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Littérature

Les abandonnés

Il m’arrive rarement d’arrêter ma lecture en cours de route mais ça m’arrive parfois. Ce fut le cas des deux livres qui concernent cet article : Watership Down de Richard Adams et L’invitation d’Elizabeth Day. En ce qui me concerne, je trouve que c’est toujours un peu délicat de parler de livres que je n’ai pas aimés ou que j’ai abandonnés en cours de route.

Watership Down – Richard Adams

L’abandon de celui-ci m’a pesé sur la conscience un moment. J’ai essayé de pousser la lecture par deux fois parce que c’était un cadeau de Noël mais rien à faire… Deux essais, deux échecs. Je crois que cela tient de l’histoire ; j’imagine que c’est très palpitant pour des enfants qui s’imaginent facilement des mondes à partir de rien et que faire de lapins les héros d’une aventure est concevable pour eux mais moi j’ai eu du mal ne serait-ce que pour m’attacher à Hazel. J’ai également éprouvé des difficultés à me représenter les décors et certaines actions (pourtant décrits avec minutie par l’auteur). Cela a eu pour conséquence directe de me détacher du récit et c’est à cause de ce détachement face à cette lecture que j’ai pris la décision d’abandonner ma lecture.

Cependant, et histoire de ne pas complètement noircir le tableau, je comprends tout à fait que ce livre puisse plaire à un lectorat plus adultes parce que Watership Down peut avoir plusieurs niveau de lecture et il est assez simple de trouver des correspondances avec d’autres ouvrages, d’autres histoires destinées à des adultes. Je pense notamment à l’Odyssée ou la Bible pour ne citer que cela.

Concernant l’adaptation en série par Netflix, même constat. Malheureusement, elle ne m’a intéressée pas outre mesure malgré sa durée plus qu’acceptable – 4 épisodes d’une heure environ – et de nombreuses qualités tant au niveau graphique qu’au niveau doublage des personnages par un casting de rêve, James McAvoy, John Boyega et Ben Kingsley en tête. Elle aura au moins eu l’avantage de fixer par l’image ce que je ne suis pas arrivée à imaginer à la lecture.

Conclusion : les lapins, ce n’est pas pour moi.

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L’invitation – Elizabeth Day

Voilà un livre dont j’avais beaucoup entendu parlé sur la blogosphère, notamment cet article qui m’a fortement poussé à garder le titre et l’auteur dans un coin de ma tête, donc lorsque je suis tombée dessus par hasard à la médiathèque, je me suis laissée tentée et j’ai répondu à l’invitation en l’empruntant. Et j’ai bien fait puisque dans un premier temps, c’est ma mère qui l’a lu en un temps record. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle a beaucoup aimé et moi, j’y ai vu un bon signe comme quoi j’allais très probablement aimé aussi.

Eh bien non. Je ne me suis pas ennuyée mais loin. Pourtant le tout est très bien écrit, l’intrigue qui tourne autour de la relation des deux personnages principaux – Ben Fitzmaurice et Martin Gilmour – est très complexe et pleine de non dits, ce qui crée une atmosphère particulière, pesante et pleine de suspense. C’est assez violent en fin de compte, et c’est peut-être cela qui m’a dérangé… Ou alors, la narration non linéaire ? En tout cas, ce n’est certainement les personnages qui m’ont fait abandonnés ce livre. En fait, je ne me l’explique pas vraiment cet abandon. Peut-être que ce n’était simplement la bonne période pour le lire ; peut-être une simple question d’état d’esprit après tout ! Quoiqu’il en soit, je pense que je retenterais la lecture de L’invitation dans quelques temps parce que rester sur un constat d’échec avec un livre si bien construit est quelque peu frustrant…

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Cinéma

Duel de Reines

Mardi, et toujours dans le cadre du printemps du cinéma, j’ai été voir le film Marie Stuart, Reine d’Ecosse magnifiquement porté par Saoirse Ronan et Margot Robbie, deux actrices qui n’en finissent pas de surprendre par leurs choix. A vrai dire, pour moi ce film frôle la perfection, à tel point que ma réaction à chaud a été : « j’ai adoré ». Cependant avec le recul, et une analyse plus construite, adorer me parait un petit peu fort pour un film dont je n’attendais pas forcément grand-chose, si ce n’est du divertissement. Disons que j’ai beaucoup, beaucoup aimé ; cela sera plus juste.

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En ma fin est mon commencement – telle est la devise de Marie Stuart, Reine d’Ecosse qui est passée à la postérité pour avoir prononcé cette phrase quelques heures avant de se faire exécuter sur ordre de la Reine Elizabeth I, cousine et grande rivale de Marie. L’histoire retiendra également des anecdotes plus ou moins gores et sanglantes concernant cette exécution, mais ce n’est pas le sujet de cet article et encore moins du film.

Entre passions et raisons d’Etat

On ne saura jamais si la Reine d’Angleterre accordât du crédit au rôle qu’aurait joué sa cousine et plus proche parente dans un complot qui visait la Reine Vierge. Quoiqu’il en soit, l’ordre fut donné et l’arrêt signé de la main de la Reine et ainsi, plus que la parente c’est une rivale au trône d’Angleterre qui est écartée définitivement. C’est un point essentiel pour comprendre Marie Stuart, Reine d’Ecosse ; à ce propos et je pense que c’est précisément la raison pour laquelle j’ai tant aimé ce film, c’est que c’est extrêmement documenté, d’un point de vue historique même si bien sûr le film s’arrange sans doute avec un deux détails de la réalité, mais j’y reviendrai.

