Littérature

[Découverte] Les Enchantements d’Ambremer – Pierre Pevel

En ce moment je navigue d’un univers Fantasy à l’autre et ce n’est pas pour me déplaire. Il y a environ deux semaines, j’ai commencé Les Enchantements d’Ambremer de Pierre Pevel, acheté complètement par hasard en même temps que Résolution de Li-Cam. Ce livre fait partie d’une trilogie intitulée « Le Paris des Merveilles » et mêle intelligemment créatures fantastiques et le Paris du début du siècle dernier. Il ne m’en fallait pas bien plus pour me convaincre de plonger dans cet univers unique.

Le Paris merveilleux de Pierre Pevel

Grâce à cette lecture, j’ai découvert un univers insoupçonné et résolument « Steampunk » qui est une sous catégorie de la science-fiction. J’ai d’ailleurs été un peu surprise de trouver cet ouvrage classé en SF car pour moi, il s’apparente plus à de la Fantasy pure, que je considère davantage comme un genre littéraire à part entière et non pas comme une branche de la SF mais c’est un autre débat.

Pour en revenir au livre et à l’histoire donc, Les Enchantements d’Ambremer présente Louis Denizart Hyppolyte Griffon un mage dont l’existence parisienne paisible se voit quelque peu contrariée lorsqu’on lui demande d’enquêter sur une anodine affaire de tricherie dans une salle de jeux. Le mage accepte mais il se rend vite compte que cette banale affaire de tricherie dissimule en fait une réalité bien plus sombre et dangereuse. Au cours de son enquête, il sera amené à croiser la route de la belle et mystérieuse Isabel de Saint-Gil « une fée renégate que le mage ne connait que trop bien… »

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Le roman se lit très vite pour peu que l’on affectionne le genre. De plus, l’enquête policière si l’on peut dire, est un vrai plus selon moi. Cela change un peu et c’est un élément de surprise agréable mais ce n’est tout de même pas un roman policier. Il y a dans l’écriture et dans l’inspiration beaucoup de Maurice Leblanc et son célèbre Arsène Lupin ou encore Gaston Leroux et son non moins célèbre Rouletabille. Le narrateur des Enchantements est donc une sorte de chroniqueur qui apostrophe parfois le lecteur au gré des situations et le résultat est souvent assez comique.

Cependant certaines situations font penser à des Deus ex-machina et non pas que cela soit dommage (nous sommes dans un monde merveilleux après tout), j’ai quand même trouvé que cela cassait un peu le rythme du roman et lui donnait un petit côté simpliste par moment… Mais bon, on ne peut pas tout avoir tout le temps non plus.

L’intrigue suffisamment est bien ficelée pour être agréable et les personnages principaux sont également bien construits, avec suffisamment de profondeur pour les rendre intéressants – surtout dans la relation qui les unie. Enfin, Pierre Pevel a fait son maximum pour que les descriptions des lieux notamment soient le plus fidèles possibles en tenant compte de l’époque où se déroule l’histoire, c’est-à-dire 1910.

Conclusion

Cette découverte fut une bonne surprise et ma lecture fut agréable. J’ai trouvé Louis et Isabel charmants pour ne pas dire exquis dans la relation qu’ils entretiennent. Le Paris des Merveilles dans lequel les protagonistes évoluent est en effet bien enchanteur et évoque bien souvent un rêve éveillé. Mais comme bien des choses trop policées, ce monde entretient sa part d’ombre à l’abri des regards indiscrets… Dans la lignée des aventures d’Arsène Lupin ou de Rouletabille, c’est une lecture agréable remplie d’une atmosphère mystèrieuse parfois un peu tirée par les cheveux qui prête à sourire.

Pour tout vous dire, je suis indécise quant au tome 2 de cette trilogie. D’un côté, j’ai très envie de savoir ce qu’il se passe dans ce nouveau tome parce que suivre les aventures de Louis et Isabel m’est agréable mais d’un autre côté… Je me dis que ce n’est pas une trilogie qui mérite un achat, mais plus un emprunt. Affaire à suivre du côté de la bibliothèque donc.

Belles lectures à vous !

Cinéma

La Magie organise le Chaos…

Vous n’y échapperez pas, même si je suis un peu en décalé par rapport à la sortie de la série. Voilà un petit moment que je voulais regarder The Witcher sur Netflix et c’est maintenant chose faite. Je l’ai terminé hier ; en deux jours c’était plié donc on peut s’attendre à une chronique positive de cette première saison. Effectivement, j’ai beaucoup aimé cet univers que je ne connaissais pas – je n’ai jamais lu les livres ni joué aux jeux vidéo – mais force est de constater qu’il y a quelques faiblesses dans la réalisation et le traitement de l’image notamment. Sans plus attendre, voici mon ressenti sur l’adaptation en série du Sorceleur le plus célèbre du monde.

The Witcher, un joli tableau d’ensemble avec des imperfections

Comme je ne connaissais que de très, très loin cet univers de fantasy assez complexe, je peux dire que pour ma part, The Witcher de la plateforme Netflix a rempli sa part du contrat en matière de divertissement. En effet, je suis rapidement entrée dans ce monde, appelé le Continent, et je suis très satisfaite du voyage. Cependant en adepte du genre, je m’attendais à un véritable coup de cœur pour cette série qui me faisait de l’œil depuis des semaines et malheureusement, ce ne fut pas le cas à mon grand désarroi. La faute à un petit nombre d’imperfections qui sont bien trop visibles et font baisser la note finale sur le produit fini. C’est dommage.

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Les points faibles de la série

Je ne vais pas baser cette partie sur les éventuelles faiblesses du scénario étant donné que je ne suis pas familière des livres et que le scénario est tiré en partie des livres. Ce serait injuste du moment que je suis totalement néophyte dans le domaine et que j’ai trouvé l’ensemble cohérent. Néanmoins, je me doute que comme dans toutes adaptations, il a fallu faire des choix scénaristiques qui sont passés inaperçus à mes yeux mais qui aux yeux d’un fan absolu sont peut-être intolérables.

J’ai malgré tout noté des faiblesses au niveau de la réalisation et du traitement de l’image et de la photographie. C’est quand même un peu regrettable qu’une série Netflix de cette ampleur là pêche de ce côté-ci. Au niveau de la réalisation, certaines scènes de combat bénéficient d’effets de ralentis et honnêtement de mon point de vue, cela faisait un peu tache alors que les combats en question sont superbement chorégraphiés. L’exemple le plus flagrant se trouve à la fin de l’épisode un : très joli combat mais un peu trop d’effets de ralenti ce qui a eu pour effet de me sortir de l’épisode un tout petit plus tôt que prévu. Heureusement, tous les combats et les scènes un peu épiques n’ont pas ce problème là sinon la série perdrait sont argument « épique » et quand je pense au Witcher, c’est un des premiers mots qui me vient à l’esprit.

Un des autres petits soucis de la série pour l’instant c’est le manque de travail sur l’image et la photographie. Je ne remets pas en cause les décors ici, mais plutôt le manque de soin apporté aux images. La conséquence directe de cela est une narration floue et c’est dommage pour une série de cette envergure, vraiment… La narration n’est pas linéaire et après tout, pourquoi pas ; c’est un choix comme un autre, qui se respecte mais dans ces cas-là, il faut que le spectateur arrive à différencier le passé du présent et la réalité des rêves ; ce n’est pas toujours le cas dans The Witcher. Cela aurait pu être évité assez facilement je pense. Je ne suis pas une spécialiste mais jouer sur des accentuations ou des couleurs d’une même gamme pour définir une période précise ne me semble encore pas trop compliqué à mettre en place. D’autres productions l’ont fait et c’est étrange que celle-ci n’y ait pas plus eu recours.

