Littérature

[Contemporain] La belle n’a pas sommeil

A vrai dire, je ne sais pas trop par où commencer avec ce livre. Malgré de bons éléments, j’ai failli l’abandonner sur le bord de la route. Pour autant, je ne me suis pas fait violence pour le reprendre après deux jours de pause dans ma lecture et je crois que c’est assez emblématique de l’ambivalence de mes sentiments vis-à-vis de cet ouvrage. Pas tout à fait déçue mais pas satisfaite pour autant.

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Au moins, cette lecture aura eu pour effet une chose que je soupçonnais déjà : quiconque vous parlera bien d’un livre ou de son auteur vous donnera envie de le lire et c’est précisément ce qui s’est passé ici. De plus, cela a permis de satisfaire ma curiosité parce que pour moi Eric Holder s’apparentait plus au mythe qu’à une personne en chair et en os (la faute à Vincent Delerm) jusqu’à ce que je ne le vois à La Grande Librairie, où il était invité pour parler de son nouveau roman La Belle n’a pas sommeil, donc. Et comme les différents invités en parlaient avec bienveillance sans être grandiloquents ou dithyrambiques, je me suis laissée convaincre assez facilement et ce roman promettait de me sortir des lectures dont j’avais l’habitude.

Et ce livre tient ses promesses. Effectivement, ce n’est pas du tout ce que j’ai l’habitude de lire mais… pour pleins de raisons, je n’ai pas accroché tant que ça au récit, à l’histoire d’amour entre Antoine, ermite et bouquiniste, et Lorraine, conteuse professionnelle toujours par monts et par vaux, là où le vent veut bien la porter. C’est beaucoup trop minimaliste pour moi ; j’aurais aimé qu’il se passe plus de choses dans cette vie simple et malgré tout attendrissante que mène Antoine. Cependant, la langue est absolument sublime, un peu désuète il est vrai mais ça convient parfaitement au cadre. Je me suis d’ailleurs fait la réflexion en lisant que j’aurais presque préféré avoir un roman construit autour de descriptions de paysage plutôt que cette histoire d’amour bancale dont je cherche encore l’intérêt. Habituellement, les pages descriptives sur des paysages m’ennuient même si elles ont un rôle ; ici c’est l’inverse, j’ai trouvé la langue tellement belle, tellement poétique que j’avais une succession de tableaux impressionnistes ou romantiques sous les yeux, c’est selon.

 » […] Je retourne dans la forêt, en reconnaissant des endroits où nous étions passés. Elle franchit avec moi des clairières, des troncs abattus, des courbes tapissées de fougères. Je peux entendre son souffle, ou bien des écorces craquer sous ses pieds. Ma peau, par mille poils invisibles et dressés, réclame d’être apaisée par la sienne.

Le soleil large, abondant, éclaire à travers les pins son visage posé sur une branche, ou flottant au milieu du sentier. J’ai l’impression que sa bouche ou sa main sont toujours à la portée des miennes. Je constate a posteriori que je n’ai plus peur de la forêt. »

La Belle n’a pas sommeil, Eric Holder, p.126. Editions du Seuil ; 2018

En fait, je crois qu’il faut lire ce livre pour ce qu’il est : une ode à la littérature qu’elle soit écrite ou orale, ainsi qu’une ode aux lecteurs, peu importe l’histoire racontée. Néanmoins, je regrette ne n’être pas plus enthousiaste en dehors de la beauté du texte… et pour le coup c’était mon premier Eric Holder… mais également mon dernier.

 

Bande-Dessinée/Comics

[BD] The Killing Joke

Avec la rédaction de mon mémoire de stage derrière moi, j’ai pu reprendre la lecture. Et bizarrement, j’ai eu du mal à m’y remettre. C’est pourquoi j’ai opté pour une BD qui était en attente depuis un bout de temps : The Killing Joke, avec au scénario Alan Moore et au dessin et à la colorisation Brian Bolland. C’est encore une BD sur l’univers de Batman et c’est assez réussi avec quelques points négatifs tout de même.

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L’histoire en elle-même est assez courte mais très efficace. Et puis elle prend le contrepied du schéma classique avec Batman vs. Joker puisque cette fois, c’est le Joker qui occupe les projecteurs tout en étant toujours la némésis du héros chauve-souris. C’est en fait une réédition de la bande dessinée du même nom sortie en 1988 je crois et c’est très captivant parce que les auteurs donne enfin une identité et une histoire au Joker avant qu’il ne devienne ce personnage complètement barré et haut en couleur. On aurait presque de la sympathie pour lui s’il n’était pas si monstrueux…

Le Joker s’est à nouveau échappé de l’asile d’Arkham. Relancé dans sa course effrénée au crime, c’est à travers le commissaire Gordon et sa fille -Barbara- qu’il cherche cette fois à atteindre personnellement son frère ennemi, Batman

The Killing Joke, Quatrième de couverture, Urban Comics pour la version française, 2016.

