse douairière de Grantham brillamment incarnée par l’excellentissime Dame Maggie Smith. Comme toujours, un régal !

Conclusion

On prend les mêmes mais pas tout à fait et on recommence une dernière fois. Voilà qui résume bien ce film. La nostalgie est présente sans être étoufante, ce qui crée une atmosphère plutôt optimiste et c’est un vrai bonheur pour le spectateur. C’est aussi et surtout l’occasion de revoir des visages familiers et d’accueillir les petits nouveaux, un peu comme dans une grande famille que l’on réunirait pour une occasion spéciale. Enfin ce film c’est peut-être aussi une bonne excuse pour se refaire l’intégrale de la série qui s’est achevée en 2015…

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Littérature

Les abandonnés

Il m’arrive rarement d’arrêter ma lecture en cours de route mais ça m’arrive parfois. Ce fut le cas des deux livres qui concernent cet article : Watership Down de Richard Adams et L’invitation d’Elizabeth Day. En ce qui me concerne, je trouve que c’est toujours un peu délicat de parler de livres que je n’ai pas aimés ou que j’ai abandonnés en cours de route.

Watership Down – Richard Adams

L’abandon de celui-ci m’a pesé sur la conscience un moment. J’ai essayé de pousser la lecture par deux fois parce que c’était un cadeau de Noël mais rien à faire… Deux essais, deux échecs. Je crois que cela tient de l’histoire ; j’imagine que c’est très palpitant pour des enfants qui s’imaginent facilement des mondes à partir de rien et que faire de lapins les héros d’une aventure est concevable pour eux mais moi j’ai eu du mal ne serait-ce que pour m’attacher à Hazel. J’ai également éprouvé des difficultés à me représenter les décors et certaines actions (pourtant décrits avec minutie par l’auteur). Cela a eu pour conséquence directe de me détacher du récit et c’est à cause de ce détachement face à cette lecture que j’ai pris la décision d’abandonner ma lecture.

Cependant, et histoire de ne pas complètement noircir le tableau, je comprends tout à fait que ce livre puisse plaire à un lectorat plus adultes parce que Watership Down peut avoir plusieurs niveau de lecture et il est assez simple de trouver des correspondances avec d’autres ouvrages, d’autres histoires destinées à des adultes. Je pense notamment à l’Odyssée ou la Bible pour ne citer que cela.

Concernant l’adaptation en série par Netflix, même constat. Malheureusement, elle ne m’a intéressée pas outre mesure malgré sa durée plus qu’acceptable – 4 épisodes d’une heure environ – et de nombreuses qualités tant au niveau graphique qu’au niveau doublage des personnages par un casting de rêve, James McAvoy, John Boyega et Ben Kingsley en tête. Elle aura au moins eu l’avantage de fixer par l’image ce que je ne suis pas arrivée à imaginer à la lecture.

Conclusion : les lapins, ce n’est pas pour moi.

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L’invitation – Elizabeth Day

Voilà un livre dont j’avais beaucoup entendu parlé sur la blogosphère, notamment cet article qui m’a fortement poussé à garder le titre et l’auteur dans un coin de ma tête, donc lorsque je suis tombée dessus par hasard à la médiathèque, je me suis laissée tentée et j’ai répondu à l’invitation en l’empruntant. Et j’ai bien fait puisque dans un premier temps, c’est ma mère qui l’a lu en un temps record. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle a beaucoup aimé et moi, j’y ai vu un bon signe comme quoi j’allais très probablement aimé aussi.

Eh bien non. Je ne me suis pas ennuyée mais loin. Pourtant le tout est très bien écrit, l’intrigue qui tourne autour de la relation des deux personnages principaux – Ben Fitzmaurice et Martin Gilmour – est très complexe et pleine de non dits, ce qui crée une atmosphère particulière, pesante et pleine de suspense. C’est assez violent en fin de compte, et c’est peut-être cela qui m’a dérangé… Ou alors, la narration non linéaire ? En tout cas, ce n’est certainement les personnages qui m’ont fait abandonnés ce livre. En fait, je ne me l’explique pas vraiment cet abandon. Peut-être que ce n’était simplement la bonne période pour le lire ; peut-être une simple question d’état d’esprit après tout ! Quoiqu’il en soit, je pense que je retenterais la lecture de L’invitation dans quelques temps parce que rester sur un constat d’échec avec un livre si bien construit est quelque peu frustrant…

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Cinéma

L’Académie des Parapluies

Il m’arrive rarement de faire des articles sur des séries ou des films proposés par Netflix et lorsque c’est quand même le cas, c’est souvent parce que je peux faire une comparaison entre le média de base et l’adaptation cinématographique que propose la plateforme. Cette fois-ci ce n’est pas le cas, bien qu’il s’agisse d’une adaptation de la BD de Gerard Way et Gabriel Bà. Mais disons que cette fois, j’ai (beaucoup) de choses à dire sur la série elle-même. Passons donc à ma review de la toute nouvelle série de Netflix : Umbrella Academy.

Une saison 1 qui va crescendo

Comme je le disais dans ma (très brève) introduction, cette série est en fait une adaptation de la bande dessinée du même nom, signée par Gerard Way et Gabriel Bà, qui présente des super-héros complètement désaxés qui doivent sauver le monde. Ca, c’est pour la vue d’ensemble ; dans le détail ça donne ceci : en Octobre 1989, 43 femmes ont donné naissance à autant d’enfants dotés de capacités hors du commun. Sir Reginald Hargreeves est un chercheur (un scientifique) qui se montre très intéressé par ces enfants particuliers et il parvient à adopter sept d’entre eux. A la suite de quoi, il fonde l’Umbrella Academy, une sorte de Justice League en culotte courte. Mais en grandissant, le groupe se scinde et finit par être dissout naturellement.