Enfin dernier petit point noir au tableau, la longueur totale de cette première saison – je ne parle pas de la longueur des épisodes mais bien du nombre qui compose la saison. Je trouve que huit, c’est un peu court et un épisode supplémentaire n’aurait fait de mal à personne. D’autant que l’épisode 8 se termine un peu étrangement… Tout du moins, je m’attendais à quelque chose d’un peu différent, même si je n’ai pas été déçue par cette fin de saison. En fait, je l’ai trouvé bizarre et je me suis même demandé si c’était nécessaire…

Le point positif de tous ces points faibles c’est que ce sont en réalité des détails qui peuvent être réglés pour la saison 2, et j’espère qu’ils le seront. C’est même rassurant de se dire que cette série à une marge de progression assez importante pour répondre à l’attente des spectateurs et transformer son Witcher en véritable phénomène à l’instar de Game of Thrones… Okay, okay là je vois peut-être un peu grand mais pourtant, cette série regorge de points forts et d’un atout (de taille…).

Les points forts

Les personnages/Le Casting

Je sais que vous voyez où je veux en venir mais je ne peux pas ne pas en parler. Alors autant évacuer le sujet tout de suite et passer à autre chose. Henry Cavill donc. C’est étrange mais… il aura fallu qu’on lui mette une perruque avec des cheveux argentés et des lentilles de contact dorées pour que je le remarque véritablement. Bien sûr, je le situe dans le paysage cinématographique depuis quelques années maintenant ; j’avais beaucoup aimé Les Immortels (2011) et puis il campe un Superman tout à fait correct pour DC Comics mais là, je sais pas trop ce qui s’est passé mais j’ai un gros coup de cœur pour son interprétation de Geralt de Riv (Geralt of Rivia) et je ne parle pas seulement des scènes où il apparait nu ou torse-nu, ce serait terriblement réducteur pour cette bluffante performance.

Les autres acteurs ont également été bien choisi pour leur rôle. J’ai une préférence pour Jodhi May et MyAnna Buring qui sont les interprètes respectives de la Reine Calanthe et Tissaia de Vries. La performance d’Anya Chalotra en Yennefer de Vengerberg est remarquable aussi.

C’est indéniablement un des points forts de la série et par extension de cet univers de fantasy médiévale. Les personnages sont complexes et chacun à sa zone d’ombre et c’est très plaisant de les voir évoluer dans un sens ou dans l’autre ; après, j’imagine que dans les livres c’est un peu différent mais pour une entrée en la matière la série est très bien, même simplifiée.

L’atmosphère/Les décors et costumes

Il y a une unité et une envie de faire les choses bien je trouve, en tout cas c’est ce que j’ai ressenti en regardant les épisodes. Les costumes et les décors sont splendides, qu’ils soient intérieurs ou extérieurs. Je peux me tromper mais j’ai l’impression qu’il y a eu quand même pas mal de scènes tournées en extérieur. Si c’est le cas, cela rajoute un côté grandiose à la série et c’est d’autant plus appréciable que cela permet de faire voyager le spectateur. On rentre plus facilement dans la série.

Quant à l’atmosphère elle est souvent lourde et pesante mais on a le temps de souffler entre chaque gros morceau. C’est assez bien équilibré entre les sujets sérieux d’importance et ceux plus légers parfois assez comique. Le personnage de Jaskier le barde n’y est d’ailleurs pas étranger la plupart du temps.

Mention spéciale à la musique que j’estime très réussie. Elle immerge complètement le spectateur et donne une autre dimension à la scène qu’elle appuie.

Les thématiques

The Witcher c’est une histoire de Bien contre le Mal mais c’est fédérateur et en l’occurrence bien fait. Mais au delà de ça cette série aborde pleins de sujets plus ou moins grave avec le degré de légèreté adéquat. Il y a notamment la thématique féministe qui est abordée sous toutes ses formes et c’est assez inattendu mais très plaisant à trouver en fin de compte. Cependant, je ne sais pas si les créateurs de la série ont féminisé cet univers plus qu’il ne l’est en réalité. Une autre thématique clé de la série tourne autour de la famille (forme, implications) et enfin cette série questionne la notion de différence : le trio de personnages principaux ne rentre pas dans la norme acceptée par la société.

Toutes ces thématiques renforcent une série déjà bien ficelée et j’espère que la Saison 2 continuera sur cette lancée. J’espère aussi que les messages seront toujours bien dosés – il ne faudrait pas qu’on arrive à une caricature de l’œuvre originale parce qu’une thématique a été trop mise en avant ou pas assez. C’est un exercice délicat mais qui participe au succès d’une série.

Conclusion

En tant que fan de fantasy, j’aurai voulu que The Witcher fasse partie du club très select des coups de cœur mais ce n’est pas le cas. Je ne m’en plains pour autant – j’ai découvert un nouvel univers complexe fort intéressant, j’ai fait un joli voyage en compagnie de Geralt et des autres et je suis curieuse de savoir ce que nous réserve la suite en espérant que Netflix aura rectifié le tir sur certaines choses qui paraissent anodines mais qui ont toutes leurs importance. La marge de manœuvre de The Witcher est encore assez large et peut espérée avoir un impact au moins aussi important que Game of Thrones, à condition bien sûr que les showrunners prennent les bonnes décisions.

Littérature

[SF] [Découverte] Résolution – Li-Cam

Ce tout petit livre d’un récit fictionnel de 140 pages est un OLNI, comprenez Objet Littéraire Non Identifié ; il est indéfinissable et c’est véritablement le livre le plus étrange que j’ai lu depuis la création du blog. Je ne suis pas certaine d’avoir compris tout les tenants et les aboutissants tant ma lecture fut ardue tout en étant très intéressante malgré tout. Résolution ne m’a passionné autant que je l’aurais espéré mais je n’ai pas détesté non plus. Retour sur une lecture déstabilisante et chronique d’un match nul entre un gros point fort et un gros point faible.

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 La déroutante résolution

Je crois qu’en fin de compte c’est ce qui résume le mieux cet ouvrage. Déroutant, déstabilisant, intéressant et plutôt poétique également. Cependant le mélange de tout cela donne un résultat plutôt négatif en ce qui me concerne. La lecture fut compliquée – si compliquée parfois que les mots écrits sur les pages perdaient leurs sens. Pourtant ce tout petit livre de science-fiction ne manquait pas d’intérêt à mes yeux. Pas très épais, il semblait aborder et mêler des thématiques intéressantes : Intelligences Artificielles, Humanité, relations aux nouvelles technologies, sans oublier la thématique du handicap le tout dans un cadre utopique. Classé comme un roman d’anticipation, je me suis laissée tenter assez facilement : je cherchais un livre d’anticipation et je suis tombée dessus.

