[Best-seller] La fille du train

A l’occasion de la sortie du film éponyme mercredi dernier, je me suis plongée dans la lecture du livre, histoire de pouvoir faire une comparaison des deux en connaissance de cause. Je n’ai absolument pas été déçue de le lire plus tôt que prévu (9ème position sur ma liste de lecture).

Un huis clos hypnotique

Peut-être êtes-vous passés devant en librairie, peut-être n’y avez vous pas prêtés attention. Pourtant La fille du train (Girl on the Train) est un succès de librairie, à tel point d’ailleurs que la quatrième de couverture française mentionne directement Steven Spielberg, ce dernier a en effet obtenu les droits pour en faire un film. Donc je suis passée devant, je l’ai pris et j’ai lu la quatrième de couverture. Il ne m’en a pas fallu plus pour repartir chez moi avec. (Sachant que c’est un policier et que habituellement, j’ai plutôt du mal avec les livres policiers parce que trouve toujours le meurtrier avant la fin)

L’histoire commence le plus banalement du monde, avec Rachel qui prend le train chaque matin et chaque soir ; elle passe toujours devant la même maison et invente une vie à ses occupants qu’elle a nommée Jason et Jess. Tout bascule le jour où Rachel apprend dans les journaux que Jess, qui s’appelle en fait Megan Hipwell, a mystérieusement disparu.

Passe, passe, passera, la dernière y restera. Je suis bloquée là, je n’arrive pas à aller plus loin. J’ai la tête lourde de bruits, la bouche lourde de sang. La dernière y restera. J’entends les hirondelles, elles rient, elles se moque de moi de leurs pépiements tapageurs. Une marrée d’oiseaux de mauvais augure. Je les vois maintenant, noires devant le soleil. Mais non, ce ne sont pas des hirondelles, c’est autre chose. Quelqu’un vient. Quelqu’un qui me parle. « Tu vois ? tu vois ce que tu me fais faire »

La fille du train, Paula Hawkins, p. 12, Ed. Sonatine

C’est le premier livre de Paula Hawkins et je dois dire que c’est une réussite. Il ne fait 379 pages et se lit très vite. Je l’ai lu en une semaine mais parce que j’ai pris mon temps et j’ai dû faire d’autres chose à côté. Il n’y a pas non plus pléthore de personnages et c’est un plus (même si c’est normal), cela rajoute à l’atmosphère oppressante de cette sorte de huis clos. Personnellement, j’ai eu du mal a m’attacher aux personnages mais ils sont quand même touchants et puis, le livre est construit de façon intéressante : j’ai eu l’impression de prendre le train par moments moi aussi. Et le must dans tout ça c’est que je suis tombée dans le panneau ! J’ai choisi le mauvais meurtrier et j’en ai été ravie.

couverture-la-fille-du-train

Conclusion : C’est un livre à lire absolument et… on reparle du film très vite.

L’engagement de Captain Fantastic

La plupart du temps, le cinéma c’est l’art du divertissement par la fiction. Mais pas seulement : le cinéma peut être (et doit le cas échéant) aussi engagé. Le but est d’amener le spectateur à avoir une réflexion, un avis sur un sujet donné, d’actualité ou non. Et c’est justement le cas de Captain Fantastic de Matt Ross.

324651-jpg-c_215_290_x-f_jpg-q_x-xxyxx1

L’histoire est celle de Ben (Viggo Mortensen) qui a fait le choix délibéré d’élever ses six enfants en pleine nature mais un évènement le pousse à reconsidérer cette décision.

Pas seulement un remake de Robinson Crusoé

Certes le synopsis d’un père élevant seul ses six enfants en pleine forêt dans le nord-ouest des Etats-Unis y fait forcément penser. C’est normal puisqu’il y a eu de nombreuses réécritures et interprétation de l’œuvre de Defoe depuis sa parution en 1719. Cependant réduire Captain Fantastic à une pâle interprétation moderne de Robinson Crusoé serait franchement réducteur et mal venu. Il s’agit en fait d’un prétexte pour cadrer le film et lancer l’histoire sur fond d’un road-trip époustouflant et plein de vie.

