Cinéma

Les hommes & les femmes en noir

Dernier film sur ma liste de films « A voir peut-être », Men in Black : International de F. Gary Gray. Un reboot assez sympathique qui remplit sa mission première de divertissement sans pour autant être à la hauteur du tout premier Men in Black réalisé par Barry Sonnenfeld en 1997. Même si le scénario est efficace (dans le sens où il modernise un temps soit peu la franchise), il n’en reste pas moins prévisible quasiment de bout en bout.

men_in_black_international_2019_4k_5k-1366x768[1]

Néanmoins, rendons à César ce qui lui appartient : les scénaristes ont tout de même évité au spectateur la presque traditionnelle romance insipide et inutile entre l’agent H et l’agent M, autrement dit les protagonistes principaux incarnés par Chris Hemsworth et Tessa Thompson. Et c’est tant mieux ! Un cliché de moins sur lequel râler.

D’ailleurs puisqu’on parle des personnages, j’ai également apprécié la construction des agents M et H ; ils ont chacun leurs motivations, leurs blessures et le tout est plutôt bien amené et exploité, même si bien sûr il aurait été possible de faire encore mieux je pense… Par contre, je crois qu’il faut arrêter avec Liam Neeson – enfin, je veux dire… c’est un bon acteur mais j’ai toujours l’impression de le voir plus ou moins dans le même registre ou du moins, j’ai l’impression qu’il incarne toujours le même type de personnage. Résultat : l’intrigue devient prévisible et c’est couru d’avance ; personnellement, j’avais dénoué le nœud de l’histoire bien avant les deux héros.

Comme je le disais plus haut, le film est prévisible mais pas décevant dans son ensemble. Cela étant dit, il y a cependant deux choses que j’ai trouvé grandement décevantes ; premièrement l’humour. Il y a bien un ou deux moments marrants dans le film mais rien de bien transcendant à mon goût, mais c’est un avis totalement subjectif. En comparaison j’avais le souvenir d’un film à littéralement mourir de rire avec le duo Will Smith/Tommy Lee Jones… Mais je connais la chanson : reboot = franchise/film connu MAIS nouvelle histoire avec de nouveaux personnages et une nouvelle intrigue. Je ne m’en plains pas, cependant un peu plus d’humour n’aurait certainement pas nuit au film à mon sens. Un mot aussi concernant la musique du film qui ne marquera pas les esprits, j’en suis navrée. Danny Elfman que j’adore pourtant, nous a servi une bande son tout à fait oubliable et sans saveur… La musique basique d’un film d’action en somme.

Conclusion

Film à voir au cinéma si vous avez un abonnement illimité ou encore mieux : chez vous, à la télé devant un plateau repas. C’est sûrement un jugement un peu dur dit comme ça mais c’est ce que vaut ce film à mes yeux. Heureusement pour lui, le film ne cherche pas à jouer sur l’effet nostalgie du premier MIB mais il reste construit sur un scénario prévisible qui cherche un peu maladroitement à moderniser la franchise, notamment avec un nouveau duo d’agents qui fonctionne très bien grâce sans doute à la complicité entre Tessa Thompson et Chris Hemsworth.

Cinéma

Pop Extravaganza !

Afin de rattraper la catastrophe que fut Dark Phoenix, je suis allée voir Rocketman de Dexter Fletcher, avec Taron Egerton dans le rôle titre. Le moins que l’on puisse dire c’est que les films musicaux ont la côte en ce moment à Hollywood entre Bohemian Rhapsody, ce film-ci et Yesterday qui sortira au mois de Juillet. Peut-être qu’il y a un léger surdosage mais pour l’instant, ce n’est pas pour me déplaire et à mon avis, Rocketman va suivre le même chemin que Bohemian Rhapsody

rocketman_poster[1]

Enfin, je dis ça mais je n’en sais strictement rien en fait. Je lui souhaite de tout cœur d’avoir le même succès retentissant parce que Taron Egerton, Jamie Bell (Bernie Taupin), Matthew Illesley et Kit Connor (respectivement Elton John enfant et Elton John adolescent) y sont brillants.

Tous les acteurs chantent réellement et certaines chorégraphies sont juste grandioses, le tout réhaussé des magnifiques chansons de l’artiste. Puisqu’on parle des chansons, celles présentes dans le film sont très justement incorporées dans le film et dans la trame de l’histoire. Par contre, je ne pense pas qu’elles aient toutes été écrites au moment correspondant à la vie réelle d’Elton John. Il n’en reste pas moins que l’on ressent tout le soin apporté à la sélection et au placement des chansons tout au long du film.

Pour être franche, je ne connaissais pas du tout la vie du chanteur ; seulement ses tenues extravagantes et l’aura qu’il possède désormais dans le monde entier, et Rocketman constitue la porte d’entrée idéale pour en apprendre d’avantage sur Elton John. Ce qui m’a le plus surprise et frappé c’est de constater à quel point il avait été malheureux dans sa jeunesse… Heureusement qu’il avait sa grand-mère (jouée par Gemma Jones) pour l’aimer, le soutenir et l’encourager à apprendre le piano et la musique parce que sinon je pense qu’Elton John n’aurait jamais existé… Les parents de ce dernier auraient mérités d’être flingués autant l’un que l’autre. John Reid également. D’ailleurs, si je ne dis pas de bêtise, Freddie Mercury a eu le même manager… enfin je crois.

Concernant les chansons, je les connaissais toutes évidemment. Cependant là où j’ai eu un peu honte de moi, c’est que je connaissais surtout les reprises faites par d’autres artistes et pas les originales, mais comme je ne me considère pas comme une fan d’Elton John, on va dire que cela m’évitera de grands moments de solitude dans les conversations à venir sur le sujet.

