Cinéma

Comme un poisson dans l’eau

Il y a quelques jours j’ai été voir Aquaman de James Wan, sorti il y a déjà quelques semaines. J’avais été très enthousiaste à la sortie de la bande-annonce et le film ne m’a déçue. Cela étant, il ne m’a conquise non plus. Bon film mais sans plus – je vous livre mon ressenti détaillé.

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L’Atlantide se cherche un nouveau Roi, trouve un héros.

Le film relate donc l’histoire d’Arthur Curry alias Aquaman, son existence partagée entre deux mondes : celui de la Surface, où il a grandit avec son père, gardien de phare et celui de sa mère, sous-marin et qu’il ne connait qu’au travers des récits légendaires qu’on lui en a fait. Jusque-là tout va bien dans le meilleur des mondes, cependant la situation ne dure pas et lorsque Orm, le demi-frère d’Arthur, pète un câble et décide de déclencher une guerre avec le monde de la Surface pour sécuriser sa place sur le trône atlante. Afin de protéger la terre et les océans, Arthur n’a d’autres choix que de partir en quête du légendaire trident du Roi Atlan, premier Roi de l’Atlantide, alors capitale prospère d’un Royaume vaste et unifié. Rajoutez à cela une quête personnelle d’identité et d’appartenance et vous obtenez le film de James Wan.

Un schéma classique

Le schéma classique du film de super-héros en somme : le protagoniste principal écartelé entre deux mondes qui a du mal à accepter une partie de son héritage, les conflits familiaux avec le demi-frère ou la demi-sœur (il ne fait pas bon être une famille recomposée dans les films de super-héros), la belle à sauver et/ou à protéger, bien qu’elle ne soit pas en détresse et les super-méchants qui ont un rôle ben… de super-méchant avec tout ce que ça implique ! Sans oublier le traditionnel Happy Ending et ça, c’est très important dans un film de super-héros.

Aquaman c’est ça, ni plus ni moins. D’ailleurs je n’ai rien à lui reprocher de ce côté-là puisque c’est ce pourquoi j’y suis allée et totalement ce à quoi je m’attendais. Donc pas de surprise, pas de déception et puis mes motivations se résumaient ainsi : Jason Momoa. Oui, je fais partie de ces filles qui, dès qu’on leur montre un gars un peu musclé, un peu beau gosse (si tant est que l’on s’accorde sur la définition), ne répondent plus et ont parfois des réactions pour le moins étranges. Heureusement ce qui me rassure, c’est que je ne suis pas la seule dans ce cas… Se rincer l’œil une fois de temps en temps ne fait pas de mal !

Cependant, même si les films estampillés DC Comics sont bien meilleurs depuis un certain temps, ils sont encore loin du compte pour pouvoir espérer égaler Marvel Studios et quelques un de ses meilleurs Blockbusters (je pense notamment à Black Panther). Cela se vérifie encore une fois avec Aquaman que j’ai trouvé trop long – d’ailleurs un couple est parti avant la fin de la projection – et assez inégal au niveau du rythme. Sans oublier que l’enchainement des effets spéciaux m’a donné mal à la tête.

Néanmoins, j’ai passé un bon moment et je suis contente de l’avoir vu au cinéma. Puis c’est toujours un plaisir de voir Willem Dafoe et Nicole Kidman à l’écran.

Cinéma

Soupe à la Guimauve !

Etant donné que l’Esprit de Noël présent semble vouloir jouer les prolongations et qu’il a neigé à gros flocons sur Lyon ce matin, j’ai décidé d’aller passer ma journée au cinéma et j’ai été voir non pas un mais deux films : Le retour de Mary Poppins et Aquaman. Une semaine de plus, et je pense que je les aurais loupés tous les deux ; évidemment et pour plus de clarté, je détaillerai mon ressenti sur chaque film dans un article séparé. Commençons donc par le Retour de Mary Poppins signé Rob Marshall, toujours d’après l’œuvre de Pamela L. Travers.

Un film inégal avec malgré tout de bonnes surprises

Je ne pensais vraiment pas dire ça un jour, encore moins l’écrire noir sur blanc mais il faut reconnaitre que j’ai passé un bon moment seule dans ma salle. C’est un assez bon film… pour une suite Disney dont le titre n’est autre que : Le retour de Mary Poppins. Cependant, cela reste la suite d’une franchise mondialement connue et appréciée et malheureusement je cherche encore le morceau de sucre qui aide la médecine à couler.

