Littérature

[Contemporain] La chambre des Merveilles

Je tiens des petites listes de livres à lire ou que j’aimerais acheter ou lire ; le plus souvent ces listes ne sont ni plus ni moins que des post-it ou des petits bout de papier, arrachés de bloc-notes plus importants. Si je vous parle de cela, c’est parce que j’y avais inscrit le livre de Julien Sandrel, parce que je voulais l’acheter pour le lire par la suite puisque tout le monde parlait plutôt bien de ce petit livre. Heureusement que je n’ai pas eu à arriver à des extrémités pareilles et que je vais pouvoir mettre mes sous dans d’autres romans, d’autres récits et d’autres histoires authentiques ou fictive grâce à la bibliothèque, où j’ai emprunté le livre que je viens de finir sans mal.

La chambre des MerveillesJulien Sandrel

 Après avoir lu ces quelques lignes vous devez vous dire que je n’ai pas aimé cette lecture. Pour vous contredire et à la fois vous donnez raison : ce livre n’est pas indispensable à lire sauf en période estivale ; c’est ce que j’appelle un roman d’été et il ne changera pas votre existence de façon radicale. Cela dit, l’ouvrage est assez plaisant à lire et les pages défilent – un feelgood book en somme. Quoi de mieux pour vos vacances d’été si vous aimez ce genre de littérature ? Au moins vous ne vous prendrez pas la tête et l’histoire vous occupera une journée voire deux si vous êtes très occupés pendant vos congés.

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« Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère, Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part, fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet.

Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis. En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. A l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie.

Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles, elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut-être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait. Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante ans… »

La chambre des merveilles – Julien Sandrel, Quatrième de couverture, ed. Calmann Levy, 2018.

Voilà, vous venez de le lire indirectement ! Plus sérieusement, la quatrième de couv’ n’offre aucune surprise et ce qu’elle annonce, c’est ce à quoi vous avez droit si vous avez le lire entre les mains – ni plus ni moins.

Comme je le disais plus haut, ce bouquin se lit extrêmement rapidement sans pour autant que ce soit une épreuve. On passe un bon moment de lecture qui ne dure que le temps de la lecture ; on ne s’attache pas vraiment à Thelma ni à son fils et aux autres personnages parce qu’à vrai dire, on n’a pas vraiment le temps de s’attacher ni de quoi s’attacher, les personnages sont plats et on reste à la surface des choses, ce qui donne une impression de convenu malgré tout plaisante. L’auteur à malgré tout quelques fulgurances qui jalonnent son roman de temps à autre mais sans plus. Encore une fois, lisez-le vous ne serez pas déçus : c’est exactement ce pourquoi vous l’avez dans les mains ; par contre, achetez-le et je suis à peu près certaine que vous serez déçus d’avoir placé votre argent dedans !

Littérature

[Revue littéraire] America 4/16

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas parlé de la revue littéraire America et j’ai décidé d’y remédier. On oubliera de souligner que j’ai un retard d’environ 6 à 8 mois sur ma liste de lecture… Sans commentaires, vraiment.

Ce numéro d’America se concentre sur le premier anniversaire du 45ème POTUS* à la maison blanche. C’est peut-être un triste anniversaire pour beaucoup de gens mais c’est aussi un motif de célébration pour les partisans de 45. America s’attache à montrer cette ambivalence au fil de ses parutions avec un recul suffisant et très appréciable depuis le début. Sans oublier les pointes d’humour de certains articles : je pense notamment à la chronique du poisson rouge de la Maison Blanche. Cette chronique est un vrai plaisir à chaque fois et celle de ce numéro ne fait pas exception. J’adore le ton adopté dans cette chronique et je pense que le point de vue adopté joue aussi beaucoup ; un poisson rouge qui rend compte des faits et gestes du locataire de la Maison Blanche dans le bureau ovale, il fallait y penser ! Voilà pour cette petite chronique. J’avais vraiment envie d’en parler parce qu’il ne me semble pas l’avoir déjà fait, du moins pas dans le détail et c’est un des fils rouges de cette revue littéraire.

Revue America 4

Autre fil rouge, celui de la thématique : ce quatrième numéro traite de la violence par armes à feu (après avoir traité le fonctionnement policier et la violence présente dans certains quartiers de villes déshéritées des Etats-Unis et l’histoire sombre et parfois violente du FBI) avec un dossier extrêmement complet sur le sujet. Il comprend un article écrit par Stephen King (dont j’ai prévu de lire trois ouvrages, peut-être 2 d’ici la fin de l’année) sur les mécanismes de violence liés aux trop nombreuses fusillades qui ont lieu régulièrement dans le Pays, suivi d’un dossier signé Benjamin Whitmer sur l’institutionnalisation de la violence aux Etats-Unis, ses différentes formes et surtout son origine et ses conséquences. Whitmer n’est pas journaliste mais écrivain et pourtant j’ai eu l’impression de lire article journalistique comme l’on peut en trouver parfois dans la presse, notamment américaine d’ailleurs. C’est un article riche et passionnant que je vous recommande vivement si vous voulez en apprendre plus sur l’Histoire des Etats-Unis, tout en appréciant la qualité de l’écrit. Enfin le troisième et dernier article traite de la violence comme d’un moyen pour aller vers les autres et s’ouvrir afin de partager une histoire marquée par la violence qu’elle qu’en soit sa forme. Ryan Gattis évoque son expérience et sa rencontre avec la violence et comment cela lui a ouvert des portes insoupçonnées. En fait, il est plutôt question des « bénéfices » de la violence (sans pour autant la cautionner) en terme de résilience pour surmonter les épreuves liées à une forme de violence.

