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Littérature

[Contemporain] Paul Watson – Sea Shepherd, le combat d’une vie.

En un an et demi d’existence sur la blogosphère, c’est sans aucun doute le livre le plus polémique que j’ai lu jusqu’à présent. Ce livre est polémique parce que le sujet, Paul Watson et par extension l’association de défense des océans qu’il a crée -Sea Shepherd-, fait polémique. Pour faire court et sans doute un peu caricaturer la chose : on aime ou on n’aime pas Paul Watson et les actions qu’il mène pour la défense des océans. Au départ d’ailleurs, je n’étais même pas certaine de vouloir rédiger sur le sujet, ne voulant pas que mon blog devienne un espace politisé à outrance… Seulement voilà : ce livre est un des plus intéressant qu’il m’est été donné de lire dernièrement et je trouvais sincèrement dommage de ne pas en parler ici. Après tout, ce blog est avant tout un espace de découvertes et de partages.

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Pourquoi j’ai lu ce livre

La première raison qui me vient à l’esprit, c’est la curiosité. Je connaissais Sea Shepherd (et son fondateur) seulement de nom, comme beaucoup de monde je pense. Je savais que cette association était renommée pour ses actions spectaculaires en faveur de la faune marine. D’ailleurs je n’avais pas vraiment d’avis sur c’est bien/pas bien de faire ce qu’ils font et de la manière dont il le font mais au moins je n’avais a priori négatif sur la question. J’avais vu cet ouvrage à la bibliothèque, mis en avant sur un présentoir pour cause de nouveauté mais pas de quoi susciter mon envie de sauter le pas…

… jusqu’à cette deuxième raison (qui a renforcer d’avantage ma curiosité vis-à-vis de Sea Shepherd) : la tristement médiatisée « affaire des phoques du Touquet ». Petit rappel pour ceux qui n’auraient pas suivi : début mai, 3 cadavres de phoques ont été retrouvés sur la plage et Sea Shepherd a fait savoir qu’elle offrirait 10 000 euros à quiconque aurait des informations sur l’auteur de ces atrocités barbares. Cette nouvelle m’a profondément écœurée, d’autant que je jour-même j’ai croisé un chien battu sur le trottoir en rentrant chez moi.  J’aime profondément les animaux et la maltraitance animale, quelle que soit sa forme et quelle que soit l’espèce touchée, cela me révulse au plus haut point et c’est réellement quelque chose que je ne conçois pas.

Pourquoi vous devriez le lire aussi

Je ne cherche pas à faire du prosélytisme mais ce livre est réellement très intéressant et plutôt bien écrit. Sans compter qu’il se lit rapidement. J’ai appris des choses et des pratiques dont j’ignorais l’existence et je connais un peu mieux Paul Watson et Sea Shepherd grâce au travail fourni par Lamya Essemlali, auteur du livre et directrice de Sea Shepherd France. Evidemment, il s’agit d’une version des faits et d’une vision spécifique des choses et je pense qu’il faut quand même rester prudent et ne pas tomber dans un excès d’adoration ou de détestation (si on n’est pas d’accord avec les propos tenus dans le livre) suite à la lecture de ce livre. Cela dit, je trouve que c’est une bonne chose que Sea Shepherd existe et s’investisse autant dans la protection et la conservation des espèces marines parce que je ne suis pas sûre que d’autres en ferait autant pour ces animaux.

Enfin, pour terminer Paul Watson livre quelques conseils afin de résister au stress et à ces conséquences – pages que j’ai lu avec une attention particulière étant moi-même une habituée des épisodes de stress. Reste à voir si j’arriverai à appliquer ses conseils… mais je me suis dit que ce serait une bonne idée de partager sa philosophie sur cette question avec vous, si jamais vous êtes aussi confronter au stress.