En tout cas les historiens semblent accorder sur un point primordial : Elizabeth I et Marie Stuart s’estimaient beaucoup et se respectaient, malgré leur point de vue divergeant sur bien des questions, notamment religieuses pour ne citer que ça. Je crois que cela peut facilement se comprendre : en plus d’être parentes, il ne faut pas oublier que se sont deux Reines aux tempéraments hors du commun dans un monde d’hommes et plus généralement dans une époque d’hommes. Le film illustre très bien ce combat commun de ces deux femmes pour s’imposer face aux hommes pour ce qu’elles sont réellement, à savoir des femmes d’Etat.

La place des femmes et le sexe

Selon moi c’est véritablement tout l’intérêt du film : montrer ce qui oppose fondamentalement ces deux femmes, tout en veillant à ne pas les opposées trop frontalement afin de ne pas noircir de trop un tableau déjà peu réjouissant pour une femme, à l’époque… D’un côté comme de l’autre, on pousse ces dames à se marier ou se remarier au plus vite ; enfin « on »… messieurs les conseillers devrais-je dire – c’est bien connu, ce qui intéresse les hommes, c’est le vagin et l’utérus d’une femme. Mais dans un cas comme dans l’autre, le sexe et son « utilisation » devient une véritable arme que Marie Stuart et Elizabeth I n’hésitent pas à utiliser pour parvenir à leurs fins et ainsi prendre l’avantage sur l’autre.

Pour Elizabeth, son arme se résume à l’absence de sexe ou du moins, l’absence officielle de sexe dans sa vie : son refus du mariage et donc de maternité lui vaut bien des critiques ou des remarques de son entourage, que ce soit ses conseillers, l’Eglise ou plus surprenant ses dames de compagnie. La souveraine justifie son choix en disant que c’est bien le trône qui l’a rendue comme cela. Ainsi elle déclare à son plus proche conseiller se sentir plus homme depuis qu’elle exerce le pouvoir, et un homme n’enfante pas. Fin de la discussion. Je dois dire que j’ai adoré les choix scénaristiques fait et l’interprétation de Margot Robbie. Ici, la Reine d’Angleterre n’est pas présentée comme intransigeante ou sans cœur : le film sous-entend que ce refus de maternité est peut-être un fardeau pour la jeune femme mais pour la souveraine, c’est une obligation, une nécessité ; et le fait de ne pas se marier à la fois un moyen de s’éloigner de son père Henry VIII (qui a fait exécuter deux de ses épouses, dont Anne Boleyn, la mère d’Elizabeth) et aussi un moyen de tenir les hommes et leur soif de pouvoir, à bonne distance.

Marie Stuart quant à elle, a pris le contrepied de sa cousine assumant pleinement cette maternité qui fait défaut à sa rivale. Cette naissance d’un héritier mâle (James I) lui assurera une avance indéniable sur sa cousine en matière politique mais ce n’est pas pour autant qu’elle s’en sort mieux qu’Elizabeth, même si les choses sont présentées différemment. D’abord on notera qu’elle se fait violer puis de nombreux hommes la trompent et se jouent de sa crédulité. Néanmoins c’est aussi une femme de conviction, qui pense d’abord au bien de son pays et refuse avec obstination d’accorder le moindre bout de pouvoir aux hommes qui l’entourent. Ce n’est pas qu’elle est naïve mais Marie Stuart est persuadée de pouvoir gouverner avec l’aide son mari, qu’elle considère comme son égal. Sauf que les hommes qu’elle a épousé ne cherche qu’une chose : l’obéissance pleine et entière de l’épouse, et donc le pouvoir ; qu’il soit domestique ou politique afin de devenir Roi à la place de la Reine.

Le Pouvoir et la Religion

Vous l’aurez compris je pense, dans ce film la question du pouvoir est centrale. On peut le détenir directement, comme Elizabeth I et Marie Stuart, ou indirectement et dans ce cas-là ce n’est pas le pouvoir qui intéresse mais la personne qui le détient en faisant usage de son influence autour d’elle. L’occasion pour moi de parler de religion et du rôle clé du prêtre John Knox, campé par l’excellentissime David Tennant dans le film.

Il n’y a pas pire abomination qu’une femme, catholique qui plus est, à la tête d’un Etat ; ce n’est pas moi qui le dit, c’est John Knox… Et comme c’est un excellent orateur qui sait de quoi il parle puisqu’il a participé à l’écriture de The Book Common order qui fonde plus ou moins l’Eglise Ecossaise, eh bien les gens l’écoutent. De plus la situation politique est tendue à l’époque : les guerres civiles entre catholiques et protestants commencent à devenir une habitude et la Reine voudrait bien que tout le monde puisse pratiquer le culte de son choix sans avoir peur de son voisin. C’est beau mais c’est un vœu pieu.

Si avoir le pouvoir se résume a l’influence que l’on exerce sur d’autres gens, alors la religion et ceux qui prêchent ont le pouvoir sur ceux qui les écoutent. C’est incroyablement bien montrer dans le film, et le personnage de John Knox est absolument terrifiant. La religion c’est un excellent moyen de pression sur les deux jeunes femmes (qui sont malgré elles des représentantes du Pêché originel) et c’est assez touchant de les voir se débattre sans pouvoir faire grand-chose, bien qu’elles détiennent toutes deux le pouvoir également. En fait, la seule échappatoire pour les deux Reines c’est la mort : Elizabeth « meure » et devient ce personnage fardé à outrance, mariée à l’Angleterre tandis que Marie Stuart décide de faire de sa mort un évènement dont tout le monde se souviendra. L’acte de rébellion ultime.

Conclusion

Marie Stuart, Reine d’Ecosse présente le destin de deux femmes d’exception qui étaient en avance sur leur temps. C’est un film lumineux à voir absolument bien qu’il n’y ait aucune surprise à attendre au niveau de l’histoire. Il faut y aller pour la performances des actrices (et des acteurs) qui sont splendides. Je n’ai pas parler des points négatifs parce qu’il n’y en a pas vraiment ; juste une chose qui m’a amusée : je doute que l’ambassadeur d’Angleterre en Ecosse ait été noir ou que David Rizzio fut homosexuel (quoique ça j’en sais rien) ; après je comprends que ces choix ont été fait pour que tout le monde se sente représenté. Cependant dépeindre la seule figure homosexuelle en « folle », c’est un peu maladroit et un peu lourd même si cela fait sourire et que c’était sans aucun doute l’effet recherché.

