Littérature

[Découverte] Nano fictions

Avec les fêtes de fin d’année qui arrivent à grands pas, c’est le moment où jamais de retomber dans la magie des contes, qu’ils soient de Noël ou non d’ailleurs. Et bien que Nano fictions ne soit pas un recueil de contes à proprement parlé, je trouve que cette lecture est très appropriée pour cette période, un peu spéciale car un peu magique.

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Et de la magie, il n’en manque pas dans le livre de Patrick Baud, plus connu pour ses travaux de vidéaste sur sa chaîne YouTube Axolot et ses bandes dessinées. Mais autant être honnête, toutes ses nano fictions, ne se valent pas. En tout cas pour moi et cela s’explique par mes goûts, ma sensibilité sur certains sujets alors que d’autres m’ont laissés de marbre. Cela étant dit, il y a également beaucoup de poésie dans ces courts récits et c’est la principale raison de mon achat (si l’on exclu la notoriété de la chaine YouTube). J’avais entendu parler de cet ouvrage en des termes positifs et le concept très largement décrit dans les articles que j’ai pu lire sur la blogosphère, qui consiste à écrire un récit en 280 caractères ou moins, ont attisés ma curiosité. L’imagination fait le reste à la lecture.

Je trouve personnellement que c’est un très bon exercice d’écriture puisque les contraintes sont peu nombreuses mais surtout incontournable et qu’au final tout repose sur l’imagination et l’interprétation que peut faire le lecteur des quelques lignes qu’il a sous les yeux. A mon sens, Patrick Baud nous offre un exercice de lecture participative et surtout un moment hors du temps qui permet de s’échapper un peu du quotidien.

A lire !

Ps : J’ai failli faire un article en 280 caractères mais c’est un peu court quand même. Alors, 280 mots ont fait l’affaire et sans le PS, cet article en fait 276. Pari tenu !

Bande-Dessinée/Comics

[BD] Batman – White Knight

Mercredi dernier j’ai fini Batman White Knight et j’ai un peu oublié l’article qui va avec… Donc il grand temps que je me rattrape, surtout que j’ai trouvé ce comics plutôt très bien, sans être parfait non plus. L’histoire est originale et plutôt bonne malgré quelques incohérences de scénario qui m’ont dérangée ; parfois la résolution de certaines choses ou certaines actions sortent un peu de nulle part, quand elles ne sont pas cousues de fil blanc. Cependant, le scénario s’amuse à explorer un chemin encore inconnu dans l’univers et l’historique du Chevalier Noir et cela entraine des mécanismes aussi fascinants qu’inquiétants à découvrir et à analyser… Petit retour en arrière sur mes impressions de lecture.

Couverture Batman - White Knight

Nous connaissons tous l’origine de Batman, et son histoire aussi sombre que l’est son costume : l’assassinat monstrueux de ses parents, Thomas et Martha Wayne, bienfaiteurs de Gotham City, qui entraine le jeune Bruce Wayne dans une lutte sans relâche contre le crime. Dans cette croisade des temps modernes, le justicier est aidé par son fidèle majordome Alfred Pennyworth. Il est d’ailleurs considéré comme un père par Bruce, à juste titre. Mais on pourrait se poser la question de l’avenir de Batman si Pennyworth venait à disparaitre. Sans vous révéler le pourquoi du comment, c’est exactement ce qui arrive dans White Knight.

La conséquence directe c’est que Batman sombre doucement dans la folie et devient de plus en plus incontrôlable, à tel point que les alliés d’hier (Nightwing, Batgirl, l’Inspecteur Gordon…) prennent leur distances avec le Chevalier Noir. Et si Batman semble s’enfoncer dans la folie, quelqu’un d’autre semble retrouver la raison en la personne de Jack Napier, anciennement connu comme le Joker, l’ennemi juré de la chauve-souris. Ce dernier affirme avoir retrouvé ses esprits et sa raison et souhaite payer sa dette envers Gotham d’une façon plutôt inattendue pour un ancien super-criminel : Jack Napier a la volonté d’aider la ville en faisant œuvre de bienfaisance auprès des Gothamites… il deviendra le Chevalier Blanc de Gotham.

Jack Napier, le miroir opposé de Bruce Wayne.

J’ai toujours été attirée par le Joker et Harley Quinn dans les comics sur Batman. Je trouve que ce sont deux personnages tout à fait fascinants dans leurs folies. Si l’on en croit la génèse du Joker, ce dernier a été « créé » par Batman lui-même, ce qui explique qu’ils soient si souvent associés l’un à l’autre. Certes, ils s’opposent et s’affrontent constamment mais ils sont chacun le parfait miroir déformé de l’autre. Et Sean Murphy renforce encore cette idée avec cette histoire. Si vous lisez ce comics, vous vous rendrez vite compte que Jack Napier est châtain clair, qu’il est maigrichon et qu’il a la peau claire quand Wayne de son côté est un grand brun baraqué, à la peau plutôt bronzée (bien que dernier point dépende uniquement de la libre appréciation du dessinateur ; le physique varie donc d’une BD à l’autre).