The Killing Joke a également eu droit à une adaptation en film d’animation de Sam Liu, la même année, qui reprend l’histoire de la bande dessinée avec un petit peu plus de personnages et donc potentiellement une intrigue un peu plus dense. Je ne l’ai pas vu mais je pense que je vais peut-être y remédier : les dessins me replongent en enfance et en version originale, le Joker est doublé par Mark Hamil, excusez du peu.

Lecture agréable et rapide malgré une atmosphère glauque et nettement plus malsaine que The Dark Prince Charming, qui demeure bien au-dessus en termes d’illustrations. A ce propos, les illustrations de The Killing Joke sont très inégales et c’est un peu dérangeant : autant le Joker est toujours soigné, autant Batman et sa Batmobile… C’est un peu dommage parce que c’est le genre de choses qui laisse une impression en demi-teinte à la fin de la lecture.

Bande-Dessinée/Comics

[BD] Bug – Livre 1

Je me rends compte que je lis beaucoup en ce moment et j’espère que vous me pardonnerez de vous envahir comme ça !

Aujourd’hui je vais donc vous parler de la bande dessinée que j’ai terminée hier et qui m’a tenue en haleine un peu plus d’une heure dans l’après-midi. Il s’agit de Bug – Livre 1 d’Enki Bilal. Je me souviens que cette petite BD a fait sensation lors de sa sortie en fin d’année dernière : les émissions littéraires à la télé et à la radio en parlait beaucoup, pareil sur le net que ce soit YouTube ou certains sites et blogs consultés au hasard de mes errances numériques… Errances numériques, l’expression me plait bien mais passons, je divague. Revenons-en à Bug et son auteur, Enki Bilal.

Je connaissais juste de nom d’ailleurs. Je n’avais jamais rien lu de son travail mais je saurais reconnaitre un dessin d’Enki Bilal entre mille, parce qu’il a une façon de dessiner et un univers qui lui sont propres et du coup, on connait sans connaitre. Je sais, on appelle cela la célébrité. Il n’empêche que pour certains, Enki Bilal est devenu une icône de la culture populaire et je me suis dit que si je voulais entrer dans cet univers particulier, autant le faire avec sa dernière œuvre : Bug donc. Un pari un peu risqué mais qui se tente. Cela dit, c’est le meilleur moyen de se faire sa propre opinion lorsqu’on connait très mal un auteur (ou un artiste).

Couverture Bug - Livre 1

Le terme « bug » est évocateur par lui-même et a deux définitions qui résument à elles seules l’histoire de la BD et le pourquoi de son écriture.

En français, se dit d’un défaut affectant un programme informatique.

En anglais, se dit d’un insecte, d’une bestiole ou d’un virus entre autres choses.

Et c’est le point de départ de notre histoire, ou plutôt le nœud du problème des différents protagonistes. Nous sommes en 2041 et l’humanité toute entière a régressée tant elle est devenue accro au numérique sous toutes ses formes, à tel point que plus personne ne sait faire fonctionner une voiture ou tenir un stylo, et de toute façon « à quoi ça sert un stylo ? » Vous la sentez la critique de la société moderne par Enki Bilal ? Bref, tout va bien dans le meilleur des mondes (coucou Huxley) jusqu’à l’apparition inexpliquée d’un bug informatique d’une ampleur inégalée : tous les serveurs plantent les uns après les autres rendant l’utilisation des objets numériques impossible et les sauvegardes, les sauvegardes de sauvegardes disparaissent comme si rien de cela n’avait jamais existé. Bien entendu un vent de panique généralisé souffle sur Terre et cette panne gigantesque a des conséquences aussi dramatiques qu’absurdes que je ne développerai pas ici mais qui font tout le sel de l’histoire.

Au milieu de ce chaos planétaire, nous suivons la famille Obb dont le père Kameron est astronaute pour le compte de l’I.S.S (une organisation à peu près équivalente à la NASA qui n’existe plus) et qui n’a qu’une envie : celle rentrer sur Terre afin de retrouver sa fille Gemma au plus vite. D’autant que sa mission ne s’est pas passée exactement comme prévu : Kameron Obb est le seul survivant de l’expédition. De plus il semble être le seul humain à se souvenir des codes d’accès de tout et n’importe quoi et il sait faire fonctionner les objets que le reste de l’humanité a relégué au rang de vieilleries obsolète avant l’air du tout numérique. De quoi attiser les convoitises…

Oui, l’humanité en arrive là en 2041 et je préfère vous dire que ça fait peur et que c’est angoissant parce qu’on se dit que quand même, une telle absurdité n’est pas possible parce qu’on est plus intelligents que ça. Mais… Enki Bilal tend à nous montrer le contraire en restant dans la finesse du propos. En tout cas la force de cette histoire, c’est qu’elle pousse le lecteur a se remettre en question et à l’ère du numérique et d’une société hyper-individualisée, on en a grandement besoin même si ça fait tout drôle.