Un peu de fraicheur dans un schéma classique

C’est ce qui est intéressant avec cette série en fait : une fois adultes, tous ces gamins dotés de super-pouvoirs ont tous plus ou moins mal tournés et ils sont tous désaxés et marginaux. En règle générale c’est assez rare de voir quelque chose comme ça dans un monde de super-héros. Cela m’a fait penser aux enfants-star qui ne sont plus rien une fois devenus adultes ou adolescents (lorsque cela est subit bien sûr). Dans un sens, cela rend cette bande de bras cassés hyper attachante en fin de compte et la narration marche plutôt dans le bon sens puisque certains d’entre eux sont de vraies têtes à claques au début de la série.

Cependant, on ne sort pas totalement du schéma classique : nos (anti) héros doivent sauver le monde de l’Apocalypse qui aura lieu dans huit jours (c’est annoncé d’emblée dans la bande-annonce). Oui rien que ça, et quand tu as grandi en ayant une enfance un peu traumatisante sur les bords, que cela fait 13 ans environ que tu n’as pas eu de nouvelles de tes frères et sœurs et que quasiment du jour au lendemain, tu te retrouves à « travailler » de nouveau avec eux alors que tu faisais cavalier seul, éviter la fin du monde c’est des cacahuètes à côté. Un jeu d’enfant, vraiment ! Sans oublier certains classiques propre au genre ou aux séries, mais je vais y revenir plus tard*.

Une saison très (trop ?) inégale

Si l’épisode pilote était plutôt sympa à regarder, j’aimerais pouvoir en dire autant des deux épisodes suivants : c’était lent, c’était chiant (malgré de l’action et un peu de suspense)… Bref, je me suis ennuyée et j’ai pris mon mal en patience, en espérant que les choses s’améliorent un peu, histoire que je rentre véritablement dedans… Et le miracle s’est produit à la fin de l’épisode 4 (au bout de 4 heures de visionnage). Tant mieux pour Netflix, tant mieux pour cette série et les acteurs qui jouent dedans.

Si je devais retenir deux points absolument négatifs, ce serait cette lenteur à intéresser le spectateur : 3 épisodes d’une heure chacun, c’est long (j’exclue volontairement l’épisode pilote, toujours bien foutu puisqu’il faut qu’il donne envie d’en voir plus). Néanmoins cela s’explique peut-être par la présence de 5 réalisateurs et pas moins de 8 scénaristes sur les 10 épisodes que compte cette première saison. Heureusement que l’ensemble est cohérent parce que sinon quel échec cuisant pour Netflix, et plus généralement les auteurs de la BD…

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J’aurais pu décrocher facilement je crois, mais de façon très surprenante, je suis restée scotchée devant mon écran : dix épisodes d’une heure chacun, deux jours. Qui dit mieux ? Habituellement, c’est une chose dont j’ai horreur le binge-watching. Quant à savoir si cette série méritait un tel traitement… potentiellement non. Mais OUI pour la musique ! C’est là qu’on sent l’influence que Gerard Way a pu avoir en tant que producteur exclusif de la série. La musique sauve le reste et je pense que c’est pour cette raison que je suis restée plantée devant mon écran – elle offre à la série ce côté complètement décallé, à la limite de l’absurde que j’adore (quand il est bien amené) et qui est souvent difficile à atteindre.

Concernant les acteurs, j’en connaissais quelques uns mais la majorité était de parfaits inconnus, pour moi en tout cas, mais je peux citer Ellen Page, Kate Walsh, Mary J. Blige (qui est chanteuse à la base) et Robert Sheehan, tous excellents dans leurs rôles respectifs.

Conclusion

Umbrella Academy est une série intéressante qui traite un peu différemment d’un sujet travaillé et retravaillé avec des thématiques de fond passionnantes mais qui sur la forme ne parvient pas à écarter certains clichés et cela peut devenir lourd et redondant. Elle arrive pourtant à casser certains codes de la mythologie du super-héros et c’est plutôt bien fait puisque cela permet d’aborder ces thématiques (rejet, exclusion, acceptation de soi) chères au créateur d’origine. Il y a aussi la dimension musicale à prendre en compte parce que les différentes musiques qui forment la bande-son, stratégiquement placées, apportent un côté décalé et inattendu à certaines situation, ce qui fait que la série est somme toute assez drôle et sympa à regarder.

Toutefois au terme de cette saison 1, Umbrella Academy n’est pas franchement convaincante à cause de ces longueurs précédemment évoquées qui cassent le rythme de certains épisodes les rendant clairement indigestes. *Sans oublier que certains clichés au niveau des personnages sont gros comme une maison ; pourquoi le seul représentant de la communauté LGBT est un tel cliché de tout ce qu’il y a de pire lorsqu’on veut caricaturer un homosexuel ?! Sérieux ! Mais… Mais ! Par chance, tous ces clichés s’estompent progressivement avec l’évolution de chaque personnage. Ainsi toutes choses considérées, je pense qu’il faut laisser l’Academy faire ses preuves dans une deuxième saison afin de transformer l’essai, en gommant ce qui peut l’être.

Note : Gerard Way est le fondateur/chanteur du groupe de rock alternatif My Chemical Romance. Le groupe s’est séparé en 2013 après 12 ans de bons et loyaux services.

Article rédigé le 21/02/19

Cinéma

‘Cause it’s a long way to go…

Il y a des films qui se méritent autant qu’ils s’apprécient. Il va sans dire que My Beautiful Boy de Felix van Groeningen avec Steve Carell et Timothée Chalamet dans les rôles principaux. Je voulais le voir parce que j’étais sûre de mon choix, sûre que j’allais adorer ce film. Le verbe adorer est un peu trop fort pour le coup, mais j’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup aimé. Mon instinct se trompe rarement : une petite pépite de perfection tout en émotions.

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En réalité, j’ai ressenti ce film comme étant parfait à cause de la justesse des émotions qui le traverse. C’est vraiment un film qui m’a bouleversé et va me marquer pendant longtemps : je pense que je m’en souviendrai sans avoir besoin de relire cet article. Je savais d’avance que ce serait un film dur et poignant – c’est presque toujours le cas lorsqu’il est question de drogues, peu importe laquelle il est question, parce que c’est un sujet violent et dur à aborder et le plus dur, c’est de raconter une histoire en évitant les clichés.

