Littérature

Les abandonnés

Il m’arrive rarement d’arrêter ma lecture en cours de route mais ça m’arrive parfois. Ce fut le cas des deux livres qui concernent cet article : Watership Down de Richard Adams et L’invitation d’Elizabeth Day. En ce qui me concerne, je trouve que c’est toujours un peu délicat de parler de livres que je n’ai pas aimés ou que j’ai abandonnés en cours de route.

Watership Down – Richard Adams

L’abandon de celui-ci m’a pesé sur la conscience un moment. J’ai essayé de pousser la lecture par deux fois parce que c’était un cadeau de Noël mais rien à faire… Deux essais, deux échecs. Je crois que cela tient de l’histoire ; j’imagine que c’est très palpitant pour des enfants qui s’imaginent facilement des mondes à partir de rien et que faire de lapins les héros d’une aventure est concevable pour eux mais moi j’ai eu du mal ne serait-ce que pour m’attacher à Hazel. J’ai également éprouvé des difficultés à me représenter les décors et certaines actions (pourtant décrits avec minutie par l’auteur). Cela a eu pour conséquence directe de me détacher du récit et c’est à cause de ce détachement face à cette lecture que j’ai pris la décision d’abandonner ma lecture.

Cependant, et histoire de ne pas complètement noircir le tableau, je comprends tout à fait que ce livre puisse plaire à un lectorat plus adultes parce que Watership Down peut avoir plusieurs niveau de lecture et il est assez simple de trouver des correspondances avec d’autres ouvrages, d’autres histoires destinées à des adultes. Je pense notamment à l’Odyssée ou la Bible pour ne citer que cela.

Concernant l’adaptation en série par Netflix, même constat. Malheureusement, elle ne m’a intéressée pas outre mesure malgré sa durée plus qu’acceptable – 4 épisodes d’une heure environ – et de nombreuses qualités tant au niveau graphique qu’au niveau doublage des personnages par un casting de rêve, James McAvoy, John Boyega et Ben Kingsley en tête. Elle aura au moins eu l’avantage de fixer par l’image ce que je ne suis pas arrivée à imaginer à la lecture.

Conclusion : les lapins, ce n’est pas pour moi.

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L’invitation – Elizabeth Day

Voilà un livre dont j’avais beaucoup entendu parlé sur la blogosphère, notamment cet article qui m’a fortement poussé à garder le titre et l’auteur dans un coin de ma tête, donc lorsque je suis tombée dessus par hasard à la médiathèque, je me suis laissée tentée et j’ai répondu à l’invitation en l’empruntant. Et j’ai bien fait puisque dans un premier temps, c’est ma mère qui l’a lu en un temps record. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle a beaucoup aimé et moi, j’y ai vu un bon signe comme quoi j’allais très probablement aimé aussi.

Eh bien non. Je ne me suis pas ennuyée mais loin. Pourtant le tout est très bien écrit, l’intrigue qui tourne autour de la relation des deux personnages principaux – Ben Fitzmaurice et Martin Gilmour – est très complexe et pleine de non dits, ce qui crée une atmosphère particulière, pesante et pleine de suspense. C’est assez violent en fin de compte, et c’est peut-être cela qui m’a dérangé… Ou alors, la narration non linéaire ? En tout cas, ce n’est certainement les personnages qui m’ont fait abandonnés ce livre. En fait, je ne me l’explique pas vraiment cet abandon. Peut-être que ce n’était simplement la bonne période pour le lire ; peut-être une simple question d’état d’esprit après tout ! Quoiqu’il en soit, je pense que je retenterais la lecture de L’invitation dans quelques temps parce que rester sur un constat d’échec avec un livre si bien construit est quelque peu frustrant…

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Bande-Dessinée/Comics

[BD] Milady, ou le Mystère des mousquetaires

Cela faisait un petit moment que je n’ai pas présenté de BD sur le blog, donc je vais y remédier tout de suite. Hier j’ai (enfin) ouvert (et lu) le travail de Sylvain Venayre et Frédéric Bihel, d’après le classique d’Alexandre Dumas. Assurément, une lecture en demi teinte qui m’a un peu déçue… J’attendais probablement autre chose de cette bande dessinée ; sûrement la faute au bandeau très accrocheur : « Et si le véritable héros des Trois Mousquetaires était une femme ? »

Entre bonnes idées et maladresses

A l’achat, j’ai été très enthousiasmée par cet ouvrage. Une réécriture qui plaçait une femme au centre de l’action, et quelle femme ! puisqu’il s’agit en fait de Milady de Winter. J’ai trouvé l’idée excellente de replacer une figure féminine au centre d’une histoire de capes et d’épées qui transcrit l’amitié masculine, le courage et la loyauté. D’autant que l’histoire originale est respectée et on retrouve bien tout les éléments marquants du livre de Dumas, mais du point de vue de l’espionne cette fois.

Cependant, le traitement des autres personnages m’a quelque peu déroutée. En effet, les personnages masculins sont presque tous réduits à une caricature de genre : ils sont souvent complètement idiots et pensent avec leurs attributs, coucou d’Artagnan, soit violents, coucou Athos, voire de grands manipulateurs sadiques mais sur ce dernier point c’est effectivement le cas dans le roman donc je ne peux pas contredire les auteurs de la BD à ce sujet. J’attire votre attention sur le fait que ma critique ne porte évidemment sur le fait de vouloir casser l’image un peu lisse que l’imaginaire collectif a construit autour des mousquetaires pour mettre en avant le seul personnage féminin – c’est une bonne chose. Seulement, j’ai eu l’impression que pour atteindre leur but, les auteurs sont tombés dans une caricature involontaire : toutes les femmes sont calculatrices, conspiratrices et veulent se venger des hommes ; et tous les hommes sont des brutes épaisses qui sont guidés par leur instinct primaire d’animaux en rut.