Nouvelle opposition claire et nette des deux personnages sur le plan du comportement et de la personnalité ; Jack est ouvert aux autres, il est calme, posé, et réfléchi alors que Batman est tout l’inverse vous l’aurez compris. Donc je ne vais pas détaillé davantage cet aspect qui structure cette nouvelle histoire qui met une nouvelle fois en scène ce « couple mythique » dans un scénario original et brillant qui montre tout de même quelques signes de faiblesse. Bien que ces faiblesses restent acceptables, elles enlèvent de la fraicheur à un scénario pourtant novateur.

Nouveau héros, nouveau vilain ?

Eh bien, oui et non. A ce propos, c’est là que le bas blesse et cela affaibli quelque peu l’originalité de l’ouvrage ; le « nouveau » super-vilain s’appelle Neo-Joker et est une femme, ce qui est plutôt pas mal j’en conviens. Cela étant, cette Neo-Joker reste un personnage avec l’empreinte et certains codes du Joker d’origine donc à la lecture, on peut avoir l’impression que le scénariste ne s’est pas vraiment cassé la tête et a opté pour la facilité. C’est dommage, surtout avec une histoire aussi novatrice !

Autre point noir de cette BD : certains éléments de résolution qui apparaissent à la fin de la BD, lorsque tout semble rentrer dans l’ordre ; je vais être assez brève là aussi (je ne veux pas trop en révéler, histoire que vous gardiez un effet de surprise et de découverte à la lecture) mais j’ai clairement eu la sensation que certains éléments sortaient de nulle part et ne trouvaient pas d’autres explications sinon qu’il s’agit d’une nouvelle histoire de  Batman dans un presque nouvel univers et que le lecteur devait faire table rase de la mythologie de la chauve-souris concernant ces éléments précis… Ou sinon, ces éléments ne sont pas assez détaillés et une planche en plus n’aurait sans doute pas été du luxe.

Conclusion

C’est très clairement une BD à lire avec du contenu et des jolis dessins, très soignés qui collent à l’atmosphère voulu pour ce nouveau chapitre dans la mythologie de Batman et du Joker. En parlant du Joker, on en apprend beaucoup plus sur lui et sur ses motivations et c’est un vrai plus ; le comics éclaire d’un nouvel angle la relation Batman/Joker tout en tenant compte de ce qui a été fait avant. De ce fait, Batman – White Knight frôle la perfection sans pour autant l’atteindre malheureusement ; de mon point de vue, c’est la faute à un essoufflement du scénario sur des points pourtant clé comme par exemple le vilain dans cet opus. Batman White Knight, très bon comics mais peut mieux faire.

Cinéma

Par Toutatis ! Chute de druide !

Mais quel bonheur de retrouver Alexandre Astier aux commandes d’un film d’animation Astérix ! Le Domaine des Dieux était déjà à l’époque, très réussi. Quatre ans plus tard Alexandre Astier remet le couvert avec Le secret de la potion magique, un scénario original basée sur l’œuvre de la célèbre bande-dessinée française.

Si vous avez vu la bande annonce, vous savez de quoi parle le film. Lors de la cueillette du gui nécessaire à la fabrication de la fameuse potion magique, Panoramix le druide du village des « irréductibles gaulois » fait une chute malencontreuse du haut d’un arbre et se fracture le pied. A situation inédite, solution inédite : Panoramix décide qu’il ne doit plus être le seul à connaitre la formule de la potion magique et part en voyage à travers la Gaule pour dénicher un autre druide, digne de confiance pour lui succéder et assumer cette lourde tâche. Dans son périple, il est accompagné par le célèbre trio : Astérix, Obélix, et Idéfix bien sûr. Cependant, une telle décision n’est pas sans conséquences et attise bien des convoitises !…

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C’est film d’animation qui s’adresse aux enfants mais pas seulement ; les amoureux des aventures du célèbre gaulois moustachu et les aficionados de la série Kaamelott y trouveront leur compte. Je pense que c’est ce qui explique en partie la réussite de ce long-métrage (hors mis les aspects purement techniques) : il s’adresse à tout le monde. On retrouve bien sûr les gags classiques avec les chutes et autres comiques de situation qui plairont davantage au jeune public mais également une deuxième portée avec des jeux de mots ou des références placées pour un public d’adultes. De plus, Alexandre Astier se permet de glisser quelques thématique qui lui tienne à cœur, tout en abordant ces dernières par le biais de l’humour sans jamais tomber dans l’excès.

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Je voulais aussi vous parler du doublage parce que cela fait partie intégrante des films d’animation. Comme vous le savez peut-être, Roger Carel, 91 ans et voix historique d’Astérix a doublé son dernier film en 2014, avec Astérix et le Domaine des Dieux. On aurait donc pu légitimement se dire que ça allait être compliqué de se faire à une nouvelle voix de doublage mais là aussi, le casting a été très bien fait. C’est Christian Clavier qui prête sa voix au petit gaulois blondinet, après l’avoir incarné deux fois en prise de vues réelles ; donc pas de soucis, le sujet est amplement maitrisé. Pour le reste, on retrouve beaucoup d’acteurs de la série Kaamelott et des humoristes connus tel que Florence Foresti, Alex Lutz ou encore Elie Semoun. Bref, que du beau monde pour un film rythmé et très réussi.

Bon film !

