Littérature

[V.O] [Contemporain] Brooklyn – Colm Tóibín

Nous sommes au début des années cinquante, et c’est l’histoire d’Eilis Lacey, jeune fille irlandaise qui vit dans une petite maison avec sa mère et sa sœur ainée, Rose. La perspective d’un avenir heureux en Irlande pour Eilis est faible voire inexistant. C’est pourquoi, lorsque l’occasion se présente, Rose arrange pour sa sœur un allé simple pour New-York et c’est ainsi que la pauvre Eilis se retrouve bien malgré elle à faire un voyage qu’elle n’a pas choisi, pour le meilleur et pour le pire…

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Ce livre c’est en fait un peu de meilleur pour beaucoup de pire. Pour vous la faire courte une déception totale et complète, pratiquement du début à la fin. Heureusement que le livre ne comptait que 250 pages et qu’il était en version originale, sinon je l’aurais abandonné sans le moindre scrupule… mais comme je voulais absolument relire quelque chose en V.O, ça m’a permis de tenir le cap et de me rendre compte que cet auteur n’était pas du tout pour moi. Un style très descriptif avec trop de tournures de phrase en indirect libre, très peu pour moi en français mais alors en anglais c’est vite devenu un calvaire pour moi alors que j’ai un assez bon rythme de lecture, habituellement, même en anglais. Donc j’ai laissé Brooklyn trainé en longueur, malgré ses 250 pages…

Il faut dire qu’il ne s’y passe pas grand-chose et aussi que je m’attendais probablement à autre chose, ayant déjà lu quelques récits traitant du même sujet auparavant. J’ai trouvé l’atmosphère du livre globalement déprimante mais paradoxalement très irlandaise aussi. Une sorte de joie dans le désespoir, comme c’est souvent le cas dans la littérature irlandaise. C’aurait pu être une bonne chose, d’autant que le sujet de l’immigration s’y prête bien mais malheureusement le style de l’auteur m’a sorti du roman et je n’ai pas pu me remettre complètement dedans, malgré une troisième partie absolument réussie.

Conclusion

Brooklyn de Colm Tóibín n’est pas sans rappeler des auteurs tels que Frank McCourt ou encore Edna O’Brien, dont le Country Girls m’a donné bien des sueurs froides lors de mes deux premières années de Licence, et s’il est certain que l’on retrouve cette atmosphère si particulière des auteurs irlandais en général, on ne peut pas dire que je me sois passionnée pour cette traversée outre-Atlantique. Pour moi, ce livre n’a eu aucun intérêt et je suis même impatiente de commencer autre chose pour oublier ce désastre, alors que j’avais sélectionné ce livre pour sa longueur, son sujet et aussi à cause de l’adaptation cinématographique qui en a été faite, avec Saoirse Ronan dans le rôle titre. Autant vous dire que je ne suis pas du tout certaine de visionner le film tant cette lecture s’est apparentée au calvaire pour moi…

Cinéma

Un hôtel pas comme les autres made in Netflix

Sorti le 31 juillet dernier sur la plateforme Netflix, The Red Sea Diving Resort (ou Operation Brothers en français) est un film réalisé par Gideon Raff et c’est un film que j’attendais de voir pour une seule et unique raison : Chris Evans. En définitif, je suis plutôt mitigée concernant cette nouveauté proposée par la plateforme de streaming et je vous explique pourquoi.

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Un film nécessaire

L’histoire est tirée de faits bien réels qui se sont déroulés au Soudan dans les années 80, à l’époque où la minorité juive d’Ethiopie était très fortement persécutée dans son propre pays et forcée à l’exil pour espérer survivre. Ari Levinson (Chris Evans) recrute une équipe pour une mission d’exfiltration sur place, sous l’égide du Mossad, les services secrets israéliens, afin de rapatrier les Juifs d’Ethiopie vers Israël en passant par le Soudan. Et la couverture idéale pour cette mission se trouve être le Red Sea Diving Resort, un hôtel abandonné depuis des années…

 La première chose que je veux souligner avant de parler du film en détail, c’est que c’est un film important. Le sujet est grave et malheureusement encore d’actualité : 65 millions de personnes sont réfugiées et vivent dans des camps partout dans le monde. Et puis c’est une histoire que je ne connaissais pas, j’ai d’ailleurs grandement apprécié apprendre au travers de ce film. Operation Brothers me marquera pour cette raison.

 Un ensemble déséquilibré qui en diminue l’impact

Gideon Raff aurait pu livré un film coup de poing, une claque cinématographique mais non. Bien qu’étant d’une longueur correcte (2h10), le long métrage présente plusieurs déséquilibres qui faussent tout le film et font retomber la tension comme s’il s’agissait d’un soufflé pas assez cuit… D’où mon sentiment mi-figue mi raisin sur ce film malheureusement. La tension que l’on est en droit d’attendre d’un thriller/film d’espionnage n’est pas là ou si peu ; au mieux, elle est sous-entendue avec plus ou moins de finesse par les bruits de tirs de mitraillettes et au pire, nous assistons à une scène d’exécution sommaire qui n’apporte pas grand-chose au film, si ce n’est donner l’impression que le réalisateur avait oublié quelque chose en cours de route et qu’il l’a rajouté au dernier moment… Personnellement, je suis facilement impressionnable et à part me couper dans mon élan de visionnage, ladite scène n’a rien fait d’autre. Et puis globalement, on n’a pas franchement l’impression que la petite bande menée par Ari soit réellement inquiétée alors qu’il est censé s’agir d’une mission périlleuse, en terrain hostile aux femmes et étrangers notamment. Bref, pas vraiment un thriller sous tension et qui manque un peu d’adrénaline, c’est un peu dommage. Mais l’ami du Blog L’Avis du Néophyte en parle mieux que moi dans l’article dédié.