Une critique de la société de consommation sur fond d’idées utopistes

 Le film est une critique de la société actuelle dans le sens où il essaie de montrer certaines aberrations que l’on peut rencontrer (et cautionner pour certaines personnes) dans le monde tel qu’il est aujourd’hui, sans tomber dans l’excès jusqu’auboutiste du film de Sean Penn Into the Wild (2007). On peut également noter des échos avec le film Le cercle des poètes disparus (1989) notamment avec le titre du film. Mais si, vous voyez forcément de quoi je parle : John Keating, « Oh Captain! My Captain » tout ça…  et puis aussi parce que Captain Fantastic pose la question de l’éducation et soulève la question de l’utilité du « système traditionnel » ou si on peut, là aussi, faire autrement.

Minute fangirl

Viggo Mortensen. Les yeux de Viggo Mortensen. Je m’égare ? Bref, Viggo. Il est tellement fantastique dans ce film (sans mauvais jeux de mots), il irradie le film et l’histoire par son charisme et sa justesse.

Mention spéciale pour les enfants du Captain qui oscillent d’une émotion à l’autre, une des raisons pour laquelle Captain Fantastic est non seulement un road-trip movie mais aussi un film qui fait du bien, un « feel-good movie », vraiment.

Note : 8/10.

Le plus pour approfondir une des notions clé du film : Cette vidéo (en anglais) sur l’éducation et le « Hackschooling »

Avenged Sevenfold – The Stage

En voilà une nouvelle qu’elle est bonne en cette fin d’année ! Pour inaugurer la section musique, le nouvel album tombe à point nommé en ce 28 octobre. A ce propos, mieux vaut pousser les meubles… enfin pour les amateurs de Rock.

To be Rock or not to be?

Le rock parlons-en d’ailleurs. Cet album, comme tout les autres du groupe californien est classé dans la catégorie Rock par iTunes et hum… Le malaise. Avenged Sevenfold n’est pas un groupe de rock aux dernières nouvelles, en tout cas pas dans ma classification. En fait, je ne saurais même où les placer parce qu’on retrouve pleins de styles musicaux différents dans leurs musiques. Selon Wiki (et je ne suis pas tout à fait d’accord), leur genre musical se résume à du : Heavy Metal, Hard Rock, Metalcore. Avouez quand même que ça n’a pas grand-chose à voir avec la classification d’iTunes mais ce n’est pas le plus important. On n’a pas besoin de classer un groupe, une musique ou un artiste pour apprécier. Vous l’aurez sans doute compris, pour moi, le groupe est inclassable.

91a-p5-zn7l-_sl1500_1

« As we perform here, upon the stage »

C’est une agréable surprise dans l’ensemble. Je trouve l’album cohérent et je le trouve d’autant plus appréciable que je suivais le groupe de loin depuis Hail to the King, leur précédent opus sorti en 2013. Album qui ne m’avait pas enthousiasmée autant que je l’espérais mais je savais qu’ils préparaient leur retour (merci le site off et les réseaux sociaux). Stratégie réussie d’ailleurs puisque j’ai acheté l’album aujourd’hui et que je l’écoute en ce moment même.

Mais je ne vais pas faire une review des chansons une par une, d’une part parce que je déteste ça et d’autre part parce que c’est une perte de temps et qu’il faut souvent prendre un album dans son ensemble. Cela étant dit, j’ai eu un gros coup de cœur sur les chansons où M. Shadows chante vraiment comme Angels (piste 6), Higher (piste 8) et Roman Sky (piste 9) qui sont les trois chansons où il utilise sa voix complètement. Le choix du premier single, The Stage, a été très bien pensé selon moi parce qu’on reconnaît tout de suite leur style dès les premiers accords de guitare, que la chanson est rythmée et « catchy » parfaite pour dire aux gens : « coucou, c’est nous ! On est de retour. » Et puis parce que dans la chanson, il y a cette phrase qui me fait vraiment marrer « I believe in answers, just not today » [Je crois aux réponses, sauf aujourd’hui] mais c’est un détail. Dernière chose pour cette chanson : le clip est un petit bijou.

Après, il y a des chansons avec lesquelles j’ai plus de mal pour l’instant mais ce point évoluera sûrement dans les semaines/mois à venir. C’est souvent comme ça chez moi ; j’ai juste du mal à comprendre comment une chanson (la dernière) peut durer 15 min… déjà que je trouve qu’elle a du mal à démarrer et qu’elle finit en queue de poisson…

Note : 8,5/10

Date de sortie : 28 octobre 2016

[Découverte] Alphabet City

Petite nouveauté dans la rubrique littérature et c’est une découverte.  Alphabet City (Ten Thousand Saints en anglais) est le premier roman d’Eleanor Henderson. L’histoire plonge le lecteur dans l’Amérique « underground » des années 1980 sur fond de musique Punk-Rock tout en restant une œuvre de fiction compréhensible et abordable, ce n’est pas une thèse sur le sujet. Néanmoins, si vous êtes curieux et que le sujet vous intéresse, le roman constitue une première approche intéressante.