Bande-Dessinée/Comics

[BD] Klaus

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a des petites merveilles chez Glénat Comics en ce moment et je ne vais pas m’en plaindre : cela me permet d’écrire des articles pour vous partager mes découvertes. Klaus de Grant Morrison, accompagné de Dan Mora pour le dessin, est l’excellente surprise de cette fin d’année 2018. Avec les fêtes de fin d’année qui arrivent à grands pas, Klaus nous plonge dans l’ambiance en imaginant l’histoire et les origines d’un personnage pourtant connu de tous. J’ai nommé Santa Claus.

Qui est Klaus ?

Klaus, c’est un solitaire, un trappeur marginal qui vit ou plutôt survit, en compagnie d’une louve blanche prénommée Lilli et qui revient à Grimsvig pour les festivités de Yule dans le but de vendre sa viande et ses peaux de bêtes. Mais la ville a bien changée depuis sa dernière visite : les festivités de Yule sont interdites, la lumière et les jeux tout autant ; les hommes en état de travailler servent à la mine afin de réaliser les projets du tyran Magnus. A partir de ce sombre constat Klaus se fait un devoir de restaurer les fêtes de Yule et ainsi redonner la joie, les rires et le bonheur aux enfants de Grimsvig. Et cette quête le conduira un peu plus vers sa légende… 

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Une BD qui ravira votre âme d’enfant !

Faire du père Noël un des premiers super-héros que la Terre ait porté, le pari était osé pour ne pas dire dangereusement risqué… Et contre toute attente, on y croit à cette histoire de père Noël super-héros ! C’est brillant. Pari tenu donc pour Grant Morrison qui signe un scénario palpitant, émouvant et juste et pour Dan Mora qui a eu la lourde tâche d’illustrer cette histoire digne des plus beaux contes de Noël. Les dessins sont magnifiquement réalisés, tout en finesse et débordant de tendresse envers cette période qu’est l’enfance. Sans tomber dans un lieu commun, je dirais qu’il y un sens un peu plus profond vers la fin du récit qui souligne l’innocence et la bienveillance qui viennent tout de suite à l’esprit lorsqu’il est question d’enfants. A ce propos, cette lecture m’a rappelé ce dessin animé des studios DreamWorks, Les Cinq Légendes, très proche par certains aspects du dessin animé en terme de scénario et d’intrigue. De quoi ravir et enchanter votre âme d’enfant en cette période de fêtes de fin d’année !

Cinéma, Musique

Toute la musique que j’aime

Mais pas celle de Johnny, non. Celle de Queen. J’ai été voir Bohemian Rhapsody jeudi après-midi et globalement je l’ai trouvé très bon et j’ai passé un très bon moment. Cela valait vraiment le coup d’attendre et d’aller ce voir film en salle après si longtemps loin des salles obscures (le dernier remonte à Mamma Mia 2, sur lequel je n’ai pas fait d’article parce qu’il n’y avait pas grand-chose à dire si ce n’est qu’il était plutôt sympa, mais sans plus.). Pour en revenir à Bohemian Rhapsody, c’est un peu le film évènement du moment alors difficile de passer à côté… de plus, sans être une fan absolue du groupe, je reconnais volontiers que j’y suis allée pour la bande-son.

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Des petits « défauts » éclipsés par la prestation époustouflante de Rami Malek

Quand je parle de défauts, ce sont plus des partis pris que j’ai trouvé bizarres ou qui m’ont laissé assez perplexes mais c’est un peu le genre qui veut ça puisque le biopic n’est pas et ne sera jamais la réalité vécue par les membres du groupe mais une interprétation la plus fidèle possible de ladite réalité. Je préfère commencer par là parce que ces petites choses n’empêchent d’apprécier le film mais je ne voudrais pas une critique dithyrambique au prétexte d’aimer les chansons du groupe parce qu’elle n’aurait plus aucune valeur. Et puis je pense qu’il est important de mentionner ces petits « défauts » : le film n’est pas parfait, ce n’est pas un chef-d’œuvre même s’il s’en approche.

Bien entendu, Queen ce n’est pas mon époque, je n’étais pas née à cette période mais j’ai trouvé un peu dommage que le film insiste sur le fait que Freddie Mercury sans Queen ne s’en sortirait pas, mais bon encore une fois, c’est une décision de l’équipe du film et le sujet étant l’histoire du groupe, il est un peu normal que Queen soit mis en avant, sinon l’intérêt du biopic tombe à l’eau… Barcelona est quand même une chanson magnifique, dommage qu’elle n’y ait pas ça place. Après, il est certain que la carrière solo de Freddie Mercury n’a pas eu le même retentissement qu’avec celle qu’il avait avec Queen mais un disque d’or pour le premier et un disque d’argent (platine en Suisse) pour le deuxième, ce n’est pas rien quand même ! Et la séquence en question dans le film minimise un peu tout ça. Dommage…

La seconde chose qui m’a un petit peu dérangée c’est une scène du film bien précise et je ne vais pas expliquer laquelle pour éviter de spoiler le film à ceux d’entre vous qui ne l’aurait pas encore vu mais pour résumer, le film a frôlé le mélo pour finir par tomber dans le cliché (un peu pathétique à mon goût) mais fort heureusement, ce n’est que l’affaire d’une séquence, qui peut tout à fait se défendre mais qui pour moi, transpirait le cliché. Le film se rattrape vite et on oublie vite ces deux ou trois scènes bateau pour basculer dans la démesure et la grandeur de Queen.

