Cinéma

‘Cause it’s a long way to go…

Il y a des films qui se méritent autant qu’ils s’apprécient. Il va sans dire que My Beautiful Boy de Felix van Groeningen avec Steve Carell et Timothée Chalamet dans les rôles principaux. Je voulais le voir parce que j’étais sûre de mon choix, sûre que j’allais adorer ce film. Le verbe adorer est un peu trop fort pour le coup, mais j’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup aimé. Mon instinct se trompe rarement : une petite pépite de perfection tout en émotions.

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En réalité, j’ai ressenti ce film comme étant parfait à cause de la justesse des émotions qui le traverse. C’est vraiment un film qui m’a bouleversé et va me marquer pendant longtemps : je pense que je m’en souviendrai sans avoir besoin de relire cet article. Je savais d’avance que ce serait un film dur et poignant – c’est presque toujours le cas lorsqu’il est question de drogues, peu importe laquelle il est question, parce que c’est un sujet violent et dur à aborder et le plus dur, c’est de raconter une histoire en évitant les clichés.

Inutile de vous dire que le pari est tenu pour le réalisateur. Certes, je m’attendais à un film poignant mais je ne m’attendais à ce qu’il déborde de tendresse ; je m’attendais à de l’amour et à de la tendresse comme on en voit dans toute relation parents/enfant mais là, Steve Carell, qui interprète David Sheff, y est désarmant de tendresse et ça m’a bouleversée, et je me suis accrochée à cela tout au long du film. Timothée Chalamet n’est pas en reste d’ailleurs, aussi solaire dans son sourire que crépusculaire dans sa détresse de junkie paumé, il est flamboyant et irradie le film du début à la fin.

Et puis surtout il y a cette relation fusionnelle entre un père et son fils qui oscille entre les moments de joie intense et la désillusion et le désespoir que cause la drogue de part et d’autre ; cette relation et ce lien père/fils sont  un peu à l’image de la chanson qui donne son titre à ce film : Beautiful Boy, composée par John Lennon pour son fils Sean, à la fois rassurante et lancinante presque douloureuse.

J’ai beaucoup, beaucoup aimé également le traitement de l’image et de la lumière, plus ou moins lumineux selon ce que cela traduisait des personnages sans qu’ils aient forcément besoin de l’exprimer. On comprend et c’est d’autant plus puissant à regarder. Les plans « saccadés » par exemple, expriment soit le bordel dans la tête et dans la vie de ce pauvre Nic Sheff ou bien le parallèle entre le père et le fils, qui sont à l’opposés l’un de l’autre. Pour des raisons évidentes, les gros plans ou les plans rapprochés sont également très utilisés afin de permettre au spectateur de se représenter l’étendue et la force de la relation entre David et Nic, si le spectateur avait besoin de plus d’explications…

Néanmoins petit bémol : j’ai trouvé la mère de Nic, Vickie, très en retrait et presque passive dans l’épreuve que traverse son fils mais c’est vrai qu’étant une histoire vraie et racontée du point de vue de père et fils, le rôle de la mère parait un peu anecdotique, d’autant que le personnage n’arrive physiquement qu’assez tardivement dans le déroulement du film. Sans oublier qu’en réalité, la mère de Nic a peut-être eu beaucoup de mal à accepter et à comprendre ce qui se passait. Ce sont des suppositions mais il faut bien reconnaitre que ce film n’a pas beaucoup de personnages féminins forts et avec du caractère – l’exception à cela est à trouver chez la deuxième épouse de David Sheff et même si ce n’est pas le sujet du film, ça fait toujours plaisir de voir qu’il y a au moins une femme qui tient la route dans un film centré sur deux hommes (bien que le film soit tendre au possible).

Conclusion

My Beautiful Boy fait partie de ces pépites indépendantes qu’il faut voir au moins une fois dans sa vie et qui marque le spectateur. L’histoire et le sujet abordé sont certes très sombres mais cette relation profonde père/fils le rend chaleureux et lumineux et c’est aussi un film très humain et optimiste d’une certaine façon pour cette raison précise. Steve Carell et Timothée Chalamet y sont simplement fantastiques et emportent le spectateur dans des émotions fortes, souvent contradictoires, mais ce n’est jamais larmoyant ou pathétique (dans le sens de pathos) : pas besoin de mouchoirs pendant ou à la sortie de la salle. Malgré tout, c’est un film à digérer… comme souvent les merveilles.

Cinéma

Un amour de Dragon

A défaut de My Beautiful Boy de Felix van Groeningen (sorti pourtant la semaine dernière mais déjà plus diffusé dans le ciné proche de chez moi ; je ne ferai aucun commentaire à ce sujet mais je n’en pense pas moins)… j’ai reporté mon choix sur Dragons 3 : le monde caché qui clôt avec justesse une aventure commencée il y a presque 10 ans. Et ma foi, pour un second choix c’était plutôt pas mal. Mais cela reste un second choix donc ne vous attendez pas à un article euphorique de ma part.

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Nous retrouvons donc Harold et Krokmou (et le reste de leur amis) un an environ après les évènements du deuxième volet et dans lequel Harold tente de trouver sa place dans sa communauté en tant que chef du village de Beurk et le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est évident… Heureusement dans cette tâche, il est aidé par sa mère, Valka, et secondé par sa fiancée, Astrid. Néanmoins lorsque la sécurité du village et celle des dragons sont menacées par les activités pourtant nobles de Harold, ce dernier est obligé de prendre des décisions radicales et prouver qu’il a l’étoffe d’un chef de clan, même si cela veut dire se séparer de ce qu’il aime le plus au monde…

C’est un bon film d’animation ; d’ailleurs l’animation est toujours aussi splendide à regarder : une vraie merveille à certains moments (notamment le monde caché justement) et c’est vrai qu’on en prend plein les yeux pendant toute la durée du film. Cependant, cet opus m’a un tout petit peu moins emballé ; pourtant il n’y a pas de faiblesse au niveau de l’histoire : on retrouve les principaux personnages et leurs caractéristiques ainsi que de légères pointes d’humour. Le tout tient la route mais je crois que j’aurais aimé un méchant avec un peu plus de profondeur et un peu plus coriace du coup… Je n’ai pas trouvé Grimmel le Grave très convaincant, moi qui m’attendait à une fin ou une confrontation en apothéose pour Harold et Krokmou. Dommage !