Ah, et je vous ai dit que je trouvais Taron Egerton génial et pas seulement dans ce film ? J’imagine combien la performance a dû lui coûter en énergie et en heures de travail mais franchement le résultat est au rendez-vous, plus que réussi. Et puis j’imagine que la complicité entre les deux hommes a aidé ; il y a une sorte d’accomplissement aussi et un sentiment de satisfaction lorsqu’on se rend compte qu’Elton John a joué son propre rôle dans Kingsman : le Cercle d’or et que Taron Egerton, héros dans Kingsman, joue Elton John dans le biopic qui lui est consacré… On peut dire que la boucle est bouclée !

https___cdn3.movieweb.com_i_article_LbV9nwWEul9V7U4wiV1YqnW4LYrf7O_1200_100_Rocketman-Elton-John-Biopic-No-Censorship[1]

Voilà. Je n’ai pas grand-chose à dire de plus sur ce film, j’ai vraiment passé un très bon moment tout en couleurs et en chansons. Bon moment joyeux et assez émouvant garanti !

Sur ce, je vous souhaite de bonnes séances ! A très vite…

Cinéma

Quand le phénix ne s’envole pas

J’aime énormément les X-Men, peut-être pas autant que les Avengers mais quand même, et puis généralement ce sont plutôt de bons films – à grand spectacle certes mais c’est la raison majeure pour laquelle les gens se déplacent en nombre d’habitude, à condition que le scénario et les émotions soient au rendez-vous… ce qui n’est pas le cas ici. Attention, accrochez vos ceinture pour une critique négative avec quelques spoilers à la clé.

x-men-dark-phoenix-1080x1920-marvel-comics-2019-16043 (1)

Vous l’aurez compris, je n’ai particulièrement aimé ce film et donc, une fois n’est pas coutume, commençons par les points négatifs puisqu’il n’y a que ça quasiment. Tous ces points négatifs découlent d’un point central et très mauvais selon moi : le scénario.

Je ne sais pas vraiment si c’est moi qui suis en train de faire une overdose de super-héros depuis Avengers Endgame ou si le scénario est véritablement mauvais mais je n’ai pris aucun plaisir à regarder l’histoire qui m’était racontée ou si peu ; l’équipe du film n’a pas réussi à faire que je me sente émotionnellement investie dans ce film. L’effet nostalgie n’a absolument pas fonctionné et du coup le film tombe à l’eau.

Le problème majeur des X-Men c’est qu’aucun des personnages, hors mis Wolverine, Charles Xavier et Magnéto, n’a d’intérêt à lui tout seul ; c’est pour cette raison le plus souvent que l’origin story du personnage en question est mélangé à la trame plus globale de l’histoire, avec le développement dudit héros au sein du groupe des X-Men. De ce fait, on se retrouve souvent dans un entre deux et cela se vérifie pour Jean Grey et Dark Phoenix.

Concrètement le film est censé tourner autour d’elle mais se retrouve bien vite à expliquer les problèmes de la vision du Professeur Charles Xavier pour les mutants et des conséquences (catastrophiques pour Jean) que cela entraine pour les résidents du pensionnat quel que soit l’âge de ces derniers. L’autre problème du scénario c’est qu’il est incroyablement vide et simpliste par moments. Honnêtement, je ne sais pas à quoi pensait le scénariste (qui se trouve être le réalisateur du film) à l’écriture mais le camp adverse des X-Men est en carton-pâte et la menace du Phénix lui-même… je préfère ne pas en parler.

J’ai eu mal au cœur pour les acteurs très franchement. Ils ont fait ce qu’ils ont pu avec pas grand-chose. Il n’y a aucune recherche, c’est le niveau 0 du film de super-héros : la menace est extraterrestre et attise la peur des uns et la convoitise des autres. Le schéma est classique, soit et pourquoi pas ! Mais dans ce cas cher M. le scénariste, expliquez-moi l’origine de la menace de façon un minimum élaborée et pas seulement avec un vulgaire : c’est le Big Bang qui l’a créée. C’est vraiment la réponse basique qui démontre que le scénariste n’a pas réellement réfléchi à la question et le pire dans tout ça c’est que cela donne l’impression que l’équipe du film prend les spectateurs pour des imbéciles. Vous pensiez vraiment qu’on ne s’en rendrait pas compte ?

De plus le traitement déplorable de certains personnages (pour ne pas dire tous) empêche le spectateur de s’investir dans l’histoire racontée. Charles Xavier est devenu une pâle copie mégalomane de lui-même, Raven meurt d’une manière pitoyable (c’en est risible), Magnéto est devenu une sorte de guide spirituel pour mutants en détresse sur une île coupée du monde, Quicksilver a perdu son côté décalé que j’adorais, Diablo s’occupe de la logistique… bref, il n’y a pas grand monde qui tient la route là-dedans et c’est franchement regrettable. Il faut ajouter à cela que si le scénariste espérait capitaliser sur l’effet nostalgie du film, c’est indiscutablement raté. Pourtant, je ne demandais pas un Endgame bis avec ses multiples références à 10 ans de films plus ou moins réussis, juste des efforts : une musique décalée et/ou rythmée pour Quicksilver, les paroles exactes du Professeur Xavier lorsqu’il se souvient de sa première rencontre avec Raven.

Mais j’ai bien compris que ce n’était pas la peine de se plaindre du manque d’investissement flagrant du scénariste.

A partir de là, comment voulez-vous que les acteurs s’investissent émotionnellement dans cette chose et dans leurs rôles ? Après, je peux comprendre que James McAvoy, Michael Fassbender et Jennifer Lawrence pour ne citer qu’eux, veuillent raccrocher et passer à autre chose mais il aurait fallu que les choses soient bien faites… et encore une fois, je pense que ce n’est pas de leurs fautes : ils ont tous prouvé qu’ils étaient de très bons acteurs et actrices, sauf que cette fois le scénario ne suit pas.