L’autre déséquilibre concerne Chris Evans et dieu sait que j’adore Chris Evans ! Il est vrai que la fangirl que je suis en a eu pour son argent et en a pris plein les mirettes et j’en suis ravie. Seulement voilà : il n’y a quasiment pas une scène où il n’apparait pas à l’écran, comme si le film avait été écrit pour lui, ce qui je pense à été le cas ou au moins, le rôle qu’il campe. D’ailleurs puisqu’on parle du rôle, je ne suis pas certaine que ce fut une bonne opération pour l’acteur dont j’avais lu qu’il voulait se détacher du rôle qui l’a fait explosé aux yeux du grand public – je parle bien sûr de Captain America et tout le problème est là. Malheureusement, force est de constater qu’Ari Levinson a des petits côtés du Super soldat. Au début c’est drôle, on se dit « tiens, c’est marrant Captain America est au Soudan maintenant » et puis cela devient un peu agaçant à la longue… enfin, j’ai trouvé ça agaçant. Du coup, pas sûr que ce soit une bonne chose, et pour Chris Evans et pour le film surtout…

Sinon j’ai beaucoup aimé les autres acteurs, Alessandro Nivola en tête ; voir Ben Kingsley dans un rôle de gentil m’a un peu perturbée. Petit bémol aussi sur les rôles féminins : mis à part Haley Bennett, qui a un temps d’écran très limité, il n’y a pas grand monde. Après, je comprends – il s’agit d’un film d’espionnage et l’histoire ne se prête pas à pléthore de rôles féminins et puis les femmes n’avaient pas forcément la même mise en lumière qu’aujourd’hui. A ce propos, ce n’est pas une critique, juste le constat d’un élément minime qui participe sans le vouloir au déséquilibre global du film.

Un film qui passe bien malgré tout

En depit des éléments évoqués plus haut, Operation Brothers est plutôt bon dans l’optique du divertissement : on ne voit pas les deux heures passer et l’histoire racontée est très intéressante. J’ai du mal à me plaindre de ce film (même si j’aimerais bien parce qu’il y aurait pleins de choses à dire au niveau de la réalisation) à cause de ça justement. Il y a parfois un petit côté décalé qui m’a fait exploser de rire malgré le sujet on ne peut plus sérieux du long métrage et je ne sais pas si c’est une bonne chose… J’ai tellement appris grâce à ce film, et j’aime tellement Chris Evans, que c’est un peu difficile de rester objective et de mettre en exergue les points négatifs mais j’espère y être parvenue quand même.

Conclusion

Ce n’est pas le film indé, ni le film tout court, de l’année c’est certain et la plupart des gens le regarderont soit par curiosité soit pour Chris Evans qui porte véritablement le film à lui tout seul. Le reste passera à côté et c’est triste. Certes, le film a ses défauts et est bancal par moments mais il permet d’élargir ses horizons et d’en apprendre plus sur un épisode sombre de l’histoire contemporaine. Rien que pour cela, le film mérite d’être vu par le plus grand nombre. Merci Mr. Raff pour cet hôtel pas tout à fait comme les autres !

Littérature

[Contemporain] Le nœud de la sorcière – Deborah Harkness

C’est de loin celui que j’ai le moins aimé malheureusement. Pourtant, c’était très bien parti avec un début de tome en fanfare, digne du premier volume mais cela n’a pas duré et mon enthousiasme est vite retombé. Résultat : ma lecture a trainé en longueur et m’a laisser un peu d’amertume au moment de faire mes adieux à mes compagnons de route…

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Un tome plein de nœuds…

Une fois n’est pas coutume, nous retrouvons nos héros et leurs amis où nous les avions laissés pour suivre la suite et la fin de leurs aventures. L’élément à retenir c’est que la menace qui planait au dessus de Diana et Matthew se concrétise enfin, puisqu’à leur retour du passé, les deux tourtereaux apprennent avec effroi qu’un membre de leur entourage est mort afin de protéger Diana. Outre cela, les enjeux ont encore évolués puisque la jeune femme est désormais enceinte de Matthew. Ce qui fait que c’en est trop et que cette fois la Congrégation a décidé d’agir pour sauver le Pacte signé il y a bien longtemps…

Si cette partie là est intéressante et se lit d’une traite, on ne peut pas en dire autant de la partie suivante qui voit Matthew tenter de régler un problème familial qui court depuis plusieurs siècles et qui doit être résolu au plus vite pour la sécurité de tous. Les enchainements sont logiques mais l’ensemble est loin d’être aussi captivant que les deux précédents tomes, malgré un assez bon rythme malgré tout. Pour une raison qui m’échappe, j’ai parfois eu l’impression que tout était brouillon et mélangé ; c’était peut-être volontaire mais les deux premiers tomes m’avaient habituée à ce que les choses soient claires et précises, en plus d’être carrées.

Cela dit, mon ressenti ne me surprend pas. Il s’agit du dernier tome de la saga, c’est un tome de résolution : tout est censé rentrer dans l’ordre à la fin et c’est effectivement le cas. Il est donc normal qu’il se passe un peu moins de choses et que le rythme du livre soit un peu différent.