Sinon pour le reste j’ai beaucoup aimé voir Krokmou tomber amoureux et s’émanciper progressivement, tout en continuant d’être fidèle à son ami – après tout c’est la Saint Valentin aujourd’hui, il faut bien parler un peu d’amour, même chez les dragons ! Et puis mine de rien Harold aussi est touchant dans ses questionnements et ses tâtonnements en tant que chef de village, mais heureusement qu’il est entouré de femmes fortes sinon il n’irait pas bien loin le p’tit !

Voilà, c’est tout ce que je peux vous dire sur ce film sans vous en dévoiler d’avantage. J’ai passé un bon moment au ciné, devant un film dont les animations sont superbes et soignées mais qui m’a laissé sur ma faim quant au grand méchant que je n’ai pas trouvé d’envergure pour conclure une aventure comme celle-ci, qui finit pourtant sur une note d’émotion touchante mais un peu trop convenue à mon goût.

Cinéma

De l’hypocrisie en Amérique

Je rassure tout le monde, je ne vais pas me lancer dans un essai ou une dissertation de philosophie de 3 heures sur le sujet, encore qu’il y ait des choses à dire sur le sujet… mais ce n’est pas mon propos ici. Je voulais juste partager avec vous mon dernier coup de cœur cinématographique dont le sujet de fond est justement l’hypocrisie ouvertement assumée par l’Amérique dans les années 1960.

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Green book : Sur les routes du Sud

Le film raconte l’histoire vraie (mais sûrement un peu arrangée pour les besoin du film), de Donald Shirley et Antony Vallelonga dit Tony Lip (traduit en français par Tony la Tchatche). Dans le détail, nous sommes à New York en 1962, Tony vit de magouilles et de débrouille suite à la fermeture temporaire du Copacabana, club de Jazz où il travaille en qualité de serveur/videur, jusqu’à ce que Donald « Docteur » Shirley, pianiste noir de génie l’engage pour qu’il devienne son chauffeur/garde du corps sur la prochaine tournée du pianiste qui se rend dans les Etats sudistes et ségrégationnistes. Un voyage à hauts risques pour le pianiste et pour Tony qui a besoin d’argent pour nourrir sa famille et qui devra mettre ses préjugés de côté…

Un petit bijou, comme à chaque fois avec Viggo Mortensen

Peter Farrelly signe un petit bijou. Bijou en lice pour le Meilleur film à la 91ème Cérémonie des Oscars et c’est mérité ; je ne sais pas s’il sera primé mais en tout cas, j’ai trouvé le film génial avec une belle histoire avec de la profondeur et je n’en attendais pas moins d’un film avec à l’affiche Viggo Mortensen et Mahershala Ali. C’est intelligent, bien raconté, joué à la perfection et avec justesse et les thèmes abordés résonnent encore de nos jours malheureusement…

J’ai adoré voir l’évolution et la progression du personnage de Viggo Mortensen qui blanc, d’origine italienne et vit dans cette communauté très soudée à New York. Il est également un peu ignare et beaucoup de choses sont des machins, des trucs et sa culture est populaire comme en témoigne ses goûts pour la musique de l’époque : le Jazz. Dernière chose, Tony est ce que je qualifierais de raciste par ignorance, du moins au début du film.

Docteur Shirley, lui, est l’exact opposé : noir, cultivé (Docteur en musique, en psychologie et en Arts lithurgiques et il parle plusieurs langues dont le russe et l’italien), pianiste de génie ; il subit de plein fouet la ségrégation dans les Etats du Sud en place à l’époque alors même que l’élite blanche de ces mêmes Etats se presse dans les lieux où le pianiste se produit. L’Amérique de l’époque était en pleine schizophrénie (c’est toujours le cas à propos) : les gens venaient voir le pianiste avec son trio, cependant une fois le concert terminé, il « redevenait » Donald Shirley, persécuté pour sa couleur de peau et devait se rendre dans les lieux autorisés pour lui. A cet effet, le Negro Motorist Green Book (le guide de l’automobiliste Nègre) recensait les lieux publics où les personnes de couleur ne risquaient rien et étaient autorisés, à l’époque des Lois Jim Crow (qui permettaient la ségrégation). Le Green Book a été publié entre 1936 et 1966.

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Conclusion

C’est un film fort et puissant de par les thèmes traités servi par deux acteurs extraordinaires, sans oublier une musique sublime et grandiose. Malheureusement, il y a une polémique qui est née sur le net à cause de certaines déclarations des membres de la famille Shirley qui accusent les scénaristes et le réalisateur (blancs) d’avoir trop romancé la vie du Docteur Shirley et d’avoir un point de vue blanc et donc condescendant sur les Noirs. En conséquence de quoi, ils ont appelé au boycott du film.

Pour avoir vu le film, je ne trouve pas que le film soit spécialement condescendant vis-à-vis d’une communauté ou d’une autre ; ce que je reconnais, c’est que la profondeur de la relation entre Tony Lip et le Docteur Shirley n’était probablement pas comme présentée dans le film mais c’est le travail Hollywood de raconter des jolies histoires, et elles sont d’autant plus jolies lorsque ces mêmes histoires sont joliment interprétées et n’épargnent personne. De mon point de vue, cette polémique n’a pas lieu d’être et la famille Shirley cherche juste à faire parler d’elle alors que le film et ses acteurs principaux sont dans la course pour les Oscars 2019.

