[Classique US] Tendre est la nuit

Presque un mois après avoir commencé ce livre, je l’ai enfin terminé. Petit retour sur ma lecture de ce classique américain de Francis Scott Fitzgerald, une des figures emblématiques de la « Lost Generation » ou « Génération perdue ».

La Génération perdue : Kézako ?

Pour comprendre Tendre est la nuit, il faut prendre en compte le contexte historique global dans lequel s’inscrit le roman. Et ce contexte prend en compte le mouvement littéraire cité ci-dessus. Mais qu’en est-il exactement ?

On doit cette formule à Gertrude Stein (1874-1946) qui écrit à Ernest Hemingway : « C’est ce que vous êtes. C’est ce que vous êtes tous… tous ces jeunes gens qui ont servi pendant la Guerre. Vous êtes une génération perdue. » Ce dernier se servira de l’expression comme épigraphe dans son roman Le soleil se lève aussi (The Sun Also Rises) en 1926.

Ce mouvement littéraire et sociologique dépeint la société américaine de l’entre deux guerre qui a perdu ses valeurs : le rêve américain semble s’essouffler et beaucoup de gens ne trouvent plus leurs repères dans un pays en pleine mutation sociale mais aussi morale, notamment certains écrivains et artistes (questionnement sur la perte d’identité entre autres). Il faut également noter que certains de ces auteurs ont été mobilisés pendant la Guerre et sont partis sur le champ de bataille, d’autres ont simplement été mobilisés et sont partis en formation mais n’ont pas eu le temps et la « chance » de faire leur preuves : Les Etats-Unis sont entrés en Guerre en 1917 et la Guerre s’est soldée par l’armistice, quelques mois plus tard en 1918. Quoiqu’il en soit ces deux expériences ont laissé des traces et si l’on devait retenir un seul point commun à tous ces auteurs, c’est qu’ils décrivent tous un certains désenchantement du monde avec le style qui leur est propre.

Tendre est la nuit de F. S. Fitzgerald

Couverture Tendre est la nuit

Le roman tire son titre du poème Ode à un rossignol, de John Keats (poète anglais). L’histoire se divise en trois partie et raconte l’histoire d’amour de Dick et Nicole à travers les yeux émerveillés de Rosemary, jeune actrice américaine en vacances sur la Côte d’Azur avec sa mère après le tournage d’un premier film qui a eu un succès retentissant. Tout est parfait chez eux : de leur enfants jusqu’à leurs bronzages en passant par les gens qui gravitent autour d’eux… Tout est source d’émerveillement pour la jeune Rosemary qui connaît si peu de choses du monde. Seulement ce couple uni et d’apparence parfaite cache un secret qui rend Dick et Nicole potentiellement fragiles…

L’œuvre est largement autobiographique et s’inspire de la vie de l’auteur mais j’ignore dans quelles proportions. En tout cas le livre est composé de trois parties qui suivent un cheminement bien précis et où l’on retrouve les thèmes de prédilection de Francis Scott Fitzgerald et plus généralement, ceux du mouvement littéraire dont il fait partie. En effet, nous retrouvons cette opulence et ce rythme tourbillonnant qui dénote un monde parfait, idéal où les apparences et les fêtes sont reines. Puis il y a un glissement, à peine perceptible au début, qui prend de plus en plus de place dans les parties suivantes. Les fêtes ont perdues de leur superbe, les personnages s’enfoncent doucement dans la mélancolie et la nostalgie voulant se raccrocher à certains fantômes du passé, parfois avec un effet de vase communicant. Cette mélancolie romantique dresse le portrait d’un homme, Dick, profondément désenchanté dans un monde qu’il peine à reconnaître plus les années passent et qui pourtant, fait tout son possible pour donner le change en société.

« […] Mais il [Dick] comprenait également, que, après quarante ans, ce n’est qu’à travers ses divers éléments qu’une vie devient évidente. Son amour pour Nicole, son amour pour Rosemary, son amitié pour Abe North ou pour Tommy Barban, dans ce monde de l’après-guerre, qui avait volé en éclats : c’était chaque fois le même phénomène. Un être s’attachait si étroitement à lui qu’il devenait cet être même. Comme s’il n’y avait aucun choix possible. Comme s’il fallait tout prendre ou tout rejeter en bloc. Comme si, jusqu’à la fin de sa vie, il était condamné à se charger de certains êtres et de leur personnalité, à n’être complètement lui-même qu’autant qu’ils étaient complètement eux-mêmes. Ce qui mettait en jeu un certain principe de solitude : tellement facile d’être aimé, tellement difficile d’aimer. »

Tendre est la nuit, Francis Scott Fitzgerald. « Livre Trois, 2 » p.327. Le Livre de Poche (2011)

 

Sources : Mes Cours de littérature américaine en Licence, Wikipédia sur la « Génération perdue » (anglais) + Liste des auteurs considérés comme faisant partie du mouvement (anglais).

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