 

Sinon, voilà l’article fort intéressant sur le même sujet chez Panda Laveur.

Cinéma

Une amitié épistolaire

Xavier Dolan est un réalisateur que j’aime beaucoup et même si je le suis d’un peu loin, j’aime bien ses films ; mon préféré étant Juste la fin du monde. C’est donc tout naturellement que je suis allée voir son tout dernier film dimanche : Ma vie avec John F. Donovan. En plus avec le Printemps du cinéma et la place à 4 euros, pourquoi se priver ?

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Mon article risque de ne pas être très long, et pour cause puisque j’ai trouvé le film assez moyen. Cela dit, je suis contente de l’avoir vu au cinéma mais il est clair que ce n’est pas le film de l’année. J’ai trouvé qu’il y avait des longueurs et que le rythme était assez inégal, à tel point que j’ai failli m’endormir ! La faute sans doute à la réalisation, qui se veut trop « élitiste » et culturelle avec ses cadrages en gros plans sur le visage de certains protagonistes (entre autres choses)… Sinon, concernant la trame narrative, je n’ai pas grand-chose à en dire si ce n’est qu’elle est cohérente avec l’histoire racontée ; celle d’un petit garçon devenu jeune adulte qui se livre sur la « relation » qu’il a entretenue avec son idole pendant des années, au travers des lettres qu’ils échangeaient. C’est donc tout à fait normal qu’il y ait des retours en arrière, des flashbacks. D’autant plus que cela donne un semblant de rythme à ce film, qui comme je le disais traine en longueur et aurait pu s’économiser quelques scènes.

Outre un film très travaillé, ce qui m’a le plus frappé c’est le manque flagrant d’émotions et de sentiments ; je ne me suis pas attachée aux différents personnages, ou si peu. L’ensemble m’a paru très froid, et personnellement j’ai besoin de sentir la vie dans un film ; dans le cas présent, à part contempler les problèmes de santé de John F. Donovan et sa difficulté à appréhender son homosexualité et me dire : ouais, et alors ?… Ce n’est même pas une question d’acteur : Kit Harrington est très bon, tout comme le reste du casting. A ce propos, mention spéciale à Natalie Portman et Jacob Tremblay qui eux, arrivent à arracher l’unique moment véritablement émouvant du film, dans une relation mère/fils tumultueuse et compliquée mais néanmoins remplie de tendresse et d’amour, comme Xavier Dolan les aime tant.

Je ne sais pas trop quoi ajouter de plus. C’est un film qui m’a déçu mais je pense qu’il faut voir malgré tout, pour les thématiques qu’il aborde (qui sont encore malheureusement d’actualité en 2019). C’est juste dommage que le traitement de l’image et les choix de Xavier Dolan en matière de réalisation occulte complètement l’histoire et amène le spectateur à s’en détacher progressivement. Comme quoi, on peut être un prodige du Septième Art et parfois rater son coup !

Bande-Dessinée/Comics

[BD] Milady, ou le Mystère des mousquetaires

Cela faisait un petit moment que je n’ai pas présenté de BD sur le blog, donc je vais y remédier tout de suite. Hier j’ai (enfin) ouvert (et lu) le travail de Sylvain Venayre et Frédéric Bihel, d’après le classique d’Alexandre Dumas. Assurément, une lecture en demi teinte qui m’a un peu déçue… J’attendais probablement autre chose de cette bande dessinée ; sûrement la faute au bandeau très accrocheur : « Et si le véritable héros des Trois Mousquetaires était une femme ? »

Entre bonnes idées et maladresses

A l’achat, j’ai été très enthousiasmée par cet ouvrage. Une réécriture qui plaçait une femme au centre de l’action, et quelle femme ! puisqu’il s’agit en fait de Milady de Winter. J’ai trouvé l’idée excellente de replacer une figure féminine au centre d’une histoire de capes et d’épées qui transcrit l’amitié masculine, le courage et la loyauté. D’autant que l’histoire originale est respectée et on retrouve bien tout les éléments marquants du livre de Dumas, mais du point de vue de l’espionne cette fois.

Cependant, le traitement des autres personnages m’a quelque peu déroutée. En effet, les personnages masculins sont presque tous réduits à une caricature de genre : ils sont souvent complètement idiots et pensent avec leurs attributs, coucou d’Artagnan, soit violents, coucou Athos, voire de grands manipulateurs sadiques mais sur ce dernier point c’est effectivement le cas dans le roman donc je ne peux pas contredire les auteurs de la BD à ce sujet. J’attire votre attention sur le fait que ma critique ne porte évidemment sur le fait de vouloir casser l’image un peu lisse que l’imaginaire collectif a construit autour des mousquetaires pour mettre en avant le seul personnage féminin – c’est une bonne chose. Seulement, j’ai eu l’impression que pour atteindre leur but, les auteurs sont tombés dans une caricature involontaire : toutes les femmes sont calculatrices, conspiratrices et veulent se venger des hommes ; et tous les hommes sont des brutes épaisses qui sont guidés par leur instinct primaire d’animaux en rut.

