Cinéma

Pourquoi se contenter d’un seul Spider-Man, quand on peut en avoir plusieurs ?

Petite séance cinéma hier après-midi pour Spider-Man : New Generation de Peter Ramsey, Bob Persichetti et Rodney Rothman. Et autant de société de production… Enfin en même temps, c’est tout à fait logique : ce film d’animation a dû disposer d’un budget colossal pour être réalisé donc faire appel à trois société de production au lieu d’une, c’est normal et le résultat final vaut la peine. De quoi vous permettre de faire la paix avec le célèbre tisseur de toile.

https___www.takuminosekai.com_wp-content_uploads_2017_12_spider-man-new-generation[1]

SpiderMan est mort ! Vive SpiderMan !

Si vous êtes comme moi et que vous aimez les Comics et Super-héros de Marvel, vous appréciez sans doute Spider-Man. C’est mon cas, sauf que je commençais à faire une légère indigestion de Peter Parker… Avec trois incarnations (plus ou moins réussies d’ailleurs), je crois qu’on peut affirmer connaitre l’histoire du jeune journaliste sur le bout des doigts : l’araignée radioactive, MJ, Oncle Ben, un grand pouvoir… et j’en passe. Mais vous avez saisi l’idée. C’est alors qu’arrive le jeune Miles Morales pour dépoussiérer tout ça et enfin se faire connaitre du grand public. Il était temps (et ça décoiffe) !

Synopsis

Brooklyn, New-York – Terre 616* – Miles Morales est un ado comme tout le monde dont le père est flic et la mère infirmière, et comme beaucoup d’ado ses relations avec son père sont tendues, d’autant que le jeune homme aime beaucoup repeindre les murs de New-York avec son oncle Aaron, aidé de bombes de peinture. Activité pas très, très légale du point de vue policier… Bref, une vie d’ado normale avec ses problèmes d’ado. Enfin ça, c’était avant une certaine araignée radioactive… et le Caïd qui semble bien décidé à anéantir Spider-Man une bonne fois pour tout pour mener à bien le projet qui l’anime et qui risque de mettre en péril le reste de l’humanité. Miles pourra alors compter sur l’aide précieuse de cinq homologues venus d’univers différents pour lui prêter main forte dans sa lutte contre le Caïd.

Un pari osé mais réussi pour un renouvellement brillant et mérité !

C’est rare de voir un film aussi long (environ 2h) de cette qualité ! C’est un plaisir autant pour les yeux que pour les oreilles : les différents rap qui accompagnent l’histoire sont juste parfaits. En ce qui concerne le dessin, c’est un mélange de réalisations 3D et 2D ; de prime abord, on pourrait penser que le mélange des deux ne donnerait pas un résultat satisfaisant mais c’est tout le contraire. La 2D rappelle l’univers de la bande-dessinée par petite touches savamment disposées pour éviter un sentiment de lourdeur que l’on s’attend forcément un peu à trouver sur un film de 2h.

https___cdn-media.rtl.fr_cache_bqgve9ymtymbtbipmafcvw_880v587-0_online_image_2018_0606_7793661858_milles-morales-le-heros-de-spider-man-n[1]

En réalité, on ne s’ennuie pas une seconde : c’est rythmé, dynamique… Il y a de l’humour et chaque Spider-Man a son type d’humour et c’est génial de leur avoir attribué une personnalité propre sans en faire des copier/coller du super-héros d’origine plus ou moins réussis. Et puis évidemment, puisque Spider-Man meurt pour laisser la place à un autre Spider-Man, il est question de filiation et de transmission tout au long du film et ces questions sont très bien abordées et traitées.

Conclusion

Un film dynamique de par son rythme qui va à 100 à l’heure (heureusement pour un film de super-héros) et par son parti-pris graphique mélangeant à la fois la 3D et 2D pour renforcer sa profondeur puisqu’il faut allier le monde moderne et le monde passé. Spider-Man : New Generation est ambitieux mais relève haut la main le défi de faire découvrir l’univers classique de Spider-Man tout en y incorporant la mécanique complexe et compliquée des univers parallèles. Une réussite à voir absolument !

https___www.geekgeneration.fr_wp-content_uploads_2018_11_spider-man-new-generation-1068x447[1]

* : La Terre 616 fait référence à notre réalité dans les comics ou dans les films

Bande-Dessinée/Comics

[BD] Contro Natura

On reprend doucement les chroniques littérature avec la review d’une BD dévorée le Week-end dernier pour laquelle je n’ai pratiquement que des compliments parce que oui, il y a un tout petit mais (qui ne gâche en rien mon enthousiasme pour cette œuvre), cependant oui, je crois qu’on peut encore parler de chef d’œuvre ou de pépite. Décidément, Glénat Comics est coutumière du fait.