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Est-ce que c’était mieux avant ?

Je crois qu’on peut légitimement se poser la question. Néanmoins, il me semble qu’une réponse tranchée à ce sujet, ce serait faire preuve d’ignorance et surtout de mépris vis-à-vis du film et de tout le travail qu’il y a pu y avoir derrière ; c’est facile pour un spectateur de critiquer avec la fameuse locution « c’était mieux avant » ou tout autre chose dans le même genre, il a le produit fini entre les mains ou plutôt sous les yeux devrai-je dire… mais les acteurs et tout le staff derrière avec les différentes équipes ont fourni un travail monstrueux et dire « c’était mieux avant » c’est justement ne pas respecter ce travail. On ne vous demande pas d’aller voir un film si n’en avez strictement rien à faire ou pas envie !

Quant à répondre oui ou non à cette question, c’est compliqué. Je me souviens lors des premières images aperçues sur Internet m’être insurgée contre ce que je considérais être une insulte à mon enfance, m’être dit que jamais je n’irais voir cette suite, ce « navet annoncé ». (Je me cite) Quelques mois plus tard, je me retrouve quasiment à défendre le film. Tout arrive un jour je suppose… mais c’est surtout parce que le film a des arguments à faire valoir. Cependant, avant de revenir sur les arguments de cette suite, je voudrais d’abord revenir sur les points qui étayent la thèse du « C’était mieux avant ».

  • Julie Andrews. Bien qu’Emily Blunt campe une Mary Poppins convenable et tienne la route tout au long du film, c’est difficile de passer après quelqu’un comme Julie Andrews ; pour moi, Emily Blunt manquait de douceur et était un peu trop sèche avec les Banks, qu’ils soient adultes ou enfants. Résultat : Mary Poppins n’attire pas spontanément la sympathie vers elle alors qu’elle est censée être cette nounou que tout le monde rêve ou a rêvé d’avoir.
  • Les effets spéciaux. Pas parce qu’il y en a ou parce qu’ils sont mal fait (ce n’est pas le cas), mais justement à cause de l’époque ; c’est tellement normal d’en avoir de nos jours qu’on ne se pose pas la question de savoir comment mais plutôt en quelle quantité et à quel moment. A l’inverse en 1956, tout la question était de savoir comment – comment faire plonger quatre personnes dans un dessin de rue ? Elle était là, la magie.
  • Les chansons. Pour ce point, je suis très partagée en réalité. La petite fille que j’étais à 6 ans crie au scandale, cherche son morceau de sucre, veut ranger sa chambre en claquant des doigts et regrette infiniment que le film n’est fait aucune mention d’un certain mot magique commençant par la lettre S…

… mais en même temps, je suis bien forcée de constater que certaines de ces nouvelles chansons m’ont plu, sans doute pas au point de les chanter à tue-tête par la suite ni non plus de les avoir dans la tête pendant plusieurs jours, néanmoins certaines ont parlé à mon âme d’enfant et m’ont aidé à apprécié ce film à sa juste valeur. Oui, j’admets : j’ai lâcher prise (un peu) et j’ai trouvé des points positifs à ce retour :