« Le message de mon propos est le suivant : ne laissez pas le stress ruiner votre santé, votre amour ou votre vie. N’ayez pas de crainte et vivez l’aventure, cette aventure qu’est la vie. Et c’est probablement la seule vie que vous n’aurez jamais. Même si vous croyez dans la vie après la mort (oh ! ne stressez pas à ce sujet), le fait est que vous n’en serez jamais certain, donc ne gâchez pas l’unique vie que vous êtes sûr d’avoir. » – Paul Watson

Paul Watson Sea Sheherd, le combat d’une vie. Lamya Essemlali, p. 278 ; éd. Glénat, coll. Hommes et océans. 2017

Article commencé le 24/05/18

Bande-Dessinée/Comics

Free Comic Book Day

Amis férus de lecture bonsoir !

Avec toute cette agitation autour du dernier né des Studios Disney-Marvel, je suis retombée dans un de mes péchés-mignons : la bande-dessinée et plus particulièrement les Comics. Et aujourd’hui se tenait le Free Comic Book Day donc j’ai fait un petit détour par ma librairie favorite en ce domaine, et je ne suis pas rentrée les mains vides !

C’est quoi, le Free Comic Book Day au juste ?

Le Free Comic Book Day c’est un évènement qui vient des Etats-Unis et qu’on pourrait traduire par La Journée de la Bande Dessinée Gratuite (c’est tout de suite moins glamour), vise à faire connaître et valoriser le genre de la Bande Dessinée auprès du grand public qui méprise parfois cette littérature (pourtant riche) parce qu’il connaît mal le genre ou pas du tout. Concrètement, cette opération commerciale a pour but d’attirer un nouveau lectorat dans les librairies partenaires en offrant gratuitement aux acheteurs des livrets qui sont en fait des extraits de bandes-dessinées ou comics à paraître ou bien des histoires complétement inédites, inventées pour l’occasion. Le reste des BD et autres comics est bien évidemment payant hein !

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Et ça marche ! On peut dire que la greffe commence à prendre en France ; l’opération existe depuis 5 ans je crois et je n’ai jamais vu la librairie spécialisée dans laquelle je vais chercher mes ouvrages avec autant de monde. J’étais ravie pour la libraire, d’autant qu’elle est toujours de bon conseil parce qu’elle s’y connaît et qu’elle est seule pour tenir la librairie. J’ai vu des personnes s’inscrire pour avoir une carte fidélité et repartir avec 2 ou 3 BD sous le bras. On peut dire ce qu’on veut de ces petites opérations qui durent sur une journée mais ça permet de faire vivre les petits commerces comme les librairies spécialisées par exemple, et c’est très important. Voilà. J’ai pas grand-chose de plus à vous dire, si ce n’est que la prochaine fois, essayez d’aller faire un tour chez votre libraire (spécialisé ou non) pour le prochain Free Comic Book Day, il vous remerciera et vous ne serez sûrement pas déçus !

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Littérature

[Contemporain] La Bibliothèque noire

Un des avantages de faire son stage en médiathèque, c’est de pouvoir lire des ouvrages en relation avec le mémoire de stage et la problématique de ce dernier. C’est pour cette raison que j’ai suivi les recommandations de ma collègue et que j’ai emprunté (et lu) La Bibliothèque noire de Cyrille Martinez, un livre que je n’aurais jamais lu autrement et dont j’aurais probablement ignoré l’existence. Et pour cause…

La Bibliothèque noire, un roman ?

Pas si sûr… Laissez-moi vous expliquer. Certes, ce petit livre est rangé dans la catégorie « Roman » mais au fil des pages, je me suis aperçue que je ne considérais pas ce livre comme un roman mais plutôt comme un hybride entre une sorte d’essai retraçant l’histoire de la lecture publique, de la science-fiction et un plaidoyer en faveur des livres et de la lecture.

Cette lecture m’a intéressée mais ce n’est pas un livre dont je me souviendrais je pense. D’une part, parce qu’il n’y a pas vraiment histoire, bien qu’à un moment il y ait une vague histoire de disparition suspecte mais cette piste pourtant intéressante n’est pas exploitée plus que ça… en fait, un des problèmes je pense, c’est que toutes les pistes sont exploitées et le récit à tendance à partir dans tous les sens sans but précis. Le livre par dans tous les sens et la lectrice que je suis à fini par se perdre et je me suis demander plus d’une fois où l’auteur voulait en venir. Puis j’ai fini par comprendre et j’en suis venue à la conclusion qu’il avait une drôle de façon d’atteindre son but : défendre la lecture et les livres mais bon, après tout pourquoi pas.