Bien sûr, je ne suis pas naïve et je sais bien les hommes sont parfois des monstres et ce, quelle que soit l’époque mais je sais aussi que tous les hommes ne sont pas comme ça et qu’il y a des hommes qui traitent les femmes correctement. Il en va de même pour la gent féminine d’ailleurs. Pour en revenir à la BD, je trouve qu’elle a manqué sa cible malgré une bonne idée de départ. J’irai même plus loin : les pages que j’ai trouvé le plus intéressant à lire ont été celles de la préface et de la postface, dans lesquelles Sylvain Veynaire explique les raisons de sa démarche et approfondit la question de la place du personnage de Milady dans Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas, soit 8 pages (qui ne comptent même pas dans la bande dessinée). Était-ce vraiment la peine de faire une BD ?… J’ai ma petite idée sur la réponse à cette question.

Néanmoins, les dessins de Frédéric Bihel sont très plaisants, d’autant qu’ils changent des dessins que l’on peut croiser. J’ai beaucoup aimé ces dessins en noir et blanc, avec cette impression de croquis sur les personnages. Je pense d’ailleurs que c’est soit on aime soit on n’aime pas parce que c’est très particulier. Presque atypique. Malheureusement, cela ne suffit pas à sauver cette bande dessinée et c’en est presque dommage.

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Cinéma

Captain, O my Captain

Quand on parle de films des Studios Marvel, il y a de grandes chances pour que je sois (très) enthousiaste. Au point de m’arranger pour aller voir ledit film le jour de sa sortie, à la première séance de la journée. Ce fut le cas hier pour Captain Marvel ; je ne regrette pas mon choix et l’attente de ce film fut à la hauteur de mes espérances, même si j’avoue avoir eu peur que les réalisateurs fassent n’importe quoi avec cette super-héroïne, un peu méconnue du grand public. Finalement l’honneur est sauf et l’exitation pour Avengers : Endgame n’en est que plus grande.

 

Pour en revenir à Captain Marvel, le film est centré sur Vers, une humaine dotée de pouvoirs qu’elle contrôle très mal à cause de son impulsivité. Cette jeune femme à été sauvée par les Krees, peuple extra-terrestre en guerre contre les Skrulls qu’ils accusent de bien des maux. Lorsqu’une mission qui oppose les deux camps tourne mal et que la dénommée Vers se retrouvent malencontreusement sur la planète C-53 (autrement dit la Terre), il se pourrait bien qu’elle trouve ce qu’elle n’était pas venue chercher…

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Je ne peux pas faire mieux pour vous résumer le film sans vous le raconter. En tout cas, je suis toujours étonnée de voir à quel point les studios Marvel arrivent à raconter leurs histoires de super-héros avec la même recette depuis une décennie tout en donnant l’impression de se renouveler à chaque film ou presque. Bien sûr, il y a des petits accidents de parcours mais quand même… Depuis quelques films maintenant, je trouve que globalement la qualité est au rendez-vous. J’apprécie d’autant plus de pouvoir aller au cinéma en prendre plein les yeux du coup.

Captain Marvel, c’est aussi et surtout un bon moyen de parler d’empowerment chez les super-héroïnes. Bien qu’elles aient toujours existé dans les comics, elles répondaient à certaines normes et certains standards voulus et décidés par les éditeurs, tous masculins, pour satisfaire le lectorat de l’époque, majoritairement masculin là encore. Ce n’est pas une critique juste un constat de faits ; heureusement les choses ont changé petit à petit et le lectorat de comics s’est sensiblement féminisé et c’est une bonne chose parce que les scénaristes (et de fait les dessinateurs) ont dû s’adapter, quitte à casser les codes et faire quelques mécontents au passage : on ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs ! De plus, il y a de plus en plus de dessinatrices qui donnent vie à des super-héroïnes (DC Comics, Marvel ou autres) et ces dessinatrices imposent leur vision et leurs personnages avec leurs défauts et leurs qualités. Et c’est pareil avec les adaptations cinématographiques : les films restent grand public mais l’audience s’est très nettement féminisée et il a fallu répondre à cette demande grandissante, lorsque se rincer l’œil devant tel ou tel acteur n’était plus suffisant.

Pour ma part, je trouve que Captain Marvel répond parfaitement à cette demande de voir plus de super-héroïnes à l’écran. Cela s’explique sans doute du fait que les scénaristes du film soient des femmes (Meg LeFauve, Nicole Perlman et Geneva Robertson-Dworet). Je pense que beaucoup de jeunes filles et de jeunes femmes pourront s’identifier à ce personnage, qui a autant de défauts qu’elle a de qualités comme n’importe quel être humain ordinaire. Cela reste malgré tout un film de super-héros et il frôle le cliché de nombreuses fois sans jamais tomber dedans, ce qui montre que les choses changent doucement ; c’est une excellente chose.

Dernière chose : Si vous allez voir le film, prière de rester jusqu’à la fin du générique, 2 scènes post-génériques vous attendent. Au moins, vous ne pourrez pas dire que vous n’étiez pas au courant.

Littérature

[Découverte] [Contemporain] Wild – Cheryl Strayed

Pour bien démarrer la semaine, je vous emmène prendre un grand bol d’air frais aux Etats-Unis, avec cette lecture où l’on découvre une nature préservée, immense et où les gens que l’on croise ont de grandes chances d’être absolument admirables et fort sympathiques ; Cheryl Strayed, une journaliste américaine, se confie sans détour au travers de ce livre, très touchant. J’ai vraiment adoré ce moment de lecture hors du temps en sa compagnie.

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Ce livre, Wild, c’est un récit de vie à la limite de l’autobiographie. C’est un genre que j’aime bien généralement mais je peux facilement comprendre que ce genre littéraire rebute certaines personnes parce que c’est un genre qui peut ennuyer rapidement le lecteur pour diverses raisons (style, contenu…). C’était une crainte que j’avais à vrai dire, et c’est peut-être pour cela que j’ai mis si longtemps avant de lire cet ouvrage alors que je l’avais acheté il y a trois ans de ça. Rétrospectivement, je regrette d’avoir attendu si longtemps mais mieux vaut tard que jamais. Pour en revenir à mes craintes concernant ce livre, j’avais effectivement peur de m’ennuyer, le sujet du livre étant un retour d’expérience de l’auteur/narrateur sur un des chemins de randonnée les plus célèbres du monde. Donc à part marcher et bivouaquer, j’avais peur que le rythme soit très lent, notamment à cause de descriptions interminables et monotones. Rassurez-vous rien de tout cela !