Cinéma, Littérature

[Découverte] [Contemporain] Parfaite (You) Caroline Kepnes

Au risque de vous gaver avec un article supplémentaire sur le sujet, je m’en vais vous parler du phénomène Parfaite (You en anglais) de Caroline Kepnes. Je parle bien de phénomène puisque le livre a été publié en 2012 et était passé un peu inaperçu à l’époque… mais cela, c’était avant. Avant 2018 et Netflix ! Jackpot pour Caroline… Et on n’oublie pas de remercier la plateforme pour le petit coup de pouce sur les ventes du livre surtout !…

Ma rencontre avec Parfaite, le livre

Si je suis légèrement amère c’est parce que Parfaite est typiquement le livre qui rentre dans deux catégories (exclusive l’une de l’autre) : l’achat hasard – qui peut potentiellement débouché sur un truc, que l’expérience de lecture soit bonne, excellente ou au contraire simplement horrible… mais c’est le jeu lorsqu’on achète ses livres au hasard (comme il m’arrive de le faire parfois) – ou l’autre catégorie qui s’offre à vous c’est celle du non-achat – ces livres qui sont là mais que vous n’achèterez pas pour tout un tas de raisons.

Parfaite rentre dans cette seconde catégorie : rien ne me prédestinait à cet achat. Ni la couverture (très moyenne et pas du tout vendeuse selon moi) ni le résumé en quatrième de couverture (d’une médiocrité alarmante, genre : « il faut bien mettre quelque chose et cela fera l’affaire »). Bref, je suis passée à deux doigts d’ignorer complètement ce livre et son auteur et ma vie aurait continué comme si de rien n’était, dans une jungle littéraire luxuriante… C’était sans compter Joe Goldberg qui avait une histoire à raconter, la sienne et à qui Netflix a fait le plus beau cadeau qui soit : un corps, une incarnation afin qu’il devienne le nouveau porte-étendard du catalogue 2018-2019. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela a fonctionné ; peut-être même au-delà des espérances de Caroline Kepnes… Mais ce qui compte au fond, c’est bien que j’ai fini par faire la connaissance de Joe, personnage trouble et complexe comme j’en croise rarement et à qui l’on parvient à s’attacher malgré tout. Pour autant, je ne qualifierai pas cette lecture d’agréable ; il est quand même question d’un psychopathe qui épie le moindre fait et geste d’une fille pour qui il a eu le coup de foudre, sous couvert de recherche du Grand Amour… Et comme il est également narrateur de cette histoire, Hashtag NoFilter, eh bien être dans la tête d’un psychopathe n’est pas spécialement agréable. Cela dit, la lecture n’en reste pas moins fascinante, sans être totalement dérangeante non plus, auquel cas vous comme moi lâcherions le livre en cours de route. Ce n’est pas le cas – Parfaite n’est pas un livre qu’on lâche.

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Il s’agit presque d’un tour de force de la part de Caroline Kepnes, pour ne pas dire un tour de magie. Elle arrive à rendre un psychopathe (la dernière personne que vous souhaiteriez croiser dans toute votre vie) abordable voire même sympathique à certains égards : Joe est un libraire charismatique, un peu taciturne et complètement déphasé avec son époque (il n’est sur aucun réseau social, bien qu’il sache s’en servir à la perfection afin de trouver ce qui l’intéresse)… Un peu old school mais pas trop, charmant, un peu de désuétude dans le vocabulaire, une culture littéraire et cinématographique dont je rêve mais surtout une intelligence stupéfiante et d’une logique aussi imparable que diabolique ; voilà comment définir notre protagoniste narrateur. Inutile de vous dire comment tout cela se termine parce que de toute façon, on sent dès le départ que cette histoire « d’amour » va mal finir… Vous connaissez la chanson, n’est-ce pas ? Eh bien Parfaite c’est tout-à-fait cela : une histoire d’amour non-conventionnelle qui ne finit pas bien. Néanmoins il est probable que vous restiez sur votre faim/fin à la dernière page du roman ; il se peut que vous ayez l’impression de sauter du train en marche… mais non, il n’y a rien de plus pour nous pauvres lecteurs déboussolés. Les joies des fins ouvertes !

You, la série : Adaptation fidèle et réussie ?

Comme mentionné plus haut dans l’article, j’ai fait la connaissance de Joe et Beck par l’intermédiaire de Netflix et heureusement que cela est arrivé dans ce sens et pas l’inverse. Rien que la bande-annonce vaut le coup d’œil : elle est très bien réalisée, très soignée et intrigue tout de suite le spectateur. En même temps c’est un peu le but de l’existence des bandes annonces, non ? Le problème c’est que ce n’est pas toujours une réussite mais c’est un autre sujet. Quoiqu’il en soit cette série a passé ce premier test de la bande-annonce haut la main, et c’est un bon début. Ensuite, les choses se corsent un peu pour Joe, Beck et les autres…

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J’aimerais vraiment être ultra positive quant à cette adaptation mais il y a quelque chose qui me gêne pour apprécier pleinement cette série. J’ai souvent entendu dire que pour qu’une adaptation cinématographique soit réussie, il fallait qu’elle reste fidèle à l’œuvre d’origine, tout en s’en éloignant un peu pour permettre quelques libertés d’interprétations, mais pas trop : question de dosage encore une fois. En cela, pas de soucis, les scénaristes de la série ont suivi cette règle à la lettre (au bénéfice de Joe et du spectateur d’ailleurs). J’en veux pour preuve l’ajout de certains personnages comme par exemple le petit Paco, voisin de notre gentleman psychotique. Paco, une dizaine d’années au compteur, c’est la caution humanité de Joe Goldberg qui s’occupe de lui comme le ferait n’importe quel grand-frère ou oncle sain d’esprit et je trouve que c’est une bonne chose. Le retrait de certains autres aussi parce que cela permet de ne pas surcharger la série avec des informations potentiellement inutiles.

Cependant, j’ai quand même beaucoup de mal avec cette tendance qu’a la série à faire des raccourcis à tord et à travers (par rapport au livre) ; limite et contrainte de temps pour chaque épisode ? J’entends et je comprends bien… Seulement ce procédé laisse des trous dans le scénario et la trame principale de l’intrigue et vous êtes bien obligés de les combler ces trous, si vous voulez que l’ensemble tienne la route, quitte à trop s’éloigner de l’œuvre d’origine. Et j’ai précisément des doutes sur comment « reboucher les trous ». Le pire pour cette série qui a pourtant de belles qualités, ce serait que les scénaristes fassent exactement cela dans le but de plaire à une plus large audience. Il faut un retour sur investissement oui, mais à quel prix ?…

Bien sûr je n’ai pas la prétention de répondre à cette question ici, dans cet article, et chacun se fera sa propre opinion mais c’est parfois dommage de gâcher les choses qui avaient pourtant bien commencées et qui sont parfois jolies.