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Le livre m’a autant amusée que gênée. Sûrement parce que l’auteur décrit des vérités que je retrouve dans mon quotidien du fait de mon stage mais il y a quelque chose qui me gêne un petit peu – l’auteur semble privilégier et accorder ses faveurs seulement à  certains types de lecteurs et certains types de livres… comment dire ? A titre personnel, je suis très contente de voir les personnes dont il se moque plus ou moins gentiment dans son livre à la médiathèque. Ces personnes participent à la vie d’une bibliothèque, qu’elles lisent ou non ! Et ce fantasme du tout-numérique qui supplanterait le support papier… Mouais. Non. D’ailleurs, toujours dans cet aspect de science-fiction, cet ouvrage m’a rappelé un autre ouvrage de science-fiction : La Maison enragée de Richard Matherson, ouvrage dans lequel tous les objets de la maison finissent par prendre vie. Même phénomène dans La Bibliothèque Noire : les livres mènent leurs petites vies et c’est un peu troublant au départ, ça finit par être amusant.

« Que se passe-t-il dans les bibliothèques la nuit, derrière les portes closes et les banques de prêt désertes ? Les lecteurs choisissent-ils leurs livres, ou est-ce plutôt l’inverse ? Vient-on en bibliothèque pour travailler, voyager, ouvrir ses mails ou avoir chaud ? Et si la bibliophilie était un sport de combat ?

Partant de l’univers policé de la Grande Bibliothèque et retraçant l’histoire de la lecture publique, ce roman nous mène jusqu’aux forêts urbaines où s’échafaude l’utopie d’une bibliothèque noire, sauvage, avec la liberté de lire et d’écrire pour unique mot d’ordre.

On a planté une forêt au milieu de la Bibliothèque. Drôle d’idée. Si j’avais eu mon mot à dire, j’aurais fait l’inverse : une bibliothèque au cœur d’une forêt.  »

La Bibliothèque noire, Cyrille Martinez, Quatrième de couverture, Ed. Buchet-Chastel, coll. Qui Vive; 2018.

Cinéma

Avengers : Infinity War

Veuillez m’excuser pour la panne d’inspiration concernant le titre de l’article mais je n’ai trouvé aucun jeu de mots qui évoque de manière clair le film. Il n’y en a pas forcément besoin de toute façon.

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Je ne sais si le fait d’avoir vu Black Panther il y a deux mois a joué dans la balance mais j’ai trouvé ce film moins bien que son prédécesseur. Je ne pense pas que ça ait à voir avec un sentiment de lassitude… au contraire le film m’a beaucoup surprise dans son déroulement : les personnages que j’imaginais disparaître pour des raisons différentes sont encore-là et ceux que je croyais voir rester ont disparus (pour mieux revenir j’espère).

L’atmosphère Marvel était là, pas de doute : l’action qui va de paire avec les explosions et les effets spéciaux, l’humour si particulier de certains personnages, les rebondissements et les fausses routes mais… pour moi il manquait clairement quelque chose. Ce film n’a pas sa propre saveur pour moi, cependant il y a eu d’agréables surprises. Je n’en dit pas plus…

Un dernier mot sur la seule scène post-générique : je l’ai trouvé un peu décevante, peut-être parce qu’elle arrive à la toute fin de tous les génériques, je n’en sais rien… En fait, elle était à l’image du film : elle était bien, c’est-à-dire qu’elle remplit son rôle de teaser du prochain Marvel mais il manque quand même un petit quelque chose.

Note : 7,5/10.

 

Actualités

Pas de panique !

Pas de panique ! Tout va bien ! L’adresse du blog n’a pas changée et je n’ai pas été victime d’un piratage. J’ai juste modifié la mise en page de mon blog car l’ancienne ne me convenait plus. Un peu de changement ne fait pas de mal de temps en temps ! Et puis cela me permet aussi de tester de nouvelles choses sur WordPress et c’est toujours intéressant de tester de nouvelles choses.