Inutile de vous dire que le pari est tenu pour le réalisateur. Certes, je m’attendais à un film poignant mais je ne m’attendais à ce qu’il déborde de tendresse ; je m’attendais à de l’amour et à de la tendresse comme on en voit dans toute relation parents/enfant mais là, Steve Carell, qui interprète David Sheff, y est désarmant de tendresse et ça m’a bouleversée, et je me suis accrochée à cela tout au long du film. Timothée Chalamet n’est pas en reste d’ailleurs, aussi solaire dans son sourire que crépusculaire dans sa détresse de junkie paumé, il est flamboyant et irradie le film du début à la fin.

Et puis surtout il y a cette relation fusionnelle entre un père et son fils qui oscille entre les moments de joie intense et la désillusion et le désespoir que cause la drogue de part et d’autre ; cette relation et ce lien père/fils sont  un peu à l’image de la chanson qui donne son titre à ce film : Beautiful Boy, composée par John Lennon pour son fils Sean, à la fois rassurante et lancinante presque douloureuse.

J’ai beaucoup, beaucoup aimé également le traitement de l’image et de la lumière, plus ou moins lumineux selon ce que cela traduisait des personnages sans qu’ils aient forcément besoin de l’exprimer. On comprend et c’est d’autant plus puissant à regarder. Les plans « saccadés » par exemple, expriment soit le bordel dans la tête et dans la vie de ce pauvre Nic Sheff ou bien le parallèle entre le père et le fils, qui sont à l’opposés l’un de l’autre. Pour des raisons évidentes, les gros plans ou les plans rapprochés sont également très utilisés afin de permettre au spectateur de se représenter l’étendue et la force de la relation entre David et Nic, si le spectateur avait besoin de plus d’explications…

Néanmoins petit bémol : j’ai trouvé la mère de Nic, Vickie, très en retrait et presque passive dans l’épreuve que traverse son fils mais c’est vrai qu’étant une histoire vraie et racontée du point de vue de père et fils, le rôle de la mère parait un peu anecdotique, d’autant que le personnage n’arrive physiquement qu’assez tardivement dans le déroulement du film. Sans oublier qu’en réalité, la mère de Nic a peut-être eu beaucoup de mal à accepter et à comprendre ce qui se passait. Ce sont des suppositions mais il faut bien reconnaitre que ce film n’a pas beaucoup de personnages féminins forts et avec du caractère – l’exception à cela est à trouver chez la deuxième épouse de David Sheff et même si ce n’est pas le sujet du film, ça fait toujours plaisir de voir qu’il y a au moins une femme qui tient la route dans un film centré sur deux hommes (bien que le film soit tendre au possible).

Conclusion

My Beautiful Boy fait partie de ces pépites indépendantes qu’il faut voir au moins une fois dans sa vie et qui marque le spectateur. L’histoire et le sujet abordé sont certes très sombres mais cette relation profonde père/fils le rend chaleureux et lumineux et c’est aussi un film très humain et optimiste d’une certaine façon pour cette raison précise. Steve Carell et Timothée Chalamet y sont simplement fantastiques et emportent le spectateur dans des émotions fortes, souvent contradictoires, mais ce n’est jamais larmoyant ou pathétique (dans le sens de pathos) : pas besoin de mouchoirs pendant ou à la sortie de la salle. Malgré tout, c’est un film à digérer… comme souvent les merveilles.

Cinéma, Littérature

[Découverte] [Contemporain] Parfaite (You) Caroline Kepnes

Au risque de vous gaver avec un article supplémentaire sur le sujet, je m’en vais vous parler du phénomène Parfaite (You en anglais) de Caroline Kepnes. Je parle bien de phénomène puisque le livre a été publié en 2012 et était passé un peu inaperçu à l’époque… mais cela, c’était avant. Avant 2018 et Netflix ! Jackpot pour Caroline… Et on n’oublie pas de remercier la plateforme pour le petit coup de pouce sur les ventes du livre surtout !…

Ma rencontre avec Parfaite, le livre

Si je suis légèrement amère c’est parce que Parfaite est typiquement le livre qui rentre dans deux catégories (exclusive l’une de l’autre) : l’achat hasard – qui peut potentiellement débouché sur un truc, que l’expérience de lecture soit bonne, excellente ou au contraire simplement horrible… mais c’est le jeu lorsqu’on achète ses livres au hasard (comme il m’arrive de le faire parfois) – ou l’autre catégorie qui s’offre à vous c’est celle du non-achat – ces livres qui sont là mais que vous n’achèterez pas pour tout un tas de raisons.

Parfaite rentre dans cette seconde catégorie : rien ne me prédestinait à cet achat. Ni la couverture (très moyenne et pas du tout vendeuse selon moi) ni le résumé en quatrième de couverture (d’une médiocrité alarmante, genre : « il faut bien mettre quelque chose et cela fera l’affaire »). Bref, je suis passée à deux doigts d’ignorer complètement ce livre et son auteur et ma vie aurait continué comme si de rien n’était, dans une jungle littéraire luxuriante… C’était sans compter Joe Goldberg qui avait une histoire à raconter, la sienne et à qui Netflix a fait le plus beau cadeau qui soit : un corps, une incarnation afin qu’il devienne le nouveau porte-étendard du catalogue 2018-2019. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela a fonctionné ; peut-être même au-delà des espérances de Caroline Kepnes… Mais ce qui compte au fond, c’est bien que j’ai fini par faire la connaissance de Joe, personnage trouble et complexe comme j’en croise rarement et à qui l’on parvient à s’attacher malgré tout. Pour autant, je ne qualifierai pas cette lecture d’agréable ; il est quand même question d’un psychopathe qui épie le moindre fait et geste d’une fille pour qui il a eu le coup de foudre, sous couvert de recherche du Grand Amour… Et comme il est également narrateur de cette histoire, Hashtag NoFilter, eh bien être dans la tête d’un psychopathe n’est pas spécialement agréable. Cela dit, la lecture n’en reste pas moins fascinante, sans être totalement dérangeante non plus, auquel cas vous comme moi lâcherions le livre en cours de route. Ce n’est pas le cas – Parfaite n’est pas un livre qu’on lâche.

