Cinéma

TENET, un bien joli ruban de möbius cinématographique

Difficile de vous présenter ce film ou de le résumer sans révéler des éléments de l’intrigue, comme souvent avec Christopher Nolan. Pour moi chaque film de ce réalisateur représente un défi à ma compréhension du monde ou d’une idée, d’un concept. C’est peut-être pour cette raison que j’apprécie autant ce réalisateur, même s’il me donne parfois la migraine. Avec TENET une fois n’est pas coutume, je ne suis pas certaine d’avoir tout compris mais au fond, cela fait également partie du voyage crée et organisé par Christopher Nolan. Je suis persuadée qu’il faut accepter de ne pas tout comprendre lorsqu’on va voir un Nolan – l’expérience est d’autant plus appréciable et unique. C’est pourquoi je n’ai lu aucune critique ni de la presse ni des spectateurs et je n’ai pas non plus regardé les vidéos critiques/explications-théories parce que j’estime que chacun et chacune peut avoir une interprétation valide de ce film inclassable qui va marquer l’histoire du cinéma à n’en pas douter.

Cinq lettres mystérieuses pour un voyage aux frontières du réel

On débute donc la partie où je vais marcher sur des œufs pendant un petit moment pour vous parler d’un film à part sans vous dévoiler des parties importantes de l’intrigue. Alors du coup, TENET ça parle de quoi ? La réponse la plus simple que je peux vous donner est celle-ci : c’est un film d’espionnage qui parle d’inversion temporelle et dans lequel le personnage principal (incarné par John David Washington) doit empêcher la Troisième Guerre Mondiale qui signerait la fin de l’Humanité. Il sera épaulé dans cette tâche par Neil, espion comme lui (incarné par Robert Pattinson) avec lequel il découvrira ce qu’implique l’inversion temporelle. Voilà tout ce que je peux vous dire pour résumer très grossièrement le film sans rien en dévoiler. C’est assez frustrant en fait, parce que j’aimerai vous livrer mon analyse en détail et qu’on en débatte mais je ne peux pas faire ça, pas pour le moment en tout cas. Encore un film qui apporte plus de questions que de réponses… Réponses qui sont à chercher autant dans le film, le titre et les personnages à mon avis.

Pour vous donner un tout petit exemple : si TENET ne veut rien dire en français, il désigne un précepte, un principe ou une doctrine souvent d’ordre religieux, métaphysique ou philosophique en anglais. Et comme il est question d’une conception du temps dans le film, à savoir l’inversion temporelle… mais aucune réponse claire et nette à ce sujet – c’est une interprétation parmi beaucoup d’autres possibles.

Génie ou perte de temps ?

De ce que j’ai vu passé dans les critiques, dans les titres du moins, concernant ce film, il a l’air d’être assez clivant : génie pur pour les uns, perte colossale de temps pour les autres – le film fait débat. Pour moi, TENET n’est ni une perte de temps, ni du génie – Inception, c’était du génie me concernant. En fait, je crois que ce film est inclassable et je comprends pourquoi les avis sont si partagés le concernant. Il y a des choses qui dérangent comme le fait que le rôle de John David Washington ne soit pas nommé : il est le protagoniste c’est tout. Bien sûr il y a la chronologie et le Temps qui joue un rôle à part entière mais c’est un des thèmes de prédilection de Christopher Nolan donc l’attaquer là-dessus me parait un peu faible comme angle d’attaque. La seule chose qui m’empêche de mettre 5 étoiles à ce bijou, c’est la musique. Je n’ai pas aimé la bande son bien qu’elle colle parfaitement au film et son ambiance parfois post-apocalyptique.

Conclusion

Je ne vous dirais pas pourquoi je parle d’un ruban de Möbius dans mon titre, je vous dirais juste qu’il faut aller voir ce film pour son histoire, ses acteurs et sa réalisation qui sous-entend plus qu’elle ne montre. Le nouveau Nolan est peut-être un chef d’œuvre, peut-être pas… chacun est libre de décider où le placer dans le panthéon des meilleurs films mais je pense qu’il marquera les spectateurs qui font le pari d’aller le voir.

Note : 4.5 sur 5.
Cinéma

[Netflix] Rentrée mouvementée pour les parapluies…

Fin juillet, Netflix a sorti la saison 2 de The Umbrella Academy, série que nous avons découvert l’an dernier et que j’avais trouvé assez bien mais sans plus, sans toutefois descendre la série qui apportait quelque chose de novateur dans le traitement des super-héros. La bande-annonce de cette saison 2 place la barre encore plus haute que pour la première saison et le moins que l’on puisse dire, c’est que pour une fois les showrunners ont semble-t-il appris des erreurs et des défauts du premier volet. Accrochez-vous à vos parapluies, n’oubliez pas vos super-pouvoirs et direction les années 60 !

Une suite cohérente et bien ficelée

Si j’avais trouvé la première saison un peu inégale avec l’intrigue générale un peu longue a démarrer, ça n’a pas du tout été le cas ici. On démarre sur les chapeaux de roues avec la fratrie Hargreeves directement propulsée à Dallas dans les années 60, enfin 1963 pour être tout à fait exacte. 1963, Dallas, Texas en plein mois de novembre… est-ce que vous voyez où je veux en venir ? Oui, l’assassinat du Trente-cinquième Président des Etats-Unis sert de toile de fond à cette nouvelle saison. C’est un choix assez ambitieux et qui permet d’aborder également pas mal de sujets encore brûlant aujourd’hui, notamment la condition des afro-américains avec la lutte pour les droits civiques ou encore la perception de l’homosexualité. Selon moi, tout ceci fait la force de cette saison qui est bien mieux construite que la précédente.

Une évolution cohérente avec un nouveau thème central

Tout est extrêmement bien amené, que ce soit l’évolution respective de chaque personnage qui ont tous des motivations différentes ou bien les choix des thématiques abordées et j’ai adoré voir ça à l’écran. Pour rappel, la saison 1 était plutôt axée sur la solitude et ses conséquences alors que pour la saison 2, on se penche plutôt sur l’amour, peu importe sa forme : physique, platonique, interdit, impossible, fraternel et j’en passe. Je ne vais pas vous détailler toutes les formes que l’amour prend dans la série sinon je prends le risque de vous spoiler la série et ce serait dommage mais je tiens quand même à vous parler des deux arcs narratifs qui m’ont le plus plu dans toute cette saison.

Allison Hargreeves

la jeune femme est afro-américaine et a perdu sa voix à la fin de la saison 1 et je trouve simplement brillant que les showrunners en aient fait une figure du mouvement pour les droits civiques dans les années 60. C’était le choix logique mais cela lui donne tellement plus de poids en temps que personnage alors qu’elle était un peu effacée derrière ses frères dans la saison précédente.

Klaus Hargreeves

Pour moi, c’est l’autre évolution majeure en terme de narration, tout en restant fidèle au Klaus que l’on a découvert dans la saison 1. C’est toujours la bouffée d’air frais qui arrive quand on l’attend le moins et l’incarnation du mouvement Peace & Love comme on peut se le représenter sans trop entrer dans la carricature.