Ce récit c’est donc celui de Wen, une jeune femme dont les capacités intellectuelles lui permettent d’analyser le monde et les individus à la façon d’un ordinateur sans être dans une conception binaire pour autant. Par la suite, le lecteur apprend que c’est en fait une forme d’autisme et cette particularité lui permet d’imaginer toutes sortes de mondes intérieurs et d’avoir une réflexion plus poussée sur les interactions entre les individus ; sujets qu’elle aborde sur son blog : Le monde selon Wen (difficile de ne pas y voir un clin d’œil au Monde selon Garp). Arrive l’effondrement du monde et des sociétés actuelles ; c’est alors qu’un groupe de chercheurs décide de mener une expérimentation sur l’île de Saint-Pierre et Miquelon basée sur les travaux de Wen. Une poignée d’hommes et de femmes se retrouvent à vivre en communauté selon les règles édictées par la jeune femme sur son blog. Et pour veiller sur cette communauté d’un genre nouveau, il y a SUN, l’IA sorte de double immatériel de Wen.

Point fort : les thématiques

C’est un livre actuel, on ne peut plus contemporain. Il revient en détail sur la théorie de l’effondrement dont on entend parfois parler dans les médias et sur Internet. Certes, ce n’est pas très réjouissant, je vous l’accorde, mais cela permet d’aborder des sujets complexes mais très intéressants. On se rend aussi vite compte qu’ils sont liés entre eux. Il y a notamment de très belles pages sur le dérèglement du monde et de la perte de la notion de réalité qui va de paire avec la vérité avec les tristement célèbres fake news et autres vérités alternatives. C’est très éclairant, carrément angoissant et déroutant par moment – ce qui ne rend pas la lecture aisée. D’ailleurs, c’est un récit sombre et peu optimiste bien qu’il se termine sur une note plutôt gaie.

Ce qui m’a le plus marqué en plus de cette analyse plus que pertinente sur la relation qu’on peut avoir avec la vérité, c’est la réflexion qui traverse tout le texte entre la relation de dépendance que l’on a vis-à-vis des nouvelles technologies (plus précisément Internet) et de la haine la plus pure qui peut en découler – via les réseaux sociaux notamment – et l’escalade de violence physique que cela entraine dans la vraie vie. Bien entendu, on sait que des situations comme celles décrites sur ces pages peuvent arriver mais voir et lire le tout condensé en 140 pages, c’est simplement vertigineux et c’est tellement dommage qu’il soit si dur à lire, ce livre…

Sur une note plus positive, on peut noter l’omniprésence de l’imaginaire, principal moteur pour sauver l’Humanité qui fonce dans le mur et court à sa perte. Là encore, de très belles pages sur l’importance de l’Art sous toute ses formes, l’importance quasi vitale du théâtre comme vecteur pour retrouver la communication rompue à cause d’une trop grande utilisation des réseaux sociaux et ainsi entrer en communion avec un groupe et retrouver une appartenance. A ce propos, ce sont la danse, le chant et le théâtre qui sauvent cette communauté atypique qui vit en marge du reste du monde. A n’en pas douter, la partie la plus réjouissante à lire.

Point faible : la structure du récit

Ou plutôt l’absence de structure dans le récit. Je ne dis pas qu’il faut une structure bien définie mais cela participe à faciliter la lecture et cela manque cruellement ici. Le récit s’organise comme un enchevêtrement des pensées de Wen, avec sa vie présente sur l’île au sein de la communauté, sa vie sur le continent avant l’effondrement, des souvenirs de son enfance chaotique, des passages de son blog qui ont aidé pour la création de cette communauté sans oublier quelques compte-rendu des conversations des habitants avec SUN, l’Intelligence Artificielle qui fait office de psy, de confessionnal… et dont on ne sait pas ce qu’ils viennent faire là… Je n’ai pas trouvé que cela apportait véritablement quelque chose au récit, à part encombrer un texte déjà très emmêlé et très brouillon.

Je pense que l’auteur à fait cela pour que le lecteur se mette à la place de Wen et ait un accès direct à sa particularité qu’est son autisme. C’est un parti pris et c’est une bonne idée d’avoir voulu faire ça mais le texte devient tellement enchevêtré qu’il devient presque impossible à lire – les mots perdent leurs sens. Du coup, il m’est arrivé de reposer le livre complètement dépitée parce que j’arrivais à peine à me souvenir de ce que je venais de lire à l’instant. Très honnêtement, je ne sais pas ce qui m’a fait tenir cette lecture jusqu’à la fin ; la perspective de l’article y est sûrement pour quelque chose… Quoiqu’il en soit, Résolution n’est pas un livre dont je garderai un bon souvenir.

Conclusion

Grosso modo, ce fut une lecture chiante non dénuée d’intérêt de par les thèmes que le livre aborde. A ne surtout pas lire si l’état du monde vous angoisse vraiment beaucoup ; c’est une semi déception : j’ai le sentiment d’avoir perdu mon temps dans cette lecture que j’ai laissée volontairement trainer en longueur tout en ayant une autre vision des choses sur certains sujets passionnants.

Focus

Focus sur… Neil Gaiman

Pour cette nouvelle année, j’ai eu envie d’innover un peu et de tenter un nouveau format. Comme de nombreux lecteurs je pense, j’ai « mes auteurs » – des auteurs que je suis avec plus ou moins de régularité mais que j’apprécie tout particulièrement en raison de la qualité des œuvres qu’ils ont écrites ; la notion de qualité étant bien entendu différente d’une personne à l’autre.

Et pour débuter en fanfare ce nouveau rendez-vous, j’ai choisi Neil Gaiman pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce que je l’ai découvert (ou plutôt redécouvert pour être exacte) à Noël au travers d’une de ses œuvres les plus emblématiques, à savoir le premier tome de Sandman. Sandman est une œuvre conséquente (pour ne pas dire monstrueuse) dont je n’avais jamais entendu parler avant qu’on ne m’offre ledit tome mais malgré tout le nom de Neil Gaiman m’était vaguement familier sans que je sache trop pourquoi. Après de petites recherches dans la section bibliographie de sa page Wikipédia j’ai compris.

Bien que je n’ai jamais lu Coraline, j’avais vu l’adaptation cinématographique de ce dernier à sa sortie au cinéma en 2009 et c’est un film qui m’avait marqué à l’époque – à tel point que je me souviens encore de l’histoire des années après… eh bien en fait, c’est lui qui est à l’origine de cette petite histoire un peu glauque et un peu sordide. Et puis plus récemment, j’avais recroisé sa route lors de mon stage en médiathèque sans y prêter trop attention : Neil Gaiman a en effet écrit un plaidoyer en faveur de la lecture dans les lieux publics (comprenez les bibliothèques) ; je suis pratiquement sûre d’avoir lu ce texte mais il ne m’a laissé aucun souvenir et comme je n’en ai pas fait mention dans mon mémoire… Oui, oui ; vous ne rêvez pas, ceci est bel et bien un mea culpa déguisé !

Bref, pour vous la faire courte : ma culture littéraire va bien et est saine et sauve – je connaissais Neil Gaiman sans savoir qui c’était, ce qui arrive parfois même si c’est plutôt rare dans le monde de la littérature… Quoiqu’il en soit, l’erreur est désormais réparée et nous allons enfin pouvoir entrer dans le vif du sujet. Cet article (qui promet d’être démesurément long) s’articulera donc autour des ouvrages que j’ai lus et/ou abandonnés en cours de route et les ouvrages que je souhaite lire dans un futur plus ou moins proche. Pas de partie sur la biographie de l’auteur : Internet a déjà fait ça, et mieux que moi en plus…

Sandman, Tome 1 (2012)

Ce livre en tant qu’objet, est un monstre d’une épaisseur prodigieuse. A ma connaissance, il n’y a pas d’autres omnibus aussi énorme que celui-là… En tout cas, je n’en connais pas d’autres. C’est assez impressionnant d’ailleurs, et intimidant également… mais malgré tout, assez fascinant dans mon cas – ce livre m’a littéralement fasciné autant que l’histoire qui y est racontée dedans.