Bien sûr, je ne suis pas naïve et je sais bien les hommes sont parfois des monstres et ce, quelle que soit l’époque mais je sais aussi que tous les hommes ne sont pas comme ça et qu’il y a des hommes qui traitent les femmes correctement. Il en va de même pour la gent féminine d’ailleurs. Pour en revenir à la BD, je trouve qu’elle a manqué sa cible malgré une bonne idée de départ. J’irai même plus loin : les pages que j’ai trouvé le plus intéressant à lire ont été celles de la préface et de la postface, dans lesquelles Sylvain Veynaire explique les raisons de sa démarche et approfondit la question de la place du personnage de Milady dans Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas, soit 8 pages (qui ne comptent même pas dans la bande dessinée). Était-ce vraiment la peine de faire une BD ?… J’ai ma petite idée sur la réponse à cette question.

Néanmoins, les dessins de Frédéric Bihel sont très plaisants, d’autant qu’ils changent des dessins que l’on peut croiser. J’ai beaucoup aimé ces dessins en noir et blanc, avec cette impression de croquis sur les personnages. Je pense d’ailleurs que c’est soit on aime soit on n’aime pas parce que c’est très particulier. Presque atypique. Malheureusement, cela ne suffit pas à sauver cette bande dessinée et c’en est presque dommage.

Couverture Milady

Littérature

[Découverte] [Contemporain] Wild – Cheryl Strayed

Pour bien démarrer la semaine, je vous emmène prendre un grand bol d’air frais aux Etats-Unis, avec cette lecture où l’on découvre une nature préservée, immense et où les gens que l’on croise ont de grandes chances d’être absolument admirables et fort sympathiques ; Cheryl Strayed, une journaliste américaine, se confie sans détour au travers de ce livre, très touchant. J’ai vraiment adoré ce moment de lecture hors du temps en sa compagnie.

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Ce livre, Wild, c’est un récit de vie à la limite de l’autobiographie. C’est un genre que j’aime bien généralement mais je peux facilement comprendre que ce genre littéraire rebute certaines personnes parce que c’est un genre qui peut ennuyer rapidement le lecteur pour diverses raisons (style, contenu…). C’était une crainte que j’avais à vrai dire, et c’est peut-être pour cela que j’ai mis si longtemps avant de lire cet ouvrage alors que je l’avais acheté il y a trois ans de ça. Rétrospectivement, je regrette d’avoir attendu si longtemps mais mieux vaut tard que jamais. Pour en revenir à mes craintes concernant ce livre, j’avais effectivement peur de m’ennuyer, le sujet du livre étant un retour d’expérience de l’auteur/narrateur sur un des chemins de randonnée les plus célèbres du monde. Donc à part marcher et bivouaquer, j’avais peur que le rythme soit très lent, notamment à cause de descriptions interminables et monotones. Rassurez-vous rien de tout cela !

J’ai beaucoup, beaucoup aimé. Adoré même. Au point que les pages se tournaient quasiment toutes seules. Je pense que l’on doit cet effet de page-turner à son auteur Cheryl Strayed. Elle parvient à rendre compte d’une réalité triviale et monotone (parfois déprimante) à la perfection tout en y apportant des émotions intenses. Cela rend le récit dynamique et captivant. D’autant plus qu’il y a une forte identification avec elle, peut-être parce que Cheryl Strayed a effectué cette randonnée à 28 ans et que j’en ai 26… ? Il y a aussi son histoire personnelle qui déclenche cette envie et ce besoin de se lancer dans cette aventure extraordinaire, au sens premier du terme.

Lorsque, sur un coup de tête, Cheryl Strayed enfile son sac à dos, elle n’a aucune idée de ce qui l’attend. Tout ce qu’elle sait, c’est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de junky, Cheryl vacille. Pour tenir debout et affronter les fantômes de son passé, la jeune femme n’a aucune réponse, mais un point de fuite : tout quitter pour une randonnée sur le « Chemin des crêtes du Pacifique ». Lancée au cœur d’une nature immense et sauvage, seule sous un sac à dos trop lourd, elle doit avancer pour survivre, sur 1700 kilomètres d’épuisement et d’effort, et réussir à atteindre le bout d’elle-même.

Wild, Cheryl Strayed. Quatrième de couverture, ed. 10/18. 2014 puis 2016

En fait, Cheryl ne vacille pas : je dirais plutôt qu’elle perd totalement pied. Son défi est à la hauteur de la perte de sens de son existence : complètement fou. Autant vous dire que ce n’est pas à la portée de tout le monde de faire ça et surtout d’aller jusqu’au bout. Il faut une sacrée dose d’inconscience et de courage ! Cela dit, même si Cheryl Strayed donne l’impression d’être la Terminator de la rando, elle est un être humain comme les autres : au cours de son périple, elle est souvent morte de peur et à ce propos, ses réflexion sur la peur justement forment quelques unes des plus belles pages de ce récit. J’en veux pour preuve cet extrait de la page 85 :

« C’était un pacte que j’avais conclu avec moi-même quelques mois plus tôt, la condition indispensable pour pouvoir partir ainsi, seule. Je savais que si je laissais la peur m’envahir, mon voyage était voué à l’échec. La peur est en grande partie due aux histoires qu’on se raconte, alors j’ai décidé de me raconter autre chose que ce qu’on répète aux femmes. J’avais décidé que je ne courais aucun danger. J’étais forte. Courageuse. Rien ne pourrait me vaincre. M’en tenir à cette histoire était une forme d’autopersuasion, mais, la plupart du temps, ça fonctionnait. Chaque fois que j’entendais un bruit d’origine inconnue ou que je sentais quelque chose d’horrible prendre forme dans mon imagination, je le repoussais. Je ne me laissais pas impressionner. La peur engendre la peur. La puissance engendre la puissance. Et il n’a pas fallu longtemps pour que je cesse réellement d’avoir peur. »

Wild, Cheryl Strayed, p.85, ed. 10/18 ; 2014 puis 2016

Puisqu’on évoque ce passage, l’autre aspect qui en ressort et qui m’a frappé tout au long de ma lecture, c’est la portée profondément féministe de cet ouvrage et cela s’explique facilement : l’auteur est une femme, qui randonne seule et qui se définit elle-même comme féministe. Cheryl Strayed le revendique, et en 1991 alors qu’elle se trouve dans un environnement majoritairement masculin (tout du moins pendant la première moitié de sa rando) c’est quelque chose d’assez fort à lire. Ca fait du bien de se rendre compte assez concrètement que les femmes en ont dans le pantalon (parfois plus que les hommes d’ailleurs…).