Et puis sinon, vous retrouverez un entretien de Gay Talese et Tom Wolfe (décédé récemment), réalisé par François Busnel sur le Nouveau Journalisme et ce que ça a changé dans la profession et puis leur point de vue sur tout un tas de sujets. C’est très plaisant à lire également. Enfin l’auteur américain à (re)découvrir dans ce numéro n’est autre que Jack Kerouac et son emblématique Sur la route ; je n’ai pas lu les pages consacrées puisque je l’ai relu il n’y a pas si longtemps et que vous pouvez retrouver ma critique sur cet article !

Allez ! Plus qu’un trimestre à rattraper. Une bagatelle !…

*POTUS : President of the United States – acronyme utilisé sur Twitter.

Littérature

[Contemporain] Possession

Je viens de finir Possession (My Head Is Full of Ghosts en anglais) de Paul Tremblay et que vous dire à part que j’ai passé un super moment de lecture ; j’en suis ravie et la première surprise d’ailleurs. On ne peut pas dire que je suis une adepte du genre en général. En écrivant cette phrase, je me rends compte qu’elle est fausse, du moins pour le genre littéraire : je n’avais jamais rien lu de ce genre-là donc, on ne peut pas vraiment parler d’adepte et rien ne me destinait à lire ce livre. Mais la bibliothèque et ma curiosité naturelle sont passées par là. Petit tour d’horizon à Beverly, Massachussetts chez les Barrett, des gens biens sous tout rapport…

Couverture Possession

Possession, un roman à vous faire Tremblay de peur.

Voilà, il fallait que je la fasse, je l’ai faite, elle est casée, passons à autre chose s’il vous plait. Surtout qu’en plus, ce n’est pas un roman qui fait si peur que ça – et je ne dis pas ça parce que la lecture est derrière moi. C’est vraiment mon ressenti. Du coup, je me dis qu’il faudrait peut-être retenter l’expérience en lisant le soir, dans le noir à la lumière d’une lampe de bureau ou une lampe de poche… Je ne sais pas, je me demande comment Stephen King a procédé ? Parce que oui, la couverture annonce la couleur :

« Possession m’a vraiment fait trembler de peur. Et sachez que pour me faire peur, il faut se lever de bonne heure. » Stephen King

Ouais. Bon… C’est un argument de vente comme un autre mais ce n’est pas trop convaincant de mon point de vue ; j’ai appris à me méfier des critiques et des avis qui encensent de manière exagérée une œuvre, peu importe le support d’ailleurs. J’étais assez septique et la quatrième de couverture n’était guère mieux, qualifiant le roman de « nouveau classique de l’horreur » après Rosemary’s baby et l’Exorciste, excusez du peu. Et pourtant, cela a fonctionné, très bien fonctionné même, puisque je l’ai lu en DEUX jours ! On s’approche d’un record, je pense. En fait, ce qui a fait basculé mon envie de lire ce livre en particulier, c’est la lecture de plusieurs articles (de WordPress) sur le sujet. Moralité : faites un blog, c’est utile !

Blague à part, j’ai beaucoup aimé cette histoire, vraiment beaucoup. Je ne peux quand même pas dire que j’ai adoré au point d’en faire le livre de l’année mais pas loin, parce que, et c’est la force de ce livre : il y a un vrai fond, ce n’est pas juste une histoire banale de possession démoniaque d’une jeune fille (que l’on suppose pure et innocente) comme veut bien nous le faire croire la quatrième de couverture qui présente ce qui suit :

« La famille Barrett mène une vie ordinaire à Beverly, une banlieue tranquille de Boston, Massachusetts, jusqu’au jour où leur fille de quatorze ans, Marjorie, commence à manifester les symptômes d’une étrange schizophrénie. Alors que des évènements de plus en plus angoissants se produisent, les Barrett décident de faire appel à un prêtre qui ne voit qu’une solution : l’exorcisme. A court d’argent, la famille accepte l’offre généreuse d’une chaine de télévision qui propose de suivre les évènements en direct. L’émission connait un succès sans précédent. Pourtant, du jour au lendemain, elle est interrompue sans explication. Que s’est-il passé dans la maison des Barrett ? »

Possession, Paul Tremblay, Quatrième de couverture ; Ed. Sonatine 2015, 2018 pour la présente traduction.

Je meure d’envie de vous le dire, ce qui est arrivé dans cette maison… mais disons juste que la pirouette de la fin n’a rien à voir avec ce qu’on imagine. Tout ce que je peux faire éventuellement, c’est me permettre d’insister sur certains points qui ont leur importance et qui ne révèlent rien de l’intrigue, évidemment.