J’ai beaucoup, beaucoup aimé. Adoré même. Au point que les pages se tournaient quasiment toutes seules. Je pense que l’on doit cet effet de page-turner à son auteur Cheryl Strayed. Elle parvient à rendre compte d’une réalité triviale et monotone (parfois déprimante) à la perfection tout en y apportant des émotions intenses. Cela rend le récit dynamique et captivant. D’autant plus qu’il y a une forte identification avec elle, peut-être parce que Cheryl Strayed a effectué cette randonnée à 28 ans et que j’en ai 26… ? Il y a aussi son histoire personnelle qui déclenche cette envie et ce besoin de se lancer dans cette aventure extraordinaire, au sens premier du terme.

Lorsque, sur un coup de tête, Cheryl Strayed enfile son sac à dos, elle n’a aucune idée de ce qui l’attend. Tout ce qu’elle sait, c’est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de junky, Cheryl vacille. Pour tenir debout et affronter les fantômes de son passé, la jeune femme n’a aucune réponse, mais un point de fuite : tout quitter pour une randonnée sur le « Chemin des crêtes du Pacifique ». Lancée au cœur d’une nature immense et sauvage, seule sous un sac à dos trop lourd, elle doit avancer pour survivre, sur 1700 kilomètres d’épuisement et d’effort, et réussir à atteindre le bout d’elle-même.

Wild, Cheryl Strayed. Quatrième de couverture, ed. 10/18. 2014 puis 2016

En fait, Cheryl ne vacille pas : je dirais plutôt qu’elle perd totalement pied. Son défi est à la hauteur de la perte de sens de son existence : complètement fou. Autant vous dire que ce n’est pas à la portée de tout le monde de faire ça et surtout d’aller jusqu’au bout. Il faut une sacrée dose d’inconscience et de courage ! Cela dit, même si Cheryl Strayed donne l’impression d’être la Terminator de la rando, elle est un être humain comme les autres : au cours de son périple, elle est souvent morte de peur et à ce propos, ses réflexion sur la peur justement forment quelques unes des plus belles pages de ce récit. J’en veux pour preuve cet extrait de la page 85 :

« C’était un pacte que j’avais conclu avec moi-même quelques mois plus tôt, la condition indispensable pour pouvoir partir ainsi, seule. Je savais que si je laissais la peur m’envahir, mon voyage était voué à l’échec. La peur est en grande partie due aux histoires qu’on se raconte, alors j’ai décidé de me raconter autre chose que ce qu’on répète aux femmes. J’avais décidé que je ne courais aucun danger. J’étais forte. Courageuse. Rien ne pourrait me vaincre. M’en tenir à cette histoire était une forme d’autopersuasion, mais, la plupart du temps, ça fonctionnait. Chaque fois que j’entendais un bruit d’origine inconnue ou que je sentais quelque chose d’horrible prendre forme dans mon imagination, je le repoussais. Je ne me laissais pas impressionner. La peur engendre la peur. La puissance engendre la puissance. Et il n’a pas fallu longtemps pour que je cesse réellement d’avoir peur. »

Wild, Cheryl Strayed, p.85, ed. 10/18 ; 2014 puis 2016

Puisqu’on évoque ce passage, l’autre aspect qui en ressort et qui m’a frappé tout au long de ma lecture, c’est la portée profondément féministe de cet ouvrage et cela s’explique facilement : l’auteur est une femme, qui randonne seule et qui se définit elle-même comme féministe. Cheryl Strayed le revendique, et en 1991 alors qu’elle se trouve dans un environnement majoritairement masculin (tout du moins pendant la première moitié de sa rando) c’est quelque chose d’assez fort à lire. Ca fait du bien de se rendre compte assez concrètement que les femmes en ont dans le pantalon (parfois plus que les hommes d’ailleurs…).

Le film

C’était presque obligé : cette histoire poignante de rédemption sur un chemin de randonnée a eu droit à son adaptation au cinéma, avec Reese Witherspoon dans le rôle titre. Je crois qu’elle fait aussi partie des producteurs du film.

Honnêtement, je n’ai pas (encore) vu ce film et je me demande sincèrement si je vais le faire. J’ai un peu fait le tour des quelques critiques et reviews que j’ai pu trouvé, et le moins que l’on puisse dire c’est que c’est assez mitigé, pour ne pas dire mauvais. Et je n’ai pas envie de gâcher cette lecture qui m’a fait rêver et voyager ; je veux garder intact le souvenir d’une lecture superbe. Le film ternirait sans doute tout cela et je suis presque certaine d’être déçue par l’adaptation parce que je trouverais à redire à chaque scène.

Pour ceux que ça intéresse : Wild de Jean-Marc Vallée (2014) est disponible sur certaines plateforme de VOD comme iTunes par exemple.

Cinéma

L’Académie des Parapluies

Il m’arrive rarement de faire des articles sur des séries ou des films proposés par Netflix et lorsque c’est quand même le cas, c’est souvent parce que je peux faire une comparaison entre le média de base et l’adaptation cinématographique que propose la plateforme. Cette fois-ci ce n’est pas le cas, bien qu’il s’agisse d’une adaptation de la BD de Gerard Way et Gabriel Bà. Mais disons que cette fois, j’ai (beaucoup) de choses à dire sur la série elle-même. Passons donc à ma review de la toute nouvelle série de Netflix : Umbrella Academy.

