Bande-Dessinée/Comics

[BD] Il faut flinguer Ramirez, Acte I

 Ou la brillante démonstration qu’avoir le même nom que quelqu’un d’autre, c’est vraiment pas de bol… C’est même la poisse ; surtout lorsque vous êtes muet et que la personne avec qui vous partagez bon gré mal gré votre identité se trouve être un mafieux de premier ordre. Et si en plus, pour couronner le tout, vous êtes l’employé du mois tant vous êtes dévoué à votre travail… On frôle la catastrophe !

Vous l’aurez deviné sans doute, ces quelques lignes sont un résumé condensé de la situation invraisemblable dans laquelle se trouve Jacques Ramirez, héros de cette histoire et fugitif malgré lui. Les situations les plus loufoques font place à d’incroyables qui pro quo tout au long de l’histoire et personnellement, j’en redemande.

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Si vous êtes un minimum cinéphile et que vous aimez tout particulièrement les films ayant pour sujet la mafia ou les films de Quentin Tarantino, cette bande dessinée s’adresse à vous. Bien entendu, il s’agit d’un premier tome donc le scénario présente les personnages et l’intrigue globale tout en laissant des zones d’ombre qui servent à instaurer des pointes de suspense quand il est question de Jacques Ramirez. De plus, on sent vraiment l’influence du cinéma dans la conception de la BD, que ce soit dans le rythme des dialogues ou dans les quelques double pages qui mettent en lumière le décor dans lequel évolue les personnages. Enfin, Nicolas Petrimaux offre aux lecteurs un point de vue décalé et hilarant dans les médias de son histoire – on y retrouve pêle-mêle des publicités en tout genre, des articles de presse et des fake news. Jubilatoire !

Conclusion

Il faut flinguer Ramirez est auréolée de nombreux prix dont le Prix des libraires de Bandes dessinées 2018 et c’est amplement mérité. Avec des dessins soignés et un scénario maitrisé digne des plus grands films hollywoodien, cette BD est pour moi une petite pépite (sans aller jusqu’au coup de cœur) qu’il fait lire absolument, sous peine de rater quelque chose. Ou à relire sans modération en attendant la suite…

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Littérature

[Découverte] [Contemporain] Helena – Jérémy Fel

Gros coup de cœur de l’année 2019 pour cette lecture aussi déroutante que fascinante. Helena fait partie des romans que je ne peux que conseiller malgré son atmosphère dérangeante. Ne vous fiez pas à la connotation péjorative du « page-turner » ; ce livre en est un effectivement mais les arguments pour redonner ses lettres de noblesse à cette catégorie souvent mal-aimée sont bien là. Je vous emmène donc sur les traces d’Helena, faire l’autopsie d’un thriller très réussi !

 

The Sound of Silence

Helena ce sont les histoires mêlées de Tommy, Haley et Norma faites de rêves et d’espoir au milieu d’un Kansas isolé et désolé. Ces trois destins ont malgré tout quelque chose de commun qui les réuni : la solitude (qui entraine le silence). C’est un roman qui traite magnifiquement de la solitude et de la difficulté à sortir du silence. Et puis il y a les conséquences, souvent dévastatrices pour les personnages, de ces silences. Le tout admirablement décrit sous la plume de Jérémy Fel.

En réalité, il y a plusieurs solitudes. La première est géographique avec cet Etat du Kansas avec la petite ville d’Emporia où il ne se passe jamais grand-chose et où la jeunesse ne rêve que d’une chose : partir. Partir pour mieux revivre n’importe où ailleurs, à la poursuite de rêves plus ou moins inaccessibles. C’est dans ce contexte morbide que le lecteur suit les destins de Tommy, Hayley et Norma qui sont autant d’exemples de solitude.

La solitude des personnages est à la multiple et unique et c’est vraHelena_fel[1]iment le point central du roman. Chacun gère à sa façon cette solitude et les silences qui en découlent du mieux qu’il peut, avec les moyens du bord. Alors certes, des personnages qui souhaitent échappés au déterminisme ambiant dans un cadre isolé, on pourrait se rapprocher d’un cliché vu, revu et corrigé mais l’ambiance lourde et pesante qui se dessine au fil des pages parvient à faire oublier les quelques lieu-communs présents dans le roman ; je pense notamment à la panne de voiture qui oblige Hayley à rester sur le bord de la route. Un peu cliché mais la langue étant parfaitement maitrisée, cette panne devient autre chose qu’une simple panne de voiture.