Le film

C’était presque obligé : cette histoire poignante de rédemption sur un chemin de randonnée a eu droit à son adaptation au cinéma, avec Reese Witherspoon dans le rôle titre. Je crois qu’elle fait aussi partie des producteurs du film.

Honnêtement, je n’ai pas (encore) vu ce film et je me demande sincèrement si je vais le faire. J’ai un peu fait le tour des quelques critiques et reviews que j’ai pu trouvé, et le moins que l’on puisse dire c’est que c’est assez mitigé, pour ne pas dire mauvais. Et je n’ai pas envie de gâcher cette lecture qui m’a fait rêver et voyager ; je veux garder intact le souvenir d’une lecture superbe. Le film ternirait sans doute tout cela et je suis presque certaine d’être déçue par l’adaptation parce que je trouverais à redire à chaque scène.

Pour ceux que ça intéresse : Wild de Jean-Marc Vallée (2014) est disponible sur certaines plateforme de VOD comme iTunes par exemple.

Littérature

[Jeunesse] [Découverte] Le Chant des ronces – Contes de minuit et autres magies sanglantes; Leigh Bardugo

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé les contes (en témoigne ma désastreuse expérience lors de Noël dernier), qu’ils soient pour enfants ou pour adultes ; peut-être parce qu’ils reflètent la complexité de l’âme humaine tout en étant très simples, avec d’un côté les sentiments les plus nobles et de l’autre, les pires atrocités et les pires pulsions qui existent. En tout cas, il y a quelque chose de fascinant dans les contes. Cela vient probablement du fait que ces histoires sont d’abord faites pour être racontées avant d’être écrites et de ce fait, les contes font marcher l’imagination de l’auditeur à plein régime. Puis progressivement, le conte s’est figé dans une forme écrite, à la faveur de l’invention du livre et de l’imprimerie. Néanmoins, le recueil de contes occupe une place à part au milieu des autres ouvrages littéraires.

C’est justement un de ces ouvrages que je vous présente aujourd’hui : un recueil de contes écrits par Leigh Bardugo et superbement illustrés par Sara Kipin. En outre, rien que le livre (l’objet) en lui-même est une petite merveille : la couverture est solide et imite un genre de tissu brodé avec des dorures, les pages donnent l’impression d’être également reliées à la tranche par du tissu ; l’illusion d’avoir un livre ancien entre les mains est presque parfaite et conditionne déjà le lecteur – il s’apprête à lire quelque chose d’unique et son temps de lecture sera précieux. Personnellement, il ne m’en faut pas bien plus pour m’embarquer…

Couverture Le Chant des Ronces
Photo prise et retouchée par mes soins

Parfait pour rentrer dans l’univers de Leigh Bardugo

Je ne connaissais pas Leigh Bardugo avant de lire son recueil mais je sais qu’elle est l’auteur de la trilogie Grisha et de la duologie Six of Crows pour avoir aperçu les ouvrages en question en librairie. Les deux s’adressent à un public adolescent, à partir de 13 ans. Il en va de même pour le recueil de contes qui est indépendant du reste et cela constitue une belle porte d’entrée à  un énième univers de Fantasy qui semble être assez riche et très fouillé (de ce que j’ai pu lire pour préparer cet article), suffisamment en tout cas pour que Netflix s’y intéresse… Affaire à suivre donc.

Cependant, je ne pense pas lire le reste de ses travaux, à moins qu’ils ne soient disponibles à la médiathèque. Pour revenir au recueil de contes, j’ai adoré et c’est véritablement un coup de cœur inattendu, bien que je ne fasse pas partie du public cible.

Certains contes sont totalement inventés et d’autres sont inspirés par des contes bien connus, tels que Hansel & Gretel, Casse-noisette ou bien encore La Petite Sirène. Le point fort de tous ces contes, c’est qu’ils sont inattendus : aucun d’eux ne commence par la sempiternelle formule « Il était une fois » et aucun ne se termine par « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants« , ce qui est plus qu’appréciable et donne parfois une atmosphère bien plus sombre et inquiétante à l’histoire. A ce propos, les princesses ne sont pas en détresse, les princes (quand il y en a) ne sont pas présentés sous leur meilleur jour et le méchant n’est souvent pas celui auquel on pense en premier… Sans oublier que ces contes sont magnifiquement illustrés par des illustrations qui se déclinent dans des camaïeux de bleu, de rouge et de rose ; elles suivent le cheminement des différentes histoires de façon tout à fait originale et cela apporte une autre dimension aux contes et renforce également leur côté merveilleux.

Conclusion

Le Chant des ronces – Contes de minuit et autres magies sanglantes a été une révélation pour moi, malgré son appartenance à la littérature Jeunesse. C’est incontestablement un de mes coups de cœur pour cette année 2019. Les six contes présentés sont rafraichissants et novateurs, tout en reprenant certains codes du conte présents depuis des millénaires. Par ailleurs, les histoires sont de qualité égale et il m’a été très difficile de choisir un favori parmi les six. Je n’ai qu’un conseil à vous donner : lisez le recueil et choisissez par vous même… Excellent moment garanti.

Cinéma, Littérature

[Découverte] [Contemporain] Parfaite (You) Caroline Kepnes

Au risque de vous gaver avec un article supplémentaire sur le sujet, je m’en vais vous parler du phénomène Parfaite (You en anglais) de Caroline Kepnes. Je parle bien de phénomène puisque le livre a été publié en 2012 et était passé un peu inaperçu à l’époque… mais cela, c’était avant. Avant 2018 et Netflix ! Jackpot pour Caroline… Et on n’oublie pas de remercier la plateforme pour le petit coup de pouce sur les ventes du livre surtout !…

Ma rencontre avec Parfaite, le livre

Si je suis légèrement amère c’est parce que Parfaite est typiquement le livre qui rentre dans deux catégories (exclusive l’une de l’autre) : l’achat hasard – qui peut potentiellement débouché sur un truc, que l’expérience de lecture soit bonne, excellente ou au contraire simplement horrible… mais c’est le jeu lorsqu’on achète ses livres au hasard (comme il m’arrive de le faire parfois) – ou l’autre catégorie qui s’offre à vous c’est celle du non-achat – ces livres qui sont là mais que vous n’achèterez pas pour tout un tas de raisons.