Une saison 1 qui va crescendo

Comme je le disais dans ma (très brève) introduction, cette série est en fait une adaptation de la bande dessinée du même nom, signée par Gerard Way et Gabriel Bà, qui présente des super-héros complètement désaxés qui doivent sauver le monde. Ca, c’est pour la vue d’ensemble ; dans le détail ça donne ceci : en Octobre 1989, 43 femmes ont donné naissance à autant d’enfants dotés de capacités hors du commun. Sir Reginald Hargreeves est un chercheur (un scientifique) qui se montre très intéressé par ces enfants particuliers et il parvient à adopter sept d’entre eux. A la suite de quoi, il fonde l’Umbrella Academy, une sorte de Justice League en culotte courte. Mais en grandissant, le groupe se scinde et finit par être dissout naturellement.

Un peu de fraicheur dans un schéma classique

C’est ce qui est intéressant avec cette série en fait : une fois adultes, tous ces gamins dotés de super-pouvoirs ont tous plus ou moins mal tournés et ils sont tous désaxés et marginaux. En règle générale c’est assez rare de voir quelque chose comme ça dans un monde de super-héros. Cela m’a fait penser aux enfants-star qui ne sont plus rien une fois devenus adultes ou adolescents (lorsque cela est subit bien sûr). Dans un sens, cela rend cette bande de bras cassés hyper attachante en fin de compte et la narration marche plutôt dans le bon sens puisque certains d’entre eux sont de vraies têtes à claques au début de la série.

Cependant, on ne sort pas totalement du schéma classique : nos (anti) héros doivent sauver le monde de l’Apocalypse qui aura lieu dans huit jours (c’est annoncé d’emblée dans la bande-annonce). Oui rien que ça, et quand tu as grandi en ayant une enfance un peu traumatisante sur les bords, que cela fait 13 ans environ que tu n’as pas eu de nouvelles de tes frères et sœurs et que quasiment du jour au lendemain, tu te retrouves à « travailler » de nouveau avec eux alors que tu faisais cavalier seul, éviter la fin du monde c’est des cacahuètes à côté. Un jeu d’enfant, vraiment ! Sans oublier certains classiques propre au genre ou aux séries, mais je vais y revenir plus tard*.

Une saison très (trop ?) inégale

Si l’épisode pilote était plutôt sympa à regarder, j’aimerais pouvoir en dire autant des deux épisodes suivants : c’était lent, c’était chiant (malgré de l’action et un peu de suspense)… Bref, je me suis ennuyée et j’ai pris mon mal en patience, en espérant que les choses s’améliorent un peu, histoire que je rentre véritablement dedans… Et le miracle s’est produit à la fin de l’épisode 4 (au bout de 4 heures de visionnage). Tant mieux pour Netflix, tant mieux pour cette série et les acteurs qui jouent dedans.

Si je devais retenir deux points absolument négatifs, ce serait cette lenteur à intéresser le spectateur : 3 épisodes d’une heure chacun, c’est long (j’exclue volontairement l’épisode pilote, toujours bien foutu puisqu’il faut qu’il donne envie d’en voir plus). Néanmoins cela s’explique peut-être par la présence de 5 réalisateurs et pas moins de 8 scénaristes sur les 10 épisodes que compte cette première saison. Heureusement que l’ensemble est cohérent parce que sinon quel échec cuisant pour Netflix, et plus généralement les auteurs de la BD…

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J’aurais pu décrocher facilement je crois, mais de façon très surprenante, je suis restée scotchée devant mon écran : dix épisodes d’une heure chacun, deux jours. Qui dit mieux ? Habituellement, c’est une chose dont j’ai horreur le binge-watching. Quant à savoir si cette série méritait un tel traitement… potentiellement non. Mais OUI pour la musique ! C’est là qu’on sent l’influence que Gerard Way a pu avoir en tant que producteur exclusif de la série. La musique sauve le reste et je pense que c’est pour cette raison que je suis restée plantée devant mon écran – elle offre à la série ce côté complètement décallé, à la limite de l’absurde que j’adore (quand il est bien amené) et qui est souvent difficile à atteindre.

Concernant les acteurs, j’en connaissais quelques uns mais la majorité était de parfaits inconnus, pour moi en tout cas, mais je peux citer Ellen Page, Kate Walsh, Mary J. Blige (qui est chanteuse à la base) et Robert Sheehan, tous excellents dans leurs rôles respectifs.

Conclusion

Umbrella Academy est une série intéressante qui traite un peu différemment d’un sujet travaillé et retravaillé avec des thématiques de fond passionnantes mais qui sur la forme ne parvient pas à écarter certains clichés et cela peut devenir lourd et redondant. Elle arrive pourtant à casser certains codes de la mythologie du super-héros et c’est plutôt bien fait puisque cela permet d’aborder ces thématiques (rejet, exclusion, acceptation de soi) chères au créateur d’origine. Il y a aussi la dimension musicale à prendre en compte parce que les différentes musiques qui forment la bande-son, stratégiquement placées, apportent un côté décalé et inattendu à certaines situation, ce qui fait que la série est somme toute assez drôle et sympa à regarder.

Toutefois au terme de cette saison 1, Umbrella Academy n’est pas franchement convaincante à cause de ces longueurs précédemment évoquées qui cassent le rythme de certains épisodes les rendant clairement indigestes. *Sans oublier que certains clichés au niveau des personnages sont gros comme une maison ; pourquoi le seul représentant de la communauté LGBT est un tel cliché de tout ce qu’il y a de pire lorsqu’on veut caricaturer un homosexuel ?! Sérieux ! Mais… Mais ! Par chance, tous ces clichés s’estompent progressivement avec l’évolution de chaque personnage. Ainsi toutes choses considérées, je pense qu’il faut laisser l’Academy faire ses preuves dans une deuxième saison afin de transformer l’essai, en gommant ce qui peut l’être.

