Cinéma, Littérature

[Découverte] [Contemporain] Parfaite (You) Caroline Kepnes

Au risque de vous gaver avec un article supplémentaire sur le sujet, je m’en vais vous parler du phénomène Parfaite (You en anglais) de Caroline Kepnes. Je parle bien de phénomène puisque le livre a été publié en 2012 et était passé un peu inaperçu à l’époque… mais cela, c’était avant. Avant 2018 et Netflix ! Jackpot pour Caroline… Et on n’oublie pas de remercier la plateforme pour le petit coup de pouce sur les ventes du livre surtout !…

Ma rencontre avec Parfaite, le livre

Si je suis légèrement amère c’est parce que Parfaite est typiquement le livre qui rentre dans deux catégories (exclusive l’une de l’autre) : l’achat hasard – qui peut potentiellement débouché sur un truc, que l’expérience de lecture soit bonne, excellente ou au contraire simplement horrible… mais c’est le jeu lorsqu’on achète ses livres au hasard (comme il m’arrive de le faire parfois) – ou l’autre catégorie qui s’offre à vous c’est celle du non-achat – ces livres qui sont là mais que vous n’achèterez pas pour tout un tas de raisons.

Parfaite rentre dans cette seconde catégorie : rien ne me prédestinait à cet achat. Ni la couverture (très moyenne et pas du tout vendeuse selon moi) ni le résumé en quatrième de couverture (d’une médiocrité alarmante, genre : « il faut bien mettre quelque chose et cela fera l’affaire »). Bref, je suis passée à deux doigts d’ignorer complètement ce livre et son auteur et ma vie aurait continué comme si de rien n’était, dans une jungle littéraire luxuriante… C’était sans compter Joe Goldberg qui avait une histoire à raconter, la sienne et à qui Netflix a fait le plus beau cadeau qui soit : un corps, une incarnation afin qu’il devienne le nouveau porte-étendard du catalogue 2018-2019. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela a fonctionné ; peut-être même au-delà des espérances de Caroline Kepnes… Mais ce qui compte au fond, c’est bien que j’ai fini par faire la connaissance de Joe, personnage trouble et complexe comme j’en croise rarement et à qui l’on parvient à s’attacher malgré tout. Pour autant, je ne qualifierai pas cette lecture d’agréable ; il est quand même question d’un psychopathe qui épie le moindre fait et geste d’une fille pour qui il a eu le coup de foudre, sous couvert de recherche du Grand Amour… Et comme il est également narrateur de cette histoire, Hashtag NoFilter, eh bien être dans la tête d’un psychopathe n’est pas spécialement agréable. Cela dit, la lecture n’en reste pas moins fascinante, sans être totalement dérangeante non plus, auquel cas vous comme moi lâcherions le livre en cours de route. Ce n’est pas le cas – Parfaite n’est pas un livre qu’on lâche.

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Il s’agit presque d’un tour de force de la part de Caroline Kepnes, pour ne pas dire un tour de magie. Elle arrive à rendre un psychopathe (la dernière personne que vous souhaiteriez croiser dans toute votre vie) abordable voire même sympathique à certains égards : Joe est un libraire charismatique, un peu taciturne et complètement déphasé avec son époque (il n’est sur aucun réseau social, bien qu’il sache s’en servir à la perfection afin de trouver ce qui l’intéresse)… Un peu old school mais pas trop, charmant, un peu de désuétude dans le vocabulaire, une culture littéraire et cinématographique dont je rêve mais surtout une intelligence stupéfiante et d’une logique aussi imparable que diabolique ; voilà comment définir notre protagoniste narrateur. Inutile de vous dire comment tout cela se termine parce que de toute façon, on sent dès le départ que cette histoire « d’amour » va mal finir… Vous connaissez la chanson, n’est-ce pas ? Eh bien Parfaite c’est tout-à-fait cela : une histoire d’amour non-conventionnelle qui ne finit pas bien. Néanmoins il est probable que vous restiez sur votre faim/fin à la dernière page du roman ; il se peut que vous ayez l’impression de sauter du train en marche… mais non, il n’y a rien de plus pour nous pauvres lecteurs déboussolés. Les joies des fins ouvertes !

You, la série : Adaptation fidèle et réussie ?

Comme mentionné plus haut dans l’article, j’ai fait la connaissance de Joe et Beck par l’intermédiaire de Netflix et heureusement que cela est arrivé dans ce sens et pas l’inverse. Rien que la bande-annonce vaut le coup d’œil : elle est très bien réalisée, très soignée et intrigue tout de suite le spectateur. En même temps c’est un peu le but de l’existence des bandes annonces, non ? Le problème c’est que ce n’est pas toujours une réussite mais c’est un autre sujet. Quoiqu’il en soit cette série a passé ce premier test de la bande-annonce haut la main, et c’est un bon début. Ensuite, les choses se corsent un peu pour Joe, Beck et les autres…

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J’aimerais vraiment être ultra positive quant à cette adaptation mais il y a quelque chose qui me gêne pour apprécier pleinement cette série. J’ai souvent entendu dire que pour qu’une adaptation cinématographique soit réussie, il fallait qu’elle reste fidèle à l’œuvre d’origine, tout en s’en éloignant un peu pour permettre quelques libertés d’interprétations, mais pas trop : question de dosage encore une fois. En cela, pas de soucis, les scénaristes de la série ont suivi cette règle à la lettre (au bénéfice de Joe et du spectateur d’ailleurs). J’en veux pour preuve l’ajout de certains personnages comme par exemple le petit Paco, voisin de notre gentleman psychotique. Paco, une dizaine d’années au compteur, c’est la caution humanité de Joe Goldberg qui s’occupe de lui comme le ferait n’importe quel grand-frère ou oncle sain d’esprit et je trouve que c’est une bonne chose. Le retrait de certains autres aussi parce que cela permet de ne pas surcharger la série avec des informations potentiellement inutiles.