Conclusion

Pour moi, X-Men : Dark phoenix est l’équivalent de la saison 8 de GoT – beaucoup d’attentes pour pas grand-chose. Sophie Turner sauve ce qu’elle peut des meubles et heureusement puisqu’elle porte plus ou moins le film toute seule. Si X-Men : Apocalypse et Logan étaient spectaculaires, ce dernier opus est à classer parmi les films oubliables. Dommage !

Littérature

[Contemporain] [Découverte] Le Livre perdu des sortilèges – Deborah Harkgness

Ne jamais faire de promesses inutiles que l’on pense tenir. Les deux promesses que je m’étais faite se résumaient à peu de choses près à cela : 1- Ne plus lire de séries littéraires, faute de place et parce que je trouve que c’est une contrainte en soi (les premiers tomes de la série étant généralement les meilleurs de la saga). 2- Ne plus rien lire qui fasse mention de vampires depuis le canon imposé par Stephenie Meyer et de ce fait, tous les buveurs de sang modernes se ressemblent tous plus ou moins, in fine.

Promesses non tenues. Quoique la première promesse plus vite à cause de Stephanie Garber et sa flamboyante série Caraval. La seconde promesse aura tenue un peu plus longtemps, avant que Deborah Harkness ne réduise tout à néant, sans me demander mon avis évidemment.

Je voudrais également rendre hommage au vendeur de chez Decitre qui a parfaitement su que j’allais engloutir ce pavé en moins de temps qu’il en faut pour le dire. Un conseil : ne mettez jamais en doute les conseils d’un vendeur qui vous a repérez et qui connait vos goûts en matière de littérature. Le sourire en coin d’un vendeur qui parle en connaissance de cause est redoutable : Oh… Lisez-le. On en reparle volontiers quand vous repasserez au magasin, si je travaille, le fameux sourire. Et le mal était fait.

Ceci dit, une fois acheté (en format poche) le livre ne m’a pas séduite immédiatement et est resté un petit http___4.bp.blogspot.com_-vNfGwKtFnBA_T3nN-VleJHI_AAAAAAAAAUE_fIJgg967KOs_s1600_le-livre-perdu-des-sortileges[1]moment de côté, le temps que je me décide que c’était le bon moment. Le bon est arrivé plus vite que prévu, lundi 3 juin 2019, en fin d’après-midi par curiosité et également un peu par défi ; pas à cause de ses 832 pages et 43 chapitres (j’ai lu bien d’autres pavés avant celui-ci, avec un enthousiasme différent à chaque fois). Pour le coup, je crois qu’il était plus question d’orgueil et d’amour propre avec un soupçon de curiosité : je voulais montrer au vendeur et à moi-même que ce n’était pas parce que j’avais lu la trilogie du Seigneur des Anneaux et les deux premiers tomes de Caraval en un temps record que j’allais forcément apprécier cette nouvelle saga littéraire. EPIC FAIL, GAME OVER. Moralité : Ne soyez jamais trop sûrs de vous.

Voilà pour le côté « anecdote » sur comment cet ouvrage est arrivé entre mes mains. Nous sommes le samedi 8 juin 2019, je viens de terminer ma lecture depuis quelques heures et à l’heure où j’écris ces lignes, la question que je me pose le plus concernant ce livre c’est : Qu’est-ce qui m’a tellement plu dans ce livre, pour que je n’ai que cela en tête depuis ces derniers jours ?…

Le Livre perdu des sortilèges, chronique d’un amour interdit

La réponse la plus spontanée et aussi la plus honnête est celle-ci : à peu près tout. C’est pourtant une histoire assez classique d’un amour interdit entre deux êtres que normalement tout oppose. Bref, un schéma vu, revu et corrigé depuis des siècles, depuis Roméo & Juliette… Et comme dans tout livre mettant en scène des créatures issues de la mythologie ou de l’univers fantastique, il y a des poncifs et quelques lieux communs dans celui-ci aussi, et je comprends parfaitement que cela agace et dégoute le lecteur. Après tout, les deux personnages principaux sont clairement stéréotypés puisque lui est grand, brun, taillé dans un corps d’Adonis et elle, est plutôt petite, blonde avec de grands yeux bleus et farouchement indépendante. De plus, le lecteur se doute assez rapidement de comment va évoluer la relation entre les deux ; c’est attendu sans vraiment l’être en même temps et clairement, c’est un des meilleurs livres traitant de fantastique que j’ai lu récemment, malgré tous les stéréotypes et toutes les caractéristiques que l’on retrouve d’un livre à l’autre.

Les lieux et les ambiances qui en découlent sont décrits à la perfection, les personnages sont extraordinaires, au sens premier du terme, et complexes avec une réelle profondeur psychologique qui dépasse le stade de : il/elle m’est interdit et du coup il/elle me fascine et je finis par en tomber amoureux/euse, même si ce schéma est bien présent attention ! J’ai dit qu’il y avait des poncifs dans ce livre.

Néanmoins malgré ces poncifs et autres stéréotypes qui caractérisent les personnages, ils évoluent dans un univers aussi simple que complexe : simple parce qu’on part de notre réalité et complexe parce qu’il y est question de créatures surnaturelles, d’alchimie, de légendes, le tout mêlé avec des recherches scientifiques bien réelles sur les origines de l’humanité et son évolution. Je crois justement que mon enthousiasme débordant concernant ce roman est dû à son intrigue époustouflante remplie de rebondissements, qui, bien qu’ils soient plutôt classiques, ne donnent pas l’impression d’être attendus. Il faut ajouter que cette complexité dans l’intrigue tient au fait que Deborah Harkness est professeur d’université en Californie du sud et que son domaine de recherches comprend l’histoire des sciences et de la magie en Europe du XVI au XVIII siècle, et le moins que l’on puisse dire c’est que cela imprègne véritablement son roman sans en faire une thèse académique universitaire. Mais ses recherches servent grandement son œuvre : tout y est calculé, réfléchi, logique même alors que l’alchimie et la magie sont au cœur de ce roman. Personnellement, j’appelle cela un coup de maitre.