L’histoire est bien pensée dans le sens où l’auteur à imaginer un monde nouveau sans passer par une autre planète ; c’est bien de la Terre dont on parle mais la géopolitique a changé et les rapports de forces sont bouleversés : si les Etats-Unis sont toujours dans la course au leadership, ils ne sont plus leaders et une alliance turco-russo-islamiste prend doucement le dessus, les califats se sont multipliés, le Monde est devenu le Monde Today et c’est savoureux bien que cela fasse mal aux yeux, et l’Elysée s’effondre doucement sur lui-même. Néanmoins, il y a des touches optimistes très bien placées qui aident le lecteur à souffler un peu et lui permettent de voir le bout du tunnel dans la morosité anxiogène ambiante.

Le seul bémol qu’on peut souligner ce sont les quelques incohérences de dates qui heureusement, ne gâche rien du récit mais qui sont facilement repérables.

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Ce dessin n’a rien à voir avec l’histoire de Bug, il est juste cool.

Enki Bilal livre un petit bijou tout en finesse : on peut y voir une critique de la société actuelle sur fond de réécriture d’Alien (le premier) avec des accents du Cinquième élément ou Lucy de Luc Besson. Le récit est captivant et intense, les dessins sublimes comme toujours chez Enki Bilal et on a qu’une envie, c’est de lire la suite. En conclusion et pour faire court : A lire de toute urgence !

 

Littérature

[Beau livre] Pirates! L’art du détournement culturel

Il fait beau, il fait chaud ; trop chaud même, et on ne peut pas vraiment dire qu’on profite véritablement de l’été (sauf si profiter veut dire rester cloitrer chez soi)… Du coup, on essaie de se tenir au frais autant que possible avec de l’eau et un brumisateur à proximité ; au moins on en profite pour lire des choses sans prise de tête mais néanmoins intéressantes.

L’occasion pour moi de vous parler de Pirates! L’art du détournement culturel de Sophie Pujas, aux éditions Tana  que je viens tout juste de terminer. Ce livre est à ranger dans la catégorie des beaux livres, de ceux qu’on offre pour les grandes occasions ; d’ailleurs il était sous le sapin invisible 2017 et je me suis régalée.

Couverture Pirates! L'art du détournement culturel

Ce livre traite d’art contemporain et bien souvent je suis assez hermétique à toute forme d’art contemporain, dont je me moque souvent par le jeu de mot que vous devez connaitre si l’art contemporain est la cible de vos railleries : avouez que vous le connaissez l’art content pour rien… Heureusement ce qui est bien dans l’art contemporain, c’est qu’il y en a pour tous les goûts et cet ouvrage ne fait pas exception à la règle. Certaines choses m’ont laissées de marbre quand d’autres m’ont carrément fait rire aux éclats ou simplement émue à cause de la poésie qui se dégageait de l’œuvre. Bien entendu tout reste subjectif et sujet à interprétations, donc il se peut très bien que cela vous passe au dessus et pourquoi pas, après tout.

Ce qui est très intéressant dans ce livre, c’est que l’art contemporain est abordé par le prisme du détournement sous toutes ses formes et si vous connaissez des sites comme le Gorafi ou The Onion, il y a de fortes chances pour que cette lecture soit faite pour vous puisque ces deux sites pratiquent le détournement d’informations de façon humoristique ; si vous êtes sensible aux travaux d’Un faux graphiste ou si vous suivez ses tweets sur la toile, allez-y aussi – il est évoqué dans l’ouvrage et certains travaux sont reproduits. L’ouvrage retrace également l’historique du détournement artistique et développe certains thèmes comme par exemple le féminisme, la culture populaire et la culture geek ou bien encore la défense de l’environnement et des animaux.

Outre tout cela, le livre offre également matière à réflexion à propos de sujets très actuels. On peut citer la place de l’image et de la publicité dans la société ou encore la question très présente du droit d’auteur pour des raisons plus qu’évidentes ici. L’ouvrage a beau se présenter un peu sous forme de thèse, ce n’est pas du tout chiant à lire – j’ai trouvé ça très ludique à propos. Il faut dire que l’objet s’y prête bien et que la mise en page est pensée pour mettre cet aspect en avant (et rendre l’art contemporain moins et plus accessible). Un petit mot aussi sur l’épaisseur du livre : il ne fait que 189 pages certaines sont évidemment des images des œuvres des différentes personnes présentées dans l’ouvrage donc si vous n’aimez pas beaucoup lire ou l’art contemporain ou les deux…

Pour finir je vous propose une petite liste des artistes qui ont retenus mon attention (dans l’ordre d’apparition du livre) : Nadège Dauvergne, Paperbayo, Sandrine Estrade Boulet, Hans-Peter-Feldmann, Blase, certaines œuvres de Thomas Robson, Un faux graphiste évidemment, le Collectif Auguste Derrière, Robert Montgomery, Tatsuya Tanaka, Javier Pérez et enfin Soasig Chamaillard. Avec tout ça, vous aurez de quoi faire !

Bande-Dessinée/Comics

Spécial BD

J’ai fait une petite cure de bandes dessinées ces derniers jours et plutôt que vous les présenter une par une, j’ai opté pour un article pour les trois BD sélectionnées. D’ailleurs ce sont des Comics : une de chez Marvel et deux de son concurrent DC Comics.