Néanmoins tout n’est pas tout rose non plus : j’ai dû m’y reprendre à trois fois avant de finir ce premier tome. Non pas parce que l’histoire ne m’intéressait pas, loin de là, mais surtout parce que c’est une lecture conséquente avec tout plein de détails à assimiler (bien que ces derniers ne soient pas d’une importance capitale pour la compréhension du récit), et aussi parce que la BD, de part sa taille et son poids, n’est de fait pas un ouvrage que l’on peut prendre pour lire au lit, malheureusement. Du coup, j’ai espacé mes sessions de lecture un peu malgré moi et à force de trop les espacer, j’ai fini par perdre le fil…

Pourtant moi qui suis une grande fan d’à peu près toutes les mythologies existantes, avec Sandman j’ai été servie ! Neil Gaiman a été puiser certains éléments de son récit dans la mythologie nordique mais également dans d’autres – je pense notamment à la mythologie grecque évidemment. Il y a également de multiples références à la culture des Comics ; c’est ainsi que lors de sa quête, le Sandman croise la route d’une autre légende du monde des Comics, j’ai nommé : John Constantine ! Ne vous emballez pas non plus, il n’apparait que pour un chapitre mais j’ai trouvé que c’était un très joli et touchant clin d’œil que d’inclure John Constantine dans son histoire.

De quoi ça cause Sandman ?

Maintenant que j’ai bien tourné autour du pot et de mon émerveillement pour ce Comics, il faut quand même que je vous dise de quoi ça parle Sandman… De mythologie(s) donc. Et dans le détail, ça donne ça :

1916, Angleterre. En quête d’immortalité, un mage du nom de Roderick Burgess emprisonne par erreur le jeune frère de la Mort, Morphée, l’un des sept Infinis incarnant les forces primordiales de l’Univers. Craignant pour sa vie, le sorcier garda le Maitre des Rêves captif durant sept décennies, perturbant le sommeil du reste de l’Humanité. Libéré, Morphée se mit en quête de ses attributs de pouvoir – un masque, un joyau et un sac de sable – afin de rétablir l’ordre universel et chasser du territoire des Rêves les démons, usurpateurs de ses pouvoirs. De son royaume onirique dévasté aux terres infernales de Lucifer, l’Infini croisera l’horreur sous toutes ses formes, qu’elle soit humaine, magique, démoniaque ou née des tourments causés par les membres de sa propre famille.

Neil Gaiman, Sandman vol. 1, Quatrième de couverture ; éd. Urban Comics, coll. Vertigo (2012)

Normalement si vous aimez les univers fantastique et surnaturel, rien qu’avec ce résumé, j’ai réussi à titiller votre curiosité. Concernant les dessins, il y a malheureusement plusieurs dessinateurs qui interviennent, ce qui est normal avec une œuvre de cette envergure. Ce n’est pas gênant outre mesure en fait, puisque les dessins et la palette de couleur utilisée rappellent les illustrations des comics des 70/80 ; rien d’étonnant à cela puisque la parution originale de la série date de 1988. Après, tout le monde n’aime ce genre graphique mais passer à côté d’une telle histoire à cause des dessins… je trouve cela terriblement dommage quand même.

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La Mythologie Viking (2017)

Si vous suivez mes aventures littéraires depuis un moment, peut-être vous souvenez-vous de mon article sur les contes de Noël et de ma déception immense de ne pas avoir trouvé de contes celtes. Grâce à Neil Gaiman, j’ai enfin pu palier à cette déception qui me poursuivait depuis cette lecture catastrophique. Ce petit livre est d’ailleurs la raison de cet article puisque je me voyais mal le présenter dans un article à lui tout seul.

De quoi ça cause La Mythologie Viking ?

Comme son nom l’indique, ce livre est centré sur les contes et légendes qui forment la mythologie nordique. On y retrouve donc bien évidemment Odin, Thor, Loki et les autres mais on est bien loin de l’image d’Épinal relayée par les Studios Marvel dans ses films ou par Marvel dans les Comics. J’ai été ravie de découvrir ces personnages familiers sous un nouvel angle, un angle plus sombre. Thor y est dépeint beaucoup plus idiot et brutal qu’il ne l’est dans l’ensemble des films et Loki, beaucoup plus malicieux voir malfaisant par exemple.

J’ai également adoré retrouver des similitudes avec d’autres mythologies ou légendes. Elles ont d’ailleurs fournies un socle à des livres considérés comme des classiques aujourd’hui, je pense notamment au Seigneur des Anneaux pour ne citer qu’un exemple. Alors oui, je me doute que présenté comme cela c’est très vague mais c’est bien le cas. Vous vous en rendrez compte si d’aventure vous lisez La Mythologie Viking de Neil Gaiman…

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De bons présages (2014), co-écrit avec Terry Pratchett

Voici le livre avec lequel j’ai terminé l’année 2019 et commencé 2020. C’est une lecture un peu déconcertante en fait ; j’ai voulu lire celui-ci à cause de la série Good Omens, diffusée sur Amazon Prime et puis comme je suis dans ma période « Neil Gaiman »… je me suis laissée tenter. Il en ressort que je suis assez partagée en fait, même s’il s’agit globalement d’un bon livre. Autant je suis rentrée dans l’histoire comme sur des roulettes, autant j’ai eu du mal à finir parce que j’ai trouvé qu’il y avait un problème au niveau du rythme dans le récit – le dernier tiers s’éternise pour peu de chose au final et j’avoue être un peu restée sur ma faim, surtout que j’ai trouvé l’idée de départ super bonne et super drôle !

De quoi ça cause De bons présages ?

Ce n’est ni plus ni moins qu’une réécriture de l’Apocalypse par deux auteurs géniaux, bien que je ne connaisse Terry Pratchett que de renommée ; je n’ai pas encore lu Les Annales du Disque-Monde et je ne sais pas si je vais me laisser tenter : c’est un sacré morceau de la littérature SF et j’ai peur que ce soit un peu trop complexe pour ma petite cervelle… Mais bref. Pour en revenir à l’Apocalypse selon Pratchett et Gaiman, ça donne ceci :

L’Apocalypse aura lieu samedi prochain, après le thé! Ainsi en ont décidé, d’un commun accord, les forces du Bien et celles du Mal. L’Antéchrist va fêter ses onze ans. Son éducation a été supervisée par un ange, Aziraphale, et un démon, Rampa, résidant sur Terre depuis l’époque de la première pomme. Mais voilà, suite à un coup du sort, l’enfant a été échangé à la maternité. Le véritable Antéchrist se nomme Adam et vit dans la banlieue de Londres. Et ça, ça change tout! Une course contre la montre commence alors pour l’ange et le démon qui, finalement, se disent que la race humaine ne mérite pas son sort…

Pratchett; Gaiman, De bons présages, Quatrième de couverture ; éd. J’ai Lu (2014).

C’est très caustique et très drôle aussi. Une belle démonstration de l’absurde à quatre main. Cependant, comme je le disais plus haut, j’ai trouvé l’ensemble déséquilibré à cause du rythme qui s’essouffle sur la fin et c’est dommage parce que j’ai adoré l’idée de prendre cet épisode biblique ultra connu pour le tourner en dérision et en faire quelque chose d’aussi absurde.

