Focus

Focus sur… Neil Gaiman

Pour cette nouvelle année, j’ai eu envie d’innover un peu et de tenter un nouveau format. Comme de nombreux lecteurs je pense, j’ai « mes auteurs » – des auteurs que je suis avec plus ou moins de régularité mais que j’apprécie tout particulièrement en raison de la qualité des œuvres qu’ils ont écrites ; la notion de qualité étant bien entendu différente d’une personne à l’autre.

Et pour débuter en fanfare ce nouveau rendez-vous, j’ai choisi Neil Gaiman pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce que je l’ai découvert (ou plutôt redécouvert pour être exacte) à Noël au travers d’une de ses œuvres les plus emblématiques, à savoir le premier tome de Sandman. Sandman est une œuvre conséquente (pour ne pas dire monstrueuse) dont je n’avais jamais entendu parler avant qu’on ne m’offre ledit tome mais malgré tout le nom de Neil Gaiman m’était vaguement familier sans que je sache trop pourquoi. Après de petites recherches dans la section bibliographie de sa page Wikipédia j’ai compris.

Bien que je n’ai jamais lu Coraline, j’avais vu l’adaptation cinématographique de ce dernier à sa sortie au cinéma en 2009 et c’est un film qui m’avait marqué à l’époque – à tel point que je me souviens encore de l’histoire des années après… eh bien en fait, c’est lui qui est à l’origine de cette petite histoire un peu glauque et un peu sordide. Et puis plus récemment, j’avais recroisé sa route lors de mon stage en médiathèque sans y prêter trop attention : Neil Gaiman a en effet écrit un plaidoyer en faveur de la lecture dans les lieux publics (comprenez les bibliothèques) ; je suis pratiquement sûre d’avoir lu ce texte mais il ne m’a laissé aucun souvenir et comme je n’en ai pas fait mention dans mon mémoire… Oui, oui ; vous ne rêvez pas, ceci est bel et bien un mea culpa déguisé !

Bref, pour vous la faire courte : ma culture littéraire va bien et est saine et sauve – je connaissais Neil Gaiman sans savoir qui c’était, ce qui arrive parfois même si c’est plutôt rare dans le monde de la littérature… Quoiqu’il en soit, l’erreur est désormais réparée et nous allons enfin pouvoir entrer dans le vif du sujet. Cet article (qui promet d’être démesurément long) s’articulera donc autour des ouvrages que j’ai lus et/ou abandonnés en cours de route et les ouvrages que je souhaite lire dans un futur plus ou moins proche. Pas de partie sur la biographie de l’auteur : Internet a déjà fait ça, et mieux que moi en plus…

Sandman, Tome 1 (2012)

Ce livre en tant qu’objet, est un monstre d’une épaisseur prodigieuse. A ma connaissance, il n’y a pas d’autres omnibus aussi énorme que celui-là… En tout cas, je n’en connais pas d’autres. C’est assez impressionnant d’ailleurs, et intimidant également… mais malgré tout, assez fascinant dans mon cas – ce livre m’a littéralement fasciné autant que l’histoire qui y est racontée dedans.

Néanmoins tout n’est pas tout rose non plus : j’ai dû m’y reprendre à trois fois avant de finir ce premier tome. Non pas parce que l’histoire ne m’intéressait pas, loin de là, mais surtout parce que c’est une lecture conséquente avec tout plein de détails à assimiler (bien que ces derniers ne soient pas d’une importance capitale pour la compréhension du récit), et aussi parce que la BD, de part sa taille et son poids, n’est de fait pas un ouvrage que l’on peut prendre pour lire au lit, malheureusement. Du coup, j’ai espacé mes sessions de lecture un peu malgré moi et à force de trop les espacer, j’ai fini par perdre le fil…

Pourtant moi qui suis une grande fan d’à peu près toutes les mythologies existantes, avec Sandman j’ai été servie ! Neil Gaiman a été puiser certains éléments de son récit dans la mythologie nordique mais également dans d’autres – je pense notamment à la mythologie grecque évidemment. Il y a également de multiples références à la culture des Comics ; c’est ainsi que lors de sa quête, le Sandman croise la route d’une autre légende du monde des Comics, j’ai nommé : John Constantine ! Ne vous emballez pas non plus, il n’apparait que pour un chapitre mais j’ai trouvé que c’était un très joli et touchant clin d’œil que d’inclure John Constantine dans son histoire.