 

Littérature

[Contemporain] Meurtres à Willow Pond

Couverture Meurtres à Willow Pond

A l’occasion de Quai du Polar, qui s’est tenu à Lyon début Avril (les 6 et 7 Avril je crois), j’ai eu une requête bien particulière : puisque ma mère se rendait sur place pour faire le plein de romans policiers, je lui ai demandé si elle pouvait me trouver un livre en particulier : Meurtres à Willow Pond de Ned Crabb dont j’avais lu le Prologue sur le site de l’éditeur et cette lecture a éveillé mon intérêt autant que ma curiosité.

Une fois le roman en ma possession, je n’ai pas résisté bien longtemps à l’appel des sirènes ; j’ai dû tenir un jour à tout casser et puis j’ai fini par mordre à l’hameçon (le jeu de mots est intentionnel), et je n’ai quasiment pas lâcher l’ouvrage. Au diable mes lectures en cours – de toute façon, il faudra que je reprenne La servante depuis le début parce que ma lecture s’est exagérément étendue dans le temps… Je ne sais pas si c’est navrant ou indécent de faire trainer une lecture autant… ? Mais bref, ce n’est pas le sujet de cet article ici présent.

Je vais plutôt vous parler de Meurtres à Willow Pond, livre devant lequel je suis quasiment en admiration que c’en serait presque ridicule si le livre n’était pas aussi captivant d’un bout à l’autre, autrement dit sur 405 pages.

« Alicia et Six Godwin coulent une existence paisible jusqu’au jour où ils partent en week-end dans le luxueux lodge que leur richissime cousine, Iphigene Seldon, dirige d’une main de fer. Agée de soixante-dix-sept ans et dotée d’un caractère bien trempé, la vielle dame a justement convoqué ses nombreux héritiers pour leur annoncer qu’elle s’apprête à modifier son testament. Au lodge, l’atmosphère devient électrique. Tandis qu’un orage se prépare, tous les membres de la famille se laissent envahir par des envies de meurtres »

Meurtres à Willow Pond, Ned Crabb, Quatrième de couverture. Ed. Gallmeister ; 2014.

Il aura fallu attendre 2016 pour la traduction et 2018 pour la présente édition, que je trouve très soignée avec une superbe illustration qui colle aux propos et intrigue (ce qui donne envie d’en savoir plus). C’est seulement le deuxième roman de Ned Crabb, et son dernier aussi : il est mort l’année dernière, à l’âge de 78 ans.

 Six et Alicia Godwin donc, sont tous les professeurs d’université à la retraite et coulent des jours paisibles à Winsokett Pond dans le Maine, profitant d’un cadre de vie idyllique en bord de lac. Tous les deux s’adonnent à leur activité favorite : la pêche. D’ailleurs, qui a dit que la pêche était un loisir ou un sport relaxant ? C’est ce que je pensais avant d’avoir fait la connaissance de la famille Seldon mais… si vous lisez ce livre, vous verrez bien que la pêche, ce n’est pas si tranquille et reposant que ça en à l’air – surtout quand il question d’un héritage colossal (plusieurs millions de dollars en question) dans une famille où les membres se détestent à s’étriper. Digne d’un Agatha Christie, avec quelque chose en plus !

Comme je vous le disais plus haut, j’ai littéralement dévoré ce livre. Je l’ai fini hier au soir, assez tard d’ailleurs, et il ne m’aura fallu que 8 jours pour le lire. C’est très bien écrit et très bien traduit pour le coup (enfin, ce n’est qu’une supposition mais au vu du nombre important d’insultes et autres passages assez explicites, je pense que la traduction française vaut le texte original), le rythme est suffisamment rapide pour que le lecteur ne s’ennuie pas mais suffisamment lent par moment pour suivre les réflexions et les pensées des personnages. De plus, tout ne tourne pas autour des meurtres et c’est appréciable. Il est beaucoup question de sexe et d’amour ; ces thèmes dérangeront peut-être certains d’entre vous mais ils apportent du relief à ce roman. C’est une des choses qui m’a le plus plu dans ce livre, sans parler de la nature évidemment.

