Littérature

[Découverte] [Contemporain] Les cygnes de la Cinquième Avenue – Melanie Benjamin

Roman que j’ai acheté l’année dernière parce que la critique en faisait un livre intéressant, voire passionnant ; sans oublier la quatrième de couverture, savamment construite, qui laisse entrevoir le récit d’une amitié passionnée entre une icône de la mode, Babe Paley, et une icône du monde littéraire, Truman Capote.

Babe Paley est la plus en vue des « Cygnes de la Cinquième Avenue », ces femmes de la haute société new-yorkaise des années 1950. Son atout indéfinissable : son style. Elle incarne l’élégance, fait souvent la une de Vogue, mais ce que personne ne voit, c’est le sentiment de solitude qu’elle laisse dans son sillage, en dépit de sa fortune, de ses enfants, de son mari riche et puissant. Jusqu’au jour où Truman Capote surgit dans sa vie. Leur amitié est instantanée et fulgurante. Babe trouve chez l’écrivain prodige, aussi génial qu’extravagant, la passion qui manquait à son existence. Grâce à elle, Truman accède à cette élite qui le fascine tant. Et à ses secrets, ses rumeurs, ses scandales, y puisant son inspiration, au risque de trahir Babe.

Les cygnes de la Cinquième Avenue, Melanie Benjamin, Quatrième de couverture. Ed. Le livre de poche, 2018

Sensationnel selon Elle

Heureusement que je n’ai pas acheté ce livre sur ce seul critère parce que je n’ai rien trouvé dans ce roman qui justifie un tel qualificatif. Ni dans l’histoire, ni dans les personnages, ni dans le style l’auteur. Je suis peut-être passée à côté du propos mais pourtant je n’en ai pas l’impression puisque si je devais faire un autre résumé de l’ouvrage je dirais qu’il est question d’amitié certes profonde mais également profondément toxique entre deux personnes qui n’étaient pas censées se rencontrer. De plus, j’ai appris deux, trois choses sur une époque désormais révolue. Cependant, je ne crois pas que cela suffise pour recommandé un livre…couv67236070[1]

J’ai trouvé l’histoire intéressante, les personnages aussi. C’est vrai qu’il y a quelque chose de fascinant dans cette amitié presque morbide entre Truman et Babe mais à part cet élément central et moteur, force est de reconnaitre qu’il m’aura fallu 200 pages pour véritablement rentrer dans l’histoire et dévorer les 200 dernières… Pour un roman qui compte 470 pages (si l’on exclu la note de l’auteur), c’est quand même un sacré déséquilibre ! Remarquez, c’était peut-être cela le sensationnel dans l’histoire finalement ?… Ou peut-être que les romans qui traitent des apparences d’une manière ou d’une autre ne sont simplement pas fait pour moi.

Le style est plutôt simple et compréhensible tout en retranscrivant cette élégance des Cygnes dont parle Melanie Benjamin. Néanmoins, la structure m’a laissée perplexe plus d’une fois et c’est sûrement la raison pour laquelle je ne suis pas rentrée dans cette histoire pourtant non dénuée d’intérêt.

Conclusion

Ce n’est certainement pas un livre qui me laissera un souvenir impérissable. J’aurais aimé l’apprécier d’avantage, ne serait-ce que pour Barbara Paley, cette femme extrêmement tout mais surtout extrêmement fragile et seule derrière les apparences. Malheureusement, ça n’a pas été le cas. Je ne peux pas être totalement négative, je suis peut-être passée à côté de cette lecture-ci. A ce propos si vous l’avez lu, je serai curieuse de savoir ce que vous en avez pensé, ce que vous avez aimé ou non…

