[Contemporain] Les Derniers jours de Rabbit Hayes

J’aurais peut-être dû choisir un autre livre pour le dernier article littéraire de l’année… Cela dit, je n’avais qu’à m’en tenir à ma liste et ne pas prendre le retard que j’ai accumulé ces derniers mois. Au moins, quand j’ai acheté ce livre, je savais à quoi m’attendre : tout était dans le titre et dans le résumé en quatrième de couverture, donc à partir de là, aucun moyen de se plaindre et de geindre que l’on est floués sur la marchandise. Dans ces cas-là il ne reste qu’une chose à faire en tant que lecteur ou dans mon cas lectrice, et c’est de lire le livre. Ce que j’ai fait en 8 jours.

Les Derniers jours de Rabbit Hayes, un premier roman en demi-teinte pour Anna McPartlin

J’avais beau savoir dans les grandes lignes de quoi il en retournait, mon ressenti sur ce livre est en fait très changeant et je ne sais pas si c’est une bonne chose lorsque l’on doit rédiger un article derrière. En fait mon ressenti va de paire avec l’achat du livre et je me souviens comment ça s’est passé et peut-être que l’achat lui-même aurait dû me mettre la puce à l’oreille, j’en sais rien. Toujours est-il que la première fois que j’ai aperçu ce livre dans ma librairie fétiche, il était mis en avant et j’ai immédiatement flashé sur cette adorable couverture fleurie très flashy. Mais vous connaissez le proverbe aussi bien que moi, non ? Celui sur la couverture… donc j’ai lu consciencieusement le résumé en quatrième de couverture et on aurait dit que je m’étais brulée ou quelque chose comme ça, tellement j’ai reposé l’ouvrage à sa place précipitamment. Je ne me souviens plus si je suis ressortie de la librairie avec des livres sous le bras ce jour-là mais en tout cas, il n’en faisait définitivement pas partie. Et puis je ne sais pas trop ce qui s’est passé mais quelques temps plus tard, j’y suis retournée dans ma librairie et ce roman était toujours-là, à me faire de l’œil avec sa couverture pimpante. J’ai donc relu le résumé et cette fois, je suis passée à la caisse le livre, sous le bras (sans doute avec d’autres d’ailleurs, j’achète rarement un seul livre). Qu’est-ce que je risquais ? Au mieux, ce serait une agréable surprise qui vaudrait un article assez dithyrambique ici et au pire, je rejoindrais la liste des gens qui achètent leurs livres sur un critère : la couverture, et sont déçus parce qu’il ne s’attendaient pas à ça avec en prime l’article qui va avec. Mais dans les faits, c’est un peu plus compliqué que ça…

Couverture Les Derniers jours de Rabbit Hayes

J’ai fini ma lecture il y a peut-être une demie heure (il est 21h au moment où j’écris ces quelques lignes), ou peut-être plus… et je suis perplexe : je suis tellement partagée sur ce livre que je ne sais absolument pas par quoi commencer : les points positifs ou les points négatifs ?… Je sais bien que quoi qu’il en soit, mon article influencera votre envie ou non de lire ce livre. Néanmoins, je ne voudrais pas donner une teinte trop négative à cet article au risque de vous faire fuir, ni être trop positive car ce ne serait pas cohérent avec mon ressenti et avec l’histoire qui est une histoire triste, rappelons-le encore une fois. Je crois que je vais improviser, sans trop essayer de lister les arguments positifs ou négatifs ; après tout, ce roman est fait de beaucoup choses qu’elles soient positives ou négatives et puis chaque ressenti est unique. Je vous livre le mien, ensuite ce sera à vous de vous faire votre idée si ce roman vous intrigue suffisamment.

