Cinéma

Les hommes & les femmes en noir

Dernier film sur ma liste de films « A voir peut-être », Men in Black : International de F. Gary Gray. Un reboot assez sympathique qui remplit sa mission première de divertissement sans pour autant être à la hauteur du tout premier Men in Black réalisé par Barry Sonnenfeld en 1997. Même si le scénario est efficace (dans le sens où il modernise un temps soit peu la franchise), il n’en reste pas moins prévisible quasiment de bout en bout.

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Néanmoins, rendons à César ce qui lui appartient : les scénaristes ont tout de même évité au spectateur la presque traditionnelle romance insipide et inutile entre l’agent H et l’agent M, autrement dit les protagonistes principaux incarnés par Chris Hemsworth et Tessa Thompson. Et c’est tant mieux ! Un cliché de moins sur lequel râler.

D’ailleurs puisqu’on parle des personnages, j’ai également apprécié la construction des agents M et H ; ils ont chacun leurs motivations, leurs blessures et le tout est plutôt bien amené et exploité, même si bien sûr il aurait été possible de faire encore mieux je pense… Par contre, je crois qu’il faut arrêter avec Liam Neeson – enfin, je veux dire… c’est un bon acteur mais j’ai toujours l’impression de le voir plus ou moins dans le même registre ou du moins, j’ai l’impression qu’il incarne toujours le même type de personnage. Résultat : l’intrigue devient prévisible et c’est couru d’avance ; personnellement, j’avais dénoué le nœud de l’histoire bien avant les deux héros.

Comme je le disais plus haut, le film est prévisible mais pas décevant dans son ensemble. Cela étant dit, il y a cependant deux choses que j’ai trouvé grandement décevantes ; premièrement l’humour. Il y a bien un ou deux moments marrants dans le film mais rien de bien transcendant à mon goût, mais c’est un avis totalement subjectif. En comparaison j’avais le souvenir d’un film à littéralement mourir de rire avec le duo Will Smith/Tommy Lee Jones… Mais je connais la chanson : reboot = franchise/film connu MAIS nouvelle histoire avec de nouveaux personnages et une nouvelle intrigue. Je ne m’en plains pas, cependant un peu plus d’humour n’aurait certainement pas nuit au film à mon sens. Un mot aussi concernant la musique du film qui ne marquera pas les esprits, j’en suis navrée. Danny Elfman que j’adore pourtant, nous a servi une bande son tout à fait oubliable et sans saveur… La musique basique d’un film d’action en somme.

Conclusion

Film à voir au cinéma si vous avez un abonnement illimité ou encore mieux : chez vous, à la télé devant un plateau repas. C’est sûrement un jugement un peu dur dit comme ça mais c’est ce que vaut ce film à mes yeux. Heureusement pour lui, le film ne cherche pas à jouer sur l’effet nostalgie du premier MIB mais il reste construit sur un scénario prévisible qui cherche un peu maladroitement à moderniser la franchise, notamment avec un nouveau duo d’agents qui fonctionne très bien grâce sans doute à la complicité entre Tessa Thompson et Chris Hemsworth.

Cinéma

Pop Extravaganza !

Afin de rattraper la catastrophe que fut Dark Phoenix, je suis allée voir Rocketman de Dexter Fletcher, avec Taron Egerton dans le rôle titre. Le moins que l’on puisse dire c’est que les films musicaux ont la côte en ce moment à Hollywood entre Bohemian Rhapsody, ce film-ci et Yesterday qui sortira au mois de Juillet. Peut-être qu’il y a un léger surdosage mais pour l’instant, ce n’est pas pour me déplaire et à mon avis, Rocketman va suivre le même chemin que Bohemian Rhapsody

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Enfin, je dis ça mais je n’en sais strictement rien en fait. Je lui souhaite de tout cœur d’avoir le même succès retentissant parce que Taron Egerton, Jamie Bell (Bernie Taupin), Matthew Illesley et Kit Connor (respectivement Elton John enfant et Elton John adolescent) y sont brillants.

Tous les acteurs chantent réellement et certaines chorégraphies sont juste grandioses, le tout réhaussé des magnifiques chansons de l’artiste. Puisqu’on parle des chansons, celles présentes dans le film sont très justement incorporées dans le film et dans la trame de l’histoire. Par contre, je ne pense pas qu’elles aient toutes été écrites au moment correspondant à la vie réelle d’Elton John. Il n’en reste pas moins que l’on ressent tout le soin apporté à la sélection et au placement des chansons tout au long du film.

Pour être franche, je ne connaissais pas du tout la vie du chanteur ; seulement ses tenues extravagantes et l’aura qu’il possède désormais dans le monde entier, et Rocketman constitue la porte d’entrée idéale pour en apprendre d’avantage sur Elton John. Ce qui m’a le plus surprise et frappé c’est de constater à quel point il avait été malheureux dans sa jeunesse… Heureusement qu’il avait sa grand-mère (jouée par Gemma Jones) pour l’aimer, le soutenir et l’encourager à apprendre le piano et la musique parce que sinon je pense qu’Elton John n’aurait jamais existé… Les parents de ce dernier auraient mérités d’être flingués autant l’un que l’autre. John Reid également. D’ailleurs, si je ne dis pas de bêtise, Freddie Mercury a eu le même manager… enfin je crois.