Premier point : cette histoire un peu glauque certes, est racontée du point de vue de Merry, une enfant de huit ans qui ne comprend pas ce qui se passe autour d’elle ou du moins, elle comprend ce qui se passe à hauteur d’yeux d’enfant. Ce qui fait qu’en tant que lecteur, nous sommes autant paumés et effrayés que la pauvre Merry, qui se retrouve embarquée dans un truc qui la dépasse complètement. A huit ans, Merry aspire juste à vivre heureuse au milieu d’une famille aimante et d’un cocon protecteur comme toutes les petites filles de son âge.

Deuxième point : toujours dans cette histoire un peu glauque mêlant télé-réalité et exorcisme, vient se greffer une bloggeuse du nom de Karen Brissette et qui se fait connaitre sur la toile grâce à ses articles sur le paranormal et la culture populaire autour des films d’horreur. Ces éléments et ce personnage apportent une réelle profondeur au roman ; profondeur que je n’attendais pas le moins du monde à propos et je crois que cela a vraiment fait pencher la balance du bon côté me concernant.

En résumé, ce livre est diablement bien construit (pardon mais c’est vrai) : c’est fin, c’est intelligent et l’histoire sert un propos et une réflexion sur un sujet d’actualité – la place de la télé-réalité dans notre société contemporaine, sans oublier bien sûr la place prépondérante de son homologue qu’est Internet. Et en plus de tout cela, on ne s’ennuie pas une seconde à cause de l’agitation causée par le comportement étrange de la jeune Marjorie.

Possession, maintenant un livre, ensuite un film ?

Oui et honnêtement entre nous, Hollywood aurait tord de se priver d’une rentrée d’argent potentiellement colossale : Hollywood ADORE les films d’horreur. Je m’en serai bien passé mais au fond, je ne suis pas contre. Le livre est très bien donc sur papier, oui pourquoi ne pas en faire une adaptation cinématographique… Oui mais… A condition que cela soit bien fait. La seule information dont je dispose à l’heure actuelle c’est que c’est la Team Downey qui va produire ce film ; c’est un peu maigre comme information et j’espère vraiment que Robert Downey Jr. et son épouse n’en feront pas n’importe quoi puisque l’horreur n’est clairement pas le seul sujet de ce livre que j’ai trouvé passionnant, vous l’aurez compris. Affaire à suivre donc…

Littérature

[Contemporain] Killeuse

La littérature, cette science inexacte. C’est toujours étonnant de voir l’effet d’un même livre sur deux personnes différentes. Les avis peuvent être concordants ou à l’inverse complètement divergents et pourtant, il s’agit bien du même livre écrit par le même auteur. Dans ce cas là, il est bien difficile d’expliquer pourquoi le livre a plu à l’une des personnes et pas à l’autre. Toute la beauté et la complexité de la littérature en somme.

J’ai tenté de lire le dernier roman de Jonathan Kellerman, Killeuse, sans succès. Pourtant sur le papier, cela s’engageait bien et paraissait prometteur : couverture attrayante, la quatrième de couverture proposait un résumé rempli de suspens et paraissait tenir la route niveau intrigue, mais le moins que l’on puisse dire c’est que la sauce n’a pas pris de mon côté. Pourtant j’étais enthousiaste et j’avais envie de lire ce livre, vraiment.

Couverture Killeuse

Killeuse raconte l’histoire du Dr Grace Blades, psychologue qui est très impliquée dans sa carrière et dans la réussite du traitement de ses patients quitte à passer à côté de tout le reste au niveau vie sociale. Grace est une professionnelle brillante et reconnue et il n’est pas rare que certaines personnes fassent des kilomètres et traversent des Etats entiers pour bénéficier de son expertise. Cependant, bien qu’elle soit brillante Grace à la particularité (je ne sais pas comment le dire autrement), de lever des hommes dans des bars ou autres lieux publics. Je vous laisse imaginer la suite… bref, la psychologue suit sa petite routine jusqu’au jour où sa proie d’un soir se trouve être son patient du lendemain et un cadavre le surlendemain. A partir de là, tout se complique un peu pour le Dr Blades et sa réputation irréprochable.

Honnêtement, je ne sais pas comment vous le vendre mieux sans être péjorative et influencer votre envie ou non de lire cet ouvrage. D’ailleurs, je ne crois pas qu’il s’agisse d’un mauvais roman policier parce qu’une personne de mon entourage l’a lu à la même période que moi et est rentrée tout de suite dans le roman.

Je ne suis pas entrée dans le roman, ce sont des choses qui arrivent de temps en temps et si je devais tenter d’expliquer pourquoi, je pense que c’est parce que je m’attendais à autre chose ; peut-être quelque chose d’avantage centrer sur un nombre de personnages plus restreint, ou un autre déroulement d’intrigue. De plus, j’ai trouvé le rythme du roman assez inégal : il y a des passages entiers du livre que j’ai dévoré sans me poser de question et d’autres segments où je n’avais qu’une envie : poser le livre et passer à autre chose. Ce que j’ai fini par faire sans être allée au bout des 56 chapitres et 500 pages et quelque du roman. C’est une décision d’autant plus décevante que j’ai quand même lu 40 chapitres avant de me rendre à l’évidence que je ne pourrais pas aller plus loin.