Parfaite rentre dans cette seconde catégorie : rien ne me prédestinait à cet achat. Ni la couverture (très moyenne et pas du tout vendeuse selon moi) ni le résumé en quatrième de couverture (d’une médiocrité alarmante, genre : « il faut bien mettre quelque chose et cela fera l’affaire »). Bref, je suis passée à deux doigts d’ignorer complètement ce livre et son auteur et ma vie aurait continué comme si de rien n’était, dans une jungle littéraire luxuriante… C’était sans compter Joe Goldberg qui avait une histoire à raconter, la sienne et à qui Netflix a fait le plus beau cadeau qui soit : un corps, une incarnation afin qu’il devienne le nouveau porte-étendard du catalogue 2018-2019. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela a fonctionné ; peut-être même au-delà des espérances de Caroline Kepnes… Mais ce qui compte au fond, c’est bien que j’ai fini par faire la connaissance de Joe, personnage trouble et complexe comme j’en croise rarement et à qui l’on parvient à s’attacher malgré tout. Pour autant, je ne qualifierai pas cette lecture d’agréable ; il est quand même question d’un psychopathe qui épie le moindre fait et geste d’une fille pour qui il a eu le coup de foudre, sous couvert de recherche du Grand Amour… Et comme il est également narrateur de cette histoire, Hashtag NoFilter, eh bien être dans la tête d’un psychopathe n’est pas spécialement agréable. Cela dit, la lecture n’en reste pas moins fascinante, sans être totalement dérangeante non plus, auquel cas vous comme moi lâcherions le livre en cours de route. Ce n’est pas le cas – Parfaite n’est pas un livre qu’on lâche.

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Il s’agit presque d’un tour de force de la part de Caroline Kepnes, pour ne pas dire un tour de magie. Elle arrive à rendre un psychopathe (la dernière personne que vous souhaiteriez croiser dans toute votre vie) abordable voire même sympathique à certains égards : Joe est un libraire charismatique, un peu taciturne et complètement déphasé avec son époque (il n’est sur aucun réseau social, bien qu’il sache s’en servir à la perfection afin de trouver ce qui l’intéresse)… Un peu old school mais pas trop, charmant, un peu de désuétude dans le vocabulaire, une culture littéraire et cinématographique dont je rêve mais surtout une intelligence stupéfiante et d’une logique aussi imparable que diabolique ; voilà comment définir notre protagoniste narrateur. Inutile de vous dire comment tout cela se termine parce que de toute façon, on sent dès le départ que cette histoire « d’amour » va mal finir… Vous connaissez la chanson, n’est-ce pas ? Eh bien Parfaite c’est tout-à-fait cela : une histoire d’amour non-conventionnelle qui ne finit pas bien. Néanmoins il est probable que vous restiez sur votre faim/fin à la dernière page du roman ; il se peut que vous ayez l’impression de sauter du train en marche… mais non, il n’y a rien de plus pour nous pauvres lecteurs déboussolés. Les joies des fins ouvertes !

You, la série : Adaptation fidèle et réussie ?

Comme mentionné plus haut dans l’article, j’ai fait la connaissance de Joe et Beck par l’intermédiaire de Netflix et heureusement que cela est arrivé dans ce sens et pas l’inverse. Rien que la bande-annonce vaut le coup d’œil : elle est très bien réalisée, très soignée et intrigue tout de suite le spectateur. En même temps c’est un peu le but de l’existence des bandes annonces, non ? Le problème c’est que ce n’est pas toujours une réussite mais c’est un autre sujet. Quoiqu’il en soit cette série a passé ce premier test de la bande-annonce haut la main, et c’est un bon début. Ensuite, les choses se corsent un peu pour Joe, Beck et les autres…

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J’aimerais vraiment être ultra positive quant à cette adaptation mais il y a quelque chose qui me gêne pour apprécier pleinement cette série. J’ai souvent entendu dire que pour qu’une adaptation cinématographique soit réussie, il fallait qu’elle reste fidèle à l’œuvre d’origine, tout en s’en éloignant un peu pour permettre quelques libertés d’interprétations, mais pas trop : question de dosage encore une fois. En cela, pas de soucis, les scénaristes de la série ont suivi cette règle à la lettre (au bénéfice de Joe et du spectateur d’ailleurs). J’en veux pour preuve l’ajout de certains personnages comme par exemple le petit Paco, voisin de notre gentleman psychotique. Paco, une dizaine d’années au compteur, c’est la caution humanité de Joe Goldberg qui s’occupe de lui comme le ferait n’importe quel grand-frère ou oncle sain d’esprit et je trouve que c’est une bonne chose. Le retrait de certains autres aussi parce que cela permet de ne pas surcharger la série avec des informations potentiellement inutiles.

Cependant, j’ai quand même beaucoup de mal avec cette tendance qu’a la série à faire des raccourcis à tord et à travers (par rapport au livre) ; limite et contrainte de temps pour chaque épisode ? J’entends et je comprends bien… Seulement ce procédé laisse des trous dans le scénario et la trame principale de l’intrigue et vous êtes bien obligés de les combler ces trous, si vous voulez que l’ensemble tienne la route, quitte à trop s’éloigner de l’œuvre d’origine. Et j’ai précisément des doutes sur comment « reboucher les trous ». Le pire pour cette série qui a pourtant de belles qualités, ce serait que les scénaristes fassent exactement cela dans le but de plaire à une plus large audience. Il faut un retour sur investissement oui, mais à quel prix ?…

Bien sûr je n’ai pas la prétention de répondre à cette question ici, dans cet article, et chacun se fera sa propre opinion mais c’est parfois dommage de gâcher les choses qui avaient pourtant bien commencées et qui sont parfois jolies.