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Il s’agit presque d’un tour de force de la part de Caroline Kepnes, pour ne pas dire un tour de magie. Elle arrive à rendre un psychopathe (la dernière personne que vous souhaiteriez croiser dans toute votre vie) abordable voire même sympathique à certains égards : Joe est un libraire charismatique, un peu taciturne et complètement déphasé avec son époque (il n’est sur aucun réseau social, bien qu’il sache s’en servir à la perfection afin de trouver ce qui l’intéresse)… Un peu old school mais pas trop, charmant, un peu de désuétude dans le vocabulaire, une culture littéraire et cinématographique dont je rêve mais surtout une intelligence stupéfiante et d’une logique aussi imparable que diabolique ; voilà comment définir notre protagoniste narrateur. Inutile de vous dire comment tout cela se termine parce que de toute façon, on sent dès le départ que cette histoire « d’amour » va mal finir… Vous connaissez la chanson, n’est-ce pas ? Eh bien Parfaite c’est tout-à-fait cela : une histoire d’amour non-conventionnelle qui ne finit pas bien. Néanmoins il est probable que vous restiez sur votre faim/fin à la dernière page du roman ; il se peut que vous ayez l’impression de sauter du train en marche… mais non, il n’y a rien de plus pour nous pauvres lecteurs déboussolés. Les joies des fins ouvertes !

You, la série : Adaptation fidèle et réussie ?

Comme mentionné plus haut dans l’article, j’ai fait la connaissance de Joe et Beck par l’intermédiaire de Netflix et heureusement que cela est arrivé dans ce sens et pas l’inverse. Rien que la bande-annonce vaut le coup d’œil : elle est très bien réalisée, très soignée et intrigue tout de suite le spectateur. En même temps c’est un peu le but de l’existence des bandes annonces, non ? Le problème c’est que ce n’est pas toujours une réussite mais c’est un autre sujet. Quoiqu’il en soit cette série a passé ce premier test de la bande-annonce haut la main, et c’est un bon début. Ensuite, les choses se corsent un peu pour Joe, Beck et les autres…

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J’aimerais vraiment être ultra positive quant à cette adaptation mais il y a quelque chose qui me gêne pour apprécier pleinement cette série. J’ai souvent entendu dire que pour qu’une adaptation cinématographique soit réussie, il fallait qu’elle reste fidèle à l’œuvre d’origine, tout en s’en éloignant un peu pour permettre quelques libertés d’interprétations, mais pas trop : question de dosage encore une fois. En cela, pas de soucis, les scénaristes de la série ont suivi cette règle à la lettre (au bénéfice de Joe et du spectateur d’ailleurs). J’en veux pour preuve l’ajout de certains personnages comme par exemple le petit Paco, voisin de notre gentleman psychotique. Paco, une dizaine d’années au compteur, c’est la caution humanité de Joe Goldberg qui s’occupe de lui comme le ferait n’importe quel grand-frère ou oncle sain d’esprit et je trouve que c’est une bonne chose. Le retrait de certains autres aussi parce que cela permet de ne pas surcharger la série avec des informations potentiellement inutiles.

Cependant, j’ai quand même beaucoup de mal avec cette tendance qu’a la série à faire des raccourcis à tord et à travers (par rapport au livre) ; limite et contrainte de temps pour chaque épisode ? J’entends et je comprends bien… Seulement ce procédé laisse des trous dans le scénario et la trame principale de l’intrigue et vous êtes bien obligés de les combler ces trous, si vous voulez que l’ensemble tienne la route, quitte à trop s’éloigner de l’œuvre d’origine. Et j’ai précisément des doutes sur comment « reboucher les trous ». Le pire pour cette série qui a pourtant de belles qualités, ce serait que les scénaristes fassent exactement cela dans le but de plaire à une plus large audience. Il faut un retour sur investissement oui, mais à quel prix ?…

Bien sûr je n’ai pas la prétention de répondre à cette question ici, dans cet article, et chacun se fera sa propre opinion mais c’est parfois dommage de gâcher les choses qui avaient pourtant bien commencées et qui sont parfois jolies.

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Parce que oui, esthétiquement parlant, j’ai trouvé qu’il y avait quelque chose dans le traitement de l’image et de la lumière. Je n’irai pas jusqu’à qualifier l’ensemble de beau ou de splendide mais You possède sa propre identité à ce niveau : il se dégage une atmosphère à la fois charmante et rassurante (à l’image de Beck) et son exact opposé l’instant d’après ou l’épisode suivant. Cette dualité nous plonge en immersion totale dans la tête de Joe. L’image et la lumière ne sont évidemment pas le seul accès à l’esprit tourmenté de Joe puisque c’est sa voix en off qui nous guide d’épisode en épisode, exactement comme dans le livre.

Concernant les acteurs, je n’ai pas grand-chose à en dire puisque je ne les connaissais pas, sauf Shay Mitchell que j’avais vu dans Pretty Little Liars à l’époque. J’ai donc pu découvrir Penn Badgley (oui, oui je sais Gossip Girl mais non je n’ai pas regardé cette série et je ne m’en porte pas plus mal) et Elizabeth Lail (que j’aurais pu découvrir dans Once Upon a Time mais ce n’est pas de ma faute si j’ai décroché au bout de trois saisons – elle arrive dans la quatrième saison). J’imagine que le casting a été le bon étant donné que l’on rentre assez bien dans l’histoire et aisément dans la tête de ce cher Joe.

Alors, livre ou série ?

L’adage veut que le diable soit dans les détails, et malgré des différences de l’ordre du détail parfois, pour une fois je vais pencher du côté de la série, chose plutôt rare me concernant. Ce choix se justifie avec toutes les raisons précédemment évoquée ; ce qui ne m’empêche d’être dans l’expectative quant à la suite qu’ils vont lui donner, en espérant que cela ne dégénère en foire où l’on retrouverait vaguement les personnages (ceux qui sont toujours de ce monde) et l’intrigue voulue par l’auteur elle-même.