En tout cas, j’espère que ce petit article vous incitera à jeter un œil curieux à cet ouvrage et j’espère que également qu’il vous donnera envie de le lire, dans un futur plus ou moins proche. A ce propos, si par le plus grand des hasards vous avez lu ce livre de Jonathan Kellerman, j’aimerai beaucoup savoir ce que vous en avez pensé, histoire de voir si le blocage vient de moi.

 

Bande-Dessinée/Comics, Cinéma

Spécial Deadpool

Le 3 juin dernier, j’ai enfin été voir Deadpool 2 – film que j’attendais tout particulièrement étant donné mon amour pour le premier volet des aventures du mercenaire le plus badass et le moins politiquement correct de tous l’univers Marvel et je dois dire que je n’ai pas été déçue, même si j’ai préféré le premier opus sans doute pour des raisons de nouveauté et de découverte de l’univers déjanté de Deadpool.

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Deadpool 2 : belle introduction pour la X-Force

Sans trop vous en révéler au cas où vous ne l’auriez pas encore vu, ce film fait office de belle introduction à la X-Force (le pendant des X-Men, version Deadpool) et de fait, c’est l’occasion de faire connaissance avec de nouveaux mutants, notamment Fire Fist, Cable et Domino qui sont tous trois liés à l’intrigue principale de ce film.

Pour vous situer l’histoire, on retrouve Wade Wilson alias Deadpool quelques mois après les évènements qui ont eu lieu dans Logan et qui se solvent par la mort de Wolverine. A ce propos, le mercenaire en costume rouge n’est pas en grande forme et à la ferme intention de mettre fin à ses jours, pour des raisons que je ne dévoilerai pas ici.

Sauf que voilà, tout ne se passe pas vraiment comme prévu et Deadpool se retrouve lié au X-Men sans vraiment le vouloir. Il croise alors la route d’un mutant adolescent mal dans sa peau du nom de Rusty Collins alors qu’une terrible menace semble peser sur les épaules du jeune mutant…

 Voilà pour le résumé succinct de l’intrigue du film !

Pour le reste, on retrouve beaucoup de ce qui fait le succès de la franchise Deadpool : un humour décapant et des clins d’œil plus ou moins appuyés à l’univers des Comics (Marvel en tête bien sûr, mais on retrouve des petites références à DC Comics) ou encore à l’industrie du cinéma, sans oublier bien sûr les apartés de Deadpool adressées aux spectateurs qui sont clairement un plus pour rajouter de l’ironie dramatique à l’ensemble. Concernant les acteurs et les rôles, je n’ai pas grand-chose à en dire. Tout semble fidèle aux différents comics d’origine, bien que certains passages soient clairement attendus, ce qui a tendance a diminué l’effet de surprise du film et c’est presque dommage. C’est le seul bémol de ce film pour moi – mais en même temps, il s’agit d’une suite donc c’est un peu normal. Malheureusement, on ne peut pas innover en permanence dans les films de super-héros. Pour terminer sur les personnages et mon ressenti, mon personnage préféré de l’univers cinéma de Deadpool, c’est incontestablement Dopinder, le chauffeur de taxi attitré de ce cher Deadpool. Karan Soni était déjà très bon dans le premier opus mais là… il est juste extraordinaire !

Deadpool en mode Comics, ça donne quoi ?

Couverture Deadpool - Suicide Kings

Comme juste parler du film m’ennuyais un peu et que j’avais un ou deux Comics sur Deadpool en attente, j’ai sauté sur l’occasion et j’en ai lu une sur les deux dans l’optique d’enrichir cet article. J’ai donc lu Deadpool: Suicide Kings (et l’autre Comics, de la collection Je suis… attendra d’être présenté plus tard, dans un article pour lui tout seul).

Alors comment c’est, Deadpool tout en cases et en bulle ?

Eh bien c’est comme dans les films ; ou plutôt… les deux films sont fidèles à l’ambiance du Comics que je viens de terminer et c’est absolument plaisant de se dire que tout, absolument tout, est respecté au niveau de l’ambiance et des caractéristiques de Deadpool. Evidemment, ça canarde pas mal, ce qui donne des dessins assez explicites, voire gores pour certains ; on retrouve aussi les références à la pop culture placées à des endroits stratégiques, là où on ne les attend pas vraiment. Donc on ri beaucoup à la lecture : l’effet de surprise marche à plein de ce côté-là ! Seul petit bémol, qui est dû au média utilisé : il est difficile de voir la repousse des membres du mercenaire en costume rouge pour des raisons évidentes – le dessin a ses limites – mais je ne peux que vous encourager à lire des Comics de Deadpool.

Et puisqu’on parle de dessins : ceux de Deadpool Suicide Kings sont signés Carlo Barberi et c’est une petite merveille. Le scénario est quant à lui signé par Mike Benson et Adam Glass (qui ont signés d’autres Marvel mais, je n’ai malheureusement plus les titres en tête…). Niveau histoire, simple mais efficace :

Deadpool est accusé de meurtres qu’il n’a pas commis et se retrouve pourchassé par Punisher qui veut lui faire payer ses actes alors que Deadpool tente de prouver qu’il est innocent. Il croisera la route d’autres super-héros, Daredevil et Spider-Man pour ne citer qu’eux.