Bande-Dessinée/Comics

[BD] The Amazing Spider-Man : La chute de Parker

Comic acheté en même temps que celui sur Catwoman, il est cosigné Dan Slott, Christos Gage et Stuart Immonen et présente un Peter Parker qui n’est pas sous son meilleur jour. En effet, ce dernier est au plus mal après la faillite de son entreprise, la bien nommée Parker Industries. Le trentenaire tente de faire face tant bien que mal à l’opinion catastrophique que les gens ont de lui puisque beaucoup ont perdu soit leur emploi soit de l’argent dans cette affaire… Heureusement pour Peter, il peut compter sur ses amis et sur Spider-Man pour lui remonter le moral. Le tisseur continue de veiller sur New-York et de fait, il bénéficie toujours d’une grande popularité auprès des habitants, contrairement à l’homme derrière le masque…

Amazing-Spider-Man[2]

J’ai énormément apprécié le traitement du personnage de super-héros ici, comme s’il s’agissait de deux personnages dissociés – Peter Parker et ses déboires d’un côté et Spider-Man toujours fidèle à son poste de super-héros. Le scénario est peu commun bien que Marvel soit désormais coutumier de ce genre de situation ; les scénaristes contemporains ne prennent plus vraiment de gants avec ses êtres qui sortent de l’ordinaire et n’hésitent pas à les malmener un peu en les montrant au fond du trou comme c’est le cas ici, ou bien bel et bien morts – tant pis s’il s’agissait de votre chouchou, vous vous en remettrez ! En général, ce procédé rend les personnages plus humains et le phénomène d’identification n’en est que plus fort, surtout si le personnage en question arrive à rebondir…

Ce comics tourne autour de cette thématique c’est un bon point pour cet ouvrage. De plus, les dessins sont agréables à regarder je trouve, même s’ils ne sont pas saisissants il faut dire ce qui est. Les dessins sont corrects mais le scénario est vraiment bon ; mon ressenti concernant les dessins est sûrement au fait que ces derniers sont dessinés par au moins deux personnes différentes, chose qui me gêne habituellement beaucoup plus car cela entame l’unité de la BD ou du comics.

Cette fois-ci ça a été différent. En effet, plusieurs histoires ont été rassemblées dans cet album autour de la thématique « Peter Parker au fond du trou » ou du moins, c’est ainsi que je l’ai perçu et du coup, je n’ai pas trouvé cela dérangeant que plusieurs personnes interviennent au niveau du dessin (ou moins que d’habitude disons). J’ai eu l’impression d’avoir plus à lire mais je pense que cela relève plus d’une illusion que d’autre chose !

Cela étant dit, j’espère qu’il y aura un tome 2 (et le petit 1 en bas de la tranche le laisse entendre) parce que la fin de la dernière histoire est vraiment savoureuse. En même temps, il est question du Bouffon vert et de Carnage… Que du bonheur pour les fans des aventures de Spidey !…

Littérature

[SF] [Classique] Des Fleurs pour Algernon – Daniel Keyes

J’ai terminé il y a peu Des Fleurs pour Algernon de Daniel Keyes. C’est la quatrième de couverture qui m’a poussée à acheter ce livre, parce que c’est un très bon résumé de l’histoire tout en suscitant la curiosité du lecteur. Une inconnue demeurait malgré tout : l’ouvrage classé Science-fiction, bien loin de mes lectures habituelles. L’occasion pour moi de sortir de ma zone de confort.

Des Fleurs pour Algernon, édition augmentée

Le roman

Pour autant que je me souvienne, la Science-fiction est longtemps restée un monde impénétrable pour moi, la faute sans doute à de trop nombreux a priori et à Aldous Huxley et son Meilleur des mondes… et puis l’année dernière grâce à des films d’anticipation (Seven Sisters et The Circle en tête), j’ai pu me rendre compte que la SF, c’était aussi pour moi à condition de trouver le bon angle d’approche.

