Cinéma

L’esthétisme de François Ozon

Pour bien commencer mon week-end lyonnais, je suis allée au cinéma hier, malgré un rhume encombrant et un mal de tête gênant. J’ai donc rejoins des amis au ciné, après une journée de cours un peu pénible surtout à cause de mon état général. Mais ça me m’a pas empêchée d’aller au cinéma quoiqu’il en soit et c’est tant mieux.

Frantz

Mon seul point de repère pour juger de la filmographie de François Ozon remonte à 2012 avec son film Dans la maison que j’avais bien aimé à l’époque, notamment parce que Fabrice Luchini. J’avais donc un bon a priori concernant le réalisateur ; d’autant que le film est tourné en partie en noir et blanc et que j’aime assez Pierre Niney en tant qu’acteur.

L’histoire est assez simple : le film se passe en 1919 en Allemagne. Anna (Paula Beer) a perdu son fiancé Frantz pendant la guerre et tente de se reconstruire aux côtés des parents de ce dernier dans un lourd climat nationaliste. Son quotidien triste et morne est un jour bousculé lorsqu’elle s’aperçoit que quelqu’un d’autre, un inconnu,  vient déposer des fleurs sur la tombe de Frantz.

J’ai bien aimé ce film d’une part parce que c’est un film franco-allemand et que donc les acteurs ne sont pas doublés ; il y a juste des sous-titres pour aider à la compréhension et puis parce qu’il y a ce parti pris de tourner en noir et blanc la majeur partie du film. Sans oublier le jeu des acteurs qui servent très bien le film. D’autre part, j’ai aimé ce film pour la justesse de certains dialogues, je pense notamment à deux scènes en particulier où il y a tout un questionnement sur la responsabilité de chacun dans cette guerre, s’il est possible de pardonner au camp d’en face et si le mensonge a sa place et peut-être bénéfique. Et pour finir, il y a toute l’esthétique du film qui le rend plaisant à regarder : les seules scènes en couleur (parce qu’il y en a) sont celles où le souvenir de Frantz est évoqué, à tel point qu’il semble revenu d’entre les morts.

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Malheureusement, ce film présente pas mal de points, qui sans être réellement des points négatifs font que le film perd un peu de son charme. En ce qui me concerne, il ne m’a pas fallu très longtemps pour comprendre qui était Adrien Rivoire (Pierre Niney) et ce qu’il venait faire en Allemagne et c’est tout le problème. Je ne suis pas certaine que des histoires comme celle décrite dans le film ait pu vraiment arriver. Du coup, j’ai eu l’impression qu’il y avait un décalage dans le film, entre ce sentiment de haine latent et ce désir de paix profond de certains personnages. Cela dit, je savais que c’était une œuvre de fiction donc je n’ai pas à me plaindre de la véracité de tel ou tel fait. J’ai également trouvé le film trop long à partir du moment où il y ce point de bascule et que tout s’inverse et tout est devenu encore plus prévisible à deux petits détails près. Et puis, un des thèmes qui semble récurrent dans les films de François Ozon, le mensonge ou du moins le mensonge par omission. C’est quelque chose qui me met profondément mal à l’aise et au final j’en arrive toujours à me demander si j’ai passé un bon moment devant l’écran.

Honnêtement, je suis sortie de la salle en me disant que la pauvre Anna avait littéralement tout perdu et que c’était là tout le drame, même si le film se finit sur une note qui se veut délibérément positive avec la phrase prononcée par Anna : « Oui, il me donne envie de vivre ».

Note : 6,5/10

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