J’aurais aussi pu vous parler du personnage de Diego ou encore celui de Vanya que j’ai trouvé également très réussi et très bien construits. J’ai toujours un peu plus de mal avec le personnage de Five même si je le trouve cool, et le personnage de Luther m’a laissé complètement indifférente bien que son arc narratif soit intéressant, j’ai eu l’impression que Luther était encore plus sous exploité que précédemment.

Une bande son toujours aussi présente

Parlons un peu de la bande son maintenant. Pour moi la musique est aussi importante que tout le reste ; c’est d’ailleurs ce qui m’avait scotchée lors de la saison 1 : l’excellente utilisation des morceaux musicaux stratégiquement (bien) placés. Cela avait sauvé la série d’une critique un peu plus négative à l’époque. Pour cette année, les choses sont différentes et pas nécessairement dans le bon sens. Bien que la musique donne toujours un côté pop et acidulé à la série et malgré sa présence toujours aussi bien dosée, je l’ai trouvé moins réussie. Ou plutôt : elle ne m’a pas autant marquée cette année et c’est la seule ombre au tableau si l’on considère ça comme un point négatif bien entendu. J’ai été bien plus sensible aux situations et aux dialogues qu’à la musique.

Conclusion

Il n’y a pas vraiment de doute à avoir sur la façon dont je vais finir cet article mais si vous en doutiez encore après la lecture de ces quelques lignes : j’ai largement préféré cette saison à sa grande sœur et j’ai vraiment, vraiment hâte de voir ce que la saison 3 nous réserve. J’espère que mon enthousiasme concernant cet univers décalé et déjanté aura été contagieux et que vous vous plongerez dans le visionnage de cette série qui est un des petits points forts de la plateforme de streaming. Si la saison 1 peut laisser dubitatif, cette deuxième saison quant à elle, transforme l’essai et est porteuse de belles choses concernant l’avenir de cette Académie hors du commun. Attention à ne pas se brûler les ailes cependant…

Note : 4.5 sur 5.
Cinéma

[Netflix] L’immortalité c’est sympa, sauf quand on s’éternise…

Vous en avez peut-être entendu parler mais les équipes de chez Netflix ont eu la bonne idée d’adapter le Comics The Old Guard du génial Greg Rucka et cet ouvrage fut et est toujours un de mes coups de cœur. Pourquoi un film plutôt qu’une série ? Je me pose toujours la question mais je pense que cela regroupe des problématiques scénaristiques et budgétaires dont je ne connais ni les tenants ni les aboutissants. Avant de véritablement plonger dans le vif du sujet, il faut savoir que je n’avais qu’un vague souvenir de l’intrigue et que je n’ai pas relu l’œuvre originale avant la rédaction de cet article. Il sera donc probablement plus question de mon ressenti vis-à-vis du film que d’une comparaison entre les deux supports.

Une adaptation fidèle mais en manque de saveurs

J’ai bien aimé The Old Guard version Netflix et c’est sincère : j’ai passé un bon moment devant ma télé et je n’ai pas trop vu le temps passer. Mais si je suis tout à fait honnête, le dernier tiers est un peu long et l’adaptation passe un peu à côté de son sujet en terme d’intensité selon moi. Il y a un léger décalage entre ce que je me souvenais dans le Comics au niveau rythme et intensité et son adaptation ; le long-métrage est presque trop gentillet par moment alors qu’il est quand même question de chasse à l’homme de part et d’autre de l’échiquier. Je n’ai pas eu vraiment l’impression que le groupe emmené par Andy (incarnée par Charlize Theron) soit réellement menacé et c’est pareil pour les antagonistes : pas vraiment un jeu du chat et de la souris mais même si cet aspect est important et m’avait marquée à la lecture, le reste du scénario tient la route et c’est ce qui compte mais je vais revenir sur ce point un peu plus tard.

Un autre point qui accentue le manque de saveurs de ce film ce sont les scènes d’action/de combats que j’ai trouvé un peu « molles ». A titre de comparaison sur ce point précis, les combats dans la série The Witcher sont ce que j’attends globalement d’un combat au corps à corps : de la vitesse, de l’intensité et du suspense (et du gore aussi, mais c’est The Witcher et l’univers qui va avec). Avec The Old Guard, c’est assez étrange le ressenti que j’ai eu face à certaines scènes de combat. Autant je suis contente que l’adaptation soit beaucoup moins violente que le Comics, autant je suis dubitative concernant certaines de combats rapprochés. La vitesse est parfois là, par contre l’intensité et le suspense bon… Je crois que c’est dû à la réalisation malheureusement. La réalisatrice Gina Prince-Bythewood a privilégié les plans larges au détriment de quelques plans rapprochés qui font tout de suite toute la différence au niveau des combats notamment. Enfin, pour finir sur la problématique des scènes d’action, ces scènes manquent souvent de fluidité et le spectateur peut avoir l’impression d’un faux rythme : je pense notamment à une scène en particulier vers la fin du film où j’avais l’impression de voir Charlize Theron exécuter une scène chorégraphiée plutôt qu’Andromaque se battre violemment. Dommage. Hors mis ce point de détail, je n’ai rien à redire sur le reste de la réalisation et le scénario qui mettent l’accent là où il faut.

La solitude, le temps qui passe, l’amour, les implications d’être immortel et les questions philosophiques qui tournent autour, tout cela est bien abordé et rattrape les erreurs sur les scènes un peu plus musclées. Le fait que Greg Rucka est collaboré pour le scénario n’y est pas étranger je pense. Cependant, le film laisse des zones d’ombre qui ne peuvent être synonyme que d’une suite, sans oublier la scène post-crédits un peu à la façon des films Marvel et personnellement, je ne suis pas contre si la réalisation évolue un peu.

Je n’ai pas grand-chose à dire au niveau du casting, si ce n’est qu’il était assez diversifié et que les acteurs correspondait à ce que j’imaginais. Tous les personnages ont une profondeur psychologique intéressante et je suis plutôt curieuse de voir ce que cela peut donner dans un second volet. Et puis, au moins maintenant j’arrêterai d’associer Charlize Theron uniquement à la publicité Dior et son rôle de la méchante reine dans Blanche Neige et le Chasseur. Par contre pour Harry Melling, je ne peux en dire autant…

Conclusion

Etant donné que je commence à m’égarer sérieusement, il est grand temps d’apporter une conclusion à cet avis sur le film The Old Guard de Gina Prince-Bythewood, sorti plus tôt dans le mois sur la plateforme de streaming. Je ne vais pas vous cacher que ç’aurait pu être déception si j’avais décidé de relire la BD avant regarder son adaptation en film. Heureusement que non pour le long-métrage ; je me suis laissée entrainée dans l’histoire et c’est une bonne chose. J’ai redécouvert les tourments de Nile et ceux d’Andy sous un autre angle. Alors c’est vrai, il pourrait y avoir mieux comme adaptation mais il est important de noter qu’il pourrait y avoir largement pire. Le film pêche au niveau des scènes d’action mais ce n’est pas irréversible, d’autant que le casting et le scénario tiennent la route. En bref, The Old Guard c’est sympa mais ce n’est pas inoubliable. A voir ce que l’avenir réserve concernant un potentiel second volet…

Note : 3 sur 5.

