Cinéma

La tête dans les étoiles et le cœur sur Terre

J’aime assez rarement les films sur l’espace et pour cause : les scénarios sont catastrophes quand ils ne sont pas également catastrophiques et un brin répétitifs, il faut bien dire ce qui est. Proxima de la réalisatrice Winocour prend le contrepied de tout cela en offrant aux spectateurs un superbe film centré sur une relation mère/fille portée magnifiquement à l’écran par une Eva Green au sommet de son art. C’est sublime de tendresse… Décollage imminent pour les étoiles.

De multiples messages avec le féminisme pour toile de fond

Pour tout vous dire, j’étais un peu septique et dubitative avant de voir le film, et même si Eva Green est une actrice que j’adore depuis sa prestation très remarquée dans Casino Royale, j’avais quand même un peu peur de m’ennuyer devant ce film. Peur sans doute d’y trouver le rythme trop lent à cause de séquences trop longues où inutiles puisque je savais par les différentes bandes annonces que ce film parlerait, entre autres, de la préparation et des entrainements des astronautes afin qu’ils aillent et reviennent de l’espace en un seul morceau. Heureusement, Proxima ce n’est pas que ça et le film aborde bien des sujets d’actualité autant que des thématiques universelles avec comme focale cette relation mère/fille sublimée par Eva Green et la jeune Zélie Boulant-Lemesle.

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Le féminisme

Il est bien difficile de ne pas parler de féminisme lorsque le personnage principal se trouve être une femme – en l’occurrence Sarah (interprétée par Eva Green), astronaute et mère célibataire (séparée d’avec son conjoint). Je ne voulais pas trop m’étendre sur le sujet parce que je ne suis pas une experte de la question féministe, pas plus que je ne suis militante même si je me considère féministe malgré tout. Le féminisme c’est la toile de fond de ce long-métrage et toute la force du film, c’est que cette question ô combien importante actuellement, est traitée et analysée sous différents angles. Il y a bien sûr la thématique de la maternité dans son sens large avec l’illustration de cette relation mère/fille, mais également comment être une femme dans un milieu majoritairement dominé par les hommes et cette interrogation va de paire avec l’importance de la féminité, nous allons y revenir dans le détail ultérieurement.

Un des axes principaux du film est la maternité. Sarah vit et élève seule sa fille Stella après la séparation avec le père de la fillette (qui travaille lui aussi à l’Agence Spatiale Européenne). C’est un schéma des plus classiques et je pense que beaucoup de femmes peuvent et pourront s’identifier à Sarah et son parcours. Elle est tiraillée sans cesse entre son désir profond d’être une bonne mère et un exemple à suivre pour sa fille et son rêve absolu de petite fille d’aller dans l’espace… Cette relation est très belle et très forte ; Stella est en admiration devant sa mère qui s’entraine pour aller voir les étoiles de près et Sarah quant à elle tente de protéger sa fille de la violence de cette séparation programmée et inévitable. Violence qui s’impose à Stella et Sarah sous plusieurs formes : d’abord la violence protocolaire puisqu’il y a un certain nombre de règles à respecter, comme éviter de téléphoner trop souvent à ses proches ou respecter les horaires instaurés mais il y a aussi et surtout la violence de l’éloignement pour ne pas dire l’isolement pour toutes les deux. En réalité, on demande à une mère et son enfant (encore jeune) de couper le cordon plus tôt que prévu et de manière directe, brutale parce qu’il y a d’autres « impératifs plus importants ».

Concilier vie de famille et vie professionnelle n’est jamais simple pour qui que ce soit, en particulier pour les femmes qui subissent toutes sortes de pressions qui sont très bien montrées dans le film et c’est ce que j’ai trouvé génial ici parce que Alice Winocour n’épargne personne tout en restant neutre. Les hommes comme les femmes sont pointés du doigt, preuve que le féminisme est l’affaire de tous. Ce qui permet au film d’aborder la question Comment être une femme dans un univers majoritairement masculin ? Cette question est traitée très intelligemment par la réalisatrice qui lie féminisme et féminité.

L’héroïne doit faire face aux commentaires maladroits de ses coéquipiers qui ne voient en elle que la femme et pas l’astronaute qu’elle est pourtant, au même titre qu’eux. Lorsque Sarah refuse un entrainement allégé au prétexte qu’elle y a droit parce que c’est une femme, le premier réflexe est de dire qu’elle a raison et qu’elle peut faire comme tout le monde mais le deuxième réflexe est de se dire que peut-être ses collègues masculins ont raison ou du moins n’ont pas tout à fait tord… Encore une fois, la force de ce film c’est qu’il n’épargne personne et c’est finement joué de la part d’Alice Winocour. De même lorsqu’arrive la question des cheveux et des menstruations, symboles de féminité par excellence – choses dont je ne soupçonnais pas qu’elles puissent poser problème dans l’espace.

Le point de vue de la réalisatrice sur la vaste et épineuse question du féminisme reste malgré tout optimiste, bien que tout ne soit pas encore parfait. Les choses et les mentalités évoluent, à l’instar de Mike (incarné par Matt Dillon) qui change de comportement envers sa coéquipière et il finit par la traiter comme un membre de l’équipage à part entière : le fait que Sarah soit une femme passe un peu au second plan sans que sa féminité soit niée par quiconque. Le message en est d’autant plus fort qu’il est actuel. C’est la forme la plus totale et la plus aboutie de l’égalité Homme/Femme.

La vie et la mort avec au milieu l’amour

Cette partie sera sans doute plus courte ou sinon je risque de vous faire un résumé détaillé du long-métrage et ce n’est pas le but ! En plus des interrogations liées au féminisme, il y a de nombreuses réflexions sur le sens de la vie sur Terre qui sont elles-mêmes liées à des interrogations sur la mort. Dit comme ça, c’est sûr que le film ne fait pas gai mais toutes ces questions sont abordées avec légèreté et douceur. La meilleure illustration de cela c’est peut-être bien Stella qui demande à sa maman si cette dernière va mourir avant elle alors que sa mère est en train de lui donner le bain.

La mort est également liée aux étoiles et à l’espace puisque le risque zéro n’existe pas, particulièrement lors d’un décollage de fusée. De manière plus imagée, lorsque quelqu’un décède, on peut dire qu’il est parti « rejoindre les étoiles ». A ce propos, vous pouvez retrouver une petite vidéo qui parle de ce sujet, et que j’ai trouvé assez pertinente (si cela vous intéresse).