Concernant les chansons, je les connaissais toutes évidemment. Cependant là où j’ai eu un peu honte de moi, c’est que je connaissais surtout les reprises faites par d’autres artistes et pas les originales, mais comme je ne me considère pas comme une fan d’Elton John, on va dire que cela m’évitera de grands moments de solitude dans les conversations à venir sur le sujet.

Ah, et je vous ai dit que je trouvais Taron Egerton génial et pas seulement dans ce film ? J’imagine combien la performance a dû lui coûter en énergie et en heures de travail mais franchement le résultat est au rendez-vous, plus que réussi. Et puis j’imagine que la complicité entre les deux hommes a aidé ; il y a une sorte d’accomplissement aussi et un sentiment de satisfaction lorsqu’on se rend compte qu’Elton John a joué son propre rôle dans Kingsman : le Cercle d’or et que Taron Egerton, héros dans Kingsman, joue Elton John dans le biopic qui lui est consacré… On peut dire que la boucle est bouclée !

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Voilà. Je n’ai pas grand-chose à dire de plus sur ce film, j’ai vraiment passé un très bon moment tout en couleurs et en chansons. Bon moment joyeux et assez émouvant garanti !

Sur ce, je vous souhaite de bonnes séances ! A très vite…

Cinéma

Quand le phénix ne s’envole pas

J’aime énormément les X-Men, peut-être pas autant que les Avengers mais quand même, et puis généralement ce sont plutôt de bons films – à grand spectacle certes mais c’est la raison majeure pour laquelle les gens se déplacent en nombre d’habitude, à condition que le scénario et les émotions soient au rendez-vous… ce qui n’est pas le cas ici. Attention, accrochez vos ceinture pour une critique négative avec quelques spoilers à la clé.

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Vous l’aurez compris, je n’ai particulièrement aimé ce film et donc, une fois n’est pas coutume, commençons par les points négatifs puisqu’il n’y a que ça quasiment. Tous ces points négatifs découlent d’un point central et très mauvais selon moi : le scénario.

Je ne sais pas vraiment si c’est moi qui suis en train de faire une overdose de super-héros depuis Avengers Endgame ou si le scénario est véritablement mauvais mais je n’ai pris aucun plaisir à regarder l’histoire qui m’était racontée ou si peu ; l’équipe du film n’a pas réussi à faire que je me sente émotionnellement investie dans ce film. L’effet nostalgie n’a absolument pas fonctionné et du coup le film tombe à l’eau.

Le problème majeur des X-Men c’est qu’aucun des personnages, hors mis Wolverine, Charles Xavier et Magnéto, n’a d’intérêt à lui tout seul ; c’est pour cette raison le plus souvent que l’origin story du personnage en question est mélangé à la trame plus globale de l’histoire, avec le développement dudit héros au sein du groupe des X-Men. De ce fait, on se retrouve souvent dans un entre deux et cela se vérifie pour Jean Grey et Dark Phoenix.

Concrètement le film est censé tourner autour d’elle mais se retrouve bien vite à expliquer les problèmes de la vision du Professeur Charles Xavier pour les mutants et des conséquences (catastrophiques pour Jean) que cela entraine pour les résidents du pensionnat quel que soit l’âge de ces derniers. L’autre problème du scénario c’est qu’il est incroyablement vide et simpliste par moments. Honnêtement, je ne sais pas à quoi pensait le scénariste (qui se trouve être le réalisateur du film) à l’écriture mais le camp adverse des X-Men est en carton-pâte et la menace du Phénix lui-même… je préfère ne pas en parler.

J’ai eu mal au cœur pour les acteurs très franchement. Ils ont fait ce qu’ils ont pu avec pas grand-chose. Il n’y a aucune recherche, c’est le niveau 0 du film de super-héros : la menace est extraterrestre et attise la peur des uns et la convoitise des autres. Le schéma est classique, soit et pourquoi pas ! Mais dans ce cas cher M. le scénariste, expliquez-moi l’origine de la menace de façon un minimum élaborée et pas seulement avec un vulgaire : c’est le Big Bang qui l’a créée. C’est vraiment la réponse basique qui démontre que le scénariste n’a pas réellement réfléchi à la question et le pire dans tout ça c’est que cela donne l’impression que l’équipe du film prend les spectateurs pour des imbéciles. Vous pensiez vraiment qu’on ne s’en rendrait pas compte ?

De plus le traitement déplorable de certains personnages (pour ne pas dire tous) empêche le spectateur de s’investir dans l’histoire racontée. Charles Xavier est devenu une pâle copie mégalomane de lui-même, Raven meurt d’une manière pitoyable (c’en est risible), Magnéto est devenu une sorte de guide spirituel pour mutants en détresse sur une île coupée du monde, Quicksilver a perdu son côté décalé que j’adorais, Diablo s’occupe de la logistique… bref, il n’y a pas grand monde qui tient la route là-dedans et c’est franchement regrettable. Il faut ajouter à cela que si le scénariste espérait capitaliser sur l’effet nostalgie du film, c’est indiscutablement raté. Pourtant, je ne demandais pas un Endgame bis avec ses multiples références à 10 ans de films plus ou moins réussis, juste des efforts : une musique décalée et/ou rythmée pour Quicksilver, les paroles exactes du Professeur Xavier lorsqu’il se souvient de sa première rencontre avec Raven.

Mais j’ai bien compris que ce n’était pas la peine de se plaindre du manque d’investissement flagrant du scénariste.