« Neuf jours. C’est ce qu’il reste à vivre à Mia Hayes, surnommée affectueusement ‘Rabbit’. Neuf jours, après plusieurs mois de combat – parce que Rabbit est une battante, une Irlandaise bien trempée. A son chevet, famille et proches se relaient en un joyeux ballet de souvenirs. Entre silences, gaffes et fous rires, toutes la vie de Rabbit ressurgit alors : l’enfance, l’adolescence, Johnny son grand amour, et Juliet sa fille de 12 ans – une certaine idée du bonheur… Au fil des jours tous s’interrogent sur leur vie et accompagnent Rabbit dans un voyage émotionnel d’une grande intensité. Quel meilleur bagage pour partir vers la lumière ? »

Anna McPartlin, Les Derniers jours de Rabbit Hayes, Quatrième de couverture. Ed. Pocket.

Je reconnais que l’histoire se tient, notamment grâce à la temporalité et aux nombres de personnages réduits, ce qui permet de ne pas perdre le fil. Seulement la narration à la troisième personne m’a un peu dérangée dans le sens où je crois qu’en tant que lectrice, j’aurais préféré un point de vue interne pour chaque personnage et pas une narration à la troisième personne centrée sur chacun des personnages tour à tour. La narration à la troisième personne amène toujours une distance entre le récit et le lecteur je trouve, et j’ai le sentiment que l’histoire perd en intensité et en émotion.

Ensuite, j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher à certains personnages. Je pense à Molly, la mère de Rabbit. Pourtant elle est décrite avec des qualificatifs qui me plaisent beaucoup d’habitude : un peu excentrique, aimante, entière et j’en passe mais je n’ai vraiment pas accroché et c’est dommage parce que c’est un des personnages centraux, étant donné son rôle dans l’histoire. Heureusement que des personnages comme le frère ou la meilleure amie de Rabbit sont plus accessibles et rendent la lecture un petit peu plus drôle et plus agréable. Cela dit à ma décharge et heureusement : je n’ai jamais été confrontée au cancer directement. Je ne peux pas savoir comment je réagirais face à cela – je ne veux pas le savoir d’ailleurs mais peut-être que je réagirais de la même façon que l’un ou l’autre des personnages. Donc je pense pouvoir affirmer que les personnages dépeints dans ce roman sont plutôt réalistes malgré tout.

Enfin les situations s’enchainent logiquement et le rythme est bon, on ne s’ennuie pas et il n’y a pas de flottements (si l’on exclu l’envie que l’on a de secouer certains personnages par moments). Et chose non négligeable, le livre se lit rapidement et aucune page n’est superflue, le tout sans être larmoyant et plombant. Si jamais vous voulez lire ce livre, notez bien que les 15 dernières pages sont absolument magnifiques et bouleversantes, ce qui contribue à la fois au déséquilibre du récit, autant qu’à rattraper une histoire assez moyenne et qui ne restera pas dans les mémoires. Mais ces 15 dernières pages font partie des meilleures pages que j’ai jamais lu.

Article rédigé le 28/12/17

La tête dans les étoiles

J’espère que les fêtes de fin d’année se passent idéalement pour vous et que vous avez eu les présents que vous espériez, même si ce n’est pas la chose la plus importante dans les traditions liées à Noël. En ce qui me concerne, tout s’est très bien passé je suis ravie d’avoir pu passer un moment en famille.

J’ai toujours associé les fêtes de Noël à Star Wars. Pas nécessairement parce que les différents films de la Saga sortent aux alentours de cette période mais pour moi, Star Wars c’est un peu un conte de Noël et puis il faut dire aussi que c’est toujours un plaisir pour moi de voyager « dans une galaxie très, très lointaine » en famille. Pour faire court, ce huitième épisode n’a pas dérogé à la tradition, si on peut dire ça comme ça.