Ce qui m’amène à évoquer la langue dans son ensemble. C’est le gros point fort de cette histoire selon moi. Tantôt crue et inquiétante, tantôt douce et lumineuse, cette maitrise de la langue sert des personnages énigmatiques et puissants que vous aimerez détester selon la situation. De plus, l’écriture est très fluide et cela facilite grandement la lecture de certains passages qui pourraient être difficile à lire parce que très crus, très bruts. C’est une écriture sans concessions mais également toute en nuances. Bref, une écriture qui vous fera passer par tous les états émotionnels, et pour ça : chapeau bas Monsieur Fel !

Conclusion

Helena fait incontestablement partie des livres qu’il faut lire absolument. La langue y est splendide et le style fluide ; les personnages pris dans des tourments qui paraissent insurmontables dans une atmosphère lourde et pesante comme un soir d’orage en plein été. 728 pages au compteur et autant de coups de poings et de nuances qui ne vous laisseront pas indifférents, que vous aimiez ou non l’ouvrage. Seul petit bémol me concernant : le traitement de certains personnages féminins qui n’est pas suffisamment approfondi et qui peut malheureusement donner une mauvaise ou une fausse image du personnage en question malgré de très fortes personnalités.

Une réussite signée Jérémy Fel, aux éditions Rivages poche.

Littérature

[Découverte] [Contemporain] Les cygnes de la Cinquième Avenue – Melanie Benjamin

Roman que j’ai acheté l’année dernière parce que la critique en faisait un livre intéressant, voire passionnant ; sans oublier la quatrième de couverture, savamment construite, qui laisse entrevoir le récit d’une amitié passionnée entre une icône de la mode, Babe Paley, et une icône du monde littéraire, Truman Capote.

Babe Paley est la plus en vue des « Cygnes de la Cinquième Avenue », ces femmes de la haute société new-yorkaise des années 1950. Son atout indéfinissable : son style. Elle incarne l’élégance, fait souvent la une de Vogue, mais ce que personne ne voit, c’est le sentiment de solitude qu’elle laisse dans son sillage, en dépit de sa fortune, de ses enfants, de son mari riche et puissant. Jusqu’au jour où Truman Capote surgit dans sa vie. Leur amitié est instantanée et fulgurante. Babe trouve chez l’écrivain prodige, aussi génial qu’extravagant, la passion qui manquait à son existence. Grâce à elle, Truman accède à cette élite qui le fascine tant. Et à ses secrets, ses rumeurs, ses scandales, y puisant son inspiration, au risque de trahir Babe.

Les cygnes de la Cinquième Avenue, Melanie Benjamin, Quatrième de couverture. Ed. Le livre de poche, 2018

Sensationnel selon Elle

Heureusement que je n’ai pas acheté ce livre sur ce seul critère parce que je n’ai rien trouvé dans ce roman qui justifie un tel qualificatif. Ni dans l’histoire, ni dans les personnages, ni dans le style l’auteur. Je suis peut-être passée à côté du propos mais pourtant je n’en ai pas l’impression puisque si je devais faire un autre résumé de l’ouvrage je dirais qu’il est question d’amitié certes profonde mais également profondément toxique entre deux personnes qui n’étaient pas censées se rencontrer. De plus, j’ai appris deux, trois choses sur une époque désormais révolue. Cependant, je ne crois pas que cela suffise pour recommandé un livre…couv67236070[1]

J’ai trouvé l’histoire intéressante, les personnages aussi. C’est vrai qu’il y a quelque chose de fascinant dans cette amitié presque morbide entre Truman et Babe mais à part cet élément central et moteur, force est de reconnaitre qu’il m’aura fallu 200 pages pour véritablement rentrer dans l’histoire et dévorer les 200 dernières… Pour un roman qui compte 470 pages (si l’on exclu la note de l’auteur), c’est quand même un sacré déséquilibre ! Remarquez, c’était peut-être cela le sensationnel dans l’histoire finalement ?… Ou peut-être que les romans qui traitent des apparences d’une manière ou d’une autre ne sont simplement pas fait pour moi.

Le style est plutôt simple et compréhensible tout en retranscrivant cette élégance des Cygnes dont parle Melanie Benjamin. Néanmoins, la structure m’a laissée perplexe plus d’une fois et c’est sûrement la raison pour laquelle je ne suis pas rentrée dans cette histoire pourtant non dénuée d’intérêt.

