Bande-Dessinée/Comics

[BD] La mort vivante

Scénario : Olivier VATINE

Dessin : Alberto VARANDA

Couleurs : Oliver VATINE & Isabelle RABADOT

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L’avantage avec les bandes dessinées, c’est que l’on découvre des mondes insoupçonnés que l’on ignoreraient totalement s’ils nous étaient présentés sous une autre forme. C’est le cas de cette œuvre en un seul tome, signée Olivier Vatine pour le scénario et la colorisation sur un dessin sublime d’Alberto Varanda. Cette bande dessinée est en fait une adaptation du roman de science-fiction éponyme de l’écrivain français Stefan Wul.

Habituellement je n’aime pas trop le genre SF, tout du moins sous forme littéraire ; j’ai beaucoup de mal à m’imprégner de l’histoire et rentrer dedans sauf quelques très rares exceptions. J’ai plus de facilité lorsque je suis confrontée au genre sous sa forme cinématographique ou BD. Je pense que la SF est un genre d’avantage fait pour être vu que lu et pour en revenir à La Mort vivante, c’est un peu comme si j’avais été au ciné. De plus, cette BD m’aura permis de rencontrer Stefan Wul, aujourd’hui décédé et jusque-là illustre inconnu. La couverture m’a interpellée parce que je l’ai trouvée magnifique, très soignée et également très glauque. Le titre aussi a eu son petit effet et a parfaitement rempli son rôle : évocateur tout en étant un brin mystérieux…

Couverture La Mort Vivante

La Mort vivante se déroule dans un monde post-apocalyptique et franchement dystopique dans lequel les Humains ont abandonnés la Terre, rendue inhabitable du fait d’un accident ou d’une guerre qui a entrainé une radioactivité trop importante et trop intense ; les survivants sont allés s’établir sur Mars (coucou Elon Musk). Autre point primordial de l’intrigue : la science du 21ème siècle est perçue de la même façon que la sorcellerie au Moyen-Age. Cela donne une idée assez précise de l’atmosphère de la BD en même temps que cela rentre en résonnance avec notre époque et j’ai trouvé cet élément fascinant parce que Stefan Wul a fait publié son roman en 1956, si je ne me trompe pas. Bref, là-dessus est greffé un personnage du nom de Joachim Bostrom, jugé devant une sorte de Grande Inquisition pour avoir consulté des ouvrages de science interdits par cette même instance parce que les dits ouvrages proviennent de l’ancienne planète, la Terre. De plus, Joachim semble avoir mené des expérimentations un peu clandestines peu recommandables mais le juge se montre clément et une fois jugé, notre ami scientifique adepte des bonnes vieilles méthodes se retrouve contraint et forcé de mettre son savoir au service d’une mystérieuse femme, accablée par le chagrin et la perte de sa fille, Lise, dans des circonstances tragiques des années plus tôt. Le professeur Bostrom est chargé de ressusciter la petite Lise mais jouer avec la Mort n’est pas sans conséquence, même dans un futur post-apocalyptique…

Vous l’aurez compris, La Mort vivante est une réécriture du célèbre Frankenstein de Mary Shelley. C’est d’ailleurs le principal atout de cette bande dessinée, avec les dessins : le lecteur est plongé dans une atmosphère gothique mêlée de romantisme, le tout sublimé par le traitement des couleurs. Les dessins comme dit plus haut, sont très agréables à regarder. Le récit se lit malheureusement trop vite et c’est le reproche que l’on peut faire à l’ouvrage. A mon sens, certains passages auraient mérités d’être traités plus en détails. On a parfois le sentiment d’un travail bâclé, fini « à la va-vite », en tant que lecteur nous restons un peu sur notre faim de lecture et c’est vraiment dommage. Cela dit, la bande dessinée étant une adaptation, il est fort possible que le scénariste ait dû faire des choix ou alors le roman était construit de cette façon et la trame a été scrupuleusement respectée, je ne saurais pas le dire. Je n’ai pas lu le roman. Je suppose que c’est toute la beauté des fins ouvertes !

En conclusion, sans être un coup de cœur c’est une œuvre qui mérite un coup d’œil et qui vous plaira à coup sûr si vous aimez les ambiances bien définies avec un penchant prononcé pour le courant gothique. De quoi vous donner envie de relire certains classiques de la littérature anglaise. Une bonne idée à l’approche du mois d’Octobre…

Littérature

[Contemporain] Du côté du bonheur

Retrouvez les autres critiques des livres d’Anna McPartlin ici et .

Que vous dire sue ce troisième roman ? Eh bien… J’aurais beaucoup aimé aimer ce livre, ne serait-ce que pour les personnages et les thèmes abordés. Seulement, voilà : la mayonnaise n’a pas pris bien que je vienne de terminer ma lecture. Ce fut laborieux et je vous explique pourquoi.

Du côté du Bonheur ou du côté de l’ennui ?