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Parce que oui, esthétiquement parlant, j’ai trouvé qu’il y avait quelque chose dans le traitement de l’image et de la lumière. Je n’irai pas jusqu’à qualifier l’ensemble de beau ou de splendide mais You possède sa propre identité à ce niveau : il se dégage une atmosphère à la fois charmante et rassurante (à l’image de Beck) et son exact opposé l’instant d’après ou l’épisode suivant. Cette dualité nous plonge en immersion totale dans la tête de Joe. L’image et la lumière ne sont évidemment pas le seul accès à l’esprit tourmenté de Joe puisque c’est sa voix en off qui nous guide d’épisode en épisode, exactement comme dans le livre.

Concernant les acteurs, je n’ai pas grand-chose à en dire puisque je ne les connaissais pas, sauf Shay Mitchell que j’avais vu dans Pretty Little Liars à l’époque. J’ai donc pu découvrir Penn Badgley (oui, oui je sais Gossip Girl mais non je n’ai pas regardé cette série et je ne m’en porte pas plus mal) et Elizabeth Lail (que j’aurais pu découvrir dans Once Upon a Time mais ce n’est pas de ma faute si j’ai décroché au bout de trois saisons – elle arrive dans la quatrième saison). J’imagine que le casting a été le bon étant donné que l’on rentre assez bien dans l’histoire et aisément dans la tête de ce cher Joe.

Alors, livre ou série ?

L’adage veut que le diable soit dans les détails, et malgré des différences de l’ordre du détail parfois, pour une fois je vais pencher du côté de la série, chose plutôt rare me concernant. Ce choix se justifie avec toutes les raisons précédemment évoquée ; ce qui ne m’empêche d’être dans l’expectative quant à la suite qu’ils vont lui donner, en espérant que cela ne dégénère en foire où l’on retrouverait vaguement les personnages (ceux qui sont toujours de ce monde) et l’intrigue voulue par l’auteur elle-même.

Pour le livre, il est intéressant à lire, mais il vaut mieux commencer par la série : Joe y apparait un tout petit peu plus doux par rapport à son jumeau de papier. D’une manière plus générale, Parfaite n’a sans doute pas l’intrigue parfaite mais néanmoins, Caroline Kepnes a réalisé un de mes vieux rêves littéraires : le méchant gagne à la fin… et rétrospectivement, je ne sais pas si c’est une bonne chose qu’elle ait mis un terme à ce vieux fantasme, de cette façon.

A noter qu’il existe bien une suite sur le plan littéraire : le livre en question a pour titre Hidden Bodies et a été publié en 2016. Il n’existe pas de traduction française à ce jour (à ma connaissance)

Littérature

[Contemporain] Legendary (Caraval – Tome 2)

J’avais écrit un article pour le premier tome de Caraval, livre que j’avais littéralement dévoré lorsque j’avais mis la main dessus. Depuis la Saga Harry Potter, aucun livre n’a suscité mon intérêt et mon enthousiasme autant que cette série. J’ai retenu deux choses de ma lecture de la suite des aventures des sœurs Dragna, Scarlet et Donatella : la première c’est que mon article sur le premier tome ne rend pas tellement justice à l’ouvrage parce que je suis restée trop vague et la deuxième c’est que malheureusement, j’en veux encore et qu’il va falloir attendre…

La magie continue d’opérer

Si vous avez aimé le premier tome, Caraval, je pense sans me mouiller que vous aimerez cette suite, ô combien haletante et bien plus sombre que le premier volume. Stéphanie Garber nous emmène dans un voyage onirique sur les traces de la mère des deux héroïnes mais également sur les traces de Légende, Maitre du jeu de Caraval, toujours aussi insaisissable qu’un courant d’air.

Pour être franche, j’avais un peu peur de ne pas accrocher à cet opus. J’avais tellement adoré le premier, j’avais tellement été transportée dans un autre monde, un monde extraordinaire que j’avais peur que la suite ne soit pas à la hauteur de mes attentes. Et finalement, malgré un début et une première partie un peu trop poussive à mon goût, la magie de Caraval continue d’opérer. Pour mon plus grand bonheur !

Nous retrouvons donc Scarlet et Donatella où nous les avions laissées lors du tome 1, à la différence que cette fois, c’est bien Donatella « Tella » Dragna qui se trouve être au centre de l’aventure. En effet, la jeune fille s’est lancée dans une quête aussi belle que désespérée : la recherche de sa mère, disparue depuis des années sans laisser de traces. Pour se faire, elle se voit dans l’obligation de participer à la nouvelle édition de Caraval, qui se déroule à Valenda à l’occasion du 75ème anniversaire de l’impératrice Elantine. Nouveau jeu, nouvelles règles. C’est tout ce que je peux vous dire concernant l’intrigue sans prendre le risque de vous la dévoiler.

Une suite très satisfaisante

De mon point de vue, Legendary avait autant de chance d’être un échec qu’une réussite flamboyante. Le début était un peu maladroit mais nécessaire quand même pour planter un des éléments centraux de cette nouvelle histoire ; et puis j’ai eu plus de mal à m’attacher à Tella, trop indépendante avec des idées beaucoup trop tranchées pour éprouver de l’empathie pour elle. Sauf que, sauf que… comme tous les meilleurs personnages de roman, Donatella évolue et n’hésite pas à se remettre en question afin de poursuivre l’aventure et heureusement pour elle et le lecteur.

C’est d’ailleurs toute la force de ce personnage qui me parait bien plus complexe et intéressant que sa sœur, rétrospectivement. Sans oublier le personnage de Légende bien sûr. Son ombre plane tout au long du roman jusqu’à devenir réelle et bien palpable à la fin du livre… On pourrait croire qu’avec l’apparition tangible de Légende, l’intrigue trouverait son dénouement de façon logique mais cette révélation ne fait qu’ajouter une dimension supplémentaire au mystère qui l’entoure. Stéphanie Garber aime mener ses lecteurs en bateau. Elle est passée maitre dans l’élaboration d’intrigues complexes et j’en redemanderai jusqu’à la fin de cette série absolument captivante et génialissime. Si j’osais le jeu de mot, je vous dirai que Legendary est légendaire …

Je vous la recommande vivement !