Conclusion

Ce n’est certainement pas un livre qui me laissera un souvenir impérissable. J’aurais aimé l’apprécier d’avantage, ne serait-ce que pour Barbara Paley, cette femme extrêmement tout mais surtout extrêmement fragile et seule derrière les apparences. Malheureusement, ça n’a pas été le cas. Je ne peux pas être totalement négative, je suis peut-être passée à côté de cette lecture-ci. A ce propos si vous l’avez lu, je serai curieuse de savoir ce que vous en avez pensé, ce que vous avez aimé ou non…

Bande-Dessinée/Comics

[BD] The Amazing Spider-Man : La chute de Parker

Comic acheté en même temps que celui sur Catwoman, il est cosigné Dan Slott, Christos Gage et Stuart Immonen et présente un Peter Parker qui n’est pas sous son meilleur jour. En effet, ce dernier est au plus mal après la faillite de son entreprise, la bien nommée Parker Industries. Le trentenaire tente de faire face tant bien que mal à l’opinion catastrophique que les gens ont de lui puisque beaucoup ont perdu soit leur emploi soit de l’argent dans cette affaire… Heureusement pour Peter, il peut compter sur ses amis et sur Spider-Man pour lui remonter le moral. Le tisseur continue de veiller sur New-York et de fait, il bénéficie toujours d’une grande popularité auprès des habitants, contrairement à l’homme derrière le masque…

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J’ai énormément apprécié le traitement du personnage de super-héros ici, comme s’il s’agissait de deux personnages dissociés – Peter Parker et ses déboires d’un côté et Spider-Man toujours fidèle à son poste de super-héros. Le scénario est peu commun bien que Marvel soit désormais coutumier de ce genre de situation ; les scénaristes contemporains ne prennent plus vraiment de gants avec ses êtres qui sortent de l’ordinaire et n’hésitent pas à les malmener un peu en les montrant au fond du trou comme c’est le cas ici, ou bien bel et bien morts – tant pis s’il s’agissait de votre chouchou, vous vous en remettrez ! En général, ce procédé rend les personnages plus humains et le phénomène d’identification n’en est que plus fort, surtout si le personnage en question arrive à rebondir…

Ce comics tourne autour de cette thématique c’est un bon point pour cet ouvrage. De plus, les dessins sont agréables à regarder je trouve, même s’ils ne sont pas saisissants il faut dire ce qui est. Les dessins sont corrects mais le scénario est vraiment bon ; mon ressenti concernant les dessins est sûrement au fait que ces derniers sont dessinés par au moins deux personnes différentes, chose qui me gêne habituellement beaucoup plus car cela entame l’unité de la BD ou du comics.

Cette fois-ci ça a été différent. En effet, plusieurs histoires ont été rassemblées dans cet album autour de la thématique « Peter Parker au fond du trou » ou du moins, c’est ainsi que je l’ai perçu et du coup, je n’ai pas trouvé cela dérangeant que plusieurs personnes interviennent au niveau du dessin (ou moins que d’habitude disons). J’ai eu l’impression d’avoir plus à lire mais je pense que cela relève plus d’une illusion que d’autre chose !

Cela étant dit, j’espère qu’il y aura un tome 2 (et le petit 1 en bas de la tranche le laisse entendre) parce que la fin de la dernière histoire est vraiment savoureuse. En même temps, il est question du Bouffon vert et de Carnage… Que du bonheur pour les fans des aventures de Spidey !…

Littérature

[SF] [Classique] Des Fleurs pour Algernon – Daniel Keyes

J’ai terminé il y a peu Des Fleurs pour Algernon de Daniel Keyes. C’est la quatrième de couverture qui m’a poussée à acheter ce livre, parce que c’est un très bon résumé de l’histoire tout en suscitant la curiosité du lecteur. Une inconnue demeurait malgré tout : l’ouvrage classé Science-fiction, bien loin de mes lectures habituelles. L’occasion pour moi de sortir de ma zone de confort.

Des Fleurs pour Algernon, édition augmentée

Le roman

Pour autant que je me souvienne, la Science-fiction est longtemps restée un monde impénétrable pour moi, la faute sans doute à de trop nombreux a priori et à Aldous Huxley et son Meilleur des mondes… et puis l’année dernière grâce à des films d’anticipation (Seven Sisters et The Circle en tête), j’ai pu me rendre compte que la SF, c’était aussi pour moi à condition de trouver le bon angle d’approche.

Pour en revenir à Algernon, c’est apparemment un classique du genre ; enfin c’est l’annotation que j’ai retrouvé en marge d’un cours de philo de terminale. Je suppose que c’est le cas, même si je n’en avais jamais entendu parlé avant de mettre la main dessus. C’est l’histoire émouvante de Charlie Gordon et d’Algernon, une petite souris de laboratoire. Cette dernière a subi une opération qui décuple considérablement son intelligence et elle semble y survivre bien mieux que ses congénères du laboratoire. Forts de cette réussite, les docteurs Nemur et Strauss de mener l’expérience sur un humain. Le candidat retenu pour mener à bien cette nouvelle étape de l’expérience, et ainsi valider les recherches des deux scientifiques, s’appelle Charlie Gordon. Il a la particularité d’être simple d’esprit mais il possède une motivation hors norme : celle de devenir plus intelligent à tout prix. Dès lors son destin se retrouve lié à celui d’Algernon…

Couverture Des Fleurs pour Algernon

C’est un roman très émouvant. Très philosophique aussi. Néanmoins, il reste accessible et compréhensible par le plus grand nombre. J’ai beaucoup aimé faire de la philo sans en faire véritablement ; disons que certains concepts sont présent sans être stériles. La réflexion est très poussée et le vocabulaire relativement simple, malgré un ou deux passages un peu ardu… Ce n’est pas pour autant que je relirais Platon malgré tout.