L’histoire : Jude est un ado de 15 ans qui passe ses journées à fumer joints sur joints (entre autre) avec son meilleur ami Teddy, n’ayant rien d’autre à faire dans sa petite ville du Vermont. Tout cela vole en éclats avec la disparition tragique de Teddy et Jude est forcé de trouver un nouveau sens à son existence. Finalement, il arrive à New York auprès de son père où il va rencontrer des personnages haut en couleurs qui vont l’initier à un nouveau style de vie : le mouvement Straight Edge.

Le Straight Edge, Kézako ?

Non, ce n’est pas une insulte. Je vais vous faire un petit topo en essayant d’être le plus clair possible parce que c’est la clé de voûte du roman et de l’histoire en quelque sorte. En faisant des recherches complémentaires pour cet article, je me suis rendue compte que le sujet était en fait assez vague et qu’il en devenait complexe parce que le Straight Edge est sujet à plusieurs interprétations. Cependant, certains points et aspects se retrouvent dans toutes les définitions.

Le mouvement Straight Edge trouve son origine aux Etats-Unis dans les années 1970-1980 et constitue une sous-culture et un sous-genre musical. Les « adhérents » ne consomme ni alcool ni drogues et certains vont même jusqu’à prôner l’abstinence sexuelle. De plus, les membres se considèrent comme pacifistes. Ce mouvement est en l’occurrence une réponse au style de vie Punk-rock, notoirement connu pour des excès en tout genre. Ca, c’est une première base ; ensuite d’autres mouvements ou styles de vie  y ont été incorporés comme le végétalisme, veganisme ou bien encore les croyances de « la conscience de Krishna » ou plus simplement Hare Krishna, qui suivent peu ou prou les mêmes préceptes que le Straight Edge.

Alphabet City, un roman dans la lignée de grands classiques de la littérature US

Sur cette petite parenthèse sûrement très maladroite de ma part, je voudrais maintenant revenir sur l’œuvre elle-même en essayant de vous expliquer pourquoi je pense que ce livre s’inscrit tout à fait dans la littérature américaine. Avant de commencer, je tiens à vous mettre en garde : mon cursus universitaire en Licence a fait que j’ai étudié un microéchantillon de la littérature américaine, donc si déformation professionnelle il y a, je vous prie de m’excuser.

L’histoire en elle-même m’a tout de suite rappelé Sur la route (On The Road) de Jack Kerouac bien qu’il n’y ait pas de grand périple d’un point A à un point B, encore que ce n’est pas tout à fait vrai puisqu’on suit Jude au gré de ses tribulations entre le Vemont et New York City (dans un premier temps) donc on peut dire que c’est une sorte de Road Trip à échelle réduite et cette impression est encore accentuée par les personnes que Jude rencontre au cours de son périple ainsi que leurs aléas de vie en communauté.

Ensuite au niveau des thématiques, on se rapproche plus des thèmes abordés par William Faulkner dans Le bruit et la fureur (The Sound and the Fury) ou de manière plus discrète et plus contemporaine, Moon Palace de Paul Auster. Evidemment, si vous avez lu ces ouvrages, vous voyez très certainement quels peuvent être les thèmes communs aux trois livres. Je ne mentionne pas clairement les thèmes d’Alphabet City parce que je crois sincèrement que le livre perdrait toute sa saveur et vous n’auriez pas le plaisir intact d’une première lecture.

couverture-alphabet-city

Jude s’avança sous les gradins et s’arrêta au cinquième ou sixième rang. Au dessus de lui, ballotant au bord d’un des sièges, une paire de jambes, vêtues d’un jean. Une fille. Jude apercevait les talons crottés de ses tennis, mais pas grand-chose d’autre. Il leva la main, les doigts gelés dans ses mitaines à quelques centimètres du pied de la fille, mais au lieu de les refermer sur sa frêle cheville, il s’empara du parapluie jaune posé par terre devant elle. Il le fit glisser sans bruit sur le béton et le récupéra.

« Qu’est-ce que tu fous? chuchota Teddy qui venait de surgir derrière Jude. Pourquoi on pique un parapluie? »

Alphabet City, Eleanor Henderson, p. 15, Sonatine Editions, coll. 10/18.