Note : Gerard Way est le fondateur/chanteur du groupe de rock alternatif My Chemical Romance. Le groupe s’est séparé en 2013 après 12 ans de bons et loyaux services.

Article rédigé le 21/02/19

Cinéma

‘Cause it’s a long way to go…

Il y a des films qui se méritent autant qu’ils s’apprécient. Il va sans dire que My Beautiful Boy de Felix van Groeningen avec Steve Carell et Timothée Chalamet dans les rôles principaux. Je voulais le voir parce que j’étais sûre de mon choix, sûre que j’allais adorer ce film. Le verbe adorer est un peu trop fort pour le coup, mais j’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup aimé. Mon instinct se trompe rarement : une petite pépite de perfection tout en émotions.

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En réalité, j’ai ressenti ce film comme étant parfait à cause de la justesse des émotions qui le traverse. C’est vraiment un film qui m’a bouleversé et va me marquer pendant longtemps : je pense que je m’en souviendrai sans avoir besoin de relire cet article. Je savais d’avance que ce serait un film dur et poignant – c’est presque toujours le cas lorsqu’il est question de drogues, peu importe laquelle il est question, parce que c’est un sujet violent et dur à aborder et le plus dur, c’est de raconter une histoire en évitant les clichés.

Inutile de vous dire que le pari est tenu pour le réalisateur. Certes, je m’attendais à un film poignant mais je ne m’attendais à ce qu’il déborde de tendresse ; je m’attendais à de l’amour et à de la tendresse comme on en voit dans toute relation parents/enfant mais là, Steve Carell, qui interprète David Sheff, y est désarmant de tendresse et ça m’a bouleversée, et je me suis accrochée à cela tout au long du film. Timothée Chalamet n’est pas en reste d’ailleurs, aussi solaire dans son sourire que crépusculaire dans sa détresse de junkie paumé, il est flamboyant et irradie le film du début à la fin.

Et puis surtout il y a cette relation fusionnelle entre un père et son fils qui oscille entre les moments de joie intense et la désillusion et le désespoir que cause la drogue de part et d’autre ; cette relation et ce lien père/fils sont  un peu à l’image de la chanson qui donne son titre à ce film : Beautiful Boy, composée par John Lennon pour son fils Sean, à la fois rassurante et lancinante presque douloureuse.

J’ai beaucoup, beaucoup aimé également le traitement de l’image et de la lumière, plus ou moins lumineux selon ce que cela traduisait des personnages sans qu’ils aient forcément besoin de l’exprimer. On comprend et c’est d’autant plus puissant à regarder. Les plans « saccadés » par exemple, expriment soit le bordel dans la tête et dans la vie de ce pauvre Nic Sheff ou bien le parallèle entre le père et le fils, qui sont à l’opposés l’un de l’autre. Pour des raisons évidentes, les gros plans ou les plans rapprochés sont également très utilisés afin de permettre au spectateur de se représenter l’étendue et la force de la relation entre David et Nic, si le spectateur avait besoin de plus d’explications…

Néanmoins petit bémol : j’ai trouvé la mère de Nic, Vickie, très en retrait et presque passive dans l’épreuve que traverse son fils mais c’est vrai qu’étant une histoire vraie et racontée du point de vue de père et fils, le rôle de la mère parait un peu anecdotique, d’autant que le personnage n’arrive physiquement qu’assez tardivement dans le déroulement du film. Sans oublier qu’en réalité, la mère de Nic a peut-être eu beaucoup de mal à accepter et à comprendre ce qui se passait. Ce sont des suppositions mais il faut bien reconnaitre que ce film n’a pas beaucoup de personnages féminins forts et avec du caractère – l’exception à cela est à trouver chez la deuxième épouse de David Sheff et même si ce n’est pas le sujet du film, ça fait toujours plaisir de voir qu’il y a au moins une femme qui tient la route dans un film centré sur deux hommes (bien que le film soit tendre au possible).

Conclusion

My Beautiful Boy fait partie de ces pépites indépendantes qu’il faut voir au moins une fois dans sa vie et qui marque le spectateur. L’histoire et le sujet abordé sont certes très sombres mais cette relation profonde père/fils le rend chaleureux et lumineux et c’est aussi un film très humain et optimiste d’une certaine façon pour cette raison précise. Steve Carell et Timothée Chalamet y sont simplement fantastiques et emportent le spectateur dans des émotions fortes, souvent contradictoires, mais ce n’est jamais larmoyant ou pathétique (dans le sens de pathos) : pas besoin de mouchoirs pendant ou à la sortie de la salle. Malgré tout, c’est un film à digérer… comme souvent les merveilles.

Cinéma

Un amour de Dragon

A défaut de My Beautiful Boy de Felix van Groeningen (sorti pourtant la semaine dernière mais déjà plus diffusé dans le ciné proche de chez moi ; je ne ferai aucun commentaire à ce sujet mais je n’en pense pas moins)… j’ai reporté mon choix sur Dragons 3 : le monde caché qui clôt avec justesse une aventure commencée il y a presque 10 ans. Et ma foi, pour un second choix c’était plutôt pas mal. Mais cela reste un second choix donc ne vous attendez pas à un article euphorique de ma part.

