Bande-Dessinée/Comics

[BD] Black Magick

On se retrouve pour un petit article que j’aurais pu publier à Halloween prochain mais je me suis dit que ç’aurait été dommage de passer à côté d’une si bonne série pendant un laps de temps aussi long. Donc sans plus attendre : Black Magick pour prolonger un peu l’esprit d’Halloween… et vous parler un peu du Wicca.

La Wicca, ou Wiccanisme, Kézako ?

NB : Les informations ci-dessous sont des interprétations de ce que je pense avoir compris sur le sujet, à partir de la page Wikipédia consacrée. Il se peut donc qu’il y est des approximations ou des erreurs de ma part et je m’en excuse surtout si vous pratiquez vous-même.

La Wicca est un courant religieux basé sur l’Ancienne Religion Païenne. C’est un courant lié de près à la Nature et aux animaux qui vise à une harmonie parfaite entre toutes les espèces, qu’elles soient végétales, animales ou minérales et la notion de respect y est primordiale. Plus généralement, on parle de sorcellerie mais pas celle présente dans Harry Potter ; une sorcellerie faite de rites et d’incantations, comme présentée dans The Chilling Adventures of Sabrina (j’ai oublié le titre français de la série…). Ces membres, les wiccanes et les wiccans sont donc respectivement sorcières et sorciers plus ou moins puissants selon leurs années de pratique, se réunissent parfois en covent. Chose importante, la Wicca sert uniquement le Bien dans une optique de protection et de défense.

Etymologiquement le terme wiccacraeft (sorcellerie en vieil anglais) a donné witchcraft en anglais. En vieil anglais Wicca désignait le sorcier alors que sorcière était désigné par Wicce, qui a finit par donné le terme actuel Witch mais j’arrête avec mes histoires d’étymologie anglophone et je me recentre sur le sujet principal : la BD.

Black Magick – série en cours (2 Tomes parus)

Greg Rucka (scénario) et Nicola Scott (Dessin) signent un petit bijou avec une atmosphère captivante et pour cause : le personnage principal est une femme, policière badass de surcroit, les dessins sont magnifiques et les couleurs ou plutôt, l’utilisation de la couleur est très bien pensée, ce qui rend la BD encore plus originale qu’elle ne l’est déjà ! Sans oublier une histoire haletante, bien entendu…

Dans le détail ça donne ceci : nous suivons l’histoire de Rowan Black, flic à Portsmouth et descendante d’une puissante lignée de Wiccanes, les Black. Une nuit, son équilibre pourtant bien caché et bien protégé vacille alors qu’elle est obligée d’interrompre une séance avec les membres de son covent parce qu’une urgence professionnelle l’attend à l’autre bout de la ville… Wiccane ou flic il faut choisir ! Cependant, Rowan Black s’aperçoit bien vite que cette nouvelle enquête pourrait bien être la dernière : il semblerait que quelqu’un connaisse la double identité de Rowan… La question est de savoir qui, avant qu’il ne soit trop tard !…

 

 

En plus de tous les points positifs listés plus hauts, chaque tome se finit sur une note de suspense incroyable, un bon cliffhanger en somme. En fait, c’est presque comme une série (avant l’ère Netflix) et le fameux TO BE CONTINUED… ; je comprends les lecteurs de cette série maintenant. Il faut savoir qu’il y a eu 10 mois entre le premier et le deuxième tome – je sens que l’attente pour le troisième tome va être longue…

En attendant, jetez-vous sur les deux tomes déjà parus : Réveil et Passé recomposé. Vous ne le regretterez pas !

Littérature

Spécial Halloween #2

Bienvenue pour cet article un peu particulier… Lisez librement et de votre plein gré. Lisez librement et sans crainte. Et laissez quelque chose de ce bonheur que vous apportez… car aujourd’hui, il se peut que cet article ait les canines un peu longues…

 

Dracula

Evidemment. Parce que faire un article centré sur les vampires en littérature, sans parler de Dracula, c’est un peu faire un article pour rien (de mon point de vue en tout cas) ! Bram Stoker a vraiment révolutionné le genre gothique avec son roman, à tel point que Dracula (le personnage) est entré dans la pop culture et a eu droit à tant et plus d’adaptations cinématographiques mais également à sa suite littéraire, à un ou plusieurs jeux vidéo, une comédie musicale et j’oublie sûrement des supports mais Dracula, il est possible d’en trouver à toutes les sauces !

Pour les besoins de l’article, je me suis penchée sur quatre ouvrages dont deux concernent le vampire le plus célèbre du monde. Et s’il vous plait, oubliez Cullen et consorts, ces mauviettes ! Merci. Parce qu’ici, on parle de vrais vampires, des êtres vils, fourbes manipulateurs et très puissants ! Pour en revenir à l’œuvre de Bram Stoker, je ne présente plus son roman pour des raisons plus qu’évidentes…

Je vais néanmoins vous livrer quelques unes de mes impressions de lecture. La première concerne le roman lui-même ; quasiment 500 pages, avec un rythme assez soutenu (surtout au début et à la toute fin) malgré son caractère épistolaire. D’ailleurs, j’avais essayé de le lire bien avant de tenir ce blog et j’avais abandonné justement parce que le roman consistait en un échange de lettre entre les différents protagonistes ainsi que d’extraits de journaux intimes plus ou moins long, et je me souviens qu’à l’époque le peu que j’avais tenté de lire m’avait ennuyé. A tel point que j’ai revendu mon édition de l’époque, grosse erreur, pour en racheter une autre cette année… On fait tous des erreurs je suppose.

De plus, l’effet de surprise est quasiment inexistant. La rançon de la gloire et du succès !