Cinéma

[Netflix] Une merveilleuse histoire du temps (2015)

Heureusement que j’avais dit vouloir reprendre une activité suivie et régulière sur mon blog à la fin du confinement… mieux vaut tard que jamais dit-on ; il est vrai que je ne lis plus beaucoup et le cinéma, je n’y suis pas retournée depuis leur réouverture faute de projections intéressantes à mon goût. Heureusement que Netflix est là pour palier un peu au manque, et avec une télévision dernier cri toute neuve, ce serait bête de s’en priver. Voilà donc comment j’ai occupé une partie de mon après-midi hier.

C’était un film que je voulais voir depuis pas mal de temps et je l’avais loupé à la télé il y a quelques temps. Et en cherchant dans le catalogue Netflix, je suis tombée dessus par hasard. Je n’avais pas d’attentes particulières concernant ce film et à vrai dire, je me suis plus laissée porter par l’ambiance qu’autre chose. Le premier mot qui me vient à l’esprit pour décrire ce long-métrage c’est : poésie. Je l’ai trouvé très poétique et intime ; vous me direz, il retrace la vie et l’histoire d’amour entre Jane et Stephen Hawking donc c’est normal qu’on ressente l’amour et la tendresse puis l’affection qu’il y a entre eux. Pour être tout à fait honnête, le personnage qui m’a le plus touchée dans ce film c’est Jane. Elle a carrément tout fait pour lui, vraiment tout. Je pense que beaucoup d’autres auraient abandonnés et baisser les bras là où elle s’est battue jusqu’au bout, jusqu’à n’en plus pouvoir quitte à s’oublier de vivre pour elle-même.

Bien sûr, cela n’enlève rien au génie qu’était Stephen Hawking qui s’est accroché à la vie alors qu’on lui avait prédit une espérance de vie de 2 ans suite à la découverte de sa maladie dégénérative dont j’ai déjà oublier le nom. Comme beaucoup de monde je connais vaguement Stephen Hawking pour son travail et ses recherches sur les trous noirs, le reste étant bien trop compliqué pour mon petit cerveau. Cependant, comme l’histoire est presque exclusivement centrée sur l’histoire d’amour et la vie de couple des Hawking, les aspects les plus complexes de la vie de Stephen Hawking passent au second plan, même s’ils sont présents, et cela facilite grandement la compréhension. Eddie Redmayne est méconnaissable et mérite amplement son Oscar du Meilleur acteur, rien que pour la transformation physique. Je serai curieuse de savoir combien de temps il a passé au maquillage, avec toutes les prothèses qu’il a sans doute dû porter.

Conclusion

Une Merveilleuse histoire du temps est un joli film plein de poésie et d’optimisme qui permet d’en apprendre un peu plus sur la vie du génial physicien cosmologiste Stephen Hawking, véritable légende dans son domaine. On dit souvent que derrière de grands hommes il y a de grandes femmes et lorsqu’on regarde ce film, on se dit que c’est vrai et dans le cas de Hawking c’était sa première femme Jane sans qui il n’aurait pas pu aller bien loin et avoir la brillante carrière qu’il a eu. Je ne sais pas si James Marsh avait voulu rendre justice à Madame Hawking Jones mais je suppose qu’il y a un peu de ça et puis comme le film est adapté de l’autobiographie qu’elle avait écrite, c’est normal qu’elle prenne elle aussi un peu la lumière. Ce n’est pas un chef d’œuvre mais cela reste un très bon film. A voir au moins une fois si vous ne l’avez jamais vu.

Note : 3.5 sur 5.
Cinéma

La Magie organise le Chaos…

Vous n’y échapperez pas, même si je suis un peu en décalé par rapport à la sortie de la série. Voilà un petit moment que je voulais regarder The Witcher sur Netflix et c’est maintenant chose faite. Je l’ai terminé hier ; en deux jours c’était plié donc on peut s’attendre à une chronique positive de cette première saison. Effectivement, j’ai beaucoup aimé cet univers que je ne connaissais pas – je n’ai jamais lu les livres ni joué aux jeux vidéo – mais force est de constater qu’il y a quelques faiblesses dans la réalisation et le traitement de l’image notamment. Sans plus attendre, voici mon ressenti sur l’adaptation en série du Sorceleur le plus célèbre du monde.

The Witcher, un joli tableau d’ensemble avec des imperfections

Comme je ne connaissais que de très, très loin cet univers de fantasy assez complexe, je peux dire que pour ma part, The Witcher de la plateforme Netflix a rempli sa part du contrat en matière de divertissement. En effet, je suis rapidement entrée dans ce monde, appelé le Continent, et je suis très satisfaite du voyage. Cependant en adepte du genre, je m’attendais à un véritable coup de cœur pour cette série qui me faisait de l’œil depuis des semaines et malheureusement, ce ne fut pas le cas à mon grand désarroi. La faute à un petit nombre d’imperfections qui sont bien trop visibles et font baisser la note finale sur le produit fini. C’est dommage.

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Les points faibles de la série

Je ne vais pas baser cette partie sur les éventuelles faiblesses du scénario étant donné que je ne suis pas familière des livres et que le scénario est tiré en partie des livres. Ce serait injuste du moment que je suis totalement néophyte dans le domaine et que j’ai trouvé l’ensemble cohérent. Néanmoins, je me doute que comme dans toutes adaptations, il a fallu faire des choix scénaristiques qui sont passés inaperçus à mes yeux mais qui aux yeux d’un fan absolu sont peut-être intolérables.

J’ai malgré tout noté des faiblesses au niveau de la réalisation et du traitement de l’image et de la photographie. C’est quand même un peu regrettable qu’une série Netflix de cette ampleur là pêche de ce côté-ci. Au niveau de la réalisation, certaines scènes de combat bénéficient d’effets de ralentis et honnêtement de mon point de vue, cela faisait un peu tache alors que les combats en question sont superbement chorégraphiés. L’exemple le plus flagrant se trouve à la fin de l’épisode un : très joli combat mais un peu trop d’effets de ralenti ce qui a eu pour effet de me sortir de l’épisode un tout petit plus tôt que prévu. Heureusement, tous les combats et les scènes un peu épiques n’ont pas ce problème là sinon la série perdrait sont argument « épique » et quand je pense au Witcher, c’est un des premiers mots qui me vient à l’esprit.

Un des autres petits soucis de la série pour l’instant c’est le manque de travail sur l’image et la photographie. Je ne remets pas en cause les décors ici, mais plutôt le manque de soin apporté aux images. La conséquence directe de cela est une narration floue et c’est dommage pour une série de cette envergure, vraiment… La narration n’est pas linéaire et après tout, pourquoi pas ; c’est un choix comme un autre, qui se respecte mais dans ces cas-là, il faut que le spectateur arrive à différencier le passé du présent et la réalité des rêves ; ce n’est pas toujours le cas dans The Witcher. Cela aurait pu être évité assez facilement je pense. Je ne suis pas une spécialiste mais jouer sur des accentuations ou des couleurs d’une même gamme pour définir une période précise ne me semble encore pas trop compliqué à mettre en place. D’autres productions l’ont fait et c’est étrange que celle-ci n’y ait pas plus eu recours.