Et le premier point positif (en dehors de la performance des acteurs et des costumes mais je vais y revenir), c’est qu’il n’y a pas d’apitoiement sur cette maladie qu’est le Sida, juste de la dignité et c’est admirable. Pas de jugement non plus sur la sexualité de Freddie Mercury, ou du moins pas de la part des membres du groupe ou l’entourage proche du chanteur parce que les médias, c’est une autre histoire bien sûr… C’est d’ailleurs plutôt bien montré dans le film et je trouve que c’est une bonne chose. Pour en revenir au Sida, la dignité réside aussi dans les choix qui ont été faits : finir le film en apothéose avec les 20 minutes de concert du groupe pour l’évènement Live Aids, ça a du sens et cela renforce cette dignité.

Evidemment, l’autre point positif (et non des moindres), c’est bien sûr la performance des acteurs qui incarnent véritablement les quatre membres de Queen. Rami Malek bien entendu mais il ne faut surtout pas oublier Gwilym Lee, Joseph Mazzello et Ben Hardy, respectivement Brian May, John Deacon et Roger Taylor. Certes, les costumes et le maquillage font beaucoup mais cela reste une performance bluffante. Deux mentions spéciales : les dialogues avec beaucoup de réparties et des phrases bien senties et puis la reconstitution du fameux concert historique à Wembley.

Conclusion

Une fin en apothéose pour un film à 100 à l’heure, résolument rock que ce soit dans sa musique (évidemment), dans ses excès mais qui malgré tout trouve le ton juste pour aborder des sujets graves ou des sujets de société. Reste à voir maintenant si l’aura de Freddie et ses copains propulsera la carrière des acteurs qui les ont incarnés ou bien si au contraire le star power de Queen et le Bohemian Rhapsody de Bryan Singer, enterrera prématurément ces carrières pourtant prometteuses…

 

Bande-Dessinée/Comics

[BD] Black Magick

On se retrouve pour un petit article que j’aurais pu publier à Halloween prochain mais je me suis dit que ç’aurait été dommage de passer à côté d’une si bonne série pendant un laps de temps aussi long. Donc sans plus attendre : Black Magick pour prolonger un peu l’esprit d’Halloween… et vous parler un peu du Wicca.

La Wicca, ou Wiccanisme, Kézako ?

NB : Les informations ci-dessous sont des interprétations de ce que je pense avoir compris sur le sujet, à partir de la page Wikipédia consacrée. Il se peut donc qu’il y est des approximations ou des erreurs de ma part et je m’en excuse surtout si vous pratiquez vous-même.

La Wicca est un courant religieux basé sur l’Ancienne Religion Païenne. C’est un courant lié de près à la Nature et aux animaux qui vise à une harmonie parfaite entre toutes les espèces, qu’elles soient végétales, animales ou minérales et la notion de respect y est primordiale. Plus généralement, on parle de sorcellerie mais pas celle présente dans Harry Potter ; une sorcellerie faite de rites et d’incantations, comme présentée dans The Chilling Adventures of Sabrina (j’ai oublié le titre français de la série…). Ces membres, les wiccanes et les wiccans sont donc respectivement sorcières et sorciers plus ou moins puissants selon leurs années de pratique, se réunissent parfois en covent. Chose importante, la Wicca sert uniquement le Bien dans une optique de protection et de défense.

Etymologiquement le terme wiccacraeft (sorcellerie en vieil anglais) a donné witchcraft en anglais. En vieil anglais Wicca désignait le sorcier alors que sorcière était désigné par Wicce, qui a finit par donné le terme actuel Witch mais j’arrête avec mes histoires d’étymologie anglophone et je me recentre sur le sujet principal : la BD.

Black Magick – série en cours (2 Tomes parus)

Greg Rucka (scénario) et Nicola Scott (Dessin) signent un petit bijou avec une atmosphère captivante et pour cause : le personnage principal est une femme, policière badass de surcroit, les dessins sont magnifiques et les couleurs ou plutôt, l’utilisation de la couleur est très bien pensée, ce qui rend la BD encore plus originale qu’elle ne l’est déjà ! Sans oublier une histoire haletante, bien entendu…

Dans le détail ça donne ceci : nous suivons l’histoire de Rowan Black, flic à Portsmouth et descendante d’une puissante lignée de Wiccanes, les Black. Une nuit, son équilibre pourtant bien caché et bien protégé vacille alors qu’elle est obligée d’interrompre une séance avec les membres de son covent parce qu’une urgence professionnelle l’attend à l’autre bout de la ville… Wiccane ou flic il faut choisir ! Cependant, Rowan Black s’aperçoit bien vite que cette nouvelle enquête pourrait bien être la dernière : il semblerait que quelqu’un connaisse la double identité de Rowan… La question est de savoir qui, avant qu’il ne soit trop tard !…

 

 

En plus de tous les points positifs listés plus hauts, chaque tome se finit sur une note de suspense incroyable, un bon cliffhanger en somme. En fait, c’est presque comme une série (avant l’ère Netflix) et le fameux TO BE CONTINUED… ; je comprends les lecteurs de cette série maintenant. Il faut savoir qu’il y a eu 10 mois entre le premier et le deuxième tome – je sens que l’attente pour le troisième tome va être longue…

En attendant, jetez-vous sur les deux tomes déjà parus : Réveil et Passé recomposé. Vous ne le regretterez pas !