Des Fleurs pour Algernon est une belle illustration de ce courant de pensée. La seule question qui subsiste à la fin de la lecture est celle-ci : le savoir et la connaissance nous rendent-ils plus heureux ?

L’édition augmentée

La deuxième partie de cet ouvrage présent un essai autobiographique de Daniel Keyes ainsi que la nouvelle originale, Des Fleurs pour Algernon. Je me suis d’avantage intéressée à l’essai de l’auteur dans lequel il revient sur les détails qui l’ont aidé à la rédaction Des Fleurs pour Algernon, qu’il s’agissent du roman ou de la nouvelle.

L’essai simplement mais joliment intitulé Algernon, Charlie et moi comporte 200 pages et se découpe en 4 parties. Les deux premières parties concernent l’élaboration du roman avec la « rencontre » de l’auteur avec Charlie et Algernon – il est important que tout ne s’est pas fait du jour au lendemain et qu’il s’agit d’un cheminement qui remonte aux années de fac de l’auteur. Daniel Keyes prend également le temps de revenir sur l’importance qu’à eu la psychanalyse dans sa vie et donc in fine, l’influence qu’elle a eu sur son œuvre. D’autant plus qu’il rend la chose assez drôle à lire. Les troisième et quatrième parties portent sur des considérations beaucoup plus littéraires. On y découvre les multiples tourments de l’auteur de l’écriture du premier jet et son combat de tous les instants afin que son histoire ne soit pas dénaturée par les éditeurs à qui il la proposait. Cela permet de voir une méthode d’écriture parmi tant d’autres. De quoi donner de l’espoir à tous les (futurs) écrivains en herbe…

Daniel Keyes revient également longuement sur le succès de son histoire, en allant de sa forme littéraire jusqu’à son application dans la vie réelle (si je puis dire) lorsqu’une souris de laboratoire a vu son intelligence augmentée artificiellement lors d’une expérience en 1999. Bien sûr, il y a eu nombre d’adaptations pour le cinéma et la télévision mais plus surprenant : une comédie musicale qui n’a pas rencontrée son public. L’inverse l’aurait été.

Conclusion

Peut-être que je lirai un jour la nouvelle originale mais pour l’heure et pour le bien de cet article, je vais m’en tenir à la forme romanesque de cette histoire. Il y a rarement des histoires qui me touchent et m’émeuvent à ce point. Bien que le propos soit différent, je n’hésite pas à classer le roman de Daniel Keyes dans la même catégorie que Dites-leur que je suis un homme d’Ernest J. Gaines. Il y a la même puissance dans ces deux ouvrages, tous les deux profondément remplis d’humanité, d’émotions et de bienveillance. Si vous ne l’avez encore jamais lu, Des Fleurs pour Algernon est un classique de la SF à lire d’urgence.

Bande-Dessinée/Comics

[BD] Selina Kyle : Catwoman, Tome 1

Il y a bien longtemps que je n’ai pas présenté de BD ou de Comics ici, malgré celles qui attendent sagement leur tour, et je compte bien rattraper cette méprise avec ce petit bijou, signé Joëlle Jones au scénario et aux dessins.

Un bijou à croquer à pleines dents

J’annonce la couleur tout de suite : j’ai adoré. D’une part, parce que j’adore le personnage de Catwoman (la version Selina Kyle) tantôt criminelle, tantôt justicière ; j’estime que c’est un des personnages les plus réussis de DC Comics grâce aux nuances dont est doté le personnage et c’est peut-être également un des plus complexes dans l’univers de Batman, avec le Chevalier Noir évidemment et le Joker.

D’autre part, il y a la plume et les dessins de Joëlle Jones qui ont fini de me convaincre. Je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas d’une Origin story à proprement parler, même si l’auteur prend le temps de revenir sur l’enfance de Selina et sa sœur Maggie. Le scénario tient la route mais il s’agit d’un premier tome. Il faudra voir comment il évolue dans le temps. Concernant les dessins, si vous aimez les œuvres pop art de Roy Lichtenstein les dessins ont de grandes chances de vous plaire.