Cependant, j’ai quand même beaucoup de mal avec cette tendance qu’a la série à faire des raccourcis à tord et à travers (par rapport au livre) ; limite et contrainte de temps pour chaque épisode ? J’entends et je comprends bien… Seulement ce procédé laisse des trous dans le scénario et la trame principale de l’intrigue et vous êtes bien obligés de les combler ces trous, si vous voulez que l’ensemble tienne la route, quitte à trop s’éloigner de l’œuvre d’origine. Et j’ai précisément des doutes sur comment « reboucher les trous ». Le pire pour cette série qui a pourtant de belles qualités, ce serait que les scénaristes fassent exactement cela dans le but de plaire à une plus large audience. Il faut un retour sur investissement oui, mais à quel prix ?…

Bien sûr je n’ai pas la prétention de répondre à cette question ici, dans cet article, et chacun se fera sa propre opinion mais c’est parfois dommage de gâcher les choses qui avaient pourtant bien commencées et qui sont parfois jolies.

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Parce que oui, esthétiquement parlant, j’ai trouvé qu’il y avait quelque chose dans le traitement de l’image et de la lumière. Je n’irai pas jusqu’à qualifier l’ensemble de beau ou de splendide mais You possède sa propre identité à ce niveau : il se dégage une atmosphère à la fois charmante et rassurante (à l’image de Beck) et son exact opposé l’instant d’après ou l’épisode suivant. Cette dualité nous plonge en immersion totale dans la tête de Joe. L’image et la lumière ne sont évidemment pas le seul accès à l’esprit tourmenté de Joe puisque c’est sa voix en off qui nous guide d’épisode en épisode, exactement comme dans le livre.

Concernant les acteurs, je n’ai pas grand-chose à en dire puisque je ne les connaissais pas, sauf Shay Mitchell que j’avais vu dans Pretty Little Liars à l’époque. J’ai donc pu découvrir Penn Badgley (oui, oui je sais Gossip Girl mais non je n’ai pas regardé cette série et je ne m’en porte pas plus mal) et Elizabeth Lail (que j’aurais pu découvrir dans Once Upon a Time mais ce n’est pas de ma faute si j’ai décroché au bout de trois saisons – elle arrive dans la quatrième saison). J’imagine que le casting a été le bon étant donné que l’on rentre assez bien dans l’histoire et aisément dans la tête de ce cher Joe.

Alors, livre ou série ?

L’adage veut que le diable soit dans les détails, et malgré des différences de l’ordre du détail parfois, pour une fois je vais pencher du côté de la série, chose plutôt rare me concernant. Ce choix se justifie avec toutes les raisons précédemment évoquée ; ce qui ne m’empêche d’être dans l’expectative quant à la suite qu’ils vont lui donner, en espérant que cela ne dégénère en foire où l’on retrouverait vaguement les personnages (ceux qui sont toujours de ce monde) et l’intrigue voulue par l’auteur elle-même.

Pour le livre, il est intéressant à lire, mais il vaut mieux commencer par la série : Joe y apparait un tout petit peu plus doux par rapport à son jumeau de papier. D’une manière plus générale, Parfaite n’a sans doute pas l’intrigue parfaite mais néanmoins, Caroline Kepnes a réalisé un de mes vieux rêves littéraires : le méchant gagne à la fin… et rétrospectivement, je ne sais pas si c’est une bonne chose qu’elle ait mis un terme à ce vieux fantasme, de cette façon.

A noter qu’il existe bien une suite sur le plan littéraire : le livre en question a pour titre Hidden Bodies et a été publié en 2016. Il n’existe pas de traduction française à ce jour (à ma connaissance)

Littérature

[Contemporain] Legendary (Caraval – Tome 2)

J’avais écrit un article pour le premier tome de Caraval, livre que j’avais littéralement dévoré lorsque j’avais mis la main dessus. Depuis la Saga Harry Potter, aucun livre n’a suscité mon intérêt et mon enthousiasme autant que cette série. J’ai retenu deux choses de ma lecture de la suite des aventures des sœurs Dragna, Scarlet et Donatella : la première c’est que mon article sur le premier tome ne rend pas tellement justice à l’ouvrage parce que je suis restée trop vague et la deuxième c’est que malheureusement, j’en veux encore et qu’il va falloir attendre…

La magie continue d’opérer

Si vous avez aimé le premier tome, Caraval, je pense sans me mouiller que vous aimerez cette suite, ô combien haletante et bien plus sombre que le premier volume. Stéphanie Garber nous emmène dans un voyage onirique sur les traces de la mère des deux héroïnes mais également sur les traces de Légende, Maitre du jeu de Caraval, toujours aussi insaisissable qu’un courant d’air.

Pour être franche, j’avais un peu peur de ne pas accrocher à cet opus. J’avais tellement adoré le premier, j’avais tellement été transportée dans un autre monde, un monde extraordinaire que j’avais peur que la suite ne soit pas à la hauteur de mes attentes. Et finalement, malgré un début et une première partie un peu trop poussive à mon goût, la magie de Caraval continue d’opérer. Pour mon plus grand bonheur !

Nous retrouvons donc Scarlet et Donatella où nous les avions laissées lors du tome 1, à la différence que cette fois, c’est bien Donatella « Tella » Dragna qui se trouve être au centre de l’aventure. En effet, la jeune fille s’est lancée dans une quête aussi belle que désespérée : la recherche de sa mère, disparue depuis des années sans laisser de traces. Pour se faire, elle se voit dans l’obligation de participer à la nouvelle édition de Caraval, qui se déroule à Valenda à l’occasion du 75ème anniversaire de l’impératrice Elantine. Nouveau jeu, nouvelles règles. C’est tout ce que je peux vous dire concernant l’intrigue sans prendre le risque de vous la dévoiler.

Une suite très satisfaisante

De mon point de vue, Legendary avait autant de chance d’être un échec qu’une réussite flamboyante. Le début était un peu maladroit mais nécessaire quand même pour planter un des éléments centraux de cette nouvelle histoire ; et puis j’ai eu plus de mal à m’attacher à Tella, trop indépendante avec des idées beaucoup trop tranchées pour éprouver de l’empathie pour elle. Sauf que, sauf que… comme tous les meilleurs personnages de roman, Donatella évolue et n’hésite pas à se remettre en question afin de poursuivre l’aventure et heureusement pour elle et le lecteur.