Littérature

Spécial Halloween #2

Bienvenue pour cet article un peu particulier… Lisez librement et de votre plein gré. Lisez librement et sans crainte. Et laissez quelque chose de ce bonheur que vous apportez… car aujourd’hui, il se peut que cet article ait les canines un peu longues…

 

Dracula

Evidemment. Parce que faire un article centré sur les vampires en littérature, sans parler de Dracula, c’est un peu faire un article pour rien (de mon point de vue en tout cas) ! Bram Stoker a vraiment révolutionné le genre gothique avec son roman, à tel point que Dracula (le personnage) est entré dans la pop culture et a eu droit à tant et plus d’adaptations cinématographiques mais également à sa suite littéraire, à un ou plusieurs jeux vidéo, une comédie musicale et j’oublie sûrement des supports mais Dracula, il est possible d’en trouver à toutes les sauces !

Pour les besoins de l’article, je me suis penchée sur quatre ouvrages dont deux concernent le vampire le plus célèbre du monde. Et s’il vous plait, oubliez Cullen et consorts, ces mauviettes ! Merci. Parce qu’ici, on parle de vrais vampires, des êtres vils, fourbes manipulateurs et très puissants ! Pour en revenir à l’œuvre de Bram Stoker, je ne présente plus son roman pour des raisons plus qu’évidentes…

Je vais néanmoins vous livrer quelques unes de mes impressions de lecture. La première concerne le roman lui-même ; quasiment 500 pages, avec un rythme assez soutenu (surtout au début et à la toute fin) malgré son caractère épistolaire. D’ailleurs, j’avais essayé de le lire bien avant de tenir ce blog et j’avais abandonné justement parce que le roman consistait en un échange de lettre entre les différents protagonistes ainsi que d’extraits de journaux intimes plus ou moins long, et je me souviens qu’à l’époque le peu que j’avais tenté de lire m’avait ennuyé. A tel point que j’ai revendu mon édition de l’époque, grosse erreur, pour en racheter une autre cette année… On fait tous des erreurs je suppose.

De plus, l’effet de surprise est quasiment inexistant. La rançon de la gloire et du succès !

Pour ce qui est des personnages, j’ai eu un gros coup de cœur pour Lucy Westenra (que je lis une fois sur deux Westerna mais bref…) parce que je trouve qu’elle reflète bien la société de l’époque sans pour autant mettre de côté son tempérament un peu rêveur et fougueux et puis pour moi, c’est le seul personnage à connaitre une réelle évolution mais c’est probablement dû à sa transformation en vampire. En comparaison, Mina m’ennuie beaucoup plus bien qu’elle soit elle aussi atteinte de vampirisme à un moment donné. L’autre personnage auquel je me suis grandement attachée, c’est le professeur Abraham Van Helsing (qui lui aussi a eu droit à un film et à, au moins, un jeu vidéo). Je le trouve très fouillé et je pense – je m’avance peut-être – que la science et les avancées et les techniques devaient passionner l’autre Abraham, celui à qui l’on doit Dracula. Cela se ressent de mon point de vue.

Dracula en cases et en bulles.

Rien à voir avec le best-seller du dessus puisque les deux auteurs s’intéresse ici, au véritable Dracula, Vlad Tepes. L’occasion de s’apercevoir qu’on ne connait rien du personnage historique, bien loin du personnage créer par Stoker. Cette BD revient sur l’existence de Vlad Tepes dit « Vlad l’empaleur » dit « Dracula ». Contre toute attente, on rit beaucoup à la lecture parce que le ton est décalé malgré un fond historique bien présent. C’est plein d’anachronismes très bien situés. Je vous la recommande vivement.

Erzsebeth (Elizabeth) Báthory : le sang des innocentes

Ce livre peut donner l’impression d’avoir été écrit pour ne rien dire : les 100 premières pages dissèquent les rapports entre le sexe, les différents rites religieux ou non et la place des femmes dans une société depuis toujours patriarcale. Attention : je n’ai pas dit que ce n’était intéressant ; c’est même plutôt le contraire ! Essai passionnant seulement, on a parfois du mal à mettre en rapport ces faits plus ou moins morbides à l’histoire de la Comtesse Báthory, que le livre vise pourtant à réhabiliter. Au fil de la lecture, j’ai clairement eu l’impression que Jacques Sigent s’est servi de ce personnage historique comme d’un prétexte pour parler de la condition féminine à travers les époques.

Pour rappel : Erzsebeth Báthory est considérée par certains historien comme étant la première serial killeuse de l’histoire et elle est surnommée (entre autre) la Louve de Hongrie ou Lady Dracula ; selon la légende, on lui prête l’assassinat de jeunes filles vierges avec le sang desquelles, la Comtesse prendrait des bains dans l’espoir de demeurer éternellement jeune elle-même. Elle a été condamnée à être emmurée vivante chez elle et la pop culture s’en est ensuite emparée pour en faire véritablement une Lady Dracula en puissance par le biais encore une fois de la littérature et du cinéma (films qui apparemment, ont plutôt fait des bides.)

