Littérature

[Classique US] Sur la route

Il y a presque un mois de cela, je me suis attaquée à un mythe de la littérature américaine. Enfin il s’agit en réalité d’une relecture de ce livre que j’avais lu il y a 7 ans parce que Gallimard ressortait une édition intégrale du « rouleau d’origine » à l’occasion de la sortie de l’adaptation cinématographique.

 Sur la route, véritable condensé de l’Amérique (1947-50)

Je me souviens encore de mes cours de littérature américaine, en Licence. Lorsque Madame G. en parlait, je me disais inlassablement qu’il faudrait que je lise ce « chef-d’œuvre de la littérature américaine » et quand l’occasion s’est présentée, j’ai sauté dessus. Et c’est indéniablement un livre qui marque de par son originalité, sa très grande poésie et son contenu très dense.

Lors de ma première lecture, je m’étais laissée emporter par ce style si particulier mais poétique et j’avais suivi la Route moi aussi. Ce n’est pas une lecture facile ; Kerouac écrit les choses comme elles lui viennent et le livre n’est pas structuré en chapitres et la ponctuation (même si elle existe) donne un aspect un peu brouillon au récit. Ces deux aspects peuvent déstabiliser et bizarrement si cela n’a pas été le cas pour ma découverte de ce livre, ça l’a été pour cette relecture débutée il y a un mois. Je ne saurais pas l’expliquer, si ce n’est l’absence de ces deux choses ou alors, l’évolution de mes goûts en matière de littérature.

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En tout cas, ce qu’on ne peut pas enlever à cette œuvre c’est sa poésie et la façon dont Kerouac parle de la nuit, de la route, de son rêve américain symbolisé ici par l’Ouest Américain et plus précisément San Francisco. Sur la route (On the Road en anglais) présente toutes les caractéristiques de la littérature et de la culture américaine ;

Il y a d’abord l’encrage dans la chronologie de la littérature américaine avec des allusions à quelques grands noms tels que Melville (Moby Dick…), Hemingway (Paris est une fête, Le Vieil homme et la mer),  Fitzgerald évidemment (Tendre est la nuit, Gatsby le Magnifique…). Ensuite il y a bien sûr toute cette culture Jazz qui imprègne l’œuvre du début à la fin et cela lui donne du relief et une saveur toute particulière. Enfin il y a tous les thèmes qui sont propre à la littérature américaine : le rêve américain, cette idée de l’Ouest grandiose (meilleur que l’Est), l’idée aussi que la vie doit être riche de fêtes, d’excès malgré l’absence de sens intrinsèque : Kerouac voyage vers l’Ouest mais il finit par ne plus savoir pourquoi. Le dernier thème que l’on pourrait mentionné c’est la spiritualité quelle que soit sa forme et le dénuement qui peut ou pas en découler.

« Montana Slim s’est tourné vers moi, et il a dit, en désignant mes chaussures : « Tu crois pas que si tu plantes ces machins, il va germer quèque chose? » Sans l’ombre d’un sourire, naturellement, et les autres l’ont entendu, ils étaient écroulés. C’est vrai que c’étaient les pompes les plus grotesques d’Amérique. Je les avais achetées spécialement pour pas transpirer sur la route, dans la chaleur, de peur de faire une nouvelle crise de phlébite, et de fait, à part sous la flotte à Bear Mountain, c’étaient les chaussures les mieux adaptées à ma virée. J’ai donc ri avec les autres. Elles étaient en lambeaux, à présent, les lanières de cuir multicolores s’étaient détachées de la semelle, on aurait dit des fibres d’ananas frais, mes orteils passaient au travers. »

 Sur la route, Jack Kerouac, p. 188, ed. Gallimard – coll. Folio (2010).

En conclusion : Oui, je sais. Je n’ai pas évoquer le mouvement de la « Beat Generation » dont Kerouac est incontestablement le fer de lance. Si je l’ai pas fait c’est tout simplement parce que c’est impossible de donner une définition précise ; néanmoins la meilleure définition se trouve dans l’œuvre de Jack Kerouac et plus précisément dans Sur la route, qui fait office de manifeste. Si je peux me permettre un conseil de lecture, écouter du Jazz en fond musical et lisez-le le plus rapidement possible (2 semaines, voire 3 grand maximum) pour garder un rythme adéquat, semblable au rythme de la route qui défile sous vos yeux.

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