Et puis Proxima, c’est enfin et surtout un film sur l’amour évidemment. La tendresse de l’amour parents/enfant enveloppe le spectateur tout au long du film, l’amour-passion de Sarah pour l’espace et son métier émerveille. Bref, une petite pépite d’amour et de tendresse qui porte un message et des valeurs essentielles dans le monde d’aujourd’hui.

Conclusion

Pour moi c’est un film qu’il faut voir, peut-être pas qu’il est féministe (si le mot vous fait peur parce qu’il peut avoir des connotations négatives) mais peut-être plus parce que c’est une bulle de tendresse et de douceur entre une mère et sa fille. Le tandem Eva Green/Zélie Boulant-Lemesle est parfait et brillant de justesse – on en oublierait presque qu’elles sont actrices. Le reste du casting est impeccable, certains plans larges arrivent à nous envoyer dans l’espace sans qu’on quitte la Terre une seconde. Un film sur l’espace sans jamais y mettre un pied, le pari était risqué voire impossible mais la réalisatrice a réussi un splendide tour de force. A voir d’urgence !

Cinéma

Les couteaux sont de sortie

Hier fut une journée chargée mais qui m’a permise de me faire un petit plaisir cinématographique avec A couteaux tirés (Knives Out) de Rian Johnson, film que je voulais ABSOLUMENT voir pour deux raisons : c’est un Whodunit avec un casting 5 étoiles. C’est chose faite et je vous livre mes impressions. Attention, sortez vos couteaux !

La forme et le fond

L’histoire est classique : Harlan Thrombey (Christopher Plummer) trouve la mort dans des conditions suspectes le soir de ses 85 ans. Les proches (famille et domestiques) du célèbre auteur de romans policiers sont évidemment suspectés et le Détective privé Benoit Blanc (Daniel Craig) est mandaté par une source anonyme pour démêler le vrai du faux. Le tout dans le cadre singulier de cette demeure familiale bostonienne atypique.

La forme : un casting 5 étoiles au service d’une histoire bien ficelée

Comme je l’ai évoqué très brièvement en introduction de cet article, le film bénéficie d’un casting flamboyant et on pourrait penser que ce défilé de stars affaiblit considérablement le film mais il n’en est rien. Chaque acteur à sa place et son moment pour briller, même s’il s’agit d’un petit rôle, ce qui est logique lorsqu’un casting devient conséquent. Bien entendu, je ne vais pas détailler chaque acteur et le rôle qu’il campe parce que cela n’aurait pas beaucoup d’intérêt. Cependant, j’ai malgré tout décidé de me focaliser sur cinq acteurs et leurs rôles : Christopher Plummer, Chris Evans, Ana De Armas, Jamie Lee Curtis et bien sûr Daniel Craig.

  • Christopher Plummer (La Mélodie du Bonheur) interprète donc Harlan Thrombey, victime âgée de 85 ans. J’ai beaucoup aimé ce personnage rassurant – le gentil grand-père/père qui veille au bien-être des gens qui l’entourent tout en étant parfaitement lucide sur les différents membres de sa famille, c’est d’ailleurs tout le nœud de l’histoire évidemment.
  • Chris Evans (Captain America dans le MCU, Operation Brothers) incarne quant à lui Ransom Drysdale-Thrombey, un des petits-fils de la victime. Quel plaisir de voir Chris Evans dans un rôle à contre emploi vis-à-vis de son physique. D’autant que son rôle est plus complexe qu’il n’y parait – il n’apparait pas énormément à l’écran mais toutes ses répliques font mouche et beaucoup de choses passent par la gestuelle et les jeux de regards. A n’en pas douter un des meilleurs rôles de Chris Evans (et je ne dis pas cela parce que c’est un de mes acteurs favoris).
  • Ana De Armas est, pour moi, la véritable révélation de ce long-métrage. Elle y campe Marta Cabrera, l’infirmière dévouée de la victime, et qui trouve le corps de la victime dans son bureau au petit matin. Pour être franche, je ne connaissais pas cette actrice avant de la voir jouer dans ce film et bien qu’elle ne soit pas hyper connue, son travail gagne à être reconnu puisque selon moi, elle porte une grande partie du film sur ses épaules tant son rôle est important et ce, malgré la présence de grands noms autour d’elle. A mon avis, Ana De Armas est une actrice à suivre de près dans les prochaines années et elle aura l’occasion de démontrer l’étendue de son talent lorsqu’elle retrouvera Daniel Craig à l’affiche du prochain James Bond, Mourir peut attendre en tant que James Bond Girl. Affaire et actrice à suivre donc…
  • Jamie Lee Curtis (Halloween et ses suites, Freaky Friday) est impeccable en Linda Drysdale née Thrombey, fille à papa et femme d’affaire impitoyable.
  • Daniel Craig enfin (James Bond depuis Casino Royale, Millenium: Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes), interprète le Détective Benoit Blanc dont le nom est un clin d’oeil à peine voilé au Cluedo et qui doit résoudre le mystère autour de la mort du romancier. Si l’on en croit les interviews du réalisateur, le reste du casting s’est monté autour de Daniel Craig, ce qui est terriblement flatteur en même temps que d’être parfois un cadeau empoisonné… Je n’ai rien à redire quant au personnage où l’interprétation mais il y a quand même une petite chose qui m’a fait tiquer : c’est le drôle d’accent sudiste que l’acteur a pris pour son rôle. J’ai trouvé ça franchement étrange au début et puis finalement, on finit par s’y habituer mais cela reste quelque chose d’étrange pour moi. Remarquez, on reste dans le ton décalé du film.

Vous l’aurez compris une des forces de A couteaux tirés, c’est son casting dont les acteurs campent des personnages archétypaux sans pour autant être caricaturaux. De plus, j’ai trouvé le scénario bien construit pour un film de ce genre, c’est-à-dire qu’il reprend les codes du genre autant dans les personnages, les situations et le déroulé de l’enquête tout en évitant autant que faire ce peut d’être un film téléphoné – bien sûr, il y a certains poncifs mais du moment que l’on accepte le fait que ce long-métrage s’inscrit totalement dans la lignée d’un roman d’Agatha Christie, je crois qu’on n’est pas trop en mesure de se plaindre. D’autant qu’en réalité, A couteaux tirés est loin d’être dénué de fond.