Oui, j’ai décidé ne pas y aller par quatre chemin : je me suis ennuyée et pourtant tous les éléments étaient réunis pour faire de ce livre une très bonne lecture avec une très bonne critique mais je me suis ennuyée ferme. A tel point que j’ai fait quelque chose que je ne fais jamais : j’ai sauté un chapitre entier ! Normalement, lorsque vous en arrivez à ce stade au temps abandonner votre lecture et passer à autre chose. Ce que j’aurais dû faire mais j’avais une idée derrière la tête : je voulais voir si sauter un chapitre entier m’empêchait de comprendre le reste de l’histoire. Résultat : le reste est parfaitement compréhensible.

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Et c’est précisément ce qui me pousse à dire que ce roman est trop long pour l’histoire qu’il comporte. Quel gâchis ! Ce sentiment détestable de perdre son temps… C’est d’autant plus dommage et regrettable que ma lecture s’annonçait bien avec un thème nouveau pour l’auteur : celui de la disparition d’un enfant et comment les proches font face à cela, les mécanisme d’autodéfense qui se mettent en place etc, etc… avec des personnages toujours attachants et toujours haut en couleurs. Rédigé sur un mode identique à celui utilisé dans son premier roman, le rythme est rapide et ne parvient pourtant pas à vous enlever de l’esprit que le livre est ennuyeux au possible.

« Entre ses deux boulots, ses enfants et sa mère qui perd la tête, la vie n’est pas toujours facile pour Maisie. Mais depuis qu’elle s’est décidée à quitter son mari violent, cette irlandaise au caractère bien trempé retrouve peu à peu le chemin du bonheur. Jusqu’au jour où son fils Jeremy disparait mystérieusement avec son meilleur ami.

Que s’est-il passé le soir du 1er janvier ?

Avec l’aide de Fred, son chevalier servant, et de Lynn sa fidèle amie, Maisie tente de reconstituer le fil des évènements. Dans ce quartier populaire des environs de Dublin, chacun affronte les coups du sort avec humour et ténacité. Mais le terrible secret qu’elle va découvrir bouleversera à jamais le cours de sa vie« 

Du côté du Bonheur, Anna McPartlin, Quatrième de couverture ; éd. Cherche midi, 2018

J’ignore si c’est parce que je lis d’avantage depuis la création du blog ou si c’est simplement un livre moins bon que les autres mais en tout cas, j’ai trouvé que l’intrigue et le motif de la disparition sont attendus ; j’avais compris dès le début pourquoi Jeremy a disparu et c’est un peu… décevant. En fait, elle en fait des caisses autour de ce « secret » qui n’en est pas franchement un… cependant, cela reste un sujet intéressant à aborder et à questionner. Dommage qu’elle se soit loupée ! Peut-être qu’Anna McPartlin devrait espacer ses parutions aussi : un roman par an c’est bien mais c’est sans doute au détriment de la qualité.

Bande-Dessinée/Comics, Littérature

Spécial Chats

Cela faisait assez longtemps que je voulais faire un article consacré aux chats dans la littérature parce que d’une part nous en possédons pas moins de 6 à la maison et que d’autre part le félin miniature semble inspirer bon nombre d’auteurs. De plus, le chat est l’animal de compagnie privilégié lorsqu’on écrit ou que l’on s’intéresse un minimum au monde culturel. Pour cet article, je vais donc vous parler de trois ouvrages : Demain les chats de Bernard Werber, Chat Noir de Nathalie Semenuik et enfin j’évoquerai brièvement la bande dessinée Simon’s Cat de Simon Tofield et je crois qu’on aura fait une première fois le tour du sujet, parce qu’il y aura toujours à dire sur ce sujet que sont les chats.

 

Demain les chats de Bernard Werber

Commençons donc par Demain les chats que j’ai lu fin août, plus précisément du 28 au 30 août. C’est un roman de 306 pages et si vous vous en référez à la vitesse à laquelle je l’ai lu, vous pouvez facilement en déduire que j’ai beaucoup aimé. Effectivement c’est un livre qui m’a passionné du début à la fin. Demain les chats m’a permis de découvrir son auteur que je connaissais juste de nom pour avoir écrit (notamment) tout un cycle sur les fourmis.

C’est un livre plus complexe qu’il n’y parait et d’ailleurs son titre ne semble pas achevé. On a presque envie de rajouter « domineront le monde/sauveront le monde » (rayez la mention inutile) et il y a un peu de ça mais pas que. On suit l’histoire de Bastet et de sa servante Nathalie, au travers justement des yeux de Bastet et c’est quelque chose d’inattendu et de très bien retranscrit tout en restant le plus naturel possible. Puis tout bascule le jour Bastet (qui possède déjà une conscience accrue de son être et du monde qui l’entoure) rencontre le chat de voisine Pythagore, un chat savant au sens propre du terme. En effet, ce chat a été doté par sa servante Sophie, d’un appareil qui ressemble à l’embout d’une clé USB et cela lui permet d’avoir un accès direct au monde humain, au savoir humain. Je vous l’accorde, dit comme ça, c’est carrément bizarre et carrément tiré par les cheveux (que Bernard Werber n’a plus) et on se dit qu’il a peut-être avaler des champignons à l’écriture de son livre sur les chats.