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Conclusion

Ce premier tome mettant en scène la voleuse la plus féline et la plus célèbre du monde est une réussite et annonce une série prometteuse. Cependant, je vais me montrer prudente concernant les tomes à venir ; si celui-ci traite de sujets actuels, le scénario est presque convenu et prévisible. Donc j’espère que les tomes à venir arriveront à me surprendre, affaire à suivre… En attendant, les dessins sont très agréables et très féminins et les dessins de couverture une splendeur.

Littérature

[V.O] [Contemporain] Brooklyn – Colm Tóibín

Nous sommes au début des années cinquante, et c’est l’histoire d’Eilis Lacey, jeune fille irlandaise qui vit dans une petite maison avec sa mère et sa sœur ainée, Rose. La perspective d’un avenir heureux en Irlande pour Eilis est faible voire inexistant. C’est pourquoi, lorsque l’occasion se présente, Rose arrange pour sa sœur un allé simple pour New-York et c’est ainsi que la pauvre Eilis se retrouve bien malgré elle à faire un voyage qu’elle n’a pas choisi, pour le meilleur et pour le pire…

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Ce livre c’est en fait un peu de meilleur pour beaucoup de pire. Pour vous la faire courte une déception totale et complète, pratiquement du début à la fin. Heureusement que le livre ne comptait que 250 pages et qu’il était en version originale, sinon je l’aurais abandonné sans le moindre scrupule… mais comme je voulais absolument relire quelque chose en V.O, ça m’a permis de tenir le cap et de me rendre compte que cet auteur n’était pas du tout pour moi. Un style très descriptif avec trop de tournures de phrase en indirect libre, très peu pour moi en français mais alors en anglais c’est vite devenu un calvaire pour moi alors que j’ai un assez bon rythme de lecture, habituellement, même en anglais. Donc j’ai laissé Brooklyn trainé en longueur, malgré ses 250 pages…

Il faut dire qu’il ne s’y passe pas grand-chose et aussi que je m’attendais probablement à autre chose, ayant déjà lu quelques récits traitant du même sujet auparavant. J’ai trouvé l’atmosphère du livre globalement déprimante mais paradoxalement très irlandaise aussi. Une sorte de joie dans le désespoir, comme c’est souvent le cas dans la littérature irlandaise. C’aurait pu être une bonne chose, d’autant que le sujet de l’immigration s’y prête bien mais malheureusement le style de l’auteur m’a sorti du roman et je n’ai pas pu me remettre complètement dedans, malgré une troisième partie absolument réussie.

Conclusion

Brooklyn de Colm Tóibín n’est pas sans rappeler des auteurs tels que Frank McCourt ou encore Edna O’Brien, dont le Country Girls m’a donné bien des sueurs froides lors de mes deux premières années de Licence, et s’il est certain que l’on retrouve cette atmosphère si particulière des auteurs irlandais en général, on ne peut pas dire que je me sois passionnée pour cette traversée outre-Atlantique. Pour moi, ce livre n’a eu aucun intérêt et je suis même impatiente de commencer autre chose pour oublier ce désastre, alors que j’avais sélectionné ce livre pour sa longueur, son sujet et aussi à cause de l’adaptation cinématographique qui en a été faite, avec Saoirse Ronan dans le rôle titre. Autant vous dire que je ne suis pas du tout certaine de visionner le film tant cette lecture s’est apparentée au calvaire pour moi…

Littérature

[Contemporain] Le nœud de la sorcière – Deborah Harkness

C’est de loin celui que j’ai le moins aimé malheureusement. Pourtant, c’était très bien parti avec un début de tome en fanfare, digne du premier volume mais cela n’a pas duré et mon enthousiasme est vite retombé. Résultat : ma lecture a trainé en longueur et m’a laisser un peu d’amertume au moment de faire mes adieux à mes compagnons de route…

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Un tome plein de nœuds…

Une fois n’est pas coutume, nous retrouvons nos héros et leurs amis où nous les avions laissés pour suivre la suite et la fin de leurs aventures. L’élément à retenir c’est que la menace qui planait au dessus de Diana et Matthew se concrétise enfin, puisqu’à leur retour du passé, les deux tourtereaux apprennent avec effroi qu’un membre de leur entourage est mort afin de protéger Diana. Outre cela, les enjeux ont encore évolués puisque la jeune femme est désormais enceinte de Matthew. Ce qui fait que c’en est trop et que cette fois la Congrégation a décidé d’agir pour sauver le Pacte signé il y a bien longtemps…

Si cette partie là est intéressante et se lit d’une traite, on ne peut pas en dire autant de la partie suivante qui voit Matthew tenter de régler un problème familial qui court depuis plusieurs siècles et qui doit être résolu au plus vite pour la sécurité de tous. Les enchainements sont logiques mais l’ensemble est loin d’être aussi captivant que les deux précédents tomes, malgré un assez bon rythme malgré tout. Pour une raison qui m’échappe, j’ai parfois eu l’impression que tout était brouillon et mélangé ; c’était peut-être volontaire mais les deux premiers tomes m’avaient habituée à ce que les choses soient claires et précises, en plus d’être carrées.