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Vous pouvez relire mon article sur Caraval ici.

Ps : une relecture du premier tome est fortement conseillée.

Bande-Dessinée/Comics

[BD] Contro Natura

On reprend doucement les chroniques littérature avec la review d’une BD dévorée le Week-end dernier pour laquelle je n’ai pratiquement que des compliments parce que oui, il y a un tout petit mais (qui ne gâche en rien mon enthousiasme pour cette œuvre), cependant oui, je crois qu’on peut encore parler de chef d’œuvre ou de pépite. Décidément, Glénat Comics est coutumière du fait.

Contro Natura : Mirka Andolfo frappe fort avec un premier titre ambitieux

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Contro Natura raconte l’histoire de Leslie à New Roark avant que la situation ne dégénère complètement à cause des lois en vigueur dans cette ville, notamment une qui contrarie particulièrement la jeune « femme ». A son vingt-cinquième anniversaire chaque personne célibataire de New Roark se voit dans l’obligation de rejoindre le programme d’état afin d’assurer la conservation de chaque espèce via la procréation. Une sorte de site de rencontres institutionalisé et autorisé qui ne laisse pas vraiment la place aux rencontres réelles et fortuites. Le Regard voit et contrôle tout et gare à celui qui ne se conforme à la loi… Pas vraiment étonnant que Leslie ne soit pas plus enjouée à l’idée d’avoir vingt-cinq ans, d’autant que depuis un mois environ il y a aussi ce rêve récurrent aussi érotique qu’angoissant qui n’arrange pas les choses et ne présage rien de bon…

Entre Zootopie et La Ferme des animaux

Comme vous pouvez le constater avec la couverture, Leslie est un animal anthropomorphe, un cochon plus précisément. Et c’est le cas de tous les personnages de cette BD, tout le monde est anthropomorphe et doit obéir à la loi précédemment citée. Ceux qui refusent de la suivre parce qu’ils aiment un animal d’une autre espèce que la leur ou bien font preuve d’homosexualité sont appelé des « Contre-Nature » (d’où le nom de la BD). Et les « Contre-Nature » sont visiblement sévèrement sanctionnés par l’Etat, dirigé par un cochon du nom de Napoléon… Ca ne vous rappelle rien ?…

Après ce petit spoil volontaire de ma part, je pense qu’il est nécessaire de parler des deux grandes influences qui ont fait naitre cette BD ; à ce propos, il y en a sûrement d’autres que j’ai peut-être loupé mais ce sont les deux plus flagrantes alors autant en parler. La première donc, c’est Zootopie pour plusieurs raisons : pas seulement pour l’anthropomorphisme.

  • Leslie ressemble beaucoup à Judy dans le sens où elle ne se sens pas à l’aise dans la société dans laquelle elle vit. Elle se sens différente et rêve d’autre chose comme destinée que celle qui lui semble promise.
  • Le méchant de l’histoire n’est pas forcément celui qu’on croit dans les deux cas, mais vous n’en saurez pas plus ; de même que les partenaires de l’une comme de l’autre leur font former deux couples des plus détonants !
  • Et puis bien sûr, il y a l’anthropomorphisme. Je ne vais détailler ce point : les deux œuvres parlent pour elles-mêmes !…

Néanmoins, à la lecture, ce qui vous sautera aux yeux j’espère, c’est que le scénario s’appuie beaucoup sur une des œuvres phare de George Orwell, la bien nommée Ferme des Animaux, désormais un classique de la littérature paru en 1981. Que ce soient des éléments structurel de l’histoire ou simplement des petits détails glissés à l’attention du lecteur attentif, tout laisse à penser que Mirka Andolfo s’est inspirée (en bien) de George Orwell pour créer son univers propre.

 Une première histoire prometteuse malgré de petites faiblesses scénaristiques

Ce qui m’amène à évoquer la BD d’un point de vue esthétique et scénaristique. D’ailleurs, je vais commencer par dire un mot sur le scénario très rapidement. Si, de manière générale, le scénario de cette histoire tient la route et offre un univers nouveau tout en reposant sur des éléments puisés dans d’autres œuvres, il reste néanmoins quelques lacunes qui affaiblissent un peu l’histoire qui aborde pourtant des thèmes importants et forts. Certains points complexes auraient mérités plus amples explications alors qu’ils donnent l’impression d’être juste survolés par l’auteur. Cela peut peut-être destabiliser le lecteur au point de le faire abandonner sa lecture pour les moins téméraires et c’est vraiment dommage de se dire qu’il y a potentiellement des points de blocages à ce niveau dans une BD de cette qualité.

Cependant pour moi, il y a trop de points positifs pour m’arrêter sur cela. Evidemment que j’accorde de l’importance à la cohérence du récit que l’on m’offre, que ce soit dans une BD, un livre ou un film. C’est primordial pour entrer dans un univers ; et malgré quelques points qui manquent d’explications, le scénario et l’histoire de Contro Natura tiennent la route. Premièrement parce qu’on sent que l’auteur y a mis toute son énergie et sa passion et je pense que les faiblesses scénaristiques proviennent de ça. Cela ne vous est jamais arrivé de créer quelque chose, une histoire, et d’être tellement absorbé dans votre univers que tout ce que vous racontez vous parait logique et cohérent alors qu’une personne extérieure, un lecteur par exemple, aura besoin de plus de détails et d’explications pour trouver les choses cohérentes ? C’est exactement le cas de Contro Natura.