Pour ce qui est des personnages, j’ai eu un gros coup de cœur pour Lucy Westenra (que je lis une fois sur deux Westerna mais bref…) parce que je trouve qu’elle reflète bien la société de l’époque sans pour autant mettre de côté son tempérament un peu rêveur et fougueux et puis pour moi, c’est le seul personnage à connaitre une réelle évolution mais c’est probablement dû à sa transformation en vampire. En comparaison, Mina m’ennuie beaucoup plus bien qu’elle soit elle aussi atteinte de vampirisme à un moment donné. L’autre personnage auquel je me suis grandement attachée, c’est le professeur Abraham Van Helsing (qui lui aussi a eu droit à un film et à, au moins, un jeu vidéo). Je le trouve très fouillé et je pense – je m’avance peut-être – que la science et les avancées et les techniques devaient passionner l’autre Abraham, celui à qui l’on doit Dracula. Cela se ressent de mon point de vue.

Dracula en cases et en bulles.

Rien à voir avec le best-seller du dessus puisque les deux auteurs s’intéresse ici, au véritable Dracula, Vlad Tepes. L’occasion de s’apercevoir qu’on ne connait rien du personnage historique, bien loin du personnage créer par Stoker. Cette BD revient sur l’existence de Vlad Tepes dit « Vlad l’empaleur » dit « Dracula ». Contre toute attente, on rit beaucoup à la lecture parce que le ton est décalé malgré un fond historique bien présent. C’est plein d’anachronismes très bien situés. Je vous la recommande vivement.

Erzsebeth (Elizabeth) Báthory : le sang des innocentes

Ce livre peut donner l’impression d’avoir été écrit pour ne rien dire : les 100 premières pages dissèquent les rapports entre le sexe, les différents rites religieux ou non et la place des femmes dans une société depuis toujours patriarcale. Attention : je n’ai pas dit que ce n’était intéressant ; c’est même plutôt le contraire ! Essai passionnant seulement, on a parfois du mal à mettre en rapport ces faits plus ou moins morbides à l’histoire de la Comtesse Báthory, que le livre vise pourtant à réhabiliter. Au fil de la lecture, j’ai clairement eu l’impression que Jacques Sigent s’est servi de ce personnage historique comme d’un prétexte pour parler de la condition féminine à travers les époques.

Pour rappel : Erzsebeth Báthory est considérée par certains historien comme étant la première serial killeuse de l’histoire et elle est surnommée (entre autre) la Louve de Hongrie ou Lady Dracula ; selon la légende, on lui prête l’assassinat de jeunes filles vierges avec le sang desquelles, la Comtesse prendrait des bains dans l’espoir de demeurer éternellement jeune elle-même. Elle a été condamnée à être emmurée vivante chez elle et la pop culture s’en est ensuite emparée pour en faire véritablement une Lady Dracula en puissance par le biais encore une fois de la littérature et du cinéma (films qui apparemment, ont plutôt fait des bides.)

Comme je le disais, ce livre a pour objectif de déconstruire le mythe autour de la comtesse et quant à savoir s’il y parvient, je suis d’avis que non parce que l’auteur s’éparpille vraiment beaucoup et c’est dommage. Cela dit, à sa décharge : on ne connait pas grand-chose de Erzsebeth Báthory, comme on ne connait pas grand-chose non plus de la vie réelle du vrai Vlad l’Empaleur, il est donc assez difficile de ne pas digresser sur autre chose. Et puis soyons honnête deux minutes : le nom et la légende autour de la Comtesse fait vendre alors il serait quand même dommage de s’en priver. Ce n’est pas un reproche, juste un constat que le livre que j’ai acheté ne parle pas vraiment de ce personnage historique comme je l’imaginais. Néanmoins, cela reste un essai passionnant sur la condition féminine et des causes potentielles de l’emmurement de la Comtesse.

Carmilla

Une novella que je ne connaissais que de nom. Je me dis que j’ai bien fait de combler cette lacune pour les besoins de l’article ; des trois livres lus, il est celui que j’ai préféré et de loin. L’atmosphère est en grande partie responsable : j’ai retrouvé un peu d’Edgar Allan Poe et puis les personnages sont complexes en étant relativement simples. De plus, même s’il est également question de vampire ici aussi, Carmilla prend le contre-pied de Dracula tout en étant aussi dangereuse que lui, voire plus. Toute l’intrigue autour du vampirisme est suggérée de manière brillante et étant donné qu’il s’agissait pour moi d’une découverte et donc, d’une première lecture, l’effet de surprise était bien là, même si le lecteur sait (à cause de la notoriété relative de Carmilla) que c’est un vampire. Le tout est amené subtilement et le style d’écriture est plaisant à lire, quoiqu’un peu redondant mais que voulez-vous, le style victorien était comme cela. De cette façon, le lecteur perçoit la personnalité des deux femmes, en particulier celle de Laura, la narratrice, très naïve et pure dans ses sentiments et ses pensées.

Pour rappel : C’est une des premières histoires qui montre l’homosexualité féminine sans la nommée explicitement, ainsi qu’une des premières histoires de vampires : cette novella est parue entre 1871 et 1872 soit environ 25 ans avant le succès triomphant du Comte de Bram Stoker.

Carmilla a eu également droit à quelques adaptations sur d’autres médias dont le film de Roger Vadim, Et mourir de plaisir ; on notera également l’adaptation d’un film éponyme canadien l’année dernière, qui avant d’être un film fut une web-série très moyenne selon moi.

C’est tout pour cette année ! Et prenez garde à l’indigestion de bonbons… !