C’est d’ailleurs toute la force de ce personnage qui me parait bien plus complexe et intéressant que sa sœur, rétrospectivement. Sans oublier le personnage de Légende bien sûr. Son ombre plane tout au long du roman jusqu’à devenir réelle et bien palpable à la fin du livre… On pourrait croire qu’avec l’apparition tangible de Légende, l’intrigue trouverait son dénouement de façon logique mais cette révélation ne fait qu’ajouter une dimension supplémentaire au mystère qui l’entoure. Stéphanie Garber aime mener ses lecteurs en bateau. Elle est passée maitre dans l’élaboration d’intrigues complexes et j’en redemanderai jusqu’à la fin de cette série absolument captivante et génialissime. Si j’osais le jeu de mot, je vous dirai que Legendary est légendaire …

Je vous la recommande vivement !

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Vous pouvez relire mon article sur Caraval ici.

Ps : une relecture du premier tome est fortement conseillée.

Bande-Dessinée/Comics

[BD] Contro Natura

On reprend doucement les chroniques littérature avec la review d’une BD dévorée le Week-end dernier pour laquelle je n’ai pratiquement que des compliments parce que oui, il y a un tout petit mais (qui ne gâche en rien mon enthousiasme pour cette œuvre), cependant oui, je crois qu’on peut encore parler de chef d’œuvre ou de pépite. Décidément, Glénat Comics est coutumière du fait.

Contro Natura : Mirka Andolfo frappe fort avec un premier titre ambitieux

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Contro Natura raconte l’histoire de Leslie à New Roark avant que la situation ne dégénère complètement à cause des lois en vigueur dans cette ville, notamment une qui contrarie particulièrement la jeune « femme ». A son vingt-cinquième anniversaire chaque personne célibataire de New Roark se voit dans l’obligation de rejoindre le programme d’état afin d’assurer la conservation de chaque espèce via la procréation. Une sorte de site de rencontres institutionalisé et autorisé qui ne laisse pas vraiment la place aux rencontres réelles et fortuites. Le Regard voit et contrôle tout et gare à celui qui ne se conforme à la loi… Pas vraiment étonnant que Leslie ne soit pas plus enjouée à l’idée d’avoir vingt-cinq ans, d’autant que depuis un mois environ il y a aussi ce rêve récurrent aussi érotique qu’angoissant qui n’arrange pas les choses et ne présage rien de bon…

Entre Zootopie et La Ferme des animaux

Comme vous pouvez le constater avec la couverture, Leslie est un animal anthropomorphe, un cochon plus précisément. Et c’est le cas de tous les personnages de cette BD, tout le monde est anthropomorphe et doit obéir à la loi précédemment citée. Ceux qui refusent de la suivre parce qu’ils aiment un animal d’une autre espèce que la leur ou bien font preuve d’homosexualité sont appelé des « Contre-Nature » (d’où le nom de la BD). Et les « Contre-Nature » sont visiblement sévèrement sanctionnés par l’Etat, dirigé par un cochon du nom de Napoléon… Ca ne vous rappelle rien ?…

Après ce petit spoil volontaire de ma part, je pense qu’il est nécessaire de parler des deux grandes influences qui ont fait naitre cette BD ; à ce propos, il y en a sûrement d’autres que j’ai peut-être loupé mais ce sont les deux plus flagrantes alors autant en parler. La première donc, c’est Zootopie pour plusieurs raisons : pas seulement pour l’anthropomorphisme.

  • Leslie ressemble beaucoup à Judy dans le sens où elle ne se sens pas à l’aise dans la société dans laquelle elle vit. Elle se sens différente et rêve d’autre chose comme destinée que celle qui lui semble promise.
  • Le méchant de l’histoire n’est pas forcément celui qu’on croit dans les deux cas, mais vous n’en saurez pas plus ; de même que les partenaires de l’une comme de l’autre leur font former deux couples des plus détonants !
  • Et puis bien sûr, il y a l’anthropomorphisme. Je ne vais détailler ce point : les deux œuvres parlent pour elles-mêmes !…

Néanmoins, à la lecture, ce qui vous sautera aux yeux j’espère, c’est que le scénario s’appuie beaucoup sur une des œuvres phare de George Orwell, la bien nommée Ferme des Animaux, désormais un classique de la littérature paru en 1981. Que ce soient des éléments structurel de l’histoire ou simplement des petits détails glissés à l’attention du lecteur attentif, tout laisse à penser que Mirka Andolfo s’est inspirée (en bien) de George Orwell pour créer son univers propre.

 Une première histoire prometteuse malgré de petites faiblesses scénaristiques

Ce qui m’amène à évoquer la BD d’un point de vue esthétique et scénaristique. D’ailleurs, je vais commencer par dire un mot sur le scénario très rapidement. Si, de manière générale, le scénario de cette histoire tient la route et offre un univers nouveau tout en reposant sur des éléments puisés dans d’autres œuvres, il reste néanmoins quelques lacunes qui affaiblissent un peu l’histoire qui aborde pourtant des thèmes importants et forts. Certains points complexes auraient mérités plus amples explications alors qu’ils donnent l’impression d’être juste survolés par l’auteur. Cela peut peut-être destabiliser le lecteur au point de le faire abandonner sa lecture pour les moins téméraires et c’est vraiment dommage de se dire qu’il y a potentiellement des points de blocages à ce niveau dans une BD de cette qualité.

Cependant pour moi, il y a trop de points positifs pour m’arrêter sur cela. Evidemment que j’accorde de l’importance à la cohérence du récit que l’on m’offre, que ce soit dans une BD, un livre ou un film. C’est primordial pour entrer dans un univers ; et malgré quelques points qui manquent d’explications, le scénario et l’histoire de Contro Natura tiennent la route. Premièrement parce qu’on sent que l’auteur y a mis toute son énergie et sa passion et je pense que les faiblesses scénaristiques proviennent de ça. Cela ne vous est jamais arrivé de créer quelque chose, une histoire, et d’être tellement absorbé dans votre univers que tout ce que vous racontez vous parait logique et cohérent alors qu’une personne extérieure, un lecteur par exemple, aura besoin de plus de détails et d’explications pour trouver les choses cohérentes ? C’est exactement le cas de Contro Natura.