Cela dit, mon ressenti ne me surprend pas. Il s’agit du dernier tome de la saga, c’est un tome de résolution : tout est censé rentrer dans l’ordre à la fin et c’est effectivement le cas. Il est donc normal qu’il se passe un peu moins de choses et que le rythme du livre soit un peu différent.

Conclusion

Si vous avez lu et aimé, je l’espère, les tomes 1 et 2 de cette trilogie, vous ne pouvez pas faire l’économie de celui-ci. Bien qu’il soit moins bon que le reste, ce tome reste dans la lignée des deux autres : il boucle l’histoire et lui apporte une fin définitive bienvenue. On peut déplorer que le rythme soit un peu inégal avec une sorte de ventre mou où l’intrigue à tendance à partir un peu dans tous les sens, quand elle ne s’enlise pas. Mais le début flamboyant et la dernière partie (qui correspond au dernier tiers du livre) réussissent à captiver suffisamment le lecteur pour lui laisser un bon souvenir de lecture. Cela est resté un plaisir de découvrir cet univers qui peut faire peur avec environ 2700 pages à lire, réparties en trois volumes.

D’un point de vue général, Deborah Harkness a donné à découvrir au lecteur un univers complexe et très bien construit qui repose sur les thèmes fascinants que sont l’alchimie, l’histoire de l’évolution au travers de la recherche scientifique et la génétique. L’auteur est parvenue à rendre compréhensible par tout un chacun ces sujets d’ordinaire complexes et obscures, parce qu’elle y a mêlé une part de rêve et de fantastique. L’ensemble est tellement logique et réaliste que le lecteur se prend à croire à l’existence de la pierre philosophale et autres procédés alchimiques, et c’est ce qui fait la beauté de cette trilogie. Trilogie littéraire qui restera une de mes meilleures expériences de lecture pendant encore un moment.

Trilogie All Souls

Littérature

[Contemporain] L’école de la nuit – Deborah Harkness

J’ai lu L’Ecole de la nuit quasiment dans la foulée du premier tome, entre juin et juillet. J’ai cependant tardé à écrire le brouillon, raison pour laquelle l’article n’arrive que maintenant. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette suite m’a beaucoup surprise, et dans le bon sens du terme.

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L’école de la nuit, une suite très ambitieuse

Nous retrouvons donc nos héros, Diana Bishop et Matthew Clairmont, là où nous les avions laissés avec le projet de ce rendre dans le passé pour échapper à la Congrégation qui ne voit pas d’un très bon œil cette relation amoureuse entre les deux créatures. L’occasion pour Deborah Harkness de s’amuser un peu avec l’Histoire… C’est ainsi que l’on retrouve Diana et Matthew en 1592, en pleine Ere Elisabéthaine, afin d’espérer pouvoir mettre la main sur le livre perdu des sortilèges dans sa version d’origine et donc complète. Sur le papier le plan est d’une simplicité enfantine : localiser puis récupérer l’ouvrage pour le mettre en sureté dans le présent du XXIème siècle. Sauf qu’évidemment, comme toujours avec les plans trop simples, les complications ne tardent pas à arriver…

Je vais être honnête, j’ai trouvé ce deuxième tome un peu long à démarrer à cause des considérations pratiques qu’entrainent ce voyage temporel. Cependant, sans cette partie sur l’acclimatation et la vie domestique du couple dans cette nouvelle époque, il aurait été impossible de terminer le livre qui compte plus de 900 pages. Heureusement, la situation se décante relativement rapidement et le lecteur est embarqué dans cette nouvelle aventure palpitante.

Encore une fois, comme pour le précédent tome, tout est logique et étonnamment simple à comprendre alors qu’il est question de voyage dans le temps et de ses répercussions dans le présent de Diana et Matthew. D’ailleurs, les paradoxes temporels n’existent pas dans cet univers, ou du moins pas dans la forme qu’on leur connait habituellement. Je ne vais pas me lancer dans des explications détaillées sans quoi cet article deviendrait beaucoup trop long mais pour faire simple : le Matthew Clairmont du XXIème siècle remplace temporairement sa « version » du XVI, le temps de son séjour avec Diana. Quant au reste, je ne peux que vous encourager à lire le livre !