Conclusion

Si vous avez lu et aimé, je l’espère, les tomes 1 et 2 de cette trilogie, vous ne pouvez pas faire l’économie de celui-ci. Bien qu’il soit moins bon que le reste, ce tome reste dans la lignée des deux autres : il boucle l’histoire et lui apporte une fin définitive bienvenue. On peut déplorer que le rythme soit un peu inégal avec une sorte de ventre mou où l’intrigue à tendance à partir un peu dans tous les sens, quand elle ne s’enlise pas. Mais le début flamboyant et la dernière partie (qui correspond au dernier tiers du livre) réussissent à captiver suffisamment le lecteur pour lui laisser un bon souvenir de lecture. Cela est resté un plaisir de découvrir cet univers qui peut faire peur avec environ 2700 pages à lire, réparties en trois volumes.

D’un point de vue général, Deborah Harkness a donné à découvrir au lecteur un univers complexe et très bien construit qui repose sur les thèmes fascinants que sont l’alchimie, l’histoire de l’évolution au travers de la recherche scientifique et la génétique. L’auteur est parvenue à rendre compréhensible par tout un chacun ces sujets d’ordinaire complexes et obscures, parce qu’elle y a mêlé une part de rêve et de fantastique. L’ensemble est tellement logique et réaliste que le lecteur se prend à croire à l’existence de la pierre philosophale et autres procédés alchimiques, et c’est ce qui fait la beauté de cette trilogie. Trilogie littéraire qui restera une de mes meilleures expériences de lecture pendant encore un moment.

Trilogie All Souls

Non classé

Quand l’univers Marvel s’invite sur petit écran…

L’été est propice à plusieurs choses assez sympathiques au rang desquelles on retrouve les barbecues, les verres en terrasse, les glaces et les séries télévisées (ou non d’ailleurs). Je me souviens très bien avoir regardé Dolmen et Lost à l’époque – Dolmen faisait un peu peur, quant à Lost je ne me souviens pas très bien mais me connaissant, je devais être à moitié planquée derrière un coussin ou je ne sais quoi… Puis j’ai progressivement détaché des séries diffusées à la télé par manque d’intérêt pour cette dernière en règle générale (et puis Netflix est arrivé aussi, entre autres…). Enfin, ça, c’était avant que j’apprenne que Stan Lee avait décidé de débarquer sur petit écran avec une série intitulée Stan Lee’s Lucky Man, Lucky Man en français. Elle suit les aventures rocambolesques du Capitaine Harry Clayton (James Nesbitt) et pour l’instant, le résultat semble plutôt convaincant.

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En même temps… et ce n’est plus un secret pour personne ici, je suis fan de Marvel et du travail de Stan Lee. Cependant je le connaissais pour ses Comics, adaptés comme chacun sait au cinéma par Marvel Studios, mais pas en tant que scénariste pour la télévision. J’étais curieuse de voir ce que cela pouvait donner et grâce à France 2, j’ai pu satisfaire cette curiosité.

Une chose est sûre : on retrouve les mêmes ingrédients qui font le succès de Marvel au cinéma. A savoir : une base solide et des personnages suffisamment complexes pour être intéressants, le tout rythmé par de l’action et saupoudré d’humour mais pas trop. Sans oublier le désormais fameux caméo de Stan Lee dans sa série… Typique je vous dis.

Néanmoins ce n’est pas parce qu’il y a tous les ingrédients qu’il est question de super-héros aux pouvoirs gigantesques et incroyables. L’histoire, c’est celle de Harry Clayton, policier en instance de divorce à cause de son addiction au jeu. Il n’est ni bon, ni mauvais et c’est l’archétype de M. Tout-le-monde… jusqu’à ce qu’il tombe sur une mystérieuse jeune femme, au casino du Dragon Vert où le Capitaine a ses habitudes et là tout bascule : la jeune femme est charmante, mystérieuse comme je le disais et semble lui porter chance. Et de la chance Harry en aurait bien besoin… La nuit passe et au petit matin, Harry ne tarde pas à s’apercevoir que sa mystérieuse amie lui a laissé un souvenir tout aussi mystérieux : un bracelet. Un bracelet qui confère une chance inouïe à celui qui le porte. Pour le policier, le retournement de situation est inespérée et le bracelet pourrait devenir la solution à tous ses problèmes. A moins qu’il ne s’agisse en réalité d’une malédiction ?…

L’intérêt de cette série réside dans son intrigue générale qui tourne autour du bracelet bien évidemment. Les scénaristes s’amusent à balader le téléspectateur de pistes en pistes et ce dernier n’a d’autre choix que de se laisser porter bien qu’il soit invité à réfléchir de son côté. Les enquêtes à proprement parlé servent plus de prétexte puisqu’elles sont liées de près ou de loin au bracelet.

Les personnages sont plutôt réussis dans le sens où personne n’est manichéen. Ils ont tous des faiblesses ou quelque chose à cacher, voire les deux. Et encore une fois, il ne s’agit pas d’une série mettant en scène un quelconque super-héros, bien que le bracelet soit clairement un artéfact magique qui apporte un petit côté fantastique à la série, mais sans exagération. Cela rend d’ailleurs Harry Clayton d’autant plus humain et attachant à mon sens. J’ai envie de savoir s’il va réussir la mission quasi mystique qui lui a été confiée par la jeune femme du casino…

Conclusion

Lucky Man sort des sentiers battus de la série policière mais tient la route malgré tout. Même si l’on retrouve des codes de la Maison des Idées, il n’est pas question de super-héros et de super-pouvoirs (si tant est que l’on ne considère pas la chance comme un pouvoir…) ; Harry Clayton est plutôt à ranger dans la case des anti-héros ce qui le rend sympathique et grandement humain. Ce n’est à mon avis pas anodin si la présence du fantastique est réduite à sa plus simple expression par le biais du bracelet : cela permet à Stan Lee de faire découvrir son univers à des personnes qui n’aiment pas spécialement les super-héros et le fantastique.