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Parce que oui, esthétiquement parlant, j’ai trouvé qu’il y avait quelque chose dans le traitement de l’image et de la lumière. Je n’irai pas jusqu’à qualifier l’ensemble de beau ou de splendide mais You possède sa propre identité à ce niveau : il se dégage une atmosphère à la fois charmante et rassurante (à l’image de Beck) et son exact opposé l’instant d’après ou l’épisode suivant. Cette dualité nous plonge en immersion totale dans la tête de Joe. L’image et la lumière ne sont évidemment pas le seul accès à l’esprit tourmenté de Joe puisque c’est sa voix en off qui nous guide d’épisode en épisode, exactement comme dans le livre.

Concernant les acteurs, je n’ai pas grand-chose à en dire puisque je ne les connaissais pas, sauf Shay Mitchell que j’avais vu dans Pretty Little Liars à l’époque. J’ai donc pu découvrir Penn Badgley (oui, oui je sais Gossip Girl mais non je n’ai pas regardé cette série et je ne m’en porte pas plus mal) et Elizabeth Lail (que j’aurais pu découvrir dans Once Upon a Time mais ce n’est pas de ma faute si j’ai décroché au bout de trois saisons – elle arrive dans la quatrième saison). J’imagine que le casting a été le bon étant donné que l’on rentre assez bien dans l’histoire et aisément dans la tête de ce cher Joe.

Alors, livre ou série ?

L’adage veut que le diable soit dans les détails, et malgré des différences de l’ordre du détail parfois, pour une fois je vais pencher du côté de la série, chose plutôt rare me concernant. Ce choix se justifie avec toutes les raisons précédemment évoquée ; ce qui ne m’empêche d’être dans l’expectative quant à la suite qu’ils vont lui donner, en espérant que cela ne dégénère en foire où l’on retrouverait vaguement les personnages (ceux qui sont toujours de ce monde) et l’intrigue voulue par l’auteur elle-même.

Pour le livre, il est intéressant à lire, mais il vaut mieux commencer par la série : Joe y apparait un tout petit peu plus doux par rapport à son jumeau de papier. D’une manière plus générale, Parfaite n’a sans doute pas l’intrigue parfaite mais néanmoins, Caroline Kepnes a réalisé un de mes vieux rêves littéraires : le méchant gagne à la fin… et rétrospectivement, je ne sais pas si c’est une bonne chose qu’elle ait mis un terme à ce vieux fantasme, de cette façon.

A noter qu’il existe bien une suite sur le plan littéraire : le livre en question a pour titre Hidden Bodies et a été publié en 2016. Il n’existe pas de traduction française à ce jour (à ma connaissance)

Cinéma

Comme un poisson dans l’eau

Il y a quelques jours j’ai été voir Aquaman de James Wan, sorti il y a déjà quelques semaines. J’avais été très enthousiaste à la sortie de la bande-annonce et le film ne m’a déçue. Cela étant, il ne m’a conquise non plus. Bon film mais sans plus – je vous livre mon ressenti détaillé.

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L’Atlantide se cherche un nouveau Roi, trouve un héros.

Le film relate donc l’histoire d’Arthur Curry alias Aquaman, son existence partagée entre deux mondes : celui de la Surface, où il a grandit avec son père, gardien de phare et celui de sa mère, sous-marin et qu’il ne connait qu’au travers des récits légendaires qu’on lui en a fait. Jusque-là tout va bien dans le meilleur des mondes, cependant la situation ne dure pas et lorsque Orm, le demi-frère d’Arthur, pète un câble et décide de déclencher une guerre avec le monde de la Surface pour sécuriser sa place sur le trône atlante. Afin de protéger la terre et les océans, Arthur n’a d’autres choix que de partir en quête du légendaire trident du Roi Atlan, premier Roi de l’Atlantide, alors capitale prospère d’un Royaume vaste et unifié. Rajoutez à cela une quête personnelle d’identité et d’appartenance et vous obtenez le film de James Wan.

Un schéma classique

Le schéma classique du film de super-héros en somme : le protagoniste principal écartelé entre deux mondes qui a du mal à accepter une partie de son héritage, les conflits familiaux avec le demi-frère ou la demi-sœur (il ne fait pas bon être une famille recomposée dans les films de super-héros), la belle à sauver et/ou à protéger, bien qu’elle ne soit pas en détresse et les super-méchants qui ont un rôle ben… de super-méchant avec tout ce que ça implique ! Sans oublier le traditionnel Happy Ending et ça, c’est très important dans un film de super-héros.

Aquaman c’est ça, ni plus ni moins. D’ailleurs je n’ai rien à lui reprocher de ce côté-là puisque c’est ce pourquoi j’y suis allée et totalement ce à quoi je m’attendais. Donc pas de surprise, pas de déception et puis mes motivations se résumaient ainsi : Jason Momoa. Oui, je fais partie de ces filles qui, dès qu’on leur montre un gars un peu musclé, un peu beau gosse (si tant est que l’on s’accorde sur la définition), ne répondent plus et ont parfois des réactions pour le moins étranges. Heureusement ce qui me rassure, c’est que je ne suis pas la seule dans ce cas… Se rincer l’œil une fois de temps en temps ne fait pas de mal !

Cependant, même si les films estampillés DC Comics sont bien meilleurs depuis un certain temps, ils sont encore loin du compte pour pouvoir espérer égaler Marvel Studios et quelques un de ses meilleurs Blockbusters (je pense notamment à Black Panther). Cela se vérifie encore une fois avec Aquaman que j’ai trouvé trop long – d’ailleurs un couple est parti avant la fin de la projection – et assez inégal au niveau du rythme. Sans oublier que l’enchainement des effets spéciaux m’a donné mal à la tête.