A partir de là, comment voulez-vous que les acteurs s’investissent émotionnellement dans cette chose et dans leurs rôles ? Après, je peux comprendre que James McAvoy, Michael Fassbender et Jennifer Lawrence pour ne citer qu’eux, veuillent raccrocher et passer à autre chose mais il aurait fallu que les choses soient bien faites… et encore une fois, je pense que ce n’est pas de leurs fautes : ils ont tous prouvé qu’ils étaient de très bons acteurs et actrices, sauf que cette fois le scénario ne suit pas.

Conclusion

Pour moi, X-Men : Dark phoenix est l’équivalent de la saison 8 de GoT – beaucoup d’attentes pour pas grand-chose. Sophie Turner sauve ce qu’elle peut des meubles et heureusement puisqu’elle porte plus ou moins le film toute seule. Si X-Men : Apocalypse et Logan étaient spectaculaires, ce dernier opus est à classer parmi les films oubliables. Dommage !

Cinéma

Will Smith, meilleur ami en or

Hier je suis retombée en enfance. J’ai été voir Aladdin de Guy Ritchie avec Will Smith dans le rôle du Génie. C’est un bon remake, même si le dessin animé restera toujours un cran au dessus. Peut-être la nostalgie joue-t-elle un rôle dans tout cela ? Difficile à dire… en tout cas, j’ai redécouvert avec plaisir certaines de mes chansons Disney préférées et j’ai passé un moment agréable, le temps de la durée du film et après, du fait d’avoir les chansons en tête.

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A part Will Smith, je ne connaissais pas grand-monde : a part Naomi Scott dont le nom me dit vaguement quelque chose, le néant. Cela dit, c’est plutôt une bonne chose si cela permet de (re)lancer des carrières. J’ai trouvé que tout le monde avait le ton juste, que ce soit en chansons ou non. Après… Soyons clairs : c’est bien Will Smith qui porte ce film, bien que Mena Massoud soit super également.

Pour en revenir aux chansons justement, pas de fausses notes heureusement. On notera également qu’une chanson supplémentaire a fait son apparition pour ce remake, comme ce fut le cas pour la Belle et la Bête. Ma chanson préférée pour Aladdin reste Prince Ali, même si elle est suivie de très près par You Never Had a Friend Like Me et je ne m’attendais pas du tout à avoir un petit coup de cœur pour Arabian Nights. Pour ce qui est de A Whole New World malheureusement, je n’ai pas retrouvé la magie de la chanson et c’est bien dommage… C’est un peu la chanson phare du dessin animé avec Jasmine, Aladdin, le tapis volant tout ça… Les costumes aussi participent au merveilleux du film et sont une véritable explosion de couleur, comme on s’attend à en trouver au Moyen-Orient. Cela dit, j’ai quand même eu l’impression de décrocher vers la fin du film et cela m’a quelque peu gâché mon plaisir, moi qui était ravie de voir Disney s’essayer à quelque chose de plus Bollywoodien dirons-nous.

C’est peut-être dû à la réalisation ; pour celles et ceux qui ont vu ses adaptations de Sherlock Holmes avec un certain Robert Downey Jr dans le rôle titre, on est tout à fait dans le même esprit avec ces séquences ralenties ou accélérées pour des raisons aussi bien esthétiques que diégétiques (qui sert l’histoire). C’est un parti pris qui colle assez bien avec le personnage du génie, l’univers magique de la lampe…

En conclusion, j’ai passé un bon moment mais j’ai tout de même préféré La Belle et la bête. Espérons maintenant que le Roi Lion soit à la hauteur de mes espérances, et cela s’annonce difficile mais nous verrons bien.

 

Cinéma

Duel de Reines

Mardi, et toujours dans le cadre du printemps du cinéma, j’ai été voir le film Marie Stuart, Reine d’Ecosse magnifiquement porté par Saoirse Ronan et Margot Robbie, deux actrices qui n’en finissent pas de surprendre par leurs choix. A vrai dire, pour moi ce film frôle la perfection, à tel point que ma réaction à chaud a été : « j’ai adoré ». Cependant avec le recul, et une analyse plus construite, adorer me parait un petit peu fort pour un film dont je n’attendais pas forcément grand-chose, si ce n’est du divertissement. Disons que j’ai beaucoup, beaucoup aimé ; cela sera plus juste.

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En ma fin est mon commencement – telle est la devise de Marie Stuart, Reine d’Ecosse qui est passée à la postérité pour avoir prononcé cette phrase quelques heures avant de se faire exécuter sur ordre de la Reine Elizabeth I, cousine et grande rivale de Marie. L’histoire retiendra également des anecdotes plus ou moins gores et sanglantes concernant cette exécution, mais ce n’est pas le sujet de cet article et encore moins du film.

Entre passions et raisons d’Etat

On ne saura jamais si la Reine d’Angleterre accordât du crédit au rôle qu’aurait joué sa cousine et plus proche parente dans un complot qui visait la Reine Vierge. Quoiqu’il en soit, l’ordre fut donné et l’arrêt signé de la main de la Reine et ainsi, plus que la parente c’est une rivale au trône d’Angleterre qui est écartée définitivement. C’est un point essentiel pour comprendre Marie Stuart, Reine d’Ecosse ; à ce propos et je pense que c’est précisément la raison pour laquelle j’ai tant aimé ce film, c’est que c’est extrêmement documenté, d’un point de vue historique même si bien sûr le film s’arrange sans doute avec un deux détails de la réalité, mais j’y reviendrai.