  • Les enfants Banks. Annabel, John et le petit Georgie Banks ; je me suis attachée à eux parce qu’il le sont vraiment, attachants. Je les ai suivi avec plaisir dans leurs folles aventures et pour le coup, je suis sortie du ciné en me disant que ses trois enfants-là avaient réellement mérités d’avoir croisé la route de la nounou fantasque et fantastique qu’est Mary Poppins alors que pour Jane et Michael, c’était plus un caprice d’enfants pourri-gâtés.
  • Avoir Lin-Manuel Miranda, Meryl Streep, Colin Firth, Julie Walters, Ben Whishaw et Angela Lansbury dans un même film, on ne dit pas non. Jamais. Plus sérieusement, tous ces acteurs sont géniaux et s’acquittent à merveille de leurs rôles. Les prestations de Meryl Streep en cousine déglinguée et fantasque de Mary Poppins, de Colin Firth en grand méchant et d’Angela Lansbury valent le coup d’œil, même s’il est certain que les doublures ne sont jamais bien loin lorsqu’il est question de dance et de chorégraphies…
  • Les chorégraphies parlons-en justement. Elles sont techniques et très travaillées : elles apportent un véritable cachet au long-métrage. Des chansons et des danses, c’est ce qu’on attend d’un film où il est question de Mary Poppins même s’il est certain que toutes les danses n’ont pas été réalisées par les acteurs eux-mêmes et sur ce point, Le retour de Mary Poppins est au rendez-vous. Il y a quelque chose de très Fred Astaire dans certaines et c’est juste époustouflant et beau à regarder. C’est indéniablement un des points forts de ce film !
  • Le deuxième point fort du film, et non des moindres, c’est qu’il respecte son prédécesseur en s’inscrivant dans sa lignée par le biais de clins d’œil plus ou moins appuyés ; peut-être qu’il y en a trop, je n’en sais rien mais en tout cas, on sent qu’il y a eu la volonté de ne froisser personne parmi ceux qui auraient eu des doutes légitimes quant au pourquoi de ce film. Je ne vais pas tous les énumérer mais il y en a dans la musique, dans les personnages (on retrouve Dick Van Dyke et Karen Dotrice) ou bien les situations et ces clins d’œil sont autant de marqueurs pour vous rappeler que Mary Poppins ne vous a pas oublié mais que vous avez fait comme Jane et Michael, vous avez grandi.

 

Conclusion

Au premier coup d’œil le sirop est amer et le morceau de sucre semble avoir disparu mais il se pourrait bien que ce ne soit pas tout à fait le cas. Bien sûr, certains personnages sont maladroitement campés, notamment Mary Poppins (malheureusement et c’est un comble) et Jane Banks (un peu trop nunuche à mon goût) et la magie des premières fois n’est plus qu’un souvenir pour celles et ceux qui chérissent le Mary Poppins de 1956. Néanmoins, il serait injuste de lyncher ce film au prétexte du « mais c’était mieux avant » parce qu’il a quelques qualités et arguments à faire valoir. Comme le dit une chanson du film Méfiez-vous des apparences, ce film pourrait peut-être vous surprendre… Donc si vous ne lui avez pas laissé sa chance sur grand écran, peut-être qu’après la lecture de cet article, vous lui laisserez sa chance sur petit écran ?…

 

Littérature

[Contemporain] Legendary (Caraval – Tome 2)

J’avais écrit un article pour le premier tome de Caraval, livre que j’avais littéralement dévoré lorsque j’avais mis la main dessus. Depuis la Saga Harry Potter, aucun livre n’a suscité mon intérêt et mon enthousiasme autant que cette série. J’ai retenu deux choses de ma lecture de la suite des aventures des sœurs Dragna, Scarlet et Donatella : la première c’est que mon article sur le premier tome ne rend pas tellement justice à l’ouvrage parce que je suis restée trop vague et la deuxième c’est que malheureusement, j’en veux encore et qu’il va falloir attendre…

La magie continue d’opérer

Si vous avez aimé le premier tome, Caraval, je pense sans me mouiller que vous aimerez cette suite, ô combien haletante et bien plus sombre que le premier volume. Stéphanie Garber nous emmène dans un voyage onirique sur les traces de la mère des deux héroïnes mais également sur les traces de Légende, Maitre du jeu de Caraval, toujours aussi insaisissable qu’un courant d’air.

Pour être franche, j’avais un peu peur de ne pas accrocher à cet opus. J’avais tellement adoré le premier, j’avais tellement été transportée dans un autre monde, un monde extraordinaire que j’avais peur que la suite ne soit pas à la hauteur de mes attentes. Et finalement, malgré un début et une première partie un peu trop poussive à mon goût, la magie de Caraval continue d’opérer. Pour mon plus grand bonheur !