Passé ce stade de « non mais c’est vraiment n’importe quoi », on se recentre sur le récit et on découvre qu’il y a plus derrière, qu’un simple fantasme irréalisable. Sans vous révéler toute l’intrigue, il faut savoir que l’on assiste peu à peu à l’effondrement de la société humaine qui tombe peu à peu dans une spirale de destruction systématique de certains humains et de guerre civile. On comprend assez vite que Bastet et Pythagore sont les derniers représentants d’une sagesse et d’un savoir éduqué et philosophe bien qu’ils soient des chats, ce qui peut paraitre paradoxal. C’est vraiment l’intérêt du livre en fait, qui critique en biais la société actuelle et ses dérives progressives et c’est cela qui rend ce roman si passionnant à mon sens. Bien entendu, on retrouve au travers de Pythagore, l’histoire de l’évolution des chats et des hommes sur Terre et ce n’est pas non plus un hasard si l’héroïne du roman s’appelle Bastet mais je ne veux pas tout dévoiler… De toute façon, je n’y arriverai pas parce qu’il est question de chats, d’évolution et de domination des espèces par rapport à d’autres, de philo et de science, de religions et de terrorisme (entre autres choses). Mais c’était réellement passionnant et je vous le conseille fortement (que vous ayez un chat comme compagnon ou non) parce que c’est un livre qui ne vous laissera pas indifférent !

Couverture Demain les chats

Chat Noir de Nathalie Semenuik

Revenons à présent à quelque chose de plus terre à terre. Encore que… pas tout à fait puisque l’ouvrage s’attache à retracer l’histoire du chat et plus particulièrement le chat noir comme le titre l’indique. Vous y trouverez également de très belles photos de chats avec un focus sur les légendes et les mythes qui entourent le chat noir, qu’il soit symbole de chance ou au contraire, de malheurs à venir. Enfin, vous pourrez (re)découvrir la place qu’occupait les chats noirs dans les Arts (littérature, peinture et cinéma) ainsi que dans l’Histoire, qu’elle lui soit favorable ou non au gré des époques.

Couverture Chat noir

Simon’s  Cat

Et enfin, pour terminer cet article consacré aux chats de tout poil, j’aimerais beaucoup vous parler d’une bande dessinée que vous connaissez peut-être déjà : Simon’s Cat. A l’origine, des petites scénettes animées diffusée sur YouTube qui ont fait le succès de son auteur (et de son compagnon à quatre pattes), il existe depuis au moins une bande dessinée et un ou deux jeux vidéo pour mobile. C’est facile à lire puisqu’il n’y a rien à lire ! Il suffit juste de regarder la succession de petits dessins pour passer un moment agréable et sympathique. Il est vrai que certaines situation ne peuvent être comprises que par les possesseurs de félins miniatures mais cela reste quand même bien drôle.

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Et puis parce que je ne résiste pas, voici la bouille de l’un des miens : Nimbus.

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Littérature

[Contemporain] La belle n’a pas sommeil

A vrai dire, je ne sais pas trop par où commencer avec ce livre. Malgré de bons éléments, j’ai failli l’abandonner sur le bord de la route. Pour autant, je ne me suis pas fait violence pour le reprendre après deux jours de pause dans ma lecture et je crois que c’est assez emblématique de l’ambivalence de mes sentiments vis-à-vis de cet ouvrage. Pas tout à fait déçue mais pas satisfaite pour autant.

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Au moins, cette lecture aura eu pour effet une chose que je soupçonnais déjà : quiconque vous parlera bien d’un livre ou de son auteur vous donnera envie de le lire et c’est précisément ce qui s’est passé ici. De plus, cela a permis de satisfaire ma curiosité parce que pour moi Eric Holder s’apparentait plus au mythe qu’à une personne en chair et en os (la faute à Vincent Delerm) jusqu’à ce que je ne le vois à La Grande Librairie, où il était invité pour parler de son nouveau roman La Belle n’a pas sommeil, donc. Et comme les différents invités en parlaient avec bienveillance sans être grandiloquents ou dithyrambiques, je me suis laissée convaincre assez facilement et ce roman promettait de me sortir des lectures dont j’avais l’habitude.

Et ce livre tient ses promesses. Effectivement, ce n’est pas du tout ce que j’ai l’habitude de lire mais… pour pleins de raisons, je n’ai pas accroché tant que ça au récit, à l’histoire d’amour entre Antoine, ermite et bouquiniste, et Lorraine, conteuse professionnelle toujours par monts et par vaux, là où le vent veut bien la porter. C’est beaucoup trop minimaliste pour moi ; j’aurais aimé qu’il se passe plus de choses dans cette vie simple et malgré tout attendrissante que mène Antoine. Cependant, la langue est absolument sublime, un peu désuète il est vrai mais ça convient parfaitement au cadre. Je me suis d’ailleurs fait la réflexion en lisant que j’aurais presque préféré avoir un roman construit autour de descriptions de paysage plutôt que cette histoire d’amour bancale dont je cherche encore l’intérêt. Habituellement, les pages descriptives sur des paysages m’ennuient même si elles ont un rôle ; ici c’est l’inverse, j’ai trouvé la langue tellement belle, tellement poétique que j’avais une succession de tableaux impressionnistes ou romantiques sous les yeux, c’est selon.

