De la musique pour El dia de los Muertos

Après un mois sans publications, il est temps de reprendre du service !

Je viens de rentrer de la séance de cinéma où je suis allée ce matin avec une amie. Nous avons d’ailleurs eu la chance d’assister à une projection privée. C’est la deuxième fois que cela m’arrive, souvenez-vous la première fois c’était pour Miss Sloane. Eh bien c’est toujours aussi agréable !

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Contrairement à ce que l’on pourrait penser de prime abord, ce n’est pas l’histoire de Coco mais celle de Miguel Rivera, petit garçon tiraillé entre son amour et sa passion pour la musique et son devoir envers sa famille, cordonniers et cireurs de chaussures de génération en génération. Cependant, « Miguelito » a un rêve : celui de devenir musicien à l’instar de son idole, Ernesto de la Cruz. Or, dans une famille où la musique est très, très, très mal perçue, autant dire que cela relève du rêve inacessible.

Miguel essaie néanmoins de se battre pour réaliser ses rêves, mais se heurte au refus catégorique des membres de sa famille. Après avoir rejeté la tradition de ses ancêtres, et la célébration du jour des morts, Miguel embarque dans une aventure fantastique au royaume des morts, à la recherche de son idole. Cette quête va également lui révéler sa propre identité ainsi que le passé de sa famille.

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Disney explore un aspect phare de la culture mexicaine, qu’est le jour des morts (‘El dia de los Muertos’). En effet, c’est le souvenir des êtres chers disparus qui permet la création d’un pont entre les deux mondes, une fois par an. A cette occasion, les familles construisent un autel à la mémoire de leurs défunts et entretiennent les histoires et anecdotes du passé. De plus, le thème central de ce Disney repose sur les traditions et ce que l’on en fait, ce qu’on est prêt à faire ou à sacrifier pour parvenir à concilier devoir de mémoire et droit de suivre ses rêves.

Malgré un thème on ne peut plus sérieux, Disney en collaboration avec les studios Pixar, a réussi un coup de maitre tout en finesse et en émotion. On retrouve la gaieté et la légèreté qui ont fait le succès des studios Disney et Pixar qui permettent au spectateur de retrouver son âme d’enfant à l’approche des fêtes de fin d’année.

Note : 7,5/10 (moyenne de nous deux)

Spécial Halloween

Si jamais vous ne savez pas comment occuper votre soirée de demain, voici quelques suggestions de lectures ainsi qu’un film pour célébrer l’esprit d’Halloween.

Special Halloween

Si vous êtes comme moi, Halloween vous évoque forcément un ou plusieurs genre cinématographique et ceux qui me connaisse savent que je porte un amour presque sans bornes pour Tim Burton et son univers si particulier et reconnaissable entre mille. J’aurais pu choisir L’Etrange Noël de M. Jack ou encore Les noces funèbres, cependant mon choix cinématographique pour cette année s’est porté sur Sleepy Hollow, la légende du cavalier sans tête.

Sleepy Hollow, la légende du cavalier sans-tête

L’œuvre cinématographique est librement adaptée de la nouvelle « La légende de Sleepy Hollow » (autres titres : « La légende du cavalier sans tête » ou « La légende du Val dormant ») écrite par Washington Irving et publiée en 1820 dans le recueil intitulé The Sketch Book of Geoffrey Crayon, Gent (en français Essais et Croquis).

Pour en revenir au film, celui-ci raconte l’histoire de Ichabod Crane, jeune inspecteur new-yorkais de 24 ans qui arrive à Sleepy Hollow en 1799 pour enquêter sur la mort de trois personnes que l’on a retrouvé décapitées et dont la tête a disparue. Plusieurs notables du village pensent que le responsable de ces crimes atroces serait en fait un mercenaire mort pendant la Guerre d’Indépendance, revenu des enfers dans le seul but de faucher des têtes pour retrouver la sienne.

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De quoi frissonner devant votre télé ! Même si l’ambiance y est, avec une atmosphère glauque et gothique chère au réalisateur, le film ne vous fera pas faire de cauchemar. De plus, certains effets spéciaux commencent à dater et se remarquent presque tout de suite puisque le long-métrage est sorti en 1999. Cependant, c’est une bonne occasion pour revoir les excellents Michael Gambon et Christopher Walken en plus de Johnny Depp, à l’époque où il faisait encore de bons films… Mais c’est un autre débat !

La triste fin du petit Enfant Huitre et autres histoiresCVT_La-triste-fin-du-petit-Enfant-Huitre-et-autres-his_1821[1]

Tim Burton toujours. En littérature cette fois. Je vous propose de plonger dans les mots du réalisateur à travers un recueil de poésie La triste fin du petit Enfant Huitre et autres histoires paru en 1999 également. On y retrouve l’univers et la poésie mélancolique et parfois désopilante de Tim Burton. L’intérêt se trouve aussi dans les dessins et les croquis (réalisés par l’auteur lui-même) qui accompagnent les textes. L’ouvrage se lit en quelques heures à peine et c’est une introduction ou une conclusion parfaite à une soirée Tim Burton !

 

 

La louve et la croix

livre-la-louve-et-la-croix[1].jpgSi Tim Burton ce n’est pas franchement votre tasse de thé, je peux vous proposer le roman Fantasy La Louve et la croix de S.A. Swann. Par où commencer ?… Très bonne question lorsque qu’un livre vous tombe littéralement des mains ! Personnellement, je n’ai pas du tout accroché malgré de très bons arguments sur le papier puisque le roman se passe au temps des Templiers, qu’il y a des loups garous et le roman s’inscrit dans la lignée de George R. R. Martin et de son Trône de Fer… Malgré tout cela, ce livre est à comptabilisé dans mes lectures inachevées. Cependant, je vous laisse la quatrième de couverture des fois que vous voudriez tenter l’aventure…

 

An de Grâce 1221

Au cœur des Carpates, frère Semyon von Kassel, chevalier de l’ordre, court comme s’il avait le diable aux trousses. Une bête mi-homme mi-loup a décimé ses compagnons. Grâce à lui, l’Eglise va en faire une arme à son service pour terroriser les païens. Or l’un de ces loups garous, une fille nommée Lilly, réussit à s’échapper et trouve refuge auprès d’un paysan qui fera tout pour la protéger des Templiers… mais aussi d’elle-même. Car si le jeune homme ne parvient pas à percer les ténèbres de son âme, il sera sa prochaine victime…

Sept sœurs sous tension…

En cette fin de samedi ensoleillé, j’ai décidé de consacrer un article à l’un des films que j’attendais le plus en cette rentrée : Seven Sisters de Tommy Wirkola. Je peux d’emblée vous dire que ce film est l’un de mes coups de cœur de l’année malgré quelques passages un peu hard à regarder pour moi qui suis facilement impressionnable. Le film est interdit aux moins de 12 ans.

Avant toute chose, sachez que la science-fiction et moi ne sommes pas très copains. Habituellement, les œuvres de science-fiction me laisse de marbre qu’elles soient littéraires ou cinématographique. J’ai tout de même un peu moins de mal à aller voir un film de science-fiction qu’à lire un livre c’est vrai. Mais si Seven Sisters se base sur la science-fiction et plus précisément l’anticipation, il serait réducteur de résumer ce film à cela seulement. C’est aussi et surtout un thriller psychologique des plus palpitants et réussis que j’ai vu.

Le résumé d’Allociné étant loin de traduire l’esprit du film, je vous livre ma propre version de résumé. Nous sommes en 2072 ou 73 et la surpopulation est le problème majeur de l’Humanité dans son ensemble et chacun tente d’enrayer comme il peut ce phénomène naturel et de façon tout à fait logique, les dirigeants de toute la planète étant à cours d’idées pour remédier aux problèmes causés par cette surpopulation, les politiques se tournent vers les scientifiques, dont Nicolette Cayman (Glenn Close) qui a mis en place une nouvelle technologie censée servir son idéal politique, à savoir une politique d’enfant unique comme en Chine il y a quelques années. Malheureusement, bien loin de toutes ces considérations, Terrence Settman (Willem Dafoe) se retrouve avec un problème ou plutôt, sept problèmes : sa fille a accouché de septuplées et il devra mettre en place des tactiques ingénieuses pour protéger ses petites-filles de la menace que représente Nicolette Cayman et son Bureau de contrôle des naissances…

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Que dire ? Les spectateurs sont sous tension permanente et n’ont aucun moment de répit sauf pendant les 5 à 10 dernières minutes du film, mais cela ne compte pas vraiment puisqu’on parle de la fin du film. Personnellement, certains passages ont vraiment été durs à regarder et d’ailleurs, je me suis cachée la tête dans les bras une ou deux fois en attendant que ça passe mais sinon, je crois pouvoir dire que j’ai assez bien tenu le choc. L’histoire et le thriller en lui-même sont très construits et tout est la cause de l’évènement qui va suivre immédiatement ou plus tard dans le film. J’ai quand même adoré l’ambiance du film, cette ambiance sombre et pesante. Le reste de mon admiration pour ce film repose sur les personnages.

Je voudrais m’arrêter sur les acteurs justement et particulièrement Noomi Rapace qui campe le rôle des sept sœur Settman à l’âge adulte. Un truc de dingue surtout quand on sait que chacune a sa propre personnalité bien différente de toutes les autres. Bien que ce soit son métier d’apprendre des rôles et de se glisser dans la peau de personnages, j’ai trouvé la performance de Noomi Rapace remarquable et blufflante; il y a vraiment peu de plan où elle n’est pas présente à l’écran. On ne voit pas beaucoup Willem Dafoe à l’écran mais il apporte l’humanité dont le film a besoin, aux moments stratégiques. Quant à Glenn Close, les rôles de méchantes lui vont vraiment comme un gant !

Note : 8,5/10.

Dans un recoin de ce monde

Bien que ce soit la rentrée, j’ai la chance de ne reprendre les cours que la semaine prochaine. J’en ai donc profité pour passer un moment avec ma marraine puis je suis allée au cinéma, qui d’ailleurs fait également sa rentrée et cela se sent.

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Si vous aimez le Japon, les mangas, les animes et l’histoire, ce film est fait pour vous. Nous suivons la vie de Suzu, une jeune fille rêveuse et distraite, originaire de Hiroshima, qui se retrouve mariée à l’âge de 19 ans à un garçon qu’elle ne connaît que très peu. Dit comme ça, cela peut paraître glauque mais finalement, ce n’est pas si terrible que ça, à côté de tout le reste. Le film couvre la période allant de l’avant-guerre à l’après-guerre de 1945 et retrace la vie quotidienne des japonais, faite de débrouille et de solidarité.

Les dessins sont splendides, l’histoire est à la fois très dure et très poétique. Si vous éprouvez quelques réticences à aller voir ce film à cause du très beau Le tombeau des lucioles, sachez que Dans un recoin de ce monde est plus optimiste sur la fin et qu’il n’y a pas forcément besoin d’un paquet de mouchoir. Néanmoins, un conseil tout de même : ce n’est pas un dessin animé pour enfants. Et puis malheureusement, je ne pense pas qu’il restera longtemps à l’affiche, malgré toutes ses qualités.

[Contemporain] Et que le vaste monde poursuive sa course folle

Couverture Et que le vaste monde

Rien que le titre devrait vous donner envie de le lire. C’est d’ailleurs la seule et unique raison qui m’a poussé à acheter ce livre quand je suis tombée par hasard dessus. Petite plaisanterie à part, il est quand même moins facile à lire que Les saisons de la nuit pour des raisons que je vais détailler plus bas. Mais dans l’ensemble, c’est un bon livre et j’ai passé un agréable moment de lecture.

Et que le vaste monde poursuive sa course folle

C’est d’abord l’histoire de gens qui se croisent sans forcément se connaître, dont les destins se croisent ou se croiseront au fil des pages, au fil des histoires. Encore une fois, Colum McCann s’arrête sur des personnages qu’il façonne dans le détail et avec précision et qui ne mériteraient sans doute pas toute cette attention si ce n’était pas cet auteur qui les décrivait. Pas de sans-abris cette fois, mais un funambule, des prostituées, un « moine » en plein doute de ses croyances, la guerre du Vietnam avec son lot de morts inutiles et les familles endeuillées qui continuent de vivre malgré le manque, malgré l’absence… Je pourrais encore allonger la liste de toutes ses histoires qui se croisent et se décroisent mais mon article n’aurait plus d’utilité.

L’auteur s’adapte à l’histoire qu’il raconte et c’est appréciable mais aussi très déstabilisant. Je n’ai pas trouvé que c’était un livre facile à lire dans le sens où je ne suis pas rentrée directement dans le roman ; les 80 premières pages ont été un calvaire pour moi et puis passé ce cap, tout est allé mieux et j’ai pu poursuivre ma lecture assez tranquillement. Cela dit, cette technique de changer de point de vue selon le chapitre rend le roman inégal et certains chapitres semblent interminables alors que d’autres aussi longs voire plus, se lisent tout seul. C’est un peu regrettable et j’ai dû lutter contre l’envie de lire certains chapitres en diagonale, une ou deux fois. Mais je ne l’ai pas fait parce que quoiqu’il en soit, Colum McCann arrive à rendre une situation anodine ou terrifiante, poétique et c’est une chose que j’adore chez cet auteur. A mon sens, c’est un livre qu’on lit aussi et surtout pour son atmosphère, en l’occurrence ici celle de New York.

« Il avait raté le spectacle et s’en mordait les doigts. Loupé de quelques minutes, voire de quelques secondes. Il avait pris le taxi jusqu’au Palais. Le chauffeur était noir, maussade, il faisait gueuler son autoradio, la voiture sentait la marijuana. Ca devenait écœurant à force, impossible de se véhiculer proprement dans cette ville. Une musique de rastafari sur le lecteur de cartouches. Un type l’avait déposé à l’arrière du bâtiment. Passant devant les bureaux du procureur, Soderberg s’était arrêté à la porte latérale, à cornières, réservée aux juges – seule concession qu’on leur ait faite, pour qu’ils ne se retrouvent pas mêlés aux gens ordinaires. »

Colum McCann, Et que le vaste monde poursuive sa course folle, p.341, ed. 10/18. 2009

Les petites fées de New York

Il arrive que l’on trouve des pépites en fouillant au milieu d’un tas de livres « à donner », ce livre n’en fait pas partie, j’en ai peur. Quoiqu’il en soit, pour la petite histoire, ma mère voulait se séparer de ce livre parce qu’elle n’était pas entrée dans l’univers de l’auteur et j’ai vu ce livre, avec d’autres dans de grands sacs plastiques. Ces livres, je les ai sorti de leurs sacs, j’ai regardé leurs titres et les résumés au dos de chacun et donc, parmi ces livres se trouvait Les petites fées de New York de Martin Millar, auteur écossais.

Très sincèrement, j’ai pensé que ce livre pourrait me plaire, étant plus adepte de merveilleux et Fantastique que ma mère. En plus, pour ne rien gâcher l’histoire se déroule à New York et le résumé au dos était plutôt engageant :

Morag MacPherson et Heather MacKintosh, deux petites fées écossaises ayant quitté précipitamment leur terre natale, et fraichement à New York, découvrent un monde qu’elles n’auraient jamais pu imaginer : un monde où les sans-abris meurent dans l’indifférence générale, un monde où les gens ont à peine de quoi payer leur logement, un monde qui n’a, tout de même, pas l’air de tourner bien rond. Mais plus elles vont vouloir changer les choses et aider Dinnie et Kerry, deux humains qu’elles ont rencontrés à leur arrivées plus ce sera… pire !

Les petites fées de New York, Martin Millar, Quatrième de couverture, ed. FolioSF

 Que dire ? Malheureusement pas grand-chose. Je ne vais pas « descendre » ce livre parce que je n’en ai pas lu assez pour se faire (53 pages très exactement). Toutefois, ce que je peux vous dire c’est que la lecture de ces cinq premiers chapitres n’a provoqué aucune émotion chez moi. Je tournais les pages mais j’étais toujours à mon bureau, dans ma chambre.

Couverture Les petites fées de New York

En bref, c’est un livre qui m’est hermétique. Je ne sais pas si cela peut s’expliquer parce qu’au final, Martin Millar est un auteur que je ne connaissais pas avant de mettre les mains sur ce livre. Peut-être que je n’avais pas les bonnes clés de lecture… En tout cas, j’espère que cet article vous donnera la curiosité d’aller y jeter un œil, et peut-être le lire.

[V.O] Le ver à soie

Vous vous souvenez peut-être de mon article sur L’appel du coucou de Robert Galbraith. Après le coucou, voici le ver à soie qui donne son nom à ce nouveau volume de la série (The Silkworm en anglais). S’il était permis d’être dubitatif malgré le succès du premier volume, avec Le ver à soie, J. K. Rowling confirme l’essai avec brio.

Couverture The Silkworm

On retrouve donc avec grand plaisir Cormoran Strike, accompagné de Robin Ellacot, sa jeune secrétaire et associée huit mois après les évènements du premier tome. Même si leur situation a un peu évoluée, Strike est toujours obligé de mener des filatures pour ses clients fortunés qui soupçonnent conjoints ou conjointes d’adultère. Mais arrive l’épouse d’Owen Quine, très inquiète car son mari a disparu et elle demande donc l’aide du détective pour le retrouver. Cela dit, la quatrième de couverture présente les choses de manière bien plus alléchante.

Owen Quine, écrivain célèbre, a disparu. Il venait d’achever son dernier manuscrit – un sulfureux roman à clés qui dresse le portrait au vitriol de son entourage. De quoi inquiéter bon nombre de personnalités en vue… C’est ce que pressent le détective privé, Cormoran Strike, chargé de l’enquête. Qui aurait intérêt à ce que Quine soit réduit au silence ? Lorsque Strike retrouve le cadavre de l’auteur, assassiné selon un rituel particulièrement atroce, il comprend qu’il a affaire à un tueur impitoyable, tel qu’il n’en encore jamais rencontré dans sa carrière.

Le ver à soie, Robert Galbraith, Quatrième de couverture, ed. Le livre de poche, 2015

Ayant commencer la série en langue originale, j’ai continué en toute logique et quel bonheur ! L’intrigue et la langue sont complexes dans la mesure où chaque personnage à son propre physique, sa propre voix. Cependant le style d’écriture reste simple et compréhensible. C’est un livre que l’on a du mal à lâcher plus l’enquête avance ; relativement plus sombre et plus glauque que le précédent, ce livre m’a offert la satisfaction de trouver le meurtrier en même temps que le détective au grand cœur malgré son air renfrogné et bourru, auquel je me suis grandement attachée.

[Revue littéraire] America 2/16

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Disponible depuis le 28 juin dans toutes les bonnes librairies et chez les marchands de journaux, le numéro 2 de la revue America présente une autre Amérique : une Amérique joyeuse et motivée pour tenter de faire bouger les lignes. Le concept est toujours le même avec toujours ce fil rouge conducteur qui est : quel est le rôle de l’écrivain et celui de la littérature dans un monde en crise ?

 Ce nouveau numéro, joliment intitulé « Trump, la Maison flanche » contient une longue interview de Don DeLillo ainsi qu’un extrait exclusif de son prochain roman Zero K, un moyen idéal pour découvrir ou redécouvrir cet auteur. Même si tout est très bien écrit, ce n’est pas la littérature qui m’attire le plus mais il en faut pour tout les goûts.

Heureusement pour moi, j’ai trouvé mon bonheur dans la section des enquêtes et des reportages de ce mois-ci. J’ai d’ailleurs décidé de vous parler des deux reportages qui m’ont le plus plu en quelques mots pour ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture si jamais vous aviez envie d’y jeter un œil. Les deux reportages font tous deux une quinzaine de pages et sont très bien écrit, facile à lire.

La Californie : bastion avancé de la résistance

C’est un reportage de Sylvain Cypel qui montre comment et par quels moyens concrets les Etats les plus progressistes peuvent espérer contrer les ambitions de Donald Trump pour le pays, au niveau législatif et surtout au niveau local. Comme le nom de l’article l’indique, le journaliste s’est focalisé sur l’Etat de Californie, fer de lance de ce mouvement de contestation actif et pragmatique, qui compte au niveau législatif certaines des lois les plus progressistes du pays tout entier.

J’ai aimé cet article parce qu’il souligne les points positifs de certaines actions ainsi que la bonne humeur et la motivation des habitants croisés sans oublier de parler des quelques points négatifs ou du moins sensibles de cette mobilisation. On perçoit vraiment qu’il y a des raisons d’espérer et que tout n’est pas définitivement perdu pour les Etats-Unis.

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Le deuxième reportage est de Philippe Coste et nous emmène à Newburgh, New York. J’ai vraiment eu un coup de cœur pour cet article extrêmement bien écrit ; les premières lignes donnent l’impression d’être plongé dans un thriller ou un roman policier et c’est très agréable.

Ce reportage fait la lumière sur l’Amérique que le Président méprise : les minorités, en particulier les Noirs et les Latinos. La criminalité et la misère sont le quotidien des habitants de cette petite ville a une heure de Manhattan, qui a pourtant connu une période plus faste, mais qui fut laissée à l’abandon et qui peine à remonter la pente depuis. De plus, cet article retrace l’histoire des Etats-Unis à l’échelle d’une ville « de province » et c’est très intéressant. Le dernier point qui fait que ces quelques pages valent le détour, ce sont les photos absolument magnifiques (en noir et blanc) qui illustrent le reportage.

 

En bref…

America vous donne aussi des conseils de lecture pour l’été, Laurent Gaudé signe un texte absolument époustouflant et magnifique sur le fil barbelé et son inventeur, un petit entretien avec Coulson Whitehead nous donne envie d’avoir d’ores et déjà son roman Underground Railroad entre les mains (un extrait est à lire en exclusivité dans la revue, page 135), Joël Dicker nous embarque « Into the Wild » à Yellowstone… entre autres choses passionnantes !

[Classique US] Tendre est la nuit

Presque un mois après avoir commencé ce livre, je l’ai enfin terminé. Petit retour sur ma lecture de ce classique américain de Francis Scott Fitzgerald, une des figures emblématiques de la « Lost Generation » ou « Génération perdue ».

La Génération perdue : Kézako ?

Pour comprendre Tendre est la nuit, il faut prendre en compte le contexte historique global dans lequel s’inscrit le roman. Et ce contexte prend en compte le mouvement littéraire cité ci-dessus. Mais qu’en est-il exactement ?

On doit cette formule à Gertrude Stein (1874-1946) qui écrit à Ernest Hemingway : « C’est ce que vous êtes. C’est ce que vous êtes tous… tous ces jeunes gens qui ont servi pendant la Guerre. Vous êtes une génération perdue. » Ce dernier se servira de l’expression comme épigraphe dans son roman Le soleil se lève aussi (The Sun Also Rises) en 1926.

Ce mouvement littéraire et sociologique dépeint la société américaine de l’entre deux guerre qui a perdu ses valeurs : le rêve américain semble s’essouffler et beaucoup de gens ne trouvent plus leurs repères dans un pays en pleine mutation sociale mais aussi morale, notamment certains écrivains et artistes (questionnement sur la perte d’identité entre autres). Il faut également noter que certains de ces auteurs ont été mobilisés pendant la Guerre et sont partis sur le champ de bataille, d’autres ont simplement été mobilisés et sont partis en formation mais n’ont pas eu le temps et la « chance » de faire leur preuves : Les Etats-Unis sont entrés en Guerre en 1917 et la Guerre s’est soldée par l’armistice, quelques mois plus tard en 1918. Quoiqu’il en soit ces deux expériences ont laissé des traces et si l’on devait retenir un seul point commun à tous ces auteurs, c’est qu’ils décrivent tous un certains désenchantement du monde avec le style qui leur est propre.

Tendre est la nuit de F. S. Fitzgerald

Couverture Tendre est la nuit

Le roman tire son titre du poème Ode à un rossignol, de John Keats (poète anglais). L’histoire se divise en trois partie et raconte l’histoire d’amour de Dick et Nicole à travers les yeux émerveillés de Rosemary, jeune actrice américaine en vacances sur la Côte d’Azur avec sa mère après le tournage d’un premier film qui a eu un succès retentissant. Tout est parfait chez eux : de leur enfants jusqu’à leurs bronzages en passant par les gens qui gravitent autour d’eux… Tout est source d’émerveillement pour la jeune Rosemary qui connaît si peu de choses du monde. Seulement ce couple uni et d’apparence parfaite cache un secret qui rend Dick et Nicole potentiellement fragiles…

L’œuvre est largement autobiographique et s’inspire de la vie de l’auteur mais j’ignore dans quelles proportions. En tout cas le livre est composé de trois parties qui suivent un cheminement bien précis et où l’on retrouve les thèmes de prédilection de Francis Scott Fitzgerald et plus généralement, ceux du mouvement littéraire dont il fait partie. En effet, nous retrouvons cette opulence et ce rythme tourbillonnant qui dénote un monde parfait, idéal où les apparences et les fêtes sont reines. Puis il y a un glissement, à peine perceptible au début, qui prend de plus en plus de place dans les parties suivantes. Les fêtes ont perdues de leur superbe, les personnages s’enfoncent doucement dans la mélancolie et la nostalgie voulant se raccrocher à certains fantômes du passé, parfois avec un effet de vase communicant. Cette mélancolie romantique dresse le portrait d’un homme, Dick, profondément désenchanté dans un monde qu’il peine à reconnaître plus les années passent et qui pourtant, fait tout son possible pour donner le change en société.

« […] Mais il [Dick] comprenait également, que, après quarante ans, ce n’est qu’à travers ses divers éléments qu’une vie devient évidente. Son amour pour Nicole, son amour pour Rosemary, son amitié pour Abe North ou pour Tommy Barban, dans ce monde de l’après-guerre, qui avait volé en éclats : c’était chaque fois le même phénomène. Un être s’attachait si étroitement à lui qu’il devenait cet être même. Comme s’il n’y avait aucun choix possible. Comme s’il fallait tout prendre ou tout rejeter en bloc. Comme si, jusqu’à la fin de sa vie, il était condamné à se charger de certains êtres et de leur personnalité, à n’être complètement lui-même qu’autant qu’ils étaient complètement eux-mêmes. Ce qui mettait en jeu un certain principe de solitude : tellement facile d’être aimé, tellement difficile d’aimer. »

Tendre est la nuit, Francis Scott Fitzgerald. « Livre Trois, 2 » p.327. Le Livre de Poche (2011)

 

Sources : Mes Cours de littérature américaine en Licence, Wikipédia sur la « Génération perdue » (anglais) + Liste des auteurs considérés comme faisant partie du mouvement (anglais).

The Circle, de l’utopie à la dystopie…

Il n’y a qu’un pas. Cet article est l’occasion pour moi de revenir sur The Circle, adaptation cinématographique du roman éponyme de Dave Eggers avec Emma Watson, John Boyega, Karen Gillan et Tom Hanks, excusez du peu. Je n’ai malheureusement pas eu le temps de me plonger dans le livre avant la sortie du film pour en faire une comparaison détaillée mais je reviendrai sur l’ouvrage dans quelques temps où je vous présenterai le livre tout seul en me basant sur le film pour les éléments important qui mériteront une comparaison. Mais avant cela, concentrons-nous sur The Circle, le film parce qu’il y a pas mal de choses à en dire.

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Cet article est aussi un bon moyen de vous parler d’Emma Watson. Vous dire qu’elle crève l’écran est un peu inutile puisque, et c’est peut-être un des points faibles du film, elle porte le film quasiment toute seule sur ses épaules, un peu seconder par Tom Hanks mais elle est présente à chaque plan. Ce n’est pas une critique mais cela peu sans doute expliquer un certain déséquilibre du film qui en même temps, se nourrit de ce déséquilibre et de cette présence constante de l’actrice mais je vais revenir sur ce point ultérieurement.

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Pour tout vous dire, je ne me considère pas comme une fan incontestée d’Emma Watson ; certes, je l’ai vu grandir et gagner en maturité dans le rôle d’Hermione dans la saga Harry Potter, mais je suis loin de suivre son activité à la loupe et preuve en est, je n’ai pas vu l’intégralité de sa filmographie et je n’ai pas l’intention d’y remédier dans l’immédiat. Cependant, cela ne m’empêche pas d’éprouver une profonde admiration pour elle. Je trouve que ses combats et les causes qu’elle défend sont justes et méritent d’être abordées d’une façon ou d’une autre. Pour finir sur Emma Watson avant d’en revenir au film à proprement parlé, je dirais que ses choix de carrière sont judicieux et réfléchis (en tout cas c’est l’impression qu’on en a lorsqu’on regarde l’ensemble de sa filmographie et les différents sujets abordés dans les films qu’elle a tournés) et cela renforce encore l’estime que j’ai d’emblée pour cette actrice.

Pour en revenir à The Circle, Emma Watson y joue donc le rôle de Mae Holland, une jeune femme qui n’est pas épanouie dans son milieu professionnel et qui rêve de quelque chose de différent et de plus épanouissant, où elle aurait vraiment une place, un rôle à jouer. Grâce à un coup de pouce inespéré, elle obtient un poste dans la compagnie The Circle où elle ne tarde pas à rencontrer Eamon Bailey (Tom Hanks), un leader pour le moins charismatique…

Toute la question du film tourne autour de l’implication des nouvelles technologies dans nos sociétés modernes et hyper-connectées et la frontière est parfois floue entre le droit à l’information et le droit au respect de la vie privée. Le film jongle habilement entre fascination et malaise tout au long du film et on retiendra surtout la candeur et la naïveté du personnage de Mae Holland qui apporte une sensibilité particulière au film. Au fur et à mesure de l’avancement de l’intrigue, Mae ne sait plus trop où elle a mis les pieds lorsque sa situation et celle de ses proches se complique, au risque de se faire écraser par un système bien en place.

En définitif, le film de James Ponsoldt peut mettre mal à l’aise puisque le spectateur ressent la pression et le malaise de certaines situations en même temps que l’héroïne. Cela dit, The Circle ne dénonce pas les nouvelles technologies en tant que telles mais plutôt l’utilisation que chaque individu et/ou groupe de personnes en fait. Au fond, ce n’est pas une mauvaise chose, encore faut-il savoir s’en servir et savoir s’aménager des temps morts pour prendre suffisamment de recul. Bref, The Circle : un film indépendant à voir absolument !

Note : 9/10