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Le fond : une liberté de ton permise par le genre Whodunit

On en revient au scénario et à la forme puisqu’en fait, le film n’est pas seulement un divertissement sur le mode Cluedo mais bien une dénonciation de certains aspects de la société américaine actuelle. Cette dénonciation passe notamment par l’humour grinçant du film et les discours des personnages qui comme je le disais plus haut, sont des archétypes. Ce procédé permet de leur faire dire des choses absolument horribles pour certains sans en être inquiété outre mesure. C’est un aspect que je n’attendais pas du tout avant de voir ce film mais qui est plus que bienvenu ; une des pistes de réflexion tourne autour de la question de l’immigration au Etats-Unis et tout est très finement joué et sous-entendu et voilà comment l’air de rien, la politique en matière d’immigration de l’actuel Président des Etats-Unis se retrouve épinglée alors que le sujet semble pourtant bien éloigné d’une partie de Cluedo géante dans un manoir à Boston. Et rien que pour cela, la finesse de son script et l’élégance des différents messages dissimulés tout au long du film, vous devriez donner sa chance à Rian Johnson et son A couteaux tirés.

Cinéma

Plus on est de fous, plus on rit

Ce n’est pas nouveau et au risque de me répéter (encore une fois) : le personnage de Bruce Wayne alias Batman m’ennuie profondément quel que soit le média utilisé, comics ou adaptation cinématographique – il ne rit jamais, est psychorigide et ne fait jamais preuve d’états d’âme sauf peut-être envers Alfred, son fidèle majordome… Le seul intérêt que je trouve à Bruce Wayne c’est le Joker. Mainte fois incarné au cinéma par des acteurs de talent parmi lesquels nous pouvons cité Jack Nicholson, Mark Hamill qui lui a prêté sa voix ou encore Heath Ledger dont la prestation est devenue presque mythique… On peut déploré que le clown fou ait été caricaturé une fois, sous les traits de Jared Leto, mais quoiqu’il en soit le personnage du Joker ne cesse de fasciner depuis sa création.

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Il prend vie une nouvelle fois sur grand écran grâce à l’acteur Joaquin Phoenix dans le nouveau film de Todd Phillips, simplement intitulé Joker. Joaquin Phoenix y incarne une nouvelle version du clown psychotique étonnamment contemporaine en laissant le spectateur dériver avec lui entre folie et réalité. Et si, finalement, le personnage du Joker était une pure création médiatique ?…

 

Joaquin Phoenix, des larmes aux rires.

En plus d’être un des films les plus attendus de ce dernier trimestre 2019, ce film est un petit bijou qui prend le temps de nous introduire une origin story différente des comics parus sur le sujet. Joaquin Phoenix qui porte véritablement tout le film sur ses épaules y est renversant et parvient à donner un corps (et une âme) à une identité ô combien fragile. Le film explore donc la misérable et pathétique existence d’Arthur Fleck qui enchaine les petits boulots miteux dans un costume de clown mal dégrossi. Cependant Arthur, qui vit seul avec sa mère dans un très vieil appartement, a de l’ambition : il veut devenir humoriste et ainsi devenir la nouvelle coqueluche de Gotham City, à l’instar de son idole Murray Franklin.

Un scénario brillant et des acteurs splendides

Si vous ne l’aviez pas encore deviné, j’ai beaucoup, BEAUCOUP, beaucoup aimé ce long-métrage. D’une part parce qu’il parle à la fan de comics que je suis en reprenant certains codes de ces derniers – la bande de criminels autour du Joker, la relation complexe entre Batman et le clown fou ou même de petits détails qui peuvent paraitre insignifiants mais que je ne dévoilerai pas ici pour des raisons évidentes de spoilers…, tout en y incorporant de nouveaux éléments plausibles pour étayer cette origine et cette histoire du clown fou de Gotham. Et d’autre part, le film parvient à montrer parfaitement la folie d’Arthur Fleck telle que je me l’imaginais c’est-à-dire en constante évolution. Cela permet aussi au film d’aborder des sujets complexes, comme la place des minorités dans une société qui ne parvient pas à les accepter totalement ; ou plus actuel : la place des médias dans nos sociétés contemporaines. Brillant, je vous dis. Juste brillant… et grandiose.

A l’instar d’un Joaquin Phoenix méconnaissable et stupéfiant en habits de Joker. Il incarne un Arthur Fleck méprisé et sans cesse rabaissé qui finit par envoyer valser les convenances pour devenir ce qu’il veut véritablement être : le Joker. C’est un portrait brut, sans concessions et cela amène précisément au passage le plus puissant du film selon moi : moment d’anthologie dans lequel Arthur Fleck finit par tomber le masque et mourir en quelque sorte pour mieux renaitre en Joker aux vues de tous. J’en suis restée muette dans l’obscurité de la salle de ciné. Néanmoins, rendons à César ce qui lui appartient – si Joaquin Phoenix explose tout à l’écran, les seconds rôles le mettent véritablement en avant. On peut par exemple mentionner  Frances Conroy qui est une mère effacée mais terriblement inquiétante et glauque ou Robert De Niro que je n’ai pas besoin de présenter mais qui est tout de même génial dans son « petit » rôle de Murray Franklin… Le seul rôle que je n’ai pas vraiment compris c’est celui tenu par Zazie Beetz mais j’ai ma petite idée sur la question et si c’est effectivement cela, j’en rajoute une couche mais : le scénario est brillant et la réalisation splendide.

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Conclusion

La prestation de Joaquin Phoenix révèle un Joker quasi-christique dans le second moment d’anthologie que compte le film, et hisse cette dernière au rang de performance et restera dans les anales, au même titre que celle du regretté Heath Ledger. A mes yeux les deux interprétations sont égales, il n’y en a pas une que je préfère à l’autre parce qu’elles sont toutes les deux différentes et surtout, elles prennent place dans un univers différent : le Gotham de Nolan n’est absolument pas le même que celui dépeint par Todd Phillips.

Le rire de ce Joker-là est invasif, glauque et suscite le malaise et la gêne chez quiconque l’entend. Effet garanti dans la salle de cinéma ! Ce qu’il faut retenir de cette version du Joker c’est qu’au-delà de la transformation physique impressionnante de l’acteur, Joaquin Phoenix y apporte un petit quelque chose en plus, une sensibilité sublimée par le travail de l’image et de la photographie sans oublier la musique de Hildur Guðnadóttir. Todd Phillips signe un grand film sur l’une des icônes de la Pop culture et tout le travail de réalisation apporte une nouvelle dimension à cette démence morbide, fascinante et glauque que le spectateur croit connaitre. Un voyage entre réel et folie démentielle dont on ne ressort pas tout à fait indemne. Le chef-d’œuvre n’est pas loin. L’Oscar du Meilleur acteur non plus.