 » […] Je retourne dans la forêt, en reconnaissant des endroits où nous étions passés. Elle franchit avec moi des clairières, des troncs abattus, des courbes tapissées de fougères. Je peux entendre son souffle, ou bien des écorces craquer sous ses pieds. Ma peau, par mille poils invisibles et dressés, réclame d’être apaisée par la sienne.

Le soleil large, abondant, éclaire à travers les pins son visage posé sur une branche, ou flottant au milieu du sentier. J’ai l’impression que sa bouche ou sa main sont toujours à la portée des miennes. Je constate a posteriori que je n’ai plus peur de la forêt. »

La Belle n’a pas sommeil, Eric Holder, p.126. Editions du Seuil ; 2018

En fait, je crois qu’il faut lire ce livre pour ce qu’il est : une ode à la littérature qu’elle soit écrite ou orale, ainsi qu’une ode aux lecteurs, peu importe l’histoire racontée. Néanmoins, je regrette ne n’être pas plus enthousiaste en dehors de la beauté du texte… et pour le coup c’était mon premier Eric Holder… mais également mon dernier.

 

Bande-Dessinée/Comics

[BD] The Killing Joke

Avec la rédaction de mon mémoire de stage derrière moi, j’ai pu reprendre la lecture. Et bizarrement, j’ai eu du mal à m’y remettre. C’est pourquoi j’ai opté pour une BD qui était en attente depuis un bout de temps : The Killing Joke, avec au scénario Alan Moore et au dessin et à la colorisation Brian Bolland. C’est encore une BD sur l’univers de Batman et c’est assez réussi avec quelques points négatifs tout de même.

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L’histoire en elle-même est assez courte mais très efficace. Et puis elle prend le contrepied du schéma classique avec Batman vs. Joker puisque cette fois, c’est le Joker qui occupe les projecteurs tout en étant toujours la némésis du héros chauve-souris. C’est en fait une réédition de la bande dessinée du même nom sortie en 1988 je crois et c’est très captivant parce que les auteurs donne enfin une identité et une histoire au Joker avant qu’il ne devienne ce personnage complètement barré et haut en couleur. On aurait presque de la sympathie pour lui s’il n’était pas si monstrueux…

Le Joker s’est à nouveau échappé de l’asile d’Arkham. Relancé dans sa course effrénée au crime, c’est à travers le commissaire Gordon et sa fille -Barbara- qu’il cherche cette fois à atteindre personnellement son frère ennemi, Batman

The Killing Joke, Quatrième de couverture, Urban Comics pour la version française, 2016.

The Killing Joke a également eu droit à une adaptation en film d’animation de Sam Liu, la même année, qui reprend l’histoire de la bande dessinée avec un petit peu plus de personnages et donc potentiellement une intrigue un peu plus dense. Je ne l’ai pas vu mais je pense que je vais peut-être y remédier : les dessins me replongent en enfance et en version originale, le Joker est doublé par Mark Hamil, excusez du peu.

Lecture agréable et rapide malgré une atmosphère glauque et nettement plus malsaine que The Dark Prince Charming, qui demeure bien au-dessus en termes d’illustrations. A ce propos, les illustrations de The Killing Joke sont très inégales et c’est un peu dérangeant : autant le Joker est toujours soigné, autant Batman et sa Batmobile… C’est un peu dommage parce que c’est le genre de choses qui laisse une impression en demi-teinte à la fin de la lecture.

Bande-Dessinée/Comics

[BD] Bug – Livre 1

Je me rends compte que je lis beaucoup en ce moment et j’espère que vous me pardonnerez de vous envahir comme ça !

Aujourd’hui je vais donc vous parler de la bande dessinée que j’ai terminée hier et qui m’a tenue en haleine un peu plus d’une heure dans l’après-midi. Il s’agit de Bug – Livre 1 d’Enki Bilal. Je me souviens que cette petite BD a fait sensation lors de sa sortie en fin d’année dernière : les émissions littéraires à la télé et à la radio en parlait beaucoup, pareil sur le net que ce soit YouTube ou certains sites et blogs consultés au hasard de mes errances numériques… Errances numériques, l’expression me plait bien mais passons, je divague. Revenons-en à Bug et son auteur, Enki Bilal.

Je connaissais juste de nom d’ailleurs. Je n’avais jamais rien lu de son travail mais je saurais reconnaitre un dessin d’Enki Bilal entre mille, parce qu’il a une façon de dessiner et un univers qui lui sont propres et du coup, on connait sans connaitre. Je sais, on appelle cela la célébrité. Il n’empêche que pour certains, Enki Bilal est devenu une icône de la culture populaire et je me suis dit que si je voulais entrer dans cet univers particulier, autant le faire avec sa dernière œuvre : Bug donc. Un pari un peu risqué mais qui se tente. Cela dit, c’est le meilleur moyen de se faire sa propre opinion lorsqu’on connait très mal un auteur (ou un artiste).

Couverture Bug - Livre 1

Le terme « bug » est évocateur par lui-même et a deux définitions qui résument à elles seules l’histoire de la BD et le pourquoi de son écriture.

En français, se dit d’un défaut affectant un programme informatique.