Néanmoins, j’ai passé un bon moment et je suis contente de l’avoir vu au cinéma. Puis c’est toujours un plaisir de voir Willem Dafoe et Nicole Kidman à l’écran.

Cinéma

Soupe à la Guimauve !

Etant donné que l’Esprit de Noël présent semble vouloir jouer les prolongations et qu’il a neigé à gros flocons sur Lyon ce matin, j’ai décidé d’aller passer ma journée au cinéma et j’ai été voir non pas un mais deux films : Le retour de Mary Poppins et Aquaman. Une semaine de plus, et je pense que je les aurais loupés tous les deux ; évidemment et pour plus de clarté, je détaillerai mon ressenti sur chaque film dans un article séparé. Commençons donc par le Retour de Mary Poppins signé Rob Marshall, toujours d’après l’œuvre de Pamela L. Travers.

Un film inégal avec malgré tout de bonnes surprises

Je ne pensais vraiment pas dire ça un jour, encore moins l’écrire noir sur blanc mais il faut reconnaitre que j’ai passé un bon moment seule dans ma salle. C’est un assez bon film… pour une suite Disney dont le titre n’est autre que : Le retour de Mary Poppins. Cependant, cela reste la suite d’une franchise mondialement connue et appréciée et malheureusement je cherche encore le morceau de sucre qui aide la médecine à couler.

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Est-ce que c’était mieux avant ?

Je crois qu’on peut légitimement se poser la question. Néanmoins, il me semble qu’une réponse tranchée à ce sujet, ce serait faire preuve d’ignorance et surtout de mépris vis-à-vis du film et de tout le travail qu’il y a pu y avoir derrière ; c’est facile pour un spectateur de critiquer avec la fameuse locution « c’était mieux avant » ou tout autre chose dans le même genre, il a le produit fini entre les mains ou plutôt sous les yeux devrai-je dire… mais les acteurs et tout le staff derrière avec les différentes équipes ont fourni un travail monstrueux et dire « c’était mieux avant » c’est justement ne pas respecter ce travail. On ne vous demande pas d’aller voir un film si n’en avez strictement rien à faire ou pas envie !

Quant à répondre oui ou non à cette question, c’est compliqué. Je me souviens lors des premières images aperçues sur Internet m’être insurgée contre ce que je considérais être une insulte à mon enfance, m’être dit que jamais je n’irais voir cette suite, ce « navet annoncé ». (Je me cite) Quelques mois plus tard, je me retrouve quasiment à défendre le film. Tout arrive un jour je suppose… mais c’est surtout parce que le film a des arguments à faire valoir. Cependant, avant de revenir sur les arguments de cette suite, je voudrais d’abord revenir sur les points qui étayent la thèse du « C’était mieux avant ».

  • Julie Andrews. Bien qu’Emily Blunt campe une Mary Poppins convenable et tienne la route tout au long du film, c’est difficile de passer après quelqu’un comme Julie Andrews ; pour moi, Emily Blunt manquait de douceur et était un peu trop sèche avec les Banks, qu’ils soient adultes ou enfants. Résultat : Mary Poppins n’attire pas spontanément la sympathie vers elle alors qu’elle est censée être cette nounou que tout le monde rêve ou a rêvé d’avoir.
  • Les effets spéciaux. Pas parce qu’il y en a ou parce qu’ils sont mal fait (ce n’est pas le cas), mais justement à cause de l’époque ; c’est tellement normal d’en avoir de nos jours qu’on ne se pose pas la question de savoir comment mais plutôt en quelle quantité et à quel moment. A l’inverse en 1956, tout la question était de savoir comment – comment faire plonger quatre personnes dans un dessin de rue ? Elle était là, la magie.
  • Les chansons. Pour ce point, je suis très partagée en réalité. La petite fille que j’étais à 6 ans crie au scandale, cherche son morceau de sucre, veut ranger sa chambre en claquant des doigts et regrette infiniment que le film n’est fait aucune mention d’un certain mot magique commençant par la lettre S…

… mais en même temps, je suis bien forcée de constater que certaines de ces nouvelles chansons m’ont plu, sans doute pas au point de les chanter à tue-tête par la suite ni non plus de les avoir dans la tête pendant plusieurs jours, néanmoins certaines ont parlé à mon âme d’enfant et m’ont aidé à apprécié ce film à sa juste valeur. Oui, j’admets : j’ai lâcher prise (un peu) et j’ai trouvé des points positifs à ce retour :

  • Les enfants Banks. Annabel, John et le petit Georgie Banks ; je me suis attachée à eux parce qu’il le sont vraiment, attachants. Je les ai suivi avec plaisir dans leurs folles aventures et pour le coup, je suis sortie du ciné en me disant que ses trois enfants-là avaient réellement mérités d’avoir croisé la route de la nounou fantasque et fantastique qu’est Mary Poppins alors que pour Jane et Michael, c’était plus un caprice d’enfants pourri-gâtés.
  • Avoir Lin-Manuel Miranda, Meryl Streep, Colin Firth, Julie Walters, Ben Whishaw et Angela Lansbury dans un même film, on ne dit pas non. Jamais. Plus sérieusement, tous ces acteurs sont géniaux et s’acquittent à merveille de leurs rôles. Les prestations de Meryl Streep en cousine déglinguée et fantasque de Mary Poppins, de Colin Firth en grand méchant et d’Angela Lansbury valent le coup d’œil, même s’il est certain que les doublures ne sont jamais bien loin lorsqu’il est question de dance et de chorégraphies…
  • Les chorégraphies parlons-en justement. Elles sont techniques et très travaillées : elles apportent un véritable cachet au long-métrage. Des chansons et des danses, c’est ce qu’on attend d’un film où il est question de Mary Poppins même s’il est certain que toutes les danses n’ont pas été réalisées par les acteurs eux-mêmes et sur ce point, Le retour de Mary Poppins est au rendez-vous. Il y a quelque chose de très Fred Astaire dans certaines et c’est juste époustouflant et beau à regarder. C’est indéniablement un des points forts de ce film !
  • Le deuxième point fort du film, et non des moindres, c’est qu’il respecte son prédécesseur en s’inscrivant dans sa lignée par le biais de clins d’œil plus ou moins appuyés ; peut-être qu’il y en a trop, je n’en sais rien mais en tout cas, on sent qu’il y a eu la volonté de ne froisser personne parmi ceux qui auraient eu des doutes légitimes quant au pourquoi de ce film. Je ne vais pas tous les énumérer mais il y en a dans la musique, dans les personnages (on retrouve Dick Van Dyke et Karen Dotrice) ou bien les situations et ces clins d’œil sont autant de marqueurs pour vous rappeler que Mary Poppins ne vous a pas oublié mais que vous avez fait comme Jane et Michael, vous avez grandi.