Comme je le disais, ce livre a pour objectif de déconstruire le mythe autour de la comtesse et quant à savoir s’il y parvient, je suis d’avis que non parce que l’auteur s’éparpille vraiment beaucoup et c’est dommage. Cela dit, à sa décharge : on ne connait pas grand-chose de Erzsebeth Báthory, comme on ne connait pas grand-chose non plus de la vie réelle du vrai Vlad l’Empaleur, il est donc assez difficile de ne pas digresser sur autre chose. Et puis soyons honnête deux minutes : le nom et la légende autour de la Comtesse fait vendre alors il serait quand même dommage de s’en priver. Ce n’est pas un reproche, juste un constat que le livre que j’ai acheté ne parle pas vraiment de ce personnage historique comme je l’imaginais. Néanmoins, cela reste un essai passionnant sur la condition féminine et des causes potentielles de l’emmurement de la Comtesse.

Carmilla

Une novella que je ne connaissais que de nom. Je me dis que j’ai bien fait de combler cette lacune pour les besoins de l’article ; des trois livres lus, il est celui que j’ai préféré et de loin. L’atmosphère est en grande partie responsable : j’ai retrouvé un peu d’Edgar Allan Poe et puis les personnages sont complexes en étant relativement simples. De plus, même s’il est également question de vampire ici aussi, Carmilla prend le contre-pied de Dracula tout en étant aussi dangereuse que lui, voire plus. Toute l’intrigue autour du vampirisme est suggérée de manière brillante et étant donné qu’il s’agissait pour moi d’une découverte et donc, d’une première lecture, l’effet de surprise était bien là, même si le lecteur sait (à cause de la notoriété relative de Carmilla) que c’est un vampire. Le tout est amené subtilement et le style d’écriture est plaisant à lire, quoiqu’un peu redondant mais que voulez-vous, le style victorien était comme cela. De cette façon, le lecteur perçoit la personnalité des deux femmes, en particulier celle de Laura, la narratrice, très naïve et pure dans ses sentiments et ses pensées.

Pour rappel : C’est une des premières histoires qui montre l’homosexualité féminine sans la nommée explicitement, ainsi qu’une des premières histoires de vampires : cette novella est parue entre 1871 et 1872 soit environ 25 ans avant le succès triomphant du Comte de Bram Stoker.

Carmilla a eu également droit à quelques adaptations sur d’autres médias dont le film de Roger Vadim, Et mourir de plaisir ; on notera également l’adaptation d’un film éponyme canadien l’année dernière, qui avant d’être un film fut une web-série très moyenne selon moi.

C’est tout pour cette année ! Et prenez garde à l’indigestion de bonbons… !

Cinéma, Littérature

[Contemporain][Découverte] Before I Fall (Le dernier jour de ma vie)

J’avais déjà fait un article similaire pour 13 raisons et j’ai décidé de renouveler l’expérience avec Before I Fall de Lauren Oliver, traduit en français par Le Dernier jour de ma vie. Le livre a été transposé en film et est disponible sur la plateforme Netflix ; l’occasion pour moi de revenir sur les deux en faisant une petite comparaison.

Before I Fall

J’ai acheté le livre un peu par hasard il y a trois semaines parce que je savais que l’adaptation cinéma était disponible sur Netflix et j’avais justement très envie de le regarder. D’ailleurs, je n’attendais sincèrement rien de ce livre, si ce n’est de la littérature un peu plate, remplie de bons sentiments dans un style un peu simpliste et superficiel – ce que vous vend la quatrième de couverture ; j’hésite à vous la mettre d’ailleurs parce qu’elle ne rend absolument pas justice au roman.

Ce livre est véritablement une très bonne surprise pour moi et je suis ravie d’être tombée dessus dans l’optique de le comparer à son adaptation. C’est l’histoire de Sam, jeune fille de 18 ans à qui tout réussi (amours, amitiés et plus largement relations sociales…), elle est d’ailleurs très populaire dans son lycée mais, parce que vous vous en doutez bien : il y a un Mais. Samantha perd la vie dans un terrible accident de voiture et à partir de là, elle est condamnée à revivre sans cesse la même et unique journée : celle de sa mort.

Sans vous en révéler trop, l’intrigue se déroule sur sept jours, ce qui est loin d’être anodin puisqu’en psychologie, le deuil se « concrétise » en sept étapes :

  1. Choc, déni
  2. Douleur et culpabilité
  3. Colère
  4. Marchandage
  5. Dépression et douleur
  6. Reconstruction
  7. Acceptation

Evidemment, chaque chapitre ne correspond pas forcément à une phase donnée mais certains chapitres sont construits de sorte que ce cheminement apparaisse doucement au fil de la lecture et c’est très bien fait, bien pensé de la part de l’auteur. Cela donne une réelle profondeur au texte et aux différentes actions qui se déroulent dans cette journée qui se répète à l’infini.

Autre point fort du roman et de l’histoire : la multiplicité des personnages tout en étant un nombre restreint. Je vous explique : les trois quart du roman se déroule dans un lycée donc il y a cette impression constante de foule retranscrite par l’intermédiaire de noms d’élèves ou de professeurs que vous ne lirez qu’une fois ou deux selon le déroulé de la journée et dans le même temps, le nombre de personnages est restreint parce qu’on suit Sam et sa petite bande d’amis et d’ennemis et c’est tout. Comme dans la réalité en fait : vous ne connaissez jamais tout le monde dans un collège ou dans un lycée ; Sam est le fil rouge de cette histoire et le reste jusqu’à la fin. Et pour le coup, ce livre à vraiment une atmosphère « lycéenne » et c’est très agréable à lire.