Article commencé le 07/06/2018

Littérature

[Contemporain] Paul Watson – Sea Shepherd, le combat d’une vie.

En un an et demi d’existence sur la blogosphère, c’est sans aucun doute le livre le plus polémique que j’ai lu jusqu’à présent. Ce livre est polémique parce que le sujet, Paul Watson et par extension l’association de défense des océans qu’il a crée -Sea Shepherd-, fait polémique. Pour faire court et sans doute un peu caricaturer la chose : on aime ou on n’aime pas Paul Watson et les actions qu’il mène pour la défense des océans. Au départ d’ailleurs, je n’étais même pas certaine de vouloir rédiger sur le sujet, ne voulant pas que mon blog devienne un espace politisé à outrance… Seulement voilà : ce livre est un des plus intéressant qu’il m’est été donné de lire dernièrement et je trouvais sincèrement dommage de ne pas en parler ici. Après tout, ce blog est avant tout un espace de découvertes et de partages.

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Pourquoi j’ai lu ce livre

La première raison qui me vient à l’esprit, c’est la curiosité. Je connaissais Sea Shepherd (et son fondateur) seulement de nom, comme beaucoup de monde je pense. Je savais que cette association était renommée pour ses actions spectaculaires en faveur de la faune marine. D’ailleurs je n’avais pas vraiment d’avis sur c’est bien/pas bien de faire ce qu’ils font et de la manière dont il le font mais au moins je n’avais a priori négatif sur la question. J’avais vu cet ouvrage à la bibliothèque, mis en avant sur un présentoir pour cause de nouveauté mais pas de quoi susciter mon envie de sauter le pas…

… jusqu’à cette deuxième raison (qui a renforcer d’avantage ma curiosité vis-à-vis de Sea Shepherd) : la tristement médiatisée « affaire des phoques du Touquet ». Petit rappel pour ceux qui n’auraient pas suivi : début mai, 3 cadavres de phoques ont été retrouvés sur la plage et Sea Shepherd a fait savoir qu’elle offrirait 10 000 euros à quiconque aurait des informations sur l’auteur de ces atrocités barbares. Cette nouvelle m’a profondément écœurée, d’autant que je jour-même j’ai croisé un chien battu sur le trottoir en rentrant chez moi.  J’aime profondément les animaux et la maltraitance animale, quelle que soit sa forme et quelle que soit l’espèce touchée, cela me révulse au plus haut point et c’est réellement quelque chose que je ne conçois pas.

Pourquoi vous devriez le lire aussi

Je ne cherche pas à faire du prosélytisme mais ce livre est réellement très intéressant et plutôt bien écrit. Sans compter qu’il se lit rapidement. J’ai appris des choses et des pratiques dont j’ignorais l’existence et je connais un peu mieux Paul Watson et Sea Shepherd grâce au travail fourni par Lamya Essemlali, auteur du livre et directrice de Sea Shepherd France. Evidemment, il s’agit d’une version des faits et d’une vision spécifique des choses et je pense qu’il faut quand même rester prudent et ne pas tomber dans un excès d’adoration ou de détestation (si on n’est pas d’accord avec les propos tenus dans le livre) suite à la lecture de ce livre. Cela dit, je trouve que c’est une bonne chose que Sea Shepherd existe et s’investisse autant dans la protection et la conservation des espèces marines parce que je ne suis pas sûre que d’autres en ferait autant pour ces animaux.

Enfin, pour terminer Paul Watson livre quelques conseils afin de résister au stress et à ces conséquences – pages que j’ai lu avec une attention particulière étant moi-même une habituée des épisodes de stress. Reste à voir si j’arriverai à appliquer ses conseils… mais je me suis dit que ce serait une bonne idée de partager sa philosophie sur cette question avec vous, si jamais vous êtes aussi confronter au stress.

« Le message de mon propos est le suivant : ne laissez pas le stress ruiner votre santé, votre amour ou votre vie. N’ayez pas de crainte et vivez l’aventure, cette aventure qu’est la vie. Et c’est probablement la seule vie que vous n’aurez jamais. Même si vous croyez dans la vie après la mort (oh ! ne stressez pas à ce sujet), le fait est que vous n’en serez jamais certain, donc ne gâchez pas l’unique vie que vous êtes sûr d’avoir. » – Paul Watson

Paul Watson Sea Sheherd, le combat d’une vie. Lamya Essemlali, p. 278 ; éd. Glénat, coll. Hommes et océans. 2017

Article commencé le 24/05/18

Bande-Dessinée/Comics

Free Comic Book Day

Amis férus de lecture bonsoir !

Avec toute cette agitation autour du dernier né des Studios Disney-Marvel, je suis retombée dans un de mes péchés-mignons : la bande-dessinée et plus particulièrement les Comics. Et aujourd’hui se tenait le Free Comic Book Day donc j’ai fait un petit détour par ma librairie favorite en ce domaine, et je ne suis pas rentrée les mains vides !

C’est quoi, le Free Comic Book Day au juste ?