En tout cas les historiens semblent accorder sur un point primordial : Elizabeth I et Marie Stuart s’estimaient beaucoup et se respectaient, malgré leur point de vue divergeant sur bien des questions, notamment religieuses pour ne citer que ça. Je crois que cela peut facilement se comprendre : en plus d’être parentes, il ne faut pas oublier que se sont deux Reines aux tempéraments hors du commun dans un monde d’hommes et plus généralement dans une époque d’hommes. Le film illustre très bien ce combat commun de ces deux femmes pour s’imposer face aux hommes pour ce qu’elles sont réellement, à savoir des femmes d’Etat.

La place des femmes et le sexe

Selon moi c’est véritablement tout l’intérêt du film : montrer ce qui oppose fondamentalement ces deux femmes, tout en veillant à ne pas les opposées trop frontalement afin de ne pas noircir de trop un tableau déjà peu réjouissant pour une femme, à l’époque… D’un côté comme de l’autre, on pousse ces dames à se marier ou se remarier au plus vite ; enfin « on »… messieurs les conseillers devrais-je dire – c’est bien connu, ce qui intéresse les hommes, c’est le vagin et l’utérus d’une femme. Mais dans un cas comme dans l’autre, le sexe et son « utilisation » devient une véritable arme que Marie Stuart et Elizabeth I n’hésitent pas à utiliser pour parvenir à leurs fins et ainsi prendre l’avantage sur l’autre.

Pour Elizabeth, son arme se résume à l’absence de sexe ou du moins, l’absence officielle de sexe dans sa vie : son refus du mariage et donc de maternité lui vaut bien des critiques ou des remarques de son entourage, que ce soit ses conseillers, l’Eglise ou plus surprenant ses dames de compagnie. La souveraine justifie son choix en disant que c’est bien le trône qui l’a rendue comme cela. Ainsi elle déclare à son plus proche conseiller se sentir plus homme depuis qu’elle exerce le pouvoir, et un homme n’enfante pas. Fin de la discussion. Je dois dire que j’ai adoré les choix scénaristiques fait et l’interprétation de Margot Robbie. Ici, la Reine d’Angleterre n’est pas présentée comme intransigeante ou sans cœur : le film sous-entend que ce refus de maternité est peut-être un fardeau pour la jeune femme mais pour la souveraine, c’est une obligation, une nécessité ; et le fait de ne pas se marier à la fois un moyen de s’éloigner de son père Henry VIII (qui a fait exécuter deux de ses épouses, dont Anne Boleyn, la mère d’Elizabeth) et aussi un moyen de tenir les hommes et leur soif de pouvoir, à bonne distance.

Marie Stuart quant à elle, a pris le contrepied de sa cousine assumant pleinement cette maternité qui fait défaut à sa rivale. Cette naissance d’un héritier mâle (James I) lui assurera une avance indéniable sur sa cousine en matière politique mais ce n’est pas pour autant qu’elle s’en sort mieux qu’Elizabeth, même si les choses sont présentées différemment. D’abord on notera qu’elle se fait violer puis de nombreux hommes la trompent et se jouent de sa crédulité. Néanmoins c’est aussi une femme de conviction, qui pense d’abord au bien de son pays et refuse avec obstination d’accorder le moindre bout de pouvoir aux hommes qui l’entourent. Ce n’est pas qu’elle est naïve mais Marie Stuart est persuadée de pouvoir gouverner avec l’aide son mari, qu’elle considère comme son égal. Sauf que les hommes qu’elle a épousé ne cherche qu’une chose : l’obéissance pleine et entière de l’épouse, et donc le pouvoir ; qu’il soit domestique ou politique afin de devenir Roi à la place de la Reine.

Le Pouvoir et la Religion

Vous l’aurez compris je pense, dans ce film la question du pouvoir est centrale. On peut le détenir directement, comme Elizabeth I et Marie Stuart, ou indirectement et dans ce cas-là ce n’est pas le pouvoir qui intéresse mais la personne qui le détient en faisant usage de son influence autour d’elle. L’occasion pour moi de parler de religion et du rôle clé du prêtre John Knox, campé par l’excellentissime David Tennant dans le film.

Il n’y a pas pire abomination qu’une femme, catholique qui plus est, à la tête d’un Etat ; ce n’est pas moi qui le dit, c’est John Knox… Et comme c’est un excellent orateur qui sait de quoi il parle puisqu’il a participé à l’écriture de The Book Common order qui fonde plus ou moins l’Eglise Ecossaise, eh bien les gens l’écoutent. De plus la situation politique est tendue à l’époque : les guerres civiles entre catholiques et protestants commencent à devenir une habitude et la Reine voudrait bien que tout le monde puisse pratiquer le culte de son choix sans avoir peur de son voisin. C’est beau mais c’est un vœu pieu.

Si avoir le pouvoir se résume a l’influence que l’on exerce sur d’autres gens, alors la religion et ceux qui prêchent ont le pouvoir sur ceux qui les écoutent. C’est incroyablement bien montrer dans le film, et le personnage de John Knox est absolument terrifiant. La religion c’est un excellent moyen de pression sur les deux jeunes femmes (qui sont malgré elles des représentantes du Pêché originel) et c’est assez touchant de les voir se débattre sans pouvoir faire grand-chose, bien qu’elles détiennent toutes deux le pouvoir également. En fait, la seule échappatoire pour les deux Reines c’est la mort : Elizabeth « meure » et devient ce personnage fardé à outrance, mariée à l’Angleterre tandis que Marie Stuart décide de faire de sa mort un évènement dont tout le monde se souviendra. L’acte de rébellion ultime.