En anglais, se dit d’un insecte, d’une bestiole ou d’un virus entre autres choses.

Et c’est le point de départ de notre histoire, ou plutôt le nœud du problème des différents protagonistes. Nous sommes en 2041 et l’humanité toute entière a régressée tant elle est devenue accro au numérique sous toutes ses formes, à tel point que plus personne ne sait faire fonctionner une voiture ou tenir un stylo, et de toute façon « à quoi ça sert un stylo ? » Vous la sentez la critique de la société moderne par Enki Bilal ? Bref, tout va bien dans le meilleur des mondes (coucou Huxley) jusqu’à l’apparition inexpliquée d’un bug informatique d’une ampleur inégalée : tous les serveurs plantent les uns après les autres rendant l’utilisation des objets numériques impossible et les sauvegardes, les sauvegardes de sauvegardes disparaissent comme si rien de cela n’avait jamais existé. Bien entendu un vent de panique généralisé souffle sur Terre et cette panne gigantesque a des conséquences aussi dramatiques qu’absurdes que je ne développerai pas ici mais qui font tout le sel de l’histoire.

Au milieu de ce chaos planétaire, nous suivons la famille Obb dont le père Kameron est astronaute pour le compte de l’I.S.S (une organisation à peu près équivalente à la NASA qui n’existe plus) et qui n’a qu’une envie : celle rentrer sur Terre afin de retrouver sa fille Gemma au plus vite. D’autant que sa mission ne s’est pas passée exactement comme prévu : Kameron Obb est le seul survivant de l’expédition. De plus il semble être le seul humain à se souvenir des codes d’accès de tout et n’importe quoi et il sait faire fonctionner les objets que le reste de l’humanité a relégué au rang de vieilleries obsolète avant l’air du tout numérique. De quoi attiser les convoitises…

Oui, l’humanité en arrive là en 2041 et je préfère vous dire que ça fait peur et que c’est angoissant parce qu’on se dit que quand même, une telle absurdité n’est pas possible parce qu’on est plus intelligents que ça. Mais… Enki Bilal tend à nous montrer le contraire en restant dans la finesse du propos. En tout cas la force de cette histoire, c’est qu’elle pousse le lecteur a se remettre en question et à l’ère du numérique et d’une société hyper-individualisée, on en a grandement besoin même si ça fait tout drôle.

L’histoire est bien pensée dans le sens où l’auteur à imaginer un monde nouveau sans passer par une autre planète ; c’est bien de la Terre dont on parle mais la géopolitique a changé et les rapports de forces sont bouleversés : si les Etats-Unis sont toujours dans la course au leadership, ils ne sont plus leaders et une alliance turco-russo-islamiste prend doucement le dessus, les califats se sont multipliés, le Monde est devenu le Monde Today et c’est savoureux bien que cela fasse mal aux yeux, et l’Elysée s’effondre doucement sur lui-même. Néanmoins, il y a des touches optimistes très bien placées qui aident le lecteur à souffler un peu et lui permettent de voir le bout du tunnel dans la morosité anxiogène ambiante.

Le seul bémol qu’on peut souligner ce sont les quelques incohérences de dates qui heureusement, ne gâche rien du récit mais qui sont facilement repérables.

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Ce dessin n’a rien à voir avec l’histoire de Bug, il est juste cool.

Enki Bilal livre un petit bijou tout en finesse : on peut y voir une critique de la société actuelle sur fond de réécriture d’Alien (le premier) avec des accents du Cinquième élément ou Lucy de Luc Besson. Le récit est captivant et intense, les dessins sublimes comme toujours chez Enki Bilal et on a qu’une envie, c’est de lire la suite. En conclusion et pour faire court : A lire de toute urgence !

 

Littérature

[Beau livre] Pirates! L’art du détournement culturel

Il fait beau, il fait chaud ; trop chaud même, et on ne peut pas vraiment dire qu’on profite véritablement de l’été (sauf si profiter veut dire rester cloitrer chez soi)… Du coup, on essaie de se tenir au frais autant que possible avec de l’eau et un brumisateur à proximité ; au moins on en profite pour lire des choses sans prise de tête mais néanmoins intéressantes.

L’occasion pour moi de vous parler de Pirates! L’art du détournement culturel de Sophie Pujas, aux éditions Tana  que je viens tout juste de terminer. Ce livre est à ranger dans la catégorie des beaux livres, de ceux qu’on offre pour les grandes occasions ; d’ailleurs il était sous le sapin invisible 2017 et je me suis régalée.

Couverture Pirates! L'art du détournement culturel

Ce livre traite d’art contemporain et bien souvent je suis assez hermétique à toute forme d’art contemporain, dont je me moque souvent par le jeu de mot que vous devez connaitre si l’art contemporain est la cible de vos railleries : avouez que vous le connaissez l’art content pour rien… Heureusement ce qui est bien dans l’art contemporain, c’est qu’il y en a pour tous les goûts et cet ouvrage ne fait pas exception à la règle. Certaines choses m’ont laissées de marbre quand d’autres m’ont carrément fait rire aux éclats ou simplement émue à cause de la poésie qui se dégageait de l’œuvre. Bien entendu tout reste subjectif et sujet à interprétations, donc il se peut très bien que cela vous passe au dessus et pourquoi pas, après tout.