De plus si la toile de fond est complexe, ce n’est pas le cas des enquêtes qui remplissent leurs rôles et offrent un bon divertissement, même si elle ne sont pas exceptionnelles, il faut dire ce qui est. La série n’est pas parfaite mais au moins, elle est divertissante et sort un petit peu du cadre de la traditionnelle série policière de l’été.

Littérature

[Contemporain] L’école de la nuit – Deborah Harkness

J’ai lu L’Ecole de la nuit quasiment dans la foulée du premier tome, entre juin et juillet. J’ai cependant tardé à écrire le brouillon, raison pour laquelle l’article n’arrive que maintenant. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette suite m’a beaucoup surprise, et dans le bon sens du terme.

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L’école de la nuit, une suite très ambitieuse

Nous retrouvons donc nos héros, Diana Bishop et Matthew Clairmont, là où nous les avions laissés avec le projet de ce rendre dans le passé pour échapper à la Congrégation qui ne voit pas d’un très bon œil cette relation amoureuse entre les deux créatures. L’occasion pour Deborah Harkness de s’amuser un peu avec l’Histoire… C’est ainsi que l’on retrouve Diana et Matthew en 1592, en pleine Ere Elisabéthaine, afin d’espérer pouvoir mettre la main sur le livre perdu des sortilèges dans sa version d’origine et donc complète. Sur le papier le plan est d’une simplicité enfantine : localiser puis récupérer l’ouvrage pour le mettre en sureté dans le présent du XXIème siècle. Sauf qu’évidemment, comme toujours avec les plans trop simples, les complications ne tardent pas à arriver…

Je vais être honnête, j’ai trouvé ce deuxième tome un peu long à démarrer à cause des considérations pratiques qu’entrainent ce voyage temporel. Cependant, sans cette partie sur l’acclimatation et la vie domestique du couple dans cette nouvelle époque, il aurait été impossible de terminer le livre qui compte plus de 900 pages. Heureusement, la situation se décante relativement rapidement et le lecteur est embarqué dans cette nouvelle aventure palpitante.

Encore une fois, comme pour le précédent tome, tout est logique et étonnamment simple à comprendre alors qu’il est question de voyage dans le temps et de ses répercussions dans le présent de Diana et Matthew. D’ailleurs, les paradoxes temporels n’existent pas dans cet univers, ou du moins pas dans la forme qu’on leur connait habituellement. Je ne vais pas me lancer dans des explications détaillées sans quoi cet article deviendrait beaucoup trop long mais pour faire simple : le Matthew Clairmont du XXIème siècle remplace temporairement sa « version » du XVI, le temps de son séjour avec Diana. Quant au reste, je ne peux que vous encourager à lire le livre !

Venons-en maintenant aux différents points forts de cet opus, et ils sont assez nombreux ; ce qui m’a donné du fil à retordre dans l’écriture de cet article soit dit en passant… J’ai eu du mal à savoir par où commencer mais en premier lieu je dirais une chose toute bête et pourtant capitale dans l’écriture d’un roman :

  •  Le plaisir qu’a eu Deborah Harkness à écrire son livre. On sent le plaisir qu’elle a eu à l’écrire parce qu’elle s’amuse, avec la complicité du lecteur, à détourner certains faits historiques (qu’ils soient minimes ou de plus grande importance). Deborah Harkness s’est appropriée les faits et les personnages historiques de façon tout à fait brillante, tout en veillant à les intégrer de manière cohérente à l’histoire qu’elle voulait raconter. D’où l’apparente simplicité de l’intrigue. Au risque de me répéter et de vous saouler, mais les évènements s’enchainent logiquement et tout tombe sous le sens. Néanmoins je garde à l’esprit que certains « faits » ne sont ni plus ni moins que des interprétations de suppositions faites par des historiens de métier et qui servent l’intrigue ou l’atmosphère du roman.
  • C’est le deuxième point fort justement ; ce tome est beaucoup plus sombre et inquiétant. Cela s’explique par l’époque dans laquelle se déroule l’histoire, propice à l’espionnage et aux intrigues de cour. Les descriptions sont faites toute en finesse et glace parfois le sang, ce qui offre une ambiance immersive au lecteur qui assiste à une véritable partie d’échecs entre les deux camps qui s’affrontent pour retrouver l’Ashmole 782.
  • Un tout petit mot enfin, sur les personnages secondaires. Ils sont tous très réussis parce qu’ils sont suffisamment complexes pour être intéressants en eux-mêmes, sans être de simples faire-valoir de Matthew et/ou Diana. Bien sûr, ils y a quelques exceptions mais rien de bien grave.

Conclusion

Si vous avez aimé le premier volume des aventures de Diana Bishop et de son compagnon, il y a de grandes chances que vous aimiez celui-ci également. Bien qu’il est du mal à se lancer, ce deuxième tome parvient à tenir toutes ses promesses dans une ambiance plus lourde, feutrée et sombres où les enjeux sont encore plus élevés. Deborah Harkness maitrise son sujet sur le bout des doigts, ce qui lui permet de s’amuser avec en emmenant le lecteur dans son monde. Bref, L’Ecole de la nuit est une réussite !

