Actualités

Des nouvelles de mes lectures

Je prends un petit moment pour vous donner des nouvelles au bout de trois semaines de stage. Stage que j’ai commencé le 13 mars dernier à la médiathèque de la ville d’où je suis originaire.

Bibliothèques[1]

Pour le moment, tout se passe bien. Je m’entends bien avec mes collègues et certaines journées me paraissent plus longues et plus fatigantes que d’autres mais je n’ai pas à me plaindre, tout le monde est très à l’écoute et l’adaptation est mutuelle. En ce qui concerne la phase « mémoire de stage », je n’ai pas encore commencé la rédaction mais la collecte d’informations avance plutôt bien et le plan du futur document commence à prendre forme doucement.

Par contre, fait pour le moins étrange : je n’ai jamais aussi peu lu que depuis que j’ai débuté mon stage (en réalité, je lis beaucoup de travaux de recherches et d’articles voire des rapports concernant les  bibliothèques) mais j’ai bon espoir de reprendre ma lecture de La servante écarlate un jour, si possible avant la fin de mon stage en juillet…

Bref, en ce moment je suis bien occupée et c’est très bien comme ça !

 

Cinéma

Longue vie au Roi !

Je n’ai plus grand-chose à faire en ce moment, en attendant de véritablement commencer mon stage alors j’en profite pour m’occuper en privilégiant ce qui me fait vraiment envie. Ca faisait un petit moment que je n’étais pas retournée au cinéma sur Lyon donc j’y suis allée et j’ai porté mon dévolu sur le dernier-né des Studios Marvel : Black Panther (après avoir hésité une demie seconde avec Lady Bird)

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Black Panther

Pour tout vous dire, le dernier Marvel que j’ai dû voir et apprécier c’est Les gardiens de la galaxie – vol. 2… En même temps avec un rythme aussi effréné que celui des studios Marvel, difficile de faire que la qualité soit toujours au rendez-vous… Maintenant que j’ai fait ma petite critique globale sur le rythme des sorties, je vais pouvoir vous parler de Black Panther plus en détail.

Il faut savoir que je n’avais pas d’a priori, bons ou mauvais, concernant ce film. Je ne connaissais pas du tout l’histoire de ce super-héros, un peu à la marge des autres comme les Avengers par exemple. Et mon ressenti à la sortie de la salle de ciné : j’ai a-do-ré. Court, simple et efficace comme avis, non ?

Je ne regrette pas du tout mon choix, même s’il est vrai que j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire parce que j’ai trouvé l’intrigue un peu longue à se mettre en place. Mais à part ça, je vais me répéter mais j’ai vraiment, vraiment adoré. Les personnages sont attachants, drôles, humains aussi, avec leurs moments de faiblesse et leurs failles (ce qui est d’autant plus appréciable dans un film de super-héros). Le casting est parfait. A ce propos, j’ai adoré voir Andy Serkis dans un rôle qui n’inclue pas de la motion capture, même si j’ai trouvé que son rôle était tellement perché que j’avais l’impression de voir Gollum parfois… J’ai vraiment eu un coup de cœur pour les personnages incarnés par Angela Bassett et Letitia Wright, respectivement mère et sœur de Black Panther.

Il y a quelques temps, j’écrivais sur Wonder Woman « qu’elle en avait dans la cuirasse ». Je pourrais dire la même chose ici : les femmes se battent, prennent des décisions, luttent, poussent parfois les hommes dans leurs retranchements… et excusez-moi pour la minute féministe de cet article mais ça fait du bien de voir ça sur un écran de cinéma, pour un film grand public qui plus est. De même pour la mise en avant des minorités ; c’est incontestablement un film qui fera bouger les choses. J’ai suivi une émission à la télé il n’y a pas si longtemps et un des intervenants disait à propos du film que dans quelques années le public ne fera même plus attention à la couleur de peau de Black Panther. Ce qui compte c’est que ce soit un super-héros et qu’il sauve le monde.

Note : 9/10.

Littérature

[Découverte] [Contemporain] Dans la forêt

Après une pause de plus de deux mois concernant mes lectures, j’ai repris doucement mon rythme avec la lecture en deux semaines de Dans la forêt (Into The Forest en anglais) de Jean Hegland. Il a fallu attendre vingt ans pour que ce roman écrit publié en 1997 aux Etats-Unis paraisse en France aux Editions Gallmeister, spécialisée dans la littérature américaine qui met l’accent sur la nature et les grands espaces. Le premier roman de Jean Hegland n’y a que toute sa place.

Couverture Dans la forêt

Dans la forêt

Ce livre raconte la vie de deux sœurs, Eva et Pénélope « Nell » (Nellie parfois), après la mort tragique de leurs parents et comment les deux adolescentes tentent de survivre dans leur maison, perdue au milieu de la forêt californienne dans un monde progressivement dépourvu du confort que nous connaissons – plus d’essence, plus d’électricité et tout ce qui en découle.