Cinéma, Littérature

[Contemporain][Découverte] Before I Fall (Le dernier jour de ma vie)

J’avais déjà fait un article similaire pour 13 raisons et j’ai décidé de renouveler l’expérience avec Before I Fall de Lauren Oliver, traduit en français par Le Dernier jour de ma vie. Le livre a été transposé en film et est disponible sur la plateforme Netflix ; l’occasion pour moi de revenir sur les deux en faisant une petite comparaison.

Before I Fall

J’ai acheté le livre un peu par hasard il y a trois semaines parce que je savais que l’adaptation cinéma était disponible sur Netflix et j’avais justement très envie de le regarder. D’ailleurs, je n’attendais sincèrement rien de ce livre, si ce n’est de la littérature un peu plate, remplie de bons sentiments dans un style un peu simpliste et superficiel – ce que vous vend la quatrième de couverture ; j’hésite à vous la mettre d’ailleurs parce qu’elle ne rend absolument pas justice au roman.

Ce livre est véritablement une très bonne surprise pour moi et je suis ravie d’être tombée dessus dans l’optique de le comparer à son adaptation. C’est l’histoire de Sam, jeune fille de 18 ans à qui tout réussi (amours, amitiés et plus largement relations sociales…), elle est d’ailleurs très populaire dans son lycée mais, parce que vous vous en doutez bien : il y a un Mais. Samantha perd la vie dans un terrible accident de voiture et à partir de là, elle est condamnée à revivre sans cesse la même et unique journée : celle de sa mort.

Sans vous en révéler trop, l’intrigue se déroule sur sept jours, ce qui est loin d’être anodin puisqu’en psychologie, le deuil se « concrétise » en sept étapes :

  1. Choc, déni
  2. Douleur et culpabilité
  3. Colère
  4. Marchandage
  5. Dépression et douleur
  6. Reconstruction
  7. Acceptation

Evidemment, chaque chapitre ne correspond pas forcément à une phase donnée mais certains chapitres sont construits de sorte que ce cheminement apparaisse doucement au fil de la lecture et c’est très bien fait, bien pensé de la part de l’auteur. Cela donne une réelle profondeur au texte et aux différentes actions qui se déroulent dans cette journée qui se répète à l’infini.

Autre point fort du roman et de l’histoire : la multiplicité des personnages tout en étant un nombre restreint. Je vous explique : les trois quart du roman se déroule dans un lycée donc il y a cette impression constante de foule retranscrite par l’intermédiaire de noms d’élèves ou de professeurs que vous ne lirez qu’une fois ou deux selon le déroulé de la journée et dans le même temps, le nombre de personnages est restreint parce qu’on suit Sam et sa petite bande d’amis et d’ennemis et c’est tout. Comme dans la réalité en fait : vous ne connaissez jamais tout le monde dans un collège ou dans un lycée ; Sam est le fil rouge de cette histoire et le reste jusqu’à la fin. Et pour le coup, ce livre à vraiment une atmosphère « lycéenne » et c’est très agréable à lire.

Enfin, une toute petite remarque sur le fond parce que c’est important : c’est un livre qui a plusieurs niveaux de lecture et j’adore ça parce qu’au final on lit toujours plus ou moins d’une certaine façon en accordant plus d’attention à certains qu’à d’autres. Peut-être que les questions philosophique que soulève le roman ne vous intéresseront pas, peut-être que vous y reviendrez plus tard, peut-être le trouverez vous trop axé sur ces questions de psycho et de philo malgré un style d’écriture fluide… En tout cas, je l’ai lu d’une certaine façon et si vous l’avez lu, je serai ravie d’échanger avec vous sur cette expérience de lecture !

Couverture Before I Fall

Le Dernier jour de ma vie

Je n’ai pas été déçue du film jusqu’à ce que je finisse le livre… pour pleins de raisons. Cependant commençons par les points positifs :

  • L’adaptation est relativement fidèle puisqu’il s’agit d’un film avec un début, un milieu et une fin et non pas d’une série avec plusieurs Saisons (oui, c’est bien de toi que je parle 13 reasons why…)
  • Les choix qui ont été fait pour que le tout tienne dans 1h30 et quelques sont cohérents : extraits du roman incorporés dans le film, l’atmosphère globale de l’histoire et les personnages sans oublier les transitions entre les différentes journées même si…

Et oui, on arrive tout naturellement aux points faibles du film qui découlent en réalité des choix scénaristiques fait pour l’adaptation :

  • L’atmosphère : je sais, c’est paradoxal. Je viens de vous dire que c’était plutôt un des point fort a priori mais comme le diable se cache dans les détails… Ce que je reproche au film finalement c’est d’avoir créer une atmosphère cohérente certes, mais un peu à l’opposé du livre en fait. Le film est beaucoup plus sombre que ne l’est le livre en réalité et c’est un peu… décevant en fin de compte.
  • Les personnages : globalement, je l’ai dit : ils sont plutôt réussis et plutôt fidèles. Cependant, certains personnages secondaires ont disparus ou changent carrément de personnalité dans l’optique de coller à la nouvelle atmosphère voulue pour le film. Là aussi, un peu dommage mais dans un film comme dans la vie : on ne peut pas tout faire donc il faut bien faire un ou plusieurs choix à un moment donné.

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Alors : plutôt livre ou plutôt film ?

Je suis certaine que vous savez vers quoi je penche pour cette comparaison-ci ! Le livre, évidemment. Même si le film vaut le coup d’œil malgré tout.

Littérature

[Contemporain] My Absolute Darling

Mon amour absolu. Ta déviance absolue. Son « Tallent » en devenir.