Le Free Comic Book Day c’est un évènement qui vient des Etats-Unis et qu’on pourrait traduire par La Journée de la Bande Dessinée Gratuite (c’est tout de suite moins glamour), vise à faire connaître et valoriser le genre de la Bande Dessinée auprès du grand public qui méprise parfois cette littérature (pourtant riche) parce qu’il connaît mal le genre ou pas du tout. Concrètement, cette opération commerciale a pour but d’attirer un nouveau lectorat dans les librairies partenaires en offrant gratuitement aux acheteurs des livrets qui sont en fait des extraits de bandes-dessinées ou comics à paraître ou bien des histoires complétement inédites, inventées pour l’occasion. Le reste des BD et autres comics est bien évidemment payant hein !

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Et ça marche ! On peut dire que la greffe commence à prendre en France ; l’opération existe depuis 5 ans je crois et je n’ai jamais vu la librairie spécialisée dans laquelle je vais chercher mes ouvrages avec autant de monde. J’étais ravie pour la libraire, d’autant qu’elle est toujours de bon conseil parce qu’elle s’y connaît et qu’elle est seule pour tenir la librairie. J’ai vu des personnes s’inscrire pour avoir une carte fidélité et repartir avec 2 ou 3 BD sous le bras. On peut dire ce qu’on veut de ces petites opérations qui durent sur une journée mais ça permet de faire vivre les petits commerces comme les librairies spécialisées par exemple, et c’est très important. Voilà. J’ai pas grand-chose de plus à vous dire, si ce n’est que la prochaine fois, essayez d’aller faire un tour chez votre libraire (spécialisé ou non) pour le prochain Free Comic Book Day, il vous remerciera et vous ne serez sûrement pas déçus !

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Littérature

[Contemporain] La Bibliothèque noire

Un des avantages de faire son stage en médiathèque, c’est de pouvoir lire des ouvrages en relation avec le mémoire de stage et la problématique de ce dernier. C’est pour cette raison que j’ai suivi les recommandations de ma collègue et que j’ai emprunté (et lu) La Bibliothèque noire de Cyrille Martinez, un livre que je n’aurais jamais lu autrement et dont j’aurais probablement ignoré l’existence. Et pour cause…

La Bibliothèque noire, un roman ?

Pas si sûr… Laissez-moi vous expliquer. Certes, ce petit livre est rangé dans la catégorie « Roman » mais au fil des pages, je me suis aperçue que je ne considérais pas ce livre comme un roman mais plutôt comme un hybride entre une sorte d’essai retraçant l’histoire de la lecture publique, de la science-fiction et un plaidoyer en faveur des livres et de la lecture.

Cette lecture m’a intéressée mais ce n’est pas un livre dont je me souviendrais je pense. D’une part, parce qu’il n’y a pas vraiment histoire, bien qu’à un moment il y ait une vague histoire de disparition suspecte mais cette piste pourtant intéressante n’est pas exploitée plus que ça… en fait, un des problèmes je pense, c’est que toutes les pistes sont exploitées et le récit à tendance à partir dans tous les sens sans but précis. Le livre par dans tous les sens et la lectrice que je suis à fini par se perdre et je me suis demander plus d’une fois où l’auteur voulait en venir. Puis j’ai fini par comprendre et j’en suis venue à la conclusion qu’il avait une drôle de façon d’atteindre son but : défendre la lecture et les livres mais bon, après tout pourquoi pas.

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Le livre m’a autant amusée que gênée. Sûrement parce que l’auteur décrit des vérités que je retrouve dans mon quotidien du fait de mon stage mais il y a quelque chose qui me gêne un petit peu – l’auteur semble privilégier et accorder ses faveurs seulement à  certains types de lecteurs et certains types de livres… comment dire ? A titre personnel, je suis très contente de voir les personnes dont il se moque plus ou moins gentiment dans son livre à la médiathèque. Ces personnes participent à la vie d’une bibliothèque, qu’elles lisent ou non ! Et ce fantasme du tout-numérique qui supplanterait le support papier… Mouais. Non. D’ailleurs, toujours dans cet aspect de science-fiction, cet ouvrage m’a rappelé un autre ouvrage de science-fiction : La Maison enragée de Richard Matherson, ouvrage dans lequel tous les objets de la maison finissent par prendre vie. Même phénomène dans La Bibliothèque Noire : les livres mènent leurs petites vies et c’est un peu troublant au départ, ça finit par être amusant.

« Que se passe-t-il dans les bibliothèques la nuit, derrière les portes closes et les banques de prêt désertes ? Les lecteurs choisissent-ils leurs livres, ou est-ce plutôt l’inverse ? Vient-on en bibliothèque pour travailler, voyager, ouvrir ses mails ou avoir chaud ? Et si la bibliophilie était un sport de combat ?

Partant de l’univers policé de la Grande Bibliothèque et retraçant l’histoire de la lecture publique, ce roman nous mène jusqu’aux forêts urbaines où s’échafaude l’utopie d’une bibliothèque noire, sauvage, avec la liberté de lire et d’écrire pour unique mot d’ordre.

On a planté une forêt au milieu de la Bibliothèque. Drôle d’idée. Si j’avais eu mon mot à dire, j’aurais fait l’inverse : une bibliothèque au cœur d’une forêt.  »

La Bibliothèque noire, Cyrille Martinez, Quatrième de couverture, Ed. Buchet-Chastel, coll. Qui Vive; 2018.