Cinéma

Diamonds are a girl’s best friend

Un des meilleurs endroits pour lutter contre la chaleur et survivre à la canicule, c’est le cinéma. Hier, j’étais partie pour aller voir Yesterday mais une fois sur place, j’ai finalement opté pour Le coup du siècle (The Hustle en VO) de Chris Addison avec Anne Hathaway et Rebel Wilson. Je crois que j’ai gagné au change étant donné que ce film est une bonne surprise.

J’avais vu passer plusieurs fois la bande annonce au cours des mois précédents et il faut bien dire que j’étais septique et méfiante vis-à-vis de celle-ci : j’avais peur qu’il y est tout dans la bande annonce et rien de plus dans le film, mais heureusement pour moi, je me suis trompée et il s’avère que Le coup du siècle est bien plus que sa bande annonce. Bien sûr, il ne s’agit pas d’un chef d’œuvre du genre mais cette comédie remplit sa mission de divertissement sans promettre d’avantage. Je n’en demandais pas plus pour un film de l’été de toute façon.

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 Le film raconte l’histoire de Penny, qui gagne plus ou moins sa vie en effectuant des petits larcins sur Internet. Ces larcins peuvent se résumer à cela : plumer les hommes qui se montrent un peu trop crédules. Tout va bien pour Penny dans le meilleur des mondes jusqu’à ce que la jeune femme échappe de peu à la Police… Penny décide donc de changer d’air et de cible pour éprouver ses mensonges et améliorer sa technique… tout cela sur d’autres pigeons crédules (et riches !). C’est ainsi qu’elle débarque à Beaumont-sur-mer pleine d’espoir et d’enthousiasme, mais Penny ignore que la ville est en réalité le territoire de chasse de Jo qui fait exactement la même chose qu’elle, le côté pro et glamour en plus. Les deux femmes vont alors rentrer en compétition pour savoir laquelle des deux est la meilleure escroc et pour y parvenir, l’une des deux doit impérativement réussir le coup du siècle sur la cible choisie par Jo…

Je vous l’accorde bien volontiers, l’histoire n’est pas folle mais le film vaut le coup d’œil. La dynamique entre Rebel Wilson et Anne Hathaway est excellente et fait tout le sel de l’histoire… Sans oublier la présence d’un retournement de situation assez savoureux et totalement inattendu, un peu comme un coup de poker finalement.

Cette fin renforce un scénario déjà bien construit, et c’est appréciable de savoir que l’on peut encore faire des films simples mais de qualité. Le seul bémol s’il en est un, c’est que le film a des airs du Diable s’habille en Prada par certains moment et que les personnages sont plus ou moins des stéréotypes ambulants. Cela dit, c’est une comédie et les stéréotypes sont là pour faire rire du fait de l’exagération de certains traits ; de plus, ils démontrent la simplicité que j’évoquais en début de paragraphe et pour le coup ce n’est pas gênant d’être confronté à ces stéréotypes pour ces deux raisons. D’autant que le film n’est pas dénué de fond et c’est bien connu, l’humour permet de faire passer des messages importants plus facilement parce qu’on en rit d’abord. Je pense notamment à ce joli message sur l’apparence physique qui m’a beaucoup plu et que j’ai trouvé très pertinent.

Conclusion

Je ne peux que vous encourager à voir ce film si vous aimez les films du genre et si vous en avez l’occasion. C’est une bonne comédie autant dans la forme que sur le fond avec des sujets importants abordés de façon détournée, garanti sans prise de tête avec un duo d’excellentes actrices qui porte le film grâce à une dynamique parfaite entre les deux. Enfin, malgré sa simplicité, le scénario le scénario offre quelques belles surprises. Bref, Le coup du siècle est le cocktail idéal pour passer un bel été !

Bon visionnage, à très vite.

Cinéma

Lord of the Dance

Mes goûts musicaux et cinématographiques sont très variés et à première vue, il n’y a pas tellement de rapport entre les deux. Sauf que pour ce film précis, il y a effectivement un rapport entre les deux puisqu’il s’agit d’un biopic sur Rudolf Noureev, célèbre danseur étoile russe. Noureev, réalisé par l’excellent Ralph Fiennes, est l’occasion parfaite d’évoquer mon grand intérêt pour la musique classique et les ballets classiques tout en parlant d’un film que je voulais absolument voir et que j’avais toutes les chances de rater, à cause de son étiquette ‘Film indé’…

Le Corbeau blanc

Avant d’être le titre du film dans sa version originale, c’était un des surnoms de Rudolf Noureev, danseur étoile et chorégraphe à l’Opéra de Paris (entre autre). Un corbeau blanc désigne quelqu’un qui ne rentre pas dans la norme ou qui refuse de s’y conformer. C’était le titre parfait pour ce film sur un des danseurs les plus talentueux, avant-gardiste mais aussi incroyablement subversif de son temps. On est bien loin des blockbusters du genre Marvel ou les films dits ‘grand public’…

J’ai plutôt bien aimé, même si je crois qu’en fait, j’aurais préféré regarder un documentaire sur le sujet. Le film donc, retrace la vie de Rudolf Noureev en se focalisant plus précisément sur l’année 1961, année durant laquelle le danseur se rend en Europe de l’Ouest avec la troupe de Ballet du Kirov pour une série de représentations et se retrouve à demander l’asile politique afin de pouvoir danser (et vivre) en toute liberté. Malheureusement, si Rudolf Noureev était génial, le film qui lui est consacré est dans la moyenne : c’est un bon film mais sans plus, rien d’extraordinaire. Néanmoins, ce film possède des points forts qu’il est important de noter.