Dans le détail…

L’histoire a l’air simple mais les thèmes abordés la rende plus dense et complexifie l’intrigue. Il y a également plusieurs niveau de lecture pour cette même raison. Les personnages sont tous très attachants pour des raisons parfois totalement opposées de sorte qu’on ressent les évènements et qu’on aurait parfois envie d’intervenir.

Le livre n’est pas très gros et se lit rapidement (sous 8 jours) ; je l’avais commencé vendredi dernier, le 14 donc. Et puis tout autre chose : au cours de ma lecture, j’ai pensé que c’était le livre idéal pour une adaptation cinématographique à cause de toutes les références musicales qui parcourent le livre (des Misfits à Ozzy Osbourne en passant par Metallica et les Beatles). Il se trouve qu’une adaptation existe ! Je l’ai découvert en faisant des recherches sur Eleanor Henderson, je ne sais pas ce que ça vaut mais j’irais jeter un œil à l’occasion parce qu’un détail m’a beaucoup amusé : le rôle de Jude est tenu par Asa Butterfield (coïncidence quand tu nous tiens…)

ten-thousand-saints

Conclusion : une auteur à suivre de près. Son livre : A lire !

Le retour en Grâce de Tim Burton

Tim Burton est mon réalisateur préféré. Je ne vais ni essayer de vous convaincre ni essayer de vous expliquer pourquoi parce que c’est impossible. Nous avons tous une sensibilité qui nous est propre et ce serait complétement idiot de vouloir la justifier et puis je pense que c’est inutile d’aller contre. Mais maintenant que vous le savez, attendez -vous à une critique très (insérez autant de « très » que vous voulez) subjective que j’assume à 200%.

Petit retour en arrière pour commencer

Tout d’abord, je tiens à vous dire que Burton est mon réalisateur fétiche, je ne le défends pas bec et ongle quand j’estime qu’il a raté son pari comme ce fut le cas avec Dark Shadows en 2012 ou encore Alice au pays des merveilles en 2010. Notez s’il vous plait qu’il est juste le producteur du film Alice de l’autre côté du miroir (2016) qui était un peu mieux que le premier volet, soit dit en passant. Je n’ai pas été voir Big Eyes (2014), un Biopic sur deux peintres qui se déchirent sur la paternité des œuvres peintes. Je crois d’ailleurs que ce film n’a pas très bien marché, un succès d’estime tout au plus. Donc après un rapide calcul, ce cher Burton n’avait rien sorti qui suscite mon enthousiasme depuis 2008 et son génial Sneewey Todd: The Demon Barber of Fleet Street. Oui j’oublie volontairement son film Frankenweenie de 2012 parce qu’il s’agit d’un remake du court-métrage du même nom qui date de 1984. Mais rassurez-vous, celui-là aussi je l’ai vu et il est cool mais pas autant que Sweeney Todd.

Miss Peregrine et les enfants particuliers (Miss Peregrine’s home for peculiar children)missperegrinesmall1

Je n’étais pas vraiment inquiète de savoir si j’allais aimé ce film-là, ce que je ne savais pas c’est où est-ce qu’il allait se situer dans mon Top 10 de mes films préférés, sachant que Burton occupe avec ses films 5 des 10 places disponibles. Je vous ai prévenus, maintenant accrochez-vous.

Tim Burton et ses muses

Que se soit des hommes ou des femmes, Burton a toujours des coups de cœur pour actrices ou des acteurs, le plus connu d’entre tous étant bien

eva-green1
Eva Greene

sûr Johnny Depp. Mais on peut également citer Winona Ryder, son ex-femme Helena Bonham-Carter ou plus récemment, et je pense que c’est important de le noter, Eva Greene. En effet, elle était déjà présente pour Dark Shadows et tirait clairement son épingle du jeu dans un film déjà très moyen et où Johnny Depp semblait à bout de souffle, incapable d’inventer son personnage et donc de donner corps à ce vampire dont j’ai oublié jusqu’au nom, à l’inverse d’Eva Greene parfaite dans son rôle de sorcière blonde peroxydée prête à tout pour mettre la main sur le vampire.

 

A voir si ma théorie se confirme dans ses prochains films mais j’ai l’impression que Tim Burton a trouvé sa nouvelle muse en la personne d’Eva Greene, et je n’implique rien de sexuel. En fait, je vois ce film un peu comme une page qui se tourne et un nouveau chapitre qui débute.

Un retour aux fondamentaux ?