Pour le livre, il est intéressant à lire, mais il vaut mieux commencer par la série : Joe y apparait un tout petit peu plus doux par rapport à son jumeau de papier. D’une manière plus générale, Parfaite n’a sans doute pas l’intrigue parfaite mais néanmoins, Caroline Kepnes a réalisé un de mes vieux rêves littéraires : le méchant gagne à la fin… et rétrospectivement, je ne sais pas si c’est une bonne chose qu’elle ait mis un terme à ce vieux fantasme, de cette façon.

A noter qu’il existe bien une suite sur le plan littéraire : le livre en question a pour titre Hidden Bodies et a été publié en 2016. Il n’existe pas de traduction française à ce jour (à ma connaissance)

Cinéma

Soupe à la Guimauve !

Etant donné que l’Esprit de Noël présent semble vouloir jouer les prolongations et qu’il a neigé à gros flocons sur Lyon ce matin, j’ai décidé d’aller passer ma journée au cinéma et j’ai été voir non pas un mais deux films : Le retour de Mary Poppins et Aquaman. Une semaine de plus, et je pense que je les aurais loupés tous les deux ; évidemment et pour plus de clarté, je détaillerai mon ressenti sur chaque film dans un article séparé. Commençons donc par le Retour de Mary Poppins signé Rob Marshall, toujours d’après l’œuvre de Pamela L. Travers.

Un film inégal avec malgré tout de bonnes surprises

Je ne pensais vraiment pas dire ça un jour, encore moins l’écrire noir sur blanc mais il faut reconnaitre que j’ai passé un bon moment seule dans ma salle. C’est un assez bon film… pour une suite Disney dont le titre n’est autre que : Le retour de Mary Poppins. Cependant, cela reste la suite d’une franchise mondialement connue et appréciée et malheureusement je cherche encore le morceau de sucre qui aide la médecine à couler.

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Est-ce que c’était mieux avant ?

Je crois qu’on peut légitimement se poser la question. Néanmoins, il me semble qu’une réponse tranchée à ce sujet, ce serait faire preuve d’ignorance et surtout de mépris vis-à-vis du film et de tout le travail qu’il y a pu y avoir derrière ; c’est facile pour un spectateur de critiquer avec la fameuse locution « c’était mieux avant » ou tout autre chose dans le même genre, il a le produit fini entre les mains ou plutôt sous les yeux devrai-je dire… mais les acteurs et tout le staff derrière avec les différentes équipes ont fourni un travail monstrueux et dire « c’était mieux avant » c’est justement ne pas respecter ce travail. On ne vous demande pas d’aller voir un film si n’en avez strictement rien à faire ou pas envie !

Quant à répondre oui ou non à cette question, c’est compliqué. Je me souviens lors des premières images aperçues sur Internet m’être insurgée contre ce que je considérais être une insulte à mon enfance, m’être dit que jamais je n’irais voir cette suite, ce « navet annoncé ». (Je me cite) Quelques mois plus tard, je me retrouve quasiment à défendre le film. Tout arrive un jour je suppose… mais c’est surtout parce que le film a des arguments à faire valoir. Cependant, avant de revenir sur les arguments de cette suite, je voudrais d’abord revenir sur les points qui étayent la thèse du « C’était mieux avant ».

  • Julie Andrews. Bien qu’Emily Blunt campe une Mary Poppins convenable et tienne la route tout au long du film, c’est difficile de passer après quelqu’un comme Julie Andrews ; pour moi, Emily Blunt manquait de douceur et était un peu trop sèche avec les Banks, qu’ils soient adultes ou enfants. Résultat : Mary Poppins n’attire pas spontanément la sympathie vers elle alors qu’elle est censée être cette nounou que tout le monde rêve ou a rêvé d’avoir.
  • Les effets spéciaux. Pas parce qu’il y en a ou parce qu’ils sont mal fait (ce n’est pas le cas), mais justement à cause de l’époque ; c’est tellement normal d’en avoir de nos jours qu’on ne se pose pas la question de savoir comment mais plutôt en quelle quantité et à quel moment. A l’inverse en 1956, tout la question était de savoir comment – comment faire plonger quatre personnes dans un dessin de rue ? Elle était là, la magie.
  • Les chansons. Pour ce point, je suis très partagée en réalité. La petite fille que j’étais à 6 ans crie au scandale, cherche son morceau de sucre, veut ranger sa chambre en claquant des doigts et regrette infiniment que le film n’est fait aucune mention d’un certain mot magique commençant par la lettre S…

… mais en même temps, je suis bien forcée de constater que certaines de ces nouvelles chansons m’ont plu, sans doute pas au point de les chanter à tue-tête par la suite ni non plus de les avoir dans la tête pendant plusieurs jours, néanmoins certaines ont parlé à mon âme d’enfant et m’ont aidé à apprécié ce film à sa juste valeur. Oui, j’admets : j’ai lâcher prise (un peu) et j’ai trouvé des points positifs à ce retour :

  • Les enfants Banks. Annabel, John et le petit Georgie Banks ; je me suis attachée à eux parce qu’il le sont vraiment, attachants. Je les ai suivi avec plaisir dans leurs folles aventures et pour le coup, je suis sortie du ciné en me disant que ses trois enfants-là avaient réellement mérités d’avoir croisé la route de la nounou fantasque et fantastique qu’est Mary Poppins alors que pour Jane et Michael, c’était plus un caprice d’enfants pourri-gâtés.
  • Avoir Lin-Manuel Miranda, Meryl Streep, Colin Firth, Julie Walters, Ben Whishaw et Angela Lansbury dans un même film, on ne dit pas non. Jamais. Plus sérieusement, tous ces acteurs sont géniaux et s’acquittent à merveille de leurs rôles. Les prestations de Meryl Streep en cousine déglinguée et fantasque de Mary Poppins, de Colin Firth en grand méchant et d’Angela Lansbury valent le coup d’œil, même s’il est certain que les doublures ne sont jamais bien loin lorsqu’il est question de dance et de chorégraphies…
  • Les chorégraphies parlons-en justement. Elles sont techniques et très travaillées : elles apportent un véritable cachet au long-métrage. Des chansons et des danses, c’est ce qu’on attend d’un film où il est question de Mary Poppins même s’il est certain que toutes les danses n’ont pas été réalisées par les acteurs eux-mêmes et sur ce point, Le retour de Mary Poppins est au rendez-vous. Il y a quelque chose de très Fred Astaire dans certaines et c’est juste époustouflant et beau à regarder. C’est indéniablement un des points forts de ce film !
  • Le deuxième point fort du film, et non des moindres, c’est qu’il respecte son prédécesseur en s’inscrivant dans sa lignée par le biais de clins d’œil plus ou moins appuyés ; peut-être qu’il y en a trop, je n’en sais rien mais en tout cas, on sent qu’il y a eu la volonté de ne froisser personne parmi ceux qui auraient eu des doutes légitimes quant au pourquoi de ce film. Je ne vais pas tous les énumérer mais il y en a dans la musique, dans les personnages (on retrouve Dick Van Dyke et Karen Dotrice) ou bien les situations et ces clins d’œil sont autant de marqueurs pour vous rappeler que Mary Poppins ne vous a pas oublié mais que vous avez fait comme Jane et Michael, vous avez grandi.