Enfin dernier petit point noir au tableau, la longueur totale de cette première saison – je ne parle pas de la longueur des épisodes mais bien du nombre qui compose la saison. Je trouve que huit, c’est un peu court et un épisode supplémentaire n’aurait fait de mal à personne. D’autant que l’épisode 8 se termine un peu étrangement… Tout du moins, je m’attendais à quelque chose d’un peu différent, même si je n’ai pas été déçue par cette fin de saison. En fait, je l’ai trouvé bizarre et je me suis même demandé si c’était nécessaire…

Le point positif de tous ces points faibles c’est que ce sont en réalité des détails qui peuvent être réglés pour la saison 2, et j’espère qu’ils le seront. C’est même rassurant de se dire que cette série à une marge de progression assez importante pour répondre à l’attente des spectateurs et transformer son Witcher en véritable phénomène à l’instar de Game of Thrones… Okay, okay là je vois peut-être un peu grand mais pourtant, cette série regorge de points forts et d’un atout (de taille…).

Les points forts

Les personnages/Le Casting

Je sais que vous voyez où je veux en venir mais je ne peux pas ne pas en parler. Alors autant évacuer le sujet tout de suite et passer à autre chose. Henry Cavill donc. C’est étrange mais… il aura fallu qu’on lui mette une perruque avec des cheveux argentés et des lentilles de contact dorées pour que je le remarque véritablement. Bien sûr, je le situe dans le paysage cinématographique depuis quelques années maintenant ; j’avais beaucoup aimé Les Immortels (2011) et puis il campe un Superman tout à fait correct pour DC Comics mais là, je sais pas trop ce qui s’est passé mais j’ai un gros coup de cœur pour son interprétation de Geralt de Riv (Geralt of Rivia) et je ne parle pas seulement des scènes où il apparait nu ou torse-nu, ce serait terriblement réducteur pour cette bluffante performance.

Les autres acteurs ont également été bien choisi pour leur rôle. J’ai une préférence pour Jodhi May et MyAnna Buring qui sont les interprètes respectives de la Reine Calanthe et Tissaia de Vries. La performance d’Anya Chalotra en Yennefer de Vengerberg est remarquable aussi.

C’est indéniablement un des points forts de la série et par extension de cet univers de fantasy médiévale. Les personnages sont complexes et chacun à sa zone d’ombre et c’est très plaisant de les voir évoluer dans un sens ou dans l’autre ; après, j’imagine que dans les livres c’est un peu différent mais pour une entrée en la matière la série est très bien, même simplifiée.

L’atmosphère/Les décors et costumes

Il y a une unité et une envie de faire les choses bien je trouve, en tout cas c’est ce que j’ai ressenti en regardant les épisodes. Les costumes et les décors sont splendides, qu’ils soient intérieurs ou extérieurs. Je peux me tromper mais j’ai l’impression qu’il y a eu quand même pas mal de scènes tournées en extérieur. Si c’est le cas, cela rajoute un côté grandiose à la série et c’est d’autant plus appréciable que cela permet de faire voyager le spectateur. On rentre plus facilement dans la série.

Quant à l’atmosphère elle est souvent lourde et pesante mais on a le temps de souffler entre chaque gros morceau. C’est assez bien équilibré entre les sujets sérieux d’importance et ceux plus légers parfois assez comique. Le personnage de Jaskier le barde n’y est d’ailleurs pas étranger la plupart du temps.

Mention spéciale à la musique que j’estime très réussie. Elle immerge complètement le spectateur et donne une autre dimension à la scène qu’elle appuie.

Les thématiques

The Witcher c’est une histoire de Bien contre le Mal mais c’est fédérateur et en l’occurrence bien fait. Mais au delà de ça cette série aborde pleins de sujets plus ou moins grave avec le degré de légèreté adéquat. Il y a notamment la thématique féministe qui est abordée sous toutes ses formes et c’est assez inattendu mais très plaisant à trouver en fin de compte. Cependant, je ne sais pas si les créateurs de la série ont féminisé cet univers plus qu’il ne l’est en réalité. Une autre thématique clé de la série tourne autour de la famille (forme, implications) et enfin cette série questionne la notion de différence : le trio de personnages principaux ne rentre pas dans la norme acceptée par la société.

Toutes ces thématiques renforcent une série déjà bien ficelée et j’espère que la Saison 2 continuera sur cette lancée. J’espère aussi que les messages seront toujours bien dosés – il ne faudrait pas qu’on arrive à une caricature de l’œuvre originale parce qu’une thématique a été trop mise en avant ou pas assez. C’est un exercice délicat mais qui participe au succès d’une série.

Conclusion

En tant que fan de fantasy, j’aurai voulu que The Witcher fasse partie du club très select des coups de cœur mais ce n’est pas le cas. Je ne m’en plains pour autant – j’ai découvert un nouvel univers complexe fort intéressant, j’ai fait un joli voyage en compagnie de Geralt et des autres et je suis curieuse de savoir ce que nous réserve la suite en espérant que Netflix aura rectifié le tir sur certaines choses qui paraissent anodines mais qui ont toutes leurs importance. La marge de manœuvre de The Witcher est encore assez large et peut espérée avoir un impact au moins aussi important que Game of Thrones, à condition bien sûr que les showrunners prennent les bonnes décisions.

Cinéma

La tête dans les étoiles et le cœur sur Terre

J’aime assez rarement les films sur l’espace et pour cause : les scénarios sont catastrophes quand ils ne sont pas également catastrophiques et un brin répétitifs, il faut bien dire ce qui est. Proxima de la réalisatrice Winocour prend le contrepied de tout cela en offrant aux spectateurs un superbe film centré sur une relation mère/fille portée magnifiquement à l’écran par une Eva Green au sommet de son art. C’est sublime de tendresse… Décollage imminent pour les étoiles.

De multiples messages avec le féminisme pour toile de fond

Pour tout vous dire, j’étais un peu septique et dubitative avant de voir le film, et même si Eva Green est une actrice que j’adore depuis sa prestation très remarquée dans Casino Royale, j’avais quand même un peu peur de m’ennuyer devant ce film. Peur sans doute d’y trouver le rythme trop lent à cause de séquences trop longues où inutiles puisque je savais par les différentes bandes annonces que ce film parlerait, entre autres, de la préparation et des entrainements des astronautes afin qu’ils aillent et reviennent de l’espace en un seul morceau. Heureusement, Proxima ce n’est pas que ça et le film aborde bien des sujets d’actualité autant que des thématiques universelles avec comme focale cette relation mère/fille sublimée par Eva Green et la jeune Zélie Boulant-Lemesle.