La nature est omniprésente dans ce roman et Ned Crabb s’en amuse de la meilleure des façon. Le cadre de bien des atrocités est souvent enchanteur et bucolique. Cela dit, l’auteur prend également un malin plaisir à nous rappeler qu’en fin de compte, nous sommes bien peu de choses face à la puissance de Dame Nature.

Pour résumer et pour finir, ce livre est pétillant, rempli d’humour et d’amour, avec des scènes d’actions dignes des plus grands scénarios hollywoodiens. C’est également une ode à la tranquillité et aux bienfaits de la vie au grand air, mais vous en saurez plus si vous osez plonger dans les eaux troubles de Willow Pond…

Cinéma

Amérique déroutante, Amérique fascinante…

« The American dream is dead »* – C’est par cette déclaration que débute ce documentaire sur l’Amérique de Donald Trump. Force est de reconnaître que tout a été dit sur l’Amérique depuis cette élection hors normes. Il a été dit que les électeurs de Trump étaient des personnes racistes, xénophobes avec un niveau d’études assez faibles… des gens de la classe moyenne pour faire encore plus dans le cliché. C’est là que la démarche de Claus Drexel (le réalisateur de ce documentaire) est intéressante : il est parti les filmer ces oubliés et ces laisser-pour-comptes, à Seligman, une ville paumée en Arizona en 2016 à ce moment charnière de l’histoire américaine et mondiale.

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Et finalement, ce qui en ressort c’est que rien n’est jamais tout blanc ou tout noir. La plupart des gens qui habitent cette petite ville des Etats-Unis veulent juste vivre leurs vies loin du tumulte des grandes villes avec leurs familles, leurs hobbies et leurs armes à feu (les deux étant intimement liés dans cette ville). Sur ce point d’ailleurs, personne dans le documentaire ne remet en cause le tristement célèbre Second Amendment (le deuxième amendement) de la Constitution – enfin tristement célèbre du point de vue du reste du monde face j’entends – mais tout le monde n’en a pas la même conception et ça fait du bien de se dire qu’en fin de compte ceux qui possède 36 modèles d’armes à feu sont juste des excentriques poussés à l’extrême.

Les paysages du Grand Canyon et de Monument Valley sont toujours aussi majestueux et c’est un ravissement pour les yeux. Seligman c’est autre chose… La ville fait penser à un gigantesque tableau de Hopper en mouvement. C’est assez triste et désolé, on se demande comment certaines maisons tiennent encore debout. Bref, c’est peut-être celui-là, le vrai visage de l’Amérique. Une Amérique qui fascine autant qu’elle dérange…

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Note : 8/10.

* Le rêve américain est mort – Phrase prononcée par Donald Trump en 2015 alors qu’il officialise sa candidature pour la Maison Blanche.

Actualités

Des nouvelles de mes lectures

Je prends un petit moment pour vous donner des nouvelles au bout de trois semaines de stage. Stage que j’ai commencé le 13 mars dernier à la médiathèque de la ville d’où je suis originaire.

Bibliothèques[1]

Pour le moment, tout se passe bien. Je m’entends bien avec mes collègues et certaines journées me paraissent plus longues et plus fatigantes que d’autres mais je n’ai pas à me plaindre, tout le monde est très à l’écoute et l’adaptation est mutuelle. En ce qui concerne la phase « mémoire de stage », je n’ai pas encore commencé la rédaction mais la collecte d’informations avance plutôt bien et le plan du futur document commence à prendre forme doucement.

Par contre, fait pour le moins étrange : je n’ai jamais aussi peu lu que depuis que j’ai débuté mon stage (en réalité, je lis beaucoup de travaux de recherches et d’articles voire des rapports concernant les  bibliothèques) mais j’ai bon espoir de reprendre ma lecture de La servante écarlate un jour, si possible avant la fin de mon stage en juillet…

Bref, en ce moment je suis bien occupée et c’est très bien comme ça !

 

Cinéma

Longue vie au Roi !