Conclusion

Marie Stuart, Reine d’Ecosse présente le destin de deux femmes d’exception qui étaient en avance sur leur temps. C’est un film lumineux à voir absolument bien qu’il n’y ait aucune surprise à attendre au niveau de l’histoire. Il faut y aller pour la performances des actrices (et des acteurs) qui sont splendides. Je n’ai pas parler des points négatifs parce qu’il n’y en a pas vraiment ; juste une chose qui m’a amusée : je doute que l’ambassadeur d’Angleterre en Ecosse ait été noir ou que David Rizzio fut homosexuel (quoique ça j’en sais rien) ; après je comprends que ces choix ont été fait pour que tout le monde se sente représenté. Cependant dépeindre la seule figure homosexuelle en « folle », c’est un peu maladroit et un peu lourd même si cela fait sourire et que c’était sans aucun doute l’effet recherché.

 

Sinon, voilà l’article fort intéressant sur le même sujet chez Panda Laveur.

Cinéma

Une amitié épistolaire

Xavier Dolan est un réalisateur que j’aime beaucoup et même si je le suis d’un peu loin, j’aime bien ses films ; mon préféré étant Juste la fin du monde. C’est donc tout naturellement que je suis allée voir son tout dernier film dimanche : Ma vie avec John F. Donovan. En plus avec le Printemps du cinéma et la place à 4 euros, pourquoi se priver ?

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Mon article risque de ne pas être très long, et pour cause puisque j’ai trouvé le film assez moyen. Cela dit, je suis contente de l’avoir vu au cinéma mais il est clair que ce n’est pas le film de l’année. J’ai trouvé qu’il y avait des longueurs et que le rythme était assez inégal, à tel point que j’ai failli m’endormir ! La faute sans doute à la réalisation, qui se veut trop « élitiste » et culturelle avec ses cadrages en gros plans sur le visage de certains protagonistes (entre autres choses)… Sinon, concernant la trame narrative, je n’ai pas grand-chose à en dire si ce n’est qu’elle est cohérente avec l’histoire racontée ; celle d’un petit garçon devenu jeune adulte qui se livre sur la « relation » qu’il a entretenue avec son idole pendant des années, au travers des lettres qu’ils échangeaient. C’est donc tout à fait normal qu’il y ait des retours en arrière, des flashbacks. D’autant plus que cela donne un semblant de rythme à ce film, qui comme je le disais traine en longueur et aurait pu s’économiser quelques scènes.

Outre un film très travaillé, ce qui m’a le plus frappé c’est le manque flagrant d’émotions et de sentiments ; je ne me suis pas attachée aux différents personnages, ou si peu. L’ensemble m’a paru très froid, et personnellement j’ai besoin de sentir la vie dans un film ; dans le cas présent, à part contempler les problèmes de santé de John F. Donovan et sa difficulté à appréhender son homosexualité et me dire : ouais, et alors ?… Ce n’est même pas une question d’acteur : Kit Harrington est très bon, tout comme le reste du casting. A ce propos, mention spéciale à Natalie Portman et Jacob Tremblay qui eux, arrivent à arracher l’unique moment véritablement émouvant du film, dans une relation mère/fils tumultueuse et compliquée mais néanmoins remplie de tendresse et d’amour, comme Xavier Dolan les aime tant.

Je ne sais pas trop quoi ajouter de plus. C’est un film qui m’a déçu mais je pense qu’il faut voir malgré tout, pour les thématiques qu’il aborde (qui sont encore malheureusement d’actualité en 2019). C’est juste dommage que le traitement de l’image et les choix de Xavier Dolan en matière de réalisation occulte complètement l’histoire et amène le spectateur à s’en détacher progressivement. Comme quoi, on peut être un prodige du Septième Art et parfois rater son coup !

Cinéma

Captain, O my Captain

Quand on parle de films des Studios Marvel, il y a de grandes chances pour que je sois (très) enthousiaste. Au point de m’arranger pour aller voir ledit film le jour de sa sortie, à la première séance de la journée. Ce fut le cas hier pour Captain Marvel ; je ne regrette pas mon choix et l’attente de ce film fut à la hauteur de mes espérances, même si j’avoue avoir eu peur que les réalisateurs fassent n’importe quoi avec cette super-héroïne, un peu méconnue du grand public. Finalement l’honneur est sauf et l’exitation pour Avengers : Endgame n’en est que plus grande.

 

Pour en revenir à Captain Marvel, le film est centré sur Vers, une humaine dotée de pouvoirs qu’elle contrôle très mal à cause de son impulsivité. Cette jeune femme à été sauvée par les Krees, peuple extra-terrestre en guerre contre les Skrulls qu’ils accusent de bien des maux. Lorsqu’une mission qui oppose les deux camps tourne mal et que la dénommée Vers se retrouvent malencontreusement sur la planète C-53 (autrement dit la Terre), il se pourrait bien qu’elle trouve ce qu’elle n’était pas venue chercher…

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Je ne peux pas faire mieux pour vous résumer le film sans vous le raconter. En tout cas, je suis toujours étonnée de voir à quel point les studios Marvel arrivent à raconter leurs histoires de super-héros avec la même recette depuis une décennie tout en donnant l’impression de se renouveler à chaque film ou presque. Bien sûr, il y a des petits accidents de parcours mais quand même… Depuis quelques films maintenant, je trouve que globalement la qualité est au rendez-vous. J’apprécie d’autant plus de pouvoir aller au cinéma en prendre plein les yeux du coup.