Article spécial BD

Marvel : Contest of Champions – Al Ewing, Paco Medina

Celle-là fait partie de mes dernières acquisitions et en vérité, j’ai été déçue. C’est le jeu vidéo qui m’avait donné envie de lire le Comics qui en reprend d’ailleurs les codes puisque dans l’histoire qui nous concerne ici, ce sont le Collectionneur et son frère le Grand Maitre qui livrent bataille par équipes de superhéros interposés pour savoir lequel des deux aura le contrôle de l’univers. Vaste programme donc. J’ai commencé ma lecture pleine d’enthousiasme et j’ai vite déchanté : je ne suis pas entrée dans l’histoire comme je l’aurais voulu et encore, heureusement pour moi j’avais pris le temps de lire l’avant-propos qui mentionne que les superhéros en question font pour la plupart partie d’univers parallèles mais bon pas de quoi m’alarmer outre mesure ; j’ai l’habitude que ce soit un peu le bordel chez Marvel de toute façon. Cependant j’ai trouvé le début très poussif, un peu tiré par les cheveux voire parfois carrément brouillon.

Couverture Contest of Champion

Bref, j’étais à deux doigts de refermer l’ouvrage sans l’avoir terminé quand une sorte de miracle a eu lieu : j’ai trouvé l’histoire un peu plus captivante parce qu’elle m’a semblée plus rythmée, plus intéressante et beaucoup plus structurée aussi. Mais pour ça il aura quand même fallu attendre d’avoir dépassé le premier tiers de la BD. C’est dommage. Et je ne peux même pas dire que j’ai pris mon mal en patience avec les dessins ! Sympa mais sans plus, à l’exception des planches où le dessin prend la page entière ou encore mieux : la double page. Là d’accord, le dessin et l’image sont sublimes et valent largement un (long) coup d’œil pour le reste, disons que c’est dans la moyenne.

En conclusion pour cet ouvrage, je me demande si finalement, il ne vaut mieux pas jouer à Contest of Champions sur mobile ou tablette…

DC Comics : Dark Prince Charming, Enrico Marini

Direction les concurrents et nous ne sommes pas loin d’un chef-d’œuvre pour celle-ci. Si je vous dis qu’absolument tout m’a plu en dépit du fait que je suis loin d’être une fan de l’univers de Batman, c’est vraiment que cette histoire en deux tomes en vaut la peine. De l’avant-propos/remerciements où l’auteur explique de façon très originale comment il a eu l’idée de cette histoire qui met en scène le héros chauve-souris le plus célèbre du monde, son majordome, son antithèse accompagné de sa copine, Catwoman bien sûr sans oublier une petite fille au centre d’un épineux problème pour le super-héros…

Couverture Dark Prince Charming

Nous sommes tout de suite plongés dans l’ambiance d’ailleurs. C’est sombre et inquiétant mais malgré tout on se sent en confiance et on se laisse guider par Enrico Marini au fil de son récit. Le tout est léché, on est presque dans le perfectionnisme tellement rien n’est laissé au hasard ; le ton bleuté de certaines planches signale Batman (après tout, il n’est pas connu pour être expressif) alors que les tons plus chaud, dans les rouges, montrent un magnifique Joker complètement siphonné, malade et tordu faisant preuve d’un humour lui aussi complètement décalé qui m’a fait éclaté de rire lors d’un passage parce que c’était inattendu mais totalement raccord avec Monsieur J. Et promis, je ne vais pas m’étaler d’avantage – vous allez finir par trouver cela bizarre… Mais Enrico Marini a quand même signé une merveille.

Pour faire une courte conclusion : Dark Prince Charming est un must-read et un must-have !

DC Comics : Wonder Woman Rebirth T1 – Greg Rucka, Nicola Scott

Toujours chez DC, un peu de girl power à présent avec le premier tome de Wonder Woman Rebirth qui revisite la mythologie et les origines de la super-héroïne aux origines divine. C’est à partir de ce comics que Patty Jenkins a réalisé son film sauf que là, c’est mieux : il y a un peu moins de mélodrame, même s’il y a des morts ou des moments de déchirements avec une intensité que je ne soupçonnais pas avant d’entamer ma lecture mais j’ai retenu mes larmes (je pleure suffisamment comme ça au cinéma, il ne manquerait plus que je chiale devant une BD maintenant…). Les illustrations sont bien sympathiques bien qu’il y ait un léger décalage entre l’illustration présente sur la couverture et le physique de Diana à l’intérieur, comme si elle était plus masculine. Elle a parfois un drôle d’air Wonder Woman mais peut-être est-ce fait exprès ?…

Couverture Wonder Woman Rebirth T1

Il n’y a pas de surprises au niveau du scénario si vous avez vu le film mais cela dit, il y a beaucoup de moments forts en émotions et on perçoit la sensibilité féminine de Nicola Scott (c’est une femme) sur certains passages et c’est un vrai plus puisque la BD fait la part belle au girl power.