J’ai terminé My absolute darling hier après deux semaines intenses de lecture. Pour tout vous dire je suis soulagée d’en être venue à bout parce que ça n’a pas été chose aisée mais je ne regrette absolument pas ma lecture. Cela m’amène à redire ce que j’ai dit sur de précédents articles mais les éditions Gallmeister regorgent visiblement d’un nombre incalculable de pépites ; My Absolute Darling en fait partie bien que j’ai un peu de mal à considérer cette histoire comme un chef-d’œuvre. Voici pourquoi.

Un premier roman poignant

Est habituellement considéré comme un chef-œuvre quelque chose de visuellement beau, pour peu qu’une majorité de gens s’accorde sur les critères de cette beauté. Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’histoire de Julia « Turtle » Alveston n’est pas belle du tout, elle est même plutôt horriblement répugnante – du genre à vous donner envie de vomir – et pourtant la magie des mots opère et il est alors facile de comprendre pourquoi un premier roman a reçu autant de distinctions en si peu de temps : la langue est belle, travaillée au mot près et au service d’une nature aussi sublime et impétueuse que le quotidien de l’adolescente est sombre et désespéré.

J’ai aimé aussi le parti pris de la traduction française, c’est assez rare pour être souligné. Le récit est écrit au présent, ce qui donne un sentiment d’urgence et accentue parfois cette lutte pour survivre dans un milieu très hostile, et je ne parle malheureusement pas de la nature magnifique présente d’un bout à l’autre du roman… Le choix de cette narration précise immerge véritablement le lecteur dans la vie de Turtle et cela permet de sentir un danger plus ou moins latent au fil des chapitres, ce qui en fait un roman extrême et extrêmement poignant et bouleversant.

Couverture My Absolute Darling

Lecture déstabilisante pour public averti

Ce livre et cette histoire sont poignants à cause du sujet abordé. Au moment où débute l’histoire, Turtle Alveston est une toute jeune adolescente de quatorze ans qui vit sous la coupe d’un père charismatique mais abusif au possible, bref une enflure finie quoi, un personnage que vous ne pourrez pas aimer quoi qu’il dise ou fasse. Gabriel Tallent fait tout pour rendre Martin Alveston détestable dès les premières pages. Pari gagné ! A chaque fois qu’il apparait ou qu’il est simplement mentionné les pages deviennent presque dangereuses tant la présence de la menace qu’il représente est palpable. Et puis comme un miroir parfaitement inversé de Martin, il y a Jacob Learner un adolescent de quelques années l’ainé de Turtle et qui représente cet inconnu lumineux si proche et pourtant lointain pour Turtle, un espoir fou de tout ce que Turtle ne possède pas malgré ce que son père tente de lui faire croire.

Pour autant malgré les pages crues et les passages difficiles à lire, je ne me suis jamais posée la question de l’abandon – c’était peut-être mon côté optimiste de la vie mais ce n’était simplement pas une option. Peut-être aussi parce que j’ai réussi à mettre la distance nécessaire entre moi et Turtle grâce à une petite discussion que j’ai eue avec ma mère concernant une gêne que j’éprouvais à l’égard du personnage de l’adolescente. Suite à cela, j’ai pu me rendre compte à quel point Turtle était décrite et dépeinte de manière juste. C’est un personnage tout en introspection qui peut potentiellement déstabiliser le lecteur puisqu’elle fait tout pour se rendre antipathique. Cependant il ne faut pas oublier qu’elle grandit dans un milieu tout sauf bienveillant, ce qui explique son comportement pour le moins déroutant… Turtle s’est forgée une carapace, une armure solide pour se protéger et en sortir pour accorder sa confiance lui demande énormément d’efforts et cette ambivalence la rend terriblement humaine et attachante.

En conclusion, My absolute darling est un livre dont je me souviendrai longtemps parce qu’il fait partie de ces ouvrages dont la lecture vous change, que vous ayez aimé ou non. Personnellement, je suis passée par tout les sentiments les plus forts qui existent, que ce soit la haine, l’amour, la tendresse, la compassion… Ceci est le résultat de huit années de travail pour Gabriel Tallent et on ne peut lui souhaiter que le même succès pour les autres histoires à venir ! A lire absolument.

Bande-Dessinée/Comics

[BD] La mort vivante

Scénario : Olivier VATINE

Dessin : Alberto VARANDA

Couleurs : Oliver VATINE & Isabelle RABADOT

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L’avantage avec les bandes dessinées, c’est que l’on découvre des mondes insoupçonnés que l’on ignoreraient totalement s’ils nous étaient présentés sous une autre forme. C’est le cas de cette œuvre en un seul tome, signée Olivier Vatine pour le scénario et la colorisation sur un dessin sublime d’Alberto Varanda. Cette bande dessinée est en fait une adaptation du roman de science-fiction éponyme de l’écrivain français Stefan Wul.

Habituellement je n’aime pas trop le genre SF, tout du moins sous forme littéraire ; j’ai beaucoup de mal à m’imprégner de l’histoire et rentrer dedans sauf quelques très rares exceptions. J’ai plus de facilité lorsque je suis confrontée au genre sous sa forme cinématographique ou BD. Je pense que la SF est un genre d’avantage fait pour être vu que lu et pour en revenir à La Mort vivante, c’est un peu comme si j’avais été au ciné. De plus, cette BD m’aura permis de rencontrer Stefan Wul, aujourd’hui décédé et jusque-là illustre inconnu. La couverture m’a interpellée parce que je l’ai trouvée magnifique, très soignée et également très glauque. Le titre aussi a eu son petit effet et a parfaitement rempli son rôle : évocateur tout en étant un brin mystérieux…