Cinéma

Les Crawley sont heureux de vous convier à Downton (une toute dernière fois)

Avant toute chose, je tiens à préciser que j’ai eu du mal à boucler cette chronique et qu’elle s’adresse en premier lieu aux fans la série Downton Abbey, et en particulier parmi ceux-là, les indécis concernant le long-métrage. J’ai été le voir dimanche dernier avec ma mère puisque la série avait fait l’unanimité dans notre foyer. Ni elle ni moi n’avons été déçue de la tournure des évènements, alors que pourtant à l’annonce d’un projet de film pour Downton Abbey, ce n’était pas l’enthousiasme qui régnait… Après tout, c’est vrai : quel intérêt de rajouter quoi que ce soit à cette série, qui, tutoyait déjà des sommets de perfection ?

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Pour répondre à cette question, il y a selon moi deux éléments à prendre en compte. Le premier élément n’est pas glamour et j’en suis désolée, c’est bien l’aspect financier. Downton Abbey est une des séries qui a le mieux marché au cours de la décennie. L’histoire et les différentes intrigues étaient excellentes, les personnages tous plus attachants les uns que les autres, les costumes d’époque et splendides, sans oublier bien sûr les décors grandioses. Donc faire un film de deux heures en ne trahissant pas la série et surtout pas les fans, c’était un pari risqué voire impossible diront certains. Et pourtant ils l’ont fait – loin d’être un chef d’œuvre du septième art, Michael Engler et Julian Fellowes (respectivement réalisateur et scénariste du film) ont réussi leur coup mais j’y reviendrai.

Le deuxième élément à évoquer c’est le côté nostalgie. L’intérêt de ce long-métrage réside surtout dans l’engouement qu’a suscité et suscite encore la série aujourd’hui. Par conséquent, la motivation première du film est de faire plaisir aux fans de la première heure, cible visée en priorité de toute façon. Alors bien sûr le côté financier obscur n’est jamais loin mais on peut pardonner à une franchise son penchant « vache à lait » du moment que l’ensemble est cohérent et bien fait. C’est le cas de ce film et en toute franchise, je ne pense pas qu’il y aura d’autres films Downton Abbey.

Pour en revenir au film donc, il reprend les codes de la série tout en étant indépendant de celle-ci. Je pense que c’est pour cette raison que les gens ne sont globalement pas déçus par ce film. Il s’agit d’une nouvelle histoire avec de nouvelles intrigues, même si le cadre reste celui de Downton. Pour vous la faire courte, l’histoire se déroule après la fin de la saison 6, en 1927 et l’intrigue principale tourne autour de la venue annoncée du Roi et de la Reine d’Angleterre à Downton Abbey. Bien évidemment, l’immense demeure s’en retrouve sans dessus-dessous. A moins que ce ne soit le cas de ses occupants ?…

Est-ce que cela vaut vraiment le coup ?

Oui. Parce que si vous étiez fan de la série, vous retrouverez de vieux amis et si vous ne l’êtes pas spécialement, vous passerez un bon moment – le film étant bien dosé avec un bon rythme. Le seul petit souci risque de se trouver au niveau des personnages puisqu’il s’agit des mêmes que la série plus quelques petits nouveaux. Mais à part cela vous pouvez y aller les yeux fermés. Le film regorge d’humour et d’ailleurs, j’en profite pour attribuer une mention spéciale à Violet Crawley, Comtesse douairière de Grantham brillamment incarnée par l’excellentissime Dame Maggie Smith. Comme toujours, un régal !

Conclusion

On prend les mêmes mais pas tout à fait et on recommence une dernière fois. Voilà qui résume bien ce film. La nostalgie est présente sans être étoufante, ce qui crée une atmosphère plutôt optimiste et c’est un vrai bonheur pour le spectateur. C’est aussi et surtout l’occasion de revoir des visages familiers et d’accueillir les petits nouveaux, un peu comme dans une grande famille que l’on réunirait pour une occasion spéciale. Enfin ce film c’est peut-être aussi une bonne excuse pour se refaire l’intégrale de la série qui s’est achevée en 2015…

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Cinéma

Un hôtel pas comme les autres made in Netflix

Sorti le 31 juillet dernier sur la plateforme Netflix, The Red Sea Diving Resort (ou Operation Brothers en français) est un film réalisé par Gideon Raff et c’est un film que j’attendais de voir pour une seule et unique raison : Chris Evans. En définitif, je suis plutôt mitigée concernant cette nouveauté proposée par la plateforme de streaming et je vous explique pourquoi.

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Un film nécessaire

L’histoire est tirée de faits bien réels qui se sont déroulés au Soudan dans les années 80, à l’époque où la minorité juive d’Ethiopie était très fortement persécutée dans son propre pays et forcée à l’exil pour espérer survivre. Ari Levinson (Chris Evans) recrute une équipe pour une mission d’exfiltration sur place, sous l’égide du Mossad, les services secrets israéliens, afin de rapatrier les Juifs d’Ethiopie vers Israël en passant par le Soudan. Et la couverture idéale pour cette mission se trouve être le Red Sea Diving Resort, un hôtel abandonné depuis des années…

 La première chose que je veux souligner avant de parler du film en détail, c’est que c’est un film important. Le sujet est grave et malheureusement encore d’actualité : 65 millions de personnes sont réfugiées et vivent dans des camps partout dans le monde. Et puis c’est une histoire que je ne connaissais pas, j’ai d’ailleurs grandement apprécié apprendre au travers de ce film. Operation Brothers me marquera pour cette raison.