Ainsi, on peut noter que le casting est international et c’est réellement un plus étant donné que l’histoire se passe entre l’URSS et Paris ; ensuite il y a l’atmosphère très réussie des années 60 et aussi contre-espionnage sur fond de danse classique, et puisqu’on parle de classique n’oublions pas la musique et les costumes évidemment.

En ce qui concerne le casting et les acteurs, pas de fausses notes bien que j’ai quelques doutes sur l’existence de Clara Saint, interprété justement par Adèle Exarchopoulos mais je ne suis pas une spécialiste de la vie d’André Malraux. Au moins, si Clara Saint n’a pas existé, l’actrice aura eu le mérite de rendre le personnage crédible. Pour le reste du casting, rien à signaler si ce n’est que Oleg Ivenko crève l’écran dans le rôle titre et que l’accent russe de Ralph Fiennes est quasiment parfait. Quand on sait que j’ai vu le film en VO et que l’acteur est britannique, c’est assez bluffant !

Ensuite, il y a cette atmosphère des années 60 si bien retranscrite à l’écran. C’est le gros point fort de ce long métrage selon moi. Le spectateur ressent la tension quasi-permanente dans laquelle est plongé le danseur à cause de la situation géopolitique de l’époque. Cette tension atteint son paroxysme avec cette scène à l’aéroport où la confrontation idéologique entre le bloc de l’Ouest et celui de l’Est manque de dégénérer de peu et devenir physique. A mon sens, c’est d’ailleurs la scène la plus marquante du film.

Enfin, un mot sur les costumes et la musique qui sont sublimes. Je suppose que la musique est tirée des ballets pour les parties dansées mais je n’ai reconnu aucun morceau bien qu’ils me fussent étrangement familiers à l’oreille… Au niveau des costumes, certains m’ont rappelés des pièces exposées au Centre National du Costume de scène à Moulins, lequel dispose d’une collection de costumes portés par le danseur. Petite parenthèse : cette exposition peut s’admirer toute l’année.

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En dépit de ces réussites, ce film comporte malheureusement des faiblesses importantes qui empêchent le spectateur d’apprécier pleinement l’histoire. Les faiblesses de ce long métrage résident dans les choix narratifs du réalisateur. La première chose que l’on remarque, c’est l’esthétisme et le travail apporté à certaines images avec des plans rapprochés sous un angle qui fait immédiatement penser à un film d’auteur. Je pense notamment à tous les plans où il y a un focus sur les corps sculptés ou peints que Noureev observe avec une attention presque chirurgicale. Rien de dérangeant en soi mais honnêtement cela plombe un peu le rythme du film, en plus de ne pas apporter grand-chose à l’histoire. D’autant plus que le rythme change parfois brusquement et cela peut devenir un problème pour le spectateur qui s’y perd et ne sait plus sur quel pied danser…

Cela s’explique en grande partie par le choix d’une chronologie non-linéaire avec la présence de multiples flashbacks sur l’enfance de Noureev tout au long de l’histoire. Ces derniers permettent d’éclairer le présent du danseur dans le film. Si je devais résumer, les bonnes idées de ce film sont largement plombées par le faux rythme beaucoup trop lent de l’histoire. A croire que le réalisateur a voulu exclure volontairement une partie du public intéressé par Rudolf Noureev et la danse classique afin de pouvoir faire entrer son film dans la case Indépendants et c’est un peu dommage.

Conclusion

C’est le troisième long métrage de l’acteur britannique Ralph Fiennes et si le sujet et la période sont captivants, on ne peut malheureusement pas en dire autant du film. Un documentaire aurait sans doute été plus pertinent et plus simple à réaliser, en terme de narration. Noureev se veut intellectuel et élitiste quand Rudolf Noureev est parvenu à démocratiser la danse classique à travers une plus grande liberté dans les mouvements. Cependant tout n’est pas à mettre à la poubelle puisque le jeu des acteurs y est éblouissant, de même que la musique et les costumes. Au final, je regrette surtout que ce film n’est pas été à la hauteur du Seigneur de la danse et de son génie, même si le film se laisse regarder.

Cinéma

Along came a spider…

La semaine dernière (mercredi dernier plus précisément), j’ai été voir Spiderman: Far From Home réalisé par Jon Watts. Ce dernier n’en est pas à son coup d’essai avec Spiderman puisqu’il avait déjà réalisé Homecoming qui était très réussi disons-le. En ce qui concerne Far From Home, le résultat est plus en demi-teinte pour plusieurs raisons liées plus ou moins au contexte général du film puisqu’il se place directement à la suite d’Avengers Endgame, réalisé par les frères Russo et sorti plus tôt cette année.

La fan du Marvel Cinematic Universe (Univers cinématographique Marvel en français, abrégé en MCU) que je suis avait de grosses attentes concernant les nouvelles aventures de l’araignée sympa du quartier, d’une part parce que j’avais beaucoup, beaucoup aimé le premier volet et d’autre part parce que Avengers Endgame avait placé la barre tellement haute avec de nombreux petits indices çà et là que j’espérais secrètement que Spiderman: Far From Home fasse au moins aussi bien, tout en sachant qu’il serait très dur, voire impossible, de rivaliser avec Endgame de tout façon.