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Le féminisme

Il est bien difficile de ne pas parler de féminisme lorsque le personnage principal se trouve être une femme – en l’occurrence Sarah (interprétée par Eva Green), astronaute et mère célibataire (séparée d’avec son conjoint). Je ne voulais pas trop m’étendre sur le sujet parce que je ne suis pas une experte de la question féministe, pas plus que je ne suis militante même si je me considère féministe malgré tout. Le féminisme c’est la toile de fond de ce long-métrage et toute la force du film, c’est que cette question ô combien importante actuellement, est traitée et analysée sous différents angles. Il y a bien sûr la thématique de la maternité dans son sens large avec l’illustration de cette relation mère/fille, mais également comment être une femme dans un milieu majoritairement dominé par les hommes et cette interrogation va de paire avec l’importance de la féminité, nous allons y revenir dans le détail ultérieurement.

Un des axes principaux du film est la maternité. Sarah vit et élève seule sa fille Stella après la séparation avec le père de la fillette (qui travaille lui aussi à l’Agence Spatiale Européenne). C’est un schéma des plus classiques et je pense que beaucoup de femmes peuvent et pourront s’identifier à Sarah et son parcours. Elle est tiraillée sans cesse entre son désir profond d’être une bonne mère et un exemple à suivre pour sa fille et son rêve absolu de petite fille d’aller dans l’espace… Cette relation est très belle et très forte ; Stella est en admiration devant sa mère qui s’entraine pour aller voir les étoiles de près et Sarah quant à elle tente de protéger sa fille de la violence de cette séparation programmée et inévitable. Violence qui s’impose à Stella et Sarah sous plusieurs formes : d’abord la violence protocolaire puisqu’il y a un certain nombre de règles à respecter, comme éviter de téléphoner trop souvent à ses proches ou respecter les horaires instaurés mais il y a aussi et surtout la violence de l’éloignement pour ne pas dire l’isolement pour toutes les deux. En réalité, on demande à une mère et son enfant (encore jeune) de couper le cordon plus tôt que prévu et de manière directe, brutale parce qu’il y a d’autres « impératifs plus importants ».

Concilier vie de famille et vie professionnelle n’est jamais simple pour qui que ce soit, en particulier pour les femmes qui subissent toutes sortes de pressions qui sont très bien montrées dans le film et c’est ce que j’ai trouvé génial ici parce que Alice Winocour n’épargne personne tout en restant neutre. Les hommes comme les femmes sont pointés du doigt, preuve que le féminisme est l’affaire de tous. Ce qui permet au film d’aborder la question Comment être une femme dans un univers majoritairement masculin ? Cette question est traitée très intelligemment par la réalisatrice qui lie féminisme et féminité.

L’héroïne doit faire face aux commentaires maladroits de ses coéquipiers qui ne voient en elle que la femme et pas l’astronaute qu’elle est pourtant, au même titre qu’eux. Lorsque Sarah refuse un entrainement allégé au prétexte qu’elle y a droit parce que c’est une femme, le premier réflexe est de dire qu’elle a raison et qu’elle peut faire comme tout le monde mais le deuxième réflexe est de se dire que peut-être ses collègues masculins ont raison ou du moins n’ont pas tout à fait tord… Encore une fois, la force de ce film c’est qu’il n’épargne personne et c’est finement joué de la part d’Alice Winocour. De même lorsqu’arrive la question des cheveux et des menstruations, symboles de féminité par excellence – choses dont je ne soupçonnais pas qu’elles puissent poser problème dans l’espace.

Le point de vue de la réalisatrice sur la vaste et épineuse question du féminisme reste malgré tout optimiste, bien que tout ne soit pas encore parfait. Les choses et les mentalités évoluent, à l’instar de Mike (incarné par Matt Dillon) qui change de comportement envers sa coéquipière et il finit par la traiter comme un membre de l’équipage à part entière : le fait que Sarah soit une femme passe un peu au second plan sans que sa féminité soit niée par quiconque. Le message en est d’autant plus fort qu’il est actuel. C’est la forme la plus totale et la plus aboutie de l’égalité Homme/Femme.

La vie et la mort avec au milieu l’amour

Cette partie sera sans doute plus courte ou sinon je risque de vous faire un résumé détaillé du long-métrage et ce n’est pas le but ! En plus des interrogations liées au féminisme, il y a de nombreuses réflexions sur le sens de la vie sur Terre qui sont elles-mêmes liées à des interrogations sur la mort. Dit comme ça, c’est sûr que le film ne fait pas gai mais toutes ces questions sont abordées avec légèreté et douceur. La meilleure illustration de cela c’est peut-être bien Stella qui demande à sa maman si cette dernière va mourir avant elle alors que sa mère est en train de lui donner le bain.

La mort est également liée aux étoiles et à l’espace puisque le risque zéro n’existe pas, particulièrement lors d’un décollage de fusée. De manière plus imagée, lorsque quelqu’un décède, on peut dire qu’il est parti « rejoindre les étoiles ». A ce propos, vous pouvez retrouver une petite vidéo qui parle de ce sujet, et que j’ai trouvé assez pertinente (si cela vous intéresse).

Et puis Proxima, c’est enfin et surtout un film sur l’amour évidemment. La tendresse de l’amour parents/enfant enveloppe le spectateur tout au long du film, l’amour-passion de Sarah pour l’espace et son métier émerveille. Bref, une petite pépite d’amour et de tendresse qui porte un message et des valeurs essentielles dans le monde d’aujourd’hui.

Conclusion

Pour moi c’est un film qu’il faut voir, peut-être pas qu’il est féministe (si le mot vous fait peur parce qu’il peut avoir des connotations négatives) mais peut-être plus parce que c’est une bulle de tendresse et de douceur entre une mère et sa fille. Le tandem Eva Green/Zélie Boulant-Lemesle est parfait et brillant de justesse – on en oublierait presque qu’elles sont actrices. Le reste du casting est impeccable, certains plans larges arrivent à nous envoyer dans l’espace sans qu’on quitte la Terre une seconde. Un film sur l’espace sans jamais y mettre un pied, le pari était risqué voire impossible mais la réalisatrice a réussi un splendide tour de force. A voir d’urgence !

Cinéma

Les couteaux sont de sortie

Hier fut une journée chargée mais qui m’a permise de me faire un petit plaisir cinématographique avec A couteaux tirés (Knives Out) de Rian Johnson, film que je voulais ABSOLUMENT voir pour deux raisons : c’est un Whodunit avec un casting 5 étoiles. C’est chose faite et je vous livre mes impressions. Attention, sortez vos couteaux !

La forme et le fond

L’histoire est classique : Harlan Thrombey (Christopher Plummer) trouve la mort dans des conditions suspectes le soir de ses 85 ans. Les proches (famille et domestiques) du célèbre auteur de romans policiers sont évidemment suspectés et le Détective privé Benoit Blanc (Daniel Craig) est mandaté par une source anonyme pour démêler le vrai du faux. Le tout dans le cadre singulier de cette demeure familiale bostonienne atypique.