Littérature

[Contemporain] Meurtres à Willow Pond

Couverture Meurtres à Willow Pond

A l’occasion de Quai du Polar, qui s’est tenu à Lyon début Avril (les 6 et 7 Avril je crois), j’ai eu une requête bien particulière : puisque ma mère se rendait sur place pour faire le plein de romans policiers, je lui ai demandé si elle pouvait me trouver un livre en particulier : Meurtres à Willow Pond de Ned Crabb dont j’avais lu le Prologue sur le site de l’éditeur et cette lecture a éveillé mon intérêt autant que ma curiosité.

Une fois le roman en ma possession, je n’ai pas résisté bien longtemps à l’appel des sirènes ; j’ai dû tenir un jour à tout casser et puis j’ai fini par mordre à l’hameçon (le jeu de mots est intentionnel), et je n’ai quasiment pas lâcher l’ouvrage. Au diable mes lectures en cours – de toute façon, il faudra que je reprenne La servante depuis le début parce que ma lecture s’est exagérément étendue dans le temps… Je ne sais pas si c’est navrant ou indécent de faire trainer une lecture autant… ? Mais bref, ce n’est pas le sujet de cet article ici présent.

Je vais plutôt vous parler de Meurtres à Willow Pond, livre devant lequel je suis quasiment en admiration que c’en serait presque ridicule si le livre n’était pas aussi captivant d’un bout à l’autre, autrement dit sur 405 pages.

« Alicia et Six Godwin coulent une existence paisible jusqu’au jour où ils partent en week-end dans le luxueux lodge que leur richissime cousine, Iphigene Seldon, dirige d’une main de fer. Agée de soixante-dix-sept ans et dotée d’un caractère bien trempé, la vielle dame a justement convoqué ses nombreux héritiers pour leur annoncer qu’elle s’apprête à modifier son testament. Au lodge, l’atmosphère devient électrique. Tandis qu’un orage se prépare, tous les membres de la famille se laissent envahir par des envies de meurtres »

Meurtres à Willow Pond, Ned Crabb, Quatrième de couverture. Ed. Gallmeister ; 2014.

Il aura fallu attendre 2016 pour la traduction et 2018 pour la présente édition, que je trouve très soignée avec une superbe illustration qui colle aux propos et intrigue (ce qui donne envie d’en savoir plus). C’est seulement le deuxième roman de Ned Crabb, et son dernier aussi : il est mort l’année dernière, à l’âge de 78 ans.

 Six et Alicia Godwin donc, sont tous les deux professeurs d’université à la retraite et coulent des jours paisibles à Winsokett Pond dans le Maine, profitant d’un cadre de vie idyllique en bord de lac. Tous les deux s’adonnent à leur activité favorite : la pêche. D’ailleurs, qui a dit que la pêche était un loisir ou un sport relaxant ? C’est ce que je pensais avant d’avoir fait la connaissance de la famille Seldon mais… si vous lisez ce livre, vous verrez bien que la pêche, ce n’est pas si tranquille et reposant que ça en à l’air – surtout quand il est question d’un héritage colossal (plusieurs millions de dollars en question) dans une famille où les membres se détestent à s’étriper. Digne d’un Agatha Christie, avec quelque chose en plus !

Comme je vous le disais plus haut, j’ai littéralement dévoré ce livre. Je l’ai fini hier au soir, assez tard d’ailleurs, et il ne m’aura fallu que 8 jours pour le lire. C’est très bien écrit et très bien traduit pour le coup (enfin, ce n’est qu’une supposition mais au vu du nombre important d’insultes et autres passages assez explicites, je pense que la traduction française vaut le texte original), le rythme est suffisamment rapide pour que le lecteur ne s’ennuie pas mais suffisamment lent par moment pour suivre les réflexions et les pensées des personnages. De plus, tout ne tourne pas autour des meurtres et c’est appréciable. Il est beaucoup question de sexe et d’amour ; ces thèmes dérangeront peut-être certains d’entre vous mais ils apportent du relief à ce roman. C’est une des choses qui m’a le plus plu dans ce livre, sans parler de la nature évidemment.

La nature est omniprésente dans ce roman et Ned Crabb s’en amuse de la meilleure des façon. Le cadre de bien des atrocités est souvent enchanteur et bucolique. Cela dit, l’auteur prend également un malin plaisir à nous rappeler qu’en fin de compte, nous sommes bien peu de choses face à la puissance de Dame Nature.

Pour résumer et pour finir, ce livre est pétillant, rempli d’humour et d’amour, avec des scènes d’actions dignes des plus grands scénarios hollywoodiens. C’est également une ode à la tranquillité et aux bienfaits de la vie au grand air, mais vous en saurez plus si vous osez plonger dans les eaux troubles de Willow Pond…

Littérature

[Découverte] [Contemporain] Dans la forêt

Après une pause de plus de deux mois concernant mes lectures, j’ai repris doucement mon rythme avec la lecture en deux semaines de Dans la forêt (Into The Forest en anglais) de Jean Hegland. Il a fallu attendre vingt ans pour que ce roman écrit publié en 1997 aux Etats-Unis paraisse en France aux Editions Gallmeister, spécialisée dans la littérature américaine qui met l’accent sur la nature et les grands espaces. Le premier roman de Jean Hegland n’y a que toute sa place.