Littérature

[Contemporain] Mon midi, mon minuit

Quand je vous disais que la prochaine lecture (et donc un nouvel article) n’allait pas tarder, c’est que je ne plaisantais absolument pas ! Cela dit… je crois que j’ai fait fort là quand même !… Mais ce n’est pas entièrement ma faute – Anna McPartlin n’avait qu’à écrire un roman moins captivant et nous n’en serions pas là !

Mon midi, mon minuit : Anna McPartlin transforme l’essai !

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Un titre un peu énigmatique et peut-être un peu plat avec une résonnance quelque peu nostalgique, le tout sur une couverture pétillante faite d’oiseaux et de branches d’arbres en fleur avec une quatrième de couverture qui se résume en trois phrases que voici :

« A la suite d’un drame, le monde d’Emma, jusque-là rempli de promesses, s’effondre. La jeune femme plonge dans le désespoir. Ses amis font alors bloc autour d’elle pour tenter de lui redonner le goût de vivre… »

Anna McPartlin, Mon midi, mon minuit – Quatrième de couverture, aux éditions du Cherche Midi

A première vue, rien de bien transcendant ou d’exceptionnel et pourtant… je me suis laissée tenter parce que j’avais Les Derniers jours de Rabbit Hayes dans un coin de la tête et que je voulais avoir un point de comparaison pour cet auteur (oui, je sais le « e » manque mais je n’aime pas et autrice est encore pire à mon sens…) donc Anna McPartlin m’a embarquée pour un voyage de trois jours auprès d’Emma et ses amis, sa famille. Et quel voyage ! En réalité, j’aurais largement pu finir de le lire hier pour terminer ma lecture en deux jours mais j’ai préféré faire durer encore un peu le plaisir en m’étalant sur trois jours de lecture ! Pas vraiment envie de laisser partir Emma et les autres tant je me suis attachée à eux, à leurs histoires à chacun.

C’est vraiment écrit de façon remarquable et avec une justesse parfois désarmante sans tomber dans le pathos auquel le lecteur est en droit de s’attendre avec un pitch pareil. Les personnages sont très dignes tout au long du roman, avec des pointes d’humour qui tombent au bon moment (même dans la mélancolie) et c’est parfois caustique, on se dit souvent que l’on aurait pas osé dire ça, mais ce n’est jamais malveillant. Il y a beaucoup de bienveillance et de tendresse dans ce livre. En réalité, je vais finir par croire qu’il y a l’âme irlandaise en littérature comme il y a l’âme russe : ce petit quelque chose qu’on arrive pas à bien déterminer, qui est indéfinissable mais qui fait qu’on dit qu’on est en train de lire un roman russe ou irlandais ici en l’occurrence. Peut-être qu’en fait, Anna McPartlin a emprisonné le Craic dans ses pages et le restitue aux lecteurs au fil des pages…

Mais il doit y avoir autre chose. Au détour d’un personnage j’ai croisé Corrigan, personnage de Colum McCann dans Et que le vaste monde poursuive sa course folle, et cela m’a émue de retrouver une évocation d’un personnage que j’avais beaucoup aimé et qui m’avait énormément touchée. Il faut croire que la religion n’est jamais bien loin dans un roman irlandais, de même que les interrogations autour de la foi… Si vous avez l’occasion de (re)lire ces deux romans l’un à la suite de l’autre, je vous le conseille vivement. Je suis certaines que vous découvrirez des passerelles entre les deux ouvrages.

En conclusion, Mon midi, mon minuit ne paie pas de mine et on pourrait facilement passer à côté mais il mérite qu’on lui consacre du temps, même si cela veut dire le dévorer en un temps record. Vous y trouverez le désespoir, la peur, la colère et la déception les doutes, l’amour, l’humour, les larmes et les rires, l’espoir ; tout ce qui fait l’amitié. Ce livre c’est la bande de Friends qui se retrouve en Irlande avec un petit quelque chose en plus. Laissez-vous embarquer, vous ne serez pas déçus !

Littérature

[Contemporain] Elizas

Bonsoir tout le monde !

Je viens de terminer un thriller que j’ai beaucoup aimé. Il s’agit du petit dernier de Sara Shepard, Elizas. Si vous ne connaissez pas Sara Shepard mais que son nom vous dit quand même quelque chose si vous regardez des séries, c’est que c’est elle qui avait écrit la série littéraire Les menteuses. La série télé qui en découle est d’ailleurs assez connue puisqu’il s’agit de Pretty Little Liars qui a connu un certain succès. Bien entendu je ne m’étendrais pas sur la série puisque cet article n’en est pas le sujet sauf pour vous dire que je n’ai pas lu la série littéraire ; en revanche j’avais commencé la série avant de décrocher par lassitude. Je vous parle de cela parce qu’en fait, j’avais quelques à priori sur ce livre sans même l’avoir commencé ce qui est un peu stupide, j’en conviens… mais la série m’avait laissée un souvenir plutôt mauvais bien que l’idée de départ soit très bonne disons-le. J’avais peur que ce livre, ce soit plus ou moins la même chose avec un univers et des personnages un peu différents.