L’autre aspect intéressant de ce roman fantastique est lié aux personnages eux-mêmes et aux différentes thématiques qu’ils permettent d’aborder et qui sont malheureusement encore d’actualité. Je trouve que c’est bien fait et cela permet de faire passer un message bien précis sous couvert d’une œuvre fantastique. Ainsi sont traités pêle-mêle l’homosexualité et le droit d’aimer la personne que l’on désire, la relation entre science et « spiritualité », le rejet de l’autre pour sa différence etc, etc…

Conclusion

Deborah Harkness signe un premier roman envoûtant que j’ai eu bien du mal à lâcher. C’est un savant mélange de réalisme et de fantastique ; assez étrangement, on en deviendrait presque convaincus que l’alchimie et la sorcellerie sont des sciences à part entières, grâce au travail titanesque de l’auteur sur le sujet. Les thématiques abordées participent aussi à la richesse de cette œuvre bien trop complexe pour être résumée sans tomber dans des clichés sans saveurs. Une chose est sûre : si vous aimez ce genre de littérature, allez-y les yeux bandés, vous ne regretterez pas le voyage. Je vous le garantis ! En ce qui me concerne, j’attends de commencer le Tome 2, L’école de la nuit, dans l’espoir que ma lecture soit au moins aussi enthousiasmante que celle du premier tome. Cependant, j’appréhende et j’attends Deborah Harkness au tournant…

Article rédigé le 09/06/2019 et la veille au brouillon.

Littérature

[Contemporain] [Découverte] Money Shot – Christa Faust

Tout au long de ma lecture, je me suis très souvent demandé si ce livre avait sa place sur mon blog, au point de retarder considérablement l’avancée de cette lecture. Cependant pas question de l’abandonner parce que je savais dans quoi je m’engageais rien qu’avec la couverture… La quatrième de couverture s’est juste chargée de confirmer et d’enfoncer le clou.

005458727[1]

Je m’appelle Gina Moretti, mais vous me connaissez probablement mieux sous le nom d’Angel Dare. Vous en faites pas, je n’en parlerai à personne. J’ai tourné mon premier film X à l’âge de vingt ans, même si à l’époque, j’avais menti devant la caméra et prétendu en avoir dix-huit. Mais contrairement à bon nombre de filles avec lesquelles j’ai bossé, j’ai été assez maligne pour raccrocher. Le problème, c’est qu’à l’instar d’un catcheur ou d’un voleur de bijoux, je me suis laissée tenter par un retour. Je n’avais aucune idée que j’allais finir coincée dans un coffre de bagnole.

Money Shot, Christa Faust, Quatrième de couverture. Editions Gallmeister. 2018

Et j’aurais dû avoir peur d’instinct, et reposer bien gentiment le livre en rayon et passer mon chemin. Au lieu de quoi une sorte de fascination s’est emparée de moi et les éditions Gallmeister m’ont eue encore une fois. Je ne regrette absolument pas mon choix mais cela va sans dire : ce n’est pas un roman à mettre entre toutes les mains.

Passé le sentiment de malaise lié au sujet du roman et au vocabulaire employé, superbement traduit par Christophe CUQ, il y a une sorte de fascination qui s’installe chez le lecteur ; croyez-moi vous mourrez d’envie de savoir comment et pourquoi Angel Dare s’est retrouvée ligotée dans un coffre de voiture… Alors bien sûr le livre évoque l’industrie des films X et ses dérives donc c’est forcément une lecture dérangeante, une lecture coup de poing. Le style y est cru et percutant et l’intrigue relativement simple au départ se complexifie lentement au fil des pages. Le tout est extrêmement bien construit et développé, preuve que Christa Faust maitrise son sujet sur le bout des doigts. En plus d’une intrigue complexe et palpitante, certains thèmes abordés valent le coup qu’on s’y attarde un moment.

Premièrement, l’auteur questionne le rapport au corps en fonction de l’âge, tout en gardant à l’esprit que cette perception est bien souvent déformée dans le porno un peu plus qu’ailleurs. C’est un aspect très intéressant du roman qui en profite pour tordre le cou à bon nombre d’idées reçues sur la question, en le faisant avec beaucoup d’humour et de dérision, parfois avec une pointe de cynisme. Cependant la moralité reste toujours la même : fais ce que tu veux de ton corps et ce, quel que soit ton âge.

Deuxièmement, Money Shot est un thriller féministe avec une héroïne forte, indépendante et qui décidément n’a pas froid aux yeux. Honnêtement avant de lire ce livre, je ne pensais pas qu’on pouvait associer Films X et Féminisme dans une même phrase mais visiblement, c’est tout à fait possible et j’en suis ravie. Cet aspect découle en réalité du point évoqué précédemment et là encore, le roman prend le temps de déconstruire quelques préjugés sur la gent féminine, du genre : une femme est fragile et a besoin d’un homme pour se défendre. Angel Dare prendra un malin plaisir à vous montrer que non ; et c’est ce qui fait que je me suis attachée à ce personnage. Pas nécessairement parce qu’elle était badass et qu’elle savait se servir d’un flingue correctement mais parce qu’elle avait des failles et des errances. Ce sont ces failles qui l’ont rendue plus forte, pas son habilité à manier une arme à feu. Conclusion : oui, une femme a le droit d’avoir peur et d’être terrorisée mais elle peut se débrouiller seule, sans le secours d’un homme. C’est très plaisant à lire même si le sujet est traité de façon absolument non-conventionnelle.