Nous retrouvons donc Scarlet et Donatella où nous les avions laissées lors du tome 1, à la différence que cette fois, c’est bien Donatella « Tella » Dragna qui se trouve être au centre de l’aventure. En effet, la jeune fille s’est lancée dans une quête aussi belle que désespérée : la recherche de sa mère, disparue depuis des années sans laisser de traces. Pour se faire, elle se voit dans l’obligation de participer à la nouvelle édition de Caraval, qui se déroule à Valenda à l’occasion du 75ème anniversaire de l’impératrice Elantine. Nouveau jeu, nouvelles règles. C’est tout ce que je peux vous dire concernant l’intrigue sans prendre le risque de vous la dévoiler.

Une suite très satisfaisante

De mon point de vue, Legendary avait autant de chance d’être un échec qu’une réussite flamboyante. Le début était un peu maladroit mais nécessaire quand même pour planter un des éléments centraux de cette nouvelle histoire ; et puis j’ai eu plus de mal à m’attacher à Tella, trop indépendante avec des idées beaucoup trop tranchées pour éprouver de l’empathie pour elle. Sauf que, sauf que… comme tous les meilleurs personnages de roman, Donatella évolue et n’hésite pas à se remettre en question afin de poursuivre l’aventure et heureusement pour elle et le lecteur.

C’est d’ailleurs toute la force de ce personnage qui me parait bien plus complexe et intéressant que sa sœur, rétrospectivement. Sans oublier le personnage de Légende bien sûr. Son ombre plane tout au long du roman jusqu’à devenir réelle et bien palpable à la fin du livre… On pourrait croire qu’avec l’apparition tangible de Légende, l’intrigue trouverait son dénouement de façon logique mais cette révélation ne fait qu’ajouter une dimension supplémentaire au mystère qui l’entoure. Stéphanie Garber aime mener ses lecteurs en bateau. Elle est passée maitre dans l’élaboration d’intrigues complexes et j’en redemanderai jusqu’à la fin de cette série absolument captivante et génialissime. Si j’osais le jeu de mot, je vous dirai que Legendary est légendaire …

Je vous la recommande vivement !

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Vous pouvez relire mon article sur Caraval ici.

Ps : une relecture du premier tome est fortement conseillée.

Cinéma

Pourquoi se contenter d’un seul Spider-Man, quand on peut en avoir plusieurs ?

Petite séance cinéma hier après-midi pour Spider-Man : New Generation de Peter Ramsey, Bob Persichetti et Rodney Rothman. Et autant de société de production… Enfin en même temps, c’est tout à fait logique : ce film d’animation a dû disposer d’un budget colossal pour être réalisé donc faire appel à trois société de production au lieu d’une, c’est normal et le résultat final vaut la peine. De quoi vous permettre de faire la paix avec le célèbre tisseur de toile.

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SpiderMan est mort ! Vive SpiderMan !

Si vous êtes comme moi et que vous aimez les Comics et Super-héros de Marvel, vous appréciez sans doute Spider-Man. C’est mon cas, sauf que je commençais à faire une légère indigestion de Peter Parker… Avec trois incarnations (plus ou moins réussies d’ailleurs), je crois qu’on peut affirmer connaitre l’histoire du jeune journaliste sur le bout des doigts : l’araignée radioactive, MJ, Oncle Ben, un grand pouvoir… et j’en passe. Mais vous avez saisi l’idée. C’est alors qu’arrive le jeune Miles Morales pour dépoussiérer tout ça et enfin se faire connaitre du grand public. Il était temps (et ça décoiffe) !

Synopsis

Brooklyn, New-York – Terre 616* – Miles Morales est un ado comme tout le monde dont le père est flic et la mère infirmière, et comme beaucoup d’ado ses relations avec son père sont tendues, d’autant que le jeune homme aime beaucoup repeindre les murs de New-York avec son oncle Aaron, aidé de bombes de peinture. Activité pas très, très légale du point de vue policier… Bref, une vie d’ado normale avec ses problèmes d’ado. Enfin ça, c’était avant une certaine araignée radioactive… et le Caïd qui semble bien décidé à anéantir Spider-Man une bonne fois pour tout pour mener à bien le projet qui l’anime et qui risque de mettre en péril le reste de l’humanité. Miles pourra alors compter sur l’aide précieuse de cinq homologues venus d’univers différents pour lui prêter main forte dans sa lutte contre le Caïd.

Un pari osé mais réussi pour un renouvellement brillant et mérité !