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Heureusement, j’avais tord. Cependant, le lecteur est tout de suite plongé dans le bain (sans mauvais jeux de mots) puisqu’on retrouve l’héroïne de ce roman à son réveil comateux dans un hôpital. Ses proches la soupçonne d’avoir fait une nouvelle tentative de suicide en s’offrant un plongeon dans la piscine d’un hôtel luxueux à Hollywood alors qu’elle ne sait pas nager et qu’elle a déjà plusieurs tentatives de suicide à son actif, toutes impliquant des étendues d’eau. Pour une raison qu’elle ne s’explique pas, Eliza Fontaine, a pourtant l’intuition que cette fois, c’est différent : elle se souvient d’une voix et d’un rire avant son plongeon et pour elle c’est sûr quelqu’un a essayé de la tuer alors que la jeune femme s’apprête à sortir son tout premier roman Les Dés. On suit donc Eliza dans ses investigations faites de souvenirs flous, d’intuitions et de fausses pistes pour rétablir la vérité à son sujet et c’est passionnant.

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Alors bien sûr ce qui m’a frappé en premier lieu, c’est que ce livre est écrit comme une série ; ce livre est fait pour être une série et je ne serai pas étonnée si c’est un jour le cas dans un futur proche – les chapitres alternent entre la vie d’Eliza Fontaine et l’intrigue du roman de cette dernière et cela crée un rythme plutôt soutenu et effréné. Cela est également accentué par le fait que les chapitres sont plutôt courts et se terminent très souvent sur des notes de suspense, comme dans bon nombre de séries. L’autre chose qui m’a fait pensé à une série, c’est que Sara Shepard s’amuse avec son lecteur. Nous sommes emmenés de fausses pistes en fausses pistes ; elle fait planer le doute sur l’intrigue jusque dans les dernières pages et c’est vraiment très, très réussi.

Et puis bien évidemment, je ne peux pas terminer mon article sans évoquer les personnages du livres. Le lecteur a 428 pages pour s’attacher à Eliza dans sa recherche et sa lutte pour rétablir la vérité et par la même occasion sa mémoire défaillante ; Eliza est fragile mais volontaire et déterminée, ce qui en fait un personnage puissant, intéressant et diablement complexe. Personnellement j’adore ça. Il ne faut pas oublier non plus les personnages secondaires hauts en couleurs qui participent à cette atmosphère parfois inquiétante, parfois joyeuse et légère de ce passionnant roman.

En conclusion, oubliez la série Pretty Little Liars si vous avez été lassés et plongez-vous dans le nouveau roman de Sara Shepard, et si vous avez aimé la série, vous retrouverez des éléments qui en ont fait son succès avec des thèmes communs aux deux œuvres mais je ne vous en dirais pas plus…

Je vous souhaite de belles lectures et un bel été en attendant ma prochaine lecture qui ne devrait pas tarder !

Littérature

[Contemporain] La chambre des Merveilles

Je tiens des petites listes de livres à lire ou que j’aimerais acheter ou lire ; le plus souvent ces listes ne sont ni plus ni moins que des post-it ou des petits bout de papier, arrachés de bloc-notes plus importants. Si je vous parle de cela, c’est parce que j’y avais inscrit le livre de Julien Sandrel, parce que je voulais l’acheter pour le lire par la suite puisque tout le monde parlait plutôt bien de ce petit livre. Heureusement que je n’ai pas eu à arriver à des extrémités pareilles et que je vais pouvoir mettre mes sous dans d’autres romans, d’autres récits et d’autres histoires authentiques ou fictive grâce à la bibliothèque, où j’ai emprunté le livre que je viens de finir sans mal.

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 Après avoir lu ces quelques lignes vous devez vous dire que je n’ai pas aimé cette lecture. Pour vous contredire et à la fois vous donnez raison : ce livre n’est pas indispensable à lire sauf en période estivale ; c’est ce que j’appelle un roman d’été et il ne changera pas votre existence de façon radicale. Cela dit, l’ouvrage est assez plaisant à lire et les pages défilent – un feelgood book en somme. Quoi de mieux pour vos vacances d’été si vous aimez ce genre de littérature ? Au moins vous ne vous prendrez pas la tête et l’histoire vous occupera une journée voire deux si vous êtes très occupés pendant vos congés.

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« Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère, Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part, fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet.

Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis. En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. A l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie.

Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles, elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut-être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait. Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante ans… »

La chambre des merveilles – Julien Sandrel, Quatrième de couverture, ed. Calmann Levy, 2018.

Voilà, vous venez de le lire indirectement ! Plus sérieusement, la quatrième de couv’ n’offre aucune surprise et ce qu’elle annonce, c’est ce à quoi vous avez droit si vous avez le lire entre les mains – ni plus ni moins.

Comme je le disais plus haut, ce bouquin se lit extrêmement rapidement sans pour autant que ce soit une épreuve. On passe un bon moment de lecture qui ne dure que le temps de la lecture ; on ne s’attache pas vraiment à Thelma ni à son fils et aux autres personnages parce qu’à vrai dire, on n’a pas vraiment le temps de s’attacher ni de quoi s’attacher, les personnages sont plats et on reste à la surface des choses, ce qui donne une impression de convenu malgré tout plaisante. L’auteur à malgré tout quelques fulgurances qui jalonnent son roman de temps à autre mais sans plus. Encore une fois, lisez-le vous ne serez pas déçus : c’est exactement ce pourquoi vous l’avez dans les mains ; par contre, achetez-le et je suis à peu près certaine que vous serez déçus d’avoir placé votre argent dedans !