Conclusion

Nous sommes d’accord : se faire justice soi-même n’est absolument pas recommandé dans la vie réelle mais dans le cas de Money Shot, cela donne une vendetta explosive dans le cadre d’un thriller très sombre et haletant, mené tambour battant par une héroïne attachante et drôle. Bien entendu, je le répète : ce livre s’adresse à un public averti du fait de l’environnement dans lequel il se déroule, mais si vous n’avez pas froid aux yeux, que vous êtes curieux et que vous cherchez une lecture non-conventionnelle, Money Shot n’attend que vous ! Avec son style cru et percutant ainsi que son rythme effréné, ce livre ne vous laissera tout simplement pas indifférent.

En ce qui me concerne, c’est un sans faute de plus pour les éditions Gallmeister et je le recommande vivement !

 

Cinéma

Will Smith, meilleur ami en or

Hier je suis retombée en enfance. J’ai été voir Aladdin de Guy Ritchie avec Will Smith dans le rôle du Génie. C’est un bon remake, même si le dessin animé restera toujours un cran au dessus. Peut-être la nostalgie joue-t-elle un rôle dans tout cela ? Difficile à dire… en tout cas, j’ai redécouvert avec plaisir certaines de mes chansons Disney préférées et j’ai passé un moment agréable, le temps de la durée du film et après, du fait d’avoir les chansons en tête.

https___i.ytimg.com_vi_LO07f99AZuM_maxresdefault[1]

A part Will Smith, je ne connaissais pas grand-monde : a part Naomi Scott dont le nom me dit vaguement quelque chose, le néant. Cela dit, c’est plutôt une bonne chose si cela permet de (re)lancer des carrières. J’ai trouvé que tout le monde avait le ton juste, que ce soit en chansons ou non. Après… Soyons clairs : c’est bien Will Smith qui porte ce film, bien que Mena Massoud soit super également.

Pour en revenir aux chansons justement, pas de fausses notes heureusement. On notera également qu’une chanson supplémentaire a fait son apparition pour ce remake, comme ce fut le cas pour la Belle et la Bête. Ma chanson préférée pour Aladdin reste Prince Ali, même si elle est suivie de très près par You Never Had a Friend Like Me et je ne m’attendais pas du tout à avoir un petit coup de cœur pour Arabian Nights. Pour ce qui est de A Whole New World malheureusement, je n’ai pas retrouvé la magie de la chanson et c’est bien dommage… C’est un peu la chanson phare du dessin animé avec Jasmine, Aladdin, le tapis volant tout ça… Les costumes aussi participent au merveilleux du film et sont une véritable explosion de couleur, comme on s’attend à en trouver au Moyen-Orient. Cela dit, j’ai quand même eu l’impression de décrocher vers la fin du film et cela m’a quelque peu gâché mon plaisir, moi qui était ravie de voir Disney s’essayer à quelque chose de plus Bollywoodien dirons-nous.

C’est peut-être dû à la réalisation ; pour celles et ceux qui ont vu ses adaptations de Sherlock Holmes avec un certain Robert Downey Jr dans le rôle titre, on est tout à fait dans le même esprit avec ces séquences ralenties ou accélérées pour des raisons aussi bien esthétiques que diégétiques (qui sert l’histoire). C’est un parti pris qui colle assez bien avec le personnage du génie, l’univers magique de la lampe…

En conclusion, j’ai passé un bon moment mais j’ai tout de même préféré La Belle et la bête. Espérons maintenant que le Roi Lion soit à la hauteur de mes espérances, et cela s’annonce difficile mais nous verrons bien.

 

Bande-Dessinée/Comics

Free Comic Book Day, article #2

L’année passée j’avais consacré un petit article à l’évènement que je découvrais avec plaisir puisque je venais de retomber dans la marmite Bande Dessinée/Comics et le moins que l’on puisse dire c’est que j’en ai parcouru du chemin en un an à ce niveau ! Mes étagères se sont considérablement remplies – d’ailleurs cela risque de poser problème dans un futur plus ou moins proche mais bon… Que voulez-vous, j’aime presque autant les BD et les Comics que les romans, si ce n’est plus.

Pour en revenir au Free Comic Book Day, (qui s’est déroulé partout en France le 4 mai) c’est donc la deuxième fois que je « participe » à cet évènement et j’aime beaucoup le principe. En effet, les différentes maisons d’éditions de BD et de Comics mettent à disposition des lecteurs des extraits des titres à venir dans le courant de l’année, et ce gratuitement, dans les librairies participantes. Bien entendu, la gratuité n’est qu’un retour sur investissement puisque si l’extrait plait, le lecteur sera plus à même d’acheter l’ouvrage une fois sorti.  Cependant, je reconnais que c’est quand même plaisant en tant que lecteur de découvrir en avant-première les premiers chapitres d’histoires très attendues, comme le nouveau Batman, prévu pour Novembre 2019.

Free _comicbook_Day 2019

 

Le FCBD placé sous le signe de Mars Attacks

L’année dernière les Héros des Comics étaient à la mode Steampunk et cette année, les organisateurs ont demandés à dessinateurs/illustrateurs confirmés ou non, de mettre ces héros en situation avec les martiens du film Mars Attacks. Le mélange des deux univers fonctionne étonnamment bien.

