Littérature

[Contemporain] La chambre des Merveilles

Je tiens des petites listes de livres à lire ou que j’aimerais acheter ou lire ; le plus souvent ces listes ne sont ni plus ni moins que des post-it ou des petits bout de papier, arrachés de bloc-notes plus importants. Si je vous parle de cela, c’est parce que j’y avais inscrit le livre de Julien Sandrel, parce que je voulais l’acheter pour le lire par la suite puisque tout le monde parlait plutôt bien de ce petit livre. Heureusement que je n’ai pas eu à arriver à des extrémités pareilles et que je vais pouvoir mettre mes sous dans d’autres romans, d’autres récits et d’autres histoires authentiques ou fictive grâce à la bibliothèque, où j’ai emprunté le livre que je viens de finir sans mal.

La chambre des MerveillesJulien Sandrel

 Après avoir lu ces quelques lignes vous devez vous dire que je n’ai pas aimé cette lecture. Pour vous contredire et à la fois vous donnez raison : ce livre n’est pas indispensable à lire sauf en période estivale ; c’est ce que j’appelle un roman d’été et il ne changera pas votre existence de façon radicale. Cela dit, l’ouvrage est assez plaisant à lire et les pages défilent – un feelgood book en somme. Quoi de mieux pour vos vacances d’été si vous aimez ce genre de littérature ? Au moins vous ne vous prendrez pas la tête et l’histoire vous occupera une journée voire deux si vous êtes très occupés pendant vos congés.

9782702162897-001-T[1]

« Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère, Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part, fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet.

Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis. En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. A l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie.

Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles, elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut-être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait. Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante ans… »

La chambre des merveilles – Julien Sandrel, Quatrième de couverture, ed. Calmann Levy, 2018.

Voilà, vous venez de le lire indirectement ! Plus sérieusement, la quatrième de couv’ n’offre aucune surprise et ce qu’elle annonce, c’est ce à quoi vous avez droit si vous avez le lire entre les mains – ni plus ni moins.

Comme je le disais plus haut, ce bouquin se lit extrêmement rapidement sans pour autant que ce soit une épreuve. On passe un bon moment de lecture qui ne dure que le temps de la lecture ; on ne s’attache pas vraiment à Thelma ni à son fils et aux autres personnages parce qu’à vrai dire, on n’a pas vraiment le temps de s’attacher ni de quoi s’attacher, les personnages sont plats et on reste à la surface des choses, ce qui donne une impression de convenu malgré tout plaisante. L’auteur à malgré tout quelques fulgurances qui jalonnent son roman de temps à autre mais sans plus. Encore une fois, lisez-le vous ne serez pas déçus : c’est exactement ce pourquoi vous l’avez dans les mains ; par contre, achetez-le et je suis à peu près certaine que vous serez déçus d’avoir placé votre argent dedans !

Littérature

[Revue littéraire] America 4/16

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas parlé de la revue littéraire America et j’ai décidé d’y remédier. On oubliera de souligner que j’ai un retard d’environ 6 à 8 mois sur ma liste de lecture… Sans commentaires, vraiment.

Ce numéro d’America se concentre sur le premier anniversaire du 45ème POTUS* à la maison blanche. C’est peut-être un triste anniversaire pour beaucoup de gens mais c’est aussi un motif de célébration pour les partisans de 45. America s’attache à montrer cette ambivalence au fil de ses parutions avec un recul suffisant et très appréciable depuis le début. Sans oublier les pointes d’humour de certains articles : je pense notamment à la chronique du poisson rouge de la Maison Blanche. Cette chronique est un vrai plaisir à chaque fois et celle de ce numéro ne fait pas exception. J’adore le ton adopté dans cette chronique et je pense que le point de vue adopté joue aussi beaucoup ; un poisson rouge qui rend compte des faits et gestes du locataire de la Maison Blanche dans le bureau ovale, il fallait y penser ! Voilà pour cette petite chronique. J’avais vraiment envie d’en parler parce qu’il ne me semble pas l’avoir déjà fait, du moins pas dans le détail et c’est un des fils rouges de cette revue littéraire.

Revue America 4

Autre fil rouge, celui de la thématique : ce quatrième numéro traite de la violence par armes à feu (après avoir traité le fonctionnement policier et la violence présente dans certains quartiers de villes déshéritées des Etats-Unis et l’histoire sombre et parfois violente du FBI) avec un dossier extrêmement complet sur le sujet. Il comprend un article écrit par Stephen King (dont j’ai prévu de lire trois ouvrages, peut-être 2 d’ici la fin de l’année) sur les mécanismes de violence liés aux trop nombreuses fusillades qui ont lieu régulièrement dans le Pays, suivi d’un dossier signé Benjamin Whitmer sur l’institutionnalisation de la violence aux Etats-Unis, ses différentes formes et surtout son origine et ses conséquences. Whitmer n’est pas journaliste mais écrivain et pourtant j’ai eu l’impression de lire article journalistique comme l’on peut en trouver parfois dans la presse, notamment américaine d’ailleurs. C’est un article riche et passionnant que je vous recommande vivement si vous voulez en apprendre plus sur l’Histoire des Etats-Unis, tout en appréciant la qualité de l’écrit. Enfin le troisième et dernier article traite de la violence comme d’un moyen pour aller vers les autres et s’ouvrir afin de partager une histoire marquée par la violence qu’elle qu’en soit sa forme. Ryan Gattis évoque son expérience et sa rencontre avec la violence et comment cela lui a ouvert des portes insoupçonnées. En fait, il est plutôt question des « bénéfices » de la violence (sans pour autant la cautionner) en terme de résilience pour surmonter les épreuves liées à une forme de violence.

Et puis sinon, vous retrouverez un entretien de Gay Talese et Tom Wolfe (décédé récemment), réalisé par François Busnel sur le Nouveau Journalisme et ce que ça a changé dans la profession et puis leur point de vue sur tout un tas de sujets. C’est très plaisant à lire également. Enfin l’auteur américain à (re)découvrir dans ce numéro n’est autre que Jack Kerouac et son emblématique Sur la route ; je n’ai pas lu les pages consacrées puisque je l’ai relu il n’y a pas si longtemps et que vous pouvez retrouver ma critique sur cet article !

Allez ! Plus qu’un trimestre à rattraper. Une bagatelle !…

*POTUS : President of the United States – acronyme utilisé sur Twitter.