Cinéma

La Magie organise le Chaos…

Vous n’y échapperez pas, même si je suis un peu en décalé par rapport à la sortie de la série. Voilà un petit moment que je voulais regarder The Witcher sur Netflix et c’est maintenant chose faite. Je l’ai terminé hier ; en deux jours c’était plié donc on peut s’attendre à une chronique positive de cette première saison. Effectivement, j’ai beaucoup aimé cet univers que je ne connaissais pas – je n’ai jamais lu les livres ni joué aux jeux vidéo – mais force est de constater qu’il y a quelques faiblesses dans la réalisation et le traitement de l’image notamment. Sans plus attendre, voici mon ressenti sur l’adaptation en série du Sorceleur le plus célèbre du monde.

The Witcher, un joli tableau d’ensemble avec des imperfections

Comme je ne connaissais que de très, très loin cet univers de fantasy assez complexe, je peux dire que pour ma part, The Witcher de la plateforme Netflix a rempli sa part du contrat en matière de divertissement. En effet, je suis rapidement entrée dans ce monde, appelé le Continent, et je suis très satisfaite du voyage. Cependant en adepte du genre, je m’attendais à un véritable coup de cœur pour cette série qui me faisait de l’œil depuis des semaines et malheureusement, ce ne fut pas le cas à mon grand désarroi. La faute à un petit nombre d’imperfections qui sont bien trop visibles et font baisser la note finale sur le produit fini. C’est dommage.

thewitcher-netflix[1]

Les points faibles de la série

Je ne vais pas baser cette partie sur les éventuelles faiblesses du scénario étant donné que je ne suis pas familière des livres et que le scénario est tiré en partie des livres. Ce serait injuste du moment que je suis totalement néophyte dans le domaine et que j’ai trouvé l’ensemble cohérent. Néanmoins, je me doute que comme dans toutes adaptations, il a fallu faire des choix scénaristiques qui sont passés inaperçus à mes yeux mais qui aux yeux d’un fan absolu sont peut-être intolérables.

J’ai malgré tout noté des faiblesses au niveau de la réalisation et du traitement de l’image et de la photographie. C’est quand même un peu regrettable qu’une série Netflix de cette ampleur là pêche de ce côté-ci. Au niveau de la réalisation, certaines scènes de combat bénéficient d’effets de ralentis et honnêtement de mon point de vue, cela faisait un peu tache alors que les combats en question sont superbement chorégraphiés. L’exemple le plus flagrant se trouve à la fin de l’épisode un : très joli combat mais un peu trop d’effets de ralenti ce qui a eu pour effet de me sortir de l’épisode un tout petit plus tôt que prévu. Heureusement, tous les combats et les scènes un peu épiques n’ont pas ce problème là sinon la série perdrait sont argument « épique » et quand je pense au Witcher, c’est un des premiers mots qui me vient à l’esprit.

Un des autres petits soucis de la série pour l’instant c’est le manque de travail sur l’image et la photographie. Je ne remets pas en cause les décors ici, mais plutôt le manque de soin apporté aux images. La conséquence directe de cela est une narration floue et c’est dommage pour une série de cette envergure, vraiment… La narration n’est pas linéaire et après tout, pourquoi pas ; c’est un choix comme un autre, qui se respecte mais dans ces cas-là, il faut que le spectateur arrive à différencier le passé du présent et la réalité des rêves ; ce n’est pas toujours le cas dans The Witcher. Cela aurait pu être évité assez facilement je pense. Je ne suis pas une spécialiste mais jouer sur des accentuations ou des couleurs d’une même gamme pour définir une période précise ne me semble encore pas trop compliqué à mettre en place. D’autres productions l’ont fait et c’est étrange que celle-ci n’y ait pas plus eu recours.

Enfin dernier petit point noir au tableau, la longueur totale de cette première saison – je ne parle pas de la longueur des épisodes mais bien du nombre qui compose la saison. Je trouve que huit, c’est un peu court et un épisode supplémentaire n’aurait fait de mal à personne. D’autant que l’épisode 8 se termine un peu étrangement… Tout du moins, je m’attendais à quelque chose d’un peu différent, même si je n’ai pas été déçue par cette fin de saison. En fait, je l’ai trouvé bizarre et je me suis même demandé si c’était nécessaire…

Le point positif de tous ces points faibles c’est que ce sont en réalité des détails qui peuvent être réglés pour la saison 2, et j’espère qu’ils le seront. C’est même rassurant de se dire que cette série à une marge de progression assez importante pour répondre à l’attente des spectateurs et transformer son Witcher en véritable phénomène à l’instar de Game of Thrones… Okay, okay là je vois peut-être un peu grand mais pourtant, cette série regorge de points forts et d’un atout (de taille…).