Les BD et Comics que j’ai choisi

  •  Batman Damned de Brian Azzarello et Lee Bermejo (Novembre 2019) : Le Joker est mort. C’est désormais une certitude. Mais qui, de Batman ou d’une menace autrement plus malfaisante, a pu mettre fin au règne de terreur du clown criminel ? Batman, retrouvé inconscient près du corps de son ennemi, est incapable de mettre ses souvenirs en ordre. Pire, il en vient à douter de la réalité elle-même. Pour l’accompagner, et le perdre un peu plus ?, le Justicier reçoit l’aide providentielle de John Constantine au cours d’une enquête qui l’amènera à frayer avec les forces mystiques tapies au coeur de Gotham.

Je n’ai jamais lu Hellblazer mais la série a été créée par Alan Moore et Stephen R. Bissette. C’est la plus longue série de la collection Vertigo de DC Comics avec 300 numéros publiés mensuellement. Désolée pour l’étalage de culture BD mais je me suis souvenu que John Higgins en avait parlé lors de sa Masterclass ; enfin, il avait de Constantine et Alan Moore en fait. Le reste, on va dire qu’Internet est mon meilleur ami…

Pour en revenir à Batman, j’ai l’impression que cela va être une grosse sortie de fin d’année. L’atmosphère de ce comics promet d’être affreusement sombre, plus sombre même que l’origin story de Batman en 5 tomes de Scott Snyder et Greg Capullo… Donc ça promet. Et puis il y les dessins qui sont tellement beaux ; ce sont des dessins hyper travaillés donc je suppose que cela ne plaira pas à tout le monde mais personnellement, je les trouve splendides et j’ai hâte d’en voir plus. J’ai également hâte de savoir qui a bossé sur la colorisation de cette œuvre parce qu’il y a vraiment un travail de dingue qui a été fourni dessus. Bref, que d’impatience pour les nouvelles aventures du Chevalier Noir !

 

  •   The Power of the Dark Crystal de Simon Spurrier et Kelly et Nichole Mattews (automne 2019) : Les années ont passées depuis que le Cristal Noir a été soigné et que la paix est revenue sur Thra. Jen et Kira, les deux Gelflings qui autrefois réussirent à sauver le monde, ont régné en tant que roi et reine, mais l’exercice du pouvoir les a détournés de la réalité des choses. Thra est malade, et ceux qui vivent à sa surface ne sont pas les seuls affectés. Une mystérieuse espèce de créatures, les Feuflings, vivent dans un royaume situé près du cœur de la planète, dissimulé aux  yeux des Gelflings. Une jeune Feufling nommée Thurma a pour mission de un éclat du Cristal afin de ramener la chaleur dans son monde. En chemin, elle se lie d’amitié avec un jeune Gelfling, conjure les Skeksès et les Mystiques, et s’embarque pour une incroyable aventure !…

… que je ne lirai sans doute pas en fin de compte. Je n’ai pas compris la moitié de ce que je lisais dans l’extrait et pour cause puisque cette série de comics est la suite directe du film Dark Crystal de Jim Henson et Frank Oz, sorti en 1982. Apparemment devenu un classique du cinéma depuis. Cependant, malgré une histoire qui semble un peu complexe et alambiquée, les dessins sont très sympa et offrent une réelle identité à ce comics. Reste à voir si Netflix arrivera à me vendre cet univers : une série basée sur le préquel du film de 1982 est prévue pour cet automne également. Affaire à suivre donc, de loin ou de près pour les intéressés.

 

  •  Mind Management (MGMT) de Matt Kindt (2020) : A la recherche d’un nouveau sujet de livre, Meru tombe sur un reportage concernant le mystérieux vol 815, dont les passagers ont inexplicablement perdu la mémoire en plein ciel. Bien décidée à mettre ses talents de journaliste d’investigation à profit pour résoudre cette énigme, elle se lance sur les maigres traces laissées par l’unique passager manquant à la descente de l’appareil. Son enquête la conduira bientôt sur la piste d’une puissante organisation secrète régissant le monde depuis l’ombre grâce à des pouvoirs de manipulation psychique, le MIND MGMT. Indice après indice, elle comprend que son rôle est bien plus important qu’elle ne l’aurait imaginé. Mais dans un monde où certains peuvent réécrire la réalité elle-même, peut-elle vraiment se fier à ce qui l’entoure ?

OUI, cent fois oui pour cette BD un peu plus indépendante. J’ai adoré ces deux premiers chapitres et je suis totalement partante pour en découvrir d’avantage sur le mystérieux vol 815… La seule chose qui m’a véritablement dérangé dans cette BD se sont les dessins et c’est tellement dommage pour une BD qui semble d’une très grande qualité ! Donc, il y a des chances pour que l’histoire de Matt Kindt rejoigne ma bibliothèque à sa sortie l’année prochaine mais la grande inconnue dans l’équation reste les dessins que j’ai énormément de mal à apprécier. Encore une affaire à suivre…

  •  Fox-Boy: le retour du garçon-renard de Laurent Lefeuvre :

En France aussi, on sait faire des super-héros. Les aventures de Fox-Boy sont publiées chez Komics Initiative et c’est pas mal : le coup de crayon est sympa, il y a un sens du rythme et du dialogue mais pour un auteur qui veut se détacher de Marvel et DC… j’ai trouvé qu’il y avait bien trop de références à Spider-Man, Batman et compagnie. De plus, ça reste un scénario classique de super-héros et du coup, je suis un peu déçue ; même si je reconnais volontiers qu’il est difficile de sortir des canons établis depuis des décennies par des scénaristes et dessinateurs ultra connus et reconnus à la tête desquels on retrouve bien évidemment Stan Lee et Jack Kirby… un peu dommage mais l’ensemble se lit quand même bien.