C’est rare de voir un film aussi long (environ 2h) de cette qualité ! C’est un plaisir autant pour les yeux que pour les oreilles : les différents rap qui accompagnent l’histoire sont juste parfaits. En ce qui concerne le dessin, c’est un mélange de réalisations 3D et 2D ; de prime abord, on pourrait penser que le mélange des deux ne donnerait pas un résultat satisfaisant mais c’est tout le contraire. La 2D rappelle l’univers de la bande-dessinée par petite touches savamment disposées pour éviter un sentiment de lourdeur que l’on s’attend forcément un peu à trouver sur un film de 2h.

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En réalité, on ne s’ennuie pas une seconde : c’est rythmé, dynamique… Il y a de l’humour et chaque Spider-Man a son type d’humour et c’est génial de leur avoir attribué une personnalité propre sans en faire des copier/coller du super-héros d’origine plus ou moins réussis. Et puis évidemment, puisque Spider-Man meurt pour laisser la place à un autre Spider-Man, il est question de filiation et de transmission tout au long du film et ces questions sont très bien abordées et traitées.

Conclusion

Un film dynamique de par son rythme qui va à 100 à l’heure (heureusement pour un film de super-héros) et par son parti-pris graphique mélangeant à la fois la 3D et 2D pour renforcer sa profondeur puisqu’il faut allier le monde moderne et le monde passé. Spider-Man : New Generation est ambitieux mais relève haut la main le défi de faire découvrir l’univers classique de Spider-Man tout en y incorporant la mécanique complexe et compliquée des univers parallèles. Une réussite à voir absolument !

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* : La Terre 616 fait référence à notre réalité dans les comics ou dans les films

Bande-Dessinée/Comics

[BD] Contro Natura

On reprend doucement les chroniques littérature avec la review d’une BD dévorée le Week-end dernier pour laquelle je n’ai pratiquement que des compliments parce que oui, il y a un tout petit mais (qui ne gâche en rien mon enthousiasme pour cette œuvre), cependant oui, je crois qu’on peut encore parler de chef d’œuvre ou de pépite. Décidément, Glénat Comics est coutumière du fait.

Contro Natura : Mirka Andolfo frappe fort avec un premier titre ambitieux

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Contro Natura raconte l’histoire de Leslie à New Roark avant que la situation ne dégénère complètement à cause des lois en vigueur dans cette ville, notamment une qui contrarie particulièrement la jeune « femme ». A son vingt-cinquième anniversaire chaque personne célibataire de New Roark se voit dans l’obligation de rejoindre le programme d’état afin d’assurer la conservation de chaque espèce via la procréation. Une sorte de site de rencontres institutionalisé et autorisé qui ne laisse pas vraiment la place aux rencontres réelles et fortuites. Le Regard voit et contrôle tout et gare à celui qui ne se conforme à la loi… Pas vraiment étonnant que Leslie ne soit pas plus enjouée à l’idée d’avoir vingt-cinq ans, d’autant que depuis un mois environ il y a aussi ce rêve récurrent aussi érotique qu’angoissant qui n’arrange pas les choses et ne présage rien de bon…

Entre Zootopie et La Ferme des animaux

Comme vous pouvez le constater avec la couverture, Leslie est un animal anthropomorphe, un cochon plus précisément. Et c’est le cas de tous les personnages de cette BD, tout le monde est anthropomorphe et doit obéir à la loi précédemment citée. Ceux qui refusent de la suivre parce qu’ils aiment un animal d’une autre espèce que la leur ou bien font preuve d’homosexualité sont appelé des « Contre-Nature » (d’où le nom de la BD). Et les « Contre-Nature » sont visiblement sévèrement sanctionnés par l’Etat, dirigé par un cochon du nom de Napoléon… Ca ne vous rappelle rien ?…

Après ce petit spoil volontaire de ma part, je pense qu’il est nécessaire de parler des deux grandes influences qui ont fait naitre cette BD ; à ce propos, il y en a sûrement d’autres que j’ai peut-être loupé mais ce sont les deux plus flagrantes alors autant en parler. La première donc, c’est Zootopie pour plusieurs raisons : pas seulement pour l’anthropomorphisme.