 Un ensemble déséquilibré qui en diminue l’impact

Gideon Raff aurait pu livré un film coup de poing, une claque cinématographique mais non. Bien qu’étant d’une longueur correcte (2h10), le long métrage présente plusieurs déséquilibres qui faussent tout le film et font retomber la tension comme s’il s’agissait d’un soufflé pas assez cuit… D’où mon sentiment mi-figue mi raisin sur ce film malheureusement. La tension que l’on est en droit d’attendre d’un thriller/film d’espionnage n’est pas là ou si peu ; au mieux, elle est sous-entendue avec plus ou moins de finesse par les bruits de tirs de mitraillettes et au pire, nous assistons à une scène d’exécution sommaire qui n’apporte pas grand-chose au film, si ce n’est donner l’impression que le réalisateur avait oublié quelque chose en cours de route et qu’il l’a rajouté au dernier moment… Personnellement, je suis facilement impressionnable et à part me couper dans mon élan de visionnage, ladite scène n’a rien fait d’autre. Et puis globalement, on n’a pas franchement l’impression que la petite bande menée par Ari soit réellement inquiétée alors qu’il est censé s’agir d’une mission périlleuse, en terrain hostile aux femmes et étrangers notamment. Bref, pas vraiment un thriller sous tension et qui manque un peu d’adrénaline, c’est un peu dommage. Mais l’ami du Blog L’Avis du Néophyte en parle mieux que moi dans l’article dédié.

L’autre déséquilibre concerne Chris Evans et dieu sait que j’adore Chris Evans ! Il est vrai que la fangirl que je suis en a eu pour son argent et en a pris plein les mirettes et j’en suis ravie. Seulement voilà : il n’y a quasiment pas une scène où il n’apparait pas à l’écran, comme si le film avait été écrit pour lui, ce qui je pense à été le cas ou au moins, le rôle qu’il campe. D’ailleurs puisqu’on parle du rôle, je ne suis pas certaine que ce fut une bonne opération pour l’acteur dont j’avais lu qu’il voulait se détacher du rôle qui l’a fait explosé aux yeux du grand public – je parle bien sûr de Captain America et tout le problème est là. Malheureusement, force est de constater qu’Ari Levinson a des petits côtés du Super soldat. Au début c’est drôle, on se dit « tiens, c’est marrant Captain America est au Soudan maintenant » et puis cela devient un peu agaçant à la longue… enfin, j’ai trouvé ça agaçant. Du coup, pas sûr que ce soit une bonne chose, et pour Chris Evans et pour le film surtout…

Sinon j’ai beaucoup aimé les autres acteurs, Alessandro Nivola en tête ; voir Ben Kingsley dans un rôle de gentil m’a un peu perturbée. Petit bémol aussi sur les rôles féminins : mis à part Haley Bennett, qui a un temps d’écran très limité, il n’y a pas grand monde. Après, je comprends – il s’agit d’un film d’espionnage et l’histoire ne se prête pas à pléthore de rôles féminins et puis les femmes n’avaient pas forcément la même mise en lumière qu’aujourd’hui. A ce propos, ce n’est pas une critique, juste le constat d’un élément minime qui participe sans le vouloir au déséquilibre global du film.

Un film qui passe bien malgré tout

En depit des éléments évoqués plus haut, Operation Brothers est plutôt bon dans l’optique du divertissement : on ne voit pas les deux heures passer et l’histoire racontée est très intéressante. J’ai du mal à me plaindre de ce film (même si j’aimerais bien parce qu’il y aurait pleins de choses à dire au niveau de la réalisation) à cause de ça justement. Il y a parfois un petit côté décalé qui m’a fait exploser de rire malgré le sujet on ne peut plus sérieux du long métrage et je ne sais pas si c’est une bonne chose… J’ai tellement appris grâce à ce film, et j’aime tellement Chris Evans, que c’est un peu difficile de rester objective et de mettre en exergue les points négatifs mais j’espère y être parvenue quand même.

Conclusion

Ce n’est pas le film indé, ni le film tout court, de l’année c’est certain et la plupart des gens le regarderont soit par curiosité soit pour Chris Evans qui porte véritablement le film à lui tout seul. Le reste passera à côté et c’est triste. Certes, le film a ses défauts et est bancal par moments mais il permet d’élargir ses horizons et d’en apprendre plus sur un épisode sombre de l’histoire contemporaine. Rien que pour cela, le film mérite d’être vu par le plus grand nombre. Merci Mr. Raff pour cet hôtel pas tout à fait comme les autres !

Cinéma

Diamonds are a girl’s best friend

Un des meilleurs endroits pour lutter contre la chaleur et survivre à la canicule, c’est le cinéma. Hier, j’étais partie pour aller voir Yesterday mais une fois sur place, j’ai finalement opté pour Le coup du siècle (The Hustle en VO) de Chris Addison avec Anne Hathaway et Rebel Wilson. Je crois que j’ai gagné au change étant donné que ce film est une bonne surprise.

J’avais vu passer plusieurs fois la bande annonce au cours des mois précédents et il faut bien dire que j’étais septique et méfiante vis-à-vis de celle-ci : j’avais peur qu’il y est tout dans la bande annonce et rien de plus dans le film, mais heureusement pour moi, je me suis trompée et il s’avère que Le coup du siècle est bien plus que sa bande annonce. Bien sûr, il ne s’agit pas d’un chef d’œuvre du genre mais cette comédie remplit sa mission de divertissement sans promettre d’avantage. Je n’en demandais pas plus pour un film de l’été de toute façon.

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 Le film raconte l’histoire de Penny, qui gagne plus ou moins sa vie en effectuant des petits larcins sur Internet. Ces larcins peuvent se résumer à cela : plumer les hommes qui se montrent un peu trop crédules. Tout va bien pour Penny dans le meilleur des mondes jusqu’à ce que la jeune femme échappe de peu à la Police… Penny décide donc de changer d’air et de cible pour éprouver ses mensonges et améliorer sa technique… tout cela sur d’autres pigeons crédules (et riches !). C’est ainsi qu’elle débarque à Beaumont-sur-mer pleine d’espoir et d’enthousiasme, mais Penny ignore que la ville est en réalité le territoire de chasse de Jo qui fait exactement la même chose qu’elle, le côté pro et glamour en plus. Les deux femmes vont alors rentrer en compétition pour savoir laquelle des deux est la meilleure escroc et pour y parvenir, l’une des deux doit impérativement réussir le coup du siècle sur la cible choisie par Jo…

Je vous l’accorde bien volontiers, l’histoire n’est pas folle mais le film vaut le coup d’œil. La dynamique entre Rebel Wilson et Anne Hathaway est excellente et fait tout le sel de l’histoire… Sans oublier la présence d’un retournement de situation assez savoureux et totalement inattendu, un peu comme un coup de poker finalement.