Ecrit il y a vingt ans, ce livre pourrait avoir été écrit hier, tellement certains aspects de ce dernier font écho au monde de 2018. On finit par se dire que ce qui se passe dans ce roman pourrait bien arrivé dans la vie réelle – bien qu’on ne sache pas exactement quel évènement dramatique est à l’origine de ces pénuries successives. C’est ce qui m’a le plus plu dans ce livre je crois, cet aspect profondément contemporain et moderne pour son temps.

Cela dit, comme beaucoup de roman d’anticipation, malgré ce côté plaisant et attrayant de cette modernité, le roman n’en demeure pas moins glauque, sombre voire effrayant – exactement comme les deux facettes d’une forêt ou d’un bois. C’est une lecture quelque peu dérangeante, déconcertante par moment. A ce propos, je suis plutôt mitigée en ce qui concerne l’avis final que j’ai sur cette histoire et j’ai beaucoup de mal à avoir un avis définitif et tranché sur ce livre. Je peux cependant vous expliquer pourquoi.

Des livres qui racontent des histoires glauques, des histoires sombres et dérangeantes, j’en lirai d’autres. Ce n’est pas cela le problème, ce n’est pas non plus le fait que ce soit un roman d’anticipation. Bizarrement c’est une petite phrase, une toute petite phrase, au milieu d’un roman de 300 pages qui a plombé mon enthousiasme et bien évidemment, je ne vais pas vous dire de quoi il s’agit par peur de vous gâcher votre envie de lecture mais on m’a toujours dit que tout ce qui se passait dans un roman devait servir l’histoire et être utile à l’évolution du ou des personnages à un moment ou à un autre. Or, dans ce cas précis il ne se passe rien. L’évènement découle du précédent mais ce n’est pas logique et de mon point de vue, cela n’enrichi en rien l’histoire d’une manière ou d’une autre. Je n’ai peut-être pas tout compris mais j’ai eu l’impression que l’auteur couchait sur le papier un de ses fantasmes et reprenait ensuite le cours de son récit où elle l’avait stoppé.

Hors mis ce petit détail que certains jugeront sans importance, j’ai beaucoup aimé le style d’écriture, d’une précision quasiment chirurgicale mais néanmoins très fluide, d’autant que le roman n’est pas très épais. J’ai réellement eu l’impression d’être entourée de séquoias par moment ou de me sentir menacée dans cette étendue immense d’arbres. Au final, je dirais que ce livre représente d’avantage une ode à la nature (imposante mais fragile) qu’un message d’espoir et qu’il faut le lire pour cette raison-là puisqu’en fin de compte nous sommes peu de chose à côté d’un arbre millénaire.

« Quelle que soit la façon dont nous mourrons, nous mourrons ici. Seules. Il n’y aura pas d’inscription à Harvard, pas de début avec le San Francisco Ballet. Il n’y aura pas de voyages, pas de diplômes, pas de rappels. Il n’y aura plus d’amants, pas de maris, pas d’enfants. Personne ne lira jamais ce journal sauf si ces fichues poules apprennent à lire.

 Bien sûr ce genre de choses arrive tout le temps. J’ai suffisamment étudié l’histoire pour le comprendre. Les civilisations périclitent, les sociétés s’effondrent et de petites poches de gens demeurent, rescapés et refugiés, luttant pour trouver à manger, pour se défendre de la famine et des maladies et des maraudeurs tandis que les herbes folles poussent à travers les planchers des palais et que les temples tombent en ruine. Regardez Rome, Babylone, la Crète, l’Egypte, regardez les Incas ou les Indiens d’Amérique.

Et même si ce n’est pas une autre civilisation vieille de deux mille ans qui arrive à sa fin, regardez toutes les petites dévastations – les guerres et les révolutions, les ouragans et les volcans et les sécheresses et les inondations et les famines et les épidémies qui remplissaient les pages lisses des magazines que nous lisions autrefois. Pensez aux photos des survivants blottis les uns contre les autres au milieu des décombres. Pensez à l’Amérique du Sud, à l’Afrique du Sud, à l’Asie centrale, à l’Europe de l’Est, et demandez-vous comment nous avons pu être aussi suffisants. »

Jean Hegland, Dans la forêt, pp. 188-189. Ed. Gallmeister (2017)

Note : Pour ceux d’entre vous que ça intéresse, sachez qu’une adaptation cinématographique existe : Into the Forest réalisé par Patricia Rozema avec Ellen Page et Evan Rachel Wood dans les rôles titres. Le film est sorti en 2015.