Deuxièmement, les thématiques abordées sont fortes et font réfléchir et c’est assez inattendu pour une première BD. Personnellement, c’est quelque chose que j’adore ! Mais cela implique également une grosse prise de risque : avoir placé la barre trop haute et complètement rater les autres travaux. Mais c’est quand même vachement cool d’avoir de l’ambition pour aborder des sujets importants tels que la place de l’amour dans une société hyper contrôlée, l’homosexualité, parvenir à être soi-même et la place de l’autre… Et enfin et non des moindres : les dessins. Je suis amoureuse des dessins de cette histoire qui servent magnifiquement le scénario inventé par Andolfo. Par contre, autant être franche, cette BD s’adresse à un public averti : il y a (pas mal) de sang et bon nombre de dessins érotiques voire carrément explicites. Cependant, ce n’est jamais vulgaire ; les dessins sont toujours soignés avec un travail de dingue sur les couleurs, la lumière et les ombres. Atmosphères garanties au rendez-vous.

Conclusion

Des dessins splendides et travaillés dans le moindre détail au service d’un premier scénario ambitieux et prometteur de belles choses pour la suite. Mirka Andolfo, auteur/dessinatrice italienne est définitivement quelqu’un à suivre de très près. Je ne peux que vous conseiller sa première BD, Contro Natura, qui ne vous laissera pas indifférents, j’en suis certaine !

Littérature

[Contemporain] [Découverte] Miss Cyclone

Ca y est, nous y sommes. Dernier article de l’année 2018 ! C’est assez étrange de l’écrire en fait… Mais ce n’est pas le sujet de cet article puisque j’ai jeté mon dévolu sur Miss Cyclone de Laurence Peyrin ; livre dont j’avais entendu parler sur un des nombreux podcast de Gérard Collard de la librairie La Griffe Noire. Le livre compte un total de 344 pages et se lit assez rapidement sans être un chef d’œuvre de la littérature contemporaine. Vous l’aurez compris, ce que je vous propose pour passer le cap de la nouvelle année ou pour bien débuter la nouvelle, c’est une lecture sympathique et sans prise de tête (encore que…) !

L’histoire c’est celle de la vie d’Angela Visconti et June Verhoeven sur un lapse de temps d’environ 30 ans. On suit donc les deux jeunes filles des affres de l’adolescence à l’âge mûr avec à chaque fois ce que grandir implique selon les époques traversées. Et en parlant d’époque traversée, le roman débute en décembre 1980, cette même année où John Lennon a été assassiné et ce serait mentir que de dire que ce point précisément n’a eu aucune influence sur mon achat ; peut-être est-ce un peu léger pour justifier d’un achat mais toujours est-il que c’est le cas, j’ai acheté ce livre pour la présence du nom d’un Beatle en couverture et je ne regrette absolument pas. D’ailleurs, si je vous en parle autant, c’est parce que cet évènement au retentissement planétaire a une influence sur la vie des deux héroïnes de cette histoire ; c’est un peu le fil conducteur du roman à des degré moindre selon les différents protagonistes mais cet assassinat est toujours là en arrière plan. Cependant, il s’agit juste d’un prétexte et d’un élément de contexte pour situer l’histoire qui nous intéresse réellement.

Pour en revenir à Angela et June, toute la dynamique du roman s’articule autour d’elles : ces deux ados si proches et pourtant si différentes, diamétralement opposées. En plus de l’opposition physique (l’une est brune avec des origines italiennes tandis que l’autre est blonde et a des origines hollandaises), il y a également l’opposition et le contraste entre deux classes -la classe aisée et la classe ouvrière- et la perception du monde que cela implique. Et l’intérêt de ce livre est précisément là : ce livre n’a d’intérêt que pour son atmosphère et ses descriptions vivantes et ultra réaliste du quotidien des deux héroïnes et des personnages qui gravitent autour d’elles. Le seul bémol que l’on peut noter, c’est que plus le roman avance, moins Angela et June sont traitées à part égale et le lecteur peut de ce fait sentir la préférence de l’auteur pour l’une ou l’autre. Je ne dis pas que c’est dommage puisque c’est un choix mais le fait de choisir un camp plutôt qu’un autre, cela oriente forcément plus ou moins la lecture que l’on peut avoir et ça pour le coup, c’est dommage.

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Concernant la structure du roman, elle se compose de trois parties à peu près équivalentes, ce qui donne un rythme soutenu à l’histoire ; on ne s’ennuie pas lors de la lecture. De plus, le style de Laurence Peyrin est léger tout en étant très fouillé, sans doute grâce à son passé de journaliste et ce style bien particulier retranscrit le dynamisme d’une époque mais aussi le dynamisme et les espoirs des différents personnages qui évoluent dans une ville à leur image.

Miss Cyclone est en fait un roman sur New-York, ville structurée par des espoirs et par des drames. Une jolie lecture pour de petits moments hors du temps !

Cinéma, Littérature

Spécial Noël

Pour l’un des derniers articles de l’année 2018 et parce que l’atmosphère s’y prête on ne peut mieux, je vais vous présenter un recueil de contes, une nouvelle sur Noël de Charles Dickens ainsi que son adaptation cinématographique. Des lectures idéales en périodes de fêtes, même si ce n’est certainement pas pendant les fêtes de fin d’année que nous lisons le plus (enfin pour ma part !).

Contes celtiques, sélectionnés par Sébastien Recouvrance

J’ai beaucoup hésité à vous présenter ce recueil parce que j’ai été immensément déçue par son contenu. J’ai toujours été attirée et intéressée par les contes et les légendes celtes, notamment les légendes arthuriennes. Cela étant la culture celtique est suffisamment vaste pour contenir d’autres légendes que celles qui concernent le Roi Arthur et sa table ronde mais comme je ne m’y connais pas du tout, j’ai choisi l’ouvrage complètement au hasard, en me fiant uniquement au titre.

Avec un titre comme celui-là, je m’attendais à trouver un ou deux contes de chaque nation celtes, à savoir : l’Angleterre, l’Ecosse, le Pays de Galles, l’Irlande, la Bretagne et même pourquoi pas des contes Espagnol puisque les régions des Asturies et de la Galice sont reconnues comme telles. Ma déception fut à la hauteur de mes espoirs… Tous les contes de ce petit livre sont des contes… bretons ! Avec en plus, plus ou moins intérêt malheureusement. Les récits de voyages présents dans le recueil sont malgré tout très plaisant à lire et c’est un des seuls point positif de ce livre (avec sa taille) ! Autre point positif, si on peut dire cela comme ça : le prix. Cinq euros pour un recueil de qualité médiocre j’ai presque envie de dire que c’est normal alors qu’en fait ça ne l’est absolument pas ! Un recueil intitulé Contes celtiques devrait pouvoir être de qualité en présentant des contes de différentes nations celtes sans pour autant être à un prix exorbitant ! Bref, moi j’appelle ça de la publicité mensongère et il y a de quoi être déçu… Par contre, c’est parfait si vous voulez en savoir plus sur les contes et légendes de la Bretagne !