 

Conclusion

Au premier coup d’œil le sirop est amer et le morceau de sucre semble avoir disparu mais il se pourrait bien que ce ne soit pas tout à fait le cas. Bien sûr, certains personnages sont maladroitement campés, notamment Mary Poppins (malheureusement et c’est un comble) et Jane Banks (un peu trop nunuche à mon goût) et la magie des premières fois n’est plus qu’un souvenir pour celles et ceux qui chérissent le Mary Poppins de 1956. Néanmoins, il serait injuste de lyncher ce film au prétexte du « mais c’était mieux avant » parce qu’il a quelques qualités et arguments à faire valoir. Comme le dit une chanson du film Méfiez-vous des apparences, ce film pourrait peut-être vous surprendre… Donc si vous ne lui avez pas laissé sa chance sur grand écran, peut-être qu’après la lecture de cet article, vous lui laisserez sa chance sur petit écran ?…

 

Cinéma, Littérature

Spécial Noël

Pour l’un des derniers articles de l’année 2018 et parce que l’atmosphère s’y prête on ne peut mieux, je vais vous présenter un recueil de contes, une nouvelle sur Noël de Charles Dickens ainsi que son adaptation cinématographique. Des lectures idéales en périodes de fêtes, même si ce n’est certainement pas pendant les fêtes de fin d’année que nous lisons le plus (enfin pour ma part !).

Contes celtiques, sélectionnés par Sébastien Recouvrance

J’ai beaucoup hésité à vous présenter ce recueil parce que j’ai été immensément déçue par son contenu. J’ai toujours été attirée et intéressée par les contes et les légendes celtes, notamment les légendes arthuriennes. Cela étant la culture celtique est suffisamment vaste pour contenir d’autres légendes que celles qui concernent le Roi Arthur et sa table ronde mais comme je ne m’y connais pas du tout, j’ai choisi l’ouvrage complètement au hasard, en me fiant uniquement au titre.

Avec un titre comme celui-là, je m’attendais à trouver un ou deux contes de chaque nation celtes, à savoir : l’Angleterre, l’Ecosse, le Pays de Galles, l’Irlande, la Bretagne et même pourquoi pas des contes Espagnol puisque les régions des Asturies et de la Galice sont reconnues comme telles. Ma déception fut à la hauteur de mes espoirs… Tous les contes de ce petit livre sont des contes… bretons ! Avec en plus, plus ou moins intérêt malheureusement. Les récits de voyages présents dans le recueil sont malgré tout très plaisant à lire et c’est un des seuls point positif de ce livre (avec sa taille) ! Autre point positif, si on peut dire cela comme ça : le prix. Cinq euros pour un recueil de qualité médiocre j’ai presque envie de dire que c’est normal alors qu’en fait ça ne l’est absolument pas ! Un recueil intitulé Contes celtiques devrait pouvoir être de qualité en présentant des contes de différentes nations celtes sans pour autant être à un prix exorbitant ! Bref, moi j’appelle ça de la publicité mensongère et il y a de quoi être déçu… Par contre, c’est parfait si vous voulez en savoir plus sur les contes et légendes de la Bretagne !

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Un cantique de Noël, Charles Dickens (1843)

Un cantique de Noël de Charles Dickens raconte l’histoire d’Ebenezer Scrooge, vieil homme avare et insensible qui déteste par dessus tout les fêtes de fin d’année et plus particulièrement les célébrations de la fête de Noël. La veille de Noël, il reçoit l’effrayante visite de son ancien associé, M. Marley, qui le prévient qu’il finira comme lui s’il ne fait rien pour enrayer la course des choses et modifier son existence. Jacob Marley propose un marché à Scrooge que ce dernier accepte, complètement terrifié. Ebenezer Scrooge recevra donc la visite de trois esprits pour l’aider dans sa quête de rédemption.

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J’avais déjà lu Dickens mais c’était en 6ème et il me semble que c’était Oliver Twist, et si je me souviens grossièrement de l’histoire, je ne me rappelle absolument pas de la structure ou des techniques de narration ; il faudrait peut-être que je le relise d’ailleurs… En tout cas, concernant cette nouvelle, j’ai adoré ! Scrooge est un personnage attachant quoi qu’on en dise, parce que malgré son manque d’empathie pour les autres, il évolue et devient progressivement un tout autre personnage. On s’attache également aux autres même s’ils sont pour certains très éphémères. C’est un récit haut en couleur, rythmé et profondément bienveillant et tendre, que l’on fasse partie des classes aisées, modestes ou pauvres de la société. La magie de Noël permet à Dickens de s’adresser à tous en faisant voler en éclats pour une soirée les conventions. Une nouvelle à lire absolument, en tout temps !

 

Le drôle de Noël de Scrooge, Robert Zemeckis (2009)

De Robert Zemeckis, j’ai évidemment vu la trilogie Retour vers le futur (même si le premier est le seul qui compte réellement), et les excellents Forest Gump et Qui veut la peau de Roger Rabbit. Et j’avais sciemment évité Le drôle de Noël de Scrooge en 2009, très largement décrié par la critique et les quelques personnes de mon entourage qui l’avait vu et qui m’en avait parlé à l’époque.