Ce qui est très intéressant dans ce livre, c’est que l’art contemporain est abordé par le prisme du détournement sous toutes ses formes et si vous connaissez des sites comme le Gorafi ou The Onion, il y a de fortes chances pour que cette lecture soit faite pour vous puisque ces deux sites pratiquent le détournement d’informations de façon humoristique ; si vous êtes sensible aux travaux d’Un faux graphiste ou si vous suivez ses tweets sur la toile, allez-y aussi – il est évoqué dans l’ouvrage et certains travaux sont reproduits. L’ouvrage retrace également l’historique du détournement artistique et développe certains thèmes comme par exemple le féminisme, la culture populaire et la culture geek ou bien encore la défense de l’environnement et des animaux.

Outre tout cela, le livre offre également matière à réflexion à propos de sujets très actuels. On peut citer la place de l’image et de la publicité dans la société ou encore la question très présente du droit d’auteur pour des raisons plus qu’évidentes ici. L’ouvrage a beau se présenter un peu sous forme de thèse, ce n’est pas du tout chiant à lire – j’ai trouvé ça très ludique à propos. Il faut dire que l’objet s’y prête bien et que la mise en page est pensée pour mettre cet aspect en avant (et rendre l’art contemporain moins et plus accessible). Un petit mot aussi sur l’épaisseur du livre : il ne fait que 189 pages certaines sont évidemment des images des œuvres des différentes personnes présentées dans l’ouvrage donc si vous n’aimez pas beaucoup lire ou l’art contemporain ou les deux…

Pour finir je vous propose une petite liste des artistes qui ont retenus mon attention (dans l’ordre d’apparition du livre) : Nadège Dauvergne, Paperbayo, Sandrine Estrade Boulet, Hans-Peter-Feldmann, Blase, certaines œuvres de Thomas Robson, Un faux graphiste évidemment, le Collectif Auguste Derrière, Robert Montgomery, Tatsuya Tanaka, Javier Pérez et enfin Soasig Chamaillard. Avec tout ça, vous aurez de quoi faire !

Bande-Dessinée/Comics

Spécial BD

J’ai fait une petite cure de bandes dessinées ces derniers jours et plutôt que vous les présenter une par une, j’ai opté pour un article pour les trois BD sélectionnées. D’ailleurs ce sont des Comics : une de chez Marvel et deux de son concurrent DC Comics.

Article spécial BD

Marvel : Contest of Champions – Al Ewing, Paco Medina

Celle-là fait partie de mes dernières acquisitions et en vérité, j’ai été déçue. C’est le jeu vidéo qui m’avait donné envie de lire le Comics qui en reprend d’ailleurs les codes puisque dans l’histoire qui nous concerne ici, ce sont le Collectionneur et son frère le Grand Maitre qui livrent bataille par équipes de superhéros interposés pour savoir lequel des deux aura le contrôle de l’univers. Vaste programme donc. J’ai commencé ma lecture pleine d’enthousiasme et j’ai vite déchanté : je ne suis pas entrée dans l’histoire comme je l’aurais voulu et encore, heureusement pour moi j’avais pris le temps de lire l’avant-propos qui mentionne que les superhéros en question font pour la plupart partie d’univers parallèles mais bon pas de quoi m’alarmer outre mesure ; j’ai l’habitude que ce soit un peu le bordel chez Marvel de toute façon. Cependant j’ai trouvé le début très poussif, un peu tiré par les cheveux voire parfois carrément brouillon.

Couverture Contest of Champion

Bref, j’étais à deux doigts de refermer l’ouvrage sans l’avoir terminé quand une sorte de miracle a eu lieu : j’ai trouvé l’histoire un peu plus captivante parce qu’elle m’a semblée plus rythmée, plus intéressante et beaucoup plus structurée aussi. Mais pour ça il aura quand même fallu attendre d’avoir dépassé le premier tiers de la BD. C’est dommage. Et je ne peux même pas dire que j’ai pris mon mal en patience avec les dessins ! Sympa mais sans plus, à l’exception des planches où le dessin prend la page entière ou encore mieux : la double page. Là d’accord, le dessin et l’image sont sublimes et valent largement un (long) coup d’œil pour le reste, disons que c’est dans la moyenne.