Couverture Dans la forêt

Dans la forêt

Ce livre raconte la vie de deux sœurs, Eva et Pénélope « Nell » (Nellie parfois), après la mort tragique de leurs parents et comment les deux adolescentes tentent de survivre dans leur maison, perdue au milieu de la forêt californienne dans un monde progressivement dépourvu du confort que nous connaissons – plus d’essence, plus d’électricité et tout ce qui en découle.

Ecrit il y a vingt ans, ce livre pourrait avoir été écrit hier, tellement certains aspects de ce dernier font écho au monde de 2018. On finit par se dire que ce qui se passe dans ce roman pourrait bien arrivé dans la vie réelle – bien qu’on ne sache pas exactement quel évènement dramatique est à l’origine de ces pénuries successives. C’est ce qui m’a le plus plu dans ce livre je crois, cet aspect profondément contemporain et moderne pour son temps.

Cela dit, comme beaucoup de roman d’anticipation, malgré ce côté plaisant et attrayant de cette modernité, le roman n’en demeure pas moins glauque, sombre voire effrayant – exactement comme les deux facettes d’une forêt ou d’un bois. C’est une lecture quelque peu dérangeante, déconcertante par moment. A ce propos, je suis plutôt mitigée en ce qui concerne l’avis final que j’ai sur cette histoire et j’ai beaucoup de mal à avoir un avis définitif et tranché sur ce livre. Je peux cependant vous expliquer pourquoi.

Des livres qui racontent des histoires glauques, des histoires sombres et dérangeantes, j’en lirai d’autres. Ce n’est pas cela le problème, ce n’est pas non plus le fait que ce soit un roman d’anticipation. Bizarrement c’est une petite phrase, une toute petite phrase, au milieu d’un roman de 300 pages qui a plombé mon enthousiasme et bien évidemment, je ne vais pas vous dire de quoi il s’agit par peur de vous gâcher votre envie de lecture mais on m’a toujours dit que tout ce qui se passait dans un roman devait servir l’histoire et être utile à l’évolution du ou des personnages à un moment ou à un autre. Or, dans ce cas précis il ne se passe rien. L’évènement découle du précédent mais ce n’est pas logique et de mon point de vue, cela n’enrichi en rien l’histoire d’une manière ou d’une autre. Je n’ai peut-être pas tout compris mais j’ai eu l’impression que l’auteur couchait sur le papier un de ses fantasmes et reprenait ensuite le cours de son récit où elle l’avait stoppé.

Hors mis ce petit détail que certains jugeront sans importance, j’ai beaucoup aimé le style d’écriture, d’une précision quasiment chirurgicale mais néanmoins très fluide, d’autant que le roman n’est pas très épais. J’ai réellement eu l’impression d’être entourée de séquoias par moment ou de me sentir menacée dans cette étendue immense d’arbres. Au final, je dirais que ce livre représente d’avantage une ode à la nature (imposante mais fragile) qu’un message d’espoir et qu’il faut le lire pour cette raison-là puisqu’en fin de compte nous sommes peu de chose à côté d’un arbre millénaire.

« Quelle que soit la façon dont nous mourrons, nous mourrons ici. Seules. Il n’y aura pas d’inscription à Harvard, pas de début avec le San Francisco Ballet. Il n’y aura pas de voyages, pas de diplômes, pas de rappels. Il n’y aura plus d’amants, pas de maris, pas d’enfants. Personne ne lira jamais ce journal sauf si ces fichues poules apprennent à lire.

 Bien sûr ce genre de choses arrive tout le temps. J’ai suffisamment étudié l’histoire pour le comprendre. Les civilisations périclitent, les sociétés s’effondrent et de petites poches de gens demeurent, rescapés et refugiés, luttant pour trouver à manger, pour se défendre de la famine et des maladies et des maraudeurs tandis que les herbes folles poussent à travers les planchers des palais et que les temples tombent en ruine. Regardez Rome, Babylone, la Crète, l’Egypte, regardez les Incas ou les Indiens d’Amérique.

Et même si ce n’est pas une autre civilisation vieille de deux mille ans qui arrive à sa fin, regardez toutes les petites dévastations – les guerres et les révolutions, les ouragans et les volcans et les sécheresses et les inondations et les famines et les épidémies qui remplissaient les pages lisses des magazines que nous lisions autrefois. Pensez aux photos des survivants blottis les uns contre les autres au milieu des décombres. Pensez à l’Amérique du Sud, à l’Afrique du Sud, à l’Asie centrale, à l’Europe de l’Est, et demandez-vous comment nous avons pu être aussi suffisants. »

Jean Hegland, Dans la forêt, pp. 188-189. Ed. Gallmeister (2017)

Note : Pour ceux d’entre vous que ça intéresse, sachez qu’une adaptation cinématographique existe : Into the Forest réalisé par Patricia Rozema avec Ellen Page et Evan Rachel Wood dans les rôles titres. Le film est sorti en 2015.