Captain Marvel, c’est aussi et surtout un bon moyen de parler d’empowerment chez les super-héroïnes. Bien qu’elles aient toujours existé dans les comics, elles répondaient à certaines normes et certains standards voulus et décidés par les éditeurs, tous masculins, pour satisfaire le lectorat de l’époque, majoritairement masculin là encore. Ce n’est pas une critique juste un constat de faits ; heureusement les choses ont changé petit à petit et le lectorat de comics s’est sensiblement féminisé et c’est une bonne chose parce que les scénaristes (et de fait les dessinateurs) ont dû s’adapter, quitte à casser les codes et faire quelques mécontents au passage : on ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs ! De plus, il y a de plus en plus de dessinatrices qui donnent vie à des super-héroïnes (DC Comics, Marvel ou autres) et ces dessinatrices imposent leur vision et leurs personnages avec leurs défauts et leurs qualités. Et c’est pareil avec les adaptations cinématographiques : les films restent grand public mais l’audience s’est très nettement féminisée et il a fallu répondre à cette demande grandissante, lorsque se rincer l’œil devant tel ou tel acteur n’était plus suffisant.

Pour ma part, je trouve que Captain Marvel répond parfaitement à cette demande de voir plus de super-héroïnes à l’écran. Cela s’explique sans doute du fait que les scénaristes du film soient des femmes (Meg LeFauve, Nicole Perlman et Geneva Robertson-Dworet). Je pense que beaucoup de jeunes filles et de jeunes femmes pourront s’identifier à ce personnage, qui a autant de défauts qu’elle a de qualités comme n’importe quel être humain ordinaire. Cela reste malgré tout un film de super-héros et il frôle le cliché de nombreuses fois sans jamais tomber dedans, ce qui montre que les choses changent doucement ; c’est une excellente chose.

Dernière chose : Si vous allez voir le film, prière de rester jusqu’à la fin du générique, 2 scènes post-génériques vous attendent. Au moins, vous ne pourrez pas dire que vous n’étiez pas au courant.

Cinéma

L’Académie des Parapluies

Il m’arrive rarement de faire des articles sur des séries ou des films proposés par Netflix et lorsque c’est quand même le cas, c’est souvent parce que je peux faire une comparaison entre le média de base et l’adaptation cinématographique que propose la plateforme. Cette fois-ci ce n’est pas le cas, bien qu’il s’agisse d’une adaptation de la BD de Gerard Way et Gabriel Bà. Mais disons que cette fois, j’ai (beaucoup) de choses à dire sur la série elle-même. Passons donc à ma review de la toute nouvelle série de Netflix : Umbrella Academy.

Une saison 1 qui va crescendo

Comme je le disais dans ma (très brève) introduction, cette série est en fait une adaptation de la bande dessinée du même nom, signée par Gerard Way et Gabriel Bà, qui présente des super-héros complètement désaxés qui doivent sauver le monde. Ca, c’est pour la vue d’ensemble ; dans le détail ça donne ceci : en Octobre 1989, 43 femmes ont donné naissance à autant d’enfants dotés de capacités hors du commun. Sir Reginald Hargreeves est un chercheur (un scientifique) qui se montre très intéressé par ces enfants particuliers et il parvient à adopter sept d’entre eux. A la suite de quoi, il fonde l’Umbrella Academy, une sorte de Justice League en culotte courte. Mais en grandissant, le groupe se scinde et finit par être dissout naturellement.

Un peu de fraicheur dans un schéma classique

C’est ce qui est intéressant avec cette série en fait : une fois adultes, tous ces gamins dotés de super-pouvoirs ont tous plus ou moins mal tournés et ils sont tous désaxés et marginaux. En règle générale c’est assez rare de voir quelque chose comme ça dans un monde de super-héros. Cela m’a fait penser aux enfants-star qui ne sont plus rien une fois devenus adultes ou adolescents (lorsque cela est subit bien sûr). Dans un sens, cela rend cette bande de bras cassés hyper attachante en fin de compte et la narration marche plutôt dans le bon sens puisque certains d’entre eux sont de vraies têtes à claques au début de la série.

Cependant, on ne sort pas totalement du schéma classique : nos (anti) héros doivent sauver le monde de l’Apocalypse qui aura lieu dans huit jours (c’est annoncé d’emblée dans la bande-annonce). Oui rien que ça, et quand tu as grandi en ayant une enfance un peu traumatisante sur les bords, que cela fait 13 ans environ que tu n’as pas eu de nouvelles de tes frères et sœurs et que quasiment du jour au lendemain, tu te retrouves à « travailler » de nouveau avec eux alors que tu faisais cavalier seul, éviter la fin du monde c’est des cacahuètes à côté. Un jeu d’enfant, vraiment ! Sans oublier certains classiques propre au genre ou aux séries, mais je vais y revenir plus tard*.

Une saison très (trop ?) inégale

Si l’épisode pilote était plutôt sympa à regarder, j’aimerais pouvoir en dire autant des deux épisodes suivants : c’était lent, c’était chiant (malgré de l’action et un peu de suspense)… Bref, je me suis ennuyée et j’ai pris mon mal en patience, en espérant que les choses s’améliorent un peu, histoire que je rentre véritablement dedans… Et le miracle s’est produit à la fin de l’épisode 4 (au bout de 4 heures de visionnage). Tant mieux pour Netflix, tant mieux pour cette série et les acteurs qui jouent dedans.