Je n’ai plus grand-chose à faire en ce moment, en attendant de véritablement commencer mon stage alors j’en profite pour m’occuper en privilégiant ce qui me fait vraiment envie. Ca faisait un petit moment que je n’étais pas retournée au cinéma sur Lyon donc j’y suis allée et j’ai porté mon dévolu sur le dernier-né des Studios Marvel : Black Panther (après avoir hésité une demie seconde avec Lady Bird)

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Black Panther

Pour tout vous dire, le dernier Marvel que j’ai dû voir et apprécier c’est Les gardiens de la galaxie – vol. 2… En même temps avec un rythme aussi effréné que celui des studios Marvel, difficile de faire que la qualité soit toujours au rendez-vous… Maintenant que j’ai fait ma petite critique globale sur le rythme des sorties, je vais pouvoir vous parler de Black Panther plus en détail.

Il faut savoir que je n’avais pas d’a priori, bons ou mauvais, concernant ce film. Je ne connaissais pas du tout l’histoire de ce super-héros, un peu à la marge des autres comme les Avengers par exemple. Et mon ressenti à la sortie de la salle de ciné : j’ai a-do-ré. Court, simple et efficace comme avis, non ?

Je ne regrette pas du tout mon choix, même s’il est vrai que j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire parce que j’ai trouvé l’intrigue un peu longue à se mettre en place. Mais à part ça, je vais me répéter mais j’ai vraiment, vraiment adoré. Les personnages sont attachants, drôles, humains aussi, avec leurs moments de faiblesse et leurs failles (ce qui est d’autant plus appréciable dans un film de super-héros). Le casting est parfait. A ce propos, j’ai adoré voir Andy Serkis dans un rôle qui n’inclue pas de la motion capture, même si j’ai trouvé que son rôle était tellement perché que j’avais l’impression de voir Gollum parfois… J’ai vraiment eu un coup de cœur pour les personnages incarnés par Angela Bassett et Letitia Wright, respectivement mère et sœur de Black Panther.

Il y a quelques temps, j’écrivais sur Wonder Woman « qu’elle en avait dans la cuirasse ». Je pourrais dire la même chose ici : les femmes se battent, prennent des décisions, luttent, poussent parfois les hommes dans leurs retranchements… et excusez-moi pour la minute féministe de cet article mais ça fait du bien de voir ça sur un écran de cinéma, pour un film grand public qui plus est. De même pour la mise en avant des minorités ; c’est incontestablement un film qui fera bouger les choses. J’ai suivi une émission à la télé il n’y a pas si longtemps et un des intervenants disait à propos du film que dans quelques années le public ne fera même plus attention à la couleur de peau de Black Panther. Ce qui compte c’est que ce soit un super-héros et qu’il sauve le monde.

Note : 9/10.

Littérature

[Découverte] [Contemporain] Dans la forêt

Après une pause de plus de deux mois concernant mes lectures, j’ai repris doucement mon rythme avec la lecture en deux semaines de Dans la forêt (Into The Forest en anglais) de Jean Hegland. Il a fallu attendre vingt ans pour que ce roman écrit publié en 1997 aux Etats-Unis paraisse en France aux Editions Gallmeister, spécialisée dans la littérature américaine qui met l’accent sur la nature et les grands espaces. Le premier roman de Jean Hegland n’y a que toute sa place.

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Dans la forêt

Ce livre raconte la vie de deux sœurs, Eva et Pénélope « Nell » (Nellie parfois), après la mort tragique de leurs parents et comment les deux adolescentes tentent de survivre dans leur maison, perdue au milieu de la forêt californienne dans un monde progressivement dépourvu du confort que nous connaissons – plus d’essence, plus d’électricité et tout ce qui en découle.

Ecrit il y a vingt ans, ce livre pourrait avoir été écrit hier, tellement certains aspects de ce dernier font écho au monde de 2018. On finit par se dire que ce qui se passe dans ce roman pourrait bien arrivé dans la vie réelle – bien qu’on ne sache pas exactement quel évènement dramatique est à l’origine de ces pénuries successives. C’est ce qui m’a le plus plu dans ce livre je crois, cet aspect profondément contemporain et moderne pour son temps.