  • Leslie ressemble beaucoup à Judy dans le sens où elle ne se sens pas à l’aise dans la société dans laquelle elle vit. Elle se sens différente et rêve d’autre chose comme destinée que celle qui lui semble promise.
  • Le méchant de l’histoire n’est pas forcément celui qu’on croit dans les deux cas, mais vous n’en saurez pas plus ; de même que les partenaires de l’une comme de l’autre leur font former deux couples des plus détonants !
  • Et puis bien sûr, il y a l’anthropomorphisme. Je ne vais détailler ce point : les deux œuvres parlent pour elles-mêmes !…

Néanmoins, à la lecture, ce qui vous sautera aux yeux j’espère, c’est que le scénario s’appuie beaucoup sur une des œuvres phare de George Orwell, la bien nommée Ferme des Animaux, désormais un classique de la littérature paru en 1981. Que ce soient des éléments structurel de l’histoire ou simplement des petits détails glissés à l’attention du lecteur attentif, tout laisse à penser que Mirka Andolfo s’est inspirée (en bien) de George Orwell pour créer son univers propre.

 Une première histoire prometteuse malgré de petites faiblesses scénaristiques

Ce qui m’amène à évoquer la BD d’un point de vue esthétique et scénaristique. D’ailleurs, je vais commencer par dire un mot sur le scénario très rapidement. Si, de manière générale, le scénario de cette histoire tient la route et offre un univers nouveau tout en reposant sur des éléments puisés dans d’autres œuvres, il reste néanmoins quelques lacunes qui affaiblissent un peu l’histoire qui aborde pourtant des thèmes importants et forts. Certains points complexes auraient mérités plus amples explications alors qu’ils donnent l’impression d’être juste survolés par l’auteur. Cela peut peut-être destabiliser le lecteur au point de le faire abandonner sa lecture pour les moins téméraires et c’est vraiment dommage de se dire qu’il y a potentiellement des points de blocages à ce niveau dans une BD de cette qualité.

Cependant pour moi, il y a trop de points positifs pour m’arrêter sur cela. Evidemment que j’accorde de l’importance à la cohérence du récit que l’on m’offre, que ce soit dans une BD, un livre ou un film. C’est primordial pour entrer dans un univers ; et malgré quelques points qui manquent d’explications, le scénario et l’histoire de Contro Natura tiennent la route. Premièrement parce qu’on sent que l’auteur y a mis toute son énergie et sa passion et je pense que les faiblesses scénaristiques proviennent de ça. Cela ne vous est jamais arrivé de créer quelque chose, une histoire, et d’être tellement absorbé dans votre univers que tout ce que vous racontez vous parait logique et cohérent alors qu’une personne extérieure, un lecteur par exemple, aura besoin de plus de détails et d’explications pour trouver les choses cohérentes ? C’est exactement le cas de Contro Natura.

Deuxièmement, les thématiques abordées sont fortes et font réfléchir et c’est assez inattendu pour une première BD. Personnellement, c’est quelque chose que j’adore ! Mais cela implique également une grosse prise de risque : avoir placé la barre trop haute et complètement rater les autres travaux. Mais c’est quand même vachement cool d’avoir de l’ambition pour aborder des sujets importants tels que la place de l’amour dans une société hyper contrôlée, l’homosexualité, parvenir à être soi-même et la place de l’autre… Et enfin et non des moindres : les dessins. Je suis amoureuse des dessins de cette histoire qui servent magnifiquement le scénario inventé par Andolfo. Par contre, autant être franche, cette BD s’adresse à un public averti : il y a (pas mal) de sang et bon nombre de dessins érotiques voire carrément explicites. Cependant, ce n’est jamais vulgaire ; les dessins sont toujours soignés avec un travail de dingue sur les couleurs, la lumière et les ombres. Atmosphères garanties au rendez-vous.

Conclusion

Des dessins splendides et travaillés dans le moindre détail au service d’un premier scénario ambitieux et prometteur de belles choses pour la suite. Mirka Andolfo, auteur/dessinatrice italienne est définitivement quelqu’un à suivre de très près. Je ne peux que vous conseiller sa première BD, Contro Natura, qui ne vous laissera pas indifférents, j’en suis certaine !