De quoi ça cause Sandman ?

Maintenant que j’ai bien tourné autour du pot et de mon émerveillement pour ce Comics, il faut quand même que je vous dise de quoi ça parle Sandman… De mythologie(s) donc. Et dans le détail, ça donne ça :

1916, Angleterre. En quête d’immortalité, un mage du nom de Roderick Burgess emprisonne par erreur le jeune frère de la Mort, Morphée, l’un des sept Infinis incarnant les forces primordiales de l’Univers. Craignant pour sa vie, le sorcier garda le Maitre des Rêves captif durant sept décennies, perturbant le sommeil du reste de l’Humanité. Libéré, Morphée se mit en quête de ses attributs de pouvoir – un masque, un joyau et un sac de sable – afin de rétablir l’ordre universel et chasser du territoire des Rêves les démons, usurpateurs de ses pouvoirs. De son royaume onirique dévasté aux terres infernales de Lucifer, l’Infini croisera l’horreur sous toutes ses formes, qu’elle soit humaine, magique, démoniaque ou née des tourments causés par les membres de sa propre famille.

Neil Gaiman, Sandman vol. 1, Quatrième de couverture ; éd. Urban Comics, coll. Vertigo (2012)

Normalement si vous aimez les univers fantastique et surnaturel, rien qu’avec ce résumé, j’ai réussi à titiller votre curiosité. Concernant les dessins, il y a malheureusement plusieurs dessinateurs qui interviennent, ce qui est normal avec une œuvre de cette envergure. Ce n’est pas gênant outre mesure en fait, puisque les dessins et la palette de couleur utilisée rappellent les illustrations des comics des 70/80 ; rien d’étonnant à cela puisque la parution originale de la série date de 1988. Après, tout le monde n’aime ce genre graphique mais passer à côté d’une telle histoire à cause des dessins… je trouve cela terriblement dommage quand même.

Sandman[1]

La Mythologie Viking (2017)

Si vous suivez mes aventures littéraires depuis un moment, peut-être vous souvenez-vous de mon article sur les contes de Noël et de ma déception immense de ne pas avoir trouvé de contes celtes. Grâce à Neil Gaiman, j’ai enfin pu palier à cette déception qui me poursuivait depuis cette lecture catastrophique. Ce petit livre est d’ailleurs la raison de cet article puisque je me voyais mal le présenter dans un article à lui tout seul.

De quoi ça cause La Mythologie Viking ?

Comme son nom l’indique, ce livre est centré sur les contes et légendes qui forment la mythologie nordique. On y retrouve donc bien évidemment Odin, Thor, Loki et les autres mais on est bien loin de l’image d’Épinal relayée par les Studios Marvel dans ses films ou par Marvel dans les Comics. J’ai été ravie de découvrir ces personnages familiers sous un nouvel angle, un angle plus sombre. Thor y est dépeint beaucoup plus idiot et brutal qu’il ne l’est dans l’ensemble des films et Loki, beaucoup plus malicieux voir malfaisant par exemple.

J’ai également adoré retrouver des similitudes avec d’autres mythologies ou légendes. Elles ont d’ailleurs fournies un socle à des livres considérés comme des classiques aujourd’hui, je pense notamment au Seigneur des Anneaux pour ne citer qu’un exemple. Alors oui, je me doute que présenté comme cela c’est très vague mais c’est bien le cas. Vous vous en rendrez compte si d’aventure vous lisez La Mythologie Viking de Neil Gaiman…

La-mythologie[1]

De bons présages (2014), co-écrit avec Terry Pratchett

Voici le livre avec lequel j’ai terminé l’année 2019 et commencé 2020. C’est une lecture un peu déconcertante en fait ; j’ai voulu lire celui-ci à cause de la série Good Omens, diffusée sur Amazon Prime et puis comme je suis dans ma période « Neil Gaiman »… je me suis laissée tenter. Il en ressort que je suis assez partagée en fait, même s’il s’agit globalement d’un bon livre. Autant je suis rentrée dans l’histoire comme sur des roulettes, autant j’ai eu du mal à finir parce que j’ai trouvé qu’il y avait un problème au niveau du rythme dans le récit – le dernier tiers s’éternise pour peu de chose au final et j’avoue être un peu restée sur ma faim, surtout que j’ai trouvé l’idée de départ super bonne et super drôle !