Enfin, une toute petite remarque sur le fond parce que c’est important : c’est un livre qui a plusieurs niveaux de lecture et j’adore ça parce qu’au final on lit toujours plus ou moins d’une certaine façon en accordant plus d’attention à certains qu’à d’autres. Peut-être que les questions philosophique que soulève le roman ne vous intéresseront pas, peut-être que vous y reviendrez plus tard, peut-être le trouverez vous trop axé sur ces questions de psycho et de philo malgré un style d’écriture fluide… En tout cas, je l’ai lu d’une certaine façon et si vous l’avez lu, je serai ravie d’échanger avec vous sur cette expérience de lecture !

Couverture Before I Fall

Le Dernier jour de ma vie

Je n’ai pas été déçue du film jusqu’à ce que je finisse le livre… pour pleins de raisons. Cependant commençons par les points positifs :

  • L’adaptation est relativement fidèle puisqu’il s’agit d’un film avec un début, un milieu et une fin et non pas d’une série avec plusieurs Saisons (oui, c’est bien de toi que je parle 13 reasons why…)
  • Les choix qui ont été fait pour que le tout tienne dans 1h30 et quelques sont cohérents : extraits du roman incorporés dans le film, l’atmosphère globale de l’histoire et les personnages sans oublier les transitions entre les différentes journées même si…

Et oui, on arrive tout naturellement aux points faibles du film qui découlent en réalité des choix scénaristiques fait pour l’adaptation :

  • L’atmosphère : je sais, c’est paradoxal. Je viens de vous dire que c’était plutôt un des point fort a priori mais comme le diable se cache dans les détails… Ce que je reproche au film finalement c’est d’avoir créer une atmosphère cohérente certes, mais un peu à l’opposé du livre en fait. Le film est beaucoup plus sombre que ne l’est le livre en réalité et c’est un peu… décevant en fin de compte.
  • Les personnages : globalement, je l’ai dit : ils sont plutôt réussis et plutôt fidèles. Cependant, certains personnages secondaires ont disparus ou changent carrément de personnalité dans l’optique de coller à la nouvelle atmosphère voulue pour le film. Là aussi, un peu dommage mais dans un film comme dans la vie : on ne peut pas tout faire donc il faut bien faire un ou plusieurs choix à un moment donné.

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Alors : plutôt livre ou plutôt film ?

Je suis certaine que vous savez vers quoi je penche pour cette comparaison-ci ! Le livre, évidemment. Même si le film vaut le coup d’œil malgré tout.

Littérature

[Contemporain] My Absolute Darling

Mon amour absolu. Ta déviance absolue. Son « Tallent » en devenir.

J’ai terminé My absolute darling hier après deux semaines intenses de lecture. Pour tout vous dire je suis soulagée d’en être venue à bout parce que ça n’a pas été chose aisée mais je ne regrette absolument pas ma lecture. Cela m’amène à redire ce que j’ai dit sur de précédents articles mais les éditions Gallmeister regorgent visiblement d’un nombre incalculable de pépites ; My Absolute Darling en fait partie bien que j’ai un peu de mal à considérer cette histoire comme un chef-d’œuvre. Voici pourquoi.

Un premier roman poignant

Est habituellement considéré comme un chef-œuvre quelque chose de visuellement beau, pour peu qu’une majorité de gens s’accorde sur les critères de cette beauté. Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’histoire de Julia « Turtle » Alveston n’est pas belle du tout, elle est même plutôt horriblement répugnante – du genre à vous donner envie de vomir – et pourtant la magie des mots opère et il est alors facile de comprendre pourquoi un premier roman a reçu autant de distinctions en si peu de temps : la langue est belle, travaillée au mot près et au service d’une nature aussi sublime et impétueuse que le quotidien de l’adolescente est sombre et désespéré.

J’ai aimé aussi le parti pris de la traduction française, c’est assez rare pour être souligné. Le récit est écrit au présent, ce qui donne un sentiment d’urgence et accentue parfois cette lutte pour survivre dans un milieu très hostile, et je ne parle malheureusement pas de la nature magnifique présente d’un bout à l’autre du roman… Le choix de cette narration précise immerge véritablement le lecteur dans la vie de Turtle et cela permet de sentir un danger plus ou moins latent au fil des chapitres, ce qui en fait un roman extrême et extrêmement poignant et bouleversant.

Couverture My Absolute Darling

Lecture déstabilisante pour public averti

Ce livre et cette histoire sont poignants à cause du sujet abordé. Au moment où débute l’histoire, Turtle Alveston est une toute jeune adolescente de quatorze ans qui vit sous la coupe d’un père charismatique mais abusif au possible, bref une enflure finie quoi, un personnage que vous ne pourrez pas aimer quoi qu’il dise ou fasse. Gabriel Tallent fait tout pour rendre Martin Alveston détestable dès les premières pages. Pari gagné ! A chaque fois qu’il apparait ou qu’il est simplement mentionné les pages deviennent presque dangereuses tant la présence de la menace qu’il représente est palpable. Et puis comme un miroir parfaitement inversé de Martin, il y a Jacob Learner un adolescent de quelques années l’ainé de Turtle et qui représente cet inconnu lumineux si proche et pourtant lointain pour Turtle, un espoir fou de tout ce que Turtle ne possède pas malgré ce que son père tente de lui faire croire.