Si c’est un nouveau chapitre, il ne faut pas oublier la « marque » Tim Burton : le gothique mêlé d’une atmosphère à la fois inquiétante et féérique (sauf pour Sleepy Hollow, là c’est du gothique pur et dur), autant dire qu’on est en plein dedans avec Miss Peregrine et les enfants particuliers. Et puis il y a aussi dans ce film, tous les thèmes qui sont chers au réalisateur : comment trouver sa place dans la société lorsqu’on est « bizarre » ? Peut-on seulement la trouver ? La folie (plus ou moins douce), les relations compliquées entre le père et le fils (thème de Big Fish, Charlie et la chocolaterie) à l’inverse d’une relation de quasi-vénération grands-parents/petits-enfants (Charlie et la chocolaterie, Mars Attacks!), sans oublier tout un questionnement sur le temps et la famille que l’on choisit d’avoir (Sweeney Todd). Si on prend tous ces éléments en compte et présents dans le film, on peut considérer qu’il s’agit effectivement d’un retour aux sources.

Et la critique dans tout ça ?

J’y viens. Et je vais exceptionnellement commencer par le seul petit point négatif pour moi. J’ai été très surprise et tout de suite un peu déçue d’apprendre que c’était une adaptation et non d’une œuvre originale sortie du cerveau de Burton mais ma seconde de déception a laisser place à l’immense joie de retrouver mon réalisateur favori dans un univers qui lui correspondait tout à fait. Pour info : il s’agit de l’adaptation du roman éponyme de l’auteur américain Ransom Riggs.

Je vais m’attarder sur les nombreux points positifs maintenant. D’abord (et au risque de me répéter) il y a le casting. Eva Greene est juste extra dans son rôle de directrice, de même que ses enfants particuliers. Et puis j’ai adoré voir Samuel L. Jackson essayer de détruire le monde au lieu de le sauver (comprendra qui pourra) et enfin, elle n’a pas un grand rôle mais est toujours parfaite : Judy Dench (oui je suis subjective jusque dans le choix du casting).

Ensuite il y a bien sûr les thèmes abordés, les costumes, les décors et le traitement de la lumière si important dans les films de Tim Burton. Mais j’ai assez développé ce point plus haut.

Et enfin, la musique. Bien qu’elle ne soit pas signée Danny Elfman cette fois, elle colle parfaitement au film dans son ensemble et y apporte le rythme qu’il faut, sans en faire des tonnes.

FRANKENWEENIE
Tim Burton holding Sparky (Frankenweenie)

En conclusion c’est un des meilleurs films de cette fin d’année, sachant que l’année 2016 n’est pas terminée. C’était vraiment une bonne surprise pour moi et je suis ravie d’avoir fini mon week-end sur une note aussi extraordinaire. A propos en parlant de note…

Note : 9,5/10 (pourra jamais atteindre la perfection de Big Fish)

Promis, le prochain post est un post littéraire.

Bridget, toujours à la page

Aller au cinéma sur un coup de tête est, je crois, une des meilleures choses à faire dans la vie. En tout cas, de temps en temps c’est agréable. Indépendamment du fait que l’horaire me convenait plus qu’un autre et peut-être parce que je suis une fille, mon choix s’est porté sur Bridget Jones Baby ou si vous préférez en anglais correct : Bridget Jones’s Baby.

Pour l’histoire, rien de bien compliqué : Bridget est maintenant une quarantenaire épanouie et toujours célibataire… ou presque.

Bridget Jones’s Baby

bridget_joness_baby_poster1

Mettre le titre anglais a plus de sens pour moi, premièrement parce que c’est grammaticalement correct, ensuite parce que j’ai des études anglophones que je poursuis toujours et enfin, pour moi il est tout bonnement impossible d’aller voir un film anglais, américain ou whatever en français. D’autant qu’il y a toujours les sous-titres et puis les doublages sont trop souvent mal fait, et je ne pas que les doubleurs font mal leur travail, c’est juste que dans la transposition d’une langue à une autre, on perd forcément des éléments de langage sinon croyez-moi il n’y aurait qu’une seule langue. Question d’économie des langues justement.

Pour en revenir au film à proprement parler, j’ai beaucoup aimé retrouver ce petit monde et rencontrer les petits nouveaux, un peu comme dans une grande réunion de famille, en beaucoup plus déjanté bien sûr… Il y a peut-être moins de situations loufoques au sens propre du terme, mais on retrouve cet humour anglais/américain un peu potache, qui rend Bridget maladroite et attachante en même temps. En définitif Bridget a suivi son public, ce qui est normal et très bien pensé au niveau du scénario. La musique accompagne brillamment certaines scènes du film et qu’on soit #TeamDarcy ou #TeamJack, tout le monde y trouve son compte tout au long du film.

Je n’ai pas vraiment retenu de point négatif mais il est évident que ce n’est pas LE film de l’année ou celui à aller voir absolument (sauf en cas de rupture amoureuse, entourée de pots de Ben&Jerry’s, quitte à pousser le cliché jusqu’au bout). Bien sûr, ce film s’adresse avant tout à un public féminin et c’est dans l’ordre des choses, je veux dire : c’est voulu et décidé. L’auteur des livres a choisi d’écrire ses livres avec pour personnage principal, une héroïne. Je ne vais pas vous en vouloir si vous ne vous rendez pas dans le cinéma le plus proche de chez vous, une diffusion à la télé fait amplement l’affaire.

Mais c’est un bon film, vous passerez un bon moment.

Note : 8/10

L’esthétisme de François Ozon

Pour bien commencer mon week-end lyonnais, je suis allée au cinéma hier, malgré un rhume encombrant et un mal de tête gênant. J’ai donc rejoins des amis au ciné, après une journée de cours un peu pénible surtout à cause de mon état général. Mais ça me m’a pas empêchée d’aller au cinéma quoiqu’il en soit et c’est tant mieux.

Frantz

Mon seul point de repère pour juger de la filmographie de François Ozon remonte à 2012 avec son film Dans la maison que j’avais bien aimé à l’époque, notamment parce que Fabrice Luchini. J’avais donc un bon a priori concernant le réalisateur ; d’autant que le film est tourné en partie en noir et blanc et que j’aime assez Pierre Niney en tant qu’acteur.

L’histoire est assez simple : le film se passe en 1919 en Allemagne. Anna (Paula Beer) a perdu son fiancé Frantz pendant la guerre et tente de se reconstruire aux côtés des parents de ce dernier dans un lourd climat nationaliste. Son quotidien triste et morne est un jour bousculé lorsqu’elle s’aperçoit que quelqu’un d’autre, un inconnu,  vient déposer des fleurs sur la tombe de Frantz.

J’ai bien aimé ce film d’une part parce que c’est un film franco-allemand et que donc les acteurs ne sont pas doublés ; il y a juste des sous-titres pour aider à la compréhension et puis parce qu’il y a ce parti pris de tourner en noir et blanc la majeur partie du film. Sans oublier le jeu des acteurs qui servent très bien le film. D’autre part, j’ai aimé ce film pour la justesse de certains dialogues, je pense notamment à deux scènes en particulier où il y a tout un questionnement sur la responsabilité de chacun dans cette guerre, s’il est possible de pardonner au camp d’en face et si le mensonge a sa place et peut-être bénéfique. Et pour finir, il y a toute l’esthétique du film qui le rend plaisant à regarder : les seules scènes en couleur (parce qu’il y en a) sont celles où le souvenir de Frantz est évoqué, à tel point qu’il semble revenu d’entre les morts.

images3fc97ac0

Malheureusement, ce film présente pas mal de points, qui sans être réellement des points négatifs font que le film perd un peu de son charme. En ce qui me concerne, il ne m’a pas fallu très longtemps pour comprendre qui était Adrien Rivoire (Pierre Niney) et ce qu’il venait faire en Allemagne et c’est tout le problème. Je ne suis pas certaine que des histoires comme celle décrite dans le film ait pu vraiment arriver. Du coup, j’ai eu l’impression qu’il y avait un décalage dans le film, entre ce sentiment de haine latent et ce désir de paix profond de certains personnages. Cela dit, je savais que c’était une œuvre de fiction donc je n’ai pas à me plaindre de la véracité de tel ou tel fait. J’ai également trouvé le film trop long à partir du moment où il y ce point de bascule et que tout s’inverse et tout est devenu encore plus prévisible à deux petits détails près. Et puis, un des thèmes qui semble récurrent dans les films de François Ozon, le mensonge ou du moins le mensonge par omission. C’est quelque chose qui me met profondément mal à l’aise et au final j’en arrive toujours à me demander si j’ai passé un bon moment devant l’écran.

Honnêtement, je suis sortie de la salle en me disant que la pauvre Anna avait littéralement tout perdu et que c’était là tout le drame, même si le film se finit sur une note qui se veut délibérément positive avec la phrase prononcée par Anna : « Oui, il me donne envie de vivre ».

Note : 6,5/10