J’ai fini le visionnage en début de soirée pour les besoins de l’article et très honnêtement, j’ai dû mal à comprendre que le film ait eu si mauvaise presse… Si c’est au niveau des dessins 3D qu’il y a un problème, je peux le concevoir mais le film est sorti en 2009 et cette technologie et façon de réaliser un film n’était pas très au point si l’on compare avec ce qui ce fait maintenant. Et c’est un peu vrai que les dessins et les animations ont un peu mal vieillis ; j’avais l’impression d’avoir des cinématiques de jeux vidéo d’anciens jeux PC du début des années 2000 sous les yeux par moments.

Cependant, si vous avez un problème avec le scénario et l’histoire d’Ebenezer Strooge, je ne peux malheureusement rien pour vous : il s’agit de l’adaptation à la virgule près de la nouvelle. Donc cela voudrait dire que l’échec commercial du film s’explique par son adaptation trop fidèle ?… J’en sais rien, et d’ailleurs je ne pense pas que le film s’adressait à un public jeunesse (bien qu’il fasse partie du catalogue Disney) mais la nouvelle s’adressait davantage aux adultes qu’aux enfants ; personnellement, j’ai trouvé que c’était une petite pépite ce film et je suis ravie de l’avoir vu pour en parler dans un article !

Sur ce, je vous souhaite de très bonnes fêtes de fin d’année et d’agréables lectures. Bon réveillon !

Cinéma

Par Toutatis ! Chute de druide !

Mais quel bonheur de retrouver Alexandre Astier aux commandes d’un film d’animation Astérix ! Le Domaine des Dieux était déjà à l’époque, très réussi. Quatre ans plus tard Alexandre Astier remet le couvert avec Le secret de la potion magique, un scénario original basée sur l’œuvre de la célèbre bande-dessinée française.

Si vous avez vu la bande annonce, vous savez de quoi parle le film. Lors de la cueillette du gui nécessaire à la fabrication de la fameuse potion magique, Panoramix le druide du village des « irréductibles gaulois » fait une chute malencontreuse du haut d’un arbre et se fracture le pied. A situation inédite, solution inédite : Panoramix décide qu’il ne doit plus être le seul à connaitre la formule de la potion magique et part en voyage à travers la Gaule pour dénicher un autre druide, digne de confiance pour lui succéder et assumer cette lourde tâche. Dans son périple, il est accompagné par le célèbre trio : Astérix, Obélix, et Idéfix bien sûr. Cependant, une telle décision n’est pas sans conséquences et attise bien des convoitises !…

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C’est film d’animation qui s’adresse aux enfants mais pas seulement ; les amoureux des aventures du célèbre gaulois moustachu et les aficionados de la série Kaamelott y trouveront leur compte. Je pense que c’est ce qui explique en partie la réussite de ce long-métrage (hors mis les aspects purement techniques) : il s’adresse à tout le monde. On retrouve bien sûr les gags classiques avec les chutes et autres comiques de situation qui plairont davantage au jeune public mais également une deuxième portée avec des jeux de mots ou des références placées pour un public d’adultes. De plus, Alexandre Astier se permet de glisser quelques thématique qui lui tienne à cœur, tout en abordant ces dernières par le biais de l’humour sans jamais tomber dans l’excès.

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Je voulais aussi vous parler du doublage parce que cela fait partie intégrante des films d’animation. Comme vous le savez peut-être, Roger Carel, 91 ans et voix historique d’Astérix a doublé son dernier film en 2014, avec Astérix et le Domaine des Dieux. On aurait donc pu légitimement se dire que ça allait être compliqué de se faire à une nouvelle voix de doublage mais là aussi, le casting a été très bien fait. C’est Christian Clavier qui prête sa voix au petit gaulois blondinet, après l’avoir incarné deux fois en prise de vues réelles ; donc pas de soucis, le sujet est amplement maitrisé. Pour le reste, on retrouve beaucoup d’acteurs de la série Kaamelott et des humoristes connus tel que Florence Foresti, Alex Lutz ou encore Elie Semoun. Bref, que du beau monde pour un film rythmé et très réussi.

Bon film !

Cinéma

Longue vie au Roi !

Je n’ai plus grand-chose à faire en ce moment, en attendant de véritablement commencer mon stage alors j’en profite pour m’occuper en privilégiant ce qui me fait vraiment envie. Ca faisait un petit moment que je n’étais pas retournée au cinéma sur Lyon donc j’y suis allée et j’ai porté mon dévolu sur le dernier-né des Studios Marvel : Black Panther (après avoir hésité une demie seconde avec Lady Bird)

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Black Panther

Pour tout vous dire, le dernier Marvel que j’ai dû voir et apprécier c’est Les gardiens de la galaxie – vol. 2… En même temps avec un rythme aussi effréné que celui des studios Marvel, difficile de faire que la qualité soit toujours au rendez-vous… Maintenant que j’ai fait ma petite critique globale sur le rythme des sorties, je vais pouvoir vous parler de Black Panther plus en détail.

Il faut savoir que je n’avais pas d’a priori, bons ou mauvais, concernant ce film. Je ne connaissais pas du tout l’histoire de ce super-héros, un peu à la marge des autres comme les Avengers par exemple. Et mon ressenti à la sortie de la salle de ciné : j’ai a-do-ré. Court, simple et efficace comme avis, non ?

Je ne regrette pas du tout mon choix, même s’il est vrai que j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire parce que j’ai trouvé l’intrigue un peu longue à se mettre en place. Mais à part ça, je vais me répéter mais j’ai vraiment, vraiment adoré. Les personnages sont attachants, drôles, humains aussi, avec leurs moments de faiblesse et leurs failles (ce qui est d’autant plus appréciable dans un film de super-héros). Le casting est parfait. A ce propos, j’ai adoré voir Andy Serkis dans un rôle qui n’inclue pas de la motion capture, même si j’ai trouvé que son rôle était tellement perché que j’avais l’impression de voir Gollum parfois… J’ai vraiment eu un coup de cœur pour les personnages incarnés par Angela Bassett et Letitia Wright, respectivement mère et sœur de Black Panther.