 

Conclusion

Au premier coup d’œil le sirop est amer et le morceau de sucre semble avoir disparu mais il se pourrait bien que ce ne soit pas tout à fait le cas. Bien sûr, certains personnages sont maladroitement campés, notamment Mary Poppins (malheureusement et c’est un comble) et Jane Banks (un peu trop nunuche à mon goût) et la magie des premières fois n’est plus qu’un souvenir pour celles et ceux qui chérissent le Mary Poppins de 1956. Néanmoins, il serait injuste de lyncher ce film au prétexte du « mais c’était mieux avant » parce qu’il a quelques qualités et arguments à faire valoir. Comme le dit une chanson du film Méfiez-vous des apparences, ce film pourrait peut-être vous surprendre… Donc si vous ne lui avez pas laissé sa chance sur grand écran, peut-être qu’après la lecture de cet article, vous lui laisserez sa chance sur petit écran ?…

 

Cinéma

Pourquoi se contenter d’un seul Spider-Man, quand on peut en avoir plusieurs ?

Petite séance cinéma hier après-midi pour Spider-Man : New Generation de Peter Ramsey, Bob Persichetti et Rodney Rothman. Et autant de société de production… Enfin en même temps, c’est tout à fait logique : ce film d’animation a dû disposer d’un budget colossal pour être réalisé donc faire appel à trois société de production au lieu d’une, c’est normal et le résultat final vaut la peine. De quoi vous permettre de faire la paix avec le célèbre tisseur de toile.

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SpiderMan est mort ! Vive SpiderMan !

Si vous êtes comme moi et que vous aimez les Comics et Super-héros de Marvel, vous appréciez sans doute Spider-Man. C’est mon cas, sauf que je commençais à faire une légère indigestion de Peter Parker… Avec trois incarnations (plus ou moins réussies d’ailleurs), je crois qu’on peut affirmer connaitre l’histoire du jeune journaliste sur le bout des doigts : l’araignée radioactive, MJ, Oncle Ben, un grand pouvoir… et j’en passe. Mais vous avez saisi l’idée. C’est alors qu’arrive le jeune Miles Morales pour dépoussiérer tout ça et enfin se faire connaitre du grand public. Il était temps (et ça décoiffe) !

Synopsis

Brooklyn, New-York – Terre 616* – Miles Morales est un ado comme tout le monde dont le père est flic et la mère infirmière, et comme beaucoup d’ado ses relations avec son père sont tendues, d’autant que le jeune homme aime beaucoup repeindre les murs de New-York avec son oncle Aaron, aidé de bombes de peinture. Activité pas très, très légale du point de vue policier… Bref, une vie d’ado normale avec ses problèmes d’ado. Enfin ça, c’était avant une certaine araignée radioactive… et le Caïd qui semble bien décidé à anéantir Spider-Man une bonne fois pour tout pour mener à bien le projet qui l’anime et qui risque de mettre en péril le reste de l’humanité. Miles pourra alors compter sur l’aide précieuse de cinq homologues venus d’univers différents pour lui prêter main forte dans sa lutte contre le Caïd.

Un pari osé mais réussi pour un renouvellement brillant et mérité !

C’est rare de voir un film aussi long (environ 2h) de cette qualité ! C’est un plaisir autant pour les yeux que pour les oreilles : les différents rap qui accompagnent l’histoire sont juste parfaits. En ce qui concerne le dessin, c’est un mélange de réalisations 3D et 2D ; de prime abord, on pourrait penser que le mélange des deux ne donnerait pas un résultat satisfaisant mais c’est tout le contraire. La 2D rappelle l’univers de la bande-dessinée par petite touches savamment disposées pour éviter un sentiment de lourdeur que l’on s’attend forcément un peu à trouver sur un film de 2h.

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En réalité, on ne s’ennuie pas une seconde : c’est rythmé, dynamique… Il y a de l’humour et chaque Spider-Man a son type d’humour et c’est génial de leur avoir attribué une personnalité propre sans en faire des copier/coller du super-héros d’origine plus ou moins réussis. Et puis évidemment, puisque Spider-Man meurt pour laisser la place à un autre Spider-Man, il est question de filiation et de transmission tout au long du film et ces questions sont très bien abordées et traitées.

Conclusion

Un film dynamique de par son rythme qui va à 100 à l’heure (heureusement pour un film de super-héros) et par son parti-pris graphique mélangeant à la fois la 3D et 2D pour renforcer sa profondeur puisqu’il faut allier le monde moderne et le monde passé. Spider-Man : New Generation est ambitieux mais relève haut la main le défi de faire découvrir l’univers classique de Spider-Man tout en y incorporant la mécanique complexe et compliquée des univers parallèles. Une réussite à voir absolument !

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* : La Terre 616 fait référence à notre réalité dans les comics ou dans les films

Cinéma

La petite sirène made in Netflix

Comme bon nombre d’entre vous (je pense), j’ai un abonnement Netflix et ce que j’aime particulièrement sur cette plateforme, c’est que quel que soit ses goûts il y a toujours quelque chose qui nous correspond. Au cours de flânerie sur ladite plateforme, je suis tombée sur l’adaptation de La petite sirène, célèbre conte de Hans Christian Andersen et probablement mon conte favori. Un peu dubitative avant de lancer le film, je me suis laissée emporter et maintenant, je vous emmène avec moi.