D’autant que l’absurde n’empêche pas la critique et le moins que l’on puisse dire c’est que l’Amérique en prend pour son grade, que ce soit sur le plan religieux ou sociétal ; l’Angleterre s’en tire un peu mieux même si certains travers sont également épinglés. Malgré une légèreté apparente, les thèmes abordés via l’Apocalypse et ses conséquences sont toujours d’actualité et donnent au roman une dimension bien plus complexe que la simple réécriture parodique. J’ai grandement apprécié cet aspect du livre.

Le style d’écriture du roman m’a donné du fil à retordre par contre. J’ai eu un peu de mal au début avec cet enchainement ininterrompu de digressions toutes plus drôles les unes que les autres ; on notera ici que les notes de bas de pages n’en sont pas réellement puisqu’elles font partie intégrante de l’histoire. C’est un coup de main à prendre mais je conçois que ça puisse vite devenir chiant et insupportable pour certains lecteurs.

Mais en conclusion, De bons présages est (quand même) un livre qu’il faut lire !

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Je voudrais lire…

Le Tome 2 de Sandman – Après la révélation que fut le premier tome, je compte bien ne pas m’arrêter en si bon chemin même si c’est un pavé et que je mets 3 mois pour le finir. JE VEUX SAVOIR !!

Coraline – et pourquoi pas revoir l’adaptation cinématographique par la même occasion… Ca pourrait être sympa, pour une thématique liée à Halloween par exemple.

Marvel 1602 – Ca risque d’être compliqué… Je ne suis pas encore parvenue à l’emprunter à la bibliothèque et je crois bien que ce Comics n’est plus édité. Bien sûr, l’ouvrage est disponible à la vente en ligne mais à 75 euros l’unité… on va dire que cette lecture va rester un fantasme hein !

American Gods – Le résumé m’a également fait envie lors d’une de mes flâneries en librairie ; ça a l’air d’être un autre gros morceau de la bibliographie de Neil Gaiman et ce roman a également eu droit à son adaptation en série sur Amazon Prime.

L’océan au bout du chemin – En grande partie à cause du titre que je trouve poétique. La quatrième de couverture semble évoquer quelque chose de beaucoup plus sombre, et j’ai hâte de savoir de quoi il en retourne réellement. Lecture potentielle du mois de février puisque j’ai trouvé celui-ci sous le sapin 2019 !

Actualités, Day-to-day, English

2020

Bonne année 2020 !

Ce petit blog entre dans sa quatrième année ; c’est fou (et à la fois si peu)…

Que cette année 2020 soit la vôtre et vous apporte tout ce que vous souhaitiez.

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Happy New Year 2020!

This year in September, this small blog will turn 4 and that’s crazy – even though it’s no big deal in reality.

May 2020 be yours and brings you everything you could wish for and more.

 

Bande-Dessinée/Comics, Littérature

Spécial Noël #2

Pour cette deuxième édition de l’article Spécial Noël, j’ai décidé de vous présenter deux petites choses – la première un livre de Marianne Chaillan qui explore les plus grands classiques de Disney mais en adoptant une approche philosophique et la seconde est une bande dessinée Jeunesse signée David Boriau (scénario), Steven Dhondt (dessin) et Yoann Guillo (couleur).

Ils vécurent philosophes et firent beaucoup d’heureux – Marianne Chaillan

Pour moi, Noël est un peu un synonyme de Disney et inversement. D’ailleurs, la télé ne s’y trompe pas puisque la rediffusion de quelques uns des dessins animés les plus célèbres de la firme aux grandes oreilles sur les chaines câblées à lieu en ce moment même. Je pense notamment à Aladdin dimanche dernier ou La Petite Sirène et Alice au Pays des Merveilles hier après-midi. De quoi replonger en enfance quasiment instantanément et je ne vais pas m’en plaindre, je les redécouvre avec un grand plaisir à chaque fois.

Ce qui nous amène à parler de Marianne Chaillan et de son livre Ils vécurent philosophes et firent beaucoup d’heureux, dont j’avais entendu parlé à la télé et qui avait suscité ma curiosité parce qu’il se targuait d’analyser les célèbres dessins animés par le biais de grands principes philosophiques. Ce n’est pas nouveau, il y a plusieurs niveaux de lecture pour les Disney et pour les contes dont ils sont tirés et de plus, l’aspect philosophique de ces histoires n’est plus à démontrer : les contes ayant un but pédagogique pour l’auditeur.

Je n’avais pas spécialement d’attentes concernant ce petit livre, si ce n’est « réviser » ma philo et peut-être découvrir une ou deux choses sur mes Disney préférés. Il s’avère que cet ouvrage a été une petite déception de mon côté ; je n’ai d’ailleurs pas été au bout de ma lecture. Le principal reproche que je peux faire est en fait à double tranchant – d’un côté, nous avons des chapitres assez courts eux-mêmes organisés en de courts paragraphes mais d’un autre côté, cela ne permet d’approfondir suffisamment selon moi. Je m’attendais à quelque chose de plus poussé et malheureusement cela n’a pas été le cas.

Cependant, ce livre est parfait si vous n’avez jamais fait de philo et que vous adorez les Disney. C’est un très bon moyen de se familiariser avec certains concepts qui peuvent parfois être abstraits et très compliqués à comprendre avec un ouvrage de philosophie classique. L’ensemble est rythmé, concis et cohérent en plus d’être suffisamment varié que ce soit au niveau des Disney utilisés ou bien au niveau des différents courants philosophiques et des philosophes.

Conclusion

Ils vécurent philosophes et firent beaucoup d’heureux est une parfaite introduction au monde parfois hermétique de la philosophie. Ce n’était pas ce que je recherchais mais ce petit livre bleu est rempli de qualités donc pas question de le descendre en flèche ; il ne me correspondait pas voilà tout. Cependant il invite à un beau voyage malgré tout, ce serait dommage de s’en priver…

Chaillan[1]

Obscurcia, série complète en 3 Tomes – Boriau, Dhont, Guillo

Voilà une série que j’ai beaucoup aimé. C’est en fait une trilogie qui rentre plus ou moins dans la catégorie Jeunesse, bien que certains thèmes soient très sombres pour des enfants. Obscurcia donc c’est l’histoire d’Alex, 12 ans et de sa petite sœur Nina. Leurs parents sont absents, au sens propre comme au figuré puisque la mère n’est pas au domicile familial et le père toujours en déplacement, donc Alex se fait un devoir de veiller sur sa petite sœur. C’est ce qu’il fait lorsqu’un drame familial de plus frappe de plein fouet la petite famille avec la mort accidentelle de Croquette, la petite minette de la maisonnée. Cependant, lorsque cette dernière revient et apparait à Alex pour l’informer de la disparition de sa sœur, Alex, du haut de ses 12 ans, n’a pas d’autres choix que de se rendre à Obscurcia, le monde des cauchemars et des doudous oubliés, pour espérer sauver sa petite sœur…

Couverture Obscurcia 2

A première vue, nous sommes en plein dans les thématiques de l’enfance : le héros a 12 ans et se montre très protecteur envers sa petite sœur, d’autant plus que la situation familiale est loin d’être idéale, il y est question d’un monde imaginaire des cauchemars (à la façon d’un Pays Imaginaire) et de doudous et autres jouets perdus. Néanmoins, la comparaison s’arrête là j’en ai bien peur : certains sujets abordés sont quand même assez sombres voire complexes à comprendre réellement. De plus, il y a quand même beaucoup d’hémoglobine avec des personnages gravement blesser parfois quand le dessin n’est pas carrément érotique… Donc à faire lire à des enfants, je ne sais pas trop, je ne suis pas convaincue mais des ados peuvent y aller sans problème je pense.