Venons-en maintenant aux différents points forts de cet opus, et ils sont assez nombreux ; ce qui m’a donné du fil à retordre dans l’écriture de cet article soit dit en passant… J’ai eu du mal à savoir par où commencer mais en premier lieu je dirais une chose toute bête et pourtant capitale dans l’écriture d’un roman :

  •  Le plaisir qu’a eu Deborah Harkness à écrire son livre. On sent le plaisir qu’elle a eu à l’écrire parce qu’elle s’amuse, avec la complicité du lecteur, à détourner certains faits historiques (qu’ils soient minimes ou de plus grande importance). Deborah Harkness s’est appropriée les faits et les personnages historiques de façon tout à fait brillante, tout en veillant à les intégrer de manière cohérente à l’histoire qu’elle voulait raconter. D’où l’apparente simplicité de l’intrigue. Au risque de me répéter et de vous saouler, mais les évènements s’enchainent logiquement et tout tombe sous le sens. Néanmoins je garde à l’esprit que certains « faits » ne sont ni plus ni moins que des interprétations de suppositions faites par des historiens de métier et qui servent l’intrigue ou l’atmosphère du roman.
  • C’est le deuxième point fort justement ; ce tome est beaucoup plus sombre et inquiétant. Cela s’explique par l’époque dans laquelle se déroule l’histoire, propice à l’espionnage et aux intrigues de cour. Les descriptions sont faites toute en finesse et glace parfois le sang, ce qui offre une ambiance immersive au lecteur qui assiste à une véritable partie d’échecs entre les deux camps qui s’affrontent pour retrouver l’Ashmole 782.
  • Un tout petit mot enfin, sur les personnages secondaires. Ils sont tous très réussis parce qu’ils sont suffisamment complexes pour être intéressants en eux-mêmes, sans être de simples faire-valoir de Matthew et/ou Diana. Bien sûr, ils y a quelques exceptions mais rien de bien grave.

Conclusion

Si vous avez aimé le premier volume des aventures de Diana Bishop et de son compagnon, il y a de grandes chances que vous aimiez celui-ci également. Bien qu’il est du mal à se lancer, ce deuxième tome parvient à tenir toutes ses promesses dans une ambiance plus lourde, feutrée et sombres où les enjeux sont encore plus élevés. Deborah Harkness maitrise son sujet sur le bout des doigts, ce qui lui permet de s’amuser avec en emmenant le lecteur dans son monde. Bref, L’Ecole de la nuit est une réussite !

Littérature

[Contemporain] [Découverte] Le Livre perdu des sortilèges – Deborah Harkgness

Ne jamais faire de promesses inutiles que l’on pense tenir. Les deux promesses que je m’étais faite se résumaient à peu de choses près à cela : 1- Ne plus lire de séries littéraires, faute de place et parce que je trouve que c’est une contrainte en soi (les premiers tomes de la série étant généralement les meilleurs de la saga). 2- Ne plus rien lire qui fasse mention de vampires depuis le canon imposé par Stephenie Meyer et de ce fait, tous les buveurs de sang modernes se ressemblent tous plus ou moins, in fine.

Promesses non tenues. Quoique la première promesse plus vite à cause de Stephanie Garber et sa flamboyante série Caraval. La seconde promesse aura tenue un peu plus longtemps, avant que Deborah Harkness ne réduise tout à néant, sans me demander mon avis évidemment.

Je voudrais également rendre hommage au vendeur de chez Decitre qui a parfaitement su que j’allais engloutir ce pavé en moins de temps qu’il en faut pour le dire. Un conseil : ne mettez jamais en doute les conseils d’un vendeur qui vous a repérez et qui connait vos goûts en matière de littérature. Le sourire en coin d’un vendeur qui parle en connaissance de cause est redoutable : Oh… Lisez-le. On en reparle volontiers quand vous repasserez au magasin, si je travaille, le fameux sourire. Et le mal était fait.

Ceci dit, une fois acheté (en format poche) le livre ne m’a pas séduite immédiatement et est resté un petit http___4.bp.blogspot.com_-vNfGwKtFnBA_T3nN-VleJHI_AAAAAAAAAUE_fIJgg967KOs_s1600_le-livre-perdu-des-sortileges[1]moment de côté, le temps que je me décide que c’était le bon moment. Le bon est arrivé plus vite que prévu, lundi 3 juin 2019, en fin d’après-midi par curiosité et également un peu par défi ; pas à cause de ses 832 pages et 43 chapitres (j’ai lu bien d’autres pavés avant celui-ci, avec un enthousiasme différent à chaque fois). Pour le coup, je crois qu’il était plus question d’orgueil et d’amour propre avec un soupçon de curiosité : je voulais montrer au vendeur et à moi-même que ce n’était pas parce que j’avais lu la trilogie du Seigneur des Anneaux et les deux premiers tomes de Caraval en un temps record que j’allais forcément apprécier cette nouvelle saga littéraire. EPIC FAIL, GAME OVER. Moralité : Ne soyez jamais trop sûrs de vous.