Couverture La Mort Vivante

La Mort vivante se déroule dans un monde post-apocalyptique et franchement dystopique dans lequel les Humains ont abandonnés la Terre, rendue inhabitable du fait d’un accident ou d’une guerre qui a entrainé une radioactivité trop importante et trop intense ; les survivants sont allés s’établir sur Mars (coucou Elon Musk). Autre point primordial de l’intrigue : la science du 21ème siècle est perçue de la même façon que la sorcellerie au Moyen-Age. Cela donne une idée assez précise de l’atmosphère de la BD en même temps que cela rentre en résonnance avec notre époque et j’ai trouvé cet élément fascinant parce que Stefan Wul a fait publié son roman en 1956, si je ne me trompe pas. Bref, là-dessus est greffé un personnage du nom de Joachim Bostrom, jugé devant une sorte de Grande Inquisition pour avoir consulté des ouvrages de science interdits par cette même instance parce que les dits ouvrages proviennent de l’ancienne planète, la Terre. De plus, Joachim semble avoir mené des expérimentations un peu clandestines peu recommandables mais le juge se montre clément et une fois jugé, notre ami scientifique adepte des bonnes vieilles méthodes se retrouve contraint et forcé de mettre son savoir au service d’une mystérieuse femme, accablée par le chagrin et la perte de sa fille, Lise, dans des circonstances tragiques des années plus tôt. Le professeur Bostrom est chargé de ressusciter la petite Lise mais jouer avec la Mort n’est pas sans conséquence, même dans un futur post-apocalyptique…

Vous l’aurez compris, La Mort vivante est une réécriture du célèbre Frankenstein de Mary Shelley. C’est d’ailleurs le principal atout de cette bande dessinée, avec les dessins : le lecteur est plongé dans une atmosphère gothique mêlée de romantisme, le tout sublimé par le traitement des couleurs. Les dessins comme dit plus haut, sont très agréables à regarder. Le récit se lit malheureusement trop vite et c’est le reproche que l’on peut faire à l’ouvrage. A mon sens, certains passages auraient mérités d’être traités plus en détails. On a parfois le sentiment d’un travail bâclé, fini « à la va-vite », en tant que lecteur nous restons un peu sur notre faim de lecture et c’est vraiment dommage. Cela dit, la bande dessinée étant une adaptation, il est fort possible que le scénariste ait dû faire des choix ou alors le roman était construit de cette façon et la trame a été scrupuleusement respectée, je ne saurais pas le dire. Je n’ai pas lu le roman. Je suppose que c’est toute la beauté des fins ouvertes !

En conclusion, sans être un coup de cœur c’est une œuvre qui mérite un coup d’œil et qui vous plaira à coup sûr si vous aimez les ambiances bien définies avec un penchant prononcé pour le courant gothique. De quoi vous donner envie de relire certains classiques de la littérature anglaise. Une bonne idée à l’approche du mois d’Octobre…

Littérature

[Contemporain] Du côté du bonheur

Retrouvez les autres critiques des livres d’Anna McPartlin ici et .

Que vous dire sue ce troisième roman ? Eh bien… J’aurais beaucoup aimé aimer ce livre, ne serait-ce que pour les personnages et les thèmes abordés. Seulement, voilà : la mayonnaise n’a pas pris bien que je vienne de terminer ma lecture. Ce fut laborieux et je vous explique pourquoi.

Du côté du Bonheur ou du côté de l’ennui ?

Oui, j’ai décidé ne pas y aller par quatre chemin : je me suis ennuyée et pourtant tous les éléments étaient réunis pour faire de ce livre une très bonne lecture avec une très bonne critique mais je me suis ennuyée ferme. A tel point que j’ai fait quelque chose que je ne fais jamais : j’ai sauté un chapitre entier ! Normalement, lorsque vous en arrivez à ce stade au temps abandonner votre lecture et passer à autre chose. Ce que j’aurais dû faire mais j’avais une idée derrière la tête : je voulais voir si sauter un chapitre entier m’empêchait de comprendre le reste de l’histoire. Résultat : le reste est parfaitement compréhensible.

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Et c’est précisément ce qui me pousse à dire que ce roman est trop long pour l’histoire qu’il comporte. Quel gâchis ! Ce sentiment détestable de perdre son temps… C’est d’autant plus dommage et regrettable que ma lecture s’annonçait bien avec un thème nouveau pour l’auteur : celui de la disparition d’un enfant et comment les proches font face à cela, les mécanisme d’autodéfense qui se mettent en place etc, etc… avec des personnages toujours attachants et toujours haut en couleurs. Rédigé sur un mode identique à celui utilisé dans son premier roman, le rythme est rapide et ne parvient pourtant pas à vous enlever de l’esprit que le livre est ennuyeux au possible.

« Entre ses deux boulots, ses enfants et sa mère qui perd la tête, la vie n’est pas toujours facile pour Maisie. Mais depuis qu’elle s’est décidée à quitter son mari violent, cette irlandaise au caractère bien trempé retrouve peu à peu le chemin du bonheur. Jusqu’au jour où son fils Jeremy disparait mystérieusement avec son meilleur ami.

Que s’est-il passé le soir du 1er janvier ?

Avec l’aide de Fred, son chevalier servant, et de Lynn sa fidèle amie, Maisie tente de reconstituer le fil des évènements. Dans ce quartier populaire des environs de Dublin, chacun affronte les coups du sort avec humour et ténacité. Mais le terrible secret qu’elle va découvrir bouleversera à jamais le cours de sa vie« 

Du côté du Bonheur, Anna McPartlin, Quatrième de couverture ; éd. Cherche midi, 2018

J’ignore si c’est parce que je lis d’avantage depuis la création du blog ou si c’est simplement un livre moins bon que les autres mais en tout cas, j’ai trouvé que l’intrigue et le motif de la disparition sont attendus ; j’avais compris dès le début pourquoi Jeremy a disparu et c’est un peu… décevant. En fait, elle en fait des caisses autour de ce « secret » qui n’en est pas franchement un… cependant, cela reste un sujet intéressant à aborder et à questionner. Dommage qu’elle se soit loupée ! Peut-être qu’Anna McPartlin devrait espacer ses parutions aussi : un roman par an c’est bien mais c’est sans doute au détriment de la qualité.