 

  •  Fantastic Four de Dan Slott et Sara Pichelli : Un brillant scientifique, son meilleur ami, la femme de sa vie et le petit frère de cette dernière s’envolent à bord d’une fusée expérimentale, à la conquête de l’espace. Exposés à de forte radiations cosmiques, ils reviennent sur Terre dotés de pouvoir surhumains. Ils forment alors les Quatre Fantastiques… avant d’être séparés par une terrible tragédie. Aux yeux du monde entier, Reed et Sue Richards, ainsi que la Fondation du Futur, se sont sacrifiés pour empêcher une catastrophe universelle d’advenir. Ben Grimm, alias la Chose, les croit morts lui aussi. Mais Johnny Storm n’abandonne pas l’espoir que le reste de sa famille soit toujours en vie, quelque part…

C’est simple mais c’est terriblement efficace ! En même temps, on parle de Marvel là… Le scénario à l’air bien construit et les dessins sont très sympa. Reste à voir si l’intrigue sera cousue de fil blanc ou si on aura le droit à quelques rebondissements, ce que j’espère fortement sans trop m’accrocher non plus. Quoiqu’il en soit, je vais quand mettre une option sur celle-ci aussi : j’ai bien envie de savoir ce qui est advenu de la famille de Johnny Storm…

Littérature

[Découverte] Moi, Peter Pan – Michael Roch

Pour commencer ce « joli mois de Mai », je vous emmène vers la deuxième étoile à droite puis tout droit jusqu’au matin. Michael Roch propose une réécriture du mythe de Peter Pan, personnage crée par James M. Barrie et héros de la pièce éponyme en 1911. Cette lecture m’a un peu déstabiliser bien qu’elle m’ait beaucoup plus ; je pense que cela tient du fait que l’ouvrage est classé dans la section Science-Fiction alors que mon ressenti se rapproche plus de l’ouvrage philosophique.

Moi, Peter Pan

J’ai acheté ce livre il y a peu, parce que le titre avait provoqué ma curiosité et puis aussi parce que je cherchais à lire de la SF. L’ouvrage était mis en avant dans la section dédiée à la SF et il est très court : 136 pages au compteur. En conclusion, je me suis dit que je ne prenais pas trop de risques à l’acheter étant donné qu’il serait vite lu. Cependant, je préfère vous mettre en garde : si vous l’achetez ou que vous voulez le lire pour de la SF, vous serez déçus. Je trouve qu’il n’y a pas grand-chose qui rappelle la SF si ce n’est que le Pays Imaginaire ressemble plus à un endroit apocalyptique qu’à un lieu qui respire la joie de vivre et le bonheur…

En revanche c’est un parfait petit traité de philosophie qui ne dit pas son nom, sur la peur de grandir et la peur d’oublier l’enfant que l’on est de façon intrinsèque. Toutes ces questions et le cheminement philosophique derrière m’ont beaucoup plu. Je dois dire que j’ai été agréablement surprise par le traitement des personnages que l’on connait pourtant par cœur ; c’est très novateur et rafraichissant et c’est une bonne chose puisque cela veut dire que la réécriture est réussie. De plus, il y a pleins de subtilités et de références à l’histoire originale, même si certains personnages ont une importance moindre et inversement.

53165046_266792544239916_4874140706697904128_n[1]

En bref, c’est un ouvrage très plaisant à lire et qui se lit en quelques heures seulement. Bien que le Pays Imaginaire soit devenu un endroit dystopique sous la plume de Michael Roch, j’ai du mal à y trouver mon compte de Science-Fiction et en fin de compte je ne l’ai pas lu en tant que tel mais comme un ouvrage de philosophie sur cette période charnière qu’est le passage de l’enfance à l’adolescence. Une bonne surprise à découvrir !

Littérature

[Découverte] Joe – Larry Brown

J’ai souvent le chic pour découvrir des auteurs une fois que ces derniers sont malheureusement décédés. Ce fut le cas pour Ned Crabb qui est rejoint dans cette liste par Larry Brown, mort 2004. Autant pour l’auteur de Meurtres à Willow Pond, j’ai été extrêmement déçue d’apprendre qu’il était décédé parce que cela voulait dire que je ne pourrais rien d’autre de lui, autant là pour Larry Brown… je suis passée rapidement à autre chose. Parce que la lecture de son roman phare, Joe, m’a presque laissée de  marbre…

Joe a toute sa place dans le catalogue des éditions Gallmeister

C’est le moins que l’on puisse dire, puisque encore une fois la nature et les grands espaces font partie intégrante de ce roman et les éditions Gallmeister sont désormais connues pour mettre en avant des auteurs dont les histoires ont un lien étroit avec la nature environnante. Ce fut le cas pour Dans la forêt, Meurtres à Willow Pond ou plus récemment avec My Absolute Darling. J’aime beaucoup le parti pris de placer la nature (souvent sauvage d’ailleurs) en arrière plan mais malgré tout au centre de l’histoire. De plus, on retrouve aussi un canon dans le type de personnagehttps___images.epagine.fr_499_9782351786499_1_75[1]s présents au fil des pages.

En effet, Joe Ransom qui donne son nom au roman est lui aussi un marginal et il vit plus ou moins de débrouilles et traine derrière lui un passé encombrant, que l’on comprend violent ; c’est pour cette raison que Joe cherche un moyen de rédemption et Joe trouve ce moyen en la personne de Gary, un jeune adolescent de 15 ans, qu’il prend rapidement sous son aile pour que Gary est une chance de s’en sortir et d’avoir un avenir. En fait, j’ai trouvé que Joe était un savant mélange entre Dans la forêt de Jean Hegland et My Absolute Darling de Gabriel Tallent, tout en étant un peu moins sombre que ce dernier. Mais c’est quand même sombre et poisseux.