Deuxièmement, les thématiques abordées sont fortes et font réfléchir et c’est assez inattendu pour une première BD. Personnellement, c’est quelque chose que j’adore ! Mais cela implique également une grosse prise de risque : avoir placé la barre trop haute et complètement rater les autres travaux. Mais c’est quand même vachement cool d’avoir de l’ambition pour aborder des sujets importants tels que la place de l’amour dans une société hyper contrôlée, l’homosexualité, parvenir à être soi-même et la place de l’autre… Et enfin et non des moindres : les dessins. Je suis amoureuse des dessins de cette histoire qui servent magnifiquement le scénario inventé par Andolfo. Par contre, autant être franche, cette BD s’adresse à un public averti : il y a (pas mal) de sang et bon nombre de dessins érotiques voire carrément explicites. Cependant, ce n’est jamais vulgaire ; les dessins sont toujours soignés avec un travail de dingue sur les couleurs, la lumière et les ombres. Atmosphères garanties au rendez-vous.

Conclusion

Des dessins splendides et travaillés dans le moindre détail au service d’un premier scénario ambitieux et prometteur de belles choses pour la suite. Mirka Andolfo, auteur/dessinatrice italienne est définitivement quelqu’un à suivre de très près. Je ne peux que vous conseiller sa première BD, Contro Natura, qui ne vous laissera pas indifférents, j’en suis certaine !

Littérature

[Contemporain] [Découverte] Miss Cyclone

Ca y est, nous y sommes. Dernier article de l’année 2018 ! C’est assez étrange de l’écrire en fait… Mais ce n’est pas le sujet de cet article puisque j’ai jeté mon dévolu sur Miss Cyclone de Laurence Peyrin ; livre dont j’avais entendu parler sur un des nombreux podcast de Gérard Collard de la librairie La Griffe Noire. Le livre compte un total de 344 pages et se lit assez rapidement sans être un chef d’œuvre de la littérature contemporaine. Vous l’aurez compris, ce que je vous propose pour passer le cap de la nouvelle année ou pour bien débuter la nouvelle, c’est une lecture sympathique et sans prise de tête (encore que…) !

L’histoire c’est celle de la vie d’Angela Visconti et June Verhoeven sur un lapse de temps d’environ 30 ans. On suit donc les deux jeunes filles des affres de l’adolescence à l’âge mûr avec à chaque fois ce que grandir implique selon les époques traversées. Et en parlant d’époque traversée, le roman débute en décembre 1980, cette même année où John Lennon a été assassiné et ce serait mentir que de dire que ce point précisément n’a eu aucune influence sur mon achat ; peut-être est-ce un peu léger pour justifier d’un achat mais toujours est-il que c’est le cas, j’ai acheté ce livre pour la présence du nom d’un Beatle en couverture et je ne regrette absolument pas. D’ailleurs, si je vous en parle autant, c’est parce que cet évènement au retentissement planétaire a une influence sur la vie des deux héroïnes de cette histoire ; c’est un peu le fil conducteur du roman à des degré moindre selon les différents protagonistes mais cet assassinat est toujours là en arrière plan. Cependant, il s’agit juste d’un prétexte et d’un élément de contexte pour situer l’histoire qui nous intéresse réellement.

Pour en revenir à Angela et June, toute la dynamique du roman s’articule autour d’elles : ces deux ados si proches et pourtant si différentes, diamétralement opposées. En plus de l’opposition physique (l’une est brune avec des origines italiennes tandis que l’autre est blonde et a des origines hollandaises), il y a également l’opposition et le contraste entre deux classes -la classe aisée et la classe ouvrière- et la perception du monde que cela implique. Et l’intérêt de ce livre est précisément là : ce livre n’a d’intérêt que pour son atmosphère et ses descriptions vivantes et ultra réaliste du quotidien des deux héroïnes et des personnages qui gravitent autour d’elles. Le seul bémol que l’on peut noter, c’est que plus le roman avance, moins Angela et June sont traitées à part égale et le lecteur peut de ce fait sentir la préférence de l’auteur pour l’une ou l’autre. Je ne dis pas que c’est dommage puisque c’est un choix mais le fait de choisir un camp plutôt qu’un autre, cela oriente forcément plus ou moins la lecture que l’on peut avoir et ça pour le coup, c’est dommage.

Couverture Miss Cyclone

Concernant la structure du roman, elle se compose de trois parties à peu près équivalentes, ce qui donne un rythme soutenu à l’histoire ; on ne s’ennuie pas lors de la lecture. De plus, le style de Laurence Peyrin est léger tout en étant très fouillé, sans doute grâce à son passé de journaliste et ce style bien particulier retranscrit le dynamisme d’une époque mais aussi le dynamisme et les espoirs des différents personnages qui évoluent dans une ville à leur image.

Miss Cyclone est en fait un roman sur New-York, ville structurée par des espoirs et par des drames. Une jolie lecture pour de petits moments hors du temps !

Cinéma, Littérature

Spécial Noël

Pour l’un des derniers articles de l’année 2018 et parce que l’atmosphère s’y prête on ne peut mieux, je vais vous présenter un recueil de contes, une nouvelle sur Noël de Charles Dickens ainsi que son adaptation cinématographique. Des lectures idéales en périodes de fêtes, même si ce n’est certainement pas pendant les fêtes de fin d’année que nous lisons le plus (enfin pour ma part !).

Contes celtiques, sélectionnés par Sébastien Recouvrance

J’ai beaucoup hésité à vous présenter ce recueil parce que j’ai été immensément déçue par son contenu. J’ai toujours été attirée et intéressée par les contes et les légendes celtes, notamment les légendes arthuriennes. Cela étant la culture celtique est suffisamment vaste pour contenir d’autres légendes que celles qui concernent le Roi Arthur et sa table ronde mais comme je ne m’y connais pas du tout, j’ai choisi l’ouvrage complètement au hasard, en me fiant uniquement au titre.