La forme : un casting 5 étoiles au service d’une histoire bien ficelée

Comme je l’ai évoqué très brièvement en introduction de cet article, le film bénéficie d’un casting flamboyant et on pourrait penser que ce défilé de stars affaiblit considérablement le film mais il n’en est rien. Chaque acteur à sa place et son moment pour briller, même s’il s’agit d’un petit rôle, ce qui est logique lorsqu’un casting devient conséquent. Bien entendu, je ne vais pas détailler chaque acteur et le rôle qu’il campe parce que cela n’aurait pas beaucoup d’intérêt. Cependant, j’ai malgré tout décidé de me focaliser sur cinq acteurs et leurs rôles : Christopher Plummer, Chris Evans, Ana De Armas, Jamie Lee Curtis et bien sûr Daniel Craig.

  • Christopher Plummer (La Mélodie du Bonheur) interprète donc Harlan Thrombey, victime âgée de 85 ans. J’ai beaucoup aimé ce personnage rassurant – le gentil grand-père/père qui veille au bien-être des gens qui l’entourent tout en étant parfaitement lucide sur les différents membres de sa famille, c’est d’ailleurs tout le nœud de l’histoire évidemment.
  • Chris Evans (Captain America dans le MCU, Operation Brothers) incarne quant à lui Ransom Drysdale-Thrombey, un des petits-fils de la victime. Quel plaisir de voir Chris Evans dans un rôle à contre emploi vis-à-vis de son physique. D’autant que son rôle est plus complexe qu’il n’y parait – il n’apparait pas énormément à l’écran mais toutes ses répliques font mouche et beaucoup de choses passent par la gestuelle et les jeux de regards. A n’en pas douter un des meilleurs rôles de Chris Evans (et je ne dis pas cela parce que c’est un de mes acteurs favoris).
  • Ana De Armas est, pour moi, la véritable révélation de ce long-métrage. Elle y campe Marta Cabrera, l’infirmière dévouée de la victime, et qui trouve le corps de la victime dans son bureau au petit matin. Pour être franche, je ne connaissais pas cette actrice avant de la voir jouer dans ce film et bien qu’elle ne soit pas hyper connue, son travail gagne à être reconnu puisque selon moi, elle porte une grande partie du film sur ses épaules tant son rôle est important et ce, malgré la présence de grands noms autour d’elle. A mon avis, Ana De Armas est une actrice à suivre de près dans les prochaines années et elle aura l’occasion de démontrer l’étendue de son talent lorsqu’elle retrouvera Daniel Craig à l’affiche du prochain James Bond, Mourir peut attendre en tant que James Bond Girl. Affaire et actrice à suivre donc…
  • Jamie Lee Curtis (Halloween et ses suites, Freaky Friday) est impeccable en Linda Drysdale née Thrombey, fille à papa et femme d’affaire impitoyable.
  • Daniel Craig enfin (James Bond depuis Casino Royale, Millenium: Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes), interprète le Détective Benoit Blanc dont le nom est un clin d’oeil à peine voilé au Cluedo et qui doit résoudre le mystère autour de la mort du romancier. Si l’on en croit les interviews du réalisateur, le reste du casting s’est monté autour de Daniel Craig, ce qui est terriblement flatteur en même temps que d’être parfois un cadeau empoisonné… Je n’ai rien à redire quant au personnage où l’interprétation mais il y a quand même une petite chose qui m’a fait tiquer : c’est le drôle d’accent sudiste que l’acteur a pris pour son rôle. J’ai trouvé ça franchement étrange au début et puis finalement, on finit par s’y habituer mais cela reste quelque chose d’étrange pour moi. Remarquez, on reste dans le ton décalé du film.

Vous l’aurez compris une des forces de A couteaux tirés, c’est son casting dont les acteurs campent des personnages archétypaux sans pour autant être caricaturaux. De plus, j’ai trouvé le scénario bien construit pour un film de ce genre, c’est-à-dire qu’il reprend les codes du genre autant dans les personnages, les situations et le déroulé de l’enquête tout en évitant autant que faire ce peut d’être un film téléphoné – bien sûr, il y a certains poncifs mais du moment que l’on accepte le fait que ce long-métrage s’inscrit totalement dans la lignée d’un roman d’Agatha Christie, je crois qu’on n’est pas trop en mesure de se plaindre. D’autant qu’en réalité, A couteaux tirés est loin d’être dénué de fond.

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Le fond : une liberté de ton permise par le genre Whodunit

On en revient au scénario et à la forme puisqu’en fait, le film n’est pas seulement un divertissement sur le mode Cluedo mais bien une dénonciation de certains aspects de la société américaine actuelle. Cette dénonciation passe notamment par l’humour grinçant du film et les discours des personnages qui comme je le disais plus haut, sont des archétypes. Ce procédé permet de leur faire dire des choses absolument horribles pour certains sans en être inquiété outre mesure. C’est un aspect que je n’attendais pas du tout avant de voir ce film mais qui est plus que bienvenu ; une des pistes de réflexion tourne autour de la question de l’immigration au Etats-Unis et tout est très finement joué et sous-entendu et voilà comment l’air de rien, la politique en matière d’immigration de l’actuel Président des Etats-Unis se retrouve épinglée alors que le sujet semble pourtant bien éloigné d’une partie de Cluedo géante dans un manoir à Boston. Et rien que pour cela, la finesse de son script et l’élégance des différents messages dissimulés tout au long du film, vous devriez donner sa chance à Rian Johnson et son A couteaux tirés.

Cinéma

Plus on est de fous, plus on rit

Ce n’est pas nouveau et au risque de me répéter (encore une fois) : le personnage de Bruce Wayne alias Batman m’ennuie profondément quel que soit le média utilisé, comics ou adaptation cinématographique – il ne rit jamais, est psychorigide et ne fait jamais preuve d’états d’âme sauf peut-être envers Alfred, son fidèle majordome… Le seul intérêt que je trouve à Bruce Wayne c’est le Joker. Mainte fois incarné au cinéma par des acteurs de talent parmi lesquels nous pouvons cité Jack Nicholson, Mark Hamill qui lui a prêté sa voix ou encore Heath Ledger dont la prestation est devenue presque mythique… On peut déploré que le clown fou ait été caricaturé une fois, sous les traits de Jared Leto, mais quoiqu’il en soit le personnage du Joker ne cesse de fasciner depuis sa création.

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Il prend vie une nouvelle fois sur grand écran grâce à l’acteur Joaquin Phoenix dans le nouveau film de Todd Phillips, simplement intitulé Joker. Joaquin Phoenix y incarne une nouvelle version du clown psychotique étonnamment contemporaine en laissant le spectateur dériver avec lui entre folie et réalité. Et si, finalement, le personnage du Joker était une pure création médiatique ?…

 

Joaquin Phoenix, des larmes aux rires.