Les points forts

Les personnages/Le Casting

Je sais que vous voyez où je veux en venir mais je ne peux pas ne pas en parler. Alors autant évacuer le sujet tout de suite et passer à autre chose. Henry Cavill donc. C’est étrange mais… il aura fallu qu’on lui mette une perruque avec des cheveux argentés et des lentilles de contact dorées pour que je le remarque véritablement. Bien sûr, je le situe dans le paysage cinématographique depuis quelques années maintenant ; j’avais beaucoup aimé Les Immortels (2011) et puis il campe un Superman tout à fait correct pour DC Comics mais là, je sais pas trop ce qui s’est passé mais j’ai un gros coup de cœur pour son interprétation de Geralt de Riv (Geralt of Rivia) et je ne parle pas seulement des scènes où il apparait nu ou torse-nu, ce serait terriblement réducteur pour cette bluffante performance.

Les autres acteurs ont également été bien choisi pour leur rôle. J’ai une préférence pour Jodhi May et MyAnna Buring qui sont les interprètes respectives de la Reine Calanthe et Tissaia de Vries. La performance d’Anya Chalotra en Yennefer de Vengerberg est remarquable aussi.

C’est indéniablement un des points forts de la série et par extension de cet univers de fantasy médiévale. Les personnages sont complexes et chacun à sa zone d’ombre et c’est très plaisant de les voir évoluer dans un sens ou dans l’autre ; après, j’imagine que dans les livres c’est un peu différent mais pour une entrée en la matière la série est très bien, même simplifiée.

L’atmosphère/Les décors et costumes

Il y a une unité et une envie de faire les choses bien je trouve, en tout cas c’est ce que j’ai ressenti en regardant les épisodes. Les costumes et les décors sont splendides, qu’ils soient intérieurs ou extérieurs. Je peux me tromper mais j’ai l’impression qu’il y a eu quand même pas mal de scènes tournées en extérieur. Si c’est le cas, cela rajoute un côté grandiose à la série et c’est d’autant plus appréciable que cela permet de faire voyager le spectateur. On rentre plus facilement dans la série.

Quant à l’atmosphère elle est souvent lourde et pesante mais on a le temps de souffler entre chaque gros morceau. C’est assez bien équilibré entre les sujets sérieux d’importance et ceux plus légers parfois assez comique. Le personnage de Jaskier le barde n’y est d’ailleurs pas étranger la plupart du temps.

Mention spéciale à la musique que j’estime très réussie. Elle immerge complètement le spectateur et donne une autre dimension à la scène qu’elle appuie.

Les thématiques

The Witcher c’est une histoire de Bien contre le Mal mais c’est fédérateur et en l’occurrence bien fait. Mais au delà de ça cette série aborde pleins de sujets plus ou moins grave avec le degré de légèreté adéquat. Il y a notamment la thématique féministe qui est abordée sous toutes ses formes et c’est assez inattendu mais très plaisant à trouver en fin de compte. Cependant, je ne sais pas si les créateurs de la série ont féminisé cet univers plus qu’il ne l’est en réalité. Une autre thématique clé de la série tourne autour de la famille (forme, implications) et enfin cette série questionne la notion de différence : le trio de personnages principaux ne rentre pas dans la norme acceptée par la société.

Toutes ces thématiques renforcent une série déjà bien ficelée et j’espère que la Saison 2 continuera sur cette lancée. J’espère aussi que les messages seront toujours bien dosés – il ne faudrait pas qu’on arrive à une caricature de l’œuvre originale parce qu’une thématique a été trop mise en avant ou pas assez. C’est un exercice délicat mais qui participe au succès d’une série.

Conclusion

En tant que fan de fantasy, j’aurai voulu que The Witcher fasse partie du club très select des coups de cœur mais ce n’est pas le cas. Je ne m’en plains pour autant – j’ai découvert un nouvel univers complexe fort intéressant, j’ai fait un joli voyage en compagnie de Geralt et des autres et je suis curieuse de savoir ce que nous réserve la suite en espérant que Netflix aura rectifié le tir sur certaines choses qui paraissent anodines mais qui ont toutes leurs importance. La marge de manœuvre de The Witcher est encore assez large et peut espérée avoir un impact au moins aussi important que Game of Thrones, à condition bien sûr que les showrunners prennent les bonnes décisions.

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