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De ce point de vue, pas de surprise le film est effectivement et évidemment en dessous de Avengers Endgame mais pour moi, la déception s’est faite sentir à un autre niveau : j’ai trouvé que Far From Home était moins bien que son prédécesseur Homecoming. Cependant tout n’est pas mauvais dans ce film, loin de là, mais il y a des éléments qui auraient mérités que l’on s’y attarde un peu plus ou faits différemment selon moi. Bien entendu, vous avez le droit de ne pas être d’accord.

En fait, il y a deux choses que je n’ai pas trop aimé dans ce film. La première c’est le personnage de Mysterio lui-même. Je m’attendais à autre chose le concernant, non pas qu’il soit mal interprété ou pas fidèle à l’image que je me faisais de lui dans les comics, mais j’ai trouvé que sa véritable nature était révélée rapidement alors que l’idée d’en faire un allié à Spiderman était très bien pensée et pour le coup bienvenue. L’idée aurait méritée d’être creusée un peu plus ou du moins, de tenir un peu plus longtemps dans la durée parce que j’aurais aimé voir où cela aurait pu conduire Peter mais tant pis.

La seconde chose qui m’a déplu (même si je l’ai trouvé cool en soi), c’est qu’à certains moment du film, le scénario force vraiment sur la relation quasi filiale entre Tony Stark et Peter Parker ; je n’ai pas dit que ce n’était pas cool, au contraire et cela nous évite un énième Oncle Ben, mais par moment je vous jure que c’est redondant et qu’on a juste envie de dire : c’est bon, on a compris que Tony considérait Peter comme son fils (spirituel). A trop vouloir en faire, cela devient contre-productif… Sans oublier la semi déception qui concerne l’intrigue et qui tourne encore une fois un peu trop autour du personnage de Tony Stark.

Néanmoins, je préfère m’attarder sur les points positifs de ce dernier opus qui clôture la phase 3 du MCU.

J’ai énormément apprécié que le film prenne véritablement le temps d’accompagner Peter dans son deuil et ce, tout au long du film. A ce propos, on retrouve l’esprit de la phrase désormais mythique d’Oncle Ben : « un grand pouvoir implique de grandes responsabilités » sans que jamais celle-ci ne soit prononcée. En plus d’être un joli clin d’œil, c’est un détail mais il fait toute la différence et confère au film une atmosphère bienveillante malgré les épreuves à traverser.

Ensuite et c’est lié, l’émotion et l’humour sont bien dosés (ce qui n’est pas toujours le cas chez Marvel). L’humour notamment permet au spectateur de tourner la page Tony Stark en douceur, en lui enlevant le côté tragique et dramatique pour ne garder que le côté émouvant. C’est touchant et je pense que c’est ce qu’il fallait faire.

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En conclusion, Spiderman: Far From Home avait la lourde tâche de sortir après Avengers Endgame et je crois sincèrement qu’il n’aurait pas pu faire mieux. C’était le film qu’il fallait faire : les nouvelles aventures de l’homme-araignée permettent aux spectateurs les plus fan du MCU et aux différents protagonistes de faire leur deuil de Tony Stark et de tourner la page en douceur afin de pouvoir débuter un nouveau grand chapitre, qui je l’espère sera aussi exaltant et intense que celui qui a tenu le spectateur en haleine pendant plus d’une décennie, en plus de faire également le succès des studios Marvel.

Far From Home peut être vu comme le film qui clôture un cycle brillant, mais il doit être également vu comme le film qui débutera une nouvelle ère pour le Marvel Cinematic Universe. Le meilleur exemple pour illustrer cela, c’est bien sûr les deux scènes post-génériques comme Marvel a l’habitude d’en faire désormais. Si le film possède quelques défauts scénaristiques, il n’en est pas dénué de bonnes choses et cela est annonciateur de bonnes surprises pour la suite selon moi.

Reste à voir si, à l’instar du super-héros qu’il incarne, Tom Holland aura les épaules suffisamment solides pour porter lui-même une grande partie de cette nouvelle phase du MCU, bien qu’il ne soit pas seul dans cette aventure. Vous savez ce qu’on dit : un grand pouvoir

Cinéma

Vers l’infini…

Fin juin, je suis allée voir le petit dernier de la franchise Toy Story et je dois dire que j’ai retrouvé Woody, Buzz et les autres avec un plaisir non dissimulé. Petit retour en arrière sur mon ressenti (et mes émotions).

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Avant de commencer, je tiens à préciser que je n’ai pas gardé un souvenir inoubliable du 3 puisque pour moi, une page se tournait avec ce troisième volet : Andy part à l’université et la joyeuse bande de jouet atterrit chez la petite Bonnie. Très honnêtement, cette fin était tout à fait satisfaisante et les équipes auraient très bien pu en rester là.

Seulement voilà, Woody et ses copains sont de retour dans une toute nouvelle aventure haute en couleurs et pleine d’émotions. En fait, c’est d’abord et surtout la curiosité qui m’a poussé vers ce film, sans oublier bien sûr mon souvenir ému du premier Toy Story sorti sur les écrans il y a 24 ans. Prends-toi ça au passage en pleine face ma vieille, c’est ce que je me suis dit en écoutant une interview de Tom Hanks sur le film… mais bref.

Et à chaque fois que la franchise s’étoffe d’une suite, c’est une réussite. D’ailleurs Toy Story 4 ne fait pas exception et confirme la règle. Pour résumer, j’ai adoré. Le film s’adresse autant aux enfants qu’aux adultes qui ont découvert cet univers avec le tout premier opus.