En plus d’être un des films les plus attendus de ce dernier trimestre 2019, ce film est un petit bijou qui prend le temps de nous introduire une origin story différente des comics parus sur le sujet. Joaquin Phoenix qui porte véritablement tout le film sur ses épaules y est renversant et parvient à donner un corps (et une âme) à une identité ô combien fragile. Le film explore donc la misérable et pathétique existence d’Arthur Fleck qui enchaine les petits boulots miteux dans un costume de clown mal dégrossi. Cependant Arthur, qui vit seul avec sa mère dans un très vieil appartement, a de l’ambition : il veut devenir humoriste et ainsi devenir la nouvelle coqueluche de Gotham City, à l’instar de son idole Murray Franklin.

Un scénario brillant et des acteurs splendides

Si vous ne l’aviez pas encore deviné, j’ai beaucoup, BEAUCOUP, beaucoup aimé ce long-métrage. D’une part parce qu’il parle à la fan de comics que je suis en reprenant certains codes de ces derniers – la bande de criminels autour du Joker, la relation complexe entre Batman et le clown fou ou même de petits détails qui peuvent paraitre insignifiants mais que je ne dévoilerai pas ici pour des raisons évidentes de spoilers…, tout en y incorporant de nouveaux éléments plausibles pour étayer cette origine et cette histoire du clown fou de Gotham. Et d’autre part, le film parvient à montrer parfaitement la folie d’Arthur Fleck telle que je me l’imaginais c’est-à-dire en constante évolution. Cela permet aussi au film d’aborder des sujets complexes, comme la place des minorités dans une société qui ne parvient pas à les accepter totalement ; ou plus actuel : la place des médias dans nos sociétés contemporaines. Brillant, je vous dis. Juste brillant… et grandiose.

A l’instar d’un Joaquin Phoenix méconnaissable et stupéfiant en habits de Joker. Il incarne un Arthur Fleck méprisé et sans cesse rabaissé qui finit par envoyer valser les convenances pour devenir ce qu’il veut véritablement être : le Joker. C’est un portrait brut, sans concessions et cela amène précisément au passage le plus puissant du film selon moi : moment d’anthologie dans lequel Arthur Fleck finit par tomber le masque et mourir en quelque sorte pour mieux renaitre en Joker aux vues de tous. J’en suis restée muette dans l’obscurité de la salle de ciné. Néanmoins, rendons à César ce qui lui appartient – si Joaquin Phoenix explose tout à l’écran, les seconds rôles le mettent véritablement en avant. On peut par exemple mentionner  Frances Conroy qui est une mère effacée mais terriblement inquiétante et glauque ou Robert De Niro que je n’ai pas besoin de présenter mais qui est tout de même génial dans son « petit » rôle de Murray Franklin… Le seul rôle que je n’ai pas vraiment compris c’est celui tenu par Zazie Beetz mais j’ai ma petite idée sur la question et si c’est effectivement cela, j’en rajoute une couche mais : le scénario est brillant et la réalisation splendide.

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Conclusion

La prestation de Joaquin Phoenix révèle un Joker quasi-christique dans le second moment d’anthologie que compte le film, et hisse cette dernière au rang de performance et restera dans les anales, au même titre que celle du regretté Heath Ledger. A mes yeux les deux interprétations sont égales, il n’y en a pas une que je préfère à l’autre parce qu’elles sont toutes les deux différentes et surtout, elles prennent place dans un univers différent : le Gotham de Nolan n’est absolument pas le même que celui dépeint par Todd Phillips.

Le rire de ce Joker-là est invasif, glauque et suscite le malaise et la gêne chez quiconque l’entend. Effet garanti dans la salle de cinéma ! Ce qu’il faut retenir de cette version du Joker c’est qu’au-delà de la transformation physique impressionnante de l’acteur, Joaquin Phoenix y apporte un petit quelque chose en plus, une sensibilité sublimée par le travail de l’image et de la photographie sans oublier la musique de Hildur Guðnadóttir. Todd Phillips signe un grand film sur l’une des icônes de la Pop culture et tout le travail de réalisation apporte une nouvelle dimension à cette démence morbide, fascinante et glauque que le spectateur croit connaitre. Un voyage entre réel et folie démentielle dont on ne ressort pas tout à fait indemne. Le chef-d’œuvre n’est pas loin. L’Oscar du Meilleur acteur non plus.

Cinéma

Les Crawley sont heureux de vous convier à Downton (une toute dernière fois)

Avant toute chose, je tiens à préciser que j’ai eu du mal à boucler cette chronique et qu’elle s’adresse en premier lieu aux fans la série Downton Abbey, et en particulier parmi ceux-là, les indécis concernant le long-métrage. J’ai été le voir dimanche dernier avec ma mère puisque la série avait fait l’unanimité dans notre foyer. Ni elle ni moi n’avons été déçue de la tournure des évènements, alors que pourtant à l’annonce d’un projet de film pour Downton Abbey, ce n’était pas l’enthousiasme qui régnait… Après tout, c’est vrai : quel intérêt de rajouter quoi que ce soit à cette série, qui, tutoyait déjà des sommets de perfection ?

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Pour répondre à cette question, il y a selon moi deux éléments à prendre en compte. Le premier élément n’est pas glamour et j’en suis désolée, c’est bien l’aspect financier. Downton Abbey est une des séries qui a le mieux marché au cours de la décennie. L’histoire et les différentes intrigues étaient excellentes, les personnages tous plus attachants les uns que les autres, les costumes d’époque et splendides, sans oublier bien sûr les décors grandioses. Donc faire un film de deux heures en ne trahissant pas la série et surtout pas les fans, c’était un pari risqué voire impossible diront certains. Et pourtant ils l’ont fait – loin d’être un chef d’œuvre du septième art, Michael Engler et Julian Fellowes (respectivement réalisateur et scénariste du film) ont réussi leur coup mais j’y reviendrai.

Le deuxième élément à évoquer c’est le côté nostalgie. L’intérêt de ce long-métrage réside surtout dans l’engouement qu’a suscité et suscite encore la série aujourd’hui. Par conséquent, la motivation première du film est de faire plaisir aux fans de la première heure, cible visée en priorité de toute façon. Alors bien sûr le côté financier obscur n’est jamais loin mais on peut pardonner à une franchise son penchant « vache à lait » du moment que l’ensemble est cohérent et bien fait. C’est le cas de ce film et en toute franchise, je ne pense pas qu’il y aura d’autres films Downton Abbey.

Pour en revenir au film donc, il reprend les codes de la série tout en étant indépendant de celle-ci. Je pense que c’est pour cette raison que les gens ne sont globalement pas déçus par ce film. Il s’agit d’une nouvelle histoire avec de nouvelles intrigues, même si le cadre reste celui de Downton. Pour vous la faire courte, l’histoire se déroule après la fin de la saison 6, en 1927 et l’intrigue principale tourne autour de la venue annoncée du Roi et de la Reine d’Angleterre à Downton Abbey. Bien évidemment, l’immense demeure s’en retrouve sans dessus-dessous. A moins que ce ne soit le cas de ses occupants ?…

Est-ce que cela vaut vraiment le coup ?