Contro Natura : Mirka Andolfo frappe fort avec un premier titre ambitieux

omnibus[1]

Contro Natura raconte l’histoire de Leslie à New Roark avant que la situation ne dégénère complètement à cause des lois en vigueur dans cette ville, notamment une qui contrarie particulièrement la jeune « femme ». A son vingt-cinquième anniversaire chaque personne célibataire de New Roark se voit dans l’obligation de rejoindre le programme d’état afin d’assurer la conservation de chaque espèce via la procréation. Une sorte de site de rencontres institutionalisé et autorisé qui ne laisse pas vraiment la place aux rencontres réelles et fortuites. Le Regard voit et contrôle tout et gare à celui qui ne se conforme à la loi… Pas vraiment étonnant que Leslie ne soit pas plus enjouée à l’idée d’avoir vingt-cinq ans, d’autant que depuis un mois environ il y a aussi ce rêve récurrent aussi érotique qu’angoissant qui n’arrange pas les choses et ne présage rien de bon…

Entre Zootopie et La Ferme des animaux

Comme vous pouvez le constater avec la couverture, Leslie est un animal anthropomorphe, un cochon plus précisément. Et c’est le cas de tous les personnages de cette BD, tout le monde est anthropomorphe et doit obéir à la loi précédemment citée. Ceux qui refusent de la suivre parce qu’ils aiment un animal d’une autre espèce que la leur ou bien font preuve d’homosexualité sont appelé des « Contre-Nature » (d’où le nom de la BD). Et les « Contre-Nature » sont visiblement sévèrement sanctionnés par l’Etat, dirigé par un cochon du nom de Napoléon… Ca ne vous rappelle rien ?…

Après ce petit spoil volontaire de ma part, je pense qu’il est nécessaire de parler des deux grandes influences qui ont fait naitre cette BD ; à ce propos, il y en a sûrement d’autres que j’ai peut-être loupé mais ce sont les deux plus flagrantes alors autant en parler. La première donc, c’est Zootopie pour plusieurs raisons : pas seulement pour l’anthropomorphisme.

  • Leslie ressemble beaucoup à Judy dans le sens où elle ne se sens pas à l’aise dans la société dans laquelle elle vit. Elle se sens différente et rêve d’autre chose comme destinée que celle qui lui semble promise.
  • Le méchant de l’histoire n’est pas forcément celui qu’on croit dans les deux cas, mais vous n’en saurez pas plus ; de même que les partenaires de l’une comme de l’autre leur font former deux couples des plus détonants !
  • Et puis bien sûr, il y a l’anthropomorphisme. Je ne vais détailler ce point : les deux œuvres parlent pour elles-mêmes !…

Néanmoins, à la lecture, ce qui vous sautera aux yeux j’espère, c’est que le scénario s’appuie beaucoup sur une des œuvres phare de George Orwell, la bien nommée Ferme des Animaux, désormais un classique de la littérature paru en 1981. Que ce soient des éléments structurel de l’histoire ou simplement des petits détails glissés à l’attention du lecteur attentif, tout laisse à penser que Mirka Andolfo s’est inspirée (en bien) de George Orwell pour créer son univers propre.

 Une première histoire prometteuse malgré de petites faiblesses scénaristiques

Ce qui m’amène à évoquer la BD d’un point de vue esthétique et scénaristique. D’ailleurs, je vais commencer par dire un mot sur le scénario très rapidement. Si, de manière générale, le scénario de cette histoire tient la route et offre un univers nouveau tout en reposant sur des éléments puisés dans d’autres œuvres, il reste néanmoins quelques lacunes qui affaiblissent un peu l’histoire qui aborde pourtant des thèmes importants et forts. Certains points complexes auraient mérités plus amples explications alors qu’ils donnent l’impression d’être juste survolés par l’auteur. Cela peut peut-être destabiliser le lecteur au point de le faire abandonner sa lecture pour les moins téméraires et c’est vraiment dommage de se dire qu’il y a potentiellement des points de blocages à ce niveau dans une BD de cette qualité.

Cependant pour moi, il y a trop de points positifs pour m’arrêter sur cela. Evidemment que j’accorde de l’importance à la cohérence du récit que l’on m’offre, que ce soit dans une BD, un livre ou un film. C’est primordial pour entrer dans un univers ; et malgré quelques points qui manquent d’explications, le scénario et l’histoire de Contro Natura tiennent la route. Premièrement parce qu’on sent que l’auteur y a mis toute son énergie et sa passion et je pense que les faiblesses scénaristiques proviennent de ça. Cela ne vous est jamais arrivé de créer quelque chose, une histoire, et d’être tellement absorbé dans votre univers que tout ce que vous racontez vous parait logique et cohérent alors qu’une personne extérieure, un lecteur par exemple, aura besoin de plus de détails et d’explications pour trouver les choses cohérentes ? C’est exactement le cas de Contro Natura.

Deuxièmement, les thématiques abordées sont fortes et font réfléchir et c’est assez inattendu pour une première BD. Personnellement, c’est quelque chose que j’adore ! Mais cela implique également une grosse prise de risque : avoir placé la barre trop haute et complètement rater les autres travaux. Mais c’est quand même vachement cool d’avoir de l’ambition pour aborder des sujets importants tels que la place de l’amour dans une société hyper contrôlée, l’homosexualité, parvenir à être soi-même et la place de l’autre… Et enfin et non des moindres : les dessins. Je suis amoureuse des dessins de cette histoire qui servent magnifiquement le scénario inventé par Andolfo. Par contre, autant être franche, cette BD s’adresse à un public averti : il y a (pas mal) de sang et bon nombre de dessins érotiques voire carrément explicites. Cependant, ce n’est jamais vulgaire ; les dessins sont toujours soignés avec un travail de dingue sur les couleurs, la lumière et les ombres. Atmosphères garanties au rendez-vous.