De quoi ça cause De bons présages ?

Ce n’est ni plus ni moins qu’une réécriture de l’Apocalypse par deux auteurs géniaux, bien que je ne connaisse Terry Pratchett que de renommée ; je n’ai pas encore lu Les Annales du Disque-Monde et je ne sais pas si je vais me laisser tenter : c’est un sacré morceau de la littérature SF et j’ai peur que ce soit un peu trop complexe pour ma petite cervelle… Mais bref. Pour en revenir à l’Apocalypse selon Pratchett et Gaiman, ça donne ceci :

L’Apocalypse aura lieu samedi prochain, après le thé! Ainsi en ont décidé, d’un commun accord, les forces du Bien et celles du Mal. L’Antéchrist va fêter ses onze ans. Son éducation a été supervisée par un ange, Aziraphale, et un démon, Rampa, résidant sur Terre depuis l’époque de la première pomme. Mais voilà, suite à un coup du sort, l’enfant a été échangé à la maternité. Le véritable Antéchrist se nomme Adam et vit dans la banlieue de Londres. Et ça, ça change tout! Une course contre la montre commence alors pour l’ange et le démon qui, finalement, se disent que la race humaine ne mérite pas son sort…

Pratchett; Gaiman, De bons présages, Quatrième de couverture ; éd. J’ai Lu (2014).

C’est très caustique et très drôle aussi. Une belle démonstration de l’absurde à quatre main. Cependant, comme je le disais plus haut, j’ai trouvé l’ensemble déséquilibré à cause du rythme qui s’essouffle sur la fin et c’est dommage parce que j’ai adoré l’idée de prendre cet épisode biblique ultra connu pour le tourner en dérision et en faire quelque chose d’aussi absurde.

D’autant que l’absurde n’empêche pas la critique et le moins que l’on puisse dire c’est que l’Amérique en prend pour son grade, que ce soit sur le plan religieux ou sociétal ; l’Angleterre s’en tire un peu mieux même si certains travers sont également épinglés. Malgré une légèreté apparente, les thèmes abordés via l’Apocalypse et ses conséquences sont toujours d’actualité et donnent au roman une dimension bien plus complexe que la simple réécriture parodique. J’ai grandement apprécié cet aspect du livre.

Le style d’écriture du roman m’a donné du fil à retordre par contre. J’ai eu un peu de mal au début avec cet enchainement ininterrompu de digressions toutes plus drôles les unes que les autres ; on notera ici que les notes de bas de pages n’en sont pas réellement puisqu’elles font partie intégrante de l’histoire. C’est un coup de main à prendre mais je conçois que ça puisse vite devenir chiant et insupportable pour certains lecteurs.

Mais en conclusion, De bons présages est (quand même) un livre qu’il faut lire !

De-bons-presages[1]

Je voudrais lire…

Le Tome 2 de Sandman – Après la révélation que fut le premier tome, je compte bien ne pas m’arrêter en si bon chemin même si c’est un pavé et que je mets 3 mois pour le finir. JE VEUX SAVOIR !!

Coraline – et pourquoi pas revoir l’adaptation cinématographique par la même occasion… Ca pourrait être sympa, pour une thématique liée à Halloween par exemple.

Marvel 1602 – Ca risque d’être compliqué… Je ne suis pas encore parvenue à l’emprunter à la bibliothèque et je crois bien que ce Comics n’est plus édité. Bien sûr, l’ouvrage est disponible à la vente en ligne mais à 75 euros l’unité… on va dire que cette lecture va rester un fantasme hein !

American Gods – Le résumé m’a également fait envie lors d’une de mes flâneries en librairie ; ça a l’air d’être un autre gros morceau de la bibliographie de Neil Gaiman et ce roman a également eu droit à son adaptation en série sur Amazon Prime.

L’océan au bout du chemin – En grande partie à cause du titre que je trouve poétique. La quatrième de couverture semble évoquer quelque chose de beaucoup plus sombre, et j’ai hâte de savoir de quoi il en retourne réellement. Lecture potentielle du mois de février puisque j’ai trouvé celui-ci sous le sapin 2019 !