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Oubliez Disney, ou vous serez déçus !

C’est le seul conseil véritablement valable que je peux vous donner si vous voulez apprécier cette adaptation du conte. D’ailleurs, faut-il parler d’adaptation ? Pas vraiment, il s’agit plutôt d’une interprétation. En effet, si le conte original est présent dans les premières du film, l’histoire s’en détache tout en gardant la toile de fond, le fil conducteur du drame qu’est censé vivre la pauvre sirène créée par l’écrivain et conteur danois. C’est un joli coup, peut-être un peu risqué mais la magie opère grâce à un scénario qui tient la route, entre guimauve féérique et drame inévitable sans tomber dans un Happy end à la Disney (souvent trop mièvre à mon goût) !

Personnellement, je n’ai pas eu de difficultés à me détacher du célèbre dessin animé. Il faut dire qu’il est déjà bien éloigné du conte de base ; je n’ai rien contre et je comprends pourquoi – allez dire à un enfant que lorsque la petite sirène marche, ce sont autant de lames de poignards enfoncés dans ces pieds… De quoi faire de bons cauchemars ! Et je ne parle pas de ce qu’elle doit faire afin de redevenir une sirène pour retrouver ses sœurs… Il vaut mieux que les enfants restent avec Ariel, Eric, Polochon, Sébastien et Eurêka, vous pouvez me croire ! – pour autant ce n’est pas mon Disney préféré, même si les persos et les chansons sont cools. C’est pour cette raison à mon avis que j’ai pu m’approprier si facilement ce nouvel univers, bien plus sombre que le joyeux dessin animé.

L’action se déroule aux Etats-Unis, plus précisément aux abords du fleuves Mississippi, terre de légendes urbaines. Donc quoi de plus naturel que d’y situé une histoire légendaire avec une sirène ? C’est la première différence majeure. Ensuite et sans en dévoiler trop, le personnage de la sirène change de nom et s’appelle Elizabeth et est bien plus sombre et vulnérable que sa consœur Disney, justement parce que l’histoire en elle-même est plus sombre, encore une fois ! J’insiste beaucoup sur ce point mais ça me parait important parce que j’ai aperçu des commentaires assez négatifs sur le film de la plateforme Netflix et c’est idiot parce que Netflix n’a jamais dit que cela serait l’adaptation en film du dessin animé. Pour retrouver Ariel en chair et en os (si je puis dire), il faudra attendre encore quelques mois puisque Rob Marshall a réalisé un remake du dessin animé de 1989.

Un mix entre The Greatest Showman et De l’eau pour les éléphants

Je suis consciente que chaque film est unique et qu’il est souvent maladroit de vouloir établir une comparaison entre plusieurs films. D’ailleurs, ce n’est que mon avis par rapport aux différents films que j’ai pu voir et il se peut très bien que le film de Blake Harris vous fasse penser à d’autres films que ceux cités en titre.

Néanmoins cela s’explique que les trois films ont en commun le thème du cirque et de la foire itinérante. De plus je trouve qu’il y a un traitement de la lumière et des décors qui rappelle l’atmosphère du film de l’Eau pour les éléphants. Et… cela s’arrête là en fait. Ce film est une interprétation du conte avec une atmosphère particulière qui est autant envoutante qu’inquiétante, du fait des personnages et du thème. Rien que pour cette raison, vous devez voir ce film. Les personnages sont tous attachants (sauf le grand méchant bien sûr) malgré le manque de profondeur de certains. Mais rien de dommageable pour l’ensemble au final.

http___www.vistazo.com_sites_default_files_field_image_2017_03_10_c6h_atsvoaauyqb[1]Film à voir absolument ! Disponible sur Netflix.

Ps : Bonne et heureuse année 2019 ! Tous mes vœux de bonheur.

Cinéma, Littérature

Spécial Noël

Pour l’un des derniers articles de l’année 2018 et parce que l’atmosphère s’y prête on ne peut mieux, je vais vous présenter un recueil de contes, une nouvelle sur Noël de Charles Dickens ainsi que son adaptation cinématographique. Des lectures idéales en périodes de fêtes, même si ce n’est certainement pas pendant les fêtes de fin d’année que nous lisons le plus (enfin pour ma part !).

Contes celtiques, sélectionnés par Sébastien Recouvrance

J’ai beaucoup hésité à vous présenter ce recueil parce que j’ai été immensément déçue par son contenu. J’ai toujours été attirée et intéressée par les contes et les légendes celtes, notamment les légendes arthuriennes. Cela étant la culture celtique est suffisamment vaste pour contenir d’autres légendes que celles qui concernent le Roi Arthur et sa table ronde mais comme je ne m’y connais pas du tout, j’ai choisi l’ouvrage complètement au hasard, en me fiant uniquement au titre.

Avec un titre comme celui-là, je m’attendais à trouver un ou deux contes de chaque nation celtes, à savoir : l’Angleterre, l’Ecosse, le Pays de Galles, l’Irlande, la Bretagne et même pourquoi pas des contes Espagnol puisque les régions des Asturies et de la Galice sont reconnues comme telles. Ma déception fut à la hauteur de mes espoirs… Tous les contes de ce petit livre sont des contes… bretons ! Avec en plus, plus ou moins intérêt malheureusement. Les récits de voyages présents dans le recueil sont malgré tout très plaisant à lire et c’est un des seuls point positif de ce livre (avec sa taille) ! Autre point positif, si on peut dire cela comme ça : le prix. Cinq euros pour un recueil de qualité médiocre j’ai presque envie de dire que c’est normal alors qu’en fait ça ne l’est absolument pas ! Un recueil intitulé Contes celtiques devrait pouvoir être de qualité en présentant des contes de différentes nations celtes sans pour autant être à un prix exorbitant ! Bref, moi j’appelle ça de la publicité mensongère et il y a de quoi être déçu… Par contre, c’est parfait si vous voulez en savoir plus sur les contes et légendes de la Bretagne !