Si je devais retenir deux points absolument négatifs, ce serait cette lenteur à intéresser le spectateur : 3 épisodes d’une heure chacun, c’est long (j’exclue volontairement l’épisode pilote, toujours bien foutu puisqu’il faut qu’il donne envie d’en voir plus). Néanmoins cela s’explique peut-être par la présence de 5 réalisateurs et pas moins de 8 scénaristes sur les 10 épisodes que compte cette première saison. Heureusement que l’ensemble est cohérent parce que sinon quel échec cuisant pour Netflix, et plus généralement les auteurs de la BD…

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J’aurais pu décrocher facilement je crois, mais de façon très surprenante, je suis restée scotchée devant mon écran : dix épisodes d’une heure chacun, deux jours. Qui dit mieux ? Habituellement, c’est une chose dont j’ai horreur le binge-watching. Quant à savoir si cette série méritait un tel traitement… potentiellement non. Mais OUI pour la musique ! C’est là qu’on sent l’influence que Gerard Way a pu avoir en tant que producteur exclusif de la série. La musique sauve le reste et je pense que c’est pour cette raison que je suis restée plantée devant mon écran – elle offre à la série ce côté complètement décallé, à la limite de l’absurde que j’adore (quand il est bien amené) et qui est souvent difficile à atteindre.

Concernant les acteurs, j’en connaissais quelques uns mais la majorité était de parfaits inconnus, pour moi en tout cas, mais je peux citer Ellen Page, Kate Walsh, Mary J. Blige (qui est chanteuse à la base) et Robert Sheehan, tous excellents dans leurs rôles respectifs.

Conclusion

Umbrella Academy est une série intéressante qui traite un peu différemment d’un sujet travaillé et retravaillé avec des thématiques de fond passionnantes mais qui sur la forme ne parvient pas à écarter certains clichés et cela peut devenir lourd et redondant. Elle arrive pourtant à casser certains codes de la mythologie du super-héros et c’est plutôt bien fait puisque cela permet d’aborder ces thématiques (rejet, exclusion, acceptation de soi) chères au créateur d’origine. Il y a aussi la dimension musicale à prendre en compte parce que les différentes musiques qui forment la bande-son, stratégiquement placées, apportent un côté décalé et inattendu à certaines situation, ce qui fait que la série est somme toute assez drôle et sympa à regarder.

Toutefois au terme de cette saison 1, Umbrella Academy n’est pas franchement convaincante à cause de ces longueurs précédemment évoquées qui cassent le rythme de certains épisodes les rendant clairement indigestes. *Sans oublier que certains clichés au niveau des personnages sont gros comme une maison ; pourquoi le seul représentant de la communauté LGBT est un tel cliché de tout ce qu’il y a de pire lorsqu’on veut caricaturer un homosexuel ?! Sérieux ! Mais… Mais ! Par chance, tous ces clichés s’estompent progressivement avec l’évolution de chaque personnage. Ainsi toutes choses considérées, je pense qu’il faut laisser l’Academy faire ses preuves dans une deuxième saison afin de transformer l’essai, en gommant ce qui peut l’être.

Note : Gerard Way est le fondateur/chanteur du groupe de rock alternatif My Chemical Romance. Le groupe s’est séparé en 2013 après 12 ans de bons et loyaux services.

Article rédigé le 21/02/19

Cinéma

‘Cause it’s a long way to go…

Il y a des films qui se méritent autant qu’ils s’apprécient. Il va sans dire que My Beautiful Boy de Felix van Groeningen avec Steve Carell et Timothée Chalamet dans les rôles principaux. Je voulais le voir parce que j’étais sûre de mon choix, sûre que j’allais adorer ce film. Le verbe adorer est un peu trop fort pour le coup, mais j’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup aimé. Mon instinct se trompe rarement : une petite pépite de perfection tout en émotions.

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En réalité, j’ai ressenti ce film comme étant parfait à cause de la justesse des émotions qui le traverse. C’est vraiment un film qui m’a bouleversé et va me marquer pendant longtemps : je pense que je m’en souviendrai sans avoir besoin de relire cet article. Je savais d’avance que ce serait un film dur et poignant – c’est presque toujours le cas lorsqu’il est question de drogues, peu importe laquelle il est question, parce que c’est un sujet violent et dur à aborder et le plus dur, c’est de raconter une histoire en évitant les clichés.

Inutile de vous dire que le pari est tenu pour le réalisateur. Certes, je m’attendais à un film poignant mais je ne m’attendais à ce qu’il déborde de tendresse ; je m’attendais à de l’amour et à de la tendresse comme on en voit dans toute relation parents/enfant mais là, Steve Carell, qui interprète David Sheff, y est désarmant de tendresse et ça m’a bouleversée, et je me suis accrochée à cela tout au long du film. Timothée Chalamet n’est pas en reste d’ailleurs, aussi solaire dans son sourire que crépusculaire dans sa détresse de junkie paumé, il est flamboyant et irradie le film du début à la fin.

Et puis surtout il y a cette relation fusionnelle entre un père et son fils qui oscille entre les moments de joie intense et la désillusion et le désespoir que cause la drogue de part et d’autre ; cette relation et ce lien père/fils sont  un peu à l’image de la chanson qui donne son titre à ce film : Beautiful Boy, composée par John Lennon pour son fils Sean, à la fois rassurante et lancinante presque douloureuse.