En conclusion pour cet ouvrage, je me demande si finalement, il ne vaut mieux pas jouer à Contest of Champions sur mobile ou tablette…

DC Comics : Dark Prince Charming, Enrico Marini

Direction les concurrents et nous ne sommes pas loin d’un chef-d’œuvre pour celle-ci. Si je vous dis qu’absolument tout m’a plu en dépit du fait que je suis loin d’être une fan de l’univers de Batman, c’est vraiment que cette histoire en deux tomes en vaut la peine. De l’avant-propos/remerciements où l’auteur explique de façon très originale comment il a eu l’idée de cette histoire qui met en scène le héros chauve-souris le plus célèbre du monde, son majordome, son antithèse accompagné de sa copine, Catwoman bien sûr sans oublier une petite fille au centre d’un épineux problème pour le super-héros…

Couverture Dark Prince Charming

Nous sommes tout de suite plongés dans l’ambiance d’ailleurs. C’est sombre et inquiétant mais malgré tout on se sent en confiance et on se laisse guider par Enrico Marini au fil de son récit. Le tout est léché, on est presque dans le perfectionnisme tellement rien n’est laissé au hasard ; le ton bleuté de certaines planches signale Batman (après tout, il n’est pas connu pour être expressif) alors que les tons plus chaud, dans les rouges, montrent un magnifique Joker complètement siphonné, malade et tordu faisant preuve d’un humour lui aussi complètement décalé qui m’a fait éclaté de rire lors d’un passage parce que c’était inattendu mais totalement raccord avec Monsieur J. Et promis, je ne vais pas m’étaler d’avantage – vous allez finir par trouver cela bizarre… Mais Enrico Marini a quand même signé une merveille.

Pour faire une courte conclusion : Dark Prince Charming est un must-read et un must-have !

DC Comics : Wonder Woman Rebirth T1 – Greg Rucka, Nicola Scott

Toujours chez DC, un peu de girl power à présent avec le premier tome de Wonder Woman Rebirth qui revisite la mythologie et les origines de la super-héroïne aux origines divine. C’est à partir de ce comics que Patty Jenkins a réalisé son film sauf que là, c’est mieux : il y a un peu moins de mélodrame, même s’il y a des morts ou des moments de déchirements avec une intensité que je ne soupçonnais pas avant d’entamer ma lecture mais j’ai retenu mes larmes (je pleure suffisamment comme ça au cinéma, il ne manquerait plus que je chiale devant une BD maintenant…). Les illustrations sont bien sympathiques bien qu’il y ait un léger décalage entre l’illustration présente sur la couverture et le physique de Diana à l’intérieur, comme si elle était plus masculine. Elle a parfois un drôle d’air Wonder Woman mais peut-être est-ce fait exprès ?…

Couverture Wonder Woman Rebirth T1

Il n’y a pas de surprises au niveau du scénario si vous avez vu le film mais cela dit, il y a beaucoup de moments forts en émotions et on perçoit la sensibilité féminine de Nicola Scott (c’est une femme) sur certains passages et c’est un vrai plus puisque la BD fait la part belle au girl power.

Littérature

[Contemporain] Mon midi, mon minuit

Quand je vous disais que la prochaine lecture (et donc un nouvel article) n’allait pas tarder, c’est que je ne plaisantais absolument pas ! Cela dit… je crois que j’ai fait fort là quand même !… Mais ce n’est pas entièrement ma faute – Anna McPartlin n’avait qu’à écrire un roman moins captivant et nous n’en serions pas là !

Mon midi, mon minuit : Anna McPartlin transforme l’essai !

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Un titre un peu énigmatique et peut-être un peu plat avec une résonnance quelque peu nostalgique, le tout sur une couverture pétillante faite d’oiseaux et de branches d’arbres en fleur avec une quatrième de couverture qui se résume en trois phrases que voici :

« A la suite d’un drame, le monde d’Emma, jusque-là rempli de promesses, s’effondre. La jeune femme plonge dans le désespoir. Ses amis font alors bloc autour d’elle pour tenter de lui redonner le goût de vivre… »

Anna McPartlin, Mon midi, mon minuit – Quatrième de couverture, aux éditions du Cherche Midi

A première vue, rien de bien transcendant ou d’exceptionnel et pourtant… je me suis laissée tenter parce que j’avais Les Derniers jours de Rabbit Hayes dans un coin de la tête et que je voulais avoir un point de comparaison pour cet auteur (oui, je sais le « e » manque mais je n’aime pas et autrice est encore pire à mon sens…) donc Anna McPartlin m’a embarquée pour un voyage de trois jours auprès d’Emma et ses amis, sa famille. Et quel voyage ! En réalité, j’aurais largement pu finir de le lire hier pour terminer ma lecture en deux jours mais j’ai préféré faire durer encore un peu le plaisir en m’étalant sur trois jours de lecture ! Pas vraiment envie de laisser partir Emma et les autres tant je me suis attachée à eux, à leurs histoires à chacun.

C’est vraiment écrit de façon remarquable et avec une justesse parfois désarmante sans tomber dans le pathos auquel le lecteur est en droit de s’attendre avec un pitch pareil. Les personnages sont très dignes tout au long du roman, avec des pointes d’humour qui tombent au bon moment (même dans la mélancolie) et c’est parfois caustique, on se dit souvent que l’on aurait pas osé dire ça, mais ce n’est jamais malveillant. Il y a beaucoup de bienveillance et de tendresse dans ce livre. En réalité, je vais finir par croire qu’il y a l’âme irlandaise en littérature comme il y a l’âme russe : ce petit quelque chose qu’on arrive pas à bien déterminer, qui est indéfinissable mais qui fait qu’on dit qu’on est en train de lire un roman russe ou irlandais ici en l’occurrence. Peut-être qu’en fait, Anna McPartlin a emprisonné le Craic dans ses pages et le restitue aux lecteurs au fil des pages…

Mais il doit y avoir autre chose. Au détour d’un personnage j’ai croisé Corrigan, personnage de Colum McCann dans Et que le vaste monde poursuive sa course folle, et cela m’a émue de retrouver une évocation d’un personnage que j’avais beaucoup aimé et qui m’avait énormément touchée. Il faut croire que la religion n’est jamais bien loin dans un roman irlandais, de même que les interrogations autour de la foi… Si vous avez l’occasion de (re)lire ces deux romans l’un à la suite de l’autre, je vous le conseille vivement. Je suis certaines que vous découvrirez des passerelles entre les deux ouvrages.