A mon sens d’ailleurs, la grande force de cette histoire ce sont les dessins de Steven Dhont et le travail sur la couleur de Yoann Guillo. Je ne dis pas que David Boriau n’a pas fait un bon travail sur cette histoire, c’est juste que j’ai plus été sensible aux dessins et aux couleurs utilisées. Beaucoup de pages sont d’ailleurs dépourvues de bulles sur l’ensemble des 3 tomes et cela n’enlève rien au rythme de l’histoire, bien au contraire. C’est même logique étant donné que toute l’histoire ou presque se déroule à Obscurcia, le mondes des cauchemars et des doudous abandonnés… L’ensemble est très bien construit, il est cohérent sur les 3 tomes et le scénario offre un retournement de situation brillant à la fin.

Conclusion

Obscurcia est une jolie petite pépite sans être un coup de cœur. C’est très plaisant à lire et à regarder également – on s’attarde facilement sur certaines pages ou double pages. Pour les amateurs de contes, vous y découvrirez des clins d’œil à d’autres contes, Hansel et Gretel et bien sûr Peter Pan en tête… Bref, Obscurcia c’est un conte moderne à lire et à relire, comme tout conte qui se respecte.

C’est sur cette note enchantée que je vous laisse et que je vous souhaite de passer un très bon Réveillon de Noël 🙂 !

Littérature

[Contemporain] Graine de sorcière – Margaret Atwood

Graine de sorcière, c’est la rencontre d’une grande dame des lettres canadiennes et un grand homme des lettres anglaises (si ce n’est le plus grand de son genre et de son époque). En effet, avec ce roman Margaret Atwood s’attaque à William Shakespeare lui-même en réécrivant une de ses pièces les plus célèbres, je veux bien sûr parler de La Tempête. Ce n’est pas un livre très long, il se lit très vite et j’ai adoré.

La magie de Margaret Atwood

Réécrire Shakespeare n’est pas donné à tout le monde ; l’art de la réécriture est complexe et compliqué. Il faut suivre la trame de l’œuvre tout en y incorporant son style et des éléments novateurs en veillant à ce qu’ils soient cohérents avec la trame de fond. Coordonner tous ces éléments ce n’est pas évident, et même s’ils y sont de manière rigoureuse, il arrive parfois que la réécriture ne fonctionne pas et qu’elle soit ratée. Ce n’est pas le cas ici. J’ai trouvé cette réécriture brillamment moderne, lumineuse et pleine d’espoir. Alors que pourtant, une des thématiques principale de ce roman c’est justement la vengeance et il n’y a rien de brillant ou de lumineux dans une telle entreprise… Mais c’est sûrement ça, la magie de Margaret Atwood : apporter de la lumière là où on pense de prime abord qu’il n’y en a pas.

« Injustement licencié de son poste de directeur du festival de Makeshiweg, au Canada, alors qu’il mettait en scène La Tempête de Shakespeare, Félix décide de disparaitre. Il change de nom et s’installe dans une maisonnette au cœur de la forêt pour y panser ses blessures, pleurer sa fille disparue. Et préparer sa vengeance.

Douze années passent et une chance de renaitre se présente à Félix lorsqu’on lui propose de donner des cours de théâtre dans une prison. Là, enfin, il pourra monter La Tempête avec sa troupe de détenus, et tendre un piège aux traitres qui l’ont détruit. Mais la chute de ses ennemis suffira-t-elle pour qu’il s’élève à nouveau ?

Le nouveau roman de Margaret Atwood, la grande dame des lettres canadiennes au succès phénoménal, est un hommage à Shakespeare à travers une prose sublime, déchirante et drôle à la fois »

Graine de sorcière, Margaret Atwood. Quatrième de couverture, éd. Robert Laffont/coll. Pavillons. avril 2019

Couverture Graine de sorcière

Les thématiques

C’est un livre extrêmement puissant et fort de part les thèmes et les sujets abordés. Ces thèmes sont d’ailleurs les mêmes dans la Tempête mais remis au goût du jour et modernisés, pour ne pas dire carrément dépoussiérés. Selon moi, c’est la grande force de cette histoire : les thématiques demeurent universelles et chacun peut s’y retrouver.

Comme annoncé dans la quatrième de couverture, on retrouve bien sûr la thématique de la vengeance (thème central de la pièce de théâtre) mais au fil de la lecture, on en découvre d’autres, toutes aussi importantes et universelles et qui changent radicalement le regard sur la pièce et les personnages de cette dernière. Ainsi Graine de sorcière aborde avec délicatesse la perte d’un être cher et le deuil plus ou moins long qui s’en suit, la folie qui peut survenir à la suite d’un choc ou d’un isolement prolongé ; la passion et l’utilité du théâtre (notamment dans les milieux dits « difficiles »), l’amour bien sûr et enfin le pardon et la quête de rédemption.

Tous ces thèmes ont toujours inspirés et William Shakespeare les a lui-même traités dans ses pièces les plus célèbres, qu’il s’agissent des tragédies ou des pièces historiques. Je pense que c’est d’ailleurs pour cette raison que cette réécriture fonctionne si bien : Margaret Atwood a repris exactement les mêmes thèmes sauf qu’au lieu d’en faire une copie, elle en approfondit certains plus que d’autres et de fait, elle livre sa propre version de La Tempête et devient donc metteuse en scène à son tour, comme Shakespeare avant elle.

Néanmoins l’auteur de la Servante Ecarlate n’en oublie pas un de ses thèmes de prédilection qu’est le féminisme en rapport à la domination masculine, consciente ou non. Ce n’est à mon avis pas si anodin si cette histoire se déroule dans un pénitencier et où les seules figures féminines se trouvent être des femmes avec des postes à responsabilités et/ou intouchables aussi bien au sens propre qu’au sens figuré. Je me doute que ce n’est pas très clair et que ça ne vous évoque sans doute pas grand-chose mais si vous lisez ce livre, je pense que vous comprendrez où je veux en venir mais je ne vous en dis pas plus, au risque de vous dévoiler partiellement l’intrigue.

Conclusion

Coup de cœur inattendu pour cette réécriture dont je n’attendais rien en particulier. C’est un roman qui m’a donné envie de replonger dans l’univers Shakespearien, que ce soit en relisant certaines œuvres directement, en visionnant à nouveau des films que j’avais beaucoup à l’époque, comme Shakespeare in Love ou encore Anonymous ; je ne mets pas le film Romeo + Juliet de Baz Luhrmann (je l’ai revu il n’y a pas si longtemps) ; ou bien lire d’autres réécritures d’autres pièces de Shakespeare afin de pouvoir comparer, pourquoi pas… bref, si vous avez des pistes, n’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires et en attendant, je vous souhaite une agréable (re)découverte de La Tempête de William Shakespeare !