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Un cantique de Noël, Charles Dickens (1843)

Un cantique de Noël de Charles Dickens raconte l’histoire d’Ebenezer Scrooge, vieil homme avare et insensible qui déteste par dessus tout les fêtes de fin d’année et plus particulièrement les célébrations de la fête de Noël. La veille de Noël, il reçoit l’effrayante visite de son ancien associé, M. Marley, qui le prévient qu’il finira comme lui s’il ne fait rien pour enrayer la course des choses et modifier son existence. Jacob Marley propose un marché à Scrooge que ce dernier accepte, complètement terrifié. Ebenezer Scrooge recevra donc la visite de trois esprits pour l’aider dans sa quête de rédemption.

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J’avais déjà lu Dickens mais c’était en 6ème et il me semble que c’était Oliver Twist, et si je me souviens grossièrement de l’histoire, je ne me rappelle absolument pas de la structure ou des techniques de narration ; il faudrait peut-être que je le relise d’ailleurs… En tout cas, concernant cette nouvelle, j’ai adoré ! Scrooge est un personnage attachant quoi qu’on en dise, parce que malgré son manque d’empathie pour les autres, il évolue et devient progressivement un tout autre personnage. On s’attache également aux autres même s’ils sont pour certains très éphémères. C’est un récit haut en couleur, rythmé et profondément bienveillant et tendre, que l’on fasse partie des classes aisées, modestes ou pauvres de la société. La magie de Noël permet à Dickens de s’adresser à tous en faisant voler en éclats pour une soirée les conventions. Une nouvelle à lire absolument, en tout temps !

 

Le drôle de Noël de Scrooge, Robert Zemeckis (2009)

De Robert Zemeckis, j’ai évidemment vu la trilogie Retour vers le futur (même si le premier est le seul qui compte réellement), et les excellents Forest Gump et Qui veut la peau de Roger Rabbit. Et j’avais sciemment évité Le drôle de Noël de Scrooge en 2009, très largement décrié par la critique et les quelques personnes de mon entourage qui l’avait vu et qui m’en avait parlé à l’époque.

J’ai fini le visionnage en début de soirée pour les besoins de l’article et très honnêtement, j’ai dû mal à comprendre que le film ait eu si mauvaise presse… Si c’est au niveau des dessins 3D qu’il y a un problème, je peux le concevoir mais le film est sorti en 2009 et cette technologie et façon de réaliser un film n’était pas très au point si l’on compare avec ce qui ce fait maintenant. Et c’est un peu vrai que les dessins et les animations ont un peu mal vieillis ; j’avais l’impression d’avoir des cinématiques de jeux vidéo d’anciens jeux PC du début des années 2000 sous les yeux par moments.

Cependant, si vous avez un problème avec le scénario et l’histoire d’Ebenezer Strooge, je ne peux malheureusement rien pour vous : il s’agit de l’adaptation à la virgule près de la nouvelle. Donc cela voudrait dire que l’échec commercial du film s’explique par son adaptation trop fidèle ?… J’en sais rien, et d’ailleurs je ne pense pas que le film s’adressait à un public jeunesse (bien qu’il fasse partie du catalogue Disney) mais la nouvelle s’adressait davantage aux adultes qu’aux enfants ; personnellement, j’ai trouvé que c’était une petite pépite ce film et je suis ravie de l’avoir vu pour en parler dans un article !

Sur ce, je vous souhaite de très bonnes fêtes de fin d’année et d’agréables lectures. Bon réveillon !

Littérature

[Découverte] Nano fictions

Avec les fêtes de fin d’année qui arrivent à grands pas, c’est le moment où jamais de retomber dans la magie des contes, qu’ils soient de Noël ou non d’ailleurs. Et bien que Nano fictions ne soit pas un recueil de contes à proprement parlé, je trouve que cette lecture est très appropriée pour cette période, un peu spéciale car un peu magique.

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Et de la magie, il n’en manque pas dans le livre de Patrick Baud, plus connu pour ses travaux de vidéaste sur sa chaîne YouTube Axolot et ses bandes dessinées. Mais autant être honnête, toutes ses nano fictions, ne se valent pas. En tout cas pour moi et cela s’explique par mes goûts, ma sensibilité sur certains sujets alors que d’autres m’ont laissés de marbre. Cela étant dit, il y a également beaucoup de poésie dans ces courts récits et c’est la principale raison de mon achat (si l’on exclu la notoriété de la chaine YouTube). J’avais entendu parler de cet ouvrage en des termes positifs et le concept très largement décrit dans les articles que j’ai pu lire sur la blogosphère, qui consiste à écrire un récit en 280 caractères ou moins, ont attisés ma curiosité. L’imagination fait le reste à la lecture.

Je trouve personnellement que c’est un très bon exercice d’écriture puisque les contraintes sont peu nombreuses mais surtout incontournable et qu’au final tout repose sur l’imagination et l’interprétation que peut faire le lecteur des quelques lignes qu’il a sous les yeux. A mon sens, Patrick Baud nous offre un exercice de lecture participative et surtout un moment hors du temps qui permet de s’échapper un peu du quotidien.

A lire !

Ps : J’ai failli faire un article en 280 caractères mais c’est un peu court quand même. Alors, 280 mots ont fait l’affaire et sans le PS, cet article en fait 276. Pari tenu !

Bande-Dessinée/Comics

[BD] Batman – White Knight

Mercredi dernier j’ai fini Batman White Knight et j’ai un peu oublié l’article qui va avec… Donc il grand temps que je me rattrape, surtout que j’ai trouvé ce comics plutôt très bien, sans être parfait non plus. L’histoire est originale et plutôt bonne malgré quelques incohérences de scénario qui m’ont dérangée ; parfois la résolution de certaines choses ou certaines actions sortent un peu de nulle part, quand elles ne sont pas cousues de fil blanc. Cependant, le scénario s’amuse à explorer un chemin encore inconnu dans l’univers et l’historique du Chevalier Noir et cela entraine des mécanismes aussi fascinants qu’inquiétants à découvrir et à analyser… Petit retour en arrière sur mes impressions de lecture.