En conclusion, Mon midi, mon minuit ne paie pas de mine et on pourrait facilement passer à côté mais il mérite qu’on lui consacre du temps, même si cela veut dire le dévorer en un temps record. Vous y trouverez le désespoir, la peur, la colère et la déception les doutes, l’amour, l’humour, les larmes et les rires, l’espoir ; tout ce qui fait l’amitié. Ce livre c’est la bande de Friends qui se retrouve en Irlande avec un petit quelque chose en plus. Laissez-vous embarquer, vous ne serez pas déçus !

Littérature

[Contemporain] Elizas

Bonsoir tout le monde !

Je viens de terminer un thriller que j’ai beaucoup aimé. Il s’agit du petit dernier de Sara Shepard, Elizas. Si vous ne connaissez pas Sara Shepard mais que son nom vous dit quand même quelque chose si vous regardez des séries, c’est que c’est elle qui avait écrit la série littéraire Les menteuses. La série télé qui en découle est d’ailleurs assez connue puisqu’il s’agit de Pretty Little Liars qui a connu un certain succès. Bien entendu je ne m’étendrais pas sur la série puisque cet article n’en est pas le sujet sauf pour vous dire que je n’ai pas lu la série littéraire ; en revanche j’avais commencé la série avant de décrocher par lassitude. Je vous parle de cela parce qu’en fait, j’avais quelques à priori sur ce livre sans même l’avoir commencé ce qui est un peu stupide, j’en conviens… mais la série m’avait laissée un souvenir plutôt mauvais bien que l’idée de départ soit très bonne disons-le. J’avais peur que ce livre, ce soit plus ou moins la même chose avec un univers et des personnages un peu différents.

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Heureusement, j’avais tord. Cependant, le lecteur est tout de suite plongé dans le bain (sans mauvais jeux de mots) puisqu’on retrouve l’héroïne de ce roman à son réveil comateux dans un hôpital. Ses proches la soupçonne d’avoir fait une nouvelle tentative de suicide en s’offrant un plongeon dans la piscine d’un hôtel luxueux à Hollywood alors qu’elle ne sait pas nager et qu’elle a déjà plusieurs tentatives de suicide à son actif, toutes impliquant des étendues d’eau. Pour une raison qu’elle ne s’explique pas, Eliza Fontaine, a pourtant l’intuition que cette fois, c’est différent : elle se souvient d’une voix et d’un rire avant son plongeon et pour elle c’est sûr quelqu’un a essayé de la tuer alors que la jeune femme s’apprête à sortir son tout premier roman Les Dés. On suit donc Eliza dans ses investigations faites de souvenirs flous, d’intuitions et de fausses pistes pour rétablir la vérité à son sujet et c’est passionnant.

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Alors bien sûr ce qui m’a frappé en premier lieu, c’est que ce livre est écrit comme une série ; ce livre est fait pour être une série et je ne serai pas étonnée si c’est un jour le cas dans un futur proche – les chapitres alternent entre la vie d’Eliza Fontaine et l’intrigue du roman de cette dernière et cela crée un rythme plutôt soutenu et effréné. Cela est également accentué par le fait que les chapitres sont plutôt courts et se terminent très souvent sur des notes de suspense, comme dans bon nombre de séries. L’autre chose qui m’a fait pensé à une série, c’est que Sara Shepard s’amuse avec son lecteur. Nous sommes emmenés de fausses pistes en fausses pistes ; elle fait planer le doute sur l’intrigue jusque dans les dernières pages et c’est vraiment très, très réussi.

Et puis bien évidemment, je ne peux pas terminer mon article sans évoquer les personnages du livres. Le lecteur a 428 pages pour s’attacher à Eliza dans sa recherche et sa lutte pour rétablir la vérité et par la même occasion sa mémoire défaillante ; Eliza est fragile mais volontaire et déterminée, ce qui en fait un personnage puissant, intéressant et diablement complexe. Personnellement j’adore ça. Il ne faut pas oublier non plus les personnages secondaires hauts en couleurs qui participent à cette atmosphère parfois inquiétante, parfois joyeuse et légère de ce passionnant roman.

En conclusion, oubliez la série Pretty Little Liars si vous avez été lassés et plongez-vous dans le nouveau roman de Sara Shepard, et si vous avez aimé la série, vous retrouverez des éléments qui en ont fait son succès avec des thèmes communs aux deux œuvres mais je ne vous en dirais pas plus…

Je vous souhaite de belles lectures et un bel été en attendant ma prochaine lecture qui ne devrait pas tarder !