Cela dit, comme beaucoup de roman d’anticipation, malgré ce côté plaisant et attrayant de cette modernité, le roman n’en demeure pas moins glauque, sombre voire effrayant – exactement comme les deux facettes d’une forêt ou d’un bois. C’est une lecture quelque peu dérangeante, déconcertante par moment. A ce propos, je suis plutôt mitigée en ce qui concerne l’avis final que j’ai sur cette histoire et j’ai beaucoup de mal à avoir un avis définitif et tranché sur ce livre. Je peux cependant vous expliquer pourquoi.

Des livres qui racontent des histoires glauques, des histoires sombres et dérangeantes, j’en lirai d’autres. Ce n’est pas cela le problème, ce n’est pas non plus le fait que ce soit un roman d’anticipation. Bizarrement c’est une petite phrase, une toute petite phrase, au milieu d’un roman de 300 pages qui a plombé mon enthousiasme et bien évidemment, je ne vais pas vous dire de quoi il s’agit par peur de vous gâcher votre envie de lecture mais on m’a toujours dit que tout ce qui se passait dans un roman devait servir l’histoire et être utile à l’évolution du ou des personnages à un moment ou à un autre. Or, dans ce cas précis il ne se passe rien. L’évènement découle du précédent mais ce n’est pas logique et de mon point de vue, cela n’enrichi en rien l’histoire d’une manière ou d’une autre. Je n’ai peut-être pas tout compris mais j’ai eu l’impression que l’auteur couchait sur le papier un de ses fantasmes et reprenait ensuite le cours de son récit où elle l’avait stoppé.

Hors mis ce petit détail que certains jugeront sans importance, j’ai beaucoup aimé le style d’écriture, d’une précision quasiment chirurgicale mais néanmoins très fluide, d’autant que le roman n’est pas très épais. J’ai réellement eu l’impression d’être entourée de séquoias par moment ou de me sentir menacée dans cette étendue immense d’arbres. Au final, je dirais que ce livre représente d’avantage une ode à la nature (imposante mais fragile) qu’un message d’espoir et qu’il faut le lire pour cette raison-là puisqu’en fin de compte nous sommes peu de chose à côté d’un arbre millénaire.

« Quelle que soit la façon dont nous mourrons, nous mourrons ici. Seules. Il n’y aura pas d’inscription à Harvard, pas de début avec le San Francisco Ballet. Il n’y aura pas de voyages, pas de diplômes, pas de rappels. Il n’y aura plus d’amants, pas de maris, pas d’enfants. Personne ne lira jamais ce journal sauf si ces fichues poules apprennent à lire.

 Bien sûr ce genre de choses arrive tout le temps. J’ai suffisamment étudié l’histoire pour le comprendre. Les civilisations périclitent, les sociétés s’effondrent et de petites poches de gens demeurent, rescapés et refugiés, luttant pour trouver à manger, pour se défendre de la famine et des maladies et des maraudeurs tandis que les herbes folles poussent à travers les planchers des palais et que les temples tombent en ruine. Regardez Rome, Babylone, la Crète, l’Egypte, regardez les Incas ou les Indiens d’Amérique.

Et même si ce n’est pas une autre civilisation vieille de deux mille ans qui arrive à sa fin, regardez toutes les petites dévastations – les guerres et les révolutions, les ouragans et les volcans et les sécheresses et les inondations et les famines et les épidémies qui remplissaient les pages lisses des magazines que nous lisions autrefois. Pensez aux photos des survivants blottis les uns contre les autres au milieu des décombres. Pensez à l’Amérique du Sud, à l’Afrique du Sud, à l’Asie centrale, à l’Europe de l’Est, et demandez-vous comment nous avons pu être aussi suffisants. »

Jean Hegland, Dans la forêt, pp. 188-189. Ed. Gallmeister (2017)

Note : Pour ceux d’entre vous que ça intéresse, sachez qu’une adaptation cinématographique existe : Into the Forest réalisé par Patricia Rozema avec Ellen Page et Evan Rachel Wood dans les rôles titres. Le film est sorti en 2015.