Couverture Batman - White Knight

Nous connaissons tous l’origine de Batman, et son histoire aussi sombre que l’est son costume : l’assassinat monstrueux de ses parents, Thomas et Martha Wayne, bienfaiteurs de Gotham City, qui entraine le jeune Bruce Wayne dans une lutte sans relâche contre le crime. Dans cette croisade des temps modernes, le justicier est aidé par son fidèle majordome Alfred Pennyworth. Il est d’ailleurs considéré comme un père par Bruce, à juste titre. Mais on pourrait se poser la question de l’avenir de Batman si Pennyworth venait à disparaitre. Sans vous révéler le pourquoi du comment, c’est exactement ce qui arrive dans White Knight.

La conséquence directe c’est que Batman sombre doucement dans la folie et devient de plus en plus incontrôlable, à tel point que les alliés d’hier (Nightwing, Batgirl, l’Inspecteur Gordon…) prennent leur distances avec le Chevalier Noir. Et si Batman semble s’enfoncer dans la folie, quelqu’un d’autre semble retrouver la raison en la personne de Jack Napier, anciennement connu comme le Joker, l’ennemi juré de la chauve-souris. Ce dernier affirme avoir retrouvé ses esprits et sa raison et souhaite payer sa dette envers Gotham d’une façon plutôt inattendue pour un ancien super-criminel : Jack Napier a la volonté d’aider la ville en faisant œuvre de bienfaisance auprès des Gothamites… il deviendra le Chevalier Blanc de Gotham.

Jack Napier, le miroir opposé de Bruce Wayne.

J’ai toujours été attirée par le Joker et Harley Quinn dans les comics sur Batman. Je trouve que ce sont deux personnages tout à fait fascinants dans leurs folies. Si l’on en croit la génèse du Joker, ce dernier a été « créé » par Batman lui-même, ce qui explique qu’ils soient si souvent associés l’un à l’autre. Certes, ils s’opposent et s’affrontent constamment mais ils sont chacun le parfait miroir déformé de l’autre. Et Sean Murphy renforce encore cette idée avec cette histoire. Si vous lisez ce comics, vous vous rendrez vite compte que Jack Napier est châtain clair, qu’il est maigrichon et qu’il a la peau claire quand Wayne de son côté est un grand brun baraqué, à la peau plutôt bronzée (bien que dernier point dépende uniquement de la libre appréciation du dessinateur ; le physique varie donc d’une BD à l’autre).

Nouvelle opposition claire et nette des deux personnages sur le plan du comportement et de la personnalité ; Jack est ouvert aux autres, il est calme, posé, et réfléchi alors que Batman est tout l’inverse vous l’aurez compris. Donc je ne vais pas détaillé davantage cet aspect qui structure cette nouvelle histoire qui met une nouvelle fois en scène ce « couple mythique » dans un scénario original et brillant qui montre tout de même quelques signes de faiblesse. Bien que ces faiblesses restent acceptables, elles enlèvent de la fraicheur à un scénario pourtant novateur.

Nouveau héros, nouveau vilain ?

Eh bien, oui et non. A ce propos, c’est là que le bas blesse et cela affaibli quelque peu l’originalité de l’ouvrage ; le « nouveau » super-vilain s’appelle Neo-Joker et est une femme, ce qui est plutôt pas mal j’en conviens. Cela étant, cette Neo-Joker reste un personnage avec l’empreinte et certains codes du Joker d’origine donc à la lecture, on peut avoir l’impression que le scénariste ne s’est pas vraiment cassé la tête et a opté pour la facilité. C’est dommage, surtout avec une histoire aussi novatrice !

Autre point noir de cette BD : certains éléments de résolution qui apparaissent à la fin de la BD, lorsque tout semble rentrer dans l’ordre ; je vais être assez brève là aussi (je ne veux pas trop en révéler, histoire que vous gardiez un effet de surprise et de découverte à la lecture) mais j’ai clairement eu la sensation que certains éléments sortaient de nulle part et ne trouvaient pas d’autres explications sinon qu’il s’agit d’une nouvelle histoire de  Batman dans un presque nouvel univers et que le lecteur devait faire table rase de la mythologie de la chauve-souris concernant ces éléments précis… Ou sinon, ces éléments ne sont pas assez détaillés et une planche en plus n’aurait sans doute pas été du luxe.

Conclusion

C’est très clairement une BD à lire avec du contenu et des jolis dessins, très soignés qui collent à l’atmosphère voulu pour ce nouveau chapitre dans la mythologie de Batman et du Joker. En parlant du Joker, on en apprend beaucoup plus sur lui et sur ses motivations et c’est un vrai plus ; le comics éclaire d’un nouvel angle la relation Batman/Joker tout en tenant compte de ce qui a été fait avant. De ce fait, Batman – White Knight frôle la perfection sans pour autant l’atteindre malheureusement ; de mon point de vue, c’est la faute à un essoufflement du scénario sur des points pourtant clé comme par exemple le vilain dans cet opus. Batman White Knight, très bon comics mais peut mieux faire.

Bande-Dessinée/Comics

[BD] Klaus

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a des petites merveilles chez Glénat Comics en ce moment et je ne vais pas m’en plaindre : cela me permet d’écrire des articles pour vous partager mes découvertes. Klaus de Grant Morrison, accompagné de Dan Mora pour le dessin, est l’excellente surprise de cette fin d’année 2018. Avec les fêtes de fin d’année qui arrivent à grands pas, Klaus nous plonge dans l’ambiance en imaginant l’histoire et les origines d’un personnage pourtant connu de tous. J’ai nommé Santa Claus.

Qui est Klaus ?

Klaus, c’est un solitaire, un trappeur marginal qui vit ou plutôt survit, en compagnie d’une louve blanche prénommée Lilli et qui revient à Grimsvig pour les festivités de Yule dans le but de vendre sa viande et ses peaux de bêtes. Mais la ville a bien changée depuis sa dernière visite : les festivités de Yule sont interdites, la lumière et les jeux tout autant ; les hommes en état de travailler servent à la mine afin de réaliser les projets du tyran Magnus. A partir de ce sombre constat Klaus se fait un devoir de restaurer les fêtes de Yule et ainsi redonner la joie, les rires et le bonheur aux enfants de Grimsvig. Et cette quête le conduira un peu plus vers sa légende… 

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Une BD qui ravira votre âme d’enfant !