Oui. Parce que si vous étiez fan de la série, vous retrouverez de vieux amis et si vous ne l’êtes pas spécialement, vous passerez un bon moment – le film étant bien dosé avec un bon rythme. Le seul petit souci risque de se trouver au niveau des personnages puisqu’il s’agit des mêmes que la série plus quelques petits nouveaux. Mais à part cela vous pouvez y aller les yeux fermés. Le film regorge d’humour et d’ailleurs, j’en profite pour attribuer une mention spéciale à Violet Crawley, Comtesse douairière de Grantham brillamment incarnée par l’excellentissime Dame Maggie Smith. Comme toujours, un régal !

Conclusion

On prend les mêmes mais pas tout à fait et on recommence une dernière fois. Voilà qui résume bien ce film. La nostalgie est présente sans être étoufante, ce qui crée une atmosphère plutôt optimiste et c’est un vrai bonheur pour le spectateur. C’est aussi et surtout l’occasion de revoir des visages familiers et d’accueillir les petits nouveaux, un peu comme dans une grande famille que l’on réunirait pour une occasion spéciale. Enfin ce film c’est peut-être aussi une bonne excuse pour se refaire l’intégrale de la série qui s’est achevée en 2015…

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Cinéma

Un hôtel pas comme les autres made in Netflix

Sorti le 31 juillet dernier sur la plateforme Netflix, The Red Sea Diving Resort (ou Operation Brothers en français) est un film réalisé par Gideon Raff et c’est un film que j’attendais de voir pour une seule et unique raison : Chris Evans. En définitif, je suis plutôt mitigée concernant cette nouveauté proposée par la plateforme de streaming et je vous explique pourquoi.

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Un film nécessaire

L’histoire est tirée de faits bien réels qui se sont déroulés au Soudan dans les années 80, à l’époque où la minorité juive d’Ethiopie était très fortement persécutée dans son propre pays et forcée à l’exil pour espérer survivre. Ari Levinson (Chris Evans) recrute une équipe pour une mission d’exfiltration sur place, sous l’égide du Mossad, les services secrets israéliens, afin de rapatrier les Juifs d’Ethiopie vers Israël en passant par le Soudan. Et la couverture idéale pour cette mission se trouve être le Red Sea Diving Resort, un hôtel abandonné depuis des années…

 La première chose que je veux souligner avant de parler du film en détail, c’est que c’est un film important. Le sujet est grave et malheureusement encore d’actualité : 65 millions de personnes sont réfugiées et vivent dans des camps partout dans le monde. Et puis c’est une histoire que je ne connaissais pas, j’ai d’ailleurs grandement apprécié apprendre au travers de ce film. Operation Brothers me marquera pour cette raison.

 Un ensemble déséquilibré qui en diminue l’impact

Gideon Raff aurait pu livré un film coup de poing, une claque cinématographique mais non. Bien qu’étant d’une longueur correcte (2h10), le long métrage présente plusieurs déséquilibres qui faussent tout le film et font retomber la tension comme s’il s’agissait d’un soufflé pas assez cuit… D’où mon sentiment mi-figue mi raisin sur ce film malheureusement. La tension que l’on est en droit d’attendre d’un thriller/film d’espionnage n’est pas là ou si peu ; au mieux, elle est sous-entendue avec plus ou moins de finesse par les bruits de tirs de mitraillettes et au pire, nous assistons à une scène d’exécution sommaire qui n’apporte pas grand-chose au film, si ce n’est donner l’impression que le réalisateur avait oublié quelque chose en cours de route et qu’il l’a rajouté au dernier moment… Personnellement, je suis facilement impressionnable et à part me couper dans mon élan de visionnage, ladite scène n’a rien fait d’autre. Et puis globalement, on n’a pas franchement l’impression que la petite bande menée par Ari soit réellement inquiétée alors qu’il est censé s’agir d’une mission périlleuse, en terrain hostile aux femmes et étrangers notamment. Bref, pas vraiment un thriller sous tension et qui manque un peu d’adrénaline, c’est un peu dommage. Mais l’ami du Blog L’Avis du Néophyte en parle mieux que moi dans l’article dédié.

L’autre déséquilibre concerne Chris Evans et dieu sait que j’adore Chris Evans ! Il est vrai que la fangirl que je suis en a eu pour son argent et en a pris plein les mirettes et j’en suis ravie. Seulement voilà : il n’y a quasiment pas une scène où il n’apparait pas à l’écran, comme si le film avait été écrit pour lui, ce qui je pense à été le cas ou au moins, le rôle qu’il campe. D’ailleurs puisqu’on parle du rôle, je ne suis pas certaine que ce fut une bonne opération pour l’acteur dont j’avais lu qu’il voulait se détacher du rôle qui l’a fait explosé aux yeux du grand public – je parle bien sûr de Captain America et tout le problème est là. Malheureusement, force est de constater qu’Ari Levinson a des petits côtés du Super soldat. Au début c’est drôle, on se dit « tiens, c’est marrant Captain America est au Soudan maintenant » et puis cela devient un peu agaçant à la longue… enfin, j’ai trouvé ça agaçant. Du coup, pas sûr que ce soit une bonne chose, et pour Chris Evans et pour le film surtout…

Sinon j’ai beaucoup aimé les autres acteurs, Alessandro Nivola en tête ; voir Ben Kingsley dans un rôle de gentil m’a un peu perturbée. Petit bémol aussi sur les rôles féminins : mis à part Haley Bennett, qui a un temps d’écran très limité, il n’y a pas grand monde. Après, je comprends – il s’agit d’un film d’espionnage et l’histoire ne se prête pas à pléthore de rôles féminins et puis les femmes n’avaient pas forcément la même mise en lumière qu’aujourd’hui. A ce propos, ce n’est pas une critique, juste le constat d’un élément minime qui participe sans le vouloir au déséquilibre global du film.

Un film qui passe bien malgré tout

En depit des éléments évoqués plus haut, Operation Brothers est plutôt bon dans l’optique du divertissement : on ne voit pas les deux heures passer et l’histoire racontée est très intéressante. J’ai du mal à me plaindre de ce film (même si j’aimerais bien parce qu’il y aurait pleins de choses à dire au niveau de la réalisation) à cause de ça justement. Il y a parfois un petit côté décalé qui m’a fait exploser de rire malgré le sujet on ne peut plus sérieux du long métrage et je ne sais pas si c’est une bonne chose… J’ai tellement appris grâce à ce film, et j’aime tellement Chris Evans, que c’est un peu difficile de rester objective et de mettre en exergue les points négatifs mais j’espère y être parvenue quand même.

Conclusion

Ce n’est pas le film indé, ni le film tout court, de l’année c’est certain et la plupart des gens le regarderont soit par curiosité soit pour Chris Evans qui porte véritablement le film à lui tout seul. Le reste passera à côté et c’est triste. Certes, le film a ses défauts et est bancal par moments mais il permet d’élargir ses horizons et d’en apprendre plus sur un épisode sombre de l’histoire contemporaine. Rien que pour cela, le film mérite d’être vu par le plus grand nombre. Merci Mr. Raff pour cet hôtel pas tout à fait comme les autres !