Cette fin renforce un scénario déjà bien construit, et c’est appréciable de savoir que l’on peut encore faire des films simples mais de qualité. Le seul bémol s’il en est un, c’est que le film a des airs du Diable s’habille en Prada par certains moment et que les personnages sont plus ou moins des stéréotypes ambulants. Cela dit, c’est une comédie et les stéréotypes sont là pour faire rire du fait de l’exagération de certains traits ; de plus, ils démontrent la simplicité que j’évoquais en début de paragraphe et pour le coup ce n’est pas gênant d’être confronté à ces stéréotypes pour ces deux raisons. D’autant que le film n’est pas dénué de fond et c’est bien connu, l’humour permet de faire passer des messages importants plus facilement parce qu’on en rit d’abord. Je pense notamment à ce joli message sur l’apparence physique qui m’a beaucoup plu et que j’ai trouvé très pertinent.

Conclusion

Je ne peux que vous encourager à voir ce film si vous aimez les films du genre et si vous en avez l’occasion. C’est une bonne comédie autant dans la forme que sur le fond avec des sujets importants abordés de façon détournée, garanti sans prise de tête avec un duo d’excellentes actrices qui porte le film grâce à une dynamique parfaite entre les deux. Enfin, malgré sa simplicité, le scénario le scénario offre quelques belles surprises. Bref, Le coup du siècle est le cocktail idéal pour passer un bel été !

Bon visionnage, à très vite.

Cinéma

Lord of the Dance

Mes goûts musicaux et cinématographiques sont très variés et à première vue, il n’y a pas tellement de rapport entre les deux. Sauf que pour ce film précis, il y a effectivement un rapport entre les deux puisqu’il s’agit d’un biopic sur Rudolf Noureev, célèbre danseur étoile russe. Noureev, réalisé par l’excellent Ralph Fiennes, est l’occasion parfaite d’évoquer mon grand intérêt pour la musique classique et les ballets classiques tout en parlant d’un film que je voulais absolument voir et que j’avais toutes les chances de rater, à cause de son étiquette ‘Film indé’…

Le Corbeau blanc

Avant d’être le titre du film dans sa version originale, c’était un des surnoms de Rudolf Noureev, danseur étoile et chorégraphe à l’Opéra de Paris (entre autre). Un corbeau blanc désigne quelqu’un qui ne rentre pas dans la norme ou qui refuse de s’y conformer. C’était le titre parfait pour ce film sur un des danseurs les plus talentueux, avant-gardiste mais aussi incroyablement subversif de son temps. On est bien loin des blockbusters du genre Marvel ou les films dits ‘grand public’…

J’ai plutôt bien aimé, même si je crois qu’en fait, j’aurais préféré regarder un documentaire sur le sujet. Le film donc, retrace la vie de Rudolf Noureev en se focalisant plus précisément sur l’année 1961, année durant laquelle le danseur se rend en Europe de l’Ouest avec la troupe de Ballet du Kirov pour une série de représentations et se retrouve à demander l’asile politique afin de pouvoir danser (et vivre) en toute liberté. Malheureusement, si Rudolf Noureev était génial, le film qui lui est consacré est dans la moyenne : c’est un bon film mais sans plus, rien d’extraordinaire. Néanmoins, ce film possède des points forts qu’il est important de noter.

Ainsi, on peut noter que le casting est international et c’est réellement un plus étant donné que l’histoire se passe entre l’URSS et Paris ; ensuite il y a l’atmosphère très réussie des années 60 et aussi contre-espionnage sur fond de danse classique, et puisqu’on parle de classique n’oublions pas la musique et les costumes évidemment.

En ce qui concerne le casting et les acteurs, pas de fausses notes bien que j’ai quelques doutes sur l’existence de Clara Saint, interprété justement par Adèle Exarchopoulos mais je ne suis pas une spécialiste de la vie d’André Malraux. Au moins, si Clara Saint n’a pas existé, l’actrice aura eu le mérite de rendre le personnage crédible. Pour le reste du casting, rien à signaler si ce n’est que Oleg Ivenko crève l’écran dans le rôle titre et que l’accent russe de Ralph Fiennes est quasiment parfait. Quand on sait que j’ai vu le film en VO et que l’acteur est britannique, c’est assez bluffant !

Ensuite, il y a cette atmosphère des années 60 si bien retranscrite à l’écran. C’est le gros point fort de ce long métrage selon moi. Le spectateur ressent la tension quasi-permanente dans laquelle est plongé le danseur à cause de la situation géopolitique de l’époque. Cette tension atteint son paroxysme avec cette scène à l’aéroport où la confrontation idéologique entre le bloc de l’Ouest et celui de l’Est manque de dégénérer de peu et devenir physique. A mon sens, c’est d’ailleurs la scène la plus marquante du film.

Enfin, un mot sur les costumes et la musique qui sont sublimes. Je suppose que la musique est tirée des ballets pour les parties dansées mais je n’ai reconnu aucun morceau bien qu’ils me fussent étrangement familiers à l’oreille… Au niveau des costumes, certains m’ont rappelés des pièces exposées au Centre National du Costume de scène à Moulins, lequel dispose d’une collection de costumes portés par le danseur. Petite parenthèse : cette exposition peut s’admirer toute l’année.

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En dépit de ces réussites, ce film comporte malheureusement des faiblesses importantes qui empêchent le spectateur d’apprécier pleinement l’histoire. Les faiblesses de ce long métrage résident dans les choix narratifs du réalisateur. La première chose que l’on remarque, c’est l’esthétisme et le travail apporté à certaines images avec des plans rapprochés sous un angle qui fait immédiatement penser à un film d’auteur. Je pense notamment à tous les plans où il y a un focus sur les corps sculptés ou peints que Noureev observe avec une attention presque chirurgicale. Rien de dérangeant en soi mais honnêtement cela plombe un peu le rythme du film, en plus de ne pas apporter grand-chose à l’histoire. D’autant plus que le rythme change parfois brusquement et cela peut devenir un problème pour le spectateur qui s’y perd et ne sait plus sur quel pied danser…

Cela s’explique en grande partie par le choix d’une chronologie non-linéaire avec la présence de multiples flashbacks sur l’enfance de Noureev tout au long de l’histoire. Ces derniers permettent d’éclairer le présent du danseur dans le film. Si je devais résumer, les bonnes idées de ce film sont largement plombées par le faux rythme beaucoup trop lent de l’histoire. A croire que le réalisateur a voulu exclure volontairement une partie du public intéressé par Rudolf Noureev et la danse classique afin de pouvoir faire entrer son film dans la case Indépendants et c’est un peu dommage.