Avec un titre comme celui-là, je m’attendais à trouver un ou deux contes de chaque nation celtes, à savoir : l’Angleterre, l’Ecosse, le Pays de Galles, l’Irlande, la Bretagne et même pourquoi pas des contes Espagnol puisque les régions des Asturies et de la Galice sont reconnues comme telles. Ma déception fut à la hauteur de mes espoirs… Tous les contes de ce petit livre sont des contes… bretons ! Avec en plus, plus ou moins intérêt malheureusement. Les récits de voyages présents dans le recueil sont malgré tout très plaisant à lire et c’est un des seuls point positif de ce livre (avec sa taille) ! Autre point positif, si on peut dire cela comme ça : le prix. Cinq euros pour un recueil de qualité médiocre j’ai presque envie de dire que c’est normal alors qu’en fait ça ne l’est absolument pas ! Un recueil intitulé Contes celtiques devrait pouvoir être de qualité en présentant des contes de différentes nations celtes sans pour autant être à un prix exorbitant ! Bref, moi j’appelle ça de la publicité mensongère et il y a de quoi être déçu… Par contre, c’est parfait si vous voulez en savoir plus sur les contes et légendes de la Bretagne !

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Un cantique de Noël, Charles Dickens (1843)

Un cantique de Noël de Charles Dickens raconte l’histoire d’Ebenezer Scrooge, vieil homme avare et insensible qui déteste par dessus tout les fêtes de fin d’année et plus particulièrement les célébrations de la fête de Noël. La veille de Noël, il reçoit l’effrayante visite de son ancien associé, M. Marley, qui le prévient qu’il finira comme lui s’il ne fait rien pour enrayer la course des choses et modifier son existence. Jacob Marley propose un marché à Scrooge que ce dernier accepte, complètement terrifié. Ebenezer Scrooge recevra donc la visite de trois esprits pour l’aider dans sa quête de rédemption.

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J’avais déjà lu Dickens mais c’était en 6ème et il me semble que c’était Oliver Twist, et si je me souviens grossièrement de l’histoire, je ne me rappelle absolument pas de la structure ou des techniques de narration ; il faudrait peut-être que je le relise d’ailleurs… En tout cas, concernant cette nouvelle, j’ai adoré ! Scrooge est un personnage attachant quoi qu’on en dise, parce que malgré son manque d’empathie pour les autres, il évolue et devient progressivement un tout autre personnage. On s’attache également aux autres même s’ils sont pour certains très éphémères. C’est un récit haut en couleur, rythmé et profondément bienveillant et tendre, que l’on fasse partie des classes aisées, modestes ou pauvres de la société. La magie de Noël permet à Dickens de s’adresser à tous en faisant voler en éclats pour une soirée les conventions. Une nouvelle à lire absolument, en tout temps !

 

Le drôle de Noël de Scrooge, Robert Zemeckis (2009)

De Robert Zemeckis, j’ai évidemment vu la trilogie Retour vers le futur (même si le premier est le seul qui compte réellement), et les excellents Forest Gump et Qui veut la peau de Roger Rabbit. Et j’avais sciemment évité Le drôle de Noël de Scrooge en 2009, très largement décrié par la critique et les quelques personnes de mon entourage qui l’avait vu et qui m’en avait parlé à l’époque.

J’ai fini le visionnage en début de soirée pour les besoins de l’article et très honnêtement, j’ai dû mal à comprendre que le film ait eu si mauvaise presse… Si c’est au niveau des dessins 3D qu’il y a un problème, je peux le concevoir mais le film est sorti en 2009 et cette technologie et façon de réaliser un film n’était pas très au point si l’on compare avec ce qui ce fait maintenant. Et c’est un peu vrai que les dessins et les animations ont un peu mal vieillis ; j’avais l’impression d’avoir des cinématiques de jeux vidéo d’anciens jeux PC du début des années 2000 sous les yeux par moments.

Cependant, si vous avez un problème avec le scénario et l’histoire d’Ebenezer Strooge, je ne peux malheureusement rien pour vous : il s’agit de l’adaptation à la virgule près de la nouvelle. Donc cela voudrait dire que l’échec commercial du film s’explique par son adaptation trop fidèle ?… J’en sais rien, et d’ailleurs je ne pense pas que le film s’adressait à un public jeunesse (bien qu’il fasse partie du catalogue Disney) mais la nouvelle s’adressait davantage aux adultes qu’aux enfants ; personnellement, j’ai trouvé que c’était une petite pépite ce film et je suis ravie de l’avoir vu pour en parler dans un article !

Sur ce, je vous souhaite de très bonnes fêtes de fin d’année et d’agréables lectures. Bon réveillon !

Littérature

[Découverte] Nano fictions

Avec les fêtes de fin d’année qui arrivent à grands pas, c’est le moment où jamais de retomber dans la magie des contes, qu’ils soient de Noël ou non d’ailleurs. Et bien que Nano fictions ne soit pas un recueil de contes à proprement parlé, je trouve que cette lecture est très appropriée pour cette période, un peu spéciale car un peu magique.

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Et de la magie, il n’en manque pas dans le livre de Patrick Baud, plus connu pour ses travaux de vidéaste sur sa chaîne YouTube Axolot et ses bandes dessinées. Mais autant être honnête, toutes ses nano fictions, ne se valent pas. En tout cas pour moi et cela s’explique par mes goûts, ma sensibilité sur certains sujets alors que d’autres m’ont laissés de marbre. Cela étant dit, il y a également beaucoup de poésie dans ces courts récits et c’est la principale raison de mon achat (si l’on exclu la notoriété de la chaine YouTube). J’avais entendu parler de cet ouvrage en des termes positifs et le concept très largement décrit dans les articles que j’ai pu lire sur la blogosphère, qui consiste à écrire un récit en 280 caractères ou moins, ont attisés ma curiosité. L’imagination fait le reste à la lecture.

Je trouve personnellement que c’est un très bon exercice d’écriture puisque les contraintes sont peu nombreuses mais surtout incontournable et qu’au final tout repose sur l’imagination et l’interprétation que peut faire le lecteur des quelques lignes qu’il a sous les yeux. A mon sens, Patrick Baud nous offre un exercice de lecture participative et surtout un moment hors du temps qui permet de s’échapper un peu du quotidien.

A lire !

Ps : J’ai failli faire un article en 280 caractères mais c’est un peu court quand même. Alors, 280 mots ont fait l’affaire et sans le PS, cet article en fait 276. Pari tenu !