Pour en revenir à Algernon, c’est apparemment un classique du genre ; enfin c’est l’annotation que j’ai retrouvé en marge d’un cours de philo de terminale. Je suppose que c’est le cas, même si je n’en avais jamais entendu parlé avant de mettre la main dessus. C’est l’histoire émouvante de Charlie Gordon et d’Algernon, une petite souris de laboratoire. Cette dernière a subi une opération qui décuple considérablement son intelligence et elle semble y survivre bien mieux que ses congénères du laboratoire. Forts de cette réussite, les docteurs Nemur et Strauss de mener l’expérience sur un humain. Le candidat retenu pour mener à bien cette nouvelle étape de l’expérience, et ainsi valider les recherches des deux scientifiques, s’appelle Charlie Gordon. Il a la particularité d’être simple d’esprit mais il possède une motivation hors norme : celle de devenir plus intelligent à tout prix. Dès lors son destin se retrouve lié à celui d’Algernon…

Couverture Des Fleurs pour Algernon

C’est un roman très émouvant. Très philosophique aussi. Néanmoins, il reste accessible et compréhensible par le plus grand nombre. J’ai beaucoup aimé faire de la philo sans en faire véritablement ; disons que certains concepts sont présent sans être stériles. La réflexion est très poussée et le vocabulaire relativement simple, malgré un ou deux passages un peu ardu… Ce n’est pas pour autant que je relirais Platon malgré tout.

Des Fleurs pour Algernon est une belle illustration de ce courant de pensée. La seule question qui subsiste à la fin de la lecture est celle-ci : le savoir et la connaissance nous rendent-ils plus heureux ?

L’édition augmentée

La deuxième partie de cet ouvrage présent un essai autobiographique de Daniel Keyes ainsi que la nouvelle originale, Des Fleurs pour Algernon. Je me suis d’avantage intéressée à l’essai de l’auteur dans lequel il revient sur les détails qui l’ont aidé à la rédaction Des Fleurs pour Algernon, qu’il s’agissent du roman ou de la nouvelle.

L’essai simplement mais joliment intitulé Algernon, Charlie et moi comporte 200 pages et se découpe en 4 parties. Les deux premières parties concernent l’élaboration du roman avec la « rencontre » de l’auteur avec Charlie et Algernon – il est important que tout ne s’est pas fait du jour au lendemain et qu’il s’agit d’un cheminement qui remonte aux années de fac de l’auteur. Daniel Keyes prend également le temps de revenir sur l’importance qu’à eu la psychanalyse dans sa vie et donc in fine, l’influence qu’elle a eu sur son œuvre. D’autant plus qu’il rend la chose assez drôle à lire. Les troisième et quatrième parties portent sur des considérations beaucoup plus littéraires. On y découvre les multiples tourments de l’auteur de l’écriture du premier jet et son combat de tous les instants afin que son histoire ne soit pas dénaturée par les éditeurs à qui il la proposait. Cela permet de voir une méthode d’écriture parmi tant d’autres. De quoi donner de l’espoir à tous les (futurs) écrivains en herbe…

Daniel Keyes revient également longuement sur le succès de son histoire, en allant de sa forme littéraire jusqu’à son application dans la vie réelle (si je puis dire) lorsqu’une souris de laboratoire a vu son intelligence augmentée artificiellement lors d’une expérience en 1999. Bien sûr, il y a eu nombre d’adaptations pour le cinéma et la télévision mais plus surprenant : une comédie musicale qui n’a pas rencontrée son public. L’inverse l’aurait été.

Conclusion

Peut-être que je lirai un jour la nouvelle originale mais pour l’heure et pour le bien de cet article, je vais m’en tenir à la forme romanesque de cette histoire. Il y a rarement des histoires qui me touchent et m’émeuvent à ce point. Bien que le propos soit différent, je n’hésite pas à classer le roman de Daniel Keyes dans la même catégorie que Dites-leur que je suis un homme d’Ernest J. Gaines. Il y a la même puissance dans ces deux ouvrages, tous les deux profondément remplis d’humanité, d’émotions et de bienveillance. Si vous ne l’avez encore jamais lu, Des Fleurs pour Algernon est un classique de la SF à lire d’urgence.