Bande-Dessinée/Comics, Littérature

Spécial Chats

Cela faisait assez longtemps que je voulais faire un article consacré aux chats dans la littérature parce que d’une part nous en possédons pas moins de 6 à la maison et que d’autre part le félin miniature semble inspirer bon nombre d’auteurs. De plus, le chat est l’animal de compagnie privilégié lorsqu’on écrit ou que l’on s’intéresse un minimum au monde culturel. Pour cet article, je vais donc vous parler de trois ouvrages : Demain les chats de Bernard Werber, Chat Noir de Nathalie Semenuik et enfin j’évoquerai brièvement la bande dessinée Simon’s Cat de Simon Tofield et je crois qu’on aura fait une première fois le tour du sujet, parce qu’il y aura toujours à dire sur ce sujet que sont les chats.

 

Demain les chats de Bernard Werber

Commençons donc par Demain les chats que j’ai lu fin août, plus précisément du 28 au 30 août. C’est un roman de 306 pages et si vous vous en référez à la vitesse à laquelle je l’ai lu, vous pouvez facilement en déduire que j’ai beaucoup aimé. Effectivement c’est un livre qui m’a passionné du début à la fin. Demain les chats m’a permis de découvrir son auteur que je connaissais juste de nom pour avoir écrit (notamment) tout un cycle sur les fourmis.

C’est un livre plus complexe qu’il n’y parait et d’ailleurs son titre ne semble pas achevé. On a presque envie de rajouter « domineront le monde/sauveront le monde » (rayez la mention inutile) et il y a un peu de ça mais pas que. On suit l’histoire de Bastet et de sa servante Nathalie, au travers justement des yeux de Bastet et c’est quelque chose d’inattendu et de très bien retranscrit tout en restant le plus naturel possible. Puis tout bascule le jour Bastet (qui possède déjà une conscience accrue de son être et du monde qui l’entoure) rencontre le chat de voisine Pythagore, un chat savant au sens propre du terme. En effet, ce chat a été doté par sa servante Sophie, d’un appareil qui ressemble à l’embout d’une clé USB et cela lui permet d’avoir un accès direct au monde humain, au savoir humain. Je vous l’accorde, dit comme ça, c’est carrément bizarre et carrément tiré par les cheveux (que Bernard Werber n’a plus) et on se dit qu’il a peut-être avaler des champignons à l’écriture de son livre sur les chats.

Passé ce stade de « non mais c’est vraiment n’importe quoi », on se recentre sur le récit et on découvre qu’il y a plus derrière, qu’un simple fantasme irréalisable. Sans vous révéler toute l’intrigue, il faut savoir que l’on assiste peu à peu à l’effondrement de la société humaine qui tombe peu à peu dans une spirale de destruction systématique de certains humains et de guerre civile. On comprend assez vite que Bastet et Pythagore sont les derniers représentants d’une sagesse et d’un savoir éduqué et philosophe bien qu’ils soient des chats, ce qui peut paraitre paradoxal. C’est vraiment l’intérêt du livre en fait, qui critique en biais la société actuelle et ses dérives progressives et c’est cela qui rend ce roman si passionnant à mon sens. Bien entendu, on retrouve au travers de Pythagore, l’histoire de l’évolution des chats et des hommes sur Terre et ce n’est pas non plus un hasard si l’héroïne du roman s’appelle Bastet mais je ne veux pas tout dévoiler… De toute façon, je n’y arriverai pas parce qu’il est question de chats, d’évolution et de domination des espèces par rapport à d’autres, de philo et de science, de religions et de terrorisme (entre autres choses). Mais c’était réellement passionnant et je vous le conseille fortement (que vous ayez un chat comme compagnon ou non) parce que c’est un livre qui ne vous laissera pas indifférent !

Couverture Demain les chats

Chat Noir de Nathalie Semenuik

Revenons à présent à quelque chose de plus terre à terre. Encore que… pas tout à fait puisque l’ouvrage s’attache à retracer l’histoire du chat et plus particulièrement le chat noir comme le titre l’indique. Vous y trouverez également de très belles photos de chats avec un focus sur les légendes et les mythes qui entourent le chat noir, qu’il soit symbole de chance ou au contraire, de malheurs à venir. Enfin, vous pourrez (re)découvrir la place qu’occupait les chats noirs dans les Arts (littérature, peinture et cinéma) ainsi que dans l’Histoire, qu’elle lui soit favorable ou non au gré des époques.

Couverture Chat noir

Simon’s  Cat

Et enfin, pour terminer cet article consacré aux chats de tout poil, j’aimerais beaucoup vous parler d’une bande dessinée que vous connaissez peut-être déjà : Simon’s Cat. A l’origine, des petites scénettes animées diffusée sur YouTube qui ont fait le succès de son auteur (et de son compagnon à quatre pattes), il existe depuis au moins une bande dessinée et un ou deux jeux vidéo pour mobile. C’est facile à lire puisqu’il n’y a rien à lire ! Il suffit juste de regarder la succession de petits dessins pour passer un moment agréable et sympathique. Il est vrai que certaines situation ne peuvent être comprises que par les possesseurs de félins miniatures mais cela reste quand même bien drôle.