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Un cantique de Noël, Charles Dickens (1843)

Un cantique de Noël de Charles Dickens raconte l’histoire d’Ebenezer Scrooge, vieil homme avare et insensible qui déteste par dessus tout les fêtes de fin d’année et plus particulièrement les célébrations de la fête de Noël. La veille de Noël, il reçoit l’effrayante visite de son ancien associé, M. Marley, qui le prévient qu’il finira comme lui s’il ne fait rien pour enrayer la course des choses et modifier son existence. Jacob Marley propose un marché à Scrooge que ce dernier accepte, complètement terrifié. Ebenezer Scrooge recevra donc la visite de trois esprits pour l’aider dans sa quête de rédemption.

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J’avais déjà lu Dickens mais c’était en 6ème et il me semble que c’était Oliver Twist, et si je me souviens grossièrement de l’histoire, je ne me rappelle absolument pas de la structure ou des techniques de narration ; il faudrait peut-être que je le relise d’ailleurs… En tout cas, concernant cette nouvelle, j’ai adoré ! Scrooge est un personnage attachant quoi qu’on en dise, parce que malgré son manque d’empathie pour les autres, il évolue et devient progressivement un tout autre personnage. On s’attache également aux autres même s’ils sont pour certains très éphémères. C’est un récit haut en couleur, rythmé et profondément bienveillant et tendre, que l’on fasse partie des classes aisées, modestes ou pauvres de la société. La magie de Noël permet à Dickens de s’adresser à tous en faisant voler en éclats pour une soirée les conventions. Une nouvelle à lire absolument, en tout temps !

 

Le drôle de Noël de Scrooge, Robert Zemeckis (2009)

De Robert Zemeckis, j’ai évidemment vu la trilogie Retour vers le futur (même si le premier est le seul qui compte réellement), et les excellents Forest Gump et Qui veut la peau de Roger Rabbit. Et j’avais sciemment évité Le drôle de Noël de Scrooge en 2009, très largement décrié par la critique et les quelques personnes de mon entourage qui l’avait vu et qui m’en avait parlé à l’époque.

J’ai fini le visionnage en début de soirée pour les besoins de l’article et très honnêtement, j’ai dû mal à comprendre que le film ait eu si mauvaise presse… Si c’est au niveau des dessins 3D qu’il y a un problème, je peux le concevoir mais le film est sorti en 2009 et cette technologie et façon de réaliser un film n’était pas très au point si l’on compare avec ce qui ce fait maintenant. Et c’est un peu vrai que les dessins et les animations ont un peu mal vieillis ; j’avais l’impression d’avoir des cinématiques de jeux vidéo d’anciens jeux PC du début des années 2000 sous les yeux par moments.

Cependant, si vous avez un problème avec le scénario et l’histoire d’Ebenezer Strooge, je ne peux malheureusement rien pour vous : il s’agit de l’adaptation à la virgule près de la nouvelle. Donc cela voudrait dire que l’échec commercial du film s’explique par son adaptation trop fidèle ?… J’en sais rien, et d’ailleurs je ne pense pas que le film s’adressait à un public jeunesse (bien qu’il fasse partie du catalogue Disney) mais la nouvelle s’adressait davantage aux adultes qu’aux enfants ; personnellement, j’ai trouvé que c’était une petite pépite ce film et je suis ravie de l’avoir vu pour en parler dans un article !

Sur ce, je vous souhaite de très bonnes fêtes de fin d’année et d’agréables lectures. Bon réveillon !

Cinéma

Par Toutatis ! Chute de druide !

Mais quel bonheur de retrouver Alexandre Astier aux commandes d’un film d’animation Astérix ! Le Domaine des Dieux était déjà à l’époque, très réussi. Quatre ans plus tard Alexandre Astier remet le couvert avec Le secret de la potion magique, un scénario original basée sur l’œuvre de la célèbre bande-dessinée française.

Si vous avez vu la bande annonce, vous savez de quoi parle le film. Lors de la cueillette du gui nécessaire à la fabrication de la fameuse potion magique, Panoramix le druide du village des « irréductibles gaulois » fait une chute malencontreuse du haut d’un arbre et se fracture le pied. A situation inédite, solution inédite : Panoramix décide qu’il ne doit plus être le seul à connaitre la formule de la potion magique et part en voyage à travers la Gaule pour dénicher un autre druide, digne de confiance pour lui succéder et assumer cette lourde tâche. Dans son périple, il est accompagné par le célèbre trio : Astérix, Obélix, et Idéfix bien sûr. Cependant, une telle décision n’est pas sans conséquences et attise bien des convoitises !…

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C’est film d’animation qui s’adresse aux enfants mais pas seulement ; les amoureux des aventures du célèbre gaulois moustachu et les aficionados de la série Kaamelott y trouveront leur compte. Je pense que c’est ce qui explique en partie la réussite de ce long-métrage (hors mis les aspects purement techniques) : il s’adresse à tout le monde. On retrouve bien sûr les gags classiques avec les chutes et autres comiques de situation qui plairont davantage au jeune public mais également une deuxième portée avec des jeux de mots ou des références placées pour un public d’adultes. De plus, Alexandre Astier se permet de glisser quelques thématique qui lui tienne à cœur, tout en abordant ces dernières par le biais de l’humour sans jamais tomber dans l’excès.

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Je voulais aussi vous parler du doublage parce que cela fait partie intégrante des films d’animation. Comme vous le savez peut-être, Roger Carel, 91 ans et voix historique d’Astérix a doublé son dernier film en 2014, avec Astérix et le Domaine des Dieux. On aurait donc pu légitimement se dire que ça allait être compliqué de se faire à une nouvelle voix de doublage mais là aussi, le casting a été très bien fait. C’est Christian Clavier qui prête sa voix au petit gaulois blondinet, après l’avoir incarné deux fois en prise de vues réelles ; donc pas de soucis, le sujet est amplement maitrisé. Pour le reste, on retrouve beaucoup d’acteurs de la série Kaamelott et des humoristes connus tel que Florence Foresti, Alex Lutz ou encore Elie Semoun. Bref, que du beau monde pour un film rythmé et très réussi.

Bon film !