Le célèbre cowboy vit des jours heureux dans la chambre de la petite Bonnie entouré de ses amis. Cependant, c’est bientôt le drame : la fillette rentre en petite section de maternelle et Woody perd son rang de jouet préféré, au profit de Fourchette, mais au lieu de s’en émouvoir, Woody est bien décidé à faire comprendre à Fourchette la chance qu’il a d’être l’ami de Bonnie et ce n’est pas gagné… Fourchette persiste et signe : c’est un déchet non pas un jouet et cela va conduire Woody et ses comparses dans la plus grande aventure qu’ils aient eu à vivre jusqu’à présent, bien loin de leur zone de confort…

C’était génial et j’ai vraiment eu l’impression de retrouver de vieux amis pas vus depuis un bon bout de temps. J’ai beaucoup rigolé et j’ai été aussi très émue. Le traitement des personnages dans ce quatrième volet est extraordinaire et l’évolution des personnages est significative pour chacun. De plus, le film est une ode à l’imagination et à la puissance créatrice des enfants. Le message est touchant.

Aussi, j’ai particulièrement aimé l’importance donnée à Bo qui était plutôt discrète voire effacée dans les précédents films. C’est une bonne chose qu’elle soit mise en avant dans ce film, surtout que le personnage de Bo n’est pas simplement là pour porter un message féministe. Bien sûr le message féministe est là et il ne faut pas lui enlever sa portée évidemment mais en plus de ce message, il y a une autre conception de ce que devrait être la vie d’un jouet. Cette conception est d’ailleurs en totale opposition avec celle de Woody et c’est brillant, preuve supplémentaire que Toy Story sait vivre dans l’ère du temps. C’est rafraichissant et ça fait du bien !

Mentions spéciales pour le clin d’oeil sur la relation qu’entretiennent les adultes avec les poupées, mais aussi : Gaby-Gaby qui fout les frousses dans le magasin d’antiquités, Ducky et Bunny la peluche absolument tordante de la fête foraine ainsi que Duke Caboum et son accent québécois.

Si vous n’y êtes pas encore allés, laissez-vous tenter par les nouvelles aventures de Woody, Buzz, Jessie et les autres, vous ne le regretterez pas. Toy Story est une des rares franchises à s’être toujours réinventée au fil des différents films. Un magnifique retour en enfance tout en magie et en émotions.

 

Cinéma

Les hommes & les femmes en noir

Dernier film sur ma liste de films « A voir peut-être », Men in Black : International de F. Gary Gray. Un reboot assez sympathique qui remplit sa mission première de divertissement sans pour autant être à la hauteur du tout premier Men in Black réalisé par Barry Sonnenfeld en 1997. Même si le scénario est efficace (dans le sens où il modernise un temps soit peu la franchise), il n’en reste pas moins prévisible quasiment de bout en bout.

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Néanmoins, rendons à César ce qui lui appartient : les scénaristes ont tout de même évité au spectateur la presque traditionnelle romance insipide et inutile entre l’agent H et l’agent M, autrement dit les protagonistes principaux incarnés par Chris Hemsworth et Tessa Thompson. Et c’est tant mieux ! Un cliché de moins sur lequel râler.

D’ailleurs puisqu’on parle des personnages, j’ai également apprécié la construction des agents M et H ; ils ont chacun leurs motivations, leurs blessures et le tout est plutôt bien amené et exploité, même si bien sûr il aurait été possible de faire encore mieux je pense… Par contre, je crois qu’il faut arrêter avec Liam Neeson – enfin, je veux dire… c’est un bon acteur mais j’ai toujours l’impression de le voir plus ou moins dans le même registre ou du moins, j’ai l’impression qu’il incarne toujours le même type de personnage. Résultat : l’intrigue devient prévisible et c’est couru d’avance ; personnellement, j’avais dénoué le nœud de l’histoire bien avant les deux héros.

Comme je le disais plus haut, le film est prévisible mais pas décevant dans son ensemble. Cela étant dit, il y a cependant deux choses que j’ai trouvé grandement décevantes ; premièrement l’humour. Il y a bien un ou deux moments marrants dans le film mais rien de bien transcendant à mon goût, mais c’est un avis totalement subjectif. En comparaison j’avais le souvenir d’un film à littéralement mourir de rire avec le duo Will Smith/Tommy Lee Jones… Mais je connais la chanson : reboot = franchise/film connu MAIS nouvelle histoire avec de nouveaux personnages et une nouvelle intrigue. Je ne m’en plains pas, cependant un peu plus d’humour n’aurait certainement pas nuit au film à mon sens. Un mot aussi concernant la musique du film qui ne marquera pas les esprits, j’en suis navrée. Danny Elfman que j’adore pourtant, nous a servi une bande son tout à fait oubliable et sans saveur… La musique basique d’un film d’action en somme.

Conclusion

Film à voir au cinéma si vous avez un abonnement illimité ou encore mieux : chez vous, à la télé devant un plateau repas. C’est sûrement un jugement un peu dur dit comme ça mais c’est ce que vaut ce film à mes yeux. Heureusement pour lui, le film ne cherche pas à jouer sur l’effet nostalgie du premier MIB mais il reste construit sur un scénario prévisible qui cherche un peu maladroitement à moderniser la franchise, notamment avec un nouveau duo d’agents qui fonctionne très bien grâce sans doute à la complicité entre Tessa Thompson et Chris Hemsworth.