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Et puis parce que je ne résiste pas, voici la bouille de l’un des miens : Nimbus.

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Littérature

[Contemporain] La belle n’a pas sommeil

A vrai dire, je ne sais pas trop par où commencer avec ce livre. Malgré de bons éléments, j’ai failli l’abandonner sur le bord de la route. Pour autant, je ne me suis pas fait violence pour le reprendre après deux jours de pause dans ma lecture et je crois que c’est assez emblématique de l’ambivalence de mes sentiments vis-à-vis de cet ouvrage. Pas tout à fait déçue mais pas satisfaite pour autant.

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Au moins, cette lecture aura eu pour effet une chose que je soupçonnais déjà : quiconque vous parlera bien d’un livre ou de son auteur vous donnera envie de le lire et c’est précisément ce qui s’est passé ici. De plus, cela a permis de satisfaire ma curiosité parce que pour moi Eric Holder s’apparentait plus au mythe qu’à une personne en chair et en os (la faute à Vincent Delerm) jusqu’à ce que je ne le vois à La Grande Librairie, où il était invité pour parler de son nouveau roman La Belle n’a pas sommeil, donc. Et comme les différents invités en parlaient avec bienveillance sans être grandiloquents ou dithyrambiques, je me suis laissée convaincre assez facilement et ce roman promettait de me sortir des lectures dont j’avais l’habitude.

Et ce livre tient ses promesses. Effectivement, ce n’est pas du tout ce que j’ai l’habitude de lire mais… pour pleins de raisons, je n’ai pas accroché tant que ça au récit, à l’histoire d’amour entre Antoine, ermite et bouquiniste, et Lorraine, conteuse professionnelle toujours par monts et par vaux, là où le vent veut bien la porter. C’est beaucoup trop minimaliste pour moi ; j’aurais aimé qu’il se passe plus de choses dans cette vie simple et malgré tout attendrissante que mène Antoine. Cependant, la langue est absolument sublime, un peu désuète il est vrai mais ça convient parfaitement au cadre. Je me suis d’ailleurs fait la réflexion en lisant que j’aurais presque préféré avoir un roman construit autour de descriptions de paysage plutôt que cette histoire d’amour bancale dont je cherche encore l’intérêt. Habituellement, les pages descriptives sur des paysages m’ennuient même si elles ont un rôle ; ici c’est l’inverse, j’ai trouvé la langue tellement belle, tellement poétique que j’avais une succession de tableaux impressionnistes ou romantiques sous les yeux, c’est selon.

 » […] Je retourne dans la forêt, en reconnaissant des endroits où nous étions passés. Elle franchit avec moi des clairières, des troncs abattus, des courbes tapissées de fougères. Je peux entendre son souffle, ou bien des écorces craquer sous ses pieds. Ma peau, par mille poils invisibles et dressés, réclame d’être apaisée par la sienne.

Le soleil large, abondant, éclaire à travers les pins son visage posé sur une branche, ou flottant au milieu du sentier. J’ai l’impression que sa bouche ou sa main sont toujours à la portée des miennes. Je constate a posteriori que je n’ai plus peur de la forêt. »

La Belle n’a pas sommeil, Eric Holder, p.126. Editions du Seuil ; 2018

En fait, je crois qu’il faut lire ce livre pour ce qu’il est : une ode à la littérature qu’elle soit écrite ou orale, ainsi qu’une ode aux lecteurs, peu importe l’histoire racontée. Néanmoins, je regrette ne n’être pas plus enthousiaste en dehors de la beauté du texte… et pour le coup c’était mon premier Eric Holder… mais également mon dernier.

 

Bande-Dessinée/Comics

[BD] The Killing Joke

Avec la rédaction de mon mémoire de stage derrière moi, j’ai pu reprendre la lecture. Et bizarrement, j’ai eu du mal à m’y remettre. C’est pourquoi j’ai opté pour une BD qui était en attente depuis un bout de temps : The Killing Joke, avec au scénario Alan Moore et au dessin et à la colorisation Brian Bolland. C’est encore une BD sur l’univers de Batman et c’est assez réussi avec quelques points négatifs tout de même.

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L’histoire en elle-même est assez courte mais très efficace. Et puis elle prend le contrepied du schéma classique avec Batman vs. Joker puisque cette fois, c’est le Joker qui occupe les projecteurs tout en étant toujours la némésis du héros chauve-souris. C’est en fait une réédition de la bande dessinée du même nom sortie en 1988 je crois et c’est très captivant parce que les auteurs donne enfin une identité et une histoire au Joker avant qu’il ne devienne ce personnage complètement barré et haut en couleur. On aurait presque de la sympathie pour lui s’il n’était pas si monstrueux…

Le Joker s’est à nouveau échappé de l’asile d’Arkham. Relancé dans sa course effrénée au crime, c’est à travers le commissaire Gordon et sa fille -Barbara- qu’il cherche cette fois à atteindre personnellement son frère ennemi, Batman

The Killing Joke, Quatrième de couverture, Urban Comics pour la version française, 2016.

The Killing Joke a également eu droit à une adaptation en film d’animation de Sam Liu, la même année, qui reprend l’histoire de la bande dessinée avec un petit peu plus de personnages et donc potentiellement une intrigue un peu plus dense. Je ne l’ai pas vu mais je pense que je vais peut-être y remédier : les dessins me replongent en enfance et en version originale, le Joker est doublé par Mark Hamil, excusez du peu.