Cinéma

La petite sirène made in Netflix

Comme bon nombre d’entre vous (je pense), j’ai un abonnement Netflix et ce que j’aime particulièrement sur cette plateforme, c’est que quel que soit ses goûts il y a toujours quelque chose qui nous correspond. Au cours de flânerie sur ladite plateforme, je suis tombée sur l’adaptation de La petite sirène, célèbre conte de Hans Christian Andersen et probablement mon conte favori. Un peu dubitative avant de lancer le film, je me suis laissée emporter et maintenant, je vous emmène avec moi.

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Oubliez Disney, ou vous serez déçus !

C’est le seul conseil véritablement valable que je peux vous donner si vous voulez apprécier cette adaptation du conte. D’ailleurs, faut-il parler d’adaptation ? Pas vraiment, il s’agit plutôt d’une interprétation. En effet, si le conte original est présent dans les premières du film, l’histoire s’en détache tout en gardant la toile de fond, le fil conducteur du drame qu’est censé vivre la pauvre sirène créée par l’écrivain et conteur danois. C’est un joli coup, peut-être un peu risqué mais la magie opère grâce à un scénario qui tient la route, entre guimauve féérique et drame inévitable sans tomber dans un Happy end à la Disney (souvent trop mièvre à mon goût) !

Personnellement, je n’ai pas eu de difficultés à me détacher du célèbre dessin animé. Il faut dire qu’il est déjà bien éloigné du conte de base ; je n’ai rien contre et je comprends pourquoi – allez dire à un enfant que lorsque la petite sirène marche, ce sont autant de lames de poignards enfoncés dans ces pieds… De quoi faire de bons cauchemars ! Et je ne parle pas de ce qu’elle doit faire afin de redevenir une sirène pour retrouver ses sœurs… Il vaut mieux que les enfants restent avec Ariel, Eric, Polochon, Sébastien et Eurêka, vous pouvez me croire ! – pour autant ce n’est pas mon Disney préféré, même si les persos et les chansons sont cools. C’est pour cette raison à mon avis que j’ai pu m’approprier si facilement ce nouvel univers, bien plus sombre que le joyeux dessin animé.

L’action se déroule aux Etats-Unis, plus précisément aux abords du fleuves Mississippi, terre de légendes urbaines. Donc quoi de plus naturel que d’y situé une histoire légendaire avec une sirène ? C’est la première différence majeure. Ensuite et sans en dévoiler trop, le personnage de la sirène change de nom et s’appelle Elizabeth et est bien plus sombre et vulnérable que sa consœur Disney, justement parce que l’histoire en elle-même est plus sombre, encore une fois ! J’insiste beaucoup sur ce point mais ça me parait important parce que j’ai aperçu des commentaires assez négatifs sur le film de la plateforme Netflix et c’est idiot parce que Netflix n’a jamais dit que cela serait l’adaptation en film du dessin animé. Pour retrouver Ariel en chair et en os (si je puis dire), il faudra attendre encore quelques mois puisque Rob Marshall a réalisé un remake du dessin animé de 1989.

Un mix entre The Greatest Showman et De l’eau pour les éléphants

Je suis consciente que chaque film est unique et qu’il est souvent maladroit de vouloir établir une comparaison entre plusieurs films. D’ailleurs, ce n’est que mon avis par rapport aux différents films que j’ai pu voir et il se peut très bien que le film de Blake Harris vous fasse penser à d’autres films que ceux cités en titre.

Néanmoins cela s’explique que les trois films ont en commun le thème du cirque et de la foire itinérante. De plus je trouve qu’il y a un traitement de la lumière et des décors qui rappelle l’atmosphère du film de l’Eau pour les éléphants. Et… cela s’arrête là en fait. Ce film est une interprétation du conte avec une atmosphère particulière qui est autant envoutante qu’inquiétante, du fait des personnages et du thème. Rien que pour cette raison, vous devez voir ce film. Les personnages sont tous attachants (sauf le grand méchant bien sûr) malgré le manque de profondeur de certains. Mais rien de dommageable pour l’ensemble au final.

http___www.vistazo.com_sites_default_files_field_image_2017_03_10_c6h_atsvoaauyqb[1]Film à voir absolument ! Disponible sur Netflix.

Ps : Bonne et heureuse année 2019 ! Tous mes vœux de bonheur.