Cinéma

La tête dans les étoiles et le cœur sur Terre

J’aime assez rarement les films sur l’espace et pour cause : les scénarios sont catastrophes quand ils ne sont pas également catastrophiques et un brin répétitifs, il faut bien dire ce qui est. Proxima de la réalisatrice Winocour prend le contrepied de tout cela en offrant aux spectateurs un superbe film centré sur une relation mère/fille portée magnifiquement à l’écran par une Eva Green au sommet de son art. C’est sublime de tendresse… Décollage imminent pour les étoiles.

De multiples messages avec le féminisme pour toile de fond

Pour tout vous dire, j’étais un peu septique et dubitative avant de voir le film, et même si Eva Green est une actrice que j’adore depuis sa prestation très remarquée dans Casino Royale, j’avais quand même un peu peur de m’ennuyer devant ce film. Peur sans doute d’y trouver le rythme trop lent à cause de séquences trop longues où inutiles puisque je savais par les différentes bandes annonces que ce film parlerait, entre autres, de la préparation et des entrainements des astronautes afin qu’ils aillent et reviennent de l’espace en un seul morceau. Heureusement, Proxima ce n’est pas que ça et le film aborde bien des sujets d’actualité autant que des thématiques universelles avec comme focale cette relation mère/fille sublimée par Eva Green et la jeune Zélie Boulant-Lemesle.

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Le féminisme

Il est bien difficile de ne pas parler de féminisme lorsque le personnage principal se trouve être une femme – en l’occurrence Sarah (interprétée par Eva Green), astronaute et mère célibataire (séparée d’avec son conjoint). Je ne voulais pas trop m’étendre sur le sujet parce que je ne suis pas une experte de la question féministe, pas plus que je ne suis militante même si je me considère féministe malgré tout. Le féminisme c’est la toile de fond de ce long-métrage et toute la force du film, c’est que cette question ô combien importante actuellement, est traitée et analysée sous différents angles. Il y a bien sûr la thématique de la maternité dans son sens large avec l’illustration de cette relation mère/fille, mais également comment être une femme dans un milieu majoritairement dominé par les hommes et cette interrogation va de paire avec l’importance de la féminité, nous allons y revenir dans le détail ultérieurement.

Un des axes principaux du film est la maternité. Sarah vit et élève seule sa fille Stella après la séparation avec le père de la fillette (qui travaille lui aussi à l’Agence Spatiale Européenne). C’est un schéma des plus classiques et je pense que beaucoup de femmes peuvent et pourront s’identifier à Sarah et son parcours. Elle est tiraillée sans cesse entre son désir profond d’être une bonne mère et un exemple à suivre pour sa fille et son rêve absolu de petite fille d’aller dans l’espace… Cette relation est très belle et très forte ; Stella est en admiration devant sa mère qui s’entraine pour aller voir les étoiles de près et Sarah quant à elle tente de protéger sa fille de la violence de cette séparation programmée et inévitable. Violence qui s’impose à Stella et Sarah sous plusieurs formes : d’abord la violence protocolaire puisqu’il y a un certain nombre de règles à respecter, comme éviter de téléphoner trop souvent à ses proches ou respecter les horaires instaurés mais il y a aussi et surtout la violence de l’éloignement pour ne pas dire l’isolement pour toutes les deux. En réalité, on demande à une mère et son enfant (encore jeune) de couper le cordon plus tôt que prévu et de manière directe, brutale parce qu’il y a d’autres « impératifs plus importants ».

Concilier vie de famille et vie professionnelle n’est jamais simple pour qui que ce soit, en particulier pour les femmes qui subissent toutes sortes de pressions qui sont très bien montrées dans le film et c’est ce que j’ai trouvé génial ici parce que Alice Winocour n’épargne personne tout en restant neutre. Les hommes comme les femmes sont pointés du doigt, preuve que le féminisme est l’affaire de tous. Ce qui permet au film d’aborder la question Comment être une femme dans un univers majoritairement masculin ? Cette question est traitée très intelligemment par la réalisatrice qui lie féminisme et féminité.

L’héroïne doit faire face aux commentaires maladroits de ses coéquipiers qui ne voient en elle que la femme et pas l’astronaute qu’elle est pourtant, au même titre qu’eux. Lorsque Sarah refuse un entrainement allégé au prétexte qu’elle y a droit parce que c’est une femme, le premier réflexe est de dire qu’elle a raison et qu’elle peut faire comme tout le monde mais le deuxième réflexe est de se dire que peut-être ses collègues masculins ont raison ou du moins n’ont pas tout à fait tord… Encore une fois, la force de ce film c’est qu’il n’épargne personne et c’est finement joué de la part d’Alice Winocour. De même lorsqu’arrive la question des cheveux et des menstruations, symboles de féminité par excellence – choses dont je ne soupçonnais pas qu’elles puissent poser problème dans l’espace.

Le point de vue de la réalisatrice sur la vaste et épineuse question du féminisme reste malgré tout optimiste, bien que tout ne soit pas encore parfait. Les choses et les mentalités évoluent, à l’instar de Mike (incarné par Matt Dillon) qui change de comportement envers sa coéquipière et il finit par la traiter comme un membre de l’équipage à part entière : le fait que Sarah soit une femme passe un peu au second plan sans que sa féminité soit niée par quiconque. Le message en est d’autant plus fort qu’il est actuel. C’est la forme la plus totale et la plus aboutie de l’égalité Homme/Femme.

La vie et la mort avec au milieu l’amour

Cette partie sera sans doute plus courte ou sinon je risque de vous faire un résumé détaillé du long-métrage et ce n’est pas le but ! En plus des interrogations liées au féminisme, il y a de nombreuses réflexions sur le sens de la vie sur Terre qui sont elles-mêmes liées à des interrogations sur la mort. Dit comme ça, c’est sûr que le film ne fait pas gai mais toutes ces questions sont abordées avec légèreté et douceur. La meilleure illustration de cela c’est peut-être bien Stella qui demande à sa maman si cette dernière va mourir avant elle alors que sa mère est en train de lui donner le bain.

La mort est également liée aux étoiles et à l’espace puisque le risque zéro n’existe pas, particulièrement lors d’un décollage de fusée. De manière plus imagée, lorsque quelqu’un décède, on peut dire qu’il est parti « rejoindre les étoiles ». A ce propos, vous pouvez retrouver une petite vidéo qui parle de ce sujet, et que j’ai trouvé assez pertinente (si cela vous intéresse).

Et puis Proxima, c’est enfin et surtout un film sur l’amour évidemment. La tendresse de l’amour parents/enfant enveloppe le spectateur tout au long du film, l’amour-passion de Sarah pour l’espace et son métier émerveille. Bref, une petite pépite d’amour et de tendresse qui porte un message et des valeurs essentielles dans le monde d’aujourd’hui.

Conclusion

Pour moi c’est un film qu’il faut voir, peut-être pas qu’il est féministe (si le mot vous fait peur parce qu’il peut avoir des connotations négatives) mais peut-être plus parce que c’est une bulle de tendresse et de douceur entre une mère et sa fille. Le tandem Eva Green/Zélie Boulant-Lemesle est parfait et brillant de justesse – on en oublierait presque qu’elles sont actrices. Le reste du casting est impeccable, certains plans larges arrivent à nous envoyer dans l’espace sans qu’on quitte la Terre une seconde. Un film sur l’espace sans jamais y mettre un pied, le pari était risqué voire impossible mais la réalisatrice a réussi un splendide tour de force. A voir d’urgence !

Actualités

Qui m’aiment me suivent

Joyeux mois de Décembre à vous !