Conclusion

C’est le troisième long métrage de l’acteur britannique Ralph Fiennes et si le sujet et la période sont captivants, on ne peut malheureusement pas en dire autant du film. Un documentaire aurait sans doute été plus pertinent et plus simple à réaliser, en terme de narration. Noureev se veut intellectuel et élitiste quand Rudolf Noureev est parvenu à démocratiser la danse classique à travers une plus grande liberté dans les mouvements. Cependant tout n’est pas à mettre à la poubelle puisque le jeu des acteurs y est éblouissant, de même que la musique et les costumes. Au final, je regrette surtout que ce film n’est pas été à la hauteur du Seigneur de la danse et de son génie, même si le film se laisse regarder.

Cinéma

Along came a spider…

La semaine dernière (mercredi dernier plus précisément), j’ai été voir Spiderman: Far From Home réalisé par Jon Watts. Ce dernier n’en est pas à son coup d’essai avec Spiderman puisqu’il avait déjà réalisé Homecoming qui était très réussi disons-le. En ce qui concerne Far From Home, le résultat est plus en demi-teinte pour plusieurs raisons liées plus ou moins au contexte général du film puisqu’il se place directement à la suite d’Avengers Endgame, réalisé par les frères Russo et sorti plus tôt cette année.

La fan du Marvel Cinematic Universe (Univers cinématographique Marvel en français, abrégé en MCU) que je suis avait de grosses attentes concernant les nouvelles aventures de l’araignée sympa du quartier, d’une part parce que j’avais beaucoup, beaucoup aimé le premier volet et d’autre part parce que Avengers Endgame avait placé la barre tellement haute avec de nombreux petits indices çà et là que j’espérais secrètement que Spiderman: Far From Home fasse au moins aussi bien, tout en sachant qu’il serait très dur, voire impossible, de rivaliser avec Endgame de tout façon.

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De ce point de vue, pas de surprise le film est effectivement et évidemment en dessous de Avengers Endgame mais pour moi, la déception s’est faite sentir à un autre niveau : j’ai trouvé que Far From Home était moins bien que son prédécesseur Homecoming. Cependant tout n’est pas mauvais dans ce film, loin de là, mais il y a des éléments qui auraient mérités que l’on s’y attarde un peu plus ou faits différemment selon moi. Bien entendu, vous avez le droit de ne pas être d’accord.

En fait, il y a deux choses que je n’ai pas trop aimé dans ce film. La première c’est le personnage de Mysterio lui-même. Je m’attendais à autre chose le concernant, non pas qu’il soit mal interprété ou pas fidèle à l’image que je me faisais de lui dans les comics, mais j’ai trouvé que sa véritable nature était révélée rapidement alors que l’idée d’en faire un allié à Spiderman était très bien pensée et pour le coup bienvenue. L’idée aurait méritée d’être creusée un peu plus ou du moins, de tenir un peu plus longtemps dans la durée parce que j’aurais aimé voir où cela aurait pu conduire Peter mais tant pis.

La seconde chose qui m’a déplu (même si je l’ai trouvé cool en soi), c’est qu’à certains moment du film, le scénario force vraiment sur la relation quasi filiale entre Tony Stark et Peter Parker ; je n’ai pas dit que ce n’était pas cool, au contraire et cela nous évite un énième Oncle Ben, mais par moment je vous jure que c’est redondant et qu’on a juste envie de dire : c’est bon, on a compris que Tony considérait Peter comme son fils (spirituel). A trop vouloir en faire, cela devient contre-productif… Sans oublier la semi déception qui concerne l’intrigue et qui tourne encore une fois un peu trop autour du personnage de Tony Stark.

Néanmoins, je préfère m’attarder sur les points positifs de ce dernier opus qui clôture la phase 3 du MCU.

J’ai énormément apprécié que le film prenne véritablement le temps d’accompagner Peter dans son deuil et ce, tout au long du film. A ce propos, on retrouve l’esprit de la phrase désormais mythique d’Oncle Ben : « un grand pouvoir implique de grandes responsabilités » sans que jamais celle-ci ne soit prononcée. En plus d’être un joli clin d’œil, c’est un détail mais il fait toute la différence et confère au film une atmosphère bienveillante malgré les épreuves à traverser.

Ensuite et c’est lié, l’émotion et l’humour sont bien dosés (ce qui n’est pas toujours le cas chez Marvel). L’humour notamment permet au spectateur de tourner la page Tony Stark en douceur, en lui enlevant le côté tragique et dramatique pour ne garder que le côté émouvant. C’est touchant et je pense que c’est ce qu’il fallait faire.

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En conclusion, Spiderman: Far From Home avait la lourde tâche de sortir après Avengers Endgame et je crois sincèrement qu’il n’aurait pas pu faire mieux. C’était le film qu’il fallait faire : les nouvelles aventures de l’homme-araignée permettent aux spectateurs les plus fan du MCU et aux différents protagonistes de faire leur deuil de Tony Stark et de tourner la page en douceur afin de pouvoir débuter un nouveau grand chapitre, qui je l’espère sera aussi exaltant et intense que celui qui a tenu le spectateur en haleine pendant plus d’une décennie, en plus de faire également le succès des studios Marvel.

Far From Home peut être vu comme le film qui clôture un cycle brillant, mais il doit être également vu comme le film qui débutera une nouvelle ère pour le Marvel Cinematic Universe. Le meilleur exemple pour illustrer cela, c’est bien sûr les deux scènes post-génériques comme Marvel a l’habitude d’en faire désormais. Si le film possède quelques défauts scénaristiques, il n’en est pas dénué de bonnes choses et cela est annonciateur de bonnes surprises pour la suite selon moi.

Reste à voir si, à l’instar du super-héros qu’il incarne, Tom Holland aura les épaules suffisamment solides pour porter lui-même une grande partie de cette nouvelle phase du MCU, bien qu’il ne soit pas seul dans cette aventure. Vous savez ce qu’on dit : un grand pouvoir

Cinéma

Vers l’infini…

Fin juin, je suis allée voir le petit dernier de la franchise Toy Story et je dois dire que j’ai retrouvé Woody, Buzz et les autres avec un plaisir non dissimulé. Petit retour en arrière sur mon ressenti (et mes émotions).