Je ne cache pas que j’ai été déçue par cette lecture, notamment par la fin que je n’ai pas trouvé satisfaisante. De plus, même si j’ai ressenti des émotions assez violentes envers certains personnages, on ne peut pas vraiment dire que je me sois attachée à l’un d’eux particulièrement. J’ai beaucoup aimé la relation presque filiale entre Joe et Gary mais ça n’a pas été suffisant pour que j’accroche véritablement à cette histoire ; ce sont d’ailleurs mes personnages préférés de par leurs complexité et leur profondeur.

Néanmoins, chaque livre est un voyage potentiel et j’ai effectivement voyagé avec celui-ci. Donc on peut dire que l’objectif est à moitié atteint. La nature y est très belle, très sauvage et assez calme en comparaison à la violence dont font preuve certains hommes. Larry Brown retransmet cela à la perfection avec de magnifiques description du Mississipi. Malheureusement, je ne pense pas que ce sera un roman dont je me souviendrais avec le temps et de plus, je pense pas relire Larry Brown de si tôt. Quant à l’adaptation cinématographique avec Nicolas Cage, elle ne me tente pas plus que cela mais les critiques sont plutôt bonnes donc peut-être qu’un jour, je me laisserai tenter.

Conclusion

Au risque de vous surprendre, je pense qu’il serait dommage de passer à côté de ce livre, malgré ma chronique plutôt négative. Après tout, ce roman est plutôt court (environ 300 pages) et il possède des qualités stylistiques et narratives ; je n’ai pas réussi à me retrouver dans les personnages ni dans l’intrigue mais cela ne veut pas dire que le livre de Larry Brown est dénué d’intérêt. Je pense plutôt qu’il n’était pas fait pour moi, ou peut-être que je suis passée à côté d’éléments importants. Je ne sais pas trop en fait, mais je crois qu’il est grand temps que je termine cet article, comme à chaque fois où je commence à essayer de trouver des excuses à un livre que j’ai moyennement apprécié.

Bande-Dessinée/Comics

[BD] The Old Guard – Tome 1 : A feu et à sang

Je ne lis plus énormément en ce moment, ou plutôt je lis pas mal de mangas et de BD et il se trouve que je n’en fais pas forcément des articles. D’où le ralentissement de l’activité sur mon blog… Cependant pour The Old Guard… voilà un comics qui mérite tellement d’avoir son article à lui tout seul.

L’immortalité dans tous ses états

C’est un vieux rêve de l’Humanité, et encore plus maintenant avec l’avancée des technologies, comme la cryogénisation par exemple. Il se trouve que c’est la thématique centrale de cette nouvelle série signée Greg Rucka et Léandro Fernandez, respectivement au scénario et au dessin. Daniela Miwa s’est chargée de l’encrage de la BD et Jodi Wynne du lettrage original de l’œuvre.

Mieux vaut tard que jamais dit-on ; et heureusement que la libraire de la librairie Les 9 Mondes me l’a conseillée plus d’une fois cette BD. La première fois n’a pas été la bonne : j’avais feuilleté l’ouvrage mais le peu que j’en avais vu ne m’avais pas spécialement emballée, stylistiquement parlant. La deuxième fois non plus : pourquoi pas, mais en fait non. Et puis la troisième fois fut enfin la bonne. Et je n’ai qu’un conseil à vous donner : ne faites pas comme moi, foncez ! Vous ne le regretterez pas. C’est encore une fois la preuve que les éditions Glénat Comics traduisent et sortent des pépites.

The Old Guard donc, c’est l’histoire d’Andromaque de Scythie et de sa bande. Ils sont un peu particuliers puisqu’ils sont immortels jusqu’à ce qu’ils aient fait leurs temps sur Terre, et cela peu prendre un certain temps évidemment… Andy et sa bande offrent leur service en tant que mercenaires/tueurs à gages aux plus offrants à travers les époques et cela leur permet de traverser ces dernières sans trop d’encombre, enfin c’est le cas jusqu’au XXIème siècle, notre époque. A l’heure d’Internet, où tout se sait en une fraction de secondes ou presque, il est difficile pour la belle brune badass et ses amis de dissimuler l’immortalité qui pèse sur leurs épaules. De quoi attirer la convoitise de gens mal intentionnés… Mais je ne vous en dirai pas plus, j’espère avoir suffisamment éveillé votre curiosité malgré tout.

the-old-guards[1]

J’ai adoré cette lecture, bien que les dessins ne soient pas franchement ma tasse de thé mais c’est plus une question de gouts personnels pour le coup. Ce qui m’a vraiment plu, c’est le scénario et toutes les questions philosophique qu’il entraine en avançant ; c’est très intéressant de voir comment chaque personnage perçoit son immortalité et comment elle est gérée le cas échéant. Là non plus je ne peux pas trop en dire au risque de trop en dévoiler mais c’est appréciable de voir que la question est traitée de façon complète et que les personnages sont complexes et ne se prennent pas pour des Dieux tout-puissants. Par contre, je ne suis pas certaine que la BD soit à mettre entre les mains des plus jeunes ou des personnes très sensibles : beaucoup d’hémoglobine et quelques scènes un peu gores à la clé.

Conclusion

Je vous dirai bien de lire absolument The Old Guard parce que l’histoire et géniale et que le comics fait réfléchir mais vous faites comme vous voulez ! Pour ma part, je vais attendre la suite des aventures d’Andy et les autres, en étant sûre de trois choses : 1) Greg Rucka est définitivement un scénariste qui compte et qu’il faut suivre quasiment les yeux fermés, 2) C’est pareil pour les éditions Glénat Comics, vous pouvez y allez et vous me remercierez plus tard et 3) La patience n’est pas mon fort mais on va faire avec, jusqu’à la sortie du prochain tome.