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Nous retrouvons donc Harold et Krokmou (et le reste de leur amis) un an environ après les évènements du deuxième volet et dans lequel Harold tente de trouver sa place dans sa communauté en tant que chef du village de Beurk et le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est évident… Heureusement dans cette tâche, il est aidé par sa mère, Valka, et secondé par sa fiancée, Astrid. Néanmoins lorsque la sécurité du village et celle des dragons sont menacées par les activités pourtant nobles de Harold, ce dernier est obligé de prendre des décisions radicales et prouver qu’il a l’étoffe d’un chef de clan, même si cela veut dire se séparer de ce qu’il aime le plus au monde…

C’est un bon film d’animation ; d’ailleurs l’animation est toujours aussi splendide à regarder : une vraie merveille à certains moments (notamment le monde caché justement) et c’est vrai qu’on en prend plein les yeux pendant toute la durée du film. Cependant, cet opus m’a un tout petit peu moins emballé ; pourtant il n’y a pas de faiblesse au niveau de l’histoire : on retrouve les principaux personnages et leurs caractéristiques ainsi que de légères pointes d’humour. Le tout tient la route mais je crois que j’aurais aimé un méchant avec un peu plus de profondeur et un peu plus coriace du coup… Je n’ai pas trouvé Grimmel le Grave très convaincant, moi qui m’attendait à une fin ou une confrontation en apothéose pour Harold et Krokmou. Dommage !

Sinon pour le reste j’ai beaucoup aimé voir Krokmou tomber amoureux et s’émanciper progressivement, tout en continuant d’être fidèle à son ami – après tout c’est la Saint Valentin aujourd’hui, il faut bien parler un peu d’amour, même chez les dragons ! Et puis mine de rien Harold aussi est touchant dans ses questionnements et ses tâtonnements en tant que chef de village, mais heureusement qu’il est entouré de femmes fortes sinon il n’irait pas bien loin le p’tit !

Voilà, c’est tout ce que je peux vous dire sur ce film sans vous en dévoiler d’avantage. J’ai passé un bon moment au ciné, devant un film dont les animations sont superbes et soignées mais qui m’a laissé sur ma faim quant au grand méchant que je n’ai pas trouvé d’envergure pour conclure une aventure comme celle-ci, qui finit pourtant sur une note d’émotion touchante mais un peu trop convenue à mon goût.

Littérature

[Jeunesse] [Découverte] Le Chant des ronces – Contes de minuit et autres magies sanglantes; Leigh Bardugo

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé les contes (en témoigne ma désastreuse expérience lors de Noël dernier), qu’ils soient pour enfants ou pour adultes ; peut-être parce qu’ils reflètent la complexité de l’âme humaine tout en étant très simples, avec d’un côté les sentiments les plus nobles et de l’autre, les pires atrocités et les pires pulsions qui existent. En tout cas, il y a quelque chose de fascinant dans les contes. Cela vient probablement du fait que ces histoires sont d’abord faites pour être racontées avant d’être écrites et de ce fait, les contes font marcher l’imagination de l’auditeur à plein régime. Puis progressivement, le conte s’est figé dans une forme écrite, à la faveur de l’invention du livre et de l’imprimerie. Néanmoins, le recueil de contes occupe une place à part au milieu des autres ouvrages littéraires.

C’est justement un de ces ouvrages que je vous présente aujourd’hui : un recueil de contes écrits par Leigh Bardugo et superbement illustrés par Sara Kipin. En outre, rien que le livre (l’objet) en lui-même est une petite merveille : la couverture est solide et imite un genre de tissu brodé avec des dorures, les pages donnent l’impression d’être également reliées à la tranche par du tissu ; l’illusion d’avoir un livre ancien entre les mains est presque parfaite et conditionne déjà le lecteur – il s’apprête à lire quelque chose d’unique et son temps de lecture sera précieux. Personnellement, il ne m’en faut pas bien plus pour m’embarquer…

Couverture Le Chant des Ronces
Photo prise et retouchée par mes soins

Parfait pour rentrer dans l’univers de Leigh Bardugo

Je ne connaissais pas Leigh Bardugo avant de lire son recueil mais je sais qu’elle est l’auteur de la trilogie Grisha et de la duologie Six of Crows pour avoir aperçu les ouvrages en question en librairie. Les deux s’adressent à un public adolescent, à partir de 13 ans. Il en va de même pour le recueil de contes qui est indépendant du reste et cela constitue une belle porte d’entrée à  un énième univers de Fantasy qui semble être assez riche et très fouillé (de ce que j’ai pu lire pour préparer cet article), suffisamment en tout cas pour que Netflix s’y intéresse… Affaire à suivre donc.

Cependant, je ne pense pas lire le reste de ses travaux, à moins qu’ils ne soient disponibles à la médiathèque. Pour revenir au recueil de contes, j’ai adoré et c’est véritablement un coup de cœur inattendu, bien que je ne fasse pas partie du public cible.

Certains contes sont totalement inventés et d’autres sont inspirés par des contes bien connus, tels que Hansel & Gretel, Casse-noisette ou bien encore La Petite Sirène. Le point fort de tous ces contes, c’est qu’ils sont inattendus : aucun d’eux ne commence par la sempiternelle formule « Il était une fois » et aucun ne se termine par « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants« , ce qui est plus qu’appréciable et donne parfois une atmosphère bien plus sombre et inquiétante à l’histoire. A ce propos, les princesses ne sont pas en détresse, les princes (quand il y en a) ne sont pas présentés sous leur meilleur jour et le méchant n’est souvent pas celui auquel on pense en premier… Sans oublier que ces contes sont magnifiquement illustrés par des illustrations qui se déclinent dans des camaïeux de bleu, de rouge et de rose ; elles suivent le cheminement des différentes histoires de façon tout à fait originale et cela apporte une autre dimension aux contes et renforce également leur côté merveilleux.

Conclusion

Le Chant des ronces – Contes de minuit et autres magies sanglantes a été une révélation pour moi, malgré son appartenance à la littérature Jeunesse. C’est incontestablement un de mes coups de cœur pour cette année 2019. Les six contes présentés sont rafraichissants et novateurs, tout en reprenant certains codes du conte présents depuis des millénaires. Par ailleurs, les histoires sont de qualité égale et il m’a été très difficile de choisir un favori parmi les six. Je n’ai qu’un conseil à vous donner : lisez le recueil et choisissez par vous même… Excellent moment garanti.