Faire du père Noël un des premiers super-héros que la Terre ait porté, le pari était osé pour ne pas dire dangereusement risqué… Et contre toute attente, on y croit à cette histoire de père Noël super-héros ! C’est brillant. Pari tenu donc pour Grant Morrison qui signe un scénario palpitant, émouvant et juste et pour Dan Mora qui a eu la lourde tâche d’illustrer cette histoire digne des plus beaux contes de Noël. Les dessins sont magnifiquement réalisés, tout en finesse et débordant de tendresse envers cette période qu’est l’enfance. Sans tomber dans un lieu commun, je dirais qu’il y un sens un peu plus profond vers la fin du récit qui souligne l’innocence et la bienveillance qui viennent tout de suite à l’esprit lorsqu’il est question d’enfants. A ce propos, cette lecture m’a rappelé ce dessin animé des studios DreamWorks, Les Cinq Légendes, très proche par certains aspects du dessin animé en terme de scénario et d’intrigue. De quoi ravir et enchanter votre âme d’enfant en cette période de fêtes de fin d’année !

Bande-Dessinée/Comics

[BD] Black Magick

On se retrouve pour un petit article que j’aurais pu publier à Halloween prochain mais je me suis dit que ç’aurait été dommage de passer à côté d’une si bonne série pendant un laps de temps aussi long. Donc sans plus attendre : Black Magick pour prolonger un peu l’esprit d’Halloween… et vous parler un peu du Wicca.

La Wicca, ou Wiccanisme, Kézako ?

NB : Les informations ci-dessous sont des interprétations de ce que je pense avoir compris sur le sujet, à partir de la page Wikipédia consacrée. Il se peut donc qu’il y est des approximations ou des erreurs de ma part et je m’en excuse surtout si vous pratiquez vous-même.

La Wicca est un courant religieux basé sur l’Ancienne Religion Païenne. C’est un courant lié de près à la Nature et aux animaux qui vise à une harmonie parfaite entre toutes les espèces, qu’elles soient végétales, animales ou minérales et la notion de respect y est primordiale. Plus généralement, on parle de sorcellerie mais pas celle présente dans Harry Potter ; une sorcellerie faite de rites et d’incantations, comme présentée dans The Chilling Adventures of Sabrina (j’ai oublié le titre français de la série…). Ces membres, les wiccanes et les wiccans sont donc respectivement sorcières et sorciers plus ou moins puissants selon leurs années de pratique, se réunissent parfois en covent. Chose importante, la Wicca sert uniquement le Bien dans une optique de protection et de défense.

Etymologiquement le terme wiccacraeft (sorcellerie en vieil anglais) a donné witchcraft en anglais. En vieil anglais Wicca désignait le sorcier alors que sorcière était désigné par Wicce, qui a finit par donné le terme actuel Witch mais j’arrête avec mes histoires d’étymologie anglophone et je me recentre sur le sujet principal : la BD.

Black Magick – série en cours (2 Tomes parus)

Greg Rucka (scénario) et Nicola Scott (Dessin) signent un petit bijou avec une atmosphère captivante et pour cause : le personnage principal est une femme, policière badass de surcroit, les dessins sont magnifiques et les couleurs ou plutôt, l’utilisation de la couleur est très bien pensée, ce qui rend la BD encore plus originale qu’elle ne l’est déjà ! Sans oublier une histoire haletante, bien entendu…

Dans le détail ça donne ceci : nous suivons l’histoire de Rowan Black, flic à Portsmouth et descendante d’une puissante lignée de Wiccanes, les Black. Une nuit, son équilibre pourtant bien caché et bien protégé vacille alors qu’elle est obligée d’interrompre une séance avec les membres de son covent parce qu’une urgence professionnelle l’attend à l’autre bout de la ville… Wiccane ou flic il faut choisir ! Cependant, Rowan Black s’aperçoit bien vite que cette nouvelle enquête pourrait bien être la dernière : il semblerait que quelqu’un connaisse la double identité de Rowan… La question est de savoir qui, avant qu’il ne soit trop tard !…

 

 

En plus de tous les points positifs listés plus hauts, chaque tome se finit sur une note de suspense incroyable, un bon cliffhanger en somme. En fait, c’est presque comme une série (avant l’ère Netflix) et le fameux TO BE CONTINUED… ; je comprends les lecteurs de cette série maintenant. Il faut savoir qu’il y a eu 10 mois entre le premier et le deuxième tome – je sens que l’attente pour le troisième tome va être longue…

En attendant, jetez-vous sur les deux tomes déjà parus : Réveil et Passé recomposé. Vous ne le regretterez pas !

Littérature

Spécial Halloween #2

Bienvenue pour cet article un peu particulier… Lisez librement et de votre plein gré. Lisez librement et sans crainte. Et laissez quelque chose de ce bonheur que vous apportez… car aujourd’hui, il se peut que cet article ait les canines un peu longues…

 

Dracula

Evidemment. Parce que faire un article centré sur les vampires en littérature, sans parler de Dracula, c’est un peu faire un article pour rien (de mon point de vue en tout cas) ! Bram Stoker a vraiment révolutionné le genre gothique avec son roman, à tel point que Dracula (le personnage) est entré dans la pop culture et a eu droit à tant et plus d’adaptations cinématographiques mais également à sa suite littéraire, à un ou plusieurs jeux vidéo, une comédie musicale et j’oublie sûrement des supports mais Dracula, il est possible d’en trouver à toutes les sauces !