Conclusion

Des dessins splendides et travaillés dans le moindre détail au service d’un premier scénario ambitieux et prometteur de belles choses pour la suite. Mirka Andolfo, auteur/dessinatrice italienne est définitivement quelqu’un à suivre de très près. Je ne peux que vous conseiller sa première BD, Contro Natura, qui ne vous laissera pas indifférents, j’en suis certaine !

Cinéma

La petite sirène made in Netflix

Comme bon nombre d’entre vous (je pense), j’ai un abonnement Netflix et ce que j’aime particulièrement sur cette plateforme, c’est que quel que soit ses goûts il y a toujours quelque chose qui nous correspond. Au cours de flânerie sur ladite plateforme, je suis tombée sur l’adaptation de La petite sirène, célèbre conte de Hans Christian Andersen et probablement mon conte favori. Un peu dubitative avant de lancer le film, je me suis laissée emporter et maintenant, je vous emmène avec moi.

https___ww5.planet-streaming.com_img_1543667723[1]

Oubliez Disney, ou vous serez déçus !

C’est le seul conseil véritablement valable que je peux vous donner si vous voulez apprécier cette adaptation du conte. D’ailleurs, faut-il parler d’adaptation ? Pas vraiment, il s’agit plutôt d’une interprétation. En effet, si le conte original est présent dans les premières du film, l’histoire s’en détache tout en gardant la toile de fond, le fil conducteur du drame qu’est censé vivre la pauvre sirène créée par l’écrivain et conteur danois. C’est un joli coup, peut-être un peu risqué mais la magie opère grâce à un scénario qui tient la route, entre guimauve féérique et drame inévitable sans tomber dans un Happy end à la Disney (souvent trop mièvre à mon goût) !

Personnellement, je n’ai pas eu de difficultés à me détacher du célèbre dessin animé. Il faut dire qu’il est déjà bien éloigné du conte de base ; je n’ai rien contre et je comprends pourquoi – allez dire à un enfant que lorsque la petite sirène marche, ce sont autant de lames de poignards enfoncés dans ces pieds… De quoi faire de bons cauchemars ! Et je ne parle pas de ce qu’elle doit faire afin de redevenir une sirène pour retrouver ses sœurs… Il vaut mieux que les enfants restent avec Ariel, Eric, Polochon, Sébastien et Eurêka, vous pouvez me croire ! – pour autant ce n’est pas mon Disney préféré, même si les persos et les chansons sont cools. C’est pour cette raison à mon avis que j’ai pu m’approprier si facilement ce nouvel univers, bien plus sombre que le joyeux dessin animé.

L’action se déroule aux Etats-Unis, plus précisément aux abords du fleuves Mississippi, terre de légendes urbaines. Donc quoi de plus naturel que d’y situé une histoire légendaire avec une sirène ? C’est la première différence majeure. Ensuite et sans en dévoiler trop, le personnage de la sirène change de nom et s’appelle Elizabeth et est bien plus sombre et vulnérable que sa consœur Disney, justement parce que l’histoire en elle-même est plus sombre, encore une fois ! J’insiste beaucoup sur ce point mais ça me parait important parce que j’ai aperçu des commentaires assez négatifs sur le film de la plateforme Netflix et c’est idiot parce que Netflix n’a jamais dit que cela serait l’adaptation en film du dessin animé. Pour retrouver Ariel en chair et en os (si je puis dire), il faudra attendre encore quelques mois puisque Rob Marshall a réalisé un remake du dessin animé de 1989.

Un mix entre The Greatest Showman et De l’eau pour les éléphants

Je suis consciente que chaque film est unique et qu’il est souvent maladroit de vouloir établir une comparaison entre plusieurs films. D’ailleurs, ce n’est que mon avis par rapport aux différents films que j’ai pu voir et il se peut très bien que le film de Blake Harris vous fasse penser à d’autres films que ceux cités en titre.

Néanmoins cela s’explique que les trois films ont en commun le thème du cirque et de la foire itinérante. De plus je trouve qu’il y a un traitement de la lumière et des décors qui rappelle l’atmosphère du film de l’Eau pour les éléphants. Et… cela s’arrête là en fait. Ce film est une interprétation du conte avec une atmosphère particulière qui est autant envoutante qu’inquiétante, du fait des personnages et du thème. Rien que pour cette raison, vous devez voir ce film. Les personnages sont tous attachants (sauf le grand méchant bien sûr) malgré le manque de profondeur de certains. Mais rien de dommageable pour l’ensemble au final.

http___www.vistazo.com_sites_default_files_field_image_2017_03_10_c6h_atsvoaauyqb[1]Film à voir absolument ! Disponible sur Netflix.

Ps : Bonne et heureuse année 2019 ! Tous mes vœux de bonheur.