J’ai beaucoup, beaucoup aimé également le traitement de l’image et de la lumière, plus ou moins lumineux selon ce que cela traduisait des personnages sans qu’ils aient forcément besoin de l’exprimer. On comprend et c’est d’autant plus puissant à regarder. Les plans « saccadés » par exemple, expriment soit le bordel dans la tête et dans la vie de ce pauvre Nic Sheff ou bien le parallèle entre le père et le fils, qui sont à l’opposés l’un de l’autre. Pour des raisons évidentes, les gros plans ou les plans rapprochés sont également très utilisés afin de permettre au spectateur de se représenter l’étendue et la force de la relation entre David et Nic, si le spectateur avait besoin de plus d’explications…

Néanmoins petit bémol : j’ai trouvé la mère de Nic, Vickie, très en retrait et presque passive dans l’épreuve que traverse son fils mais c’est vrai qu’étant une histoire vraie et racontée du point de vue de père et fils, le rôle de la mère parait un peu anecdotique, d’autant que le personnage n’arrive physiquement qu’assez tardivement dans le déroulement du film. Sans oublier qu’en réalité, la mère de Nic a peut-être eu beaucoup de mal à accepter et à comprendre ce qui se passait. Ce sont des suppositions mais il faut bien reconnaitre que ce film n’a pas beaucoup de personnages féminins forts et avec du caractère – l’exception à cela est à trouver chez la deuxième épouse de David Sheff et même si ce n’est pas le sujet du film, ça fait toujours plaisir de voir qu’il y a au moins une femme qui tient la route dans un film centré sur deux hommes (bien que le film soit tendre au possible).

Conclusion

My Beautiful Boy fait partie de ces pépites indépendantes qu’il faut voir au moins une fois dans sa vie et qui marque le spectateur. L’histoire et le sujet abordé sont certes très sombres mais cette relation profonde père/fils le rend chaleureux et lumineux et c’est aussi un film très humain et optimiste d’une certaine façon pour cette raison précise. Steve Carell et Timothée Chalamet y sont simplement fantastiques et emportent le spectateur dans des émotions fortes, souvent contradictoires, mais ce n’est jamais larmoyant ou pathétique (dans le sens de pathos) : pas besoin de mouchoirs pendant ou à la sortie de la salle. Malgré tout, c’est un film à digérer… comme souvent les merveilles.

Cinéma

Un amour de Dragon

A défaut de My Beautiful Boy de Felix van Groeningen (sorti pourtant la semaine dernière mais déjà plus diffusé dans le ciné proche de chez moi ; je ne ferai aucun commentaire à ce sujet mais je n’en pense pas moins)… j’ai reporté mon choix sur Dragons 3 : le monde caché qui clôt avec justesse une aventure commencée il y a presque 10 ans. Et ma foi, pour un second choix c’était plutôt pas mal. Mais cela reste un second choix donc ne vous attendez pas à un article euphorique de ma part.

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Nous retrouvons donc Harold et Krokmou (et le reste de leur amis) un an environ après les évènements du deuxième volet et dans lequel Harold tente de trouver sa place dans sa communauté en tant que chef du village de Beurk et le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est évident… Heureusement dans cette tâche, il est aidé par sa mère, Valka, et secondé par sa fiancée, Astrid. Néanmoins lorsque la sécurité du village et celle des dragons sont menacées par les activités pourtant nobles de Harold, ce dernier est obligé de prendre des décisions radicales et prouver qu’il a l’étoffe d’un chef de clan, même si cela veut dire se séparer de ce qu’il aime le plus au monde…

C’est un bon film d’animation ; d’ailleurs l’animation est toujours aussi splendide à regarder : une vraie merveille à certains moments (notamment le monde caché justement) et c’est vrai qu’on en prend plein les yeux pendant toute la durée du film. Cependant, cet opus m’a un tout petit peu moins emballé ; pourtant il n’y a pas de faiblesse au niveau de l’histoire : on retrouve les principaux personnages et leurs caractéristiques ainsi que de légères pointes d’humour. Le tout tient la route mais je crois que j’aurais aimé un méchant avec un peu plus de profondeur et un peu plus coriace du coup… Je n’ai pas trouvé Grimmel le Grave très convaincant, moi qui m’attendait à une fin ou une confrontation en apothéose pour Harold et Krokmou. Dommage !

Sinon pour le reste j’ai beaucoup aimé voir Krokmou tomber amoureux et s’émanciper progressivement, tout en continuant d’être fidèle à son ami – après tout c’est la Saint Valentin aujourd’hui, il faut bien parler un peu d’amour, même chez les dragons ! Et puis mine de rien Harold aussi est touchant dans ses questionnements et ses tâtonnements en tant que chef de village, mais heureusement qu’il est entouré de femmes fortes sinon il n’irait pas bien loin le p’tit !

Voilà, c’est tout ce que je peux vous dire sur ce film sans vous en dévoiler d’avantage. J’ai passé un bon moment au ciné, devant un film dont les animations sont superbes et soignées mais qui m’a laissé sur ma faim quant au grand méchant que je n’ai pas trouvé d’envergure pour conclure une aventure comme celle-ci, qui finit pourtant sur une note d’émotion touchante mais un peu trop convenue à mon goût.