Pour les besoins de l’article, je me suis penchée sur quatre ouvrages dont deux concernent le vampire le plus célèbre du monde. Et s’il vous plait, oubliez Cullen et consorts, ces mauviettes ! Merci. Parce qu’ici, on parle de vrais vampires, des êtres vils, fourbes manipulateurs et très puissants ! Pour en revenir à l’œuvre de Bram Stoker, je ne présente plus son roman pour des raisons plus qu’évidentes…

Je vais néanmoins vous livrer quelques unes de mes impressions de lecture. La première concerne le roman lui-même ; quasiment 500 pages, avec un rythme assez soutenu (surtout au début et à la toute fin) malgré son caractère épistolaire. D’ailleurs, j’avais essayé de le lire bien avant de tenir ce blog et j’avais abandonné justement parce que le roman consistait en un échange de lettre entre les différents protagonistes ainsi que d’extraits de journaux intimes plus ou moins long, et je me souviens qu’à l’époque le peu que j’avais tenté de lire m’avait ennuyé. A tel point que j’ai revendu mon édition de l’époque, grosse erreur, pour en racheter une autre cette année… On fait tous des erreurs je suppose.

De plus, l’effet de surprise est quasiment inexistant. La rançon de la gloire et du succès !

Pour ce qui est des personnages, j’ai eu un gros coup de cœur pour Lucy Westenra (que je lis une fois sur deux Westerna mais bref…) parce que je trouve qu’elle reflète bien la société de l’époque sans pour autant mettre de côté son tempérament un peu rêveur et fougueux et puis pour moi, c’est le seul personnage à connaitre une réelle évolution mais c’est probablement dû à sa transformation en vampire. En comparaison, Mina m’ennuie beaucoup plus bien qu’elle soit elle aussi atteinte de vampirisme à un moment donné. L’autre personnage auquel je me suis grandement attachée, c’est le professeur Abraham Van Helsing (qui lui aussi a eu droit à un film et à, au moins, un jeu vidéo). Je le trouve très fouillé et je pense – je m’avance peut-être – que la science et les avancées et les techniques devaient passionner l’autre Abraham, celui à qui l’on doit Dracula. Cela se ressent de mon point de vue.

Dracula en cases et en bulles.

Rien à voir avec le best-seller du dessus puisque les deux auteurs s’intéresse ici, au véritable Dracula, Vlad Tepes. L’occasion de s’apercevoir qu’on ne connait rien du personnage historique, bien loin du personnage créer par Stoker. Cette BD revient sur l’existence de Vlad Tepes dit « Vlad l’empaleur » dit « Dracula ». Contre toute attente, on rit beaucoup à la lecture parce que le ton est décalé malgré un fond historique bien présent. C’est plein d’anachronismes très bien situés. Je vous la recommande vivement.

Erzsebeth (Elizabeth) Báthory : le sang des innocentes

Ce livre peut donner l’impression d’avoir été écrit pour ne rien dire : les 100 premières pages dissèquent les rapports entre le sexe, les différents rites religieux ou non et la place des femmes dans une société depuis toujours patriarcale. Attention : je n’ai pas dit que ce n’était intéressant ; c’est même plutôt le contraire ! Essai passionnant seulement, on a parfois du mal à mettre en rapport ces faits plus ou moins morbides à l’histoire de la Comtesse Báthory, que le livre vise pourtant à réhabiliter. Au fil de la lecture, j’ai clairement eu l’impression que Jacques Sigent s’est servi de ce personnage historique comme d’un prétexte pour parler de la condition féminine à travers les époques.

Pour rappel : Erzsebeth Báthory est considérée par certains historien comme étant la première serial killeuse de l’histoire et elle est surnommée (entre autre) la Louve de Hongrie ou Lady Dracula ; selon la légende, on lui prête l’assassinat de jeunes filles vierges avec le sang desquelles, la Comtesse prendrait des bains dans l’espoir de demeurer éternellement jeune elle-même. Elle a été condamnée à être emmurée vivante chez elle et la pop culture s’en est ensuite emparée pour en faire véritablement une Lady Dracula en puissance par le biais encore une fois de la littérature et du cinéma (films qui apparemment, ont plutôt fait des bides.)

Comme je le disais, ce livre a pour objectif de déconstruire le mythe autour de la comtesse et quant à savoir s’il y parvient, je suis d’avis que non parce que l’auteur s’éparpille vraiment beaucoup et c’est dommage. Cela dit, à sa décharge : on ne connait pas grand-chose de Erzsebeth Báthory, comme on ne connait pas grand-chose non plus de la vie réelle du vrai Vlad l’Empaleur, il est donc assez difficile de ne pas digresser sur autre chose. Et puis soyons honnête deux minutes : le nom et la légende autour de la Comtesse fait vendre alors il serait quand même dommage de s’en priver. Ce n’est pas un reproche, juste un constat que le livre que j’ai acheté ne parle pas vraiment de ce personnage historique comme je l’imaginais. Néanmoins, cela reste un essai passionnant sur la condition féminine et des causes potentielles de l’emmurement de la Comtesse.

Carmilla

Une novella que je ne connaissais que de nom. Je me dis que j’ai bien fait de combler cette lacune pour les besoins de l’article ; des trois livres lus, il est celui que j’ai préféré et de loin. L’atmosphère est en grande partie responsable : j’ai retrouvé un peu d’Edgar Allan Poe et puis les personnages sont complexes en étant relativement simples. De plus, même s’il est également question de vampire ici aussi, Carmilla prend le contre-pied de Dracula tout en étant aussi dangereuse que lui, voire plus. Toute l’intrigue autour du vampirisme est suggérée de manière brillante et étant donné qu’il s’agissait pour moi d’une découverte et donc, d’une première lecture, l’effet de surprise était bien là, même si le lecteur sait (à cause de la notoriété relative de Carmilla) que c’est un vampire. Le tout est amené subtilement et le style d’écriture est plaisant à lire, quoiqu’un peu redondant mais que voulez-vous, le style victorien était comme cela. De cette façon, le lecteur perçoit la personnalité des deux femmes, en particulier celle de Laura, la narratrice, très naïve et pure dans ses sentiments et ses pensées.

Pour rappel : C’est une des premières histoires qui montre l’homosexualité féminine sans la nommée explicitement, ainsi qu’une des premières histoires de vampires : cette novella est parue entre 1871 et 1872 soit environ 25 ans avant le succès triomphant du Comte de Bram Stoker.

Carmilla a eu également droit à quelques adaptations sur d’autres médias dont le film de Roger Vadim, Et mourir de plaisir ; on notera également l’adaptation d’un film éponyme canadien l’année dernière, qui avant d’être un film fut une web-série très moyenne selon moi.

C’est tout pour cette année ! Et prenez garde à l’indigestion de bonbons… !