Il y a quelques temps, j’écrivais sur Wonder Woman « qu’elle en avait dans la cuirasse ». Je pourrais dire la même chose ici : les femmes se battent, prennent des décisions, luttent, poussent parfois les hommes dans leurs retranchements… et excusez-moi pour la minute féministe de cet article mais ça fait du bien de voir ça sur un écran de cinéma, pour un film grand public qui plus est. De même pour la mise en avant des minorités ; c’est incontestablement un film qui fera bouger les choses. J’ai suivi une émission à la télé il n’y a pas si longtemps et un des intervenants disait à propos du film que dans quelques années le public ne fera même plus attention à la couleur de peau de Black Panther. Ce qui compte c’est que ce soit un super-héros et qu’il sauve le monde.

Note : 9/10.

Cinéma

Le talon d’Achille Poirot

Ah les séances de ciné matinale ! La joie d’être seule ou seulement deux dans la salle. Cela va finir par devenir une habitude, croyez-moi. Toujours est-il que cette fois-ci, c’était pour Le Crime de l’Orient-Express (Murder on the Orient-Express), adapté du roman éponyme de cette chère Agatha Christie et réalisé par Kenneth Branagh. Film ni très bon, ni très mauvais et je vous explique pourquoi dans quelques instants. Accrochez-vous embarquement imminent !

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L’équilibre fragile d’un film « chorale » qui tient néanmoins la route

On retiendra le travail et la performance d’acteur de Michelle Pfeiffer (Madame Hubbard) et Kenneth Branagh (Hercule Poirot) qui sortent tous les deux un peu du lot et font que le film reste sur les rails. Cependant, je trouve qu’il faut toujours se méfier de ce genre de film, au casting cinq étoiles, qui n’apporte pas grand-chose hors mis un nom prestigieux de plus dans la liste des acteurs crédités au générique de fin. Prenez par exemple le rôle tenu par Judi Dench, la princesse Dragomiroff ; Judi Dench l’interprète parfaitement mais il me semble que dans le livre, son nom revient plus régulièrement. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Je sais aussi qu’étant tiré du roman d’Agatha Christie, l’adaptation doit faire quelques concessions vis-à-vis de l’œuvre de départ, pour des questions de temps, de pertinence… Après tout, une adaptation est toujours un parti pris et malgré des personnages supprimés ou modifiés pour mieux correspondre physiquement aux acteurs qui tiennent les rôles, j’ai noté quelques trouvailles qui valent le détour de la réalisation. Un petit plus non négligeable.

Une bonne réalisation avec de bonnes idées

Je ne suis pas une experte en réalisation et ce qu’a fait Branagh, d’autres l’ont sûrement fait avant lui, peut-être même sur des films policiers. Cela dit, certaines séquences sont vraiment mise en valeur par l’angle de la caméra et/ou le traitement de l’image. Heureusement pour le film, il s’agit des points clé de l’histoire. On peut citer notamment la découverte du corps par M. Poirot, M. Bouc et M. Arbuthnot, le médecin, ou encore quelques interrogatoires particulièrement bien scénarisés et filmés.

Autre point positif, les costumes ! C’est tout bête mais c’est un détail auquel je prête très facilement attention. Ici, rien à déclarer, les costumes sont fidèles à l’époque et réalistes. Un bon point même si cela parait logique et attendu.

Je le redis ici mais les personnages, bien que stéréotypés, sont fidèles aux doubles littéraires, grâce à un gros travail sur les différents accents qui existent lorsqu’on parle anglais et que ce n’est pas notre langue maternelle. Malheureusement, il y un gros point négatif qui m’a empêché d’apprécier pleinement le film et qui concerne les personnages.

mais un Hercule Poirot pathétique

Quand je vous disais les personnages, j’aurais peut-être dû préciser Hercule Poirot dès le départ. J’ignore si c’est un effet de mode des films tournés actuellement, mais cette manie de vouloir introduire des histoires d’amour compliquées ou impossibles dans des adaptations afin que le résultat soit plus vendeur, cela me sort par les yeux ! C’est un procédé qui me donne la nausée et envie de vomir.

Jamais dans aucun des livres que j’ai lu d’Agatha Christie, il n’est question d’une femme que Hercule Poirot aurait aimé profondément et qui serait disparue désormais… Un peu comme James Bond, vous voyez l’idée ?… Sauf que pour James Bond, cette femme existe vraiment, je ne suis pas sûre que ce soit le cas pour Hercule Poirot. Remarquez, je me trompe peut-être, je n’ai pas lu tous les livres qui mettent en scène des enquêtes de M. Poirot. Quoiqu’il en soit, je comprends l’idée et dans l’absolu elle n’est pas mauvaise puisqu’elle est là pour donner plus de profondeur au personnage, plus d’humanité aussi. Seulement j’ai trouvé cette idée très maladroite et mal pensée. Le problème c’est qu’on tombe très vite dans le Pathos et c’est pour ça que je disais qu’Hercule Poirot était pathétique alors qu’il devrait juste être drôle et attachant par ses excentricités. Désolée Kenneth mais les seuls Hercule Poirot qui ont mon admiration sont Peter Ustinov et David Suchet, comprendra qui pourra…

Conclusion

Le Crime de l’Orient-Express est un film qui dure près de 2 heures avec un bon rythme et où l’on ne s’ennuie pas. L’excellente performance de certains acteurs est toutefois déséquilibrée par le nombre de têtes d’affiche et le scénario se retrouve vite englué dans un Pathos plus qu’inutile et indigeste pour le spectateur. Heureusement qu’une bonne réalisation sauve un peu le reste et qu’en fin de compte, le plus gros du scénario repose sur l’œuvre d’Agatha Christie. Maintenant toute la question est de savoir si Kenneth Branagh va remettre le couvert avec Mort sur le Nil (Death on the Nile)… En tout cas en attendant rien ne vous empêche de vous replonger dans les livres d’Agatha Christie !

Note : 10/20.