Nouveau mois, nouvelle organisation par ici : vous pouvez me retrouver sur les réseaux sociaux suivants :

  • Facebook : Page du blog Encre-Lumière (@blogencrelumiere)
  • Twitter : @EncreLumiere
  • Tumblr : encre-lumiere

Je sais bien que le réseau social le plus à la mode en ce moment c’est Instagram mais j’aime pas tellement le principe de passer par son téléphone pour uploader quoique ce soit ; en fait ce n’est pas que je n’aime pas, c’est juste que ce n’est pas hyper simple à utiliser pour moi… Donc vous vous contenterez de ces 3 là dans un premier temps !

Vous y retrouverez des liens vers les articles du blog (évidemment) mais aussi mes impressions sur une lecture ou un article en cours de rédaction, potentiellement des bribes de ma vie quotidienne (sur Twitter principalement), des listes à n’en plus finir parce que j’adore ça, les listes (surtout quand elles sont « de lecture ») et parfois, il se pourrait que je sois en recherche de recommandations littéraires et cinématographiques.

Alors…

On se suit ?

Cinéma

Les couteaux sont de sortie

Hier fut une journée chargée mais qui m’a permise de me faire un petit plaisir cinématographique avec A couteaux tirés (Knives Out) de Rian Johnson, film que je voulais ABSOLUMENT voir pour deux raisons : c’est un Whodunit avec un casting 5 étoiles. C’est chose faite et je vous livre mes impressions. Attention, sortez vos couteaux !

La forme et le fond

L’histoire est classique : Harlan Thrombey (Christopher Plummer) trouve la mort dans des conditions suspectes le soir de ses 85 ans. Les proches (famille et domestiques) du célèbre auteur de romans policiers sont évidemment suspectés et le Détective privé Benoit Blanc (Daniel Craig) est mandaté par une source anonyme pour démêler le vrai du faux. Le tout dans le cadre singulier de cette demeure familiale bostonienne atypique.

La forme : un casting 5 étoiles au service d’une histoire bien ficelée

Comme je l’ai évoqué très brièvement en introduction de cet article, le film bénéficie d’un casting flamboyant et on pourrait penser que ce défilé de stars affaiblit considérablement le film mais il n’en est rien. Chaque acteur à sa place et son moment pour briller, même s’il s’agit d’un petit rôle, ce qui est logique lorsqu’un casting devient conséquent. Bien entendu, je ne vais pas détailler chaque acteur et le rôle qu’il campe parce que cela n’aurait pas beaucoup d’intérêt. Cependant, j’ai malgré tout décidé de me focaliser sur cinq acteurs et leurs rôles : Christopher Plummer, Chris Evans, Ana De Armas, Jamie Lee Curtis et bien sûr Daniel Craig.

  • Christopher Plummer (La Mélodie du Bonheur) interprète donc Harlan Thrombey, victime âgée de 85 ans. J’ai beaucoup aimé ce personnage rassurant – le gentil grand-père/père qui veille au bien-être des gens qui l’entourent tout en étant parfaitement lucide sur les différents membres de sa famille, c’est d’ailleurs tout le nœud de l’histoire évidemment.
  • Chris Evans (Captain America dans le MCU, Operation Brothers) incarne quant à lui Ransom Drysdale-Thrombey, un des petits-fils de la victime. Quel plaisir de voir Chris Evans dans un rôle à contre emploi vis-à-vis de son physique. D’autant que son rôle est plus complexe qu’il n’y parait – il n’apparait pas énormément à l’écran mais toutes ses répliques font mouche et beaucoup de choses passent par la gestuelle et les jeux de regards. A n’en pas douter un des meilleurs rôles de Chris Evans (et je ne dis pas cela parce que c’est un de mes acteurs favoris).
  • Ana De Armas est, pour moi, la véritable révélation de ce long-métrage. Elle y campe Marta Cabrera, l’infirmière dévouée de la victime, et qui trouve le corps de la victime dans son bureau au petit matin. Pour être franche, je ne connaissais pas cette actrice avant de la voir jouer dans ce film et bien qu’elle ne soit pas hyper connue, son travail gagne à être reconnu puisque selon moi, elle porte une grande partie du film sur ses épaules tant son rôle est important et ce, malgré la présence de grands noms autour d’elle. A mon avis, Ana De Armas est une actrice à suivre de près dans les prochaines années et elle aura l’occasion de démontrer l’étendue de son talent lorsqu’elle retrouvera Daniel Craig à l’affiche du prochain James Bond, Mourir peut attendre en tant que James Bond Girl. Affaire et actrice à suivre donc…
  • Jamie Lee Curtis (Halloween et ses suites, Freaky Friday) est impeccable en Linda Drysdale née Thrombey, fille à papa et femme d’affaire impitoyable.
  • Daniel Craig enfin (James Bond depuis Casino Royale, Millenium: Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes), interprète le Détective Benoit Blanc dont le nom est un clin d’oeil à peine voilé au Cluedo et qui doit résoudre le mystère autour de la mort du romancier. Si l’on en croit les interviews du réalisateur, le reste du casting s’est monté autour de Daniel Craig, ce qui est terriblement flatteur en même temps que d’être parfois un cadeau empoisonné… Je n’ai rien à redire quant au personnage où l’interprétation mais il y a quand même une petite chose qui m’a fait tiquer : c’est le drôle d’accent sudiste que l’acteur a pris pour son rôle. J’ai trouvé ça franchement étrange au début et puis finalement, on finit par s’y habituer mais cela reste quelque chose d’étrange pour moi. Remarquez, on reste dans le ton décalé du film.

Vous l’aurez compris une des forces de A couteaux tirés, c’est son casting dont les acteurs campent des personnages archétypaux sans pour autant être caricaturaux. De plus, j’ai trouvé le scénario bien construit pour un film de ce genre, c’est-à-dire qu’il reprend les codes du genre autant dans les personnages, les situations et le déroulé de l’enquête tout en évitant autant que faire ce peut d’être un film téléphoné – bien sûr, il y a certains poncifs mais du moment que l’on accepte le fait que ce long-métrage s’inscrit totalement dans la lignée d’un roman d’Agatha Christie, je crois qu’on n’est pas trop en mesure de se plaindre. D’autant qu’en réalité, A couteaux tirés est loin d’être dénué de fond.

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Le fond : une liberté de ton permise par le genre Whodunit

On en revient au scénario et à la forme puisqu’en fait, le film n’est pas seulement un divertissement sur le mode Cluedo mais bien une dénonciation de certains aspects de la société américaine actuelle. Cette dénonciation passe notamment par l’humour grinçant du film et les discours des personnages qui comme je le disais plus haut, sont des archétypes. Ce procédé permet de leur faire dire des choses absolument horribles pour certains sans en être inquiété outre mesure. C’est un aspect que je n’attendais pas du tout avant de voir ce film mais qui est plus que bienvenu ; une des pistes de réflexion tourne autour de la question de l’immigration au Etats-Unis et tout est très finement joué et sous-entendu et voilà comment l’air de rien, la politique en matière d’immigration de l’actuel Président des Etats-Unis se retrouve épinglée alors que le sujet semble pourtant bien éloigné d’une partie de Cluedo géante dans un manoir à Boston. Et rien que pour cela, la finesse de son script et l’élégance des différents messages dissimulés tout au long du film, vous devriez donner sa chance à Rian Johnson et son A couteaux tirés.