Pour autant malgré les pages crues et les passages difficiles à lire, je ne me suis jamais posée la question de l’abandon – c’était peut-être mon côté optimiste de la vie mais ce n’était simplement pas une option. Peut-être aussi parce que j’ai réussi à mettre la distance nécessaire entre moi et Turtle grâce à une petite discussion que j’ai eue avec ma mère concernant une gêne que j’éprouvais à l’égard du personnage de l’adolescente. Suite à cela, j’ai pu me rendre compte à quel point Turtle était décrite et dépeinte de manière juste. C’est un personnage tout en introspection qui peut potentiellement déstabiliser le lecteur puisqu’elle fait tout pour se rendre antipathique. Cependant il ne faut pas oublier qu’elle grandit dans un milieu tout sauf bienveillant, ce qui explique son comportement pour le moins déroutant… Turtle s’est forgée une carapace, une armure solide pour se protéger et en sortir pour accorder sa confiance lui demande énormément d’efforts et cette ambivalence la rend terriblement humaine et attachante.

En conclusion, My absolute darling est un livre dont je me souviendrai longtemps parce qu’il fait partie de ces ouvrages dont la lecture vous change, que vous ayez aimé ou non. Personnellement, je suis passée par tout les sentiments les plus forts qui existent, que ce soit la haine, l’amour, la tendresse, la compassion… Ceci est le résultat de huit années de travail pour Gabriel Tallent et on ne peut lui souhaiter que le même succès pour les autres histoires à venir ! A lire absolument.

Actualités

Masterclass de John Higgins sur Watchmen et les comics books

Un article un peu particulier qui concerne le monde des Comics. Hier s’est tenu une conférence ou plus précisément une Masterclass* à l’université Jean Moulin – Lyon III, en présence de John Higgins, coloriste reconnu ayant travaillé sur la série des Watchmen et d’autres projets tels que Batman : The Killing Joke ou encore les comics mettant en scène Judge Dredd.

Masterclass Société des comics

Il faut savoir que le coloriste n’a pas la même « importance » qu’un scénariste ou un dessinateur sur une bande-dessinée ou un comics et pourtant les couleurs font souvent partie intégrante de l’identité des personnages au même titre que leur personnalité ou leurs caractéristiques physiques et on ignore les personnes derrière la couleur dans les comics ou les bandes dessinées sous prétexte que ce n’est pas un acte fondateur. John Higgins est donc venu donné son point de vue sur cette question et d’autres, lui qui a été récompensé de deux Prix Harvey du Meilleur coloriste, l’un pour Watchmen en 1988 et l’autre pour Batman : The Killing Joke en 1989.

Cet article n’est qu’un résumé général de la Masterclass étant donné que je n’ai pas pris de notes parce que je n’étais pas super bien installée et je ne voulais pas perdre le fil… Mais avec le recul, j’aurais dû et j’aurais pu puisque le journaliste chargé de l’interview et d’animer la discussion était… mauvais disons-le. Ce n’est pas le plus important mais quand même, un peu dommage.

John Higgins est donc revenu longuement sur son début de carrière avec Watchmen dans un premier temps. Il est également revenu longuement sur sa relation privilégiée avec Alan Moore et Dave Gibbons et en quoi Watchmen est parvenu à transformer le paysage des comics de l’époque notamment grâce à la couverture de chaque numéro qui faisait enfin partie de l’histoire alors qu’auparavant, les couvertures étaient considérée comme des résumés de l’intrigue. Cela a participé au succès du comics au même titre que le code couleur utilisé (jaune, rouge et noir) et la police de caractère.

Le coloriste britannique s’est également confié sur la frustration qui était la sienne concernant le traitement des couleurs au début de sa carrière et les possibilités offertes avec l’apparition du numérique.

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Comme on peut le voir sur l’image ci-dessus, le contraste entre les deux dessins est très net à chaque fois. Cela s’explique par les contraintes liées à l’époque : en 1988, la gamme de couleurs disponible pour les coloristes était plus restreintes alors qu’en 2018, les possibilités sont quasiment infinies avec le traitement des couleurs à l’aide des outils d’impressions plus perfectionnés. L’autre explication donnée par John Higgins réside dans la méthode pour coloriser les dessins : les artistes étaient obligés de coloriser « point par point », ce qui devait être long et fastidieux d’autant que les codes couleur réservaient parfois quelques surprise à l’impression, si l’on en croit le britannique.

Ensuite il a réalisé trois dessins au marqueur : John Constantine parce qu’il commence toujours par John Constantine avant de dessiner Rorschach et enfin Judge Dredd.

Puis une sorte de FAQ où le public était censé interagir avec l’invité mais où la parole a été légèrement monopoliser par le journaliste qui a posé plusieurs question ; le public a posé en tout et pour tout trois malheureuses questions :

  • Est-ce que John Higgins a connu des moments de doutes et d’incertitudes au début de sa carrière ?
  • Qu’est-ce qu’il faut faire lorsqu’on est artiste et qu’on veut percer dans ce milieu en 2018 ? (Les avantages et les inconvénients par rapport à 1988)
  • Quelles ont été/sont ses influences lorsqu’il a commencé à dessiner ? Quelles BD ou quels comics lit-il aujourd’hui ?

Je ne vous mets pas les réponses, fautes de notes. Désolée…

J’espère malgré tout que l’article vous aura plu !

* : Dans le cadre du festival Comic’Gones