Littérature

[Revue littéraire] America 4/16

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas parlé de la revue littéraire America et j’ai décidé d’y remédier. On oubliera de souligner que j’ai un retard d’environ 6 à 8 mois sur ma liste de lecture… Sans commentaires, vraiment.

Ce numéro d’America se concentre sur le premier anniversaire du 45ème POTUS* à la maison blanche. C’est peut-être un triste anniversaire pour beaucoup de gens mais c’est aussi un motif de célébration pour les partisans de 45. America s’attache à montrer cette ambivalence au fil de ses parutions avec un recul suffisant et très appréciable depuis le début. Sans oublier les pointes d’humour de certains articles : je pense notamment à la chronique du poisson rouge de la Maison Blanche. Cette chronique est un vrai plaisir à chaque fois et celle de ce numéro ne fait pas exception. J’adore le ton adopté dans cette chronique et je pense que le point de vue adopté joue aussi beaucoup ; un poisson rouge qui rend compte des faits et gestes du locataire de la Maison Blanche dans le bureau ovale, il fallait y penser ! Voilà pour cette petite chronique. J’avais vraiment envie d’en parler parce qu’il ne me semble pas l’avoir déjà fait, du moins pas dans le détail et c’est un des fils rouges de cette revue littéraire.

Revue America 4

Autre fil rouge, celui de la thématique : ce quatrième numéro traite de la violence par armes à feu (après avoir traité le fonctionnement policier et la violence présente dans certains quartiers de villes déshéritées des Etats-Unis et l’histoire sombre et parfois violente du FBI) avec un dossier extrêmement complet sur le sujet. Il comprend un article écrit par Stephen King (dont j’ai prévu de lire trois ouvrages, peut-être 2 d’ici la fin de l’année) sur les mécanismes de violence liés aux trop nombreuses fusillades qui ont lieu régulièrement dans le Pays, suivi d’un dossier signé Benjamin Whitmer sur l’institutionnalisation de la violence aux Etats-Unis, ses différentes formes et surtout son origine et ses conséquences. Whitmer n’est pas journaliste mais écrivain et pourtant j’ai eu l’impression de lire article journalistique comme l’on peut en trouver parfois dans la presse, notamment américaine d’ailleurs. C’est un article riche et passionnant que je vous recommande vivement si vous voulez en apprendre plus sur l’Histoire des Etats-Unis, tout en appréciant la qualité de l’écrit. Enfin le troisième et dernier article traite de la violence comme d’un moyen pour aller vers les autres et s’ouvrir afin de partager une histoire marquée par la violence qu’elle qu’en soit sa forme. Ryan Gattis évoque son expérience et sa rencontre avec la violence et comment cela lui a ouvert des portes insoupçonnées. En fait, il est plutôt question des « bénéfices » de la violence (sans pour autant la cautionner) en terme de résilience pour surmonter les épreuves liées à une forme de violence.

Et puis sinon, vous retrouverez un entretien de Gay Talese et Tom Wolfe (décédé récemment), réalisé par François Busnel sur le Nouveau Journalisme et ce que ça a changé dans la profession et puis leur point de vue sur tout un tas de sujets. C’est très plaisant à lire également. Enfin l’auteur américain à (re)découvrir dans ce numéro n’est autre que Jack Kerouac et son emblématique Sur la route ; je n’ai pas lu les pages consacrées puisque je l’ai relu il n’y a pas si longtemps et que vous pouvez retrouver ma critique sur cet article !

Allez ! Plus qu’un trimestre à rattraper. Une bagatelle !…

*POTUS : President of the United States – acronyme utilisé sur Twitter.

Littérature

[Contemporain] Possession

Je viens de finir Possession (My Head Is Full of Ghosts en anglais) de Paul Tremblay et que vous dire à part que j’ai passé un super moment de lecture ; j’en suis ravie et la première surprise d’ailleurs. On ne peut pas dire que je suis une adepte du genre en général. En écrivant cette phrase, je me rends compte qu’elle est fausse, du moins pour le genre littéraire : je n’avais jamais rien lu de ce genre-là donc, on ne peut pas vraiment parler d’adepte et rien ne me destinait à lire ce livre. Mais la bibliothèque et ma curiosité naturelle sont passées par là. Petit tour d’horizon à Beverly, Massachussetts chez les Barrett, des gens biens sous tout rapport…

Couverture Possession

Possession, un roman à vous faire Tremblay de peur.