Voilà pour le côté « anecdote » sur comment cet ouvrage est arrivé entre mes mains. Nous sommes le samedi 8 juin 2019, je viens de terminer ma lecture depuis quelques heures et à l’heure où j’écris ces lignes, la question que je me pose le plus concernant ce livre c’est : Qu’est-ce qui m’a tellement plu dans ce livre, pour que je n’ai que cela en tête depuis ces derniers jours ?…

Le Livre perdu des sortilèges, chronique d’un amour interdit

La réponse la plus spontanée et aussi la plus honnête est celle-ci : à peu près tout. C’est pourtant une histoire assez classique d’un amour interdit entre deux êtres que normalement tout oppose. Bref, un schéma vu, revu et corrigé depuis des siècles, depuis Roméo & Juliette… Et comme dans tout livre mettant en scène des créatures issues de la mythologie ou de l’univers fantastique, il y a des poncifs et quelques lieux communs dans celui-ci aussi, et je comprends parfaitement que cela agace et dégoute le lecteur. Après tout, les deux personnages principaux sont clairement stéréotypés puisque lui est grand, brun, taillé dans un corps d’Adonis et elle, est plutôt petite, blonde avec de grands yeux bleus et farouchement indépendante. De plus, le lecteur se doute assez rapidement de comment va évoluer la relation entre les deux ; c’est attendu sans vraiment l’être en même temps et clairement, c’est un des meilleurs livres traitant de fantastique que j’ai lu récemment, malgré tous les stéréotypes et toutes les caractéristiques que l’on retrouve d’un livre à l’autre.

Les lieux et les ambiances qui en découlent sont décrits à la perfection, les personnages sont extraordinaires, au sens premier du terme, et complexes avec une réelle profondeur psychologique qui dépasse le stade de : il/elle m’est interdit et du coup il/elle me fascine et je finis par en tomber amoureux/euse, même si ce schéma est bien présent attention ! J’ai dit qu’il y avait des poncifs dans ce livre.

Néanmoins malgré ces poncifs et autres stéréotypes qui caractérisent les personnages, ils évoluent dans un univers aussi simple que complexe : simple parce qu’on part de notre réalité et complexe parce qu’il y est question de créatures surnaturelles, d’alchimie, de légendes, le tout mêlé avec des recherches scientifiques bien réelles sur les origines de l’humanité et son évolution. Je crois justement que mon enthousiasme débordant concernant ce roman est dû à son intrigue époustouflante remplie de rebondissements, qui, bien qu’ils soient plutôt classiques, ne donnent pas l’impression d’être attendus. Il faut ajouter que cette complexité dans l’intrigue tient au fait que Deborah Harkness est professeur d’université en Californie du sud et que son domaine de recherches comprend l’histoire des sciences et de la magie en Europe du XVI au XVIII siècle, et le moins que l’on puisse dire c’est que cela imprègne véritablement son roman sans en faire une thèse académique universitaire. Mais ses recherches servent grandement son œuvre : tout y est calculé, réfléchi, logique même alors que l’alchimie et la magie sont au cœur de ce roman. Personnellement, j’appelle cela un coup de maitre.

L’autre aspect intéressant de ce roman fantastique est lié aux personnages eux-mêmes et aux différentes thématiques qu’ils permettent d’aborder et qui sont malheureusement encore d’actualité. Je trouve que c’est bien fait et cela permet de faire passer un message bien précis sous couvert d’une œuvre fantastique. Ainsi sont traités pêle-mêle l’homosexualité et le droit d’aimer la personne que l’on désire, la relation entre science et « spiritualité », le rejet de l’autre pour sa différence etc, etc…

Conclusion

Deborah Harkness signe un premier roman envoûtant que j’ai eu bien du mal à lâcher. C’est un savant mélange de réalisme et de fantastique ; assez étrangement, on en deviendrait presque convaincus que l’alchimie et la sorcellerie sont des sciences à part entières, grâce au travail titanesque de l’auteur sur le sujet. Les thématiques abordées participent aussi à la richesse de cette œuvre bien trop complexe pour être résumée sans tomber dans des clichés sans saveurs. Une chose est sûre : si vous aimez ce genre de littérature, allez-y les yeux bandés, vous ne regretterez pas le voyage. Je vous le garantis ! En ce qui me concerne, j’attends de commencer le Tome 2, L’école de la nuit, dans l’espoir que ma lecture soit au moins aussi enthousiasmante que celle du premier tome. Cependant, j’appréhende et j’attends Deborah Harkness au tournant…

Article rédigé le 09/06/2019 et la veille au brouillon.