Lecture agréable et rapide malgré une atmosphère glauque et nettement plus malsaine que The Dark Prince Charming, qui demeure bien au-dessus en termes d’illustrations. A ce propos, les illustrations de The Killing Joke sont très inégales et c’est un peu dérangeant : autant le Joker est toujours soigné, autant Batman et sa Batmobile… C’est un peu dommage parce que c’est le genre de choses qui laisse une impression en demi-teinte à la fin de la lecture.

Bande-Dessinée/Comics

[BD] Bug – Livre 1

Je me rends compte que je lis beaucoup en ce moment et j’espère que vous me pardonnerez de vous envahir comme ça !

Aujourd’hui je vais donc vous parler de la bande dessinée que j’ai terminée hier et qui m’a tenue en haleine un peu plus d’une heure dans l’après-midi. Il s’agit de Bug – Livre 1 d’Enki Bilal. Je me souviens que cette petite BD a fait sensation lors de sa sortie en fin d’année dernière : les émissions littéraires à la télé et à la radio en parlait beaucoup, pareil sur le net que ce soit YouTube ou certains sites et blogs consultés au hasard de mes errances numériques… Errances numériques, l’expression me plait bien mais passons, je divague. Revenons-en à Bug et son auteur, Enki Bilal.

Je connaissais juste de nom d’ailleurs. Je n’avais jamais rien lu de son travail mais je saurais reconnaitre un dessin d’Enki Bilal entre mille, parce qu’il a une façon de dessiner et un univers qui lui sont propres et du coup, on connait sans connaitre. Je sais, on appelle cela la célébrité. Il n’empêche que pour certains, Enki Bilal est devenu une icône de la culture populaire et je me suis dit que si je voulais entrer dans cet univers particulier, autant le faire avec sa dernière œuvre : Bug donc. Un pari un peu risqué mais qui se tente. Cela dit, c’est le meilleur moyen de se faire sa propre opinion lorsqu’on connait très mal un auteur (ou un artiste).

Couverture Bug - Livre 1

Le terme « bug » est évocateur par lui-même et a deux définitions qui résument à elles seules l’histoire de la BD et le pourquoi de son écriture.

En français, se dit d’un défaut affectant un programme informatique.

En anglais, se dit d’un insecte, d’une bestiole ou d’un virus entre autres choses.

Et c’est le point de départ de notre histoire, ou plutôt le nœud du problème des différents protagonistes. Nous sommes en 2041 et l’humanité toute entière a régressée tant elle est devenue accro au numérique sous toutes ses formes, à tel point que plus personne ne sait faire fonctionner une voiture ou tenir un stylo, et de toute façon « à quoi ça sert un stylo ? » Vous la sentez la critique de la société moderne par Enki Bilal ? Bref, tout va bien dans le meilleur des mondes (coucou Huxley) jusqu’à l’apparition inexpliquée d’un bug informatique d’une ampleur inégalée : tous les serveurs plantent les uns après les autres rendant l’utilisation des objets numériques impossible et les sauvegardes, les sauvegardes de sauvegardes disparaissent comme si rien de cela n’avait jamais existé. Bien entendu un vent de panique généralisé souffle sur Terre et cette panne gigantesque a des conséquences aussi dramatiques qu’absurdes que je ne développerai pas ici mais qui font tout le sel de l’histoire.

Au milieu de ce chaos planétaire, nous suivons la famille Obb dont le père Kameron est astronaute pour le compte de l’I.S.S (une organisation à peu près équivalente à la NASA qui n’existe plus) et qui n’a qu’une envie : celle rentrer sur Terre afin de retrouver sa fille Gemma au plus vite. D’autant que sa mission ne s’est pas passée exactement comme prévu : Kameron Obb est le seul survivant de l’expédition. De plus il semble être le seul humain à se souvenir des codes d’accès de tout et n’importe quoi et il sait faire fonctionner les objets que le reste de l’humanité a relégué au rang de vieilleries obsolète avant l’air du tout numérique. De quoi attiser les convoitises…

Oui, l’humanité en arrive là en 2041 et je préfère vous dire que ça fait peur et que c’est angoissant parce qu’on se dit que quand même, une telle absurdité n’est pas possible parce qu’on est plus intelligents que ça. Mais… Enki Bilal tend à nous montrer le contraire en restant dans la finesse du propos. En tout cas la force de cette histoire, c’est qu’elle pousse le lecteur a se remettre en question et à l’ère du numérique et d’une société hyper-individualisée, on en a grandement besoin même si ça fait tout drôle.

L’histoire est bien pensée dans le sens où l’auteur à imaginer un monde nouveau sans passer par une autre planète ; c’est bien de la Terre dont on parle mais la géopolitique a changé et les rapports de forces sont bouleversés : si les Etats-Unis sont toujours dans la course au leadership, ils ne sont plus leaders et une alliance turco-russo-islamiste prend doucement le dessus, les califats se sont multipliés, le Monde est devenu le Monde Today et c’est savoureux bien que cela fasse mal aux yeux, et l’Elysée s’effondre doucement sur lui-même. Néanmoins, il y a des touches optimistes très bien placées qui aident le lecteur à souffler un peu et lui permettent de voir le bout du tunnel dans la morosité anxiogène ambiante.

Le seul bémol qu’on peut souligner ce sont les quelques incohérences de dates qui heureusement, ne gâche rien du récit mais qui sont facilement repérables.

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Ce dessin n’a rien à voir avec l’histoire de Bug, il est juste cool.

Enki Bilal livre un petit bijou tout en finesse : on peut y voir une critique de la société actuelle sur fond de réécriture d’Alien (le premier) avec des accents du Cinquième élément ou Lucy de Luc Besson. Le récit est captivant et intense, les dessins sublimes comme toujours chez Enki Bilal et on a qu’une envie, c’est de lire la suite. En conclusion et pour faire court : A lire de toute urgence !