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Avant de commencer, je tiens à préciser que je n’ai pas gardé un souvenir inoubliable du 3 puisque pour moi, une page se tournait avec ce troisième volet : Andy part à l’université et la joyeuse bande de jouet atterrit chez la petite Bonnie. Très honnêtement, cette fin était tout à fait satisfaisante et les équipes auraient très bien pu en rester là.

Seulement voilà, Woody et ses copains sont de retour dans une toute nouvelle aventure haute en couleurs et pleine d’émotions. En fait, c’est d’abord et surtout la curiosité qui m’a poussé vers ce film, sans oublier bien sûr mon souvenir ému du premier Toy Story sorti sur les écrans il y a 24 ans. Prends-toi ça au passage en pleine face ma vieille, c’est ce que je me suis dit en écoutant une interview de Tom Hanks sur le film… mais bref.

Et à chaque fois que la franchise s’étoffe d’une suite, c’est une réussite. D’ailleurs Toy Story 4 ne fait pas exception et confirme la règle. Pour résumer, j’ai adoré. Le film s’adresse autant aux enfants qu’aux adultes qui ont découvert cet univers avec le tout premier opus.

Le célèbre cowboy vit des jours heureux dans la chambre de la petite Bonnie entouré de ses amis. Cependant, c’est bientôt le drame : la fillette rentre en petite section de maternelle et Woody perd son rang de jouet préféré, au profit de Fourchette, mais au lieu de s’en émouvoir, Woody est bien décidé à faire comprendre à Fourchette la chance qu’il a d’être l’ami de Bonnie et ce n’est pas gagné… Fourchette persiste et signe : c’est un déchet non pas un jouet et cela va conduire Woody et ses comparses dans la plus grande aventure qu’ils aient eu à vivre jusqu’à présent, bien loin de leur zone de confort…

C’était génial et j’ai vraiment eu l’impression de retrouver de vieux amis pas vus depuis un bon bout de temps. J’ai beaucoup rigolé et j’ai été aussi très émue. Le traitement des personnages dans ce quatrième volet est extraordinaire et l’évolution des personnages est significative pour chacun. De plus, le film est une ode à l’imagination et à la puissance créatrice des enfants. Le message est touchant.

Aussi, j’ai particulièrement aimé l’importance donnée à Bo qui était plutôt discrète voire effacée dans les précédents films. C’est une bonne chose qu’elle soit mise en avant dans ce film, surtout que le personnage de Bo n’est pas simplement là pour porter un message féministe. Bien sûr le message féministe est là et il ne faut pas lui enlever sa portée évidemment mais en plus de ce message, il y a une autre conception de ce que devrait être la vie d’un jouet. Cette conception est d’ailleurs en totale opposition avec celle de Woody et c’est brillant, preuve supplémentaire que Toy Story sait vivre dans l’ère du temps. C’est rafraichissant et ça fait du bien !

Mentions spéciales pour le clin d’oeil sur la relation qu’entretiennent les adultes avec les poupées, mais aussi : Gaby-Gaby qui fout les frousses dans le magasin d’antiquités, Ducky et Bunny la peluche absolument tordante de la fête foraine ainsi que Duke Caboum et son accent québécois.

Si vous n’y êtes pas encore allés, laissez-vous tenter par les nouvelles aventures de Woody, Buzz, Jessie et les autres, vous ne le regretterez pas. Toy Story est une des rares franchises à s’être toujours réinventée au fil des différents films. Un magnifique retour en enfance tout en magie et en émotions.

 

Cinéma

Les hommes & les femmes en noir

Dernier film sur ma liste de films « A voir peut-être », Men in Black : International de F. Gary Gray. Un reboot assez sympathique qui remplit sa mission première de divertissement sans pour autant être à la hauteur du tout premier Men in Black réalisé par Barry Sonnenfeld en 1997. Même si le scénario est efficace (dans le sens où il modernise un temps soit peu la franchise), il n’en reste pas moins prévisible quasiment de bout en bout.

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Néanmoins, rendons à César ce qui lui appartient : les scénaristes ont tout de même évité au spectateur la presque traditionnelle romance insipide et inutile entre l’agent H et l’agent M, autrement dit les protagonistes principaux incarnés par Chris Hemsworth et Tessa Thompson. Et c’est tant mieux ! Un cliché de moins sur lequel râler.

D’ailleurs puisqu’on parle des personnages, j’ai également apprécié la construction des agents M et H ; ils ont chacun leurs motivations, leurs blessures et le tout est plutôt bien amené et exploité, même si bien sûr il aurait été possible de faire encore mieux je pense… Par contre, je crois qu’il faut arrêter avec Liam Neeson – enfin, je veux dire… c’est un bon acteur mais j’ai toujours l’impression de le voir plus ou moins dans le même registre ou du moins, j’ai l’impression qu’il incarne toujours le même type de personnage. Résultat : l’intrigue devient prévisible et c’est couru d’avance ; personnellement, j’avais dénoué le nœud de l’histoire bien avant les deux héros.

Comme je le disais plus haut, le film est prévisible mais pas décevant dans son ensemble. Cela étant dit, il y a cependant deux choses que j’ai trouvé grandement décevantes ; premièrement l’humour. Il y a bien un ou deux moments marrants dans le film mais rien de bien transcendant à mon goût, mais c’est un avis totalement subjectif. En comparaison j’avais le souvenir d’un film à littéralement mourir de rire avec le duo Will Smith/Tommy Lee Jones… Mais je connais la chanson : reboot = franchise/film connu MAIS nouvelle histoire avec de nouveaux personnages et une nouvelle intrigue. Je ne m’en plains pas, cependant un peu plus d’humour n’aurait certainement pas nuit au film à mon sens. Un mot aussi concernant la musique du film qui ne marquera pas les esprits, j’en suis navrée. Danny Elfman que j’adore pourtant, nous a servi une bande son tout à fait oubliable et sans saveur… La musique basique d’un film d’action en somme.

Conclusion

Film à voir au cinéma si vous avez un abonnement illimité ou encore mieux : chez vous, à la télé devant un plateau repas. C’est sûrement un jugement un peu dur dit comme ça mais c’est ce que vaut ce film à mes yeux. Heureusement pour lui, le film ne cherche pas à jouer sur l’effet nostalgie du premier MIB mais il reste construit sur un scénario prévisible qui cherche un peu maladroitement à moderniser la franchise, notamment avec un nouveau duo d’agents qui fonctionne très bien grâce sans doute à la complicité entre Tessa Thompson et Chris Hemsworth.