Voilà, il fallait que je la fasse, je l’ai faite, elle est casée, passons à autre chose s’il vous plait. Surtout qu’en plus, ce n’est pas un roman qui fait si peur que ça – et je ne dis pas ça parce que la lecture est derrière moi. C’est vraiment mon ressenti. Du coup, je me dis qu’il faudrait peut-être retenter l’expérience en lisant le soir, dans le noir à la lumière d’une lampe de bureau ou une lampe de poche… Je ne sais pas, je me demande comment Stephen King a procédé ? Parce que oui, la couverture annonce la couleur :

« Possession m’a vraiment fait trembler de peur. Et sachez que pour me faire peur, il faut se lever de bonne heure. » Stephen King

Ouais. Bon… C’est un argument de vente comme un autre mais ce n’est pas trop convaincant de mon point de vue ; j’ai appris à me méfier des critiques et des avis qui encensent de manière exagérée une œuvre, peu importe le support d’ailleurs. J’étais assez septique et la quatrième de couverture n’était guère mieux, qualifiant le roman de « nouveau classique de l’horreur » après Rosemary’s baby et l’Exorciste, excusez du peu. Et pourtant, cela a fonctionné, très bien fonctionné même, puisque je l’ai lu en DEUX jours ! On s’approche d’un record, je pense. En fait, ce qui a fait basculé mon envie de lire ce livre en particulier, c’est la lecture de plusieurs articles (de WordPress) sur le sujet. Moralité : faites un blog, c’est utile !

Blague à part, j’ai beaucoup aimé cette histoire, vraiment beaucoup. Je ne peux quand même pas dire que j’ai adoré au point d’en faire le livre de l’année mais pas loin, parce que, et c’est la force de ce livre : il y a un vrai fond, ce n’est pas juste une histoire banale de possession démoniaque d’une jeune fille (que l’on suppose pure et innocente) comme veut bien nous le faire croire la quatrième de couverture qui présente ce qui suit :

« La famille Barrett mène une vie ordinaire à Beverly, une banlieue tranquille de Boston, Massachusetts, jusqu’au jour où leur fille de quatorze ans, Marjorie, commence à manifester les symptômes d’une étrange schizophrénie. Alors que des évènements de plus en plus angoissants se produisent, les Barrett décident de faire appel à un prêtre qui ne voit qu’une solution : l’exorcisme. A court d’argent, la famille accepte l’offre généreuse d’une chaine de télévision qui propose de suivre les évènements en direct. L’émission connait un succès sans précédent. Pourtant, du jour au lendemain, elle est interrompue sans explication. Que s’est-il passé dans la maison des Barrett ? »

Possession, Paul Tremblay, Quatrième de couverture ; Ed. Sonatine 2015, 2018 pour la présente traduction.

Je meure d’envie de vous le dire, ce qui est arrivé dans cette maison… mais disons juste que la pirouette de la fin n’a rien à voir avec ce qu’on imagine. Tout ce que je peux faire éventuellement, c’est me permettre d’insister sur certains points qui ont leur importance et qui ne révèlent rien de l’intrigue, évidemment.

Premier point : cette histoire un peu glauque certes, est racontée du point de vue de Merry, une enfant de huit ans qui ne comprend pas ce qui se passe autour d’elle ou du moins, elle comprend ce qui se passe à hauteur d’yeux d’enfant. Ce qui fait qu’en tant que lecteur, nous sommes autant paumés et effrayés que la pauvre Merry, qui se retrouve embarquée dans un truc qui la dépasse complètement. A huit ans, Merry aspire juste à vivre heureuse au milieu d’une famille aimante et d’un cocon protecteur comme toutes les petites filles de son âge.

Deuxième point : toujours dans cette histoire un peu glauque mêlant télé-réalité et exorcisme, vient se greffer une bloggeuse du nom de Karen Brissette et qui se fait connaitre sur la toile grâce à ses articles sur le paranormal et la culture populaire autour des films d’horreur. Ces éléments et ce personnage apportent une réelle profondeur au roman ; profondeur que je n’attendais pas le moins du monde à propos et je crois que cela a vraiment fait pencher la balance du bon côté me concernant.

En résumé, ce livre est diablement bien construit (pardon mais c’est vrai) : c’est fin, c’est intelligent et l’histoire sert un propos et une réflexion sur un sujet d’actualité – la place de la télé-réalité dans notre société contemporaine, sans oublier bien sûr la place prépondérante de son homologue qu’est Internet. Et en plus de tout cela, on ne s’ennuie pas une seconde à cause de l’agitation causée par le comportement étrange de la jeune Marjorie.

Possession, maintenant un livre, ensuite un film ?

Oui et honnêtement entre nous, Hollywood aurait tord de se priver d’une rentrée d’argent potentiellement colossale : Hollywood ADORE les films d’horreur. Je m’en serai bien passé mais au fond, je ne suis pas contre. Le livre est très bien donc sur papier, oui pourquoi ne pas en faire une adaptation cinématographique… Oui mais… A condition que cela soit bien fait. La seule information dont je dispose à l’heure actuelle c’est que c’est la Team Downey qui va produire ce film ; c’est un peu maigre comme information et j’espère vraiment que Robert Downey Jr. et son épouse n’en feront pas n’importe quoi puisque l’horreur n’est clairement pas le seul sujet de ce livre que j’ai trouvé passionnant, vous l’aurez compris. Affaire à suivre donc…