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Premièrement, j’aimerais que l’on m’explique pourquoi les gens trouvent ce huitième opus horrible et le déteste tant. J’ai vraiment du mal à comprendre parce que même si ce n’est pas un chef-d’œuvre, il n’y a pas de quoi le jeter aux ordures. Je reconnais quelques points faibles mais globalement, je trouve que cette cabale autour du film est infondée. De mon point de vue, ce n’est pas le pire épisode de la saga. Ce n’est pas non plus un remake de L’Empire contre-attaque donc j’ai vraiment du mal à voir ce qui lui vaut toutes ces critiques négatives. Encore une fois, ce n’est sans doute qu’une question de point de vue où certains affirment que la seule et unique trilogie valable, c’est la première, celle allant de 1977 à 1983. Alors oui. Mais ce n’était pas la même époque et il n’y avait pas toute la technologie actuelle, ce qui peut devenir un défaut si cela est utilisé à outrance, je suis d’accord. En fin de compte, je crois que toutes ces histoires et tous ces débats autour des films pour savoir lequel est le meilleur et pourquoi font partie de l’univers de Star Wars, qu’on le veuille ou non et il faut bien faire avec. A condition d’écouter ce que son voisin a à dire sur le sujet et en respectant son point de vue.

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Concernant le film lui-même, SW – Les derniers Jedi, j’ai trouvé l’histoire un peu longue à démarrer, certaines scènes un peu brouillon qui donnaient l’impression de mal s’enchainer avec le reste dans son ensemble mais au final l’histoire se tient et est cohérente par rapport au volet précédent. Si l’on continue sur les points négatifs du film, je dirais que certains personnages manquent de profondeur ou n’en ont pas du tout et c’est dommage parce que le film s’appuie un peu trop sur les effets spéciaux et numériques à mon goûts. Peut-être que ce manque de profondeur ou de charisme est voulu et souhaité afin de laisser la porte ouverte à d’autres films mais c’est assez perturbant sur le coup.

Le film possède néanmoins beaucoup de points positifs, notamment concernant certains autres personnages. C’est le moment où je vais beaucoup parler de Rey, Kylo Ren, Poe Dameron et Finn, Luke et Leia.

D’abord concernant tous ses personnages, on sent une réelle évolution depuis leur dernière apparition à l’écran. Cette évolution se voit plus ou moins rapidement mais il n’empêche qu’elle est présente et c’est une bonne chose. La chose la plus frappante pour moi, ça a été l’évolution parallèle entre Rey et Kylo Ren. Le réalisateur et les scénaristes ont très bien réussi leur coup et j’ai adoré cette ambivalence qui donne une tension toute particulière au film. C’est vraiment un plus et j’ai grandement apprécié. Un peu en opposition à cette évolution parallèle, il y a Luke et Leia. Frère et sœur tellement proche dans la première trilogie, tellement éloignés dans celle-ci, même s’ils finissent par se retrouver. C’est vraiment bien trouvé là encore mais je ne veux pas trop en dévoiler si jamais vous n’êtes pas encore aller voir le film.

Enfin il y a Poe Dameron et Finn. Pour tout vous dire, j’ai un peu de mal avec ces deux-là. Ils ont chacun un rôle très important et nécessaire dans l’histoire mais j’ai franchement l’impression de voir un mélange raté entre Han Solo et Luke Skywalker par moments et c’est gênant parce qu’on a l’impression qu’il leur manque quelque chose à tous les deux. A d’autres moments c’est pire, tant j’ai eu l’impression que Poe et Finn étaient respectivement de pâles copies de Luke et Han. Vous l’aurez compris, j’ai encore du mal avec ces deux personnages.

 

Note : 8/10.

[Revue littéraire] America 3/16

Si vous aimez l’atmosphère particulière des romans noirs, celle du Deep South ou que vous êtes tout simplement fascinés par le Federal Bureau of Investigation sans trop savoir pourquoi, le troisième numéro de la revue est fait pour vous !

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Vous l’aurez compris grâce à mes quelques lignes d’introduction très sommaires, ce nouveau nous plonge encore et toujours dans l’histoire des Etats-Unis, mais en évoquant cette fois une histoire plus sombre où se mêlent soupçons de collusion au sommet de l’Etat et grande époque du FBI, du temps du grand banditisme dans les années d’entre-deux guerres. Des noms évocateurs (entrés dans la postérité et aussi dans la culture populaire) tels que John Dillinger, Machine Gun Kelly ou bien encore les époux Rosenberg parsèment l’excellent dossier consacré au mythique FBI. Ce dossier très complet, retrace son histoire mouvementée et souvent trouble ainsi que son encrage dans la culture populaire et les raisons d’un tel fantasme. De quoi vous donner envie de revoir des films sur le sujet, notamment celui de Clint Eastwood où un certain Leonardo DiCaprio campe le truculent patron du Bureau Fédéral…

Si vous préférez la lecture de fiction, vous pouvez toujours vous tourner vers James Ellroy, auquel la revue consacre son interview fleuve, toujours menée par François Busnel. Vous pourrez ainsi vous (re)plonger dans ses écrits ; je pense notamment au Dalhia Noir et à L.A Confidential (les deux font partie de ma liste de lecture). De plus, la revue livre en avant-première la dernière novella de Jim Harrison tirée d’un recueil paru en octobre de cette année chez Flammarion. Comment ça je suis en retard ?…

 

Enfin America, c’est toujours une invitation aux voyages. Cette fois-ci Philippe Besson nous emmène en voyage de Chicago à la Nouvelle-Orléans avec un très beau texte. Et puis même si ce n’est pas ma tasse de thé, il y a aussi les passages des Aventures de Huckleberry Finn, l’autre grand roman de Mark Twain.

De la musique pour El dia de los Muertos

Après un mois sans publications, il est temps de reprendre du service !

Je viens de rentrer de la séance de cinéma où je suis allée ce matin avec une amie. Nous avons d’ailleurs eu la chance d’assister à une projection privée. C’est la deuxième fois que cela m’arrive, souvenez-vous la première fois c’était pour Miss Sloane. Eh bien c’est toujours aussi agréable !

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Contrairement à ce que l’on pourrait penser de prime abord, ce n’est pas l’histoire de Coco mais celle de Miguel Rivera, petit garçon tiraillé entre son amour et sa passion pour la musique et son devoir envers sa famille, cordonniers et cireurs de chaussures de génération en génération. Cependant, « Miguelito » a un rêve : celui de devenir musicien à l’instar de son idole, Ernesto de la Cruz. Or, dans une famille où la musique est très, très, très mal perçue, autant dire que cela relève du rêve inacessible.

Miguel essaie néanmoins de se battre pour réaliser ses rêves, mais se heurte au refus catégorique des membres de sa famille. Après avoir rejeté la tradition de ses ancêtres, et la célébration du jour des morts, Miguel embarque dans une aventure fantastique au royaume des morts, à la recherche de son idole. Cette quête va également lui révéler sa propre identité ainsi que le passé de sa famille.

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Disney explore un aspect phare de la culture mexicaine, qu’est le jour des morts (‘El dia de los Muertos’). En effet, c’est le souvenir des êtres chers disparus qui permet la création d’un pont entre les deux mondes, une fois par an. A cette occasion, les familles construisent un autel à la mémoire de leurs défunts et entretiennent les histoires et anecdotes du passé. De plus, le thème central de ce Disney repose sur les traditions et ce que l’on en fait, ce qu’on est prêt à faire ou à sacrifier pour parvenir à concilier devoir de mémoire et droit de suivre ses rêves.

Malgré un thème on ne peut plus sérieux, Disney en collaboration avec les studios Pixar, a réussi un coup de maitre tout en finesse et en émotion. On retrouve la gaieté et la légèreté qui ont fait le succès des studios Disney et Pixar qui permettent au spectateur de retrouver son âme d’enfant à l’approche des fêtes